{"id":14369,"date":"2026-07-28T14:45:58","date_gmt":"2026-07-28T12:45:58","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/07\/28\/laitue-vireuse-lactuca-virosa\/"},"modified":"2026-07-28T16:12:31","modified_gmt":"2026-07-28T14:12:31","slug":"laitue-vireuse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/07\/28\/laitue-vireuse\/","title":{"rendered":"Laitue vireuse \u2014 Lactuca virosa"},"content":{"rendered":"<p><em>Lactuca virosa<\/em> L.<\/p>\n<p>Famille (classification morphologique traditionnelle) : Ast\u00e9rac\u00e9es (sous-famille Cichorioideae).<\/p>\n<p>La laitue vireuse est la plus puissante des laitues sauvages fran\u00e7aises, et la seule \u00e0 produire en quantit\u00e9 suffisante un latex s\u00e9ch\u00e9 connu sous le nom de <em>lactucarium<\/em> \u2014 surnomm\u00e9 jadis \u00ab l&rsquo;opium du pauvre \u00bb ou \u00ab l&rsquo;opium de laitue \u00bb. Son usage m\u00e9dicinal remonte \u00e0 l&rsquo;Antiquit\u00e9, et elle a figur\u00e9 \u00e0 la pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise jusqu&rsquo;au milieu du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Elle s\u00e9duit autant par son histoire que par sa pharmacologie d\u00e9sormais partiellement \u00e9lucid\u00e9e.<\/p>\n<p>Le lactucarium concentre des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/sesquiterpenes\/\">lactones sesquiterp\u00e9niques<\/a> am\u00e8res \u2014 lactucine et lactucopicrine \u2014 qui se r\u00e9v\u00e8lent agonistes partiels des r\u00e9cepteurs opio\u00efdes \u03bc et \u03ba, expliquant les propri\u00e9t\u00e9s s\u00e9datives, antalgiques l\u00e9g\u00e8res et antitussives de la plante. Ses effets restent modestes compar\u00e9s \u00e0 ceux de la <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/morphine\/\">morphine<\/a>, mais la synergie des compos\u00e9s et la qualit\u00e9 du sommeil induit restent des arguments d&rsquo;usage en phytoth\u00e9rapie douce.<\/p>\n<p>La laitue vireuse pousse sur les d\u00e9combres, les friches et les talus chauds de toute la France. Elle se reconna\u00eet ais\u00e9ment \u00e0 sa tige bleu\u00e2tre tach\u00e9e de rouge, ses feuilles basales \u00e9pineuses sur la nervure principale, et son odeur forte et naus\u00e9abonde au froissement.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>R\u00e8gne :<\/strong> Plantae<\/li>\n<li><strong>Division :<\/strong> Magnoliophyta<\/li>\n<li><strong>Classe :<\/strong> Magnoliopsida<\/li>\n<li><strong>Ordre :<\/strong> Asterales<\/li>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Ast\u00e9rac\u00e9es (<em>Asteraceae<\/em>), sous-famille Cichorioideae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Lactuca<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Lactuca virosa<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Laitue vireuse, laitue sauvage forte, laitue v\u00e9n\u00e9neuse, laitue d&rsquo;\u00e2ne, <em>opium lettuce<\/em> (anglais), <em>wilder Lattich<\/em> (allemand), <em>Giftlattich<\/em> (allemand).<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Note taxonomique :<\/strong> <em>Lactuca virosa<\/em> L. (1753) est l&rsquo;esp\u00e8ce type de r\u00e9f\u00e9rence pour le genre Lactuca du point de vue m\u00e9dicinal. Elle se distingue de <em>L. serriola<\/em> L. (laitue scariole, plus commune) par sa taille plus imposante (jusqu&rsquo;\u00e0 2 m), ses feuilles moins d\u00e9coup\u00e9es et son odeur nettement plus forte. <em>L. sativa<\/em> (laitue cultiv\u00e9e) ne contient du lactucarium qu&rsquo;en quantit\u00e9s pharmacologiquement n\u00e9gligeables.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante bisannuelle robuste, atteignant 60\u2013200 cm de hauteur. La tige est creuse, cylindrique, glauque-bleu\u00e2tre teint\u00e9e de rouge pourpre \u00e0 la base, producrice de latex blanc abondant \u00e0 la coupe. Les feuilles basales sont grandes (20\u201330 cm), oblongues \u00e0 pennatifides, \u00e0 bord spinuleux, pr\u00e9sentant une rang\u00e9e de petites \u00e9pines sur la nervure principale (caract\u00e8re diagnostic). Les feuilles caulinaires sont auricul\u00e9es-amplexicaules, bleut\u00e9es-pruineuses.<\/p>\n<p>L&rsquo;inflorescence est un capitule de 10\u201312 fleurons ligul\u00e9s jaune p\u00e2le (diam\u00e8tre 8\u201312 mm), r\u00e9unis en larges panicules corymbo\u00efdes en haut de tige. Floraison : juillet\u2013septembre. Fruits : ak\u00e8nes noirs \u00e0 bec court, dispers\u00e9s par le vent.<\/p>\n<p>L&rsquo;odeur, tr\u00e8s caract\u00e9ristique, est forte, lourde et d\u00e9sagr\u00e9able au froissement (opiac\u00e9e selon les descriptions). Le latex blanc (suc laiteux) s&rsquo;\u00e9coule abondamment \u00e0 toute blessure de la tige.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Lactucarium<\/strong> : latex s\u00e9ch\u00e9 collect\u00e9 par incisions r\u00e9p\u00e9t\u00e9es de la tige en fleur. Aspect de masse brune-gris\u00e2tre, odeur forte, saveur am\u00e8re. Principale drogue officinale.<\/li>\n<li><strong>Feuilles fra\u00eeches ou s\u00e9ch\u00e9es<\/strong> : usage en infusion (tr\u00e8s amer). Teneur en lactones plus faible que le latex.<\/li>\n<li><strong>Teinture-m\u00e8re<\/strong> : teinture \u00e0 l&rsquo;alcool de la plante enti\u00e8re en fleur, homologu\u00e9e en hom\u00e9opathie.<\/li>\n<li><strong>Poudre de la plante enti\u00e8re<\/strong> : ancienne forme gal\u00e9nique officinale (Codex).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p><strong>Lactucine.<\/strong> Gua\u00efanolide sesquiterp\u00e9nique, constituant amer principal du lactucarium (10\u201320 % des sesquiterp\u00e8nes totaux). C&rsquo;est une eudesmanolide \u00e0 cycle lactonique \u03b1,\u03b2-insatur\u00e9. Son activit\u00e9 biologique se superpose en partie \u00e0 celle des opio\u00efdes endog\u00e8nes, avec un profil d&rsquo;agoniste partiel sur les r\u00e9cepteurs \u03bc et \u03ba.<\/p>\n<p><strong>Lactucopicrine.<\/strong> Ester de la lactucine avec l&rsquo;acide p-hydroxycinnamique. Plus puissante que la lactucine sur mod\u00e8le animal (Wesolowska et al., 2006). R\u00e9sistante \u00e0 la d\u00e9gradation gastrique, absorb\u00e9e par voie orale. Constituant majoritaire du lactucarium.<\/p>\n<p><strong>8-Deoxylactucine, lactuside A, lactuside B.<\/strong> D\u00e9riv\u00e9s glycosyl\u00e9s et esters li\u00e9s de la lactucine, contribuant \u00e0 l&rsquo;amertume totale et \u00e0 l&rsquo;effet s\u00e9datif.<\/p>\n<p><strong>Acide chicor\u00e9sique.<\/strong> Diester de l&rsquo;<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acides-organiques\/\">acide tartrique<\/a> et de l&rsquo;<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-cafeique\/\">acide caf\u00e9ique<\/a>. Antioxydant hydrosoluble, anti-inflammatoire (inhibition COX-2), immunostimulant partiel. Commun \u00e0 de nombreuses Ast\u00e9rac\u00e9es.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">Coumarines<\/a>.<\/strong> Escul\u00e9tine et ses d\u00e9riv\u00e9s, en faibles quantit\u00e9s. Anticoagulantes l\u00e9g\u00e8res.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavonoides\/\">Flavono\u00efdes<\/a>.<\/strong> <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/luteoline\/\">Lut\u00e9oline<\/a> et <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a> sous formes glucosid\u00e9es dans les feuilles. Antioxydants, l\u00e9g\u00e8rement anti-inflammatoires.<\/p>\n<p><strong>Caoutchouc.<\/strong> Le latex contient du caoutchouc naturel (polyterp\u00e8ne) en quantit\u00e9 variable selon la maturit\u00e9 de la plante.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>Agonisme opio\u00efde partiel.<\/strong> La lactucine et la lactucopicrine se lient aux r\u00e9cepteurs opio\u00efdes \u03bc (analg\u00e9sie, s\u00e9dation l\u00e9g\u00e8re) et \u03ba (s\u00e9dation, effet antitussif). Leur affinit\u00e9 est nettement inf\u00e9rieure \u00e0 celle de la morphine, mais suffisante pour produire un effet pharmacologique mesurable aux doses physiologiques pr\u00e9sentes dans le lactucarium. L&rsquo;effet est bloqu\u00e9 (partiellement) par le naloxone in vitro, confirmant l&rsquo;implication du syst\u00e8me opio\u00efde.<\/p>\n<p><strong>Potentialisation GABAergique.<\/strong> Des \u00e9tudes in vitro et chez l&rsquo;animal sugg\u00e8rent une potentialisation des r\u00e9cepteurs GABA-A par les sesquiterp\u00e8nes du lactucarium, comparable \u00e0 l&rsquo;action des benzodiaz\u00e9pines \u00e0 faibles doses. Ce m\u00e9canisme compl\u00e9mentaire explique l&rsquo;action anxiolytique et hypnotique l\u00e9g\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antitussive.<\/strong> L&rsquo;effet central (opio\u00efde partiel) r\u00e9duit l&rsquo;excitabilit\u00e9 du centre tussig\u00e8ne bulbaire. Confirm\u00e9 par l&rsquo;usage traditionnel mais peu \u00e9tudi\u00e9 en clinique moderne.<\/p>\n<p><strong>Analg\u00e9sie l\u00e9g\u00e8re.<\/strong> Sur mod\u00e8le animal (hot plate test, writhing test), la lactucine montre une activit\u00e9 analg\u00e9sique comparable \u00e0 celle de l&rsquo;ibuprof\u00e8ne \u00e0 faibles doses. Le m\u00e9canisme implique \u00e0 la fois l&rsquo;agonisme opio\u00efde et l&rsquo;inhibition partielle des prostaglandines.<\/p>\n<p><strong>Antioxydant.<\/strong> L&rsquo;acide chicor\u00e9sique et les flavono\u00efdes contribuent \u00e0 une activit\u00e9 antioxydante document\u00e9e in vitro, non sp\u00e9cifique au genre Lactuca.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p><strong>Absence d&rsquo;essais cliniques contr\u00f4l\u00e9s modernes.<\/strong> L&rsquo;ensemble des donn\u00e9es pharmacologiques humaines sur la laitue vireuse est anecdotique, observationnel ou tir\u00e9 de la pharmacop\u00e9e historique. Il n&rsquo;existe pas d&rsquo;essai randomis\u00e9 contr\u00f4l\u00e9 sur le lactucarium. Cette absence refl\u00e8te le d\u00e9sint\u00e9r\u00eat pharmaceutique pour une drogue v\u00e9g\u00e9tale \u00e0 effet modeste qui ne peut \u00eatre brevet\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Usage historique document\u00e9.<\/strong> Le lactucarium a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 en clinique m\u00e9dicale au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle comme substitut de l&rsquo;opium (moins efficace, moins addictif) pour les insomnies, les toux convulsives et les algies nerveuses. Les m\u00e9decins de l&rsquo;\u00e9poque le consid\u00e9raient comme un s\u00e9datif pr\u00e9visible et bien tol\u00e9r\u00e9, mais nettement moins puissant que la morphine.<\/p>\n<p><strong>Usage en m\u00e9decine populaire contemporaine.<\/strong> L&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour le lactucarium a connu un regain dans les communaut\u00e9s de phytoth\u00e9rapie, avec des t\u00e9moignages d&rsquo;efficacit\u00e9 sur l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 l\u00e9g\u00e8re et les troubles du sommeil. Ces rapports sont subjectifs mais coh\u00e9rents avec la pharmacologie connue.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Type<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<th>Localisation<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Lactucopicrine<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/sesquiterpenes\/\">Sesquiterp\u00e8ne<\/a> lactone<\/td>\n<td>Agoniste opio\u00efde partiel (\u03bc, \u03ba) \u2014 principal actif<\/td>\n<td>Latex (lactucarium)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Lactucine<\/td>\n<td>Gua\u00efanolide<\/td>\n<td>Agoniste opio\u00efde partiel, analg\u00e9sique<\/td>\n<td>Latex, feuilles<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>8-Deoxylactucine<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/sesquiterpenes\/\">Sesquiterp\u00e8ne<\/a> lactone<\/td>\n<td>Synergique s\u00e9datif<\/td>\n<td>Latex<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide chicor\u00e9sique<\/td>\n<td>Depsidique<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<td>Feuilles, suc<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/luteoline\/\">Lut\u00e9oline<\/a><\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavones\/\">Flavone<\/a><\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<td>Feuilles<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">Escul\u00e9tine<\/a><\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">Coumarine<\/a><\/td>\n<td>Anticoagulant l\u00e9ger, antispasmodique<\/td>\n<td>Latex, tige<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Teinture-m\u00e8re (TM)<\/strong> hom\u00e9opathique : disponible en pharmacie. Dilutions de 1DH \u00e0 9CH. Usage en hom\u00e9opathie classique pour insomnies et agitation.<\/li>\n<li><strong>Extrait sec de laitue vireuse<\/strong> : commercialis\u00e9 dans des compl\u00e9ments alimentaires \u00e0 vis\u00e9e s\u00e9dative (association fr\u00e9quente avec val\u00e9riane, passiflore). Posologie : 50\u2013150 mg d&rsquo;extrait sec 2\u20133\u00d7\/j selon formulations.<\/li>\n<li><strong>Poudre de lactucarium<\/strong> : usage rare en phytoth\u00e9rapie traditionnelle (difficile \u00e0 doser, non standardis\u00e9). 200\u2013500 mg le soir.<\/li>\n<li><strong>Infusion de feuilles<\/strong> : 5\u201310 g de feuilles s\u00e9ch\u00e9es dans 250 mL d&rsquo;eau bouillante, 10 min. Saveur tr\u00e8s am\u00e8re. Effet s\u00e9datif modeste.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p><strong>Toxicit\u00e9 du latex concentr\u00e9.<\/strong> \u00c0 hautes doses (lactucarium concentr\u00e9, doses multiples), des cas de naus\u00e9es, vomissements, tachycardie puis bradycardie, vertiges et mydriase ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s. La toxicit\u00e9 aigu\u00eb est r\u00e9elle mais n\u00e9cessite des doses nettement sup\u00e9rieures aux doses th\u00e9rapeutiques. DL\u2085\u2080 animale non formellement \u00e9tablie pour la lactucine pure.<\/p>\n<p><strong>Irritation muqueuse.<\/strong> Le latex frais est irritant pour la peau et les muqueuses : \u00e9viter le contact oculaire, buccal non dilu\u00e9 ou cutan\u00e9 sur peau l\u00e9s\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Interactions m\u00e9dicamenteuses.<\/strong> Potentialisation des d\u00e9presseurs du SNC (benzodiaz\u00e9pines, opio\u00efdes, alcool, antihistaminiques s\u00e9datifs). Ne pas associer \u00e0 ces substances sans avis m\u00e9dical. Prudence avec les anticoagulants (coumarines).<\/p>\n<p><strong>Grossesse et allaitement.<\/strong> Contre-indiqu\u00e9s : les lactones sesquiterp\u00e9niques peuvent avoir des effets ut\u00e9rotoniques et passer dans le lait maternel.<\/p>\n<p><strong>Conduite de v\u00e9hicule.<\/strong> L&rsquo;effet s\u00e9datif d\u00e9conseille la conduite dans les heures suivant la prise.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;usage m\u00e9dicinal de la laitue sauvage est attest\u00e9 d\u00e8s Dioscoride (<em>De Materia Medica<\/em>, Ier si\u00e8cle) qui d\u00e9crit ses propri\u00e9t\u00e9s soporifiques. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour le <em>lactucarium<\/em> proprement dit (latex s\u00e9ch\u00e9) a explos\u00e9 au tournant du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, quand les m\u00e9decins britanniques et fran\u00e7ais cherchaient \u00e0 disposer d&rsquo;un substitut de l&rsquo;opium \u2014 moins addictif, disponible localement et moins co\u00fbteux.<\/p>\n<p>En 1817, le Dr John Young (\u00c9dimbourg) publia une \u00e9tude sur le lactucarium, affirmant des propri\u00e9t\u00e9s \u00e9quivalentes \u00e0 l&rsquo;opium pour le traitement des toux, des algies et des insomnies. La Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise a inscrit le lactucarium comme drogue officielle d\u00e8s les ann\u00e9es 1820, et il a figur\u00e9 au Codex m\u00e9dicamentarius fran\u00e7ais jusqu&rsquo;en 1965.<\/p>\n<p>Durant la Premi\u00e8re Guerre mondiale, les p\u00e9nuries d&rsquo;opium ont relanc\u00e9 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour le lactucarium comme substitut d&rsquo;urgence. Les tensions persistaient entre partisans (usage traditionnel) et sceptiques (efficacit\u00e9 jug\u00e9e insuffisante en clinique), d\u00e9bat qui n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 r\u00e9solu faute d&rsquo;essais comparatifs rigoureux.<\/p>\n<p>Depuis les ann\u00e9es 1990, une r\u00e9surgence d&rsquo;int\u00e9r\u00eat dans les milieux de phytoth\u00e9rapie et de m\u00e9decine naturelle a accompagn\u00e9 la publication des travaux de Wesolowska et al. (2006), qui ont fourni les premi\u00e8res bases pharmacologiques solides \u00e0 l&rsquo;usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La laitue vireuse occupe une place singuli\u00e8re en phytoth\u00e9rapie : c&rsquo;est une plante d&rsquo;int\u00e9r\u00eat r\u00e9el mais modeste, avec une pharmacologie d\u00e9sormais document\u00e9e (agonisme opio\u00efde partiel) mais des donn\u00e9es cliniques humaines quasi-inexistantes. Elle se situe dans cette zone grise entre le rem\u00e8de traditionnel et la prescription m\u00e9dicale, sans avoir jamais fait l&rsquo;objet des \u00e9tudes cliniques qui lui permettraient d&rsquo;\u00eatre valid\u00e9e ou d\u00e9finitivement \u00e9cart\u00e9e.<\/p>\n<p>Pour le praticien en phytoth\u00e9rapie, elle reste int\u00e9ressante dans les \u00e9tats d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 l\u00e9g\u00e8re et les insomnies de confort, en combinaison avec d&rsquo;autres s\u00e9datifs v\u00e9g\u00e9taux (val\u00e9riane, passiflore), mais elle ne constitue pas une alternative aux traitements m\u00e9dicamenteux des troubles du sommeil s\u00e9v\u00e8res ou des douleurs intenses. Son ratio b\u00e9n\u00e9fice\/risque est acceptable aux doses recommand\u00e9es chez l&rsquo;adulte hors grossesse.<\/p>\n<p>La confusion avec la laitue scariole (<em>L. serriola<\/em>), plus commune mais moins active, est \u00e0 surveiller dans les pr\u00e9parations de terrain. L&rsquo;identification botanique est indispensable avant r\u00e9colte.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Wesolowska A, Nikiforuk A, Michalska K, Kisiel W, Chojnacka-W\u00f3jcik E. Analgesic and sedative activities of lactucin and some lactucopicrin-related compounds from <em>Lactuca virosa<\/em>. <em>J Ethnopharmacol<\/em>. 2006;107(2):244\u2013249. PMID 17009864.<\/li>\n<li>Michalska K, Kisiel W. Sesquiterpene lactones from <em>Lactuca virosa<\/em>. <em>Biochem Syst Ecol<\/em>. 2003;31(2):199\u2013201.<\/li>\n<li>Chevallier A. <em>Encyclop\u00e9die des plantes m\u00e9dicinales<\/em>. Paris : Larousse ; 2001.<\/li>\n<li>Wichtl M (ed). <em>Herbal Drugs and Phytopharmaceuticals<\/em>. 3rd ed. Stuttgart : Medpharm Scientific Publishers ; 2004.<\/li>\n<li>Young J. <em>Observations on Lactucarium with an account of its effects in various cases<\/em>. Edinburgh ; 1817. (Texte historique de r\u00e9f\u00e9rence.)<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul>\n<li>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606 <strong>S\u00e9datif \/ hypnotique l\u00e9ger<\/strong> (lactucine, lactucopicrine \u2192 agonisme opio\u00efde partiel)<\/li>\n<li>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606 <strong>Antitussif<\/strong> (action centrale opio\u00efde l\u00e9g\u00e8re)<\/li>\n<li>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606 <strong>Analg\u00e9sique l\u00e9ger<\/strong> (hot plate test chez animal)<\/li>\n<li>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606 <strong>Anxiolytique<\/strong> (potentialisation GABAergique)<\/li>\n<li>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606 <strong>Antioxydant<\/strong> (acide chicor\u00e9sique, flavono\u00efdes)<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lactuca virosa L. Famille (classification morphologique traditionnelle) : Ast\u00e9rac\u00e9es (sous-famille Cichorioideae). 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