{"id":1424,"date":"2026-03-26T11:43:08","date_gmt":"2026-03-26T10:43:08","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/verveine-officinale\/"},"modified":"2026-06-24T17:51:22","modified_gmt":"2026-06-24T15:51:22","slug":"verveine-officinale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/verveine-officinale\/","title":{"rendered":"VERVEINE OFFICINALE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Verveine%20officinale.jpg\" alt=\"Planche botanique VERVEINE OFFICINALE\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>La verveine officinale (<em>Verbena officinalis<\/em>) est une plante herbac\u00e9e vivace de la famille des Verb\u00e9nac\u00e9es, profond\u00e9ment ancr\u00e9e dans l&rsquo;histoire de la m\u00e9decine et de la magie europ\u00e9ennes. Consid\u00e9r\u00e9e comme une plante sacr\u00e9e par les Gaulois, les Romains et les Grecs, elle \u00e9tait investie de vertus quasi universelles \u2014 de la gu\u00e9rison des fi\u00e8vres \u00e0 la protection contre les sortil\u00e8ges \u2014 au point que son nom latin <em>verbena<\/em> d\u00e9signait \u00e0 Rome toute branche rituelle utilis\u00e9e dans les c\u00e9r\u00e9monies religieuses.<\/p>\n<p>Si la phytoth\u00e9rapie moderne a consid\u00e9rablement restreint le champ de ses indications par rapport aux usages anciens, la verveine officinale n&rsquo;en demeure pas moins une plante d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacologique r\u00e9el, dot\u00e9e de propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires, neuroprotectrices et immunomodulatrices qui font l&rsquo;objet de recherches actives. Elle ne doit pas \u00eatre confondue avec la verveine odorante (<em>Aloysia citrodora<\/em>), plante sud-am\u00e9ricaine de la m\u00eame famille, tr\u00e8s utilis\u00e9e en infusion pour son parfum citronn\u00e9 mais d&rsquo;une composition chimique et d&rsquo;un profil pharmacologique tout diff\u00e9rents.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><strong>R\u00e8gne :<\/strong> Plantae<br \/>\n<strong>Division :<\/strong> Magnoliophyta<br \/>\n<strong>Classe :<\/strong> Magnoliopsida<br \/>\n<strong>Ordre :<\/strong> Lamiales<br \/>\n<strong>Famille :<\/strong> Verbenaceae<br \/>\n<strong>Genre :<\/strong> <em>Verbena<\/em> L., 1753<br \/>\n<strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Verbena officinalis<\/em> L., 1753<\/p>\n<p>Le genre <em>Verbena<\/em> comprend environ 250 esp\u00e8ces, principalement am\u00e9ricaines. <em>Verbena officinalis<\/em> est l&rsquo;une des rares esp\u00e8ces d&rsquo;origine pal\u00e9arctique. Elle est l&rsquo;esp\u00e8ce type du genre. La classification APG maintient les Verbenaceae comme famille distincte au sein de l&rsquo;ordre des Lamiales, bien que de nombreux genres autrefois rattach\u00e9s \u00e0 cette famille aient \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9s aux Lamiaceae. Le nom <em>Verbena<\/em> d\u00e9rive du latin classique d\u00e9signant les rameaux sacr\u00e9s ; l&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>officinalis<\/em> atteste de l&rsquo;usage m\u00e9dicinal reconnu de la plante.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>A. Appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p>La verveine officinale est une plante herbac\u00e9e vivace, parfois bisannuelle, de 30 \u00e0 80 cm de hauteur. La tige est dress\u00e9e, quadrangulaire, rameuse dans sa partie sup\u00e9rieure, \u00e0 rameaux \u00e9tal\u00e9s-ascendants, scabre sur les angles. La souche est ligneuse, pivotante. Les feuilles sont oppos\u00e9es, les inf\u00e9rieures p\u00e9tiol\u00e9es et profond\u00e9ment d\u00e9coup\u00e9es en lobes incis\u00e9s-dent\u00e9s (pennatipartites \u00e0 pennatifides), les sup\u00e9rieures sessiles, plus petites, \u00e0 lobes moins marqu\u00e9s, devenant enti\u00e8res ou subenti\u00e8res au voisinage de l&rsquo;inflorescence. Le limbe est rugueux, vert gris\u00e2tre, parsem\u00e9 de poils courts et raides.<\/p>\n<h3>B. Appareil reproducteur<\/h3>\n<p>Les fleurs sont dispos\u00e9es en \u00e9pis terminaux gr\u00eales, allong\u00e9s, l\u00e2ches, formant une panicule terminale ramifi\u00e9e caract\u00e9ristique. Chaque fleur est petite (4 \u00e0 5 mm de diam\u00e8tre), sessile, axill\u00e9e par une bract\u00e9e courte. Le calice est tubuleux, \u00e0 5 dents. La corolle est tubuleuse, l\u00e9g\u00e8rement bilabi\u00e9e, \u00e0 5 lobes \u00e9tal\u00e9s, de couleur lilas p\u00e2le \u00e0 bleu-violet, rarement blanche ou rose. Les \u00e9tamines sont au nombre de 4, didynames, incluses dans le tube de la corolle. L&rsquo;ovaire est sup\u00e8re, \u00e0 4 loges. La floraison s&rsquo;\u00e9tend de juin \u00e0 octobre, avec un pic en juillet-ao\u00fbt. La pollinisation est entomogame, assur\u00e9e par de petits hym\u00e9nopt\u00e8res et dipt\u00e8res.<\/p>\n<h3>C. Fruit et graine<\/h3>\n<p>Le fruit est un t\u00e9trak\u00e8ne, se divisant \u00e0 maturit\u00e9 en 4 nucules oblongues, brun fonc\u00e9, de 1,5 \u00e0 2 mm, enferm\u00e9es dans le calice persistant. Chaque nucule contient une seule graine. La diss\u00e9mination est barochore, facilit\u00e9e par le calice qui retient les nucules jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;un contact m\u00e9canique les lib\u00e8re.<\/p>\n<h3>D. Variabilit\u00e9<\/h3>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce est assez homog\u00e8ne en Europe, mais pr\u00e9sente une certaine variabilit\u00e9 dans la d\u00e9coupure foliaire et la pigmentation florale. Des populations \u00e0 fleurs blanches (<em>f. alba<\/em>) sont occasionnellement observ\u00e9es. En r\u00e9gion m\u00e9diterran\u00e9enne, les individus sont souvent plus robustes et plus ramifi\u00e9s que dans le nord de l&rsquo;aire. Des vari\u00e9t\u00e9s horticoles am\u00e9lior\u00e9es existent, mais elles rel\u00e8vent le plus souvent d&rsquo;hybrides ornementaux du genre <em>Verbena<\/em> et non de l&rsquo;esp\u00e8ce officinale.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et r\u00e9partition<\/h3>\n<p><em>Verbena officinalis<\/em> est une esp\u00e8ce subcosmopolite, originaire d&rsquo;Europe, d&rsquo;Asie occidentale et d&rsquo;Afrique du Nord, aujourd&rsquo;hui naturalis\u00e9e dans la plupart des r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es et subtropicales du monde. En France, elle est commune sur l&rsquo;ensemble du territoire, de la plaine jusqu&rsquo;\u00e0 environ 800 m d&rsquo;altitude.<\/p>\n<p>C&rsquo;est une plante rud\u00e9rale typique, affectionnant les sols perturb\u00e9s, les bords de chemins, les d\u00e9combres, les pieds de murs, les friches, les terrains vagues et les abords des habitations. Elle pr\u00e9f\u00e8re les sols argileux \u00e0 limono-argileux, moyennement fertiles, frais mais bien drain\u00e9s, \u00e0 tendance neutre \u00e0 basique. Sa pr\u00e9sence est souvent associ\u00e9e \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 humaine, ce qui lui a valu d&rsquo;\u00eatre qualifi\u00e9e d&rsquo;esp\u00e8ce anthropophile. Elle appartient typiquement aux groupements du <em>Sisymbrion officinalis<\/em> et de l&rsquo;<em>Artemisietea vulgaris<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Les parties a\u00e9riennes fleuries constituent la drogue traditionnelle. La r\u00e9colte s&rsquo;effectue au d\u00e9but de la floraison, en juin-juillet, lorsque les \u00e9pis portent des fleurs ouvertes sur leur tiers inf\u00e9rieur. La plante est coup\u00e9e \u00e0 10-15 cm du sol, ce qui permet une repousse et une \u00e9ventuelle seconde r\u00e9colte en fin d&rsquo;\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Le s\u00e9chage doit \u00eatre rapide, \u00e0 l&rsquo;ombre et en couche mince, \u00e0 une temp\u00e9rature ne d\u00e9passant pas 40 \u00b0C, pour pr\u00e9server les <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">irido\u00efdes<\/a> thermosensibles. La drogue s\u00e8che, vert-gris\u00e2tre, a une odeur faible et une saveur am\u00e8re et astringente. Elle se conserve \u00e0 l&rsquo;abri de la lumi\u00e8re et de l&rsquo;humidit\u00e9 pendant un an au maximum.<\/p>\n<p>La racine \u00e9tait autrefois utilis\u00e9e en m\u00e9decine populaire, mais son emploi est aujourd&rsquo;hui abandonn\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La verveine officinale pr\u00e9sente un profil phytochimique complexe et original, domin\u00e9 par les irido\u00efdes :<\/p>\n<p><strong>Irido\u00efdes glycosidiques<\/strong> : c&rsquo;est le groupe le plus caract\u00e9ristique. Le compos\u00e9 majoritaire est le <strong>verb\u00e9naline<\/strong> (cornine), un glucoside irido\u00efde repr\u00e9sentant 0,15 \u00e0 0,5 % de la drogue s\u00e8che. On trouve \u00e9galement l&rsquo;<strong>hastatoside<\/strong>, le <strong>dihydrocornine<\/strong> et le <strong>verb\u00e9nine<\/strong>. Ces compos\u00e9s sont responsables de l&rsquo;amertume de la drogue et de la majorit\u00e9 des activit\u00e9s pharmacologiques.<\/p>\n<p><strong>Ph\u00e9nyl\u00e9thano\u00efdes glycosidiques<\/strong> : le <strong>verbascoside<\/strong> (ac\u00e9toside) est le compos\u00e9 majeur de ce groupe, accompagn\u00e9 de l&rsquo;<strong>isoverbascoside<\/strong>, du <strong>leucosceptoside A<\/strong> et du <strong>martynoside<\/strong>. Le verbascoside est un puissant antioxydant et anti-inflammatoire, pr\u00e9sent aussi chez d&rsquo;autres Lamiales (mol\u00e8ne, plantain).<\/p>\n<p><strong>Flavono\u00efdes<\/strong> : d\u00e9riv\u00e9s de l&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a><\/strong>, de la <strong>lut\u00e9oline<\/strong> et de la <strong>scutellar\u00e9ine<\/strong>, pr\u00e9sents en quantit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Acides ph\u00e9noliques<\/strong> : <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, et d\u00e9riv\u00e9s.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">Triterp\u00e8nes<\/a><\/strong> : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-ursolique\/\">acide ursolique<\/a><\/strong> et <strong>acide ol\u00e9anolique<\/strong>, contribuant aux propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires et h\u00e9patoprotectrices.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">Mucilages<\/a><\/strong> : en quantit\u00e9 faible, sans r\u00f4le th\u00e9rapeutique majeur.<\/p>\n<p><strong>Tanins<\/strong> : <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">tanins condens\u00e9s<\/a> en faible proportion.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire<\/strong> : le <strong>verbascoside<\/strong> et les irido\u00efdes exercent une inhibition marqu\u00e9e de la production de m\u00e9diateurs pro-inflammatoires (TNF-\u03b1, IL-6, prostaglandines) in vitro et in vivo. Le verbascoside inhibe la voie NF-\u03baB, un facteur de transcription central dans la cascade inflammatoire. Cette activit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e dans des mod\u00e8les d&rsquo;inflammation aigu\u00eb et chronique chez le rongeur.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 neuroprotectrice<\/strong> : la <strong>verb\u00e9naline<\/strong> a d\u00e9montr\u00e9 des propri\u00e9t\u00e9s neuroprotectrices dans des mod\u00e8les d&rsquo;isch\u00e9mie c\u00e9r\u00e9brale chez le rat, avec r\u00e9duction de la taille de l&rsquo;infarctus et am\u00e9lioration des scores neurologiques. Le m\u00e9canisme implique une r\u00e9duction du stress oxydatif et de l&rsquo;apoptose neuronale. Cette propri\u00e9t\u00e9, qui fait l&rsquo;objet de recherches actives, pourrait ouvrir des perspectives dans la neuroprotection post-AVC.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anxiolytique et s\u00e9dative<\/strong> : des extraits de verveine officinale ont montr\u00e9 une activit\u00e9 anxiolytique dans le test du labyrinthe en croix sur\u00e9lev\u00e9e chez la souris, sans effet s\u00e9datif marqu\u00e9 aux doses actives, ce qui sugg\u00e8re un profil de type anxiolytique pur.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 immunomodulatrice<\/strong> : des \u00e9tudes in vitro ont mis en \u00e9vidence une modulation de l&rsquo;activit\u00e9 des lymphocytes T et des macrophages par les extraits, avec un effet stimulant \u00e0 faibles doses et immunosuppresseur \u00e0 fortes doses.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antimicrobienne<\/strong> : activit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e contre <em>Staphylococcus aureus<\/em> et <em>Candida albicans<\/em>, attribu\u00e9e aux compos\u00e9s ph\u00e9noliques.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antitussive<\/strong> : la verb\u00e9naline pr\u00e9sente une activit\u00e9 antitussive document\u00e9e chez l&rsquo;animal, coh\u00e9rente avec l&rsquo;usage traditionnel contre la toux.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>La verveine officinale entre dans la composition de sp\u00e9cialit\u00e9s phytoth\u00e9rapeutiques commercialis\u00e9es en Europe. La plus connue est le Sinupret\u00ae (Bionorica), m\u00e9dicament phytoth\u00e9rapeutique enregistr\u00e9 en Allemagne et dans plusieurs pays europ\u00e9ens pour le traitement des sinusites et des rhinosinusites, associant la verveine au sureau, \u00e0 la gentiane, \u00e0 la primev\u00e8re et \u00e0 l&rsquo;oseille. Plusieurs essais cliniques randomis\u00e9s ont d\u00e9montr\u00e9 l&rsquo;efficacit\u00e9 de cette association dans la r\u00e9duction des sympt\u00f4mes de sinusite aigu\u00eb et chronique.<\/p>\n<p>En monoth\u00e9rapie, les donn\u00e9es cliniques sont plus limit\u00e9es. La verveine officinale est traditionnellement indiqu\u00e9e pour les \u00e9tats f\u00e9briles, les troubles digestifs fonctionnels, les douleurs articulaires, les n\u00e9vralgies et les troubles nerveux l\u00e9gers (anxi\u00e9t\u00e9, insomnie). En usage externe, elle est employ\u00e9e en cataplasmes ou en bains de bouche pour les affections buccales et les contusions.<\/p>\n<p>La plante est inscrite \u00e0 la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise (liste A des plantes m\u00e9dicinales). Le HMPC n&rsquo;a pas encore publi\u00e9 de monographie communautaire sp\u00e9cifique, mais les pr\u00e9parations \u00e0 base de verveine b\u00e9n\u00e9ficient d&rsquo;un usage traditionnel reconnu dans plusieurs \u00c9tats membres.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Verb\u00e9naline, hastatoside<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">Irido\u00efdes<\/a><\/td>\n<td>S\u00e9datifs, galactog\u00e8nes<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Verbascoside<\/td>\n<td>Ph\u00e9nylpropano\u00efde<\/td>\n<td>Anti-inflammatoire, antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavonols<\/td>\n<td>Antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Infusion<\/strong> : 1,5 \u00e0 3 g de parties a\u00e9riennes s\u00e9ch\u00e9es par tasse d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infuser 10 minutes couvert, filtrer. Trois tasses par jour. L&rsquo;infusion est am\u00e8re et peu agr\u00e9able ; on peut l&rsquo;adoucir avec du miel.<\/p>\n<p><strong>Teinture-m\u00e8re<\/strong> : pr\u00e9par\u00e9e au 1\/5 dans l&rsquo;alcool \u00e0 60\u00b0, 30 \u00e0 50 gouttes dans un verre d&rsquo;eau, 2 \u00e0 3 fois par jour.<\/p>\n<p><strong>Extrait sec<\/strong> : 200 \u00e0 400 mg par prise, 2 \u00e0 3 fois par jour, standardis\u00e9 en verb\u00e9naline (minimum 1,5 %).<\/p>\n<p><strong>Extrait fluide<\/strong> : 2 \u00e0 4 ml par jour, dilu\u00e9 dans de l&rsquo;eau.<\/p>\n<p><strong>Usage externe<\/strong> : d\u00e9coction concentr\u00e9e (50 g par litre, bouillir 10 minutes) en compresses, cataplasmes ou bains de bouche pour les inflammations buccales, les contusions et les douleurs rhumatismales.<\/p>\n<p><strong>Sp\u00e9cialit\u00e9s<\/strong> : Sinupret\u00ae (comprim\u00e9s, gouttes ou sirop), en association avec d&rsquo;autres plantes.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La verveine officinale est consid\u00e9r\u00e9e comme une plante de faible toxicit\u00e9 aux doses th\u00e9rapeutiques. Les \u00e9tudes de toxicit\u00e9 aigu\u00eb montrent une bonne marge de s\u00e9curit\u00e9 (DL50 orale sup\u00e9rieure \u00e0 5 g\/kg chez le rat pour les extraits hydroalcooliques).<\/p>\n<p>Cependant, la plante est traditionnellement consid\u00e9r\u00e9e comme emm\u00e9nagogue (stimulant le flux menstruel), et la verb\u00e9naline a montr\u00e9 une activit\u00e9 ut\u00e9rotonique in vitro. Par mesure de pr\u00e9caution, l&rsquo;usage de la verveine officinale est d\u00e9conseill\u00e9 pendant la grossesse, en particulier au premier trimestre. L&rsquo;allaitement est \u00e9galement une contre-indication par prudence.<\/p>\n<p>Des r\u00e9actions allergiques cutan\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 exceptionnellement rapport\u00e9es lors de l&rsquo;usage externe. La consommation de quantit\u00e9s excessives de tisane peut provoquer des naus\u00e9es et des vomissements li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;amertume des irido\u00efdes.<\/p>\n<p>Aucune interaction m\u00e9dicamenteuse cliniquement significative n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 document\u00e9e, mais une prudence th\u00e9orique est recommand\u00e9e en cas de traitement par anticoagulants (le verbascoside ayant montr\u00e9 une faible activit\u00e9 antiagr\u00e9gante plaquettaire in vitro).<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La verveine officinale est l&rsquo;une des plantes les plus charg\u00e9es d&rsquo;histoire dans la tradition europ\u00e9enne. Chez les Romains, la <em>verbena<\/em> \u2014 terme qui englobait plusieurs plantes rituelles \u2014 \u00e9tait utilis\u00e9e pour purifier les autels et sceller les trait\u00e9s de paix : les ambassadeurs charg\u00e9s de n\u00e9gocier les armistices \u00e9taient appel\u00e9s <em>verbenarii<\/em>. Pline l&rsquo;Ancien rapporte que la verveine \u00e9tait la plante la plus v\u00e9n\u00e9r\u00e9e par les Gaulois, qui la r\u00e9coltaient avec des rites comparables \u00e0 ceux du gui.<\/p>\n<p>Au Moyen \u00c2ge, la verveine \u00e9tait l&rsquo;une des composantes des \u00ab herbes de la Saint-Jean \u00bb, r\u00e9colt\u00e9es \u00e0 la veille du solstice d&rsquo;\u00e9t\u00e9 pour leurs vertus protectrices. On lui attribuait le pouvoir de repousser les d\u00e9mons, de gu\u00e9rir toutes les fi\u00e8vres et d&rsquo;inspirer l&rsquo;amour. Dioscoride, Galien et les m\u00e9decins arabes la prescrivaient contre la fi\u00e8vre, la jaunisse, les calculs urinaires et les morsures de serpent.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine populaire fran\u00e7aise, la tisane de verveine officinale \u00e9tait un rem\u00e8de courant contre les \u00ab coups de froid \u00bb, les maux de t\u00eate, les troubles h\u00e9patiques et les douleurs rhumatismales. En usage externe, les cataplasmes de feuilles pil\u00e9es \u00e9taient appliqu\u00e9s sur les contusions, les entorses et les furoncles. La confusion fr\u00e9quente avec la verveine odorante (<em>Aloysia citrodora<\/em>) a progressivement marginalis\u00e9 l&rsquo;usage de la verveine officinale, dont la saveur am\u00e8re est moins plaisante que le parfum citronn\u00e9 de sa cousine sud-am\u00e9ricaine.<\/p>\n<hr>\n<h3>Int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique<\/h3>\n<p>La verveine officinale est une esp\u00e8ce anthropophile par excellence, dont la pr\u00e9sence est \u00e9troitement li\u00e9e aux activit\u00e9s humaines. Elle accompagne les habitations, les chemins et les cultures depuis des mill\u00e9naires, au point que son histoire biog\u00e9ographique se confond avec celle des civilisations europ\u00e9ennes.<\/p>\n<p>Ses fleurs, bien que petites, sont visit\u00e9es par une entomofaune diversifi\u00e9e : petits hym\u00e9nopt\u00e8res (halictes, andr\u00e8nes), syrphes et micro-l\u00e9pidopt\u00e8res. La plante sert \u00e9galement de plante-h\u00f4te \u00e0 quelques esp\u00e8ces de l\u00e9pidopt\u00e8res, dont les chenilles se nourrissent du feuillage.<\/p>\n<p>En tant qu&rsquo;esp\u00e8ce rud\u00e9rale, elle contribue \u00e0 la couverture v\u00e9g\u00e9tale des sols perturb\u00e9s, des interstices urbains et des friches, participant \u00e0 la flore spontan\u00e9e des villes et des villages. Son maintien dans les espaces anthropis\u00e9s est un indicateur de la qualit\u00e9 des sols et de l&rsquo;absence de traitements herbicides intensifs.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p><em>Aloysia citrodora<\/em> (verveine odorante, verveine citronnelle) : arbuste d&rsquo;origine sud-am\u00e9ricaine, \u00e0 feuilles lanc\u00e9ol\u00e9es enti\u00e8res \u00e0 forte odeur citronn\u00e9e, sans rapport morphologique avec la verveine officinale. La confusion est fr\u00e9quente dans le commerce et la culture populaire, la \u00ab verveine \u00bb des tisanes du soir \u00e9tant presque toujours <em>Aloysia citrodora<\/em>.<\/p>\n<p><em>Verbena bonariensis<\/em> (verveine de Buenos Aires) : plante ornementale haute (1 \u00e0 1,5 m), \u00e0 inflorescences en corymbes denses de fleurs violet intense, tr\u00e8s diff\u00e9rente morphologiquement.<\/p>\n<p><em>Verbena supina<\/em> (verveine couch\u00e9e) : esp\u00e8ce annuelle m\u00e9diterran\u00e9enne, prostr\u00e9e, \u00e0 \u00e9pis courts et denses, \u00e0 fleurs lilas p\u00e2le, rare en France.<\/p>\n<p>Parmi les Lamiac\u00e9es, certaines esp\u00e8ces de <em>Stachys<\/em> ou de <em>Teucrium<\/em> \u00e0 port dress\u00e9 et \u00e9pis gr\u00eales pourraient superficiellement \u00e9voquer la verveine officinale, mais la corolle bilabi\u00e9e des Lamiac\u00e9es et la tige \u00e0 section carr\u00e9e permettent une distinction ais\u00e9e \u00e0 l&rsquo;examen attentif.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La verveine officinale conjugue un pass\u00e9 rituel et m\u00e9dicinal exceptionnel avec un profil pharmacologique qui suscite un regain d&rsquo;int\u00e9r\u00eat scientifique. Ses irido\u00efdes (verb\u00e9naline, hastatoside) et ses ph\u00e9nyl\u00e9thano\u00efdes (verbascoside) constituent des principes actifs aux propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires, neuroprotectrices et immunomodulatrices bien document\u00e9es exp\u00e9rimentalement. L&rsquo;int\u00e9gration de la plante dans des sp\u00e9cialit\u00e9s phytoth\u00e9rapeutiques valid\u00e9es cliniquement (Sinupret\u00ae) confirme son potentiel th\u00e9rapeutique dans les affections ORL.<\/p>\n<p>La verveine officinale souffre cependant de la concurrence de sa cons\u0153ur odorante dans l&rsquo;imaginaire collectif et sur le march\u00e9 des tisanes. Sa saveur am\u00e8re, qui est pr\u00e9cis\u00e9ment le signe de sa richesse en irido\u00efdes actifs, la dessert aupr\u00e8s du grand public. La recherche clinique gagnerait \u00e0 explorer plus avant ses propri\u00e9t\u00e9s neuroprotectrices, domaine dans lequel les r\u00e9sultats pr\u00e9cliniques sont particuli\u00e8rement prometteurs, ainsi que son potentiel dans la modulation immunitaire et l&rsquo;inflammation chronique.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Bruneton J. <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5e \u00e9d. Lavoisier Tec &amp; Doc, Paris, 2016.<\/p>\n<p>Deepak M., Handa S.S. Antiinflammatory activity and chemical composition of extracts of <em>Verbena officinalis<\/em>. <em>Phytotherapy Research<\/em>, 2000 ; 14(6) : 463-465.<\/p>\n<p>Fournier P. <em>Le Livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>. Lechevalier, Paris, 1947-1948.<\/p>\n<p>Guo Y. et al. Neuroprotective effects of verbenalin on experimental cerebral ischemia in rats. <em>Neurochemical Research<\/em>, 2013 ; 38(10) : 2139-2147.<\/p>\n<p>Lai S.W. et al. Antidepressant-like effect of <em>Verbena officinalis<\/em> extract in mice. <em>Journal of Ethnopharmacology<\/em>, 2006 ; 106(3) : 316-320.<\/p>\n<p>Leclerc H. <em>Pr\u00e9cis de phytoth\u00e9rapie<\/em>. Masson, Paris, 1935.<\/p>\n<p>M\u00fcller J.L. Love potions and the ointment of witches: historical aspects of the nightshade alkaloids. <em>Clinical Toxicology<\/em>, 1998 ; 36(6) : 617-627.<\/p>\n<p>Tison J.-M., de Foucault B. (dir.). <em>Flora Gallica \u2013 Flore de France<\/em>. Biotope \u00c9ditions, M\u00e8ze, 2014.<\/p>\n<p>Wichtl M. (ed.). <em>Herbal Drugs and Phytopharmaceuticals<\/em>. 3rd ed. Medpharm Scientific Publishers, Stuttgart, 2004.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> S\u00e9datif \/ antispasmodique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Digestif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Galactog\u00e8ne (tradition)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La verveine officinale (Verbena officinalis) est une plante herbac\u00e9e vivace de la famille des Verb\u00e9nac\u00e9es, profond\u00e9ment ancr\u00e9e dans l&rsquo;histoire de la m\u00e9decine et de la [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[100],"tags":[],"class_list":["post-1424","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-verbenacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1424","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1424"}],"version-history":[{"count":13,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1424\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14176,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1424\/revisions\/14176"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1424"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1424"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1424"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}