{"id":1426,"date":"2026-03-26T11:43:11","date_gmt":"2026-03-26T10:43:11","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/violette-de-montpellier\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:15","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:15","slug":"violette-de-montpellier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/violette-de-montpellier\/","title":{"rendered":"VIOLETTE DE MONTPELLIER"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Violette%20blanche.jpg\" alt=\"Planche botanique VIOLETTE DE MONTPELLIER\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>La violette de Montpellier (<em>Viola alba<\/em> Besser subsp. <em>dehnhardtii<\/em> (Ten.) W. Becker) est une plante vivace de la famille des Violac\u00e9es, habitante discr\u00e8te des bois clairs, des haies et des talus du bassin m\u00e9diterran\u00e9en et de l&rsquo;Europe m\u00e9ridionale. Ses fleurs d&rsquo;un violet profond, parfois blanches, port\u00e9es par de longs p\u00e9doncules au-dessus d&rsquo;une rosette de feuilles cordiformes, illuminent les sous-bois d\u00e8s la fin de l&rsquo;hiver. Cette violette se distingue de la violette odorante (<em>Viola odorata<\/em>) par ses stipules \u00e0 cils plus longs et son absence fr\u00e9quente de parfum.<\/p>\n<p>Comme toutes les violettes, celle de Montpellier s&rsquo;inscrit dans une longue tradition d&rsquo;usage m\u00e9dicinal et culturel. Les violettes ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 comme <strong>adoucissantes<\/strong>, <strong>expectorantes<\/strong>, <strong>laxatives<\/strong> douces et <strong>anti-inflammatoires<\/strong>. Si la violette de Montpellier est moins c\u00e9l\u00e8bre que la violette odorante en phytoth\u00e9rapie, elle partage avec elle un profil chimique similaire, riche en <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong>, <strong>flavono\u00efdes<\/strong> et <strong>cyclotides<\/strong>, ces derniers suscitant un int\u00e9r\u00eat croissant de la recherche pour leurs propri\u00e9t\u00e9s anticanc\u00e9reuses.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La violette de Montpellier est g\u00e9n\u00e9ralement identifi\u00e9e comme <em>Viola alba<\/em> Besser subsp. <em>dehnhardtii<\/em> (Ten.) W. Becker. La nomenclature des violettes est complexe et parfois instable. Certains auteurs maintiennent <em>Viola dehnhardtii<\/em> Ten. comme esp\u00e8ce distincte. Elle appartient \u00e0 la famille des <strong>Violaceae<\/strong>, genre <em>Viola<\/em>, section <em>Viola<\/em>. Le genre <em>Viola<\/em> comprend environ 600 esp\u00e8ces cosmopolites.<\/p>\n<p>Le nom <em>Viola<\/em> est le nom latin classique de la violette, d&rsquo;origine probablement pr\u00e9-latine. Les noms vernaculaires incluent : \u00ab violette de Montpellier \u00bb, \u00ab violette de Dehnhardt \u00bb, \u00ab violette blanche \u00bb (pour la forme blanche) en fran\u00e7ais ; \u00ab Dehnhardt&rsquo;s violet \u00bb en anglais ; \u00ab Viola di Dehnhardt \u00bb en italien. La r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Montpellier \u00e9voque la flore m\u00e9diterran\u00e9enne fran\u00e7aise, riche en violettes. L&rsquo;esp\u00e8ce s&rsquo;hybride volontiers avec <em>V. odorata<\/em> et <em>V. hirta<\/em>, produisant des hybrides souvent difficiles \u00e0 identifier.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>La violette de Montpellier est une plante vivace herbac\u00e9e acaule (sans tige a\u00e9rienne apparente), \u00e0 stolons allong\u00e9s. La rosette basale est compos\u00e9e de feuilles ovales-cordiformes, obtuses \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement acumin\u00e9es, cr\u00e9nel\u00e9es, pubescentes, d&rsquo;un vert sombre, \u00e0 p\u00e9tioles velus. Les stipules sont lanc\u00e9ol\u00e9es, \u00e0 cils glanduleux longs et bien visibles, caract\u00e8re distinctif important.<\/p>\n<p>Les fleurs, de 15 \u00e0 20 mm, sont solitaires, port\u00e9es par de longs p\u00e9doncules munis de deux bract\u00e9oles. Elles sont d&rsquo;un violet fonc\u00e9 intense (parfois blanches avec un \u00e9peron violet). Les 5 p\u00e9tales sont in\u00e9gaux, le p\u00e9tale inf\u00e9rieur portant un \u00e9peron court et droit de 4 \u00e0 6 mm, souvent plus clair. Le calice est \u00e0 5 s\u00e9pales obtus, \u00e0 appendices peu d\u00e9velopp\u00e9s. La floraison a lieu de f\u00e9vrier \u00e0 avril. Comme chez toutes les violettes, des fleurs cl\u00e9istogames (ferm\u00e9es, autof\u00e9cond\u00e9es) sont produites en \u00e9t\u00e9, assurant la production de graines sans pollinisation crois\u00e9e. Le fruit est une capsule globuleuse \u00e0 3 valves, contenant de petites graines munies d&rsquo;un \u00e9la\u00efosome attractif pour les fourmis (myrm\u00e9cochorie).<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>La violette de Montpellier est une esp\u00e8ce m\u00e9diterran\u00e9enne \u00e0 subm\u00e9diterran\u00e9enne, pr\u00e9sente dans tout le pourtour m\u00e9diterran\u00e9en : France m\u00e9ridionale, p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique, Italie, Balkans, Turquie, Afrique du Nord. En France, elle est commune dans le Midi (Provence, Languedoc, Corse, vall\u00e9e du Rh\u00f4ne) et remonte ponctuellement dans le Centre et le Sud-Ouest. Elle est absente du nord de la France.<\/p>\n<p>Elle affectionne les bois clairs de ch\u00eanes verts et de ch\u00eanes pubescents, les garrigues, les haies, les talus ombrag\u00e9s, les parcs et les jardins anciens. Elle se d\u00e9veloppe sur des sols calcaires \u00e0 neutres, drainants, humif\u00e8res, en situation ombrag\u00e9e \u00e0 semi-ombrag\u00e9e. C&rsquo;est une esp\u00e8ce sciaphile \u00e0 semi-h\u00e9liophile, de l&rsquo;\u00e9tage m\u00e9som\u00e9diterran\u00e9en au supram\u00e9diterran\u00e9en. Sa floraison hivernale pr\u00e9coce la distingue de la violette odorante, l\u00e9g\u00e8rement plus tardive.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et culture<\/h3>\n<p>La violette de Montpellier se multiplie par stolons, par division de touffes et par semis. Les graines, munies d&rsquo;un \u00e9la\u00efosome, sont dispers\u00e9es par les fourmis (myrm\u00e9cochorie), ce qui explique la colonisation progressive de nouveaux sites. Le semis se fait en automne, les graines n\u00e9cessitant une stratification froide pour germer. La germination est irr\u00e9guli\u00e8re.<\/p>\n<p>Elle se cultive facilement en situation ombrag\u00e9e \u00e0 mi-ombrag\u00e9e, dans un sol calcaire, drainant, humif\u00e8re. Rustique jusqu&rsquo;\u00e0 \u221212 \u00e0 \u221215 \u00b0C, elle supporte bien le climat m\u00e9diterran\u00e9en avec sa s\u00e9cheresse estivale (repos v\u00e9g\u00e9tatif en \u00e9t\u00e9). Les stolons permettent une multiplication rapide. Au jardin, elle se naturalise volontiers sous les arbres et dans les haies. Elle est moins parfum\u00e9e que la violette odorante mais souvent plus florif\u00e8re dans les conditions m\u00e9diterran\u00e9ennes. Les fleurs cl\u00e9istogames estivales assurent une production de graines r\u00e9guli\u00e8re m\u00eame en l&rsquo;absence de pollinisateurs.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique de la violette de Montpellier est similaire \u00e0 celle des autres violettes de la section <em>Viola<\/em>. Les <strong>mucilages<\/strong> sont abondants dans les fleurs et les feuilles, constitu\u00e9s de polysaccharides hydrophiles. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> incluent la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/rutine\/\">rutine<\/a><\/strong>, la <strong>violanthin<\/strong> et des glycosides de <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong> et de <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>. Les fleurs contiennent des <strong>anthocyanes<\/strong> (d\u00e9riv\u00e9s de <strong>delphinidine<\/strong>) responsables de la couleur violette.<\/p>\n<p>Les <strong>cyclotides<\/strong> constituent le groupe de compos\u00e9s le plus remarquable des Violac\u00e9es. Ces peptides cycliques (28-37 acides amin\u00e9s), dot\u00e9s d&rsquo;un n\u0153ud de cystine unique, sont pr\u00e9sents dans les feuilles et poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s biologiques exceptionnelles. On trouve aussi de l&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-salicylique\/\">acide salicylique<\/a><\/strong> et des <strong>d\u00e9riv\u00e9s salicyl\u00e9s<\/strong> (m\u00e9thyl salicylate), des <strong>saponines<\/strong>, de la <strong>violine<\/strong> (un <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efde<\/a> \u00e9m\u00e9tique), de la <strong>vitamine C<\/strong> et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong>. L&rsquo;huile essentielle des fleurs contient des ionones (responsables du parfum) mais en quantit\u00e9 moindre que chez <em>V. odorata<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques des violettes sont bien document\u00e9es pour le genre dans son ensemble. Les mucilages conf\u00e8rent des propri\u00e9t\u00e9s <strong>adoucissantes<\/strong>, <strong>\u00e9mollientes<\/strong> et <strong>b\u00e9chiques<\/strong> sur les voies respiratoires. Les flavono\u00efdes exercent des effets <strong>antioxydants<\/strong>, <strong>anti-inflammatoires<\/strong> et <strong>veinotoniques<\/strong>. L&rsquo;acide salicylique poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s <strong>anti-inflammatoires<\/strong> et <strong>antipyr\u00e9tiques<\/strong> bien connues.<\/p>\n<p>Les <strong>cyclotides<\/strong> concentrent l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacologique majeur : ils poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s <strong>cytotoxiques<\/strong> sur de nombreuses lign\u00e9es cellulaires tumorales, <strong>antimicrobiennes<\/strong> (bact\u00e9ricides et antifongiques), <strong>antivirales<\/strong> (anti-VIH) et <strong>insecticides<\/strong>. Leur structure cyclique et leur n\u0153ud de cystine les rendent exceptionnellement r\u00e9sistants \u00e0 la d\u00e9gradation enzymatique et thermique, ce qui en fait des candidats prometteurs pour le d\u00e9veloppement pharmaceutique. La violine poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s <strong>\u00e9m\u00e9tiques<\/strong> \u00e0 dose \u00e9lev\u00e9e. Ce profil pharmacologique fait des violettes un genre d&rsquo;avenir pour la pharmacologie moderne.<\/p>\n<hr>\n<h3>Utilisations en m\u00e9decine traditionnelle<\/h3>\n<p>La violette de Montpellier partage les usages m\u00e9dicinaux traditionnels des violettes en g\u00e9n\u00e9ral. Les fleurs en infusion constituaient un rem\u00e8de pectoral classique contre la toux, le rhume, la bronchite et l&rsquo;enrouement, gr\u00e2ce aux mucilages adoucissants. Le sirop de violette, pr\u00e9par\u00e9 par mac\u00e9ration des fleurs dans le sucre, \u00e9tait un rem\u00e8de populaire pour les enfants.<\/p>\n<p>En usage interne, les feuilles en infusion servaient de <strong>laxatif<\/strong> doux et de <strong>d\u00e9puratif<\/strong>. Les racines, plus actives, \u00e9taient utilis\u00e9es comme <strong>\u00e9m\u00e9tique<\/strong> et <strong>expectorant<\/strong> \u00e0 dose mod\u00e9r\u00e9e. En usage externe, les cataplasmes de feuilles fra\u00eeches \u00e9taient appliqu\u00e9s sur les inflammations cutan\u00e9es, les contusions et les maux de t\u00eate. Hippocrate prescrivait les violettes contre les \u00ab affections de la t\u00eate et de la poitrine \u00bb. Dans la tradition proven\u00e7ale, les violettes \u00e9taient cueillies au d\u00e9but du printemps pour pr\u00e9parer des tisanes fortifiantes et des sirops pectoraux.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Mucilages<\/td>\n<td>Mucilage<\/td>\n<td>\u00c9mollient, adoucissant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Violanthin<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Kaempf\u00e9rol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Anthocyanes<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;infusion de fleurs s\u00e9ch\u00e9es se pr\u00e9pare \u00e0 raison de 2 \u00e0 5 g pour 250 ml d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infus\u00e9e 10 minutes, \u00e0 boire 2 \u00e0 3 fois par jour. Le go\u00fbt est doux et agr\u00e9able. Le sirop de violette se pr\u00e9pare traditionnellement par mac\u00e9ration de fleurs fra\u00eeches dans un sirop de sucre concentr\u00e9 (2 poign\u00e9es de fleurs pour 500 g de sucre et 500 ml d&rsquo;eau), \u00e0 raison de 1 \u00e0 3 cuill\u00e8res \u00e0 soupe par jour.<\/p>\n<p>L&rsquo;infusion de feuilles s\u00e8ches se pr\u00e9pare \u00e0 3 \u00e0 5 g pour 250 ml, \u00e0 boire au coucher comme laxatif l\u00e9ger. La teinture-m\u00e8re (plante enti\u00e8re fleurie) se prend \u00e0 20 \u00e0 40 gouttes, 2 \u00e0 3 fois par jour. En usage externe, les compresses de d\u00e9coction de feuilles (30-50 g\/L) s&rsquo;appliquent sur la peau enflamm\u00e9e. Les fleurs fra\u00eeches sont comestibles et peuvent garnir les salades, les desserts et les boissons. L&rsquo;usage des racines (\u00e9m\u00e9tique) est r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 des praticiens exp\u00e9riment\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Les violettes sont g\u00e9n\u00e9ralement consid\u00e9r\u00e9es comme des plantes \u00e0 tr\u00e8s bonne tol\u00e9rance. Les fleurs et les feuilles ne pr\u00e9sentent pas de toxicit\u00e9 aux doses usuelles. Le sirop de violette est traditionnellement donn\u00e9 aux jeunes enfants sans risque. Les mucilages et les flavono\u00efdes sont parfaitement s\u00fbrs.<\/p>\n<p>La <strong>violine<\/strong>, alcalo\u00efde \u00e9m\u00e9tique pr\u00e9sent surtout dans les racines, peut provoquer des naus\u00e9es et des vomissements \u00e0 dose \u00e9lev\u00e9e. Cet effet est recherch\u00e9 en m\u00e9decine populaire \u00e0 titre de purgatif, mais constitue un risque en cas de surdosage. L&rsquo;acide salicylique peut provoquer des irritations gastriques chez les personnes sensibles. Les cyclotides, bien que pharmacologiquement actifs, ne posent pas de probl\u00e8me aux doses alimentaires et en tisane. Aucune allergie n&rsquo;est couramment rapport\u00e9e. L&rsquo;usage pendant la grossesse est d\u00e9conseill\u00e9 \u00e0 fortes doses en raison de l&rsquo;effet laxatif et de la violine, mais les tisanes l\u00e9g\u00e8res de fleurs sont consid\u00e9r\u00e9es comme s\u00fbres.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Aucune interaction m\u00e9dicamenteuse cliniquement significative n&rsquo;est document\u00e9e pour les violettes. Les d\u00e9riv\u00e9s salicyl\u00e9s pr\u00e9sents pourraient th\u00e9oriquement potentialiser l&rsquo;effet des <strong>anticoagulants<\/strong> et des <strong>antiagr\u00e9gants plaquettaires<\/strong>, mais les concentrations dans les tisanes sont tr\u00e8s faibles. Un intervalle de pr\u00e9caution entre la prise de tisane de violette et celle de m\u00e9dicaments est recommand\u00e9.<\/p>\n<p>L&rsquo;effet laxatif des feuilles pourrait acc\u00e9l\u00e9rer le transit et r\u00e9duire l&rsquo;absorption de m\u00e9dicaments pris simultan\u00e9ment. L&rsquo;association avec d&rsquo;autres plantes pectorales (mauve, bouillon-blanc, guimauve) est traditionnelle et sans risque. Aucune interaction avec les m\u00e9dicaments courants n&rsquo;est attendue en pratique. Les cyclotides ne sont pas biodisponibles par voie orale aux doses alimentaires et ne posent pas de probl\u00e8me d&rsquo;interaction.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9tudes cliniques et scientifiques<\/h3>\n<p>Les \u00e9tudes sp\u00e9cifiques \u00e0 <em>Viola alba<\/em> subsp. <em>dehnhardtii<\/em> sont rares. La recherche sur les violettes se concentre principalement sur <em>V. odorata<\/em> et sur les cyclotides. Des \u00e9tudes phytochimiques ont caract\u00e9ris\u00e9 les cyclotides de plusieurs esp\u00e8ces de <em>Viola<\/em>, montrant une diversit\u00e9 structurale remarquable (plusieurs dizaines de cyclotides diff\u00e9rents par esp\u00e8ce).<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes in vitro ont d\u00e9montr\u00e9 l&rsquo;activit\u00e9 cytotoxique des cyclotides de <em>Viola<\/em> sur des lign\u00e9es cellulaires de cancer du sein, du c\u00f4lon et du poumon. Les m\u00e9canismes impliquent une perturbation de l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 membranaire cellulaire. Des \u00e9tudes anti-VIH ont montr\u00e9 que certains cyclotides inhibent l&rsquo;entr\u00e9e du virus dans les cellules. Des essais pr\u00e9cliniques explorent l&rsquo;utilisation des cyclotides comme vecteurs de m\u00e9dicaments (\u00ab drug delivery \u00bb) gr\u00e2ce \u00e0 leur stabilit\u00e9 exceptionnelle. La recherche sur les cyclotides des Violac\u00e9es est l&rsquo;un des domaines les plus dynamiques de la pharmacognosie contemporaine.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La violette de Montpellier n&rsquo;est pas sp\u00e9cifiquement inscrite \u00e0 la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise. C&rsquo;est <em>Viola odorata<\/em> qui est la drogue officinale de r\u00e9f\u00e9rence. Cependant, les fleurs de violette (sans distinction d&rsquo;esp\u00e8ce) sont autoris\u00e9es dans les compl\u00e9ments alimentaires en France. Le sirop de violette est un produit alimentaire traditionnel commercialis\u00e9 librement.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;est pas prot\u00e9g\u00e9e au niveau national en France, \u00e9tant commune dans son aire de r\u00e9partition m\u00e9diterran\u00e9enne. Elle ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune restriction de cueillette. Les fleurs sont utilis\u00e9es en confiserie (violettes cristallis\u00e9es de Toulouse, bien que celles-ci utilisent principalement <em>V. odorata<\/em>) et en parfumerie naturelle. La r\u00e9glementation sur les ar\u00f4mes et les colorants alimentaires encadre l&rsquo;utilisation des extraits de violette dans l&rsquo;industrie agroalimentaire.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects culturels et historiques<\/h3>\n<p>Les violettes occupent une place \u00e9minente dans la culture occidentale depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9. Symbole de modestie, d&rsquo;humilit\u00e9 et d&rsquo;amour fid\u00e8le, la violette \u00e9tait la fleur favorite d&rsquo;Ath\u00e8nes, de Napol\u00e9on et de l&rsquo;imp\u00e9ratrice Jos\u00e9phine. \u00c0 Toulouse, la violette est un embl\u00e8me de la ville depuis le XIXe si\u00e8cle. Le parfum de violette, obtenu par enfleurage ou par synth\u00e8se des ionones, est un classique de la parfumerie.<\/p>\n<p>Hippocrate, Dioscoride et Pline recommandaient les violettes pour les maux de t\u00eate, les insomnies et les affections pulmonaires. Au Moyen \u00c2ge, elles entraient dans les \u00ab quatre fleurs cordiales \u00bb de la pharmacop\u00e9e. La violette de Montpellier, bien que moins c\u00e9l\u00e8bre que <em>V. odorata<\/em>, participe de cette tradition m\u00e9diterran\u00e9enne mill\u00e9naire. En Provence, la cueillette des violettes \u00e0 la fin de l&rsquo;hiver marquait le retour du printemps et \u00e9tait l&rsquo;occasion de joyeuses promenades familiales dans les collines.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La violette de Montpellier, repr\u00e9sentante m\u00e9ridionale d&rsquo;un genre au patrimoine culturel et m\u00e9dicinal exceptionnel, m\u00e9rite une attention renouvel\u00e9e \u00e0 la lumi\u00e8re des d\u00e9couvertes sur les cyclotides. Ces peptides cycliques, pr\u00e9sents dans les Violac\u00e9es, constituent l&rsquo;une des d\u00e9couvertes les plus prometteuses de la pharmacognosie contemporaine, avec des applications potentielles en oncologie, en infectiologie et en drug delivery.<\/p>\n<p>Sur le plan pratique, la violette de Montpellier reste une plante d&rsquo;agr\u00e9ment pr\u00e9cieuse pour les jardins m\u00e9diterran\u00e9ens, offrant une floraison pr\u00e9coce et fid\u00e8le dans les situations ombrag\u00e9es. Les perspectives portent sur la caract\u00e9risation chimique des cyclotides de cette sous-esp\u00e8ce, l&rsquo;\u00e9valuation comparative avec les autres violettes europ\u00e9ennes et la valorisation durable de ces plantes dans le cadre de la phytoth\u00e9rapie et de la pharmacologie moderne. Les violettes n&rsquo;ont pas fini de livrer leurs secrets.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Viola%20alba\">Plants of the World Online, Kew : <em>Viola alba<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Viola+alba\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Viola alba<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> D\u00e9puratif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Laxatif<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La violette de Montpellier (Viola alba Besser subsp. dehnhardtii (Ten.) W. 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