{"id":1420,"date":"2026-03-26T11:43:03","date_gmt":"2026-03-26T10:43:03","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/gattilier\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:16","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:16","slug":"gattilier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/gattilier\/","title":{"rendered":"GATTILIER"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Gattilier.jpg\" alt=\"Planche botanique Gattilier\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le <strong>Gattilier<\/strong> (<em>Vitex agnus-castus<\/em> L.) est un arbuste de la famille des <strong>Lamiaceae<\/strong> (anciennement Verbenaceae, reclass\u00e9 suite aux analyses phylog\u00e9n\u00e9tiques mol\u00e9culaires). Le genre <em>Vitex<\/em> comprend environ 250 esp\u00e8ces principalement tropicales. L&rsquo;esp\u00e8ce porte un nom scientifique doublement \u00e9vocateur : <em>Vitex<\/em> d\u00e9rive du latin <em>vieo<\/em> (tresser, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la souplesse des rameaux), tandis qu&rsquo;<em>agnus-castus<\/em> est un pl\u00e9onasme gr\u00e9co-latin signifiant \u00ab agneau chaste \u00bb (du grec <em>agnos<\/em>, chaste, et du latin <em>castus<\/em>, pur). Ce nom fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la r\u00e9putation de la plante de r\u00e9duire la libido. Le Gattilier est aussi appel\u00e9 poivre des moines, arbre au poivre, poivre sauvage ou agnus-castus. C&rsquo;est l&rsquo;une des plantes m\u00e9dicinales les mieux \u00e9tudi\u00e9es pour les troubles du cycle f\u00e9minin, avec un corpus scientifique consid\u00e9rable validant ses usages traditionnels.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Arbuste \u00e0 feuillage caduc de <strong>2 \u00e0 5 m<\/strong> de hauteur (parfois 8 m en milieu favorable), \u00e0 port dress\u00e9 et ramifi\u00e9. Les rameaux sont quadrangulaires, gris-tomenteux (pubescence feutr\u00e9e). Les feuilles sont <strong>oppos\u00e9es<\/strong>, compos\u00e9es-palm\u00e9es, comptant 5 \u00e0 7 folioles lanc\u00e9ol\u00e9es, de 5 \u00e0 10 cm, \u00e0 marge enti\u00e8re ou faiblement dent\u00e9e, vert fonc\u00e9 sur la face sup\u00e9rieure, <strong>blanc-tomenteux en dessous<\/strong>, aromatiques au froissement (odeur poivr\u00e9e et sauge). L&rsquo;inflorescence est une <strong>panicule terminale<\/strong> de cymes, dense, allong\u00e9e (10 \u00e0 25 cm), spectaculaire. Les fleurs sont petites (6-8 mm), bilabi\u00e9es, <strong>violet-bleu<\/strong> (plus rarement rose ou blanc), \u00e0 4 \u00e9tamines exsertes. Le fruit est une <strong>drupe<\/strong> globuleuse de 3-4 mm, brun-noir\u00e2tre \u00e0 maturit\u00e9, aromatique, \u00e0 saveur poivr\u00e9e, contenant 4 nucules. C&rsquo;est le fruit qui constitue la drogue officinale. Floraison de juillet \u00e0 octobre, exceptionnellement tardive et prolong\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat et r\u00e9partition<\/h3>\n<p>Le Gattilier est originaire du <strong>bassin m\u00e9diterran\u00e9en<\/strong> et d&rsquo;<strong>Asie occidentale<\/strong> (de la Gr\u00e8ce et de la Turquie \u00e0 l&rsquo;Afghanistan). Il pousse naturellement dans les <strong>ripisylves m\u00e9diterran\u00e9ennes<\/strong>, les bords de cours d&rsquo;eau temporaires (oueds), les zones alluviales, les rivages maritimes et les maquis humides. Il est caract\u00e9ristique des milieux soumis \u00e0 des alternances de s\u00e9cheresse et d&rsquo;inondation. En France, il est indig\u00e8ne ou anciennement naturalis\u00e9 en Corse, sur le littoral proven\u00e7al et dans les Pyr\u00e9n\u00e9es-Orientales. Il est largement cultiv\u00e9 comme plante ornementale et m\u00e9dicinale dans tout le Midi et dans les jardins abrit\u00e9s du reste de la France. La culture commerciale pour l&rsquo;industrie phytopharmaceutique se concentre en Albanie, Maroc, Turquie et Gr\u00e8ce.<\/p>\n<hr>\n<h3>Exigences \u00e9cologiques<\/h3>\n<p>Le Gattilier est une esp\u00e8ce <strong>h\u00e9liophile<\/strong> et <strong>thermophile<\/strong>. Il exige le plein soleil et une chaleur estivale soutenue pour bien fleurir et fructifier. Le sol doit \u00eatre bien drain\u00e9, l\u00e9ger, m\u00eame pauvre ou caillouteux. Il tol\u00e8re le calcaire, la s\u00e9cheresse estivale et les embruns marins. Le pH optimal est de 6 \u00e0 8,5. Sa rusticit\u00e9 est limit\u00e9e : il r\u00e9siste \u00e0 des gels brefs de \u221210 \u00e0 \u221215 \u00b0C (zone 7), mais les jeunes rameaux sont d\u00e9truits par les froids prolong\u00e9s. En climat temp\u00e9r\u00e9 froid, il repart de souche au printemps apr\u00e8s un gel s\u00e9v\u00e8re. Il tol\u00e8re aussi bien les sols secs que temporairement inond\u00e9s, reflet de son habitat naturel d&rsquo;oued m\u00e9diterran\u00e9en. Le Gattilier est tr\u00e8s tol\u00e9rant \u00e0 la pollution atmosph\u00e9rique et se comporte bien en milieu urbain.<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p>Arbuste \u00e0 feuillage caduc, le Gattilier d\u00e9bourre tardivement au printemps (avril-mai). Sa <strong>floraison<\/strong> est exceptionnellement tardive pour un arbuste : de <strong>juillet \u00e0 octobre<\/strong>, parfois jusqu&rsquo;aux premi\u00e8res gel\u00e9es. Cette floraison estivale-automnale est pr\u00e9cieuse au jardin car elle intervient \u00e0 une p\u00e9riode o\u00f9 peu d&rsquo;arbustes fleurissent. Les fleurs sont tr\u00e8s mellif\u00e8res, visit\u00e9es par les abeilles, les bourdons et les papillons. La pollinisation est entomophile. Les fruits m\u00fbrissent en octobre-novembre. Les graines conservent leur viabilit\u00e9 plusieurs ann\u00e9es. La multiplication se fait par semis (germination facile), bouturage de rameaux semi-ao\u00fbt\u00e9s en \u00e9t\u00e9 (bon taux de reprise), ou marcottage. La taille annuelle de printemps, s\u00e9v\u00e8re si n\u00e9cessaire (taille sur le vieux bois), est bien tol\u00e9r\u00e9e et stimule la floraison sur le bois de l&rsquo;ann\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Les fruits du Gattilier poss\u00e8dent un profil phytochimique d&rsquo;une grande complexit\u00e9, responsable de leurs multiples activit\u00e9s pharmacologiques. Les principaux groupes de compos\u00e9s sont :<\/p>\n<p>Les <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/diterpenes\/\">diterp\u00e8nes<\/a><\/strong> de type cl\u00e9rodane et labdane : <strong>rotundifurane<\/strong>, <strong>vitexilactone<\/strong>, <strong>vitetrifoline D<\/strong>, consid\u00e9r\u00e9s comme les principaux compos\u00e9s actifs. Ils interagissent avec les r\u00e9cepteurs dopaminergiques D2, opioidergiques mu et les r\u00e9cepteurs aux \u0153strog\u00e8nes b\u00eata.<\/p>\n<p>Les <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">irido\u00efdes<\/a><\/strong> : <strong>agnuside<\/strong>, <strong>aucubine<\/strong>, <strong>eurostoside<\/strong>.<\/p>\n<p>Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> : <strong>casticine<\/strong>, <strong>pendul\u00e9tine<\/strong>, <strong>chrysospl\u00e9nol D<\/strong>, <strong>vitexine<\/strong>, <strong>isovitexine<\/strong> et <strong>orientine<\/strong>.<\/p>\n<p>L&rsquo;<strong>huile essentielle<\/strong> des fruits (0,5-1 %) contient du <strong>sabin\u00e8ne<\/strong>, du <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/cineal-eucalyptol\/\">1,8-cin\u00e9ole<\/a><\/strong>, du <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/limonene\/\">limon\u00e8ne<\/a><\/strong>, du <strong>\u03b2-caryophyll\u00e8ne<\/strong> et de l&rsquo;<strong>\u03b1-<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/pinene\/\">pin\u00e8ne<\/a><\/strong>, conf\u00e9rant l&rsquo;ar\u00f4me poivr\u00e9 caract\u00e9ristique.<\/p>\n<p>Des <strong>acides gras<\/strong>, des <strong>st\u00e9ro\u00efdes<\/strong> et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/lignanes\/\">lignanes<\/a><\/strong> compl\u00e8tent le profil. L&rsquo;activit\u00e9 pharmacologique ne repose pas sur un compos\u00e9 unique mais sur un <strong>phytocomplexe synergique<\/strong>, ce qui rend la standardisation des extraits complexe.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Le Gattilier est la <strong>plante de r\u00e9f\u00e9rence en phytoth\u00e9rapie<\/strong> pour les troubles du cycle menstruel f\u00e9minin. Ses propri\u00e9t\u00e9s sont valid\u00e9es par un corpus scientifique consid\u00e9rable, incluant des m\u00e9ta-analyses et des essais cliniques randomis\u00e9s en double aveugle.<\/p>\n<p><strong>Action dopaminergique :<\/strong> Les diterp\u00e8nes du Gattilier se lient aux r\u00e9cepteurs dopaminergiques D2 de l&rsquo;hypophyse, inhibant la s\u00e9cr\u00e9tion de <strong>prolactine<\/strong>. Cette action \u00ab dopaminergique \u00bb est le m\u00e9canisme central qui explique la plupart des effets cliniques observ\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Syndrome pr\u00e9menstruel (SPM) :<\/strong> Plusieurs essais cliniques et m\u00e9ta-analyses ont d\u00e9montr\u00e9 l&rsquo;efficacit\u00e9 de l&rsquo;extrait de fruits de Gattilier pour soulager les sympt\u00f4mes du SPM : irritabilit\u00e9, tensions mammaires (mastodynie), ballonnements, humeur d\u00e9pressive et r\u00e9tention d&rsquo;eau. L&rsquo;efficacit\u00e9 est sup\u00e9rieure au placebo et comparable \u00e0 certains traitements conventionnels.<\/p>\n<p><strong>Irr\u00e9gularit\u00e9s du cycle :<\/strong> Le Gattilier r\u00e9gularise le cycle menstruel en cas d&rsquo;<strong>insuffisance lut\u00e9ale<\/strong> (phase lut\u00e9ale courte, d\u00e9ficit en progest\u00e9rone relatif). En normalisant la prolactine, il restaure l&rsquo;\u00e9quilibre FSH\/LH et favorise une ovulation normale.<\/p>\n<p><strong>Hyperprolactin\u00e9mie latente :<\/strong> Les femmes pr\u00e9sentant une hyperprolactin\u00e9mie l\u00e9g\u00e8re (souvent asymptomatique mais responsable de troubles du cycle et d&rsquo;infertilit\u00e9) b\u00e9n\u00e9ficient du traitement par Gattilier.<\/p>\n<p><strong>Infertilit\u00e9 :<\/strong> En corrigeant l&rsquo;insuffisance lut\u00e9ale et l&rsquo;hyperprolactin\u00e9mie, le Gattilier am\u00e9liore la fertilit\u00e9 chez les femmes dont l&rsquo;infertilit\u00e9 est li\u00e9e \u00e0 ces causes. Des \u00e9tudes ont montr\u00e9 une augmentation significative des taux de grossesse.<\/p>\n<p><strong>Mastalgie cyclique :<\/strong> Les douleurs mammaires pr\u00e9menstruelles sont significativement r\u00e9duites.<\/p>\n<p>La <strong>posologie<\/strong> courante est de 20 \u00e0 40 mg d&rsquo;extrait sec standardis\u00e9 par jour (\u00e9quivalent \u00e0 150-250 mg de fruit s\u00e9ch\u00e9), en prise unique le matin, pendant au moins 3 cycles menstruels. L&rsquo;usage traditionnel bien \u00e9tabli du Gattilier pour le soulagement du SPM. Son usage est aussi document\u00e9 pour les irr\u00e9gularit\u00e9s menstruelles et la mastodynie. Les sp\u00e9cialit\u00e9s \u00e0 base de Gattilier (Agnolyt\u00ae, Pr\u00e9feminol\u00ae, Gyn\u00e9cyclus\u00ae) sont disponibles en pharmacie.<\/p>\n<p><strong>Contre-indications :<\/strong> Grossesse, allaitement, cancers hormonod\u00e9pendants, traitements dopaminergiques, agonistes ou antagonistes dopaminergiques, FIV et stimulation ovarienne.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicit\u00e9<\/h3>\n<p>Le Gattilier est <strong>tr\u00e8s bien tol\u00e9r\u00e9<\/strong>. Les effets ind\u00e9sirables sont rares et b\u00e9nins : troubles digestifs l\u00e9gers (naus\u00e9es, diarrh\u00e9e), c\u00e9phal\u00e9es, \u00e9ruptions cutan\u00e9es prurigineuses et vertiges. Aucune toxicit\u00e9 grave n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9e dans les \u00e9tudes cliniques ni dans la pharmacovigilance. Les interactions m\u00e9dicamenteuses sont th\u00e9oriques : prudence avec les <strong>agonistes et antagonistes dopaminergiques<\/strong> (bromocriptine, m\u00e9toclopramide, antipsychotiques), les <strong>contraceptifs hormonaux<\/strong> et les <strong>traitements hormonaux substitutifs<\/strong>. L&rsquo;utilisation est d\u00e9conseill\u00e9e pendant la <strong>grossesse<\/strong> (action hormonale) et chez les femmes ayant des ant\u00e9c\u00e9dents de <strong>cancer hormonod\u00e9pendant<\/strong>.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Rotundifurane<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Vitexilactone<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Vitetrifoline d<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Agnuside<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Aucubine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Usage traditionnel en infusion (d\u00e9part \u00e0 froid) ; pas de forme standardis\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Toxicit\u00e9 non document\u00e9e ; en l\u2019absence de donn\u00e9es, s\u2019abstenir de tout usage interne non encadr\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Les <strong>fruits s\u00e9ch\u00e9s<\/strong> du Gattilier ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s comme <strong>substitut du poivre<\/strong> au Moyen \u00c2ge, d&rsquo;o\u00f9 le nom de \u00ab poivre des moines \u00bb. Les moines les consommaient pour leur r\u00e9putation d&rsquo;<strong>anaphrodisiaque<\/strong> (suppresseur de libido), cens\u00e9e les aider \u00e0 respecter leur v\u0153u de chastet\u00e9. Aujourd&rsquo;hui, les fruits sont parfois utilis\u00e9s comme \u00e9pice exotique dans la cuisine m\u00e9diterran\u00e9enne, bien que cet usage reste confidentiel. La saveur est effectivement poivr\u00e9e, piquante, avec des notes de menthe et de laurier.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et entretien<\/h3>\n<p>Le Gattilier est un arbuste ornemental de premier choix pour les jardins ensoleill\u00e9s du Midi et de la fa\u00e7ade atlantique. Il se plante en plein soleil, en sol bien drain\u00e9, m\u00eame pauvre et calcaire. La plantation se fait de pr\u00e9f\u00e9rence au printemps en conteneur. L&rsquo;arrosage est n\u00e9cessaire les deux premi\u00e8res ann\u00e9es, puis la plante se d\u00e9brouille seule. La <strong>taille de printemps<\/strong> (mars) est recommand\u00e9e : rabattre les rameaux de l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente de moiti\u00e9 \u00e0 deux tiers, car la floraison a lieu sur le bois de l&rsquo;ann\u00e9e. La taille s\u00e9v\u00e8re (rec\u00e9page) est bien tol\u00e9r\u00e9e et rajeunit les vieux sujets. En zone froide (zone 7b-8), planter contre un mur expos\u00e9 au sud et pailler le pied en hiver. La multiplication par bouturage estival est ais\u00e9e. Le Gattilier r\u00e9siste \u00e0 la plupart des maladies et ravageurs. La croissance est rapide (1-1,5 m par an dans de bonnes conditions).<\/p>\n<hr>\n<h3>Associations v\u00e9g\u00e9tales<\/h3>\n<p>Dans son habitat naturel, le Gattilier est caract\u00e9ristique des <strong>ripisylves m\u00e9diterran\u00e9ennes<\/strong> et des <strong>formations \u00e0 Nerium oleander<\/strong> des oueds. Il s&rsquo;associe au Laurier-rose (<em>Nerium oleander<\/em>), au Tamaris (<em>Tamarix<\/em> spp.), au Myrte (<em>Myrtus communis<\/em>) et au Platane d&rsquo;Orient (<em>Platanus orientalis<\/em>). Au jardin, il se combine avec les Lavandes, les Romarins, les Cistes, les Perovskias, les Buddleias et les Gramin\u00e9es ornementales (Stipa, Miscanthus), dans une ambiance m\u00e9diterran\u00e9enne ou de jardin sec.<\/p>\n<hr>\n<h3>Int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique<\/h3>\n<p>Le Gattilier poss\u00e8de un <strong>int\u00e9r\u00eat mellif\u00e8re remarquable<\/strong> gr\u00e2ce \u00e0 sa floraison tardive (juillet-octobre), p\u00e9riode o\u00f9 les ressources nectarif\u00e8res se rar\u00e9fient. Il constitue une source de pollen et de nectar pr\u00e9cieuse pour les <strong>abeilles<\/strong>, les bourdons et les papillons migrateurs en fin de saison. Le miel de Gattilier, produit localement en M\u00e9diterran\u00e9e, est aromatique et appr\u00e9ci\u00e9. Dans les ripisylves m\u00e9diterran\u00e9ennes, il participe \u00e0 la stabilisation des berges et fournit un habitat \u00e0 la faune. Sa tol\u00e9rance \u00e0 l&rsquo;alternance de s\u00e9cheresse et d&rsquo;inondation en fait un arbuste utile pour les projets de restauration \u00e9cologique en milieu m\u00e9diterran\u00e9en.<\/p>\n<hr>\n<h3>Folklore et symbolisme<\/h3>\n<p>Le Gattilier est l&rsquo;une des plantes les plus charg\u00e9es de symbolisme li\u00e9 \u00e0 la <strong>chastet\u00e9<\/strong> et \u00e0 la <strong>puret\u00e9<\/strong>. Dans la Gr\u00e8ce antique, les rameaux de Gattilier ornaient les temples d&rsquo;<strong>H\u00e9ra<\/strong> (d\u00e9esse du mariage) et les lits des femmes lors des f\u00eates des <strong>Thesmophories<\/strong>, c\u00e9r\u00e9monies en l&rsquo;honneur de D\u00e9m\u00e9ter o\u00f9 les femmes observaient un v\u0153u de chastet\u00e9 temporaire. <strong>Dioscoride<\/strong> rapporte que la plante \u00ab refroidit la semence \u00bb et convient aux personnes souhaitant vivre dans la continence. Au Moyen \u00c2ge, les moines et les nonnes dispersaient des fruits de Gattilier dans leurs v\u00eatements et leurs lits pour maintenir leur v\u0153u de chastet\u00e9, d&rsquo;o\u00f9 le nom de \u00ab poivre des moines \u00bb (<em>M\u00f6nchspfeffer<\/em> en allemand). Paradoxalement, la m\u00eame plante \u00e9tait aussi prescrite comme <strong>emm\u00e9nagogue<\/strong> et pour favoriser la fertilit\u00e9, illustrant la <strong>dualit\u00e9<\/strong> de ses effets selon la dose et le contexte hormonal. Le Gattilier symbolise la <strong>ma\u00eetrise de soi<\/strong>, la <strong>vertu<\/strong> et l&rsquo;<strong>\u00e9quilibre entre les forces<\/strong>.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>Le Gattilier peut \u00eatre confondu visuellement avec le <strong>Buddleia<\/strong> (<em>Buddleja davidii<\/em>), qui poss\u00e8de aussi des \u00e9pis de fleurs bleu-violet, mais les feuilles du Buddleia sont simples (non compos\u00e9es-palm\u00e9es). Le <strong>Cannabis<\/strong> (<em>Cannabis sativa<\/em>) a des feuilles palm\u00e9es qui ressemblent \u00e0 celles du Gattilier, mais le Cannabis est une herbac\u00e9e annuelle \u00e0 fleurs verd\u00e2tres insignifiantes. Le <strong>Vitex negundo<\/strong>, esp\u00e8ce asiatique proche, se distingue par ses folioles plus dent\u00e9es et ses inflorescences plus compactes. La combinaison de feuilles compos\u00e9es-palm\u00e9es \u00e0 revers blanc-tomenteux, d&rsquo;inflorescences terminales bleu-violet et de l&rsquo;ar\u00f4me poivr\u00e9 identifie le Gattilier sans ambigu\u00eft\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>GATTILIER pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Vitex%20agnus-castus\">Plants of the World Online, Kew : <em>Vitex agnus-castus<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Vitex+agnus-castus\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Vitex agnus-castus<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif (usage traditionnel)<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Le Gattilier (Vitex agnus-castus L.) est un arbuste de la famille des Lamiaceae (anciennement Verbenaceae, reclass\u00e9 suite aux analyses phylog\u00e9n\u00e9tiques mol\u00e9culaires). [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[100],"tags":[],"class_list":["post-1420","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-verbenacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1420","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1420"}],"version-history":[{"count":11,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1420\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14037,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1420\/revisions\/14037"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1420"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1420"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1420"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}