{"id":4489,"date":"2026-03-27T18:51:24","date_gmt":"2026-03-27T17:51:24","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/27\/ail-cultive\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:16","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:16","slug":"ail-cultive","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/27\/ail-cultive\/","title":{"rendered":"AIL CULTIV\u00c9"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/ail-cultive.png\" alt=\"Planche botanique Ail cultiv\u00e9\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;ail cultiv\u00e9, <em>Allium sativum<\/em> L., appartient \u00e0 la famille des <em>Amaryllidaceae<\/em> (sous-famille des <em>Allioideae<\/em>, anciennement <em>Alliaceae<\/em> ou <em>Liliaceae<\/em>). C&rsquo;est une plante herbac\u00e9e vivace cultiv\u00e9e comme annuelle, de 30 \u00e0 80 cm de hauteur. Le bulbe est compos\u00e9 de 5 \u00e0 20 ca\u00efeux (gousses) envelopp\u00e9s dans une tunique papyrac\u00e9e blanche, rose ou violac\u00e9e. Les feuilles sont planes, lin\u00e9aires, larges de 1 \u00e0 2,5 cm, engainantes \u00e0 la base, vert glauque. L&rsquo;inflorescence est une ombelle sph\u00e9rique terminale, enferm\u00e9e avant l&rsquo;anth\u00e8se dans une spathe \u00e0 bec allong\u00e9. Les fleurs sont petites, blanches \u00e0 ros\u00e9es, \u00e0 6 t\u00e9pales, souvent accompagn\u00e9es de bulbilles qui assurent une reproduction v\u00e9g\u00e9tative a\u00e9rienne. La floraison est inconstante dans les cultivars s\u00e9lectionn\u00e9s, la reproduction \u00e9tant principalement v\u00e9g\u00e9tative par les ca\u00efeux. Le syst\u00e8me racinaire est fascicul\u00e9, peu profond (20-30 cm). L&rsquo;esp\u00e8ce est diplo\u00efde (2n = 16), probablement originaire d&rsquo;Asie centrale (montagnes du Tian Shan, Kirghizstan), d\u00e9riv\u00e9e de <em>Allium longicuspis<\/em> Regel. L&rsquo;ail est l&rsquo;une des plantes cultiv\u00e9es les plus anciennement domestiqu\u00e9es, avec plus de 5 000 ans de culture document\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>L&rsquo;ail cultiv\u00e9 n&rsquo;existe pratiquement plus \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat sauvage et est une esp\u00e8ce enti\u00e8rement d\u00e9pendante de la culture humaine. Son anc\u00eatre sauvage, <em>Allium longicuspis<\/em>, cro\u00eet dans les prairies et les steppes montagnardes d&rsquo;Asie centrale (1 000-3 000 m). L&rsquo;ail cultiv\u00e9 s&rsquo;adapte \u00e0 une large gamme de conditions : climats temp\u00e9r\u00e9s \u00e0 subtropicaux, sols bien drain\u00e9s, l\u00e9gers \u00e0 moyens, neutres \u00e0 basiques (pH 6-8). Il tol\u00e8re le froid hivernal (n\u00e9cessite m\u00eame une p\u00e9riode de vernalisation pour la bulbification) mais craint l&rsquo;exc\u00e8s d&rsquo;humidit\u00e9 et les sols lourds asphyxiants. La production mondiale d\u00e9passe 30 millions de tonnes\/an, la Chine \u00e9tant de loin le premier producteur (75 % de la production mondiale). En France, l&rsquo;ail est cultiv\u00e9 dans le sud-ouest (ail violet de Cadours, ail blanc de Lomagne), le sud-est (ail rose de Lautrec, AOC), et la Dr\u00f4me (ail blanc). L&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;a pas de forme naturalis\u00e9e en Europe.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La chimie de l&rsquo;ail est domin\u00e9e par les <strong>compos\u00e9s organosoufr\u00e9s<\/strong>, responsables de son odeur et de l&rsquo;essentiel de ses activit\u00e9s pharmacologiques. Le bulbe intact contient de l&rsquo;<strong>alliine<\/strong> (S-allyl-L-cyst\u00e9ine sulfoxyde, 0,5-1 % MF), un acide amin\u00e9 soufr\u00e9 non prot\u00e9inog\u00e8ne, inodore. Lors du broyage, l&rsquo;enzyme <strong>alliinase<\/strong> (vacuolaire) est lib\u00e9r\u00e9e et convertit l&rsquo;alliine en <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/allicine\/\">allicine<\/a><\/strong> (diallyl thiosulfinate), le compos\u00e9 responsable de l&rsquo;odeur caract\u00e9ristique de l&rsquo;ail fra\u00eechement \u00e9cras\u00e9. L&rsquo;allicine est instable et se d\u00e9compose rapidement en <strong>diallyl sulfide<\/strong> (DAS), <strong>diallyl disulfide<\/strong> (DADS), <strong>diallyl trisulfide<\/strong> (DATS) et en <strong>ajo\u00e8ne<\/strong> (E- et Z-ajo\u00e8ne, form\u00e9s dans l&rsquo;huile). Le vieillissement de l&rsquo;ail dans l&rsquo;\u00e9thanol produit la <strong>S-allyl-cyst\u00e9ine<\/strong> (SAC), un compos\u00e9 hydrosoluble inodore aux propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes puissantes, base de l&rsquo;extrait d&rsquo;ail vieilli (Aged Garlic Extract, AGE). Les <strong>fructanes<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/inuline\/\">inuline<\/a> et fructo-oligosaccharides) repr\u00e9sentent 50-75 % du poids sec du bulbe et exercent un effet pr\u00e9biotique. Des <strong>saponines st\u00e9ro\u00efdiennes<\/strong> (eruboside B, gitogo\u00e9nine), des <strong>flavono\u00efdes<\/strong>, des <strong>s\u00e9l\u00e9nium<\/strong> organique, de la <strong>vitamine C<\/strong> (10-30 mg\/100 g) et des <strong>min\u00e9raux<\/strong> (germanium, potassium) compl\u00e8tent le profil.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;<strong>allicine<\/strong> et ses d\u00e9riv\u00e9s exercent des effets multiples. Effet <strong>antimicrobien<\/strong> : l&rsquo;allicine inhibe la croissance de bact\u00e9ries Gram-positives et Gram-n\u00e9gatives, de champignons et de parasites par interaction avec les groupements thiol des enzymes bact\u00e9riennes (inhibition de la synth\u00e8se des lipides, de l&rsquo;ARN et des prot\u00e9ines). Effet <strong>antiagr\u00e9gant plaquettaire<\/strong> : l&rsquo;ajo\u00e8ne et le DATS inhibent la fibrinog\u00e8ne-r\u00e9cepteur GPIIb\/IIIa et l&rsquo;agr\u00e9gation induite par le collag\u00e8ne, l&rsquo;ADP et l&rsquo;\u00e9pin\u00e9phrine. Effet <strong>hypolip\u00e9miant<\/strong> : les compos\u00e9s soufr\u00e9s inhibent la HMG-CoA r\u00e9ductase (voie de biosynth\u00e8se du cholest\u00e9rol), la squal\u00e8ne synthase et l&rsquo;acyl-CoA:cholest\u00e9rol acyltransf\u00e9rase (ACAT). Effet <strong>hypotenseur<\/strong> : les polysulfides (DATS) activent la production d&rsquo;H\u2082S (sulfure d&rsquo;hydrog\u00e8ne) via la cystathionine-\u03b3-lyase (CSE), induisant une vasorelaxation d\u00e9pendante de l&rsquo;endoth\u00e9lium. Effet <strong>antioxydant<\/strong> : la SAC et l&rsquo;allicine pi\u00e8gent les radicaux libres et activent le facteur de transcription Nrf2, augmentant l&rsquo;expression des enzymes de Phase II (glutathion S-transf\u00e9rase, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quinones\/\">quinone<\/a> r\u00e9ductase). Effet <strong>antitumoral<\/strong> : induction de l&rsquo;apoptose (voie mitochondriale), inhibition de l&rsquo;angiogen\u00e8se (VEGF) et arr\u00eat du cycle cellulaire dans de nombreuses lign\u00e9es tumorales.<\/p>\n<hr>\n<h3>Propri\u00e9t\u00e9s th\u00e9rapeutiques document\u00e9es<\/h3>\n<p>(1) <strong>Effet hypolip\u00e9miant<\/strong> : des m\u00e9ta-analyses (39 essais, &gt; 2 300 patients) montrent une r\u00e9duction du cholest\u00e9rol total de 8 \u00e0 12 % et du LDL-cholest\u00e9rol de 10 \u00e0 15 % avec 600-900 mg\/jour de poudre d&rsquo;ail standardis\u00e9e pendant 8 \u00e0 12 semaines. (2) <strong>Effet hypotenseur<\/strong> : m\u00e9ta-analyses (20 essais) montrent une r\u00e9duction de 8-10 mmHg de la pression systolique et de 5-6 mmHg de la diastolique chez les hypertendus. (3) <strong>Effet antiagr\u00e9gant plaquettaire<\/strong> : r\u00e9duction de l&rsquo;agr\u00e9gation plaquettaire de 10 \u00e0 25 % dans des \u00e9tudes cliniques. (4) <strong>Effet antimicrobien<\/strong> : activit\u00e9 \u00e0 large spectre d\u00e9montr\u00e9e in vitro, incluant des bact\u00e9ries multir\u00e9sistantes (SARM). (5) <strong>Effet anticanc\u00e9reux pr\u00e9ventif<\/strong> : des \u00e9tudes \u00e9pid\u00e9miologiques montrent une r\u00e9duction du risque de cancer gastrique et colorectal de 30 \u00e0 50 % chez les grands consommateurs d&rsquo;ail. (6) <strong>Effet immunomodulateur<\/strong> : stimulation de l&rsquo;activit\u00e9 des cellules NK et des macrophages.<\/p>\n<hr>\n<h3>Indications en phytoth\u00e9rapie clinique<\/h3>\n<p>L&rsquo;ail est l&rsquo;une des plantes m\u00e9dicinales les mieux document\u00e9es cliniquement. La Commission E et l&rsquo;ESCOP reconnaissent les indications suivantes : pr\u00e9vention de l&rsquo;ath\u00e9roscl\u00e9rose et des maladies cardiovasculaires (hypolip\u00e9miant, antiagr\u00e9gant) ; hypertension art\u00e9rielle mod\u00e9r\u00e9e en compl\u00e9ment du traitement conventionnel ; infections des voies respiratoires sup\u00e9rieures (usage traditionnel). L&rsquo;ail est aussi reconnu comme adjuvant dans le traitement de l&rsquo;hyperlipid\u00e9mie et de l&rsquo;hypertension, et comme antimicrobien dans les infections respiratoires et urinaires. L&rsquo;ail est commercialis\u00e9 sous de multiples formes : poudre d&rsquo;ail s\u00e9ch\u00e9 standardis\u00e9e (comprim\u00e9s gastro-r\u00e9sistants), extrait d&rsquo;ail vieilli (AGE), capsules d&rsquo;huile d&rsquo;ail, gousses fra\u00eeches. L&rsquo;usage alimentaire quotidien (2 \u00e0 4 gousses crues) est consid\u00e9r\u00e9 comme la forme la plus traditionnelle et la plus accessible de pr\u00e9vention cardiovasculaire.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>La recherche sur l&rsquo;ail est parmi les plus abondantes en phytoth\u00e9rapie. Des essais cliniques r\u00e9cents confirment l&rsquo;effet hypotenseur de l&rsquo;extrait d&rsquo;ail vieilli, avec une r\u00e9duction de 10 mmHg de la PA systolique chez les hypertendus non contr\u00f4l\u00e9s. Des \u00e9tudes sur le microbiome montrent que les fructo-oligosaccharides de l&rsquo;ail stimulent la croissance des bifidobact\u00e9ries et des lactobacilles coliques, am\u00e9liorant la diversit\u00e9 microbienne. Des travaux de biologie mol\u00e9culaire ont \u00e9lucid\u00e9 le m\u00e9canisme de signalisation par le sulfure d&rsquo;hydrog\u00e8ne (H\u2082S) g\u00e9n\u00e9r\u00e9 \u00e0 partir des polysulfides de l&rsquo;ail, impliqu\u00e9 dans la vasorelaxation et la cardioprotection. Des \u00e9tudes \u00e9pid\u00e9miologiques de cohorte confirment l&rsquo;association inverse entre la consommation d&rsquo;ail et le risque de cancer gastrique. En oncologie, le diallyl trisulfide (DATS) est \u00e9tudi\u00e9 comme agent chimiopr\u00e9ventif et chimiosensibilisant. Des nanoformulations d&rsquo;allicine sont d\u00e9velopp\u00e9es pour am\u00e9liorer sa stabilit\u00e9 et sa biodisponibilit\u00e9. L&rsquo;ail noir (ail ferment\u00e9 \u00e0 haute temp\u00e9rature) fait l&rsquo;objet de recherches pour sa richesse en SAC et ses propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes sup\u00e9rieures.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Alliine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Alliinase<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Diallyl sulfide<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Diallyl disulfide<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Diallyl trisulfide<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Ail frais<\/strong> : 2 \u00e0 5 g (1 \u00e0 2 gousses) par jour, \u00e9cras\u00e9 ou hach\u00e9 (pour activer l&rsquo;alliinase), cru ou bri\u00e8vement cuit. <strong>Poudre d&rsquo;ail s\u00e9ch\u00e9<\/strong> (comprim\u00e9s gastro-r\u00e9sistants, standardis\u00e9s \u00e0 1,3 % d&rsquo;alliine) : 600 \u00e0 900 mg\/jour en 2-3 prises (\u00e9quivalent \u00e0 3-5 mg d&rsquo;allicine). <strong>Extrait d&rsquo;ail vieilli<\/strong> (AGE, Kyolic\u00ae) : 600 \u00e0 1 200 mg\/jour. <strong>Huile d&rsquo;ail<\/strong> (mac\u00e9ration ou distillation) : 2 \u00e0 5 mg d&rsquo;huile essentielle\/jour en capsules gastro-r\u00e9sistantes. <strong>Teinture-m\u00e8re<\/strong> (bulbe frais, 1:5, \u00e9thanol 45 %) : 20 \u00e0 40 gouttes, 3 fois\/jour. Pour l&rsquo;effet antimicrobien, l&rsquo;ail cru est pr\u00e9f\u00e9rable (l&rsquo;allicine est d\u00e9truite par la cuisson prolong\u00e9e). Les comprim\u00e9s gastro-r\u00e9sistants prot\u00e8gent l&rsquo;alliine de la d\u00e9gradation gastrique et assurent la lib\u00e9ration d&rsquo;allicine dans l&rsquo;intestin. La dur\u00e9e de traitement cardiovasculaire est de 3 \u00e0 6 mois minimum.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;ail est contre-indiqu\u00e9 en cas d&rsquo;allergie connue aux Alliac\u00e9es. L&rsquo;usage \u00e0 dose th\u00e9rapeutique est d\u00e9conseill\u00e9 en p\u00e9riode p\u00e9riop\u00e9ratoire (arr\u00eat 7 \u00e0 10 jours avant une intervention chirurgicale programm\u00e9e en raison de l&rsquo;effet antiagr\u00e9gant plaquettaire). La consommation d&rsquo;ail cru \u00e0 jeun peut provoquer une irritation gastrique, des br\u00fblures d&rsquo;estomac et des reflux. L&rsquo;halitose (mauvaise haleine) et l&rsquo;odeur corporelle sont les effets ind\u00e9sirables les plus fr\u00e9quents et peuvent limiter la compliance. L&rsquo;application cutan\u00e9e d&rsquo;ail cru prolong\u00e9e (&gt; 1 heure) peut provoquer une dermatite chimique de contact (br\u00fblure cutan\u00e9e). L&rsquo;usage est consid\u00e9r\u00e9 comme s\u00fbr pendant la grossesse et l&rsquo;allaitement aux doses alimentaires, mais les doses th\u00e9rapeutiques \u00e9lev\u00e9es sont d\u00e9conseill\u00e9es (passage dans le lait maternel, modification du go\u00fbt du lait). Les patients sous anticoagulants ou antiagr\u00e9gants doivent informer leur m\u00e9decin de toute suppl\u00e9mentation en ail.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>L&rsquo;interaction la plus cliniquement significative concerne les <strong>antiagr\u00e9gants plaquettaires et anticoagulants<\/strong> : l&rsquo;ail potentialise l&rsquo;effet de l&rsquo;aspirine, du clopidogrel, de la warfarine et des h\u00e9parines. Des cas de saignement excessif ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s. L&rsquo;ail induit le CYP3A4 et la P-glycoprot\u00e9ine, ce qui peut r\u00e9duire les concentrations plasmatiques des <strong>inhibiteurs de prot\u00e9ase du VIH<\/strong> (saquinavir, ritonavir), des <strong>immunosuppresseurs<\/strong> (ciclosporine, tacrolimus) et de certaines <strong>statines<\/strong>. L&rsquo;effet hypoglyc\u00e9miant peut potentialiser les <strong>antidiab\u00e9tiques oraux<\/strong> et l&rsquo;<strong>insuline<\/strong>. L&rsquo;effet hypotenseur peut s&rsquo;additionner \u00e0 celui des <strong>antihypertenseurs<\/strong>. L&rsquo;association avec les <strong>AINS<\/strong> augmente le risque de saignement gastro-intestinal. L&rsquo;<strong>isoniazide<\/strong> peut voir sa biodisponibilit\u00e9 r\u00e9duite par l&rsquo;ail.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p>La toxicit\u00e9 de l&rsquo;ail est tr\u00e8s faible aux doses alimentaires et th\u00e9rapeutiques. La DL50 de l&rsquo;allicine chez la souris est de 60 mg\/kg par voie IV et de 120 mg\/kg par voie SC, mais les quantit\u00e9s ing\u00e9r\u00e9es par voie orale sont tr\u00e8s inf\u00e9rieures \u00e0 ces seuils. Les \u00e9tudes de toxicit\u00e9 subchronique de l&rsquo;extrait d&rsquo;ail vieilli (2 000 mg\/kg\/j, 90 jours, rat) n&rsquo;ont montr\u00e9 aucune toxicit\u00e9 significative. Les tests de g\u00e9notoxicit\u00e9 de l&rsquo;AGE sont n\u00e9gatifs. L&rsquo;ail cru appliqu\u00e9 directement sur la peau peut provoquer des br\u00fblures chimiques de contact (n\u00e9crose \u00e9pidermique) dues \u00e0 l&rsquo;allicine et aux thiosulfinates. Des cas de dermatite allergique de contact professionnelle sont rapport\u00e9s chez les travailleurs de l&rsquo;industrie alimentaire. L&rsquo;ingestion massive d&rsquo;ail cru (&gt; 10 gousses) peut provoquer une gastrite aigu\u00eb, des flatulences et une diarrh\u00e9e. Les \u00e9rythrocytes sont sensibles aux thiosulfinates : une an\u00e9mie h\u00e9molytique a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9e apr\u00e8s ingestion de doses tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9es chez l&rsquo;animal.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;ail est l&rsquo;une des plantes m\u00e9dicinales et alimentaires les plus universellement utilis\u00e9es dans l&rsquo;histoire humaine. Les Sum\u00e9riens le mentionnent dans des tablettes cun\u00e9iformes datant de 2600 av. J.-C. Les \u00c9gyptiens en distribuaient aux ouvriers des pyramides (H\u00e9rodote). Les papyrus Ebers et Codex Ebers le recommandent contre les infections, les parasites et les troubles cardiaques. Hippocrate le prescrivait comme purgatif et diur\u00e9tique. Dioscoride et Pline l&#8217;employaient comme vermifuge et antivenimeux. Au Moyen \u00c2ge, l&rsquo;ail \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme un protecteur contre la peste et les mal\u00e9fices (folklore vampirique). Pasteur d\u00e9montra les propri\u00e9t\u00e9s antibact\u00e9riennes de l&rsquo;ail en 1858. Pendant les deux guerres mondiales, l&rsquo;ail fut utilis\u00e9 comme antiseptique de campagne (pansements imbib\u00e9s de jus d&rsquo;ail). La m\u00e9decine ayurv\u00e9dique l&rsquo;utilise depuis des mill\u00e9naires comme rasayana (rajeunissant), cardiotonique et anti-inflammatoire. La m\u00e9decine chinoise le prescrit pour \u00e9liminer la stagnation de sang et les toxines.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conservation et culture<\/h3>\n<p>L&rsquo;ail est cultiv\u00e9 dans le monde entier, avec une production mondiale d\u00e9passant 30 millions de tonnes. En France, la production est d&rsquo;environ 30 000 tonnes\/an, avec des labels de qualit\u00e9 (ail rose de Lautrec, Label Rouge ; ail blanc de Lomagne, IGP ; ail violet de Cadours, AOC). La plantation s&rsquo;effectue d&rsquo;octobre \u00e0 d\u00e9cembre (ail d&rsquo;automne) ou de f\u00e9vrier \u00e0 mars (ail de printemps), en enfon\u00e7ant les ca\u00efeux pointe vers le haut \u00e0 3-5 cm de profondeur, espac\u00e9s de 10-15 cm. Le sol doit \u00eatre bien drain\u00e9, non fum\u00e9 r\u00e9cemment (risque de pourriture). La r\u00e9colte a lieu en juin-juillet, lorsque les feuilles jaunissent. Le s\u00e9chage (2-3 semaines \u00e0 l&rsquo;ombre, en lieu ventil\u00e9) est essentiel pour la conservation (6-12 mois). Les principales maladies sont la rouille (<em>Puccinia allii<\/em>), la pourriture blanche (<em>Sclerotium cepivorum<\/em>) et les n\u00e9matodes. La multiplication est exclusivement v\u00e9g\u00e9tative (pas de graines viables chez les cultivars courants), ce qui impose une vigilance sanitaire (virus, bact\u00e9ries, n\u00e9matodes transmis par les ca\u00efeux).<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>AIL CULTIV\u00c9 pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Bruneton J. <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5e \u00e9d. Paris : Lavoisier Tec &amp; Doc ; 2016.<br \/>\nRied K. et al. Effect of garlic on blood pressure: a systematic review and meta-analysis. <em>BMC Cardiovascular Disorders<\/em>. 2008;8:13.<br \/>\nAmagase H. et al. Intake of garlic and its bioactive components. <em>Journal of Nutrition<\/em>. 2001;131(3S):955S-962S.<br \/>\nLawson L.D., Hunsaker S.M. Allicin bioavailability and bioequivalence from garlic supplements and garlic foods. <em>Nutrients<\/em>. 2018;10(7):812.<br \/>\nBayan L. et al. Garlic: a review of potential therapeutic effects. <em>Avicenna Journal of Phytomedicine<\/em>. 2014;4(1):1-14.<br \/>\nTison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antiseptique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE L&rsquo;ail cultiv\u00e9, Allium sativum L., appartient \u00e0 la famille des Amaryllidaceae (sous-famille des Allioideae, anciennement Alliaceae ou Liliaceae). 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