{"id":1435,"date":"2026-03-26T11:43:22","date_gmt":"2026-03-26T10:43:22","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/violette-tricolore\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:15","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:15","slug":"violette-tricolore","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/violette-tricolore\/","title":{"rendered":"VIOLETTE TRICOLORE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Pens%C3%A9e%20sauvage.jpg\" alt=\"Planche botanique Pens\u00e9e sauvage\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La <strong>Violette tricolore<\/strong> (<em>Viola tricolor<\/em> L.) est une plante herbac\u00e9e annuelle \u00e0 vivace de courte dur\u00e9e, appartenant \u00e0 la famille des <strong>Violaceae<\/strong>. Le genre <em>Viola<\/em> comprend plus de 500 esp\u00e8ces mondiales. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>tricolor<\/em> fait r\u00e9f\u00e9rence aux trois couleurs habituellement pr\u00e9sentes dans la fleur : violet, jaune et blanc. La Violette tricolore est aussi appel\u00e9e pens\u00e9e sauvage, herbe de la Trinit\u00e9, fleur de la Trinit\u00e9 ou viola tricolore. C&rsquo;est l&rsquo;anc\u00eatre sauvage des <strong>pens\u00e9es de jardin<\/strong> (<em>Viola<\/em> x <em>wittrockiana<\/em>), obtenues par hybridation et s\u00e9lection depuis le XIXe si\u00e8cle. C&rsquo;est aussi une plante m\u00e9dicinale inscrite \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne, utilis\u00e9e depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 pour les affections cutan\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante herbac\u00e9e annuelle ou bisannuelle, rarement vivace de courte dur\u00e9e, de <strong>10 \u00e0 40 cm<\/strong>. Les tiges sont dress\u00e9es ou ascendantes, ramifi\u00e9es d\u00e8s la base, anguleuses, glabres ou l\u00e9g\u00e8rement pubescentes. Les feuilles sont <strong>alternes<\/strong>, les inf\u00e9rieures ovales-cordiformes \u00e0 long p\u00e9tiole, les sup\u00e9rieures oblongues-lanc\u00e9ol\u00e9es, presque sessiles. Les <strong>stipules<\/strong> sont grandes, foliac\u00e9es, profond\u00e9ment d\u00e9coup\u00e9es en lobes \u00e9troits, le lobe terminal plus grand rappelant le limbe de la feuille (caract\u00e8re diagnostique important). Les fleurs sont solitaires, port\u00e9es par de longs p\u00e9doncules axillaires gr\u00eales. Elles mesurent <strong>15 \u00e0 25 mm<\/strong> et pr\u00e9sentent 5 p\u00e9tales in\u00e9gaux : les 2 sup\u00e9rieurs sont g\u00e9n\u00e9ralement <strong>violet pourpre<\/strong>, les 2 lat\u00e9raux violet p\u00e2le \u00e0 blancs, le p\u00e9tale inf\u00e9rieur est <strong>jaune vif<\/strong> avec des stries nectarif\u00e8res sombres guidant les pollinisateurs. Le p\u00e9tale inf\u00e9rieur porte un <strong>\u00e9peron<\/strong> court (3-6 mm) d\u00e9passant les appendices des s\u00e9pales. De nombreuses variations de couleur existent : fleurs enti\u00e8rement jaunes, violettes, ou diversement panach\u00e9es. Le fruit est une <strong>capsule<\/strong> trigone, glabre, s&rsquo;ouvrant en 3 valves \u00e9lastiques qui projettent les graines. Floraison d&rsquo;avril \u00e0 octobre, exceptionnellement longue.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat et r\u00e9partition<\/h3>\n<p>La Violette tricolore est une esp\u00e8ce <strong>eurasiatique<\/strong> largement r\u00e9pandue. En France, elle est commune sur tout le territoire, de la plaine \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage montagnard (jusqu&rsquo;\u00e0 2 000 m). Elle colonise les <strong>champs cultiv\u00e9s<\/strong> (messicole), les <strong>friches<\/strong>, les <strong>jardins<\/strong>, les <strong>talus<\/strong>, les <strong>bords de chemins<\/strong>, les <strong>prairies maigres<\/strong> et les <strong>pelouses sableuses<\/strong>. Elle pr\u00e9f\u00e8re les sols l\u00e9gers, sablonneux ou limono-sableux, acides \u00e0 neutres, mod\u00e9r\u00e9ment fertiles. C&rsquo;est une esp\u00e8ce des milieux ouverts et perturb\u00e9s, favoris\u00e9e par les pratiques agricoles extensives. Sa sous-esp\u00e8ce <em>arvensis<\/em> (pens\u00e9e des champs) est plus petite, \u00e0 fleurs jaune p\u00e2le, et strictement messicole. La pens\u00e9e sauvage est naturalis\u00e9e en Am\u00e9rique du Nord.<\/p>\n<hr>\n<h3>Exigences \u00e9cologiques<\/h3>\n<p>La Violette tricolore est <strong>h\u00e9liophile<\/strong> \u00e0 h\u00e9mi-h\u00e9liophile. Elle pr\u00e9f\u00e8re les sols l\u00e9gers, bien drain\u00e9s, acides \u00e0 neutres (pH 4,5-7), sablonneux ou limono-sableux, mod\u00e9r\u00e9ment fertiles \u00e0 pauvres. Elle est <strong>calcifuge<\/strong> \u00e0 indiff\u00e9rente (la sous-esp\u00e8ce <em>arvensis<\/em> tol\u00e8re mieux le calcaire). La plante supporte des hivers froids (zone 4, \u221225 \u00b0C) et des \u00e9t\u00e9s chauds, mais craint les exc\u00e8s d&rsquo;humidit\u00e9 hivernale. Elle est favoris\u00e9e par la perturbation du sol (labour, sarclage) et la faible concurrence (sols maigres). Un sol trop riche en azote favorise le feuillage au d\u00e9triment de la floraison.<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p>La Violette tricolore est annuelle ou bisannuelle. La germination peut avoir lieu en automne (la plante hiverne alors en rosette) ou au printemps. La <strong>floraison<\/strong> est remarquablement longue, d&rsquo;<strong>avril \u00e0 octobre<\/strong>, ce qui est exceptionnel pour une annuelle. Les fleurs sont principalement pollinis\u00e9es par les <strong>abeilles<\/strong>, les <strong>syrphes<\/strong> et les <strong>papillons<\/strong> diurnes, guid\u00e9s par les stries nectarif\u00e8res du p\u00e9tale inf\u00e9rieur (lignes de miel). L&rsquo;autogamie est fr\u00e9quente en fin de saison. Des fleurs cl\u00e9istogames (ferm\u00e9es, autofertiles) sont aussi produites. Les capsules m\u00fbrissent progressivement et projettent les graines par un m\u00e9canisme d&rsquo;expulsion balistique (<strong>autochorie balistique<\/strong>). Les graines, munies d&rsquo;un \u00e9la\u00efosome, sont ensuite dispers\u00e9es par les fourmis (<strong>myrm\u00e9cochorie<\/strong>). La plante se ress\u00e8me abondamment, assurant sa p\u00e9rennit\u00e9 dans le jardin. Le cycle complet, du semis \u00e0 la fructification, peut s&rsquo;accomplir en 3 \u00e0 4 mois.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La Violette tricolore poss\u00e8de un profil phytochimique riche et complexe, bien \u00e9tudi\u00e9 en raison de ses usages m\u00e9dicinaux. Les parties a\u00e9riennes fleuries (drogue officinale) contiennent des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> en abondance : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/rutine\/\">rutine<\/a><\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>-3-rutinoside, jusqu&rsquo;\u00e0 1,5 % de la mati\u00e8re s\u00e8che), <strong>violanthin<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a>-6,8-C-diglycoside, flavono\u00efde caract\u00e9ristique de l&rsquo;esp\u00e8ce), <strong>scoparine<\/strong>, <strong>orientine<\/strong> et <strong>isorhamn\u00e9tine<\/strong>. Les <strong>saponosides<\/strong> triterp\u00e9niques, principalement la <strong>violasaponine<\/strong>, sont pr\u00e9sents \u00e0 hauteur de 1-2 %. La plante contient des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong> (polysaccharides hydrophiles), des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-salicylique\/\">acide salicylique<\/a> et d\u00e9riv\u00e9s, acide caf\u00e9ique, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a>, acide p-coumarique), des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong> (violaxanthine, responsable de la couleur jaune), des <strong>anthocyanes<\/strong> (violanine, responsable de la couleur violette) et des <strong>cyclotides<\/strong> (peptides cycliques macrocycliques uniques au genre <em>Viola<\/em>, dont le kalata B1 et la varv A). Les cyclotides font l&rsquo;objet de recherches intensives pour leurs propri\u00e9t\u00e9s <strong>antimicrobiennes<\/strong>, <strong>anti-VIH<\/strong>, <strong>anticanc\u00e9reuses<\/strong> et <strong>insecticides<\/strong>. L&rsquo;acide salicylique, pr\u00e9curseur de l&rsquo;aspirine, contribue aux propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>La Violette tricolore est une <strong>plante m\u00e9dicinale de la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne<\/strong>, dont les usages sont valid\u00e9s par la tradition et soutenus par des donn\u00e9es pharmacologiques modernes.<\/p>\n<p><strong>Affections cutan\u00e9es :<\/strong> L&rsquo;indication majeure et la plus ancienne est le traitement des <strong>dermatoses<\/strong>. La pens\u00e9e sauvage est prescrite en usage interne (tisane) et externe (compresses, bains) pour l&rsquo;<strong>ecz\u00e9ma<\/strong>, l&rsquo;<strong>acn\u00e9<\/strong>, l&rsquo;<strong>imp\u00e9tigo<\/strong>, les <strong>cro\u00fbtes de lait<\/strong> du nourrisson, le <strong>psoriasis<\/strong> l\u00e9ger et les <strong>dermatites<\/strong> diverses. L&rsquo;action repose sur les propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires (flavono\u00efdes, acide salicylique), d\u00e9puratives (saponosides) et \u00e9mollientes (mucilages) combin\u00e9es. L&rsquo;usage traditionnel bien \u00e9tabli est reconnu pour le \u00ab traitement symptomatique des affections cutan\u00e9es s\u00e9borrh\u00e9iques l\u00e9g\u00e8res \u00bb.<\/p>\n<p><strong>Propri\u00e9t\u00e9s expectorantes :<\/strong> Les saponosides conf\u00e8rent \u00e0 la plante des propri\u00e9t\u00e9s <strong>expectorantes<\/strong> et <strong>mucolytiques<\/strong>, utilis\u00e9es dans les bronchites et les toux grasses. La pens\u00e9e sauvage entre dans la composition de tisanes pectorales traditionnelles.<\/p>\n<p><strong>Propri\u00e9t\u00e9s diur\u00e9tiques et d\u00e9puratives :<\/strong> La tisane de pens\u00e9e sauvage est un <strong>diur\u00e9tique<\/strong> doux, prescrit en cure de d\u00e9toxification printani\u00e8re et dans le cadre des affections urinaires b\u00e9nignes.<\/p>\n<p><strong>Propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires :<\/strong> L&rsquo;acide salicylique et les flavono\u00efdes (rutine) exercent une action anti-inflammatoire syst\u00e9mique mod\u00e9r\u00e9e, contribuant \u00e0 l&rsquo;effet b\u00e9n\u00e9fique sur les dermatoses.<\/p>\n<p>La posologie traditionnelle est de 1,5 \u00e0 3 g de parties a\u00e9riennes fleuries s\u00e9ch\u00e9es pour 150 ml d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), en infusion, 3 fois par jour. En usage externe, la m\u00eame infusion concentr\u00e9e est appliqu\u00e9e en compresses sur les zones affect\u00e9es. Des pr\u00e9parations pharmaceutiques (extraits fluides, g\u00e9lules, teintures-m\u00e8res) sont commercialis\u00e9es. En hom\u00e9opathie, <em>Viola tricolor<\/em> est prescrit pour l&rsquo;ecz\u00e9ma suintant et les cro\u00fbtes de lait.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicit\u00e9<\/h3>\n<p>La Violette tricolore est <strong>tr\u00e8s bien tol\u00e9r\u00e9e<\/strong> et consid\u00e9r\u00e9e comme s\u00fbre aux doses recommand\u00e9es. \u00c0 doses tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9es, les saponosides peuvent provoquer des naus\u00e9es et des vomissements. Aucune toxicit\u00e9 chronique n&rsquo;est document\u00e9e. L&rsquo;utilisation pendant la grossesse et l&rsquo;allaitement n&rsquo;est pas recommand\u00e9e par pr\u00e9caution (donn\u00e9es insuffisantes), bien qu&rsquo;aucun effet t\u00e9ratog\u00e8ne ou f\u0153totoxique ne soit connu. Pas d&rsquo;interaction m\u00e9dicamenteuse significative document\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Violanthin<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Scoparine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Orientine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Isorhamn\u00e9tine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Usage traditionnel en infusion (d\u00e9part \u00e0 froid) ; pas de forme standardis\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Toxicit\u00e9 non document\u00e9e ; en l\u2019absence de donn\u00e9es, s\u2019abstenir de tout usage interne non encadr\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Les <strong>fleurs<\/strong> de Violette tricolore sont comestibles et utilis\u00e9es en d\u00e9coration culinaire : salades, desserts, glaces, cocktails et confiseries. Leur saveur est douce et l\u00e9g\u00e8rement herbac\u00e9e. Les fleurs de pens\u00e9es cultiv\u00e9es (<em>Viola<\/em> x <em>wittrockiana<\/em>) sont plus fr\u00e9quemment utilis\u00e9es en raison de leur taille et de leurs couleurs vari\u00e9es. Les <strong>jeunes feuilles<\/strong> sont comestibles crues ou cuites, riches en vitamine C. La tisane de pens\u00e9e sauvage est une boisson agr\u00e9able, l\u00e9g\u00e8rement mucilagineuse, au go\u00fbt doux.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et entretien<\/h3>\n<p>La Violette tricolore se cultive facilement au jardin comme plante ornementale et m\u00e9dicinale. Le semis se fait en place de mars \u00e0 mai ou d&rsquo;ao\u00fbt \u00e0 septembre (pour une floraison printani\u00e8re l&rsquo;ann\u00e9e suivante). Les graines sont fines et \u00e0 peine recouvertes. La germination intervient en 10 \u00e0 20 jours. Le sol doit \u00eatre l\u00e9ger, drain\u00e9, pas trop riche. Plein soleil \u00e0 mi-ombre. Espacement de 15 \u00e0 20 cm. La plante ne n\u00e9cessite aucun engrais et peu d&rsquo;arrosage. Elle se ress\u00e8me abondamment si les capsules ne sont pas enlev\u00e9es. Elle est tr\u00e8s r\u00e9sistante aux maladies. Au jardin, elle s&rsquo;int\u00e8gre dans les prairies fleuries, les bordures, les rocailles et les potagers. Les vari\u00e9t\u00e9s horticoles g\u00e9antes (pens\u00e9es \u00e0 grandes fleurs) sont issues de croisements complexes et ne se ress\u00e8ment pas fid\u00e8lement.<\/p>\n<hr>\n<h3>Associations v\u00e9g\u00e9tales<\/h3>\n<p>La Violette tricolore est caract\u00e9ristique des <strong>moissons<\/strong> et des <strong>pelouses th\u00e9rophytiques acides<\/strong> (alliance du <em>Scleranthion annui<\/em> et du <em>Thero-Airion<\/em>). Elle s&rsquo;associe aux messicoles : Nielle des bl\u00e9s (<em>Agrostemma githago<\/em>), Coquelicot (<em>Papaver rhoeas<\/em>), Bleuet (<em>Centaurea cyanus<\/em>), Myosotis des champs (<em>Myosotis arvensis<\/em>) et Spergule des champs (<em>Spergula arvensis<\/em>). Au jardin, elle se m\u00eale aux prairies fleuries et aux massifs champ\u00eatres de plein soleil.<\/p>\n<hr>\n<h3>Int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique<\/h3>\n<p>La Violette tricolore est une <strong>plante nourrici\u00e8re importante<\/strong> pour les pollinisateurs printaniers et estivaux. Sa floraison tr\u00e8s prolong\u00e9e (avril-octobre) fournit du nectar sur une p\u00e9riode exceptionnellement longue. Ses feuilles nourrissent les chenilles de plusieurs esp\u00e8ces de papillons du genre <em>Argynnis<\/em> (Nacr\u00e9s), dont certains sont menac\u00e9s. En tant que <strong>messicole<\/strong>, elle est indicatrice de pratiques agricoles extensives et b\u00e9n\u00e9ficie des mesures de protection des flores messicoles. Sa double strat\u00e9gie de diss\u00e9mination (balistique puis myrm\u00e9cochorie) illustre les interactions complexes entre plantes et animaux. Les <strong>cyclotides<\/strong> qu&rsquo;elle produit sont des insecticides naturels qui participent \u00e0 ses d\u00e9fenses contre les herbivores.<\/p>\n<hr>\n<h3>Folklore et symbolisme<\/h3>\n<p>La pens\u00e9e sauvage est l&rsquo;une des fleurs les plus symboliquement charg\u00e9es de la culture occidentale. Son nom fran\u00e7ais de \u00ab pens\u00e9e \u00bb (du fran\u00e7ais ancien <em>pens\u00e9e<\/em>, r\u00e9flexion) vient de l&rsquo;habitude d&rsquo;offrir cette fleur en signe de <strong>souvenir<\/strong> et de <strong>r\u00e9flexion amoureuse<\/strong>. Shakespeare en fait un \u00e9l\u00e9ment central du <em>Songe d&rsquo;une nuit d&rsquo;\u00e9t\u00e9<\/em>, o\u00f9 le jus de \u00ab love-in-idleness \u00bb (pens\u00e9e) provoque un amour obsessionnel chez celui dont on oint les paupi\u00e8res durant son sommeil. Dans le langage des fleurs victorien, la pens\u00e9e signifie \u00ab pensez \u00e0 moi \u00bb ou \u00ab je pense \u00e0 vous \u00bb. Le nom d&rsquo;\u00ab herbe de la Trinit\u00e9 \u00bb fait r\u00e9f\u00e9rence aux trois couleurs de la fleur, symbole de la <strong>Sainte Trinit\u00e9<\/strong> dans la tradition chr\u00e9tienne. En Allemagne, les trois couleurs \u00e9taient interpr\u00e9t\u00e9es comme repr\u00e9sentant la <strong>belle-m\u00e8re<\/strong> (p\u00e9tale inf\u00e9rieur, le plus grand et le plus color\u00e9), les deux <strong>belles-filles<\/strong> (p\u00e9tales lat\u00e9raux) et les deux <strong>vraies filles<\/strong> (p\u00e9tales sup\u00e9rieurs), d&rsquo;o\u00f9 le nom allemand de <em>Stiefm\u00fctterchen<\/em> (petite belle-m\u00e8re). La Violette tricolore symbolise l&rsquo;<strong>amour<\/strong>, le <strong>souvenir<\/strong> et la <strong>m\u00e9ditation<\/strong>.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>La Violette tricolore se distingue des autres Violettes par ses <strong>grandes stipules foliac\u00e9es profond\u00e9ment d\u00e9coup\u00e9es<\/strong>, ses fleurs <strong>tricolores<\/strong> et son habitat de plein soleil (les autres violettes sont plut\u00f4t foresti\u00e8res). La sous-esp\u00e8ce <em>arvensis<\/em> (Pens\u00e9e des champs), \u00e0 fleurs jaune p\u00e2le de moins de 15 mm, est parfois trait\u00e9e comme esp\u00e8ce distincte. La <strong>Violette des Alpes<\/strong> (<em>Viola calcarata<\/em>) a des fleurs violet uni avec un long \u00e9peron. Les <strong>Pens\u00e9es de jardin<\/strong> (<em>Viola<\/em> x <em>wittrockiana<\/em>) sont des hybrides \u00e0 grandes fleurs (5-10 cm) et \u00e0 coloris tr\u00e8s vari\u00e9s, faciles \u00e0 distinguer par leur taille. La <strong>Violette cornue<\/strong> (<em>Viola cornuta<\/em>) a des fleurs plus petites que les pens\u00e9es de jardin mais un long \u00e9peron caract\u00e9ristique.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>VIOLETTE TRICOLORE pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Viola%20tricolor\">Plants of the World Online, Kew : <em>Viola tricolor<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Viola+tricolor\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Viola tricolor<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> \u00c9mollient<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La Violette tricolore (Viola tricolor L.) est une plante herbac\u00e9e annuelle \u00e0 vivace de courte dur\u00e9e, appartenant \u00e0 la famille des [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[101],"tags":[],"class_list":["post-1435","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-violacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1435","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1435"}],"version-history":[{"count":11,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1435\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13921,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1435\/revisions\/13921"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1435"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1435"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1435"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}