{"id":1417,"date":"2026-03-26T11:42:58","date_gmt":"2026-03-26T10:42:58","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/valeriane-officinale\/"},"modified":"2026-07-23T20:10:49","modified_gmt":"2026-07-23T18:10:49","slug":"valeriane-officinale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/valeriane-officinale\/","title":{"rendered":"VAL\u00c9RIANE OFFICINALE"},"content":{"rendered":"<p>La val\u00e9riane officinale est le s\u00e9datif v\u00e9g\u00e9tal de r\u00e9f\u00e9rence de la pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne \u2014 et l&rsquo;un des plus anciens. Depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 gr\u00e9co-romaine, sa racine \u00e0 l&rsquo;odeur forte et caract\u00e9ristique (que certains trouvent repoussante et d&rsquo;autres envo\u00fbtante) est prescrite contre l&rsquo;insomnie, l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 et les spasmes nerveux. Son m\u00e9canisme d&rsquo;action \u2014 modulation GABAergique du syst\u00e8me nerveux central \u2014 en fait l&rsquo;analogue v\u00e9g\u00e9tal le plus proche des benzodiaz\u00e9pines, mais sans les effets secondaires majeurs de d\u00e9pendance et de somnolence diurne qui gr\u00e8vent ces m\u00e9dicaments de synth\u00e8se.<\/p>\n<p>Plante vivace des prairies humides et des lisi\u00e8res, la val\u00e9riane se reconna\u00eet \u00e0 ses hautes tiges portant des corymbes de petites fleurs rose p\u00e2le au parfum doux, et surtout \u00e0 l&rsquo;odeur puissante de ses racines fra\u00eechement d\u00e9terr\u00e9es \u2014 une odeur qui, fait remarquable, exerce une attraction irr\u00e9sistible sur les chats, comparable \u00e0 celle de la cataire.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Caprifoliaceae (anciennement Valerianaceae)<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Valeriana<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Valeriana officinalis<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Val\u00e9riane officinale, Herbe aux chats, Herbe de saint Georges, Gu\u00e9rit-tout, Herbe \u00e0 la meurtrie.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> <em>Valeriana<\/em> d\u00e9riverait du latin <em>valere<\/em> (\u00ab \u00eatre en bonne sant\u00e9, \u00eatre fort \u00bb), en r\u00e9f\u00e9rence aux vertus th\u00e9rapeutiques. Le nom \u00ab herbe aux chats \u00bb fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;attraction que l&rsquo;odeur des racines exerce sur les f\u00e9lins \u2014 due \u00e0 l&rsquo;actinidine, compos\u00e9 volatil apparent\u00e9 \u00e0 la n\u00e9p\u00e9talactone de la cataire. Le reclassement r\u00e9cent dans les Caprifoliac\u00e9es (sens large APG IV) int\u00e8gre les anciennes Val\u00e9rianac\u00e9es.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce est un complexe polymorphe comprenant plusieurs sous-esp\u00e8ces et cytotypes (diplo\u00efdes, t\u00e9traplo\u00efdes, octoplo\u00efdes). La drogue officinale provient principalement de populations t\u00e9traplo\u00efdes cultiv\u00e9es, plus riches en compos\u00e9s actifs.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>A. Port et architecture<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure kohler-planche\" style=\"float:left;margin:5px 25px 15px 0;max-width:280px;border:1px solid #c9b99a;padding:6px;background:#faf6ee;border-radius:4px;cursor:pointer\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/kohler\/valeriana_officinalis.jpg\" alt=\"Valeriana officinalis \u2014 planche K\u00f6hler (1887)\" style=\"width:100%;height:auto\" \/><figcaption style=\"text-align:center;font-size:0.78em;color:#5a4e3c;margin-top:5px;font-style:italic\">Valeriana officinalis<br \/>K\u00f6hler&rsquo;s Medizinal-Pflanzen, 1887<\/figcaption><\/figure>\n<p>Plante herbac\u00e9e vivace de 50 \u00e0 150 cm (jusqu&rsquo;\u00e0 200 cm en station favorable), \u00e0 souche rhizomateuse courte \u00e9mettant de nombreuses racines fascicul\u00e9es et des stolons. Le port est dress\u00e9, robuste, les tiges florif\u00e8res simples portant un corymbe terminal de fleurs roses.<\/p>\n<h3>B. Appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p><strong>Racine :<\/strong> c&rsquo;est l&rsquo;organe officinal \u2014 souche courte et \u00e9paisse (rhizome), de laquelle partent de <strong>nombreuses racines fascicul\u00e9es<\/strong>, gr\u00eales (2-3 mm de diam\u00e8tre), brun-gris\u00e2tre, longues de 10-20 cm. L&rsquo;ensemble d\u00e9gage \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat frais et surtout apr\u00e8s s\u00e9chage une <strong>odeur forte, tenace et caract\u00e9ristique<\/strong> \u2014 souvent d\u00e9crite comme \u00ab musqu\u00e9e-terreuse-animale \u00bb, due aux acides val\u00e9r\u00e9niques et isoval\u00e9rique. Cette odeur s&rsquo;intensifie consid\u00e9rablement au s\u00e9chage (d\u00e9gradation enzymatique des valepotriates en ald\u00e9hydes odorants).<\/p>\n<p><strong>Tiges :<\/strong> dress\u00e9es, cylindriques, creuses, stri\u00e9es, pubescentes aux n\u0153uds, simples ou peu ramifi\u00e9es au sommet.<\/p>\n<p><strong>Feuilles :<\/strong> oppos\u00e9es, compos\u00e9es imparipenn\u00e9es, \u00e0 7-21 folioles lanc\u00e9ol\u00e9es, dent\u00e9es, la terminale non diff\u00e9rente des lat\u00e9rales. Les feuilles basales sont p\u00e9tiol\u00e9es, les caulinaires sessiles. Le feuillage est glabre \u00e0 pubescent selon les sous-esp\u00e8ces.<\/p>\n<h3>C. Appareil reproducteur<\/h3>\n<p><strong>Inflorescence :<\/strong> corymbes terminaux denses et aplatis, compos\u00e9s de nombreuses petites fleurs.<\/p>\n<p><strong>Fleur :<\/strong> petite (3-5 mm), tubulaire \u00e0 5 lobes, <strong>rose p\u00e2le<\/strong> \u00e0 blanc ros\u00e9, parfum\u00e9e (ar\u00f4me doux, miell\u00e9 \u2014 \u00e0 ne pas confondre avec l&rsquo;odeur de la racine). Calice enroul\u00e9 en dedans, se d\u00e9roulant \u00e0 maturit\u00e9 en une aigrette plumeuse (pappus) pour la diss\u00e9mination an\u00e9mochore. Trois \u00e9tamines.<\/p>\n<p><strong>Fruit :<\/strong> ak\u00e8ne surmont\u00e9 d&rsquo;un pappus plumeux \u2014 diss\u00e9mination par le vent.<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> mai \u00e0 juillet. Pollinisation entomophile (papillons, abeilles, syrphes).<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET DISTRIBUTION<\/h3>\n<h3>A. Habitat<\/h3>\n<p>La val\u00e9riane cro\u00eet dans les prairies humides, les m\u00e9gaphorbiaies, les foss\u00e9s, les berges de cours d&rsquo;eau, les lisi\u00e8res humides et les clairi\u00e8res foresti\u00e8res. Esp\u00e8ce m\u00e9sophile \u00e0 hygrophile, h\u00e9liophile \u00e0 semi-sciaphile, indiff\u00e9rente au substrat (calcaire ou siliceux). Caract\u00e9ristique des groupements du <em>Filipendulion<\/em> (m\u00e9gaphorbiaies) et du <em>Calthion<\/em> (prairies humides).<\/p>\n<h3>B. Distribution<\/h3>\n<p>Eurasiatique, de l&rsquo;Atlantique au Japon. Commune dans toute la France sur sols frais. Cultiv\u00e9e industriellement en Europe (Belgique, Pologne, Allemagne, France) et en Am\u00e9rique du Nord.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Les <strong>racines et rhizomes<\/strong> \u2014 r\u00e9colt\u00e9s en automne (septembre-octobre) sur des plantes de 2-3 ans, lav\u00e9s, s\u00e9ch\u00e9s \u00e0 basse temp\u00e9rature (&lt; 40 \u00b0C pour pr\u00e9server les valepotriates). La drogue est inscrite \u00e0 la <strong>Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne<\/strong> (monographie <em>Valerianae radix<\/em>) et doit contenir au minimum 0,17 % d&rsquo;acides sesquiterp\u00e9niques exprim\u00e9s en acide val\u00e9r\u00e9nique. La val\u00e9riane b\u00e9n\u00e9ficie du statut d&rsquo;<strong>usage m\u00e9dical bien \u00e9tabli<\/strong>, le niveau de preuve le plus \u00e9lev\u00e9 en phytoth\u00e9rapie europ\u00e9enne.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Sesquiterp\u00e8nes \u2014 les compos\u00e9s actifs majeurs<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Acide val\u00e9r\u00e9nique<\/strong> (0,2-0,8 %) \u2014 <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/sesquiterpenes\/\">sesquiterp\u00e8ne<\/a> acide, compos\u00e9 le plus \u00e9tudi\u00e9 et le marqueur de qualit\u00e9 pharmacop\u00e9ique. Modulateur allost\u00e9rique positif des r\u00e9cepteurs GABA-A (m\u00eame site d&rsquo;action que les benzodiaz\u00e9pines mais avec une affinit\u00e9 plus faible).<\/li>\n<li><strong>Val\u00e9ranol<\/strong>, <strong>vaal\u00e9r\u00e9nol<\/strong> \u2014 sesquiterp\u00e8nes alcools, activit\u00e9 s\u00e9dative compl\u00e9mentaire.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>B. Valepotriates (irido\u00efdes instables)<\/h3>\n<p><strong>Valtrate<\/strong>, <strong>isovaltrate<\/strong>, <strong>didrovaltrate<\/strong> \u2014 <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">irido\u00efdes<\/a> esters tr\u00e8s instables, se d\u00e9gradant rapidement au s\u00e9chage et au stockage en <strong>baldrinaux<\/strong> (ald\u00e9hydes odorants responsables de l&rsquo;odeur caract\u00e9ristique de la drogue s\u00e8che). Les valepotriates sont pr\u00e9sents dans la racine fra\u00eeche (1-5 %) mais quasi absents de la drogue s\u00e8che et des extraits standardis\u00e9s. Leur r\u00f4le pharmacologique propre est discut\u00e9 \u2014 ils contribueraient \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 s\u00e9dative mais leur instabilit\u00e9 les rend difficiles \u00e0 \u00e9tudier.<\/p>\n<h3>C. Lignanes<\/h3>\n<p><strong>Olivil<\/strong> et d\u00e9riv\u00e9s \u2014 <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/lignanes\/\">lignanes<\/a> dot\u00e9s d&rsquo;affinit\u00e9 pour les r\u00e9cepteurs \u00e0 l&rsquo;ad\u00e9nosine (A1), contribuant \u00e0 l&rsquo;effet facilitateur du sommeil.<\/p>\n<h3>D. Huile essentielle (0,3-0,7 %)<\/h3>\n<p>Compos\u00e9e principalement d&rsquo;<strong>ac\u00e9tate de bornyle<\/strong> (principal <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/monoterpenes\/\">monoterp\u00e8ne<\/a>), d&rsquo;<strong>isoval\u00e9rate de bornyle<\/strong>, de <strong>camph\u00e8ne<\/strong> et de sesquiterp\u00e8nes. L&rsquo;<strong>acide isoval\u00e9rique<\/strong> libre, form\u00e9 par d\u00e9gradation des valepotriates, est le principal responsable de l&rsquo;odeur forte de la racine s\u00e8che.<\/p>\n<h3>E. GABA<\/h3>\n<p>La racine de val\u00e9riane contient du <strong>GABA<\/strong> (acide gamma-aminobutyrique) libre en quantit\u00e9 mesurable (0,5-1 mg\/g). Ce neurotransmetteur inhibiteur pourrait contribuer \u00e0 l&rsquo;effet s\u00e9datif, bien que son absorption par voie orale et son passage de la barri\u00e8re h\u00e9mato-enc\u00e9phalique soient discut\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<h3>A. Modulation GABAergique \u2014 le m\u00e9canisme central<\/h3>\n<p>L&rsquo;acide val\u00e9r\u00e9nique se lie au <strong>sous-site benzodiaz\u00e9pinique du r\u00e9cepteur GABA-A<\/strong>, augmentant l&rsquo;affinit\u00e9 du r\u00e9cepteur pour le GABA et amplifiant ainsi l&rsquo;inhibition neuronale GABAergique. Ce m\u00e9canisme est identique en principe \u00e0 celui des benzodiaz\u00e9pines (diaz\u00e9pam, loraz\u00e9pam) mais avec une affinit\u00e9 moindre \u2014 ce qui explique l&rsquo;effet s\u00e9datif plus doux et l&rsquo;absence de d\u00e9pendance. Les lignanes (olivil) se lient aux r\u00e9cepteurs \u00e0 l&rsquo;ad\u00e9nosine A1, renfor\u00e7ant l&rsquo;effet somnolent.<\/p>\n<h3>B. Activit\u00e9 s\u00e9dative et hypnotique<\/h3>\n<p>L&rsquo;effet s\u00e9datif de la val\u00e9riane est document\u00e9 pharmacologiquement : r\u00e9duction du temps d&rsquo;endormissement, am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 subjective du sommeil, r\u00e9duction de l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9. L&rsquo;effet est progressif \u2014 il se d\u00e9veloppe pleinement apr\u00e8s 2 \u00e0 4 semaines de prise r\u00e9guli\u00e8re (pas d&rsquo;effet \u00ab somnif\u00e8re imm\u00e9diat \u00bb comme les benzodiaz\u00e9pines).<\/p>\n<h3>C. Activit\u00e9 antispasmodique<\/h3>\n<p>Les sesquiterp\u00e8nes et l&rsquo;huile essentielle relaxent les fibres musculaires lisses digestives et ut\u00e9rines, fondant l&rsquo;usage dans les spasmes digestifs nerveux et les crampes menstruelles.<\/p>\n<h3>D. Pas de d\u00e9pendance ni de somnolence r\u00e9siduelle<\/h3>\n<p>Contrairement aux benzodiaz\u00e9pines, la val\u00e9riane ne provoque pas de d\u00e9pendance physique, pas de syndrome de sevrage, pas de somnolence diurne r\u00e9siduelle (\u00ab hangover \u00bb) et pas d&rsquo;alt\u00e9ration des performances cognitives le lendemain \u2014 avantages consid\u00e9rables en utilisation prolong\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>La val\u00e9riane b\u00e9n\u00e9ficie du <strong>niveau de preuve le plus \u00e9lev\u00e9<\/strong> parmi les plantes s\u00e9datives europ\u00e9ennes :<\/p>\n<ul>\n<li>La val\u00e9riane b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;un <strong>usage m\u00e9dical bien \u00e9tabli<\/strong> pour le \u00ab soulagement de la tension nerveuse l\u00e9g\u00e8re et des troubles du sommeil \u00bb.<\/li>\n<li>Plusieurs essais cliniques randomis\u00e9s et m\u00e9ta-analyses (Bent et al., 2006 ; Fernandez-San-Martin et al., 2010) montrent une am\u00e9lioration statistiquement significative de la qualit\u00e9 du sommeil par rapport au placebo, avec un profil de tol\u00e9rance excellent.<\/li>\n<li>L&rsquo;efficacit\u00e9 est mod\u00e9r\u00e9e mais constante \u2014 la val\u00e9riane ne remplace pas les hypnotiques de synth\u00e8se dans les insomnies s\u00e9v\u00e8res mais constitue un premier recours pertinent dans les troubles du sommeil l\u00e9gers \u00e0 mod\u00e9r\u00e9s.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Acide val\u00e9r\u00e9nique<\/td>\n<td>Sesquiterp\u00e8ne<\/td>\n<td>S\u00e9datif, agoniste GABA-A<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/valepotriates\/\">Val\u00e9potriates<\/a><\/td>\n<td>Irido\u00efdes<\/td>\n<td>S\u00e9datifs, spasmolytiques<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Huile essentielle (val\u00e9ranone)<\/td>\n<td>Terp\u00e8nes<\/td>\n<td>S\u00e9dative<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Infusion :<\/strong> 2-3 g de racine coup\u00e9e pour 150 ml d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infuser 10-15 min. 1 tasse le soir, 30-60 min avant le coucher. Go\u00fbt amer et ar\u00f4me fort \u2014 souvent associ\u00e9e \u00e0 la m\u00e9lisse ou \u00e0 la passiflore pour adoucir.<\/li>\n<li><strong>Extrait sec standardis\u00e9 :<\/strong> 300-600 mg, 30-60 min avant le coucher. Titr\u00e9 en acide val\u00e9r\u00e9nique (0,8 % minimum). C&rsquo;est la forme la mieux \u00e9tudi\u00e9e cliniquement.<\/li>\n<li><strong>Teinture :<\/strong> 1:5 dans \u00e9thanol \u00e0 70\u00b0, 1-3 ml avant le coucher.<\/li>\n<li><strong>G\u00e9lules de poudre :<\/strong> 500-1000 mg de racine pulv\u00e9ris\u00e9e, avant le coucher.<\/li>\n<li><strong>Bain relaxant :<\/strong> 100 g de racine en d\u00e9coction ajout\u00e9e au bain du soir.<\/li>\n<li><strong>Associations :<\/strong> val\u00e9riane + houblon, val\u00e9riane + passiflore, val\u00e9riane + m\u00e9lisse \u2014 combinaisons synergiques fr\u00e9quemment commercialis\u00e9es.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La val\u00e9riane est une plante de <strong>faible toxicit\u00e9<\/strong>. Aucun cas d&rsquo;intoxication grave n&rsquo;est rapport\u00e9 aux doses th\u00e9rapeutiques. Les effets ind\u00e9sirables sont rares et b\u00e9nins (troubles digestifs, c\u00e9phal\u00e9es, vertiges). <strong>Pas de d\u00e9pendance, pas de syndrome de sevrage.<\/strong> Des surdosages accidentels (jusqu&rsquo;\u00e0 20 g de racine) n&rsquo;ont provoqu\u00e9 que fatigue, crampes abdominales et vision trouble, sans s\u00e9quelles. Contre-indications : d\u00e9conseill\u00e9e chez les enfants de moins de 12 ans (donn\u00e9es insuffisantes) et pendant la grossesse (pr\u00e9caution). Interaction th\u00e9orique avec les d\u00e9presseurs du SNC (benzodiaz\u00e9pines, barbituriques, alcool) \u2014 prudence en association.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La val\u00e9riane est mentionn\u00e9e par Hippocrate, Dioscoride et Galien comme s\u00e9datif et antispasmodique. Au Moyen \u00c2ge, elle \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme un \u00ab cure-tout \u00bb (d&rsquo;o\u00f9 le nom \u00ab gu\u00e9rit-tout \u00bb) et entrait dans la composition de nombreux th\u00e9riaques. La l\u00e9gende veut que le joueur de fl\u00fbte de Hamelin ait utilis\u00e9 de la val\u00e9riane pour attirer les rats \u2014 une allusion \u00e0 l&rsquo;attraction que l&rsquo;odeur de la racine exerce sur certains rongeurs (comme sur les chats). Pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale, la val\u00e9riane fut utilis\u00e9e pour traiter le \u00ab shell shock \u00bb (stress post-traumatique) des soldats des tranch\u00e9es. En Inde, une esp\u00e8ce proche (<em>V. wallichii<\/em>) est utilis\u00e9e en m\u00e9decine ayurv\u00e9dique sous le nom de \u00ab tagara \u00bb.<\/p>\n<hr>\n<h3>INT\u00c9R\u00caT \u00c9COLOGIQUE<\/h3>\n<p>La val\u00e9riane officinale est une composante des prairies humides et des m\u00e9gaphorbiaies, habitats en r\u00e9gression en Europe. Ses fleurs roses parfum\u00e9es sont visit\u00e9es par une diversit\u00e9 remarquable de pollinisateurs : papillons diurnes (vanesses, pi\u00e9rides), papillons nocturnes (sphinx), syrphes, abeilles et col\u00e9opt\u00e8res. L&rsquo;esp\u00e8ce est l&rsquo;h\u00f4te de chenilles de papillons sp\u00e9cialis\u00e9s. Sa pr\u00e9sence signale des prairies humides non drain\u00e9es et non amend\u00e9es. La culture industrielle de val\u00e9riane contribue \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie des r\u00e9gions de moyenne montagne (Massif central, Belgique).<\/p>\n<hr>\n<h3>CONFUSIONS POSSIBLES<\/h3>\n<ul>\n<li><strong><em>Valeriana dioica<\/em><\/strong> (val\u00e9riane dio\u00efque) : plus petite, dio\u00efque, feuilles basales enti\u00e8res (non penn\u00e9es). M\u00eame famille, propri\u00e9t\u00e9s similaires mais moins \u00e9tudi\u00e9e.<\/li>\n<li><strong><em>Centranthus ruber<\/em><\/strong> (centranthe rouge) : fleurs rouges en corymbe, feuilles enti\u00e8res, m\u00eames milieux parfois. Pas le m\u00eame genre ni les m\u00eames propri\u00e9t\u00e9s.<\/li>\n<li><strong><em>Valerianella locusta<\/em><\/strong> (m\u00e2che) : m\u00eame famille mais petite annuelle \u00e0 feuilles enti\u00e8res, sans odeur.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La val\u00e9riane officinale est le <strong>s\u00e9datif v\u00e9g\u00e9tal le mieux document\u00e9 de la pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne<\/strong>. Son acide val\u00e9r\u00e9nique, modulateur allost\u00e9rique du r\u00e9cepteur GABA-A, constitue un m\u00e9canisme d&rsquo;action scientifiquement \u00e9lucid\u00e9 qui valide trois mill\u00e9naires d&rsquo;usage traditionnel. L&rsquo;absence de d\u00e9pendance et de somnolence r\u00e9siduelle en fait une alternative de premier choix aux benzodiaz\u00e9pines dans les troubles du sommeil l\u00e9gers \u00e0 mod\u00e9r\u00e9s. Son statut d&rsquo;\u00ab usage m\u00e9dical bien \u00e9tabli \u00bb \u2014 le plus haut niveau de reconnaissance en phytoth\u00e9rapie \u2014 consacre une plante qui, de l&rsquo;Antiquit\u00e9 grecque aux essais cliniques du XXIe si\u00e8cle, n&rsquo;a jamais cess\u00e9 d&rsquo;\u00eatre prescrite.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Bruneton J., <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5<sup>e<\/sup> \u00e9d., Lavoisier, 2016.<\/li>\n<li>Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne, monographie <em>Valerianae radix<\/em>, 10<sup>e<\/sup> \u00e9d.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B., <em>Flora Gallica \u2014 Flore de France<\/em>, Biotope \u00c9ditions, 2014.<\/li>\n<li>Bent S., Padula A., Moore D. et al., \u00ab Valerian for sleep: a systematic review and meta-analysis \u00bb, <em>American Journal of Medicine<\/em>, 2006, 119(12), 1005-1012.<\/li>\n<li>Benke D., Barberis A., Kopp S. et al., \u00ab GABA-A receptors as in vivo substrate for the anxiolytic action of valerenic acid, a major constituent of valerian root extracts \u00bb, <em>Neuropharmacology<\/em>, 2009, 56(1), 174-181.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2606<\/strong> S\u00e9datif \/ inducteur du sommeil<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Anxiolytique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La val\u00e9riane officinale est le s\u00e9datif v\u00e9g\u00e9tal de r\u00e9f\u00e9rence de la pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne \u2014 et l&rsquo;un des plus anciens. 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