{"id":14376,"date":"2026-07-28T15:08:53","date_gmt":"2026-07-28T13:08:53","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/07\/28\/centauree-montagnes-centaurea-montana\/"},"modified":"2026-07-28T16:12:34","modified_gmt":"2026-07-28T14:12:34","slug":"centauree-des-montagnes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/07\/28\/centauree-des-montagnes\/","title":{"rendered":"Centaur\u00e9e des montagnes \u2014 Centaurea montana"},"content":{"rendered":"<p>La Centaur\u00e9e des montagnes (<em>Centaurea montana<\/em> L.) est une plante vivace de la famille des Ast\u00e9rac\u00e9es qui enchante les prairies montagnardes et les pelouses calcaires de l&rsquo;Europe centrale et m\u00e9ridionale de ses fleurs d&rsquo;un bleu intense, rare dans la flore alpine. Souvent cultiv\u00e9e dans les jardins pour son \u00e9l\u00e9gance florale, elle demeure une plante m\u00e9dicinale discr\u00e8te mais bien ancr\u00e9e dans les traditions herboristiques des r\u00e9gions montagnardes, de la France aux Carpates.<\/p>\n<p>Sur le plan phytochimique, la Centaur\u00e9e des montagnes se distingue par la pr\u00e9sence d&rsquo;<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/anthocyanines\/\">anthocyanes<\/a> cyanidiniques responsables de son pigment bleu exceptionnel \u2014 un caract\u00e8re chimique rare dans le r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal \u2014 ainsi que de <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/sesquiterpenes\/\">lactones sesquiterp\u00e9niques<\/a> am\u00e8res caract\u00e9ristiques du genre <em>Centaurea<\/em>, de <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavonoides\/\">flavono\u00efdes<\/a> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a>, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/luteoline\/\">lut\u00e9oline<\/a>) et de compos\u00e9s ph\u00e9noliques polyvalents. Ces mol\u00e9cules lui conf\u00e8rent des propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes, anti-inflammatoires et digestives document\u00e9es.<\/p>\n<p>Bien que sa position dans la pharmacop\u00e9e moderne demeure limit\u00e9e faute d&rsquo;essais cliniques robustes, la Centaur\u00e9e des montagnes repr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat botanique, pigmentaire et pharmacognosique consid\u00e9rable. Son \u00e9tude approfondie illustre la richesse de la phytochimie des genres montagnards, souvent sources de mol\u00e9cules bioactives originales.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>R\u00e8gne :<\/strong> Plantae<\/li>\n<li><strong>Sous-r\u00e8gne :<\/strong> Tracheobionta<\/li>\n<li><strong>Division :<\/strong> Magnoliophyta (Angiospermes)<\/li>\n<li><strong>Classe :<\/strong> Magnoliopsida (Dicotyl\u00e9dones)<\/li>\n<li><strong>Sous-classe :<\/strong> Asteridae<\/li>\n<li><strong>Ordre :<\/strong> Asterales<\/li>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Asteraceae (Ast\u00e9rac\u00e9es \/ Compos\u00e9es)<\/li>\n<li><strong>Tribu :<\/strong> Cardueae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Centaurea<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Centaurea montana<\/em> L., 1753<\/li>\n<li><strong>Synonymes :<\/strong> <em>Cyanus montanus<\/em> (L.) Hill, <em>Centaurea alpestris<\/em> Heg.<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Centaur\u00e9e des montagnes, bleuet des montagnes, centaur\u00e9e bleue, mountain cornflower (angl.), Berg-Flockenblume (all.)<\/li>\n<li><strong>Statut phytog\u00e9ographique :<\/strong> Esp\u00e8ce eurasiatique des \u00e9tages montagnard et subalpin ; prairies m\u00e9sophiles, ourlets forestiers, pentes calcaires ; aire naturelle des Pyr\u00e9n\u00e9es aux Carpates, extension vers les Balkans et les Apennins ; naturalis\u00e9e en Europe du Nord<\/li>\n<li><strong>Statut de conservation :<\/strong> Non menac\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle europ\u00e9enne ; localement prot\u00e9g\u00e9e dans certains d\u00e9partements fran\u00e7ais<\/li>\n<\/ul>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Centaurea montana<\/em> est une plante vivace rhizomateuse de 20 \u00e0 70 cm de hauteur. Les tiges sont dress\u00e9es, ail\u00e9es-d\u00e9currentes sur toute leur longueur, lanugineuses (couvertes d&rsquo;un feutrage blanch\u00e2tre), ramifi\u00e9es au sommet. Les feuilles basales sont longuement p\u00e9tiol\u00e9es, oblongues \u00e0 elliptiques, enti\u00e8res ou faiblement dent\u00e9es, \u00e0 surface sup\u00e9rieure verte et face inf\u00e9rieure blanch\u00e2tre-tomenteuse. Les feuilles caulinaires sont sessiles, d\u00e9currentes, progressivement r\u00e9duites vers le sommet.<\/p>\n<p>Les capitules, solitaires au sommet des tiges et des rameaux, atteignent 4 \u00e0 6 cm de diam\u00e8tre. L&rsquo;involucre est h\u00e9misph\u00e9rique, constitu\u00e9 de bract\u00e9es imbriqu\u00e9es \u00e0 marge noir\u00e2tre-frang\u00e9e (caract\u00e8re diagnostique important du genre). Les fleurs de la p\u00e9riph\u00e9rie \u2014 les fleurs ligul\u00e9es \u2014 sont st\u00e9riles, \u00e0 ligule profond\u00e9ment d\u00e9coup\u00e9e en lobes in\u00e9gaux, d&rsquo;un bleu violet intense \u00e0 bleu azur\u00e9. Les fleurs centrales (tubuleuses) sont hermaphrodites, lilas \u00e0 violet ros\u00e9.<\/p>\n<p>Le pigment bleu est produit par des anthocyanes polyacyl\u00e9es (principalement cyanidin-3-glucoside et cyanidin-3-rutinoside) en association avec des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavones\/\">flavones<\/a> copigmentaires (apig\u00e9nine), un ph\u00e9nom\u00e8ne de copigmentation rare \u00e0 l&rsquo;origine de la teinte bleue exceptionnellement stable de cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>La floraison s&rsquo;\u00e9tend de mai \u00e0 ao\u00fbt selon l&rsquo;altitude. Les fruits (ak\u00e8nes) sont munis d&rsquo;une aigrette rouss\u00e2tre de poils in\u00e9gaux.<\/p>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Les <strong>fleurs tubuleuses et ligul\u00e9es<\/strong> (capitules entiers) constituent la drogue v\u00e9g\u00e9tale principale de la Centaur\u00e9e des montagnes. R\u00e9colt\u00e9es en pleine floraison (juin\u2013juillet selon l&rsquo;altitude), elles sont s\u00e9ch\u00e9es rapidement \u00e0 l&rsquo;ombre ou par lyophilisation pour pr\u00e9server les anthocyanes thermolabiles.<\/p>\n<p>Les <strong>parties a\u00e9riennes<\/strong> (tiges feuill\u00e9es avec capitules) sont employ\u00e9es dans certaines pr\u00e9parations traditionnelles \u00e0 vis\u00e9e digestive et tonique, notamment les vins de plantes amers.<\/p>\n<p>Les <strong>feuilles<\/strong>, r\u00e9colt\u00e9es avant floraison, sont utilis\u00e9es dans les tisanes toniques et les pr\u00e9parations ophtalmiques (usage externe traditionnel), en analogie avec le bleuet des champs (<em>Centaurea cyanus<\/em>), esp\u00e8ce proche.<\/p>\n<p>Les <strong>racines<\/strong> ne font pas l&rsquo;objet d&rsquo;un usage phytoth\u00e9rapique document\u00e9 en Europe occidentale.<\/p>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p><strong>Anthocyanes cyanidiniques :<\/strong> La classe chimique la plus caract\u00e9ristique de <em>Centaurea montana<\/em> est celle des anthocyanes \u00e0 base de cyanidine. Le cyanidin-3-O-glucoside (chrysanth\u00e9minine) et le cyanidin-3-O-rutinoside sont les principaux compos\u00e9s identifi\u00e9s par HPLC-DAD-MS\/MS dans les extraits de fleurs. Ces pigments hydrosolubles, pr\u00e9sents dans les vacuoles des cellules \u00e9pidermiques des p\u00e9tales, sont responsables de la couleur bleue par le m\u00e9canisme de copigmentation intermol\u00e9culaire avec les flavones.<\/p>\n<p><strong>Lactones sesquiterp\u00e9niques :<\/strong> Le genre <em>Centaurea<\/em> est caract\u00e9ris\u00e9 par la pr\u00e9sence de lactones sesquiterp\u00e9niques (guaianolides, eudesmanolides, germacranolides). Dans <em>C. montana<\/em>, on identifie notamment la centaure\u00efne, la jan\u00e9rine et leurs d\u00e9riv\u00e9s. Ces compos\u00e9s amers sont responsables du go\u00fbt amer caract\u00e9ristique de la plante et de son action tonique digestive.<\/p>\n<p><strong>Flavono\u00efdes :<\/strong> L&rsquo;apig\u00e9nine-7-glucoside et la lut\u00e9oline-7-glucoside sont les flavono\u00efdes les plus abondants dans les parties a\u00e9riennes. Des traces de <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a> et de <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/kaempferol\/\">kaempf\u00e9rol<\/a> ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9es. L&rsquo;apig\u00e9nine joue un r\u00f4le cl\u00e9 dans le ph\u00e9nom\u00e8ne de copigmentation avec les anthocyanes.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acides-phenoliques\/\">Acides ph\u00e9noliques<\/a> :<\/strong> L&rsquo;<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a>, l&rsquo;<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-cafeique\/\">acide caf\u00e9ique<\/a> et l&rsquo;acide protocat\u00e9chique sont pr\u00e9sents \u00e0 des teneurs variables selon la saison et le stade ph\u00e9nologique.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polysaccharides\/\">Polysaccharides<\/a> :<\/strong> Des h\u00e9t\u00e9ropolysaccharides solubles sont extraits des t\u00eates florales, avec une activit\u00e9 immunomodulatrice sugg\u00e9r\u00e9e in vitro.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mineraux\/\">Min\u00e9raux<\/a> :<\/strong> La plante concentre le potassium, le calcium et le magn\u00e9sium \u00e0 des teneurs comparables aux autres Ast\u00e9rac\u00e9es montagnardes.<\/p>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>Activit\u00e9 antioxydante :<\/strong> Les extraits hydroalcooliques de <em>Centaurea montana<\/em> pr\u00e9sentent une activit\u00e9 antioxydante significative \u00e9valu\u00e9e par les m\u00e9thodes DPPH, ABTS et FRAP. Les anthocyanes cyanidiniques, gr\u00e2ce \u00e0 leurs groupements cat\u00e9chol en position B, sont de puissants capteurs de radicaux libres. L&rsquo;apig\u00e9nine et la lut\u00e9oline contribuent synergiquement \u00e0 cet effet.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire :<\/strong> Les lactones sesquiterp\u00e9niques inhibent les voies NF-\u03baB et COX-2 in vitro, r\u00e9duisant la production de m\u00e9diateurs pro-inflammatoires (PGE\u2082, IL-1\u03b2, TNF-\u03b1). La centaure\u00efne, principale guaianolide identifi\u00e9e, pr\u00e9sente une affinit\u00e9 pour les <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proteines\/\">prot\u00e9ines<\/a> de la cascade inflammatoire document\u00e9e par des \u00e9tudes de docking mol\u00e9culaire.<\/p>\n<p><strong>Action tonique digestive (effet amer) :<\/strong> Les lactones sesquiterp\u00e9niques, par leur go\u00fbt amer intense, stimulent par voie r\u00e9flexe les r\u00e9cepteurs TAS2R du syst\u00e8me gustatif, augmentant la s\u00e9cr\u00e9tion de salive, de suc gastrique et de bile. Ce m\u00e9canisme, commun \u00e0 toutes les plantes am\u00e8res, am\u00e9liore la digestion des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/lipides\/\">lipides<\/a> et stimule l&rsquo;app\u00e9tit.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 ophtalmique (usage externe traditionnel) :<\/strong> Les anthocyanes cyanidiniques ont d\u00e9montr\u00e9 des propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires locales sur les muqueuses conjonctivales et corn\u00e9ennes dans des mod\u00e8les exp\u00e9rimentaux. L&rsquo;usage de collyre \u00e0 base d&rsquo;infusion de capitules reste empirique mais coh\u00e9rent avec les propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires document\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Photoprotection :<\/strong> Les flavono\u00efdes et anthocyanes de <em>C. montana<\/em> absorbent les UV (280\u2013400 nm) et pourraient exercer un effet photoprotecteur dans des formulations cosm\u00e9tiques, domaine explor\u00e9 r\u00e9cemment.<\/p>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Les donn\u00e9es cliniques relatives \u00e0 <em>Centaurea montana<\/em> sp\u00e9cifiquement sont rares. La majorit\u00e9 des \u00e9tudes publi\u00e9es concerne le genre <em>Centaurea<\/em> dans son ensemble, ou l&rsquo;esp\u00e8ce proche <em>Centaurea cyanus<\/em> (bleuet des champs).<\/p>\n<p>Une \u00e9tude roumaine (Tarlea et al., 2019) a \u00e9valu\u00e9 l&rsquo;activit\u00e9 antioxydante et anti-inflammatoire d&rsquo;extraits de <em>C. montana<\/em> sur des mod\u00e8les cellulaires d&rsquo;inflammation, montrant une r\u00e9duction significative de la production de NO (oxyde nitrique) et d&rsquo;IL-6 dans des macrophages RAW 264.7 activ\u00e9s par le LPS (p &lt; 0,05 \u00e0 50 \u00b5g\/mL d&rsquo;extrait).<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes ethnobotaniques men\u00e9es dans les Alpes fran\u00e7aises et les Carpates ont document\u00e9 l&rsquo;utilisation m\u00e9dicinale traditionnelle de la plante, notamment comme tonique digestif, f\u00e9brifuge l\u00e9ger et dans les affections oculaires b\u00e9nignes.<\/p>\n<p>Aucun essai clinique randomis\u00e9 contr\u00f4l\u00e9 n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 \u00e0 ce jour sur cette esp\u00e8ce. L&rsquo;ESCOP et la Commission E n&rsquo;ont pas \u00e9mis de monographie officielle.<\/p>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe chimique<\/th>\n<th>Localisation<\/th>\n<th>Activit\u00e9 principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Cyanidin-3-O-glucoside<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/anthocyanines\/\">Anthocyane<\/a><\/td>\n<td>Fleurs (p\u00e9tales)<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire, pigment bleu<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Cyanidin-3-O-rutinoside<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/anthocyanines\/\">Anthocyane<\/a><\/td>\n<td>Fleurs (p\u00e9tales)<\/td>\n<td>Antioxydant, vasculoprotecteur<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Centaure\u00efne<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/sesquiterpenes\/\">Lactone sesquiterp\u00e9nique<\/a> (guaianolide)<\/td>\n<td>Fleurs, tiges, feuilles<\/td>\n<td>Anti-inflammatoire, tonique digestif amer<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">Apig\u00e9nine<\/a>-7-glucoside<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavones\/\">Flavone<\/a><\/td>\n<td>Fleurs, feuilles<\/td>\n<td>Anti-inflammatoire, copigmentation, anxiolytique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/luteoline\/\">Lut\u00e9oline<\/a>-7-glucoside<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavones\/\">Flavone<\/a><\/td>\n<td>Feuilles, fleurs<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">Acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acides-phenoliques\/\">Acide ph\u00e9nolique<\/a><\/td>\n<td>Parties a\u00e9riennes<\/td>\n<td>Antioxydant, h\u00e9patoprotecteur<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Jan\u00e9rine<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/sesquiterpenes\/\">Lactone sesquiterp\u00e9nique<\/a><\/td>\n<td>Tiges, feuilles<\/td>\n<td>Amer, tonique, anti-allergique potentiel<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polysaccharides\/\">Polysaccharides<\/a> h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/glucides\/\">Glucides<\/a> complexes<\/td>\n<td>Fleurs<\/td>\n<td>Immunomodulateur potentiel<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Infusion de capitules :<\/strong> 1 \u00e0 2 g de capitules s\u00e9ch\u00e9s dans 150 mL d&rsquo;eau fr\u00e9missante (90 \u00b0C), infusion 8\u201310 min, 2 \u00e0 3 fois par jour avant les repas pour l&rsquo;effet digestif amer. La pr\u00e9paration doit \u00eatre consomm\u00e9e rapidement car les anthocyanes sont thermolabiles et se d\u00e9gradent \u00e0 la lumi\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>Teinture alcoolique :<\/strong> Mac\u00e9ration dans alcool 45\u201355 \u00b0 \u00e0 raison de 1:5, pendant 15 jours \u00e0 l&rsquo;abri de la lumi\u00e8re. Dosage usuel : 20\u201340 gouttes dans un verre d&rsquo;eau, 2\u20133 fois par jour avant les repas. La teinture pr\u00e9serve mieux les anthocyanes que l&rsquo;infusion \u00e0 chaud.<\/p>\n<p><strong>Collyre traditionnel (usage externe) :<\/strong> Infusion refroidie et filtr\u00e9e (1\u20132 g\/200 mL d&rsquo;eau st\u00e9rilis\u00e9e), utilis\u00e9e en bains oculaires pour les conjonctivites l\u00e9g\u00e8res et les yeux fatigu\u00e9s. Cet usage est analogique \u00e0 celui du bleuet officinal et doit respecter des conditions de st\u00e9rilit\u00e9 strictes.<\/p>\n<p><strong>Extrait sec :<\/strong> Des extraits concentr\u00e9s titr\u00e9s en anthocyanes totales (exprim\u00e9es en cyanidin-3-glucoside) sont employ\u00e9s dans des formulations antioxydantes par quelques laboratoires de phytoth\u00e9rapie clinique. Dosage : 100\u2013300 mg\/jour.<\/p>\n<p><strong>Vin de plantes :<\/strong> Mac\u00e9ration des capitules dans du vin blanc sec (50 g\/L, 15 jours), usage traditionnel alpin comme ap\u00e9ritif digestif et tonique.<\/p>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La Centaur\u00e9e des montagnes est g\u00e9n\u00e9ralement bien tol\u00e9r\u00e9e aux doses phytoth\u00e9rapeutiques habituelles. Les effets ind\u00e9sirables document\u00e9s sont rares et b\u00e9nins.<\/p>\n<p><strong>Allergies crois\u00e9es :<\/strong> Comme pour toutes les Ast\u00e9rac\u00e9es, un risque d&rsquo;allergie crois\u00e9e existe chez les sujets sensibilis\u00e9s aux pollens de compos\u00e9es (armoise, ambroisie, chrysanth\u00e8me). La pr\u00e9sence de lactones sesquiterp\u00e9niques peut provoquer des dermites de contact chez les personnes sensibles.<\/p>\n<p><strong>Potentiel sensibilisant :<\/strong> Les guaianolides, notamment la centaure\u00efne, peuvent \u00eatre des hapt\u00e8nes allergisants en cas de contact cutan\u00e9 r\u00e9p\u00e9t\u00e9. La manipulation des plantes fra\u00eeches en grande quantit\u00e9 est d\u00e9conseill\u00e9e sans protection pour les personnes sensibles.<\/p>\n<p><strong>Contre-indications :<\/strong> Allergie connue aux Ast\u00e9rac\u00e9es. Par prudence, \u00e9viter pendant la grossesse et l&rsquo;allaitement en l&rsquo;absence de donn\u00e9es de s\u00e9curit\u00e9. D\u00e9conseill\u00e9e en cas d&rsquo;obstruction des voies biliaires ou de calculs biliaires (effet cholagogue des amers).<\/p>\n<p><strong>Toxicit\u00e9 des lactones sesquiterp\u00e9niques :<\/strong> \u00c0 tr\u00e8s hautes doses (non th\u00e9rapeutiques), les lactones sesquiterp\u00e9niques peuvent provoquer des naus\u00e9es, des vomissements et des irritations gastro-intestinales. Ces effets ne sont pas observ\u00e9s aux doses habituelles.<\/p>\n<p><strong>Donn\u00e9es de toxicit\u00e9 aigu\u00eb :<\/strong> Aucune \u00e9tude sp\u00e9cifique de toxicit\u00e9 aigu\u00eb sur <em>C. montana<\/em> n&rsquo;est publi\u00e9e. Par extrapolation aux esp\u00e8ces voisines (<em>C. cyanus<\/em>), la toxicit\u00e9 est consid\u00e9r\u00e9e comme faible.<\/p>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La Centaur\u00e9e des montagnes est ancr\u00e9e dans la tradition m\u00e9dicinale alpine depuis le Moyen \u00c2ge. Son nom de genre, <em>Centaurea<\/em>, renvoie au mythe du centaure Chiron, le th\u00e9rapeute de la mythologie grecque qui aurait utilis\u00e9 des centaur\u00e9es pour gu\u00e9rir ses blessures \u2014 une \u00e9tymologie commune \u00e0 plusieurs esp\u00e8ces m\u00e9dicinales du genre.<\/p>\n<p>Dans les Alpes fran\u00e7aises, les herboristes du Dauphin\u00e9, de la Savoie et des Pyr\u00e9n\u00e9es utilisaient la plante comme f\u00e9brifuge doux et tonique digestif. Des d\u00e9coctions de capitules \u00e9taient prescrites dans les fi\u00e8vres l\u00e9g\u00e8res et les \u00e9tats de faiblesse post-infectieux.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine folk des Balkans, une \u00e9tude ethnobotanique (Pieroni et al., 2015) rapporte l&rsquo;utilisation de <em>C. montana<\/em> comme vuln\u00e9raire et comme plante pour les soins du regard, notamment dans les communaut\u00e9s rurales de Roumanie et de Bulgarie.<\/p>\n<p>Dans les jardins m\u00e9dicinaux des monast\u00e8res europ\u00e9ens (XIV<sup>e<\/sup>\u2013XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle), la Centaur\u00e9e des montagnes figurait parmi les plantes cultiv\u00e9es \u00e0 la fois pour leur valeur ornementale et m\u00e9dicinale. Les moines herboristes l&#8217;employaient en infusion pour les troubles digestifs et en usage externe pour les inflammations oculaires.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce a longtemps \u00e9t\u00e9 confondue ou associ\u00e9e avec <em>Centaurea cyanus<\/em> (bleuet des champs) dans la litt\u00e9rature m\u00e9dicale pr\u00e9-linn\u00e9enne, les deux plantes partageant des usages similaires.<\/p>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Centaurea montana<\/em> pr\u00e9sente un profil phytochimique original domin\u00e9 par la copigmentation anthocyanes\/flavones, responsable de son pigment bleu exceptionnel. Ce caract\u00e8re chimique, rare dans la flore europ\u00e9enne, en fait un sujet d&rsquo;\u00e9tude privilegi\u00e9 pour comprendre les m\u00e9canismes mol\u00e9culaires de la couleur v\u00e9g\u00e9tale et leur exploitation en pharmacologie et en cosm\u00e9tique.<\/p>\n<p>Sur le plan th\u00e9rapeutique, les activit\u00e9s antioxydante et anti-inflammatoire sont les mieux document\u00e9es, soutenues par des bases m\u00e9canistiques claires (inhibition NF-\u03baB, capture de radicaux libres par les anthocyanes cyanidiniques). L&rsquo;action tonique digestive par les lactones sesquiterp\u00e9niques am\u00e8res est coh\u00e9rente avec l&rsquo;ensemble de la litt\u00e9rature sur les plantes am\u00e8res.<\/p>\n<p>La principale limite de cette esp\u00e8ce en phytoth\u00e9rapie clinique reste l&rsquo;absence totale d&rsquo;essais cliniques contr\u00f4l\u00e9s. La recherche future devrait se concentrer sur la standardisation des extraits en anthocyanes et lactones sesquiterp\u00e9niques, et sur l&rsquo;\u00e9valuation de son efficacit\u00e9 dans les pathologies digestives et les \u00e9tats inflammatoires chroniques.<\/p>\n<p>Son usage traditionnel bien document\u00e9, son profil de s\u00e9curit\u00e9 acceptable et son int\u00e9r\u00eat pigmentaire en font une esp\u00e8ce m\u00e9ritant une recherche pharmacologique approfondie.<\/p>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Tarlea M. et al. (2019). \u00ab Anti-inflammatory and antioxidant activity of <em>Centaurea montana<\/em> L. extracts \u00bb. <em>Journal of Medicinal Plants Research<\/em>, 13(8), 180\u2013188.<\/li>\n<li>Csupor D. et al. (2016). \u00ab The genus <em>Centaurea<\/em>: A review of the chemical composition, biological activity and ethnopharmacological data \u00bb. <em>Phytochemistry Letters<\/em>, 17, 189\u2013214.<\/li>\n<li>Zengin G. et al. (2019). \u00ab Chemical characterization and biological activities of <em>Centaurea<\/em> species \u00bb. <em>Industrial Crops and Products<\/em>, 135, 341\u2013349.<\/li>\n<li>Pieroni A. et al. (2015). \u00ab Local plant resources in the ethnobotany of Theth, a remote mountain village in Northern Albania \u00bb. <em>Genetic Resources and Crop Evolution<\/em>, 62, 983\u20131006.<\/li>\n<li>Fernandez J.A. et al. (2008). \u00ab Copigmentation in <em>Centaurea cyanus<\/em> and related species \u00bb. <em>Phytochemistry<\/em>, 69(6), 1418\u20131428.<\/li>\n<li>Bruneton J. (2016). <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5<sup>e<\/sup> \u00e9d. Tec &amp; Doc, Paris.<\/li>\n<li>Pottier-Alapetite G. (1979). <em>Flore de la Tunisie<\/em>. Publications scientifiques tunisiennes, Tunis.<\/li>\n<li>Gonzalez-Tejero M.R. et al. (2008). \u00ab Medicinal plants in the Mediterranean area: Synthesis of the results of the project Rubia \u00bb. <em>Journal of Ethnopharmacology<\/em>, 116(2), 341\u2013357.<\/li>\n<li>Flamini G. et al. (2002). \u00ab Phytochemistry of the genus <em>Centaurea<\/em> L. \u00bb. <em>Studies in Natural Products Chemistry<\/em>, 27, 543\u2013664.<\/li>\n<li>BDTFV \u2014 Base de donn\u00e9es des Traditions et Flore Vivante (MNHN Paris, 2022). Centaurea montana.<\/li>\n<\/ul>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Activit\u00e9 antioxydante :<\/strong> \u2605\u2605\u2605\u2605\u2606 (anthocyanes cyanidiniques puissants, donn\u00e9es in vitro solides)<\/li>\n<li><strong>Anti-inflammatoire :<\/strong> \u2605\u2605\u2605\u2606\u2606 (lactones sesquiterp\u00e9niques et flavono\u00efdes ; donn\u00e9es cellulaires, essais cliniques absents)<\/li>\n<li><strong>Tonique digestif (amer) :<\/strong> \u2605\u2605\u2605\u2606\u2606 (coh\u00e9rent avec la pharmacologie des plantes am\u00e8res, usage traditionnel bien document\u00e9)<\/li>\n<li><strong>Ophtalmique (usage externe) :<\/strong> \u2605\u2605\u2606\u2606\u2606 (usage analogique au bleuet, empirique mais coh\u00e9rent)<\/li>\n<li><strong>F\u00e9brifuge :<\/strong> \u2605\u2605\u2606\u2606\u2606 (usage traditionnel document\u00e9, m\u00e9canisme peu caract\u00e9ris\u00e9)<\/li>\n<li><strong>Pigment \/ cosm\u00e9tique :<\/strong> \u2605\u2605\u2605\u2605\u2606 (pigment bleu exceptionnel, fort potentiel en formulation)<\/li>\n<li><strong>Profil de s\u00e9curit\u00e9 :<\/strong> \u2605\u2605\u2605\u2606\u2606 (risque allergique Ast\u00e9rac\u00e9es \u00e0 consid\u00e9rer)<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Centaur\u00e9e des montagnes (Centaurea montana L.) est une plante vivace de la famille des Ast\u00e9rac\u00e9es qui enchante les prairies montagnardes et les pelouses calcaires [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[56,36,15],"tags":[],"class_list":["post-14376","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-asteracees","category-plantes-medicinales","category-proprietes-medicinales"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14376","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14376"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14376\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15332,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14376\/revisions\/15332"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14376"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=14376"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14376"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}