{"id":1429,"date":"2026-03-26T11:43:15","date_gmt":"2026-03-26T10:43:15","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/violette-des-champs\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:15","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:15","slug":"violette-des-champs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/violette-des-champs\/","title":{"rendered":"VIOLETTE DES CHAMPS"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Pens%C3%A9e%20des%20champs.jpg\" alt=\"Planche botanique VIOLETTE DES CHAMPS\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La Violette des champs, <em>Viola arvensis<\/em> Murray, est une plante annuelle herbac\u00e9e de la famille des Violac\u00e9es (Violaceae). Le genre <em>Viola<\/em>, riche de plus de 500 esp\u00e8ces, est cosmopolite, mais particuli\u00e8rement diversifi\u00e9 dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re Nord. <em>Viola arvensis<\/em> est une esp\u00e8ce \u00e9troitement apparent\u00e9e \u00e0 la Pens\u00e9e sauvage (<em>Viola tricolor<\/em>), dont elle est parfois consid\u00e9r\u00e9e comme une sous-esp\u00e8ce. C&rsquo;est une plante basse, haute de 5 \u00e0 30 centim\u00e8tres, \u00e0 tige dress\u00e9e ou ascendante, anguleuse, ramifi\u00e9e. Les feuilles sont alternes, de forme variable : les inf\u00e9rieures ovales-cordiformes, les sup\u00e9rieures lanc\u00e9ol\u00e9es-oblongues, toutes cr\u00e9nel\u00e9es et pourvues de stipules profond\u00e9ment divis\u00e9es (pennatis\u00e9qu\u00e9es), caract\u00e8re diagnostique majeur. Les fleurs sont petites, de 8 \u00e0 15 millim\u00e8tres, \u00e0 cinq p\u00e9tales in\u00e9gaux formant une corolle bilabi\u00e9e, typiquement blanc cr\u00e8me \u00e0 jaun\u00e2tre, parfois teint\u00e9e de violet sur les p\u00e9tales sup\u00e9rieurs, avec un \u00e9peron court. Le fruit est une capsule trigone s&rsquo;ouvrant en trois valves pour lib\u00e9rer de nombreuses petites graines brun clair.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Viola arvensis<\/em> est une esp\u00e8ce eurasiatique largement r\u00e9pandue, pr\u00e9sente dans toute l&rsquo;Europe, l&rsquo;Asie temp\u00e9r\u00e9e et l&rsquo;Afrique du Nord. Elle a \u00e9t\u00e9 introduite et naturalis\u00e9e en Am\u00e9rique du Nord, en Australie et dans d&rsquo;autres r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es. En France, elle est commune sur l&rsquo;ensemble du territoire, du littoral \u00e0 la moyenne montagne. Son habitat principal est constitu\u00e9 par les cultures de c\u00e9r\u00e9ales, les vignobles, les jardins, les friches, les bords de chemins et les pelouses rud\u00e9rales. C&rsquo;est une adventice messicole classique, compagne fid\u00e8le des moissons depuis le N\u00e9olithique. Elle pousse sur des sols vari\u00e9s, avec une pr\u00e9f\u00e9rence pour les substrats limono-argileux \u00e0 sableux, neutres \u00e0 calcaires, mod\u00e9r\u00e9ment riches en nutriments. Elle est moins nitrophile que certaines autres adventices et se maintient bien dans les cultures extensives.<\/p>\n<hr>\n<h3>Caract\u00e9ristiques morphologiques d\u00e9taill\u00e9es<\/h3>\n<p>La racine est pivotante, gr\u00eale. La tige est dress\u00e9e ou ascendante, haute de 5 \u00e0 30 centim\u00e8tres, anguleuse, simple ou ramifi\u00e9e, glabre ou finement pubescente. Les feuilles basales sont ovales-cordiformes, cr\u00e9nel\u00e9es, p\u00e9tiol\u00e9es, souvent fan\u00e9es au moment de la floraison. Les feuilles caulinaires sont alternes, de forme variable selon leur position : les m\u00e9dianes sont oblongues-elliptiques, les sup\u00e9rieures lanc\u00e9ol\u00e9es, toutes cr\u00e9nel\u00e9es et bri\u00e8vement p\u00e9tiol\u00e9es. Les stipules sont le caract\u00e8re diagnostique le plus important : grandes, pennatis\u00e9qu\u00e9es (profond\u00e9ment divis\u00e9es en lobes lat\u00e9raux et un lobe terminal plus grand, spatul\u00e9), ressemblant \u00e0 de petites feuilles compos\u00e9es. Les fleurs sont axillaires, solitaires sur de longs p\u00e9doncules. Le calice est form\u00e9 de cinq s\u00e9pales lanc\u00e9ol\u00e9s \u00e0 appendices basaux bien d\u00e9velopp\u00e9s. La corolle comprend cinq p\u00e9tales in\u00e9gaux : les deux sup\u00e9rieurs sont dress\u00e9s, souvent teint\u00e9s de violet p\u00e2le ; les deux lat\u00e9raux sont \u00e9tal\u00e9s ; le p\u00e9tale inf\u00e9rieur est plus grand, \u00e9margin\u00e9, blanc cr\u00e8me \u00e0 jaun\u00e2tre avec des veines nectarif\u00e8res violettes, prolong\u00e9 en un \u00e9peron court et obtus. La capsule est ovo\u00efde-trigone, glabre.<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p><em>Viola arvensis<\/em> est une plante annuelle th\u00e9rophyte, \u00e0 germination automnale ou printani\u00e8re. Les individus \u00e0 germination automnale hivernent sous forme de rosettes et fleurissent d\u00e8s le d\u00e9but du printemps. Les germinations printani\u00e8res fleurissent plus tard. La floraison s&rsquo;\u00e9tend d&rsquo;avril \u00e0 octobre, avec un pic au printemps. Les fleurs ouvertes (chasmogames) sont pollinis\u00e9es par de petits insectes (abeilles solitaires, syrphes) et par autopollinisation. En fin de saison et en conditions d\u00e9favorables, la plante produit des fleurs cl\u00e9istogames (qui ne s&rsquo;ouvrent jamais et s&rsquo;autof\u00e9condent), assurant la production de graines m\u00eame sans pollinisateur. La capsule m\u00fbre s&rsquo;ouvre en trois valves qui se contractent en s\u00e9chant, projetant les graines \u00e0 courte distance. La dispersion est compl\u00e9t\u00e9e par les fourmis (myrm\u00e9cochorie) attir\u00e9es par l&rsquo;\u00e9la\u00efosome des graines. La banque de graines dans le sol est tr\u00e8s persistante, les graines conservant leur viabilit\u00e9 pendant 5 \u00e0 10 ans au moins.<\/p>\n<hr>\n<h3>Exigences \u00e9cologiques<\/h3>\n<p>La Violette des champs est une esp\u00e8ce h\u00e9liophile \u00e0 semi-h\u00e9liophile, prosp\u00e9rant dans les milieux ouverts et mod\u00e9r\u00e9ment perturb\u00e9s. Son optimum se situe sur les sols limono-argileux \u00e0 sableux, neutres \u00e0 calcaires, mod\u00e9r\u00e9ment riches. Elle tol\u00e8re des conditions plus s\u00e8ches et plus calcaires que <em>Viola tricolor<\/em>, qui pr\u00e9f\u00e8re les sols acides. L&rsquo;esp\u00e8ce est mod\u00e9r\u00e9ment nitrophile et se maintient bien dans les cultures extensives o\u00f9 la fertilisation est mod\u00e9r\u00e9e. Elle tol\u00e8re les perturbations r\u00e9currentes (labour, sarclage) qui limitent la concurrence des esp\u00e8ces vivaces. Sa flexibilit\u00e9 ph\u00e9nologique (germination automne\/printemps, fleurs chasmogames\/cl\u00e9istogames) et la persistance de sa banque de graines lui conf\u00e8rent une grande r\u00e9silience face aux al\u00e9as climatiques et culturaux.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Phytochimie peu \u00e9tudi\u00e9e pour cette esp\u00e8ce ; aucun profil mol\u00e9culaire valoris\u00e9 n\u2019est document\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales de <em>Viola arvensis<\/em> sont reconnues par plusieurs instances phytoth\u00e9rapeutiques. La Commission E allemande et l&rsquo;ESCOP ont valid\u00e9 l&rsquo;usage de la \u00ab pens\u00e9e sauvage \u00bb (incluant <em>V. arvensis<\/em> et <em>V. tricolor<\/em>) pour le traitement des <strong>affections cutan\u00e9es<\/strong> mineures (ecz\u00e9ma, acn\u00e9, s\u00e9borrh\u00e9e). L&rsquo;activit\u00e9 <strong>anti-inflammatoire<\/strong> est bien document\u00e9e, attribu\u00e9e aux <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (rutine, vitexine) et aux <strong>acides salicyliques<\/strong>. L&rsquo;activit\u00e9 <strong>antioxydante<\/strong> des extraits est significative. Les <strong>mucilages<\/strong> contribuent \u00e0 un effet \u00e9mollient en usage topique et \u00e0 un effet adoucissant respiratoire en usage interne. Les <strong>cyclotides<\/strong> constituent le domaine de recherche le plus prometteur : ces peptides cycliques ultra-stables montrent des activit\u00e9s <strong>anticanc\u00e9reuses<\/strong> (cytotoxicit\u00e9 s\u00e9lective), <strong>antimicrobiennes<\/strong> et <strong>anti-VIH<\/strong> in vitro. Leur structure en n\u0153ud cystine en fait des mod\u00e8les pour le design de m\u00e9dicaments peptidiques r\u00e9sistants \u00e0 la d\u00e9gradation enzymatique. En phytoth\u00e9rapie, la plante est utilis\u00e9e sous forme de tisane, d&rsquo;extrait fluide ou de teinture m\u00e8re.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<p>Aucun compos\u00e9 n\u2019est document\u00e9 de fa\u00e7on suffisante pour dresser un tableau phytochimique fiable.<\/p>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Usage traditionnel en infusion (d\u00e9part \u00e0 froid) ; pas de forme standardis\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La Violette des champs fait partie du cort\u00e8ge des plantes messicoles compagnes des cultures de c\u00e9r\u00e9ales depuis des mill\u00e9naires. Ses fleurs constituent une ressource nectarif\u00e8re pour de petits pollinisateurs printaniers. Les fourmis assurent la dispersion secondaire des graines gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;\u00e9la\u00efosome. Les feuilles sont consomm\u00e9es par les chenilles de certains papillons, notamment des fritillaires (Nymphalidae). La plante participe \u00e0 la biodiversit\u00e9 floristique des agro\u00e9cosyst\u00e8mes et t\u00e9moigne, lorsqu&rsquo;elle est pr\u00e9sente, de pratiques agricoles relativement extensives compatibles avec la biodiversit\u00e9. Elle entre dans la composition de jach\u00e8res fleuries et de bandes enherb\u00e9es visant \u00e0 maintenir la diversit\u00e9 biologique dans les paysages agricoles.<\/p>\n<hr>\n<h3>Propri\u00e9t\u00e9s biochimiques et composition<\/h3>\n<p><em>Viola arvensis<\/em> partage avec <em>Viola tricolor<\/em> un profil chimique riche et pharmacologiquement int\u00e9ressant. Les parties a\u00e9riennes contiennent des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> abondants, dont la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/rutine\/\">rutine<\/a><\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>-3-rutinoside), la <strong>violanthr\u00e8ne<\/strong>, la <strong>vitexine<\/strong> et l&rsquo;<strong>orientine<\/strong>. Des <strong>saponines<\/strong> triterp\u00e9niques et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong> sont pr\u00e9sents. La plante contient des <strong>acides salicyliques<\/strong> et des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (acide caf\u00e9ique, acide coumarique). Des <strong>cyclotides<\/strong>, peptides cycliques de 28 \u00e0 37 acides amin\u00e9s formant un n\u0153ud cystine, ont \u00e9t\u00e9 isol\u00e9s de <em>Viola arvensis<\/em>. Ces cyclotides poss\u00e8dent une stabilit\u00e9 chimique exceptionnelle et des activit\u00e9s biologiques vari\u00e9es : antimicrobiennes, insecticides, anticanc\u00e9reuses et immunosuppressives. Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong> et des <strong>anthocyanes<\/strong> contribuent \u00e0 la coloration des fleurs. La plante contient de la <strong>violine<\/strong> (ou viol\u00e9m\u00e9thine), un <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efde<\/a> \u00e9m\u00e9tique en faible concentration.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicit\u00e9 et pr\u00e9cautions<\/h3>\n<p><em>Viola arvensis<\/em> est une plante consid\u00e9r\u00e9e comme s\u00fbre aux doses th\u00e9rapeutiques habituelles. La <strong>violine<\/strong>, alcalo\u00efde \u00e9m\u00e9tique, est pr\u00e9sente en tr\u00e8s faible concentration et ne provoque des naus\u00e9es qu&rsquo;en cas de surdosage important. Les <strong>saponines<\/strong> peuvent provoquer des troubles digestifs l\u00e9gers (naus\u00e9es, diarrh\u00e9e) \u00e0 doses excessives. Aucun effet secondaire grave n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 lors de l&rsquo;utilisation phytoth\u00e9rapeutique normale. La plante est d\u00e9conseill\u00e9e pendant la grossesse par principe de pr\u00e9caution. Les fleurs et les feuilles sont comestibles en quantit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e. La manipulation ne provoque aucune r\u00e9action cutan\u00e9e. Le principal risque est la confusion avec d&rsquo;autres plantes messicoles toxiques, bien que la morphologie caract\u00e9ristique des violettes (fleur \u00e0 \u00e9peron, stipules pennatis\u00e9qu\u00e9es) rende cette confusion peu probable pour un observateur averti.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La Violette des champs a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e de mani\u00e8re interchangeable avec la Pens\u00e9e sauvage (<em>Viola tricolor<\/em>) dans la m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne, les deux esp\u00e8ces \u00e9tant souvent confondues. L&rsquo;infusion de pens\u00e9e sauvage est un rem\u00e8de traditionnel contre les affections cutan\u00e9es (ecz\u00e9ma, acn\u00e9, psoriasis), les rhumatismes, la toux et les infections urinaires. Sainte Hildegarde de Bingen recommandait la pens\u00e9e contre les \u00e9ruptions cutan\u00e9es et les ulc\u00e8res. Nicholas Culpeper la prescrivait contre les maladies v\u00e9n\u00e9riennes et les affections thoraciques. L&rsquo;usage le plus r\u00e9pandu concerne les probl\u00e8mes de peau : la tisane de pens\u00e9e \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme un d\u00e9puratif purifiant le sang et clarifiant le teint. Les feuilles et les fleurs sont comestibles et ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es en salade et en garniture d\u00e9corative. La pens\u00e9e sauvage est l&rsquo;anc\u00eatre de la pens\u00e9e cultiv\u00e9e des jardins, issue d&rsquo;hybridations et de s\u00e9lections commenc\u00e9es au XIXe si\u00e8cle.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et entretien<\/h3>\n<p>La Violette des champs n&rsquo;est pas cultiv\u00e9e en tant que plante ornementale, les pens\u00e9es horticoles (<em>Viola<\/em> \u00d7 <em>wittrockiana<\/em>) lui \u00e9tant largement pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es pour cet usage. Cependant, elle s&rsquo;int\u00e8gre naturellement dans les jach\u00e8res fleuries et les m\u00e9langes messicoles utilis\u00e9s pour recr\u00e9er la biodiversit\u00e9 des champs. Le semis s&rsquo;effectue \u00e0 l&rsquo;automne ou au printemps, directement en pleine terre, sur un sol meuble et mod\u00e9r\u00e9ment riche. Les graines germent facilement sans traitement pr\u00e9alable. La plante se ress\u00e8me spontan\u00e9ment et se maintient dans les cultures extensives et les jardins non d\u00e9sherb\u00e9s. Pour un usage phytoth\u00e9rapeutique, la r\u00e9colte s&rsquo;effectue pendant la floraison, la plante enti\u00e8re \u00e9tant s\u00e9ch\u00e9e \u00e0 l&rsquo;ombre pour pr\u00e9parer tisanes et extraits.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>La confusion la plus courante concerne <em>Viola tricolor<\/em> (Pens\u00e9e sauvage tricolore), esp\u00e8ce tr\u00e8s proche dont <em>V. arvensis<\/em> est parfois consid\u00e9r\u00e9e comme une sous-esp\u00e8ce. <em>V. tricolor<\/em> se distingue par ses fleurs plus grandes (15 \u00e0 25 millim\u00e8tres), nettement tricolores (violet, jaune, blanc), avec les p\u00e9tales sup\u00e9rieurs plus longs que les s\u00e9pales, tandis que chez <em>V. arvensis<\/em> les fleurs sont plus petites, plut\u00f4t jaun\u00e2tres, et les s\u00e9pales d\u00e9passent souvent les p\u00e9tales. En phytoth\u00e9rapie, les deux esp\u00e8ces sont utilis\u00e9es indiff\u00e9remment. <em>Viola kitaibeliana<\/em> (Pens\u00e9e de Kitaibel) est une petite annuelle m\u00e9diterran\u00e9enne tr\u00e8s proche mais \u00e0 fleurs encore plus petites. Les violettes vivaces (<em>Viola odorata<\/em>, <em>Viola riviniana<\/em>) se distinguent par l&rsquo;absence de stipules pennatis\u00e9qu\u00e9es et par leur caract\u00e8re vivace.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut de conservation et menaces<\/h3>\n<p><em>Viola arvensis<\/em> est une esp\u00e8ce commune et non menac\u00e9e. Elle ne figure sur aucune liste rouge ni ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucun statut de protection. C&rsquo;est une adventice r\u00e9sistante dont les populations sont stables ou en expansion. Cependant, en tant que plante messicole, elle t\u00e9moigne de l&rsquo;\u00e9tat de la biodiversit\u00e9 des agro\u00e9cosyst\u00e8mes, et sa rar\u00e9faction locale dans les zones d&rsquo;agriculture tr\u00e8s intensive peut signaler un appauvrissement floristique pr\u00e9occupant. Les programmes de conservation des plantes messicoles int\u00e8grent souvent cette esp\u00e8ce dans les m\u00e9langes de semences destin\u00e9s \u00e0 restaurer la biodiversit\u00e9 des cultures.<\/p>\n<hr>\n<h3>Anecdotes et culture<\/h3>\n<p>La Violette des champs est la parente modeste de la pens\u00e9e cultiv\u00e9e, cette fleur embl\u00e9matique des jardins victoriens qui symbolisait les pens\u00e9es amoureuses (\u00ab pens\u00e9e \u00bb vient du verbe \u00ab penser \u00bb). Shakespeare fait dire \u00e0 Oph\u00e9lie dans Hamlet : \u00ab There&rsquo;s pansies, that&rsquo;s for thoughts \u00bb \u2014 les pens\u00e9es, qui sont pour les pens\u00e9es. La s\u00e9lection horticole, amorc\u00e9e au d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle par des jardiniers anglais et belges, a transform\u00e9 les petites fleurs discr\u00e8tes de <em>Viola arvensis<\/em> et <em>Viola tricolor<\/em> en les spectaculaires pens\u00e9es g\u00e9antes aux couleurs infinies que nous connaissons aujourd&rsquo;hui. Les cyclotides d\u00e9couverts dans cette plante constituent l&rsquo;une des avanc\u00e9es les plus prometteuses de la pharmacologie peptidique moderne. Ces mini-prot\u00e9ines, \u00e0 la structure circulaire in\u00e9dite et d&rsquo;une stabilit\u00e9 chimique remarquable, sont \u00e9tudi\u00e9es comme mod\u00e8les pour concevoir des m\u00e9dicaments peptidiques r\u00e9sistants \u00e0 la digestion \u2014 une r\u00e9volution potentielle pour l&rsquo;administration orale de mol\u00e9cules biologiques. La modeste violette des moissons, foul\u00e9e par les bottes des moissonneurs depuis le N\u00e9olithique, pourrait ainsi contribuer \u00e0 la m\u00e9decine du futur.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>VIOLETTE DES CHAMPS pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Viola%20arvensis\">Plants of the World Online, Kew : <em>Viola arvensis<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Viola+arvensis\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Viola arvensis<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> D\u00e9puratif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> \u00c9mollient<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La Violette des champs, Viola arvensis Murray, est une plante annuelle herbac\u00e9e de la famille des Violac\u00e9es (Violaceae). 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