{"id":4294,"date":"2026-03-27T16:58:24","date_gmt":"2026-03-27T15:58:24","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/27\/abricotier\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:12","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:12","slug":"abricotier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/27\/abricotier\/","title":{"rendered":"ABRICOTIER"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/abricotier.png\" alt=\"Planche botanique Abricotier\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;<strong>abricotier<\/strong> (<em>Prunus armeniaca<\/em> L.) appartient \u00e0 la famille des <strong>Rosaceae<\/strong> (sous-famille des Amygdaloideae, tribu des Amygdaleae). Le genre <em>Prunus<\/em> comprend environ 400 esp\u00e8ces d&rsquo;arbres et arbustes fruitiers. Les synonymes incluent <em>Armeniaca vulgaris<\/em> Lam. Le nombre chromosomique est 2n = 16 (diplo\u00efde). Le nom <em>armeniaca<\/em> fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;Arm\u00e9nie, d&rsquo;o\u00f9 les Romains croyaient que le fruit provenait. En anglais : <em>apricot<\/em>. En chinois : \u674f (<em>x\u00ecng<\/em>). Les vari\u00e9t\u00e9s cultiv\u00e9es sont extr\u00eamement nombreuses (plus de 2 000 cultivars r\u00e9pertori\u00e9s). L&rsquo;abricotier est un arbre fruitier majeur des r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es chaudes et m\u00e9diterran\u00e9ennes.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Arbre \u00e0 feuilles caduques de 5 \u00e0 12 m de hauteur. Le <strong>tronc<\/strong> est court, \u00e0 \u00e9corce gris-brun, fissur\u00e9e longitudinalement avec l&rsquo;\u00e2ge. Les <strong>rameaux<\/strong> sont glabres, brun-rouge\u00e2tre, luisants. Les <strong>feuilles<\/strong> sont alternes, ovales \u00e0 cordiformes, de 5 \u00e0 10 cm, acumin\u00e9es, \u00e0 bord finement dent\u00e9-cr\u00e9nel\u00e9, glabres, vert fonc\u00e9 dessus, plus p\u00e2les dessous ; le p\u00e9tiole (2-3 cm) porte souvent 1-2 glandes nectarif\u00e8res. Les <strong>fleurs<\/strong> apparaissent avant les feuilles (f\u00e9vrier-mars), solitaires ou par 2, de 2 \u00e0 3 cm de diam\u00e8tre, \u00e0 5 p\u00e9tales blancs \u00e0 ros\u00e9s, 20-30 \u00e9tamines, 1 carpelle ; le calice est rouge-pourpre. Le <strong>fruit<\/strong> (drupe) est globuleux \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement comprim\u00e9 lat\u00e9ralement, de 3 \u00e0 6 cm, velout\u00e9 (duveteux), jaune orang\u00e9 \u00e0 rouge-orang\u00e9 \u00e0 maturit\u00e9, \u00e0 chair sucr\u00e9e, juteuse et parfum\u00e9e ; le noyau est lisse, \u00e0 car\u00e8ne lat\u00e9rale, contenant une amande comestible (douce) ou am\u00e8re selon les vari\u00e9t\u00e9s. La <strong>floraison<\/strong> pr\u00e9coce rend l&rsquo;abricotier sensible aux gel\u00e9es tardives.<\/p>\n<hr>\n<h3>Origine g\u00e9ographique &amp; r\u00e9partition<\/h3>\n<p>Originaire d&rsquo;<strong>Asie centrale<\/strong>, plus pr\u00e9cis\u00e9ment des montagnes du <strong>Tian Shan<\/strong> (fronti\u00e8re Chine-Kazakhstan-Kirghizistan) o\u00f9 des populations sauvages subsistent encore. La domestication remonterait \u00e0 plus de 4 000 ans en Chine. L&rsquo;abricotier s&rsquo;est ensuite diffus\u00e9 vers l&rsquo;ouest via la Route de la Soie, atteignant la Perse, puis l&rsquo;Arm\u00e9nie (d&rsquo;o\u00f9 son nom latin), la Gr\u00e8ce et Rome (Ier si\u00e8cle av. J.-C.). Les Arabes l&rsquo;ont largement diffus\u00e9 en Afrique du Nord et dans le bassin m\u00e9diterran\u00e9en. Aujourd&rsquo;hui, les principaux producteurs mondiaux sont la <strong>Turquie<\/strong> (premier producteur mondial, r\u00e9gion de Malatya), l&rsquo;<strong>Ouzb\u00e9kistan<\/strong>, l&rsquo;<strong>Iran<\/strong>, l&rsquo;<strong>Italie<\/strong>, l&rsquo;<strong>Alg\u00e9rie<\/strong>, la <strong>France<\/strong> (vall\u00e9e du Rh\u00f4ne, Roussillon) et l&rsquo;<strong>Espagne<\/strong>. La production mondiale d\u00e9passe 4 millions de tonnes par an. En France, la production est concentr\u00e9e dans la Dr\u00f4me, le Gard et les Pyr\u00e9n\u00e9es-Orientales.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie &amp; habitat<\/h3>\n<p>L&rsquo;abricotier est une esp\u00e8ce <strong>thermophile<\/strong> adapt\u00e9e au <strong>climat m\u00e9diterran\u00e9en<\/strong> et au <strong>climat continental sec<\/strong>. Il requiert des hivers froids (600-1 000 heures de froid en dessous de 7 \u00b0C pour lever la dormance) suivis de printemps chauds et secs. Il est tr\u00e8s sensible aux <strong>gel\u00e9es tardives<\/strong> (sa floraison pr\u00e9coce est le principal facteur limitant). Il pr\u00e9f\u00e8re les sols profonds, bien drain\u00e9s, l\u00e9g\u00e8rement calcaires (pH 6,5-8,0), et ne tol\u00e8re pas l&rsquo;engorgement hydrique (sensible \u00e0 <em>Phytophthora<\/em> et au pourridi\u00e9). Il est r\u00e9sistant \u00e0 la s\u00e9cheresse estivale une fois \u00e9tabli. On le trouve de 0 \u00e0 2 500 m d&rsquo;altitude (les populations sauvages du Tian Shan poussent jusqu&rsquo;\u00e0 3 000 m). Ses pollinisateurs principaux sont les abeilles domestiques et les osmies. De nombreuses vari\u00e9t\u00e9s sont autofertiles. Les principales maladies incluent la <strong>moniliose<\/strong> (<em>Monilinia laxa<\/em>), la <strong>bact\u00e9riose<\/strong> (<em>Xanthomonas arboricola<\/em> pv. <em>pruni<\/em>) et la <strong>sharka<\/strong> (virus PPV, <em>Plum pox virus<\/em>).<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La phytochimie de l&rsquo;abricotier est riche et concerne tant le fruit que le noyau et les feuilles. Le <strong>fruit<\/strong> contient des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong> abondants : <strong>b\u00eata-carot\u00e8ne<\/strong> (provitamine A, 1 500-3 000 \u00b5g\/100 g), <strong>lycop\u00e8ne<\/strong>, <strong>lut\u00e9ine<\/strong>, <strong>z\u00e9axanthine<\/strong>. Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">polyph\u00e9nols<\/a><\/strong> sont pr\u00e9sents : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, <strong>acide n\u00e9ochlorog\u00e9nique<\/strong>, <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, <strong>cat\u00e9chine<\/strong>, <strong>\u00e9picat\u00e9chine<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>-3-O-rutinoside<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/rutine\/\">rutine<\/a>), <strong>kaempf\u00e9rol glycosides<\/strong>. Les <strong>sucres<\/strong> comprennent saccharose, glucose et fructose (10-15 %). La <strong>vitamine C<\/strong> est mod\u00e9r\u00e9e (10-15 mg\/100 g). Le fruit est riche en <strong>fibres<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/pectines\/\">pectines<\/a>), en <strong>potassium<\/strong> (260 mg\/100 g) et en <strong>fer<\/strong>. L&rsquo;<strong>amande<\/strong> du noyau contient des <strong>lipides<\/strong> (40-55 %, dont <strong>acide ol\u00e9ique<\/strong> 60-70 % et <strong>acide linol\u00e9ique<\/strong> 20-30 %), des <strong>prot\u00e9ines<\/strong> (20-25 %), et surtout de l&rsquo;<strong>amygdaline<\/strong> (glycoside cyanog\u00e9nique, 0,5-8 % selon les vari\u00e9t\u00e9s am\u00e8res\/douces), qui lib\u00e8re de l&rsquo;<strong>acide cyanhydrique<\/strong> (HCN) par hydrolyse enzymatique. Les feuilles contiennent des flavono\u00efdes et des tanins.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Le profil pharmacologique de l&rsquo;abricotier est domin\u00e9 par les effets de ses carot\u00e9no\u00efdes et polyph\u00e9nols. L&rsquo;activit\u00e9 <strong>antioxydante<\/strong> du fruit est significative (ORAC : 1 100 \u00b5mol TE\/100 g), attribu\u00e9e aux polyph\u00e9nols et carot\u00e9no\u00efdes. Le <strong>b\u00eata-carot\u00e8ne<\/strong> est un pr\u00e9curseur de la vitamine A, essentiel pour la vision, l&rsquo;immunit\u00e9 et la sant\u00e9 cutan\u00e9e. Les <strong>polyph\u00e9nols<\/strong> (acide chlorog\u00e9nique, cat\u00e9chines) exercent des effets <strong>anti-inflammatoires<\/strong> (inhibition de NF-\u03baB), <strong>cardioprotecteurs<\/strong> (r\u00e9duction de l&rsquo;oxydation du LDL) et <strong>antidiab\u00e9tiques<\/strong> (inhibition de l&rsquo;alpha-glucosidase). L&rsquo;<strong>huile d&rsquo;amande d&rsquo;abricot<\/strong> poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s <strong>\u00e9mollientes<\/strong>, <strong>hydratantes<\/strong> et <strong>anti-inflammatoires<\/strong> cutan\u00e9es. Les <strong>pectines<\/strong> du fruit ont des propri\u00e9t\u00e9s <strong>pr\u00e9biotiques<\/strong> et <strong>hypocholest\u00e9rol\u00e9miantes<\/strong>. Des \u00e9tudes in vitro montrent des propri\u00e9t\u00e9s <strong>antitumorales<\/strong> des polyph\u00e9nols du fruit (induction de l&rsquo;apoptose dans les lign\u00e9es HT-29 et MCF-7). L&rsquo;amygdaline (laetrile, \u00ab vitamine B17 \u00bb) a \u00e9t\u00e9 promue comme anticanc\u00e9reux mais cette all\u00e9gation a \u00e9t\u00e9 r\u00e9fut\u00e9e par les essais cliniques et est consid\u00e9r\u00e9e comme dangereuse.<\/p>\n<hr>\n<h3>Utilisations m\u00e9dicinales traditionnelles<\/h3>\n<p>En <strong>m\u00e9decine traditionnelle chinoise<\/strong> (\u674f\u4ec1, <em>x\u00ecng r\u00e9n<\/em>, amande d&rsquo;abricot), l&rsquo;amande (vari\u00e9t\u00e9 am\u00e8re) est l&rsquo;un des rem\u00e8des majeurs contre la toux et l&rsquo;asthme : elle est prescrite dans les formules classiques pour \u00ab descendre le qi du poumon \u00bb et fluidifier les mucosit\u00e9s. En <strong>m\u00e9decine ayurv\u00e9dique<\/strong>, l&rsquo;huile d&rsquo;amande d&rsquo;abricot est utilis\u00e9e pour les massages th\u00e9rapeutiques, les soins capillaires et le traitement des dermatoses. En <strong>m\u00e9decine traditionnelle persane<\/strong> (Unani), le fruit frais est consid\u00e9r\u00e9 comme rafra\u00eechissant, laxatif doux et tonique. En <strong>m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne<\/strong>, les abricots secs sont recommand\u00e9s contre l&rsquo;an\u00e9mie et la constipation. L&rsquo;huile du noyau est utilis\u00e9e en cosm\u00e9tique traditionnelle m\u00e9diterran\u00e9enne pour adoucir la peau et pr\u00e9venir les rides. En <strong>Hunza<\/strong> (Pakistan), o\u00f9 l&rsquo;abricot est l&rsquo;aliment de base, la long\u00e9vit\u00e9 exceptionnelle des habitants est traditionnellement attribu\u00e9e \u00e0 sa consommation r\u00e9guli\u00e8re (bien que ce lien ne soit pas scientifiquement prouv\u00e9).<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Les recherches sur l&rsquo;abricotier sont tr\u00e8s actives. La <strong>s\u00e9lection vari\u00e9tale<\/strong> vise \u00e0 obtenir des cultivars r\u00e9sistants \u00e0 la sharka (virus PPV), au gel tardif et \u00e0 la moniliose, tout en maintenant la qualit\u00e9 gustative. Le <strong>g\u00e9nome<\/strong> de l&rsquo;abricotier a \u00e9t\u00e9 s\u00e9quenc\u00e9 (2019, 220 Mb), facilitant la s\u00e9lection assist\u00e9e par marqueurs. En <strong>nutrition<\/strong>, les effets des carot\u00e9no\u00efdes et polyph\u00e9nols de l&rsquo;abricot sur la sant\u00e9 cardiovasculaire, la pr\u00e9vention du cancer colorectal et la sant\u00e9 oculaire (d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence maculaire) sont \u00e9tudi\u00e9s par des \u00e9tudes \u00e9pid\u00e9miologiques et des essais cliniques. L&rsquo;<strong>huile d&rsquo;amande d&rsquo;abricot<\/strong> est \u00e9tudi\u00e9e pour ses propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires et cicatrisantes en application cutan\u00e9e. La <strong>valorisation des sous-produits<\/strong> (noyaux, coques) est explor\u00e9e pour la production de charbon actif, de biocarburants et de compos\u00e9s bioactifs. La <strong>toxicologie<\/strong> de l&rsquo;amygdaline continue d&rsquo;\u00eatre \u00e9tudi\u00e9e pour \u00e9tablir des limites de s\u00e9curit\u00e9. Des recherches en <strong>agriculture durable<\/strong> d\u00e9veloppent des itin\u00e9raires techniques r\u00e9duisant les intrants chimiques dans les vergers d&rsquo;abricotiers.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Fruit<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>B\u00eata-carot\u00e8ne<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Lycop\u00e8ne<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Lut\u00e9ine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Z\u00e9axanthine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Fruit frais ou sec :<\/strong> 3 \u00e0 5 fruits frais par jour (100-150 g) ou 30-50 g d&rsquo;abricots secs comme source de carot\u00e9no\u00efdes, potassium et fibres.<\/p>\n<p><strong>Huile d&rsquo;amande d&rsquo;abricot :<\/strong> usage externe, en massage cutan\u00e9 ou capillaire, pure ou en m\u00e9lange. En cosm\u00e9tique : huile de base pour les soins du visage.<\/p>\n<p><strong>Amande am\u00e8re (MTC) :<\/strong> 3 \u00e0 10 g par jour en d\u00e9coction, toujours apr\u00e8s pr\u00e9paration appropri\u00e9e (torr\u00e9faction\/blanchiment pour r\u00e9duire le HCN). Usage r\u00e9serv\u00e9 aux praticiens qualifi\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Poudre de noyau :<\/strong> en MTC, pr\u00e9parations standardis\u00e9es, 3 \u00e0 9 g\/jour dans les formules (Xing Su San, Ma Xing Shi Gan Tang).<\/p>\n<p><strong>Jus d&rsquo;abricot :<\/strong> 200-300 mL par jour, riche en carot\u00e9no\u00efdes.<\/p>\n<p>L&rsquo;amande am\u00e8re ne doit JAMAIS \u00eatre consomm\u00e9e crue en grande quantit\u00e9 (risque d&rsquo;intoxication cyanhydrique).<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Le principal risque toxicologique concerne l&rsquo;<strong>amygdaline<\/strong> des amandes am\u00e8res du noyau. L&rsquo;hydrolyse enzymatique (par la b\u00eata-glucosidase) lib\u00e8re de l&rsquo;<strong>acide cyanhydrique<\/strong> (HCN). La dose l\u00e9tale de HCN chez l&rsquo;adulte est de 1-3 mg\/kg ; une seule amande am\u00e8re peut contenir 0,5-3 mg de HCN. L&rsquo;ingestion de 20-30 amandes am\u00e8res crues peut \u00eatre mortelle chez l&rsquo;adulte. Des <strong>intoxications graves<\/strong> (et des d\u00e9c\u00e8s) ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s, notamment chez des enfants et des patients canc\u00e9reux consommant du laetrile (amygdaline purifi\u00e9e). Les sympt\u00f4mes de l&rsquo;intoxication cyanhydrique sont : c\u00e9phal\u00e9es, vertiges, naus\u00e9es, vomissements, tachycardie, convulsions, coma et arr\u00eat respiratoire. La torr\u00e9faction et le blanchiment r\u00e9duisent significativement la teneur en amygdaline. L&rsquo;<strong>EFSA<\/strong> recommande de ne pas d\u00e9passer 3 amandes am\u00e8res par jour pour un adulte. Les amandes douces contiennent des quantit\u00e9s n\u00e9gligeables d&rsquo;amygdaline. Le fruit lui-m\u00eame ne pr\u00e9sente aucune toxicit\u00e9. Des <strong>allergies<\/strong> crois\u00e9es existent avec les autres Rosaceae (p\u00eache, cerise, pomme) via les prot\u00e9ines Pru ar 1 (PR-10) et Pru ar 3 (LTP).<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;abricot a une histoire culturelle riche et ancienne. En <strong>Chine<\/strong>, l&rsquo;abricotier est v\u00e9n\u00e9r\u00e9 depuis plus de 3 000 ans : Confucius aurait enseign\u00e9 sous un abricotier (\u674f\u575b, <em>x\u00ecng t\u00e1n<\/em>, \u00ab terrasse des abricotiers \u00bb), et l&rsquo;abricot est symbole d&rsquo;\u00e9ducation et de m\u00e9decine. En <strong>Arm\u00e9nie<\/strong>, l&rsquo;abricot (\u056e\u056b\u0580\u0561\u0576, <em>tsiran<\/em>) est consid\u00e9r\u00e9 comme le fruit national ; la couleur abricot figure sur le drapeau national. En <strong>Perse<\/strong>, l&rsquo;abricot est cultiv\u00e9 depuis au moins 3 000 ans et c\u00e9l\u00e9br\u00e9 dans la po\u00e9sie persane. En <strong>Europe<\/strong>, il est introduit par les Romains (Pline l&rsquo;Ancien le mentionne sous le nom de <em>praecoqua<\/em>, \u00ab fruits pr\u00e9coces \u00bb). Le mot \u00ab abricot \u00bb vient de l&rsquo;arabe <em>al-barq\u016bq<\/em>, lui-m\u00eame du latin <em>praecox<\/em>. La <strong>vall\u00e9e du Rh\u00f4ne<\/strong> (Dr\u00f4me, Ard\u00e8che) est le berceau de l&rsquo;abricoticulture fran\u00e7aise depuis le XVIIIe si\u00e8cle, avec le cultivar historique &lsquo;Bergeron&rsquo;. La controvers\u00e9e \u00ab th\u00e9rapie au laetrile \u00bb (amygdaline) dans les ann\u00e9es 1970-1980 aux \u00c9tats-Unis illustre les d\u00e9rives de la m\u00e9decine alternative.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire &amp; conservation<\/h3>\n<p><em>Prunus armeniaca<\/em> est une esp\u00e8ce cultiv\u00e9e, non menac\u00e9e. Cependant, les <strong>populations sauvages<\/strong> du Tian Shan (Asie centrale) sont consid\u00e9r\u00e9es comme <strong>menac\u00e9es<\/strong> par la d\u00e9forestation, le surp\u00e2turage et le changement climatique, et font l&rsquo;objet de programmes de conservation in situ. Des banques de g\u00e8nes (USDA, INRAE, CITA-Espagne) conservent des milliers d&rsquo;accessions. L&rsquo;amande am\u00e8re d&rsquo;abricot est inscrite \u00e0 la <strong>Pharmacop\u00e9e chinoise<\/strong>. En Europe, la commercialisation des amandes am\u00e8res d&rsquo;abricot est soumise \u00e0 r\u00e9glementation : l&rsquo;EFSA a fix\u00e9 la limite de HCN \u00e0 20 mg\/kg dans les aliments. La vente de laetrile (amygdaline) comme m\u00e9dicament anticanc\u00e9reux est <strong>interdite<\/strong> aux \u00c9tats-Unis (FDA) et dans l&rsquo;UE. L&rsquo;abricot frais et sec est un produit alimentaire standard, soumis aux normes de qualit\u00e9 commerciale (calibre, teneur en sucre, taux de SO2 pour les abricots secs). Les <strong>AOP\/IGP<\/strong> prot\u00e8gent certaines productions (abricot du Roussillon).<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Plusieurs drogues sont issues de l&rsquo;abricotier. L&rsquo;<strong>amande am\u00e8re d&rsquo;abricot<\/strong> (<em>Armeniacae semen amarum<\/em>) est inscrite dans la Pharmacop\u00e9e chinoise. Le noyau est cass\u00e9, l&rsquo;amande est extraite, blanchie (immersion dans l&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid) pour retirer le t\u00e9gument brun et r\u00e9duire l&rsquo;amygdaline), puis s\u00e9ch\u00e9e. L&rsquo;amande s\u00e8che est ovo\u00efde, aplatie, de 1-1,5 cm, blanc cr\u00e8me. Au <strong>microscope<\/strong>, la section transversale de l&rsquo;amande montre un t\u00e9gument externe \u00e0 cellules palissadiques, un parenchyme cotyl\u00e9donnaire riche en corps lipidiques et grains d&rsquo;aleurone (prot\u00e9ines de r\u00e9serve). Le <strong>dosage de l&rsquo;amygdaline<\/strong> par HPLC (d\u00e9tection UV \u00e0 210 nm) est le contr\u00f4le qualit\u00e9 principal : norme de la Pharmacop\u00e9e chinoise minimum 3 % d&rsquo;amygdaline pour les amandes am\u00e8res. L&rsquo;<strong>huile d&rsquo;amande d&rsquo;abricot<\/strong> est obtenue par pression \u00e0 froid des amandes douces ; ses caract\u00e9ristiques (indice d&rsquo;acide, indice de saponification, profil en acides gras) font l&rsquo;objet de normes. La distinction entre huile d&rsquo;amande d&rsquo;abricot et huile d&rsquo;amande douce (<em>P. dulcis<\/em>) est parfois floue commercialement.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conclusion &amp; perspectives<\/h3>\n<p>L&rsquo;abricotier, cultiv\u00e9 depuis des mill\u00e9naires, reste un arbre fruitier majeur dont le potentiel nutritionnel et pharmacologique est consid\u00e9rable. Sa richesse en carot\u00e9no\u00efdes et polyph\u00e9nols en fait un aliment fonctionnel de premier plan pour la pr\u00e9vention cardiovasculaire et la sant\u00e9 oculaire. L&rsquo;amande, utilis\u00e9e en m\u00e9decine chinoise depuis des si\u00e8cles, illustre la complexit\u00e9 de la relation entre toxicit\u00e9 et activit\u00e9 th\u00e9rapeutique, la fronti\u00e8re entre poison et rem\u00e8de tenant \u00e0 la dose et \u00e0 la pr\u00e9paration. Les d\u00e9fis du changement climatique (gel tardif, s\u00e9cheresse) et des maladies \u00e9mergentes (sharka) stimulent la recherche vari\u00e9tale et la conservation des ressources g\u00e9n\u00e9tiques sauvages. La valorisation des sous-produits et l&rsquo;huile d&rsquo;amande ouvrent des perspectives \u00e9conomiques et cosm\u00e9tiques. L&rsquo;abricotier demeure un pont culturel entre l&rsquo;Orient et l&rsquo;Occident, symbole d&rsquo;une mondialisation agricole mill\u00e9naire.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Prunus%20armeniaca\">Plants of the World Online, Kew : <em>Prunus armeniaca<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Prunus+armeniaca\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Prunus armeniaca<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Cicatrisant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Tonique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Laxatif<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE L&rsquo;abricotier (Prunus armeniaca L.) appartient \u00e0 la famille des Rosaceae (sous-famille des Amygdaloideae, tribu des Amygdaleae). 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