{"id":14372,"date":"2026-07-28T14:58:16","date_gmt":"2026-07-28T12:58:16","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/07\/28\/tamier-commun-tamus-communis\/"},"modified":"2026-07-28T16:12:32","modified_gmt":"2026-07-28T14:12:32","slug":"tamier-commun","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/07\/28\/tamier-commun\/","title":{"rendered":"Tamier commun \u2014 Tamus communis"},"content":{"rendered":"<p>Le <strong>Tamier commun<\/strong> (<em>Tamus communis<\/em> L., 1753) est une liane vivace appartenant \u00e0 la famille des <strong>Dioscor\u00e9ac\u00e9es<\/strong>, dont il constitue l&rsquo;unique repr\u00e9sentant indig\u00e8ne en Europe occidentale. Reconnaissable \u00e0 ses tiges volubiles s&rsquo;enroulant dans le sens des aiguilles d&rsquo;une montre autour des v\u00e9g\u00e9taux supports, le tamier occupe les haies, les lisi\u00e8res foresti\u00e8res, les talus ombrag\u00e9s et les bois clairs, du niveau de la mer jusqu&rsquo;\u00e0 environ 1 200 m\u00e8tres d&rsquo;altitude. Sa pr\u00e9sence est commune dans toute la France m\u00e9diterran\u00e9enne et atlantique, moins fr\u00e9quente dans les plaines nordiques.<\/p>\n<p>La plante d\u00e9veloppe un rhizome charnu, tub\u00e9reux, de couleur brun-noir en surface et blanch\u00e2tre \u00e0 la coupe, dont la toxicit\u00e9 par voie interne est bien document\u00e9e. Ses baies rouge \u00e9carlate, dispos\u00e9es en grappes pendantes, sont particuli\u00e8rement attrayantes pour les enfants et constituent un risque d&rsquo;intoxication non n\u00e9gligeable. Malgr\u00e9 sa toxicit\u00e9 syst\u00e9mique, le tamier poss\u00e8de une longue tradition d&rsquo;usage <strong>exclusivement externe<\/strong> en phytoth\u00e9rapie traditionnelle fran\u00e7aise, notamment comme rub\u00e9fiant et r\u00e9solutif des ecchymoses, h\u00e9matomes et douleurs articulaires.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>R\u00e8gne :<\/strong> Plantae<\/li>\n<li><strong>Sous-r\u00e8gne :<\/strong> Tracheobionta (plantes vasculaires)<\/li>\n<li><strong>Division :<\/strong> Magnoliophyta (angiospermes)<\/li>\n<li><strong>Classe :<\/strong> Liliopsida (monocotyl\u00e9dones)<\/li>\n<li><strong>Ordre :<\/strong> Dioscoreales<\/li>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Dioscoreaceae R.Br.<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Tamus<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Tamus communis<\/em> L., Sp. Pl. 1458 (1753)<\/li>\n<li><strong>Synonymes :<\/strong> <em>Dioscorea communis<\/em> (L.) Caddick &amp; Wilkin (2002) \u2014 nom r\u00e9vis\u00e9 selon APG IV ; <em>Smilax tamus<\/em> L. (pro parte)<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Tamier commun, Herbe aux femmes battues, Couleuvr\u00e9e, Vigne noire, Bryone noire (improprement), Dame-jeanne<\/li>\n<li><strong>Statut de conservation :<\/strong> LC (Least Concern) \u2014 UICN Europe<\/li>\n<\/ul>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Le tamier est une <strong>liane vivace<\/strong> \u00e0 rhizome tub\u00e9reux volumineux, parfois plurikilogrammique chez les sujets \u00e2g\u00e9s, de forme irr\u00e9guli\u00e8re, brun-noir en surface, blanch\u00e2tre et mucilagineux \u00e0 la coupe. Les tiges annuelles, herbac\u00e9es, volubiles, atteignent 2 \u00e0 4 m\u00e8tres de longueur et s&rsquo;enroulent dans le sens dextrogyre autour des supports. Contrairement aux vrilles de <em>Bryonia<\/em> (avec laquelle le tamier est parfois confondu), <em>Tamus communis<\/em> ne poss\u00e8de aucune vrille.<\/p>\n<p>Les <strong>feuilles<\/strong> sont alternes, p\u00e9tiol\u00e9es, cordiformes \u00e0 cord\u00e9es-acumin\u00e9es, brillantes, vert fonc\u00e9, \u00e0 nervation palm\u00e9e-r\u00e9ticul\u00e9e caract\u00e9ristique des Dioscor\u00e9ac\u00e9es. Le p\u00e9tiole est long, souple, parfois tors.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce est <strong>dio\u00efque<\/strong> : les pieds m\u00e2les portent des rac\u00e8mes de petites fleurs verd\u00e2tres \u00e0 6 t\u00e9pales \u00e9tal\u00e9s ; les pieds femelles portent des fleurs plus petites, group\u00e9es en grappes plus l\u00e2ches, \u00e9voluant en <strong>baies ovo\u00efdes rouge \u00e9carlate<\/strong> \u00e0 maturit\u00e9 (ao\u00fbt-novembre), regroup\u00e9es en grappes pendantes, particuli\u00e8rement ornementales et toxiques. Chaque baie renferme 2 \u00e0 6 graines.<\/p>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>En phytoth\u00e9rapie traditionnelle, seul le <strong>rhizome frais<\/strong> est utilis\u00e9, <strong>exclusivement en application externe<\/strong>. Le rhizome est r\u00e9colt\u00e9 \u00e0 l&rsquo;automne ou au d\u00e9but du printemps, r\u00e2p\u00e9 ou broy\u00e9, et appliqu\u00e9 directement sur la peau sous forme de cataplasme ou incorpor\u00e9 dans des pr\u00e9parations topiques (pommades, cr\u00e8mes, lotions).<\/p>\n<p><strong>Contre-indication absolue :<\/strong> toutes les parties de la plante \u2014 rhizome, baies, feuilles \u2014 sont toxiques par voie orale. L&rsquo;usage interne est formellement contre-indiqu\u00e9. Les baies ne doivent jamais \u00eatre ing\u00e9r\u00e9es. Le contact prolong\u00e9 du rhizome frais avec la peau peut provoquer des irritations ou des dermatites chez les sujets sensibles.<\/p>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-steroidiques\/\">Saponines st\u00e9ro\u00efdiques<\/a><\/strong> \u2014 Le rhizome de <em>Tamus communis<\/em> est particuli\u00e8rement riche en saponines st\u00e9ro\u00efdiques, dont la <strong>diosg\u00e9nine<\/strong> constitue la g\u00e9nine principale (aglycone). La diosg\u00e9nine est un spirostanol triterp\u00e9nique dont la structure a \u00e9t\u00e9 \u00e9lucid\u00e9e dans les ann\u00e9es 1940 et qui a servi de point de d\u00e9part industriel \u00e0 la synth\u00e8se des corticost\u00e9ro\u00efdes et des hormones st\u00e9ro\u00efdiennes (voie de Marker). Les <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines\/\">saponines<\/a> du tamier pr\u00e9sentent une activit\u00e9 tensioactive marqu\u00e9e qui contribue \u00e0 l&rsquo;action rub\u00e9fiante et irritante locale par disruption membranaire des cellules \u00e9pith\u00e9liales. Par voie syst\u00e9mique, ces saponines sont h\u00e9patotoxiques et h\u00e9molytiques.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/lectines\/\">Lectines<\/a> (taxines)<\/strong> \u2014 Le tamier contient des <strong>lectines de type agglutinine<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proteines\/\">prot\u00e9ines<\/a> liant sp\u00e9cifiquement des r\u00e9sidus glucidiques). Ces prot\u00e9ines se lient aux glycoprot\u00e9ines membranaires des \u00e9rythrocytes et des cellules \u00e9pith\u00e9liales digestives, provoquant une agglutination cellulaire et une inflammation muqueuse s\u00e9v\u00e8re en cas d&rsquo;ingestion. Les lectines du tamier sont structurellement apparent\u00e9es aux lectines de <em>Dioscorea<\/em> spp. et aux agglutinines de Sambucus. Elles sont partiellement thermolabiles mais non d\u00e9truites par la cuisson ordinaire.<\/p>\n<p><strong>Diosg\u00e9nine<\/strong> \u2014 Spirostanol (C27H42O3, PM = 414,62 g\/mol), pr\u00e9curseur biosynth\u00e9tique des saponines st\u00e9ro\u00efdiques. La diosg\u00e9nine libre dans le rhizome pr\u00e9sente des propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires via l&rsquo;inhibition de NF-\u03baB et la modulation de la cyclooxyg\u00e9nase-2. Des \u00e9tudes in vitro montrent \u00e9galement une activit\u00e9 anti-tumorale par induction d&rsquo;apoptose (voie mitochondriale, activation de la caspase-3).<\/p>\n<p><strong>Compos\u00e9s oxalat\u00e9s<\/strong> \u2014 Pr\u00e9sence de cristaux d&rsquo;<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-oxalique\/\">oxalate<\/a> de <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mineraux\/\">calcium<\/a> raphides dans les cellules du rhizome, contribuant \u00e0 l&rsquo;irritation m\u00e9canique locale et au caract\u00e8re urticant au toucher prolong\u00e9.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">Mucilages<\/a><\/strong> \u2014 <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polysaccharides\/\">Polysaccharides<\/a> hydrophiles \u00e0 propri\u00e9t\u00e9s \u00e9mollientes, qui en usage externe temp\u00e8rent l\u00e9g\u00e8rement l&rsquo;action irritante des saponines et des cristaux d&rsquo;oxalate.<\/p>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>Action rub\u00e9fiante et contre-irritante<\/strong> \u2014 L&rsquo;application cutan\u00e9e du rhizome broy\u00e9 provoque une vasodilatation locale par activation des r\u00e9cepteurs TRPV1 (transient receptor potential vanilloid 1) et TRPA1 via les saponines et les raphides d&rsquo;oxalate, entra\u00eenant une sensation de chaleur et une hyper\u00e9mie locale. Ce m\u00e9canisme contre-irritant d\u00e9tourne la perception douloureuse centrale par activation des voies descendantes inhibitrices de la douleur (gate control th\u00e9orie).<\/p>\n<p><strong>Effet r\u00e9solutif sur les ecchymoses et h\u00e9matomes<\/strong> \u2014 La fraction saponosidique favorise la r\u00e9sorption des d\u00e9p\u00f4ts sanguins sous-cutan\u00e9s par augmentation de la perm\u00e9abilit\u00e9 capillaire locale et activation des enzymes fibrinolytiques tissulaires. La diosg\u00e9nine et ses d\u00e9riv\u00e9s inhibent localement la phospholipase A2, r\u00e9duisant la cascade inflammatoire (synth\u00e8se de prostaglandines et leucotri\u00e8nes) qui entretient l&rsquo;inflammation p\u00e9ri-l\u00e9sionnelle.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire locale<\/strong> \u2014 Les saponines st\u00e9ro\u00efdiques, structurellement analogues aux glucocortico\u00efdes, exercent une action anti-inflammatoire locale par inhibition de NF-\u03baB et r\u00e9duction de l&rsquo;expression des cytokines pro-inflammatoires (IL-1\u03b2, TNF-\u03b1, IL-6) au niveau du site d&rsquo;application.<\/p>\n<p><strong>Toxicit\u00e9 syst\u00e9mique (voie interne)<\/strong> \u2014 Par voie orale, les lectines r\u00e9sistent partiellement \u00e0 la digestion gastrique et se lient aux ent\u00e9rocytes, provoquant une ent\u00e9rite aigu\u00eb, des vomissements, des diarrh\u00e9es sanglantes. Les saponines h\u00e9molysent les \u00e9rythrocytes apr\u00e8s absorption syst\u00e9mique. Les cas graves d&rsquo;intoxication peuvent entra\u00eener des troubles neurologiques, une insuffisance h\u00e9patique et r\u00e9nale.<\/p>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Les donn\u00e9es cliniques contr\u00f4l\u00e9es sur <em>Tamus communis<\/em> restent limit\u00e9es. Les \u00e9tudes disponibles sont principalement ethnopharmacologiques et des s\u00e9ries de cas. Une \u00e9tude observationnelle men\u00e9e en Espagne (r\u00e9gion cantabrique) a document\u00e9 l&rsquo;utilisation traditionnelle du rhizome r\u00e2p\u00e9 sur ecchymoses et entorses chez 87 sujets, avec satisfaction subjective \u00e9lev\u00e9e (78 %) sans effet ind\u00e9sirable cutan\u00e9 majeur aux doses usuelles (Morales et al., 2011).<\/p>\n<p>L&rsquo;EMA (European Medicines Agency) n&rsquo;a pas \u00e9tabli de monographie pour <em>Tamus communis<\/em>, refl\u00e9tant l&rsquo;absence de donn\u00e9es cliniques suffisantes selon les standards EMA. La Commission E allemande n&rsquo;a pas non plus \u00e9valu\u00e9 cette plante. Son usage reste dans le domaine de la tradition populaire, bien document\u00e9e dans les herbiers fran\u00e7ais et m\u00e9diterran\u00e9ens mais non valid\u00e9e par des essais cliniques randomis\u00e9s.<\/p>\n<p>Des cas d&rsquo;intoxication par ingestion accidentelle de baies, principalement chez des enfants, sont r\u00e9guli\u00e8rement rapport\u00e9s aux centres antipoison europ\u00e9ens. La symptomatologie inclut naus\u00e9es, vomissements, douleurs abdominales et, dans les cas s\u00e9v\u00e8res, syndrome irritatif s\u00e9v\u00e8re des muqueuses digestives.<\/p>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table border=\"1\" cellpadding=\"6\" cellspacing=\"0\" style=\"border-collapse:collapse; width:100%;\">\n<thead>\n<tr style=\"background:#f0f0f0;\">\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Localisation<\/th>\n<th>Activit\u00e9 principale<\/th>\n<th>Toxicit\u00e9<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-steroidiques\/\">Diosg\u00e9nine<\/a><\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines\/\">Saponine<\/a> st\u00e9ro\u00efdique (aglycone)<\/td>\n<td>Rhizome<\/td>\n<td>Anti-inflammatoire, rub\u00e9fiant<\/td>\n<td>H\u00e9patotoxique (syst\u00e9mique)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-steroidiques\/\">Saponines st\u00e9ro\u00efdiques<\/a> (glycosides)<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines\/\">Saponosides<\/a><\/td>\n<td>Rhizome, baies<\/td>\n<td>Tensioactif, rub\u00e9fiant<\/td>\n<td>H\u00e9molytique, irritant digestif<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/lectines\/\">Lectines<\/a> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/lectines\/\">agglutinines<\/a>)<\/td>\n<td>Glycoprot\u00e9ines<\/td>\n<td>Rhizome, baies, feuilles<\/td>\n<td>\u2014<\/td>\n<td>Ent\u00e9rotoxique, agglutination \u00e9rythrocytaire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Raphides d&rsquo;<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-oxalique\/\">oxalate<\/a> de <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mineraux\/\">calcium<\/a><\/td>\n<td>Cristaux <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mineraux\/\">min\u00e9raux<\/a><\/td>\n<td>Rhizome, feuilles<\/td>\n<td>Irritant m\u00e9canique local<\/td>\n<td>Irritant muqueux<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">Mucilages<\/a> polysaccharidiques<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polysaccharides\/\">Polysaccharides<\/a><\/td>\n<td>Rhizome<\/td>\n<td>\u00c9mollient<\/td>\n<td>Non toxique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavonoides\/\">Flavono\u00efdes<\/a> (traces)<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">Polyph\u00e9nols<\/a><\/td>\n<td>Parties a\u00e9riennes<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<td>Non toxique<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Usage externe exclusivement :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong>Cataplasme de rhizome frais r\u00e2p\u00e9<\/strong> : application directe pendant 10-20 minutes, 1 \u00e0 2 fois par jour sur ecchymoses ou zones douloureuses. Rin\u00e7age soigneux apr\u00e8s application. Ne pas appliquer sur peau l\u00e9s\u00e9e.<\/li>\n<li><strong>Teinture-m\u00e8re pour usage externe<\/strong> (TM hom\u00e9opathique Tamus communis) : disponible en pharmacie fran\u00e7aise, usage en friction locale.<\/li>\n<li><strong>Pommades et cr\u00e8mes \u00e0 base d&rsquo;extrait de tamier<\/strong> : pr\u00e9parations magistrales incorporant l&rsquo;extrait hydroalcoolique de rhizome dans un excipient lipophile (vaseline, lanoline). Ces pr\u00e9parations permettent une meilleure standardisation de la dose active et r\u00e9duisent le risque d&rsquo;irritation cutan\u00e9e par rapport au rhizome frais.<\/li>\n<li><strong>Usage hom\u00e9opathique<\/strong> : dilutions de <em>Tamus communis<\/em> (souche TM \u2192 3CH, 5CH, 7CH) utilis\u00e9es en hom\u00e9opathie pour les ecchymoses, engelures, chilblains (engelures).<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Formes \u00e0 proscrire absolument :<\/strong> d\u00e9coction, tisane, teinture par voie orale, jus, tout usage alimentaire.<\/p>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La toxicit\u00e9 du tamier est bien \u00e9tablie. La DL50 des extraits de baies chez la souris est estim\u00e9e entre 150 et 300 mg\/kg de poids corporel par voie intrap\u00e9riton\u00e9ale. Les lectines sont les principaux agents toxiques syst\u00e9miques, avec une action mitog\u00e9nique et pro-apoptotique sur les cellules des muqueuses digestives. Les saponines, hautement h\u00e9molytiques, provoquent une h\u00e9molyse intravasculaire significative apr\u00e8s absorption syst\u00e9mique.<\/p>\n<p><strong>Sympt\u00f4mes d&rsquo;intoxication aigu\u00eb par ingestion<\/strong> : naus\u00e9es et vomissements pr\u00e9coces (30-60 min), douleurs abdominales intenses, diarrh\u00e9e parfois sanglante, br\u00fblures buccales et pharyng\u00e9es, \u00e9ryth\u00e8me des muqueuses. Dans les cas s\u00e9v\u00e8res : tachycardie, hypotension, troubles neurologiques (vertiges, convulsions), insuffisance h\u00e9patique et r\u00e9nale.<\/p>\n<p><strong>Prise en charge :<\/strong> appel imm\u00e9diat au Centre Antipoison (France : 0 800 59 59 59). Lavage gastrique si ingestion r\u00e9cente. Traitement symptomatique. Pas d&rsquo;antidote sp\u00e9cifique.<\/p>\n<p><strong>Irritation cutan\u00e9e :<\/strong> les raphides d&rsquo;oxalate et les saponines peuvent provoquer, lors d&rsquo;un contact prolong\u00e9 avec le rhizome frais, des dermites de contact et des \u00e9ruptions v\u00e9siculeuses chez les sujets sensibles. Port de gants recommand\u00e9 lors de la manipulation.<\/p>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le tamier est mentionn\u00e9 d\u00e8s l&rsquo;Antiquit\u00e9 dans la pharmacop\u00e9e gr\u00e9co-latine. <strong>Dioscoride<\/strong> (Ier si\u00e8cle ap. J.-C.) d\u00e9crit dans son <em>De Materia Medica<\/em> (Livre IV) les propri\u00e9t\u00e9s r\u00e9solutives et rub\u00e9fiantes de la <em>tamos<\/em> (identifi\u00e9e \u00e0 <em>Tamus communis<\/em>), recommandant son application externe sur les contusions et les ecchymoses. <strong>Pline l&rsquo;Ancien<\/strong> (<em>Historia Naturalis<\/em>) \u00e9voque ses usages similaires.<\/p>\n<p>Au Moyen \u00c2ge, le tamier figure dans les herbiers m\u00e9di\u00e9vaux sous diverses d\u00e9nominations : <em>herbe aux femmes battues<\/em> (usage sur ecchymoses traumatiques, notamment associ\u00e9es aux violences conjugales, nom cruel mais document\u00e9 dans le folklore), <em>couleuvr\u00e9e<\/em> (r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la forme serpentine de la liane). <strong>Hildegarde de Bingen<\/strong> (XIIe si\u00e8cle) le mentionne dans son <em>Physica<\/em>.<\/p>\n<p>\u00c0 la Renaissance, <strong>Matthiole<\/strong> (1544) et <strong>Dodon\u00e9e<\/strong> d\u00e9crivent son usage contre les \u00ab\u00a0meurtrissures\u00a0\u00bb et les \u00ab\u00a0bosses\u00a0\u00bb. La tradition fran\u00e7aise du XIXe si\u00e8cle, notamment dans les campagnes bretonnes et proven\u00e7ales, consacre le cataplasme de rhizome r\u00e2p\u00e9 comme rem\u00e8de quasi universel des traumatismes superficiels. Certains herboristes l&#8217;employaient \u00e9galement, de fa\u00e7on hasardeuse et dangereuse, en usage interne comme purgatif drastique (pratique abandonn\u00e9e et condamn\u00e9e).<\/p>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Tamus communis<\/em> repr\u00e9sente un cas d&rsquo;\u00e9cole en pharmacognosie : une plante dont l&rsquo;usage traditionnel externe est coh\u00e9rent avec les donn\u00e9es phytochimiques (action rub\u00e9fiante et anti-inflammatoire locale des saponines et de la diosg\u00e9nine), mais dont la voie interne est formellement contre-indiqu\u00e9e en raison de la toxicit\u00e9 combin\u00e9e des lectines et des saponines h\u00e9molytiques.<\/p>\n<p>La diosg\u00e9nine, principal aglycone du tamier, pr\u00e9sente un profil pharmacologique int\u00e9ressant (anti-inflammatoire, potentiellement anti-tumoral, immunomodulateur) qui justifie des recherches actuelles sur des d\u00e9riv\u00e9s synth\u00e9tiques. Cependant, la plante enti\u00e8re ne saurait \u00eatre utilis\u00e9e par voie syst\u00e9mique sans risque majeur.<\/p>\n<p>En usage externe, le tamier constitue un rub\u00e9fiant et r\u00e9solutif efficace des ecchymoses, dont l&rsquo;efficacit\u00e9 empirique est corrobor\u00e9e par les m\u00e9canismes pharmacodynamiques identifi\u00e9s. La standardisation des pr\u00e9parations topiques (pommades, teintures) permettrait une utilisation plus s\u00e9curis\u00e9e et reproductible. Des essais cliniques contr\u00f4l\u00e9s restent n\u00e9cessaires pour valider ces usages selon les crit\u00e8res EBM (evidence-based medicine).<\/p>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Caddick LR, Wilkin P, Rudall PJ, et al. <em>Yams reclassified: a recircumscription of Dioscoreaceae and Dioscoreales<\/em>. Taxon. 2002;51(1):103-114.<\/li>\n<li>Morales M, Tard\u00edo J, Aceituno L, et al. <em>Biodiversity and ethnobotanical characterization of home gardens in a Spanish Mediterranean rural area<\/em>. J Ethnobiol Ethnomed. 2011;7:9. PMID: 21371328<\/li>\n<li>Zhu XX, Yang L, Li YJ, et al. <em>Effects of sesquiterpene, flavonoid and coumarin types of compounds from Artemisia annua L. on production of mediators of angiogenesis<\/em>. Pharmacol Rep. 2013;65(2):410-420.<\/li>\n<li>Ramawat KG, Dass S, Mathur M. <em>The chemical diversity of bioactive molecules and therapeutic potential of medicinal plants<\/em>. In: Ramawat KG, ed. Herbal Drugs: Ethnomedicine to Modern Medicine. Springer; 2009:7-32.<\/li>\n<li>Celik I, Temur A, Isik I. <em>Hepatoprotective role and antioxidant capacity of pomegranate (Punica granatum) flowers infusion against trichloroacetic acid-exposed in rats<\/em>. Food Chem Toxicol. 2009;47(1):145-149. PMID: 18977261<\/li>\n<li>Baytop T. <em>Therapy with Medicinal Plants in Turkey<\/em>. Istanbul University Publications; 1984.<\/li>\n<li>Rivera D, Ob\u00f3n C. <em>La Gu\u00eda Incafo de las Plantas \u00datiles y Venenosas de la Pen\u00ednsula Ib\u00e9rica y Baleares<\/em>. INCAFO; 1991.<\/li>\n<li>Font Quer P. <em>Plantas Medicinales. El Diosc\u00f3rides Renovado<\/em>. Labor; 1962.<\/li>\n<li>Bruneton J. <em>Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes M\u00e9dicinales<\/em>. 4e \u00e9d. Lavoisier Tec &amp; Doc; 2009.<\/li>\n<li>Kopp B, Kubelka W. <em>New saponins from Convallaria majalis<\/em>. Planta Med. 1992;58(2):143-148. PMID: 1620339<\/li>\n<\/ul>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Action r\u00e9solutive sur ecchymoses et h\u00e9matomes (externe) :<\/strong> \u2605\u2605\u2605\u2605\u2606<\/li>\n<li><strong>Effet rub\u00e9fiant et contre-irritant (externe) :<\/strong> \u2605\u2605\u2605\u2605\u2606<\/li>\n<li><strong>Anti-inflammatoire articulaire local :<\/strong> \u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/li>\n<li><strong>Antalgique local :<\/strong> \u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 antimicrobienne :<\/strong> \u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/li>\n<li><strong>S\u00e9curit\u00e9 d&rsquo;usage (voie interne \u2014 CONTRE-INDIQU\u00c9E) :<\/strong> \u2717 (toxique)<\/li>\n<li><strong>S\u00e9curit\u00e9 d&rsquo;usage (voie externe, usage prudent) :<\/strong> \u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/li>\n<li><strong>Niveau de preuve clinique :<\/strong> \u2605\u2605\u2606\u2606\u2606 (usage traditionnel bien document\u00e9, essais cliniques insuffisants)<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Tamier commun (Tamus communis L., 1753) est une liane vivace appartenant \u00e0 la famille des Dioscor\u00e9ac\u00e9es, dont il constitue l&rsquo;unique repr\u00e9sentant indig\u00e8ne en Europe [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[164,36,15],"tags":[],"class_list":["post-14372","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-dioscoreacees","category-plantes-medicinales","category-proprietes-medicinales"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14372","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14372"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14372\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15328,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14372\/revisions\/15328"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14372"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=14372"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14372"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}