{"id":1418,"date":"2026-03-26T11:42:59","date_gmt":"2026-03-26T10:42:59","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/valeriane-triptere\/"},"modified":"2026-06-25T09:28:37","modified_gmt":"2026-06-25T07:28:37","slug":"valeriane-triptere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/valeriane-triptere\/","title":{"rendered":"VAL\u00c9RIANE TRIPT\u00c8RE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Val%C3%A9riane%20%C3%A0%20trois%20folioles.jpg\" alt=\"Planche botanique VAL\u00c9RIANE TRIPT\u00c8RE\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La <em>Valeriana tripteris<\/em> L., commun\u00e9ment appel\u00e9e val\u00e9riane tript\u00e8re, val\u00e9riane \u00e0 trois ailes ou val\u00e9riane trifoli\u00e9e, est une plante vivace de la famille des <strong>Caprifoliaceae<\/strong> (anciennement Valerianaceae). Le genre <em>Valeriana<\/em>, comprenant environ 200 esp\u00e8ces r\u00e9parties principalement dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es, est c\u00e9l\u00e8bre pour la val\u00e9riane officinale (<em>V. officinalis<\/em>), plante m\u00e9dicinale majeure. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>tripteris<\/em>, du grec <em>tri<\/em> (trois) et <em>pteris<\/em> (aile), fait r\u00e9f\u00e9rence aux feuilles caulinaires divis\u00e9es en trois segments. Cette val\u00e9riane montagnarde est une esp\u00e8ce caract\u00e9ristique des fissures de rochers et des \u00e9boulis des montagnes calcaires europ\u00e9ennes.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>La val\u00e9riane tript\u00e8re est une plante vivace herbac\u00e9e, haute de 15 \u00e0 50 cm. Le rhizome est court, oblique, fibreux, \u00e0 odeur val\u00e9rian\u00e9e caract\u00e9ristique. La tige est dress\u00e9e, simple ou peu ramifi\u00e9e, glabre, cylindrique, fistuleuse. Les feuilles basales sont longuement p\u00e9tiol\u00e9es, \u00e0 limbe simple, cordiforme-orbiculaire \u00e0 r\u00e9niforme, entier ou sinu\u00e9-dent\u00e9, glabre, coriace. Les feuilles caulinaires, au nombre de 2 \u00e0 4 paires, sont oppos\u00e9es, tris\u00e9qu\u00e9es (divis\u00e9es en 3 segments), le segment terminal plus grand que les lat\u00e9raux, ovale-lanc\u00e9ol\u00e9, dent\u00e9. Ce dimorphisme foliaire entre feuilles basales enti\u00e8res et feuilles caulinaires tris\u00e9qu\u00e9es est le caract\u00e8re le plus distinctif de l&rsquo;esp\u00e8ce. L&rsquo;inflorescence est un corymbe terminal compact, s&rsquo;\u00e9talant \u00e0 la fructification. Les fleurs sont petites (3-4 mm), tubulaires-infundibuliformes, \u00e0 5 lobes, blanches \u00e0 ros\u00e9es, parfum\u00e9es. Les 3 \u00e9tamines et le style trifide sont saillants. Le fruit est un ak\u00e8ne surmont\u00e9 d&rsquo;un pappus plumeux (aigrette form\u00e9e de soies plumeuses) facilitant la diss\u00e9mination par le vent.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat naturel et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>La val\u00e9riane tript\u00e8re est une esp\u00e8ce orophyte europ\u00e9enne dont l&rsquo;aire couvre les montagnes d&rsquo;Europe centrale et m\u00e9ridionale : Alpes, Pyr\u00e9n\u00e9es, Jura, Massif central, Carpates, Balkans, Apennins. En France, elle est pr\u00e9sente dans les Alpes, le Jura, les Pyr\u00e9n\u00e9es et le Massif central (C\u00e9vennes, Auvergne). Elle colonise les fissures de rochers calcaires et dolomitiques, les \u00e9boulis fix\u00e9s, les falaises ombrag\u00e9es, les murs de pierres s\u00e8ches et les entr\u00e9es de grottes. C&rsquo;est une esp\u00e8ce sciaphile \u00e0 h\u00e9misciaphile, pr\u00e9f\u00e9rant les expositions nord ou ombrag\u00e9es. Elle tol\u00e8re les substrats pauvres et secs, \u00e0 condition qu&rsquo;il y ait un minimum d&rsquo;humidit\u00e9 atmosph\u00e9rique. Elle se rencontre de 300 \u00e0 2 600 m d&rsquo;altitude selon les massifs, avec un optimum entre 800 et 2 000 m. C&rsquo;est une esp\u00e8ce caract\u00e9ristique des communaut\u00e9s chasmophytiques calcicoles (alliance <em>Potentillion caulescentis<\/em>).<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p>La val\u00e9riane tript\u00e8re est une cham\u00e9phyte \u00e0 h\u00e9micryptophyte dont le feuillage basal est semi-persistant. La reprise de v\u00e9g\u00e9tation a lieu au printemps (avril-mai en montagne). Les feuilles basales, parfois persistantes en hiver, se renouvellent au printemps. La tige florale se d\u00e9veloppe en mai-juin. La floraison se d\u00e9roule de mai \u00e0 ao\u00fbt selon l&rsquo;altitude, avec un pic en juin-juillet. Les fleurs parfum\u00e9es attirent une diversit\u00e9 de pollinisateurs : abeilles, syrphes, papillons, col\u00e9opt\u00e8res. La pollinisation est entomophile. La fructification se poursuit de juillet \u00e0 septembre, les ak\u00e8nes plumeux \u00e9tant emport\u00e9s par le vent, parfois sur de longues distances. Les graines germent au printemps suivant dans les fissures de rochers o\u00f9 elles se sont d\u00e9pos\u00e9es. La croissance est lente, la plante mettant plusieurs ann\u00e9es \u00e0 atteindre la maturit\u00e9 reproductive. La long\u00e9vit\u00e9 individuelle est consid\u00e9rable, les touffes pouvant persister des d\u00e9cennies dans les fissures rocheuses.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Aucune partie n\u2019a d\u2019usage m\u00e9dicinal officinal \u00e9tabli.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La val\u00e9riane tript\u00e8re partage en partie le profil chimique du genre <em>Valeriana<\/em>. Le rhizome contient des <strong>valepotriates<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">irido\u00efdes<\/a> instables, dont le <strong>valtrate<\/strong>, l&rsquo;<strong>isovaltrate<\/strong> et le <strong>didrovaltrate<\/strong>), compos\u00e9s caract\u00e9ristiques des val\u00e9rianes, bien que leur concentration soit g\u00e9n\u00e9ralement inf\u00e9rieure \u00e0 celle de <em>V. officinalis<\/em>. L&rsquo;<strong>acide val\u00e9r\u00e9nique<\/strong> et ses d\u00e9riv\u00e9s, principaux compos\u00e9s actifs de la val\u00e9riane officinale, sont probablement pr\u00e9sents mais en quantit\u00e9s moindres. Le rhizome d\u00e9gage l&rsquo;odeur caract\u00e9ristique des val\u00e9rianes, due \u00e0 l&rsquo;<strong>acide isoval\u00e9rique<\/strong> lib\u00e9r\u00e9 par la d\u00e9gradation des valepotriates. Les feuilles contiennent des <strong>flavono\u00efdes<\/strong>, des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a>, acide caf\u00e9ique) et des <strong>irido\u00efdes<\/strong> glycosyl\u00e9s. Les fleurs renferment des <strong>terp\u00e9no\u00efdes<\/strong> volatils responsables du parfum. Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a><\/strong> monoterp\u00e9niques (actinidine, chatinine) sont signal\u00e9s dans le genre.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>La val\u00e9riane tript\u00e8re poss\u00e8de probablement des propri\u00e9t\u00e9s s\u00e9datives et anxiolytiques comparables \u00e0 celles de la val\u00e9riane officinale, bien qu&rsquo;att\u00e9nu\u00e9es en raison de concentrations plus faibles en principes actifs. Les valepotriates et l&rsquo;acide val\u00e9r\u00e9nique exercent une action sur le syst\u00e8me GABAergique, potentialisant l&rsquo;effet inhibiteur de l&rsquo;acide gamma-aminobutyrique dans le syst\u00e8me nerveux central. Cependant, la val\u00e9riane tript\u00e8re n&rsquo;a jamais fait l&rsquo;objet d&rsquo;\u00e9tudes cliniques ni m\u00eame d&rsquo;\u00e9tudes pharmacologiques sp\u00e9cifiques. Elle n&rsquo;est mentionn\u00e9e dans aucune pharmacop\u00e9e moderne. En m\u00e9decine populaire alpine, toutes les esp\u00e8ces de val\u00e9rianes \u00e9taient utilis\u00e9es de mani\u00e8re indiff\u00e9renci\u00e9e pour pr\u00e9parer des tisanes calmantes et des bains relaxants. La val\u00e9riane tript\u00e8re, accessible dans les zones rocheuses de montagne, a probablement \u00e9t\u00e9 r\u00e9colt\u00e9e occasionnellement \u00e0 cet effet. Son usage th\u00e9rapeutique reste anecdotique et non valid\u00e9 scientifiquement.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Aucune donn\u00e9e clinique ; plante sans usage m\u00e9dicinal \u00e9tabli. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> sans objet.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Acide val\u00e9r\u00e9nique<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/terpenes\/\">Sesquiterp\u00e8ne<\/a><\/td>\n<td>S\u00e9datif<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/valepotriates\/\">Val\u00e9potriates<\/a><\/td>\n<td>Irido\u00efdes<\/td>\n<td>S\u00e9datifs, spasmolytiques<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Huile essentielle<\/td>\n<td>Terp\u00e8nes<\/td>\n<td>S\u00e9dative<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>La val\u00e9riane tript\u00e8re ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune transformation commerciale sp\u00e9cifique. Les racines pourraient th\u00e9oriquement \u00eatre s\u00e9ch\u00e9es et pr\u00e9par\u00e9es comme celles de la val\u00e9riane officinale (tisane, teinture-m\u00e8re), mais la plante n&rsquo;est pas r\u00e9colt\u00e9e \u00e0 cet effet en raison de sa raret\u00e9 relative et de la concentration inf\u00e9rieure en principes actifs. En horticulture, les plants sont commercialis\u00e9s par des p\u00e9pini\u00e8res sp\u00e9cialis\u00e9es dans les plantes alpines et les plantes de rocaille. La multiplication en p\u00e9pini\u00e8re se fait par semis ou par division, les plants \u00e9tant commercialis\u00e9s en godets. En herbier, les sp\u00e9cimens se conservent bien, le dimorphisme foliaire \u00e9tant un excellent crit\u00e8re de d\u00e9termination. Les graines, r\u00e9colt\u00e9es \u00e0 maturit\u00e9 des ak\u00e8nes plumeux, se conservent au frais et au sec pendant 1 \u00e0 2 ans.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects \u00e9cologiques et environnementaux<\/h3>\n<p>La val\u00e9riane tript\u00e8re joue un r\u00f4le \u00e9cologique dans les communaut\u00e9s chasmophytiques des falaises et des \u00e9boulis calcaires de montagne. Ses racines contribuent \u00e0 la stabilisation des fissures rocheuses et \u00e0 la formation de micro-sols dans les anfractuosit\u00e9s. Ses fleurs parfum\u00e9es constituent une ressource nectarif\u00e8re pour les pollinisateurs de montagne, dans un environnement o\u00f9 les sources de nectar sont limit\u00e9es. Les ak\u00e8nes plumeux, dispers\u00e9s par le vent, permettent la colonisation de nouvelles fissures de rochers, contribuant \u00e0 la dynamique des communaut\u00e9s rupestres. L&rsquo;esp\u00e8ce ne pr\u00e9sente aucun caract\u00e8re envahissant. Sa pr\u00e9sence dans les falaises indique des milieux calcaires bien conserv\u00e9s, non perturb\u00e9s par les am\u00e9nagements. Les communaut\u00e9s chasmophytiques qu&rsquo;elle int\u00e8gre sont des habitats d&rsquo;int\u00e9r\u00eat communautaire au titre de la directive Habitats (code 8210).<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Toxicit\u00e9 non document\u00e9e ; en l\u2019absence de donn\u00e9es, s\u2019abstenir de tout usage interne non encadr\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;usage ethnobotanique de la val\u00e9riane tript\u00e8re est modeste, \u00e9clips\u00e9 par celui de la val\u00e9riane officinale. Dans les Alpes, les montagnards r\u00e9coltaient les racines des val\u00e9rianes sauvages sans toujours distinguer les esp\u00e8ces, pour pr\u00e9parer des infusions calmantes contre l&rsquo;insomnie et l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9. En Suisse et en Autriche, les racines de val\u00e9rianes alpines \u00e9taient s\u00e9ch\u00e9es et vendues dans les foires de montagne. L&rsquo;odeur forte des racines \u00e9tait r\u00e9put\u00e9e attirer les chats, qui se frottaient contre les plants, un comportement li\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9sence d&rsquo;actinidine, compos\u00e9 structurellement proche de la n\u00e9petalactone de l&rsquo;herbe aux chats. En jardinage alpin, la val\u00e9riane tript\u00e8re est appr\u00e9ci\u00e9e comme plante de rocaille pour sa floraison gracieuse et son adaptation aux fissures de murs et de rochers. Elle est parfois int\u00e9gr\u00e9e dans les jardins de simples des monast\u00e8res alpins.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et exigences agronomiques<\/h3>\n<p>La val\u00e9riane tript\u00e8re est cultivable comme plante de rocaille alpine. Sa culture requiert un substrat calcaire, pierreux, bien drain\u00e9, en situation de mi-ombre. Le semis se fait en automne ou au printemps en terrine, les graines \u00e9tant d\u00e9pos\u00e9es en surface sur un m\u00e9lange de sable grossier et de terreau de feuilles. Une stratification froide de 4 \u00e0 6 semaines est b\u00e9n\u00e9fique. La germination est lente et irr\u00e9guli\u00e8re (3 \u00e0 8 semaines). La division des touffes au printemps est la m\u00e9thode la plus fiable. L&#8217;emplacement id\u00e9al est une fissure de mur, une auge alpine ou une rocaille calcaire ombrag\u00e9e. L&rsquo;arrosage est mod\u00e9r\u00e9, la plante tol\u00e9rant la s\u00e9cheresse des fissures rocheuses. La rusticit\u00e9 est excellente, la plante r\u00e9sistant \u00e0 des temp\u00e9ratures de -20 \u00b0C et au-del\u00e0. Aucune fertilisation n&rsquo;est n\u00e9cessaire. Les principales menaces en culture sont l&rsquo;exc\u00e8s d&rsquo;humidit\u00e9 hivernale et la comp\u00e9tition avec des esp\u00e8ces plus vigoureuses.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut de conservation et r\u00e9glementation<\/h3>\n<p>La val\u00e9riane tript\u00e8re est une esp\u00e8ce globalement non menac\u00e9e dans son aire de r\u00e9partition montagnarde. En France, elle ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucun statut de protection national. Elle est consid\u00e9r\u00e9e comme assez commune dans les massifs montagneux o\u00f9 elle est pr\u00e9sente (Alpes, Jura, Pyr\u00e9n\u00e9es). En plaine et en marge de son aire, elle est rare et peut figurer sur des listes de surveillance. Ses habitats rocheux, naturellement peu menac\u00e9s par les activit\u00e9s humaines, lui offrent une relative protection. Cependant, l&rsquo;am\u00e9nagement touristique des falaises (via ferrata, escalade), l&rsquo;exploitation de carri\u00e8res et le changement climatique (modification du r\u00e9gime hydrique des falaises) pourraient localement menacer ses populations. Aucune r\u00e9glementation sp\u00e9cifique ne concerne sa cueillette ou son commerce.<\/p>\n<hr>\n<h3>Anecdotes et curiosit\u00e9s historiques<\/h3>\n<p>La val\u00e9riane tript\u00e8re est l&rsquo;une des premi\u00e8res plantes de montagne \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9crites par les botanistes de la Renaissance. Le botaniste suisse Conrad Gessner (1516-1565), dans ses explorations alpines pionni\u00e8res, a probablement observ\u00e9 cette esp\u00e8ce sur les rochers du Pilatus. Linn\u00e9 la d\u00e9crivit en 1753 dans son <em>Species Plantarum<\/em>. Le dimorphisme foliaire de la val\u00e9riane tript\u00e8re a longtemps d\u00e9rout\u00e9 les botanistes, certains croyant avoir affaire \u00e0 deux esp\u00e8ces diff\u00e9rentes lorsqu&rsquo;ils observaient des feuilles basales enti\u00e8res et des feuilles caulinaires tris\u00e9qu\u00e9es. L&rsquo;odeur des racines de val\u00e9rianes a fait l&rsquo;objet de l\u00e9gendes : on raconte que le joueur de fl\u00fbte de Hamelin utilisait de la val\u00e9riane pour attirer les rats, un lien entre l&rsquo;attirance des rongeurs pour cette odeur et la l\u00e9gende m\u00e9di\u00e9vale. Les chats, particuli\u00e8rement sensibles aux compos\u00e9s de la val\u00e9riane, pourraient potentiellement \u00eatre attir\u00e9s par les plants de val\u00e9riane tript\u00e8re dans les jardins de rocaille.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>La val\u00e9riane tript\u00e8re peut \u00eatre confondue avec d&rsquo;autres val\u00e9rianes montagnardes. La <em>Valeriana montana<\/em> (val\u00e9riane des montagnes) poss\u00e8de des feuilles toutes enti\u00e8res, ovales-lanc\u00e9ol\u00e9es, non tris\u00e9qu\u00e9es. La <em>Valeriana officinalis<\/em> (val\u00e9riane officinale) a toutes ses feuilles pennatis\u00e9qu\u00e9es \u00e0 7-13 segments et une taille plus grande. La <em>Valeriana saxatilis<\/em> (val\u00e9riane des rochers) a des feuilles basales spatul\u00e9es enti\u00e8res et des feuilles caulinaires \u00e0 3-5 segments, mais ses segments sont lin\u00e9aires et non dent\u00e9s. La <em>Centranthus ruber<\/em> (centranthe rouge), parfois confondue avec les val\u00e9rianes, poss\u00e8de des fleurs rouges ou roses \u00e0 \u00e9peron et des feuilles oppos\u00e9es enti\u00e8res. Le crit\u00e8re le plus fiable pour identifier la val\u00e9riane tript\u00e8re est le dimorphisme foliaire : feuilles basales simples, cordiformes, et feuilles caulinaires \u00e0 3 segments distincts.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La val\u00e9riane tript\u00e8re est une esp\u00e8ce montagnarde \u00e9l\u00e9gante, bien adapt\u00e9e aux conditions extr\u00eames des falaises calcaires. Sa parent\u00e9 chimique avec la val\u00e9riane officinale sugg\u00e8re un potentiel phytoth\u00e9rapeutique qui reste \u00e0 explorer. Les enjeux de recherche incluent la caract\u00e9risation phytochimique compl\u00e8te de cette esp\u00e8ce, la comparaison de ses activit\u00e9s pharmacologiques avec celles de <em>V. officinalis<\/em>, et l&rsquo;\u00e9tude de ses adaptations physiologiques aux milieux rocheux. En horticulture, elle m\u00e9rite une plus grande diffusion comme plante de rocaille et de mur, son dimorphisme foliaire et sa floraison gracieuse \u00e9tant des atouts ornementaux. La conservation de ses habitats rocheux, naturellement r\u00e9sistants mais localement menac\u00e9s par les am\u00e9nagements touristiques, constitue un enjeu dans le cadre de la gestion des espaces montagnards prot\u00e9g\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Valeriana%20tripteris\">Plants of the World Online, Kew : <em>Valeriana tripteris<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Valeriana+tripteris\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Valeriana tripteris<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> S\u00e9datif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La Valeriana tripteris L., commun\u00e9ment appel\u00e9e val\u00e9riane tript\u00e8re, val\u00e9riane \u00e0 trois ailes ou val\u00e9riane trifoli\u00e9e, est une plante vivace de la [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[99],"tags":[],"class_list":["post-1418","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-valerianacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1418","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1418"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1418\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14245,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1418\/revisions\/14245"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1418"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1418"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1418"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}