{"id":4509,"date":"2026-03-27T22:43:05","date_gmt":"2026-03-27T21:43:05","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/27\/anthemis-fetide\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:11","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:11","slug":"anthemis-fetide","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/27\/anthemis-fetide\/","title":{"rendered":"ANTH\u00c9MIS F\u00c9TIDE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/anthemis-fetide.png\" alt=\"Planche botanique Anth\u00e9mis f\u00e9tide\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<figure class=\"zoomable-figure kohler-planche\" style=\"float:left;margin:5px 25px 15px 0;max-width:280px;border:1px solid #c9b99a;padding:6px;background:#faf6ee;border-radius:4px;cursor:pointer\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/kohler\/anthemis_cotula.jpg\" alt=\"Anthemis cotula \u2014 planche K\u00f6hler (1887)\" style=\"width:100%;height:auto\" \/><figcaption style=\"text-align:center;font-size:0.78em;color:#5a4e3c;margin-top:5px;font-style:italic\">Anthemis cotula<br \/>K\u00f6hler&rsquo;s Medizinal-Pflanzen, 1887<\/figcaption><\/figure>\n<p>L&rsquo;<strong>Anth\u00e9mis f\u00e9tide<\/strong> (<em>Anthemis cotula<\/em>) est une plante herbac\u00e9e annuelle de la famille des <strong>Asteraceae<\/strong> (Compos\u00e9es). Le nom de genre <em>Anthemis<\/em> provient du grec <em>anthemon<\/em> signifiant \u00ab fleur \u00bb, tandis que l&rsquo;\u00e9pith\u00e8te sp\u00e9cifique <em>cotula<\/em> d\u00e9rive du latin d\u00e9signant une petite \u00e9cuelle, par allusion \u00e0 la forme des capitules. L&rsquo;esp\u00e8ce est \u00e9galement connue sous les noms de Camomille puante, Maroute, Camomille des chiens ou Marouette. Cette plante a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite par Linn\u00e9 en 1753. Elle se distingue par son odeur forte et d\u00e9sagr\u00e9able, souvent qualifi\u00e9e de f\u00e9tide, qui se d\u00e9gage au froissement des feuilles et des tiges. La plante atteint g\u00e9n\u00e9ralement 20 \u00e0 50 centim\u00e8tres de hauteur et produit des capitules ressemblant superficiellement \u00e0 ceux de la Camomille romaine, avec des fleurs ligul\u00e9es blanches entourant un r\u00e9ceptacle conique jaune. Cependant, contrairement \u00e0 la vraie Camomille, les \u00e9cailles du r\u00e9ceptacle sont \u00e9troites et limit\u00e9es \u00e0 la partie sup\u00e9rieure, et les ligules sont souvent st\u00e9riles et r\u00e9fl\u00e9chies vers le bas.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>L&rsquo;Anth\u00e9mis f\u00e9tide est originaire d&rsquo;Europe et d&rsquo;Asie occidentale, mais elle s&rsquo;est largement naturalis\u00e9e dans le monde entier, devenant une adventice cosmopolite pr\u00e9sente sur tous les continents. En France, elle est commune sur l&rsquo;ensemble du territoire m\u00e9tropolitain, des plaines littorales aux zones de moyenne montagne (jusqu&rsquo;\u00e0 800-1000 m\u00e8tres d&rsquo;altitude). C&rsquo;est une plante rud\u00e9rale et messicole typique, associ\u00e9e aux activit\u00e9s humaines depuis des mill\u00e9naires. On la rencontre dans les cultures de c\u00e9r\u00e9ales, les jach\u00e8res, les bords de chemins, les d\u00e9combres, les terrains vagues, les pieds de murs et les jardins n\u00e9glig\u00e9s. Elle affectionne les sols argileux \u00e0 limono-argileux, riches en azote, neutres \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement acides, et tol\u00e8re aussi bien les substrats calcaires que siliceux. Sa pr\u00e9sence est un indicateur d&rsquo;un sol relativement riche en mati\u00e8re organique et souvent compact\u00e9. Dans les r\u00e9gions o\u00f9 l&rsquo;agriculture intensive a r\u00e9duit la diversit\u00e9 des adventices, l&rsquo;Anth\u00e9mis f\u00e9tide r\u00e9siste mieux que beaucoup d&rsquo;autres esp\u00e8ces messicoles gr\u00e2ce \u00e0 sa production abondante de graines et sa tol\u00e9rance \u00e0 certains herbicides. En Am\u00e9rique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Z\u00e9lande, elle est consid\u00e9r\u00e9e comme une mauvaise herbe probl\u00e9matique dans les cultures c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res.<\/p>\n<hr>\n<h3>Description morphologique d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p>L&rsquo;Anth\u00e9mis f\u00e9tide est une plante annuelle, dress\u00e9e, ramifi\u00e9e d\u00e8s la base ou dans sa partie sup\u00e9rieure. La tige est stri\u00e9e, glabre ou faiblement pubescente, atteignant 20 \u00e0 50 centim\u00e8tres, parfois 60. Les feuilles sont alternes, bi- \u00e0 tripennatis\u00e9qu\u00e9es, \u00e0 segments lin\u00e9aires et \u00e9troits, termin\u00e9s par une pointe courte. Elles sont pratiquement glabres, d&rsquo;un vert moyen, et d\u00e9gagent une odeur forte et d\u00e9sagr\u00e9able au froissement. Les capitules, de 15 \u00e0 30 millim\u00e8tres de diam\u00e8tre, sont solitaires au sommet des rameaux. Le r\u00e9ceptacle est conique, allong\u00e9, plein (non creux, contrairement \u00e0 <em>Matricaria chamomilla<\/em>), muni d&rsquo;\u00e9cailles (paillettes) s\u00e9tac\u00e9es uniquement vers le sommet. Les fleurs ligul\u00e9es (10 \u00e0 15) sont blanches, souvent st\u00e9riles, et tendent \u00e0 se r\u00e9fl\u00e9chir vers le bas en fin de floraison. Les fleurs tubul\u00e9es centrales sont jaunes, \u00e0 cinq dents, bisexu\u00e9es et fertiles. Les ak\u00e8nes sont oblongs, de 1,5 \u00e0 2 millim\u00e8tres, c\u00f4tel\u00e9s, souvent verruqueux, d\u00e9pourvus de pappus ou avec un rebord tr\u00e8s court. C&rsquo;est l&rsquo;absence de pappus d\u00e9velopp\u00e9 et les caract\u00e9ristiques du r\u00e9ceptacle qui permettent de distinguer l&rsquo;Anth\u00e9mis f\u00e9tide des camomilles vraies.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique de l&rsquo;Anth\u00e9mis f\u00e9tide a \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e en raison de sa parent\u00e9 avec les camomilles m\u00e9dicinales et de ses propri\u00e9t\u00e9s irritantes. L&rsquo;<strong>huile essentielle<\/strong>, pr\u00e9sente en quantit\u00e9 relativement faible (0,2 \u00e0 0,7 %), contient principalement de l&rsquo;<strong>anth\u00e9cotulide<\/strong>, une lactone sesquiterp\u00e9nique responsable de l&rsquo;odeur f\u00e9tide caract\u00e9ristique et des propri\u00e9t\u00e9s irritantes de la plante. D&rsquo;autres <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/sesquiterpenes\/\">sesquiterp\u00e8nes<\/a> lactones<\/strong> ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s, notamment l&rsquo;<strong>anthecotulide<\/strong>, la <strong>cotulolactone<\/strong> et divers d\u00e9riv\u00e9s germacranolides. Ces compos\u00e9s sont connus pour leur potentiel allergisant et leur activit\u00e9 cytotoxique. La plante contient \u00e9galement des <strong>flavono\u00efdes<\/strong>, dont l&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a><\/strong>, la <strong>lut\u00e9oline<\/strong> et leurs glycosides, ainsi que des <strong>polyac\u00e9tyl\u00e8nes<\/strong>, compos\u00e9s caract\u00e9ristiques de la famille des Asteraceae ayant des propri\u00e9t\u00e9s antimicrobiennes et insecticides. Des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a>, acide caf\u00e9ique) sont pr\u00e9sents dans les parties a\u00e9riennes. La plante accumule aussi des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">coumarines<\/a><\/strong> et de l&rsquo;<strong>acide anth\u00e9mique<\/strong>. La pr\u00e9sence d&rsquo;<strong>acide oxalique<\/strong> en quantit\u00e9 notable contribue \u00e0 son caract\u00e8re irritant. L&rsquo;ensemble de ce profil chimique explique \u00e0 la fois les propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales potentielles et la toxicit\u00e9 relative de cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Malgr\u00e9 son odeur repoussante, l&rsquo;Anth\u00e9mis f\u00e9tide a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e en m\u00e9decine populaire depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9, souvent par confusion ou substitution avec la Camomille romaine. Dioscoride et Pline l&rsquo;Ancien mentionnent d\u00e9j\u00e0 ses propri\u00e9t\u00e9s sous le nom g\u00e9n\u00e9rique d&rsquo;<em>anthemis<\/em>. On lui attribuait traditionnellement des vertus <strong>antispasmodiques<\/strong>, <strong>emm\u00e9nagogues<\/strong> (favorisant les r\u00e8gles), <strong>f\u00e9brifuges<\/strong> et <strong>vermifuges<\/strong>. En m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne, l&rsquo;infusion d&rsquo;Anth\u00e9mis f\u00e9tide \u00e9tait prescrite contre les <strong>troubles digestifs<\/strong> (ballonnements, crampes intestinales, naus\u00e9es), les <strong>douleurs menstruelles<\/strong> et les <strong>fi\u00e8vres intermittentes<\/strong>. En usage externe, la plante \u00e9tait employ\u00e9e en cataplasme comme <strong>anti-inflammatoire<\/strong> et <strong>r\u00e9vulsif<\/strong> pour les douleurs articulaires et musculaires, ainsi que pour traiter certaines affections cutan\u00e9es. Les herboristes la distinguaient cependant de la Camomille romaine et la consid\u00e9raient comme plus irritante et moins agr\u00e9able \u00e0 utiliser. Au XIXe si\u00e8cle, les m\u00e9decins \u00e9clectiques am\u00e9ricains l&#8217;employaient comme <strong>diaphor\u00e9tique<\/strong> (pour provoquer la sudation) et comme <strong>tonique amer<\/strong>. Sa r\u00e9putation d&rsquo;<strong>insectifuge<\/strong> \u00e9tait \u00e9galement bien \u00e9tablie, les cultivateurs frottant le pelage des animaux avec la plante pour \u00e9loigner les mouches et les puces.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>La recherche scientifique contemporaine sur <em>Anthemis cotula<\/em> couvre plusieurs axes prometteurs. En <strong>phytochimie<\/strong>, les sesquiterp\u00e8nes lactones de la plante, en particulier l&rsquo;anth\u00e9cotulide, font l&rsquo;objet d&rsquo;\u00e9tudes pour leurs propri\u00e9t\u00e9s <strong>cytotoxiques<\/strong> et <strong>antitumorales<\/strong>. Des travaux in vitro ont d\u00e9montr\u00e9 une activit\u00e9 inhibitrice sur certaines lign\u00e9es de cellules canc\u00e9reuses, bien que les m\u00e9canismes d&rsquo;action restent \u00e0 \u00e9lucider et qu&rsquo;aucun essai clinique n&rsquo;ait encore \u00e9t\u00e9 entrepris. Les propri\u00e9t\u00e9s <strong>antimicrobiennes<\/strong> de l&rsquo;huile essentielle ont \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9es par plusieurs \u00e9tudes montrant une activit\u00e9 contre des bact\u00e9ries pathog\u00e8nes, notamment <em>Staphylococcus aureus<\/em> et <em>Escherichia coli<\/em>, ainsi que contre certains champignons phytopathog\u00e8nes. En <strong>agronomie<\/strong>, les propri\u00e9t\u00e9s all\u00e9lopathiques de la plante sont \u00e9tudi\u00e9es pour leur potentiel dans le d\u00e9veloppement de bioherbicides naturels. Des recherches sur la <strong>r\u00e9sistance aux herbicides<\/strong> ont montr\u00e9 que certaines populations d&rsquo;Anth\u00e9mis f\u00e9tide ont d\u00e9velopp\u00e9 une r\u00e9sistance aux herbicides du groupe des inhibiteurs de l&rsquo;ALS, posant des probl\u00e8mes de gestion dans les cultures. En <strong>allergologie<\/strong>, les sesquiterp\u00e8nes lactones de la plante servent de mod\u00e8les pour l&rsquo;\u00e9tude des m\u00e9canismes de la dermatite allergique de contact aux Asteraceae. Enfin, la plante est utilis\u00e9e comme esp\u00e8ce mod\u00e8le dans des \u00e9tudes d&rsquo;\u00e9cologie des invasions biologiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Huile essentielle<\/td>\n<td>Huile essentielle<\/td>\n<td>Aromatique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Anth\u00e9cotulide<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Anthecotulide<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Cotulolactone<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;usage th\u00e9rapeutique de l&rsquo;Anth\u00e9mis f\u00e9tide requiert une grande prudence en raison de son potentiel irritant et allergisant. Les posologies traditionnelles, donn\u00e9es ici \u00e0 titre informatif, sont les suivantes. En <strong>infusion<\/strong>, 3 \u00e0 5 grammes de capitules s\u00e9ch\u00e9s par tasse de 250 millilitres d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infus\u00e9s 10 minutes, \u00e0 raison d&rsquo;une \u00e0 deux tasses par jour maximum, pour les troubles digestifs et comme f\u00e9brifuge. En <strong>d\u00e9coction<\/strong> pour usage externe, 30 \u00e0 50 grammes de plante enti\u00e8re par litre d&rsquo;eau, bouillis 10 minutes, pour des compresses anti-inflammatoires sur les zones douloureuses, en v\u00e9rifiant pr\u00e9alablement l&rsquo;absence de r\u00e9action cutan\u00e9e sur une petite zone. En <strong>teinture<\/strong>, la plante fra\u00eeche mac\u00e9r\u00e9e dans de l&rsquo;alcool \u00e0 45 degr\u00e9s pendant deux semaines, filtr\u00e9e, se prenait \u00e0 raison de 10 \u00e0 20 gouttes dilu\u00e9es dans un peu d&rsquo;eau, deux fois par jour. En <strong>bain<\/strong>, une d\u00e9coction concentr\u00e9e (100 grammes pour 2 litres d&rsquo;eau) \u00e9tait ajout\u00e9e \u00e0 l&rsquo;eau du bain pour ses effets anti-inflammatoires et insectifuges. Pour l&rsquo;usage <strong>insectifuge<\/strong>, la plante fra\u00eeche \u00e9tait simplement froiss\u00e9e et dispos\u00e9e dans les pi\u00e8ces ou frott\u00e9e sur la peau. L&rsquo;usage interne doit rester de courte dur\u00e9e (5 \u00e0 7 jours maximum) et toute utilisation th\u00e9rapeutique n\u00e9cessite un avis m\u00e9dical pr\u00e9alable.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;Anth\u00e9mis f\u00e9tide pr\u00e9sente plusieurs contre-indications importantes li\u00e9es \u00e0 sa composition chimique. La plante est <strong>formellement contre-indiqu\u00e9e pendant la grossesse<\/strong> en raison de ses propri\u00e9t\u00e9s emm\u00e9nagogues et ut\u00e9rotoniques qui pourraient provoquer des contractions ut\u00e9rines et un risque de fausse couche. L&rsquo;<strong>allaitement<\/strong> constitue \u00e9galement une contre-indication stricte. Les personnes souffrant d&rsquo;<strong>allergie aux Asteraceae<\/strong> (Compos\u00e9es) doivent absolument \u00e9viter cette plante, car les sesquiterp\u00e8nes lactones qu&rsquo;elle contient sont de puissants allerg\u00e8nes pouvant provoquer des dermatites de contact s\u00e9v\u00e8res, de l&rsquo;urticaire et, dans de rares cas, des r\u00e9actions anaphylactiques. Le contact direct avec la plante fra\u00eeche peut provoquer des <strong>irritations cutan\u00e9es<\/strong> et des <strong>v\u00e9sications<\/strong> chez les personnes sensibles. L&rsquo;usage interne est d\u00e9conseill\u00e9 chez les personnes souffrant de <strong>gastrite<\/strong>, d&rsquo;<strong>ulc\u00e8re gastroduod\u00e9nal<\/strong> ou de <strong>maladie inflammatoire de l&rsquo;intestin<\/strong>, la plante pouvant aggraver l&rsquo;irritation des muqueuses. Les <strong>enfants de moins de 12 ans<\/strong> ne doivent pas consommer de pr\u00e9parations \u00e0 base de cette plante. Un surdosage peut entra\u00eener des naus\u00e9es, des vomissements, des diarrh\u00e9es et des irritations buccales. La manipulation de la plante pour les travaux de r\u00e9colte doit se faire avec des gants.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Plusieurs interactions m\u00e9dicamenteuses th\u00e9oriques et document\u00e9es doivent \u00eatre prises en compte lors de l&rsquo;utilisation de l&rsquo;Anth\u00e9mis f\u00e9tide. Les <strong>sesquiterp\u00e8nes lactones<\/strong> de la plante pourraient potentialiser l&rsquo;effet des <strong>anti-inflammatoires non st\u00e9ro\u00efdiens<\/strong> (ibuprof\u00e8ne, aspirine) tout en augmentant le risque d&rsquo;irritation gastrique. L&rsquo;association avec des <strong>anticoagulants<\/strong> oraux (warfarine, ac\u00e9nocoumarol) est \u00e0 \u00e9viter car les coumarines pr\u00e9sentes dans la plante pourraient interf\u00e9rer avec le m\u00e9tabolisme de ces m\u00e9dicaments et modifier l&rsquo;INR. Les propri\u00e9t\u00e9s <strong>emm\u00e9nagogues<\/strong> de la plante contre-indiquent son association avec des traitements hormonaux, en particulier les <strong>contraceptifs oraux<\/strong>, dont l&rsquo;efficacit\u00e9 pourrait th\u00e9oriquement \u00eatre r\u00e9duite. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> contenus dans l&rsquo;Anth\u00e9mis f\u00e9tide, notamment l&rsquo;apig\u00e9nine, sont des inhibiteurs connus de certaines isoformes du <strong>cytochrome P450<\/strong> (CYP1A2, CYP3A4), ce qui pourrait modifier le m\u00e9tabolisme de nombreux m\u00e9dicaments substrats de ces enzymes. L&rsquo;association avec des <strong>s\u00e9datifs<\/strong> et des <strong>anxiolytiques<\/strong> benzodiaz\u00e9piniques est \u00e0 \u00e9viter en raison d&rsquo;une possible potentialisation des effets s\u00e9datifs. Enfin, la plante ne doit pas \u00eatre associ\u00e9e \u00e0 d&rsquo;autres plantes ou m\u00e9dicaments potentiellement h\u00e9patotoxiques, les lactones sesquiterp\u00e9niques pouvant exercer une toxicit\u00e9 h\u00e9patique \u00e0 dose \u00e9lev\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;histoire de l&rsquo;Anth\u00e9mis f\u00e9tide est ins\u00e9parable de celle des grandes adventices des cultures c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res qui accompagnent l&rsquo;humanit\u00e9 depuis le N\u00e9olithique. Des restes arch\u00e9obotaniques de <em>Anthemis cotula<\/em> ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s dans des sites n\u00e9olithiques et de l&rsquo;\u00c2ge du Bronze en Europe, attestant de sa longue cohabitation avec les populations humaines. Dans l&rsquo;Antiquit\u00e9 romaine, la plante \u00e9tait connue comme un fl\u00e9au des moissons mais aussi comme un rem\u00e8de populaire. Au Moyen \u00c2ge, elle \u00e9tait cultiv\u00e9e dans certains jardins monastiques, bien que les herboristes les plus rigoureux la distinguaient clairement de la Camomille noble. En Angleterre, elle portait le nom de <em>stinking mayweed<\/em> et \u00e9tait associ\u00e9e aux terrains pauvrement entretenus. Les fermiers l&rsquo;utilisaient comme <strong>insectifuge<\/strong> naturel dans les \u00e9tables et les greniers. En Irlande, une infusion forte \u00e9tait employ\u00e9e pour laver les plaies infect\u00e9es du b\u00e9tail. Dans certaines r\u00e9gions de France, l&rsquo;eau de cuisson des tiges servait \u00e0 rincer les cheveux pour \u00e9liminer les poux. La plante a \u00e9galement servi de <strong>teinture<\/strong> v\u00e9g\u00e9tale, donnant une couleur jaune p\u00e2le \u00e0 verd\u00e2tre aux textiles. En Am\u00e9rique du Nord, les colons europ\u00e9ens ont import\u00e9 involontairement la plante avec les semences de c\u00e9r\u00e9ales, et certaines tribus am\u00e9rindiennes ont adopt\u00e9 son usage comme rem\u00e8de contre les fi\u00e8vres et les douleurs.<\/p>\n<hr>\n<h3>Usages alimentaires et culinaires<\/h3>\n<p>L&rsquo;Anth\u00e9mis f\u00e9tide n&rsquo;est pas consid\u00e9r\u00e9e comme une plante alimentaire, son odeur et son go\u00fbt repoussants constituant un obstacle \u00e9vident \u00e0 toute utilisation culinaire. Contrairement \u00e0 sa cousine la Camomille romaine (<em>Chamaemelum nobile<\/em>), dont les capitules parfument agr\u00e9ablement des tisanes, des liqueurs et des desserts, la Maroute d\u00e9gage une odeur f\u00e9tide et \u00e2cre qui la rend impropre \u00e0 la consommation directe. Historiquement, elle a parfois \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e en brasserie artisanale dans certaines r\u00e9gions d&rsquo;Europe du Nord, ajout\u00e9e \u00e0 la bi\u00e8re avant la g\u00e9n\u00e9ralisation du houblon, comme aromatisant et conservateur, mais cette pratique a rapidement \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9e au profit de plantes plus agr\u00e9ables au palais. Quelques sources anciennes mentionnent l&rsquo;utilisation de tr\u00e8s petites quantit\u00e9s de capitules s\u00e9ch\u00e9s pour aromatiser des vinaigres m\u00e9dicinaux, mais il s&rsquo;agissait davantage de pr\u00e9parations th\u00e9rapeutiques que culinaires. La plante est g\u00e9n\u00e9ralement \u00e9vit\u00e9e par le b\u00e9tail en p\u00e2ture, ce qui t\u00e9moigne de son caract\u00e8re peu app\u00e9tent. Les vaches qui consomment accidentellement de l&rsquo;Anth\u00e9mis f\u00e9tide produisent un lait au go\u00fbt alt\u00e9r\u00e9. En r\u00e9sum\u00e9, cette plante doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme non alimentaire et son usage culinaire n&rsquo;est pas recommand\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects \u00e9cologiques et biodiversit\u00e9<\/h3>\n<p>L&rsquo;Anth\u00e9mis f\u00e9tide, malgr\u00e9 son statut d&rsquo;adventice souvent combattue, joue un r\u00f4le non n\u00e9gligeable dans l&rsquo;\u00e9cosyst\u00e8me agricole. Ses capitules produisent du nectar et du pollen accessibles \u00e0 une large gamme d&rsquo;insectes pollinisateurs, en particulier les <strong>syrphes<\/strong> (mouches \u00e0 allure d&rsquo;abeilles), les <strong>petits col\u00e9opt\u00e8res<\/strong> et divers <strong>hym\u00e9nopt\u00e8res<\/strong>. Les syrphes, dont les larves sont de voraces consommatrices de pucerons, trouvent dans les fleurs de l&rsquo;Anth\u00e9mis f\u00e9tide une source de nourriture pr\u00e9cieuse, ce qui fait de cette plante un auxiliaire indirect de la lutte biologique. Les graines sont consomm\u00e9es par certains oiseaux granivores des milieux cultiv\u00e9s. La plante, en tant qu&rsquo;adventice annuelle, participe \u00e0 la diversit\u00e9 floristique des champs cultiv\u00e9s, un \u00e9cosyst\u00e8me dont la biodiversit\u00e9 est gravement menac\u00e9e par l&rsquo;agriculture intensive. Elle fait partie du cort\u00e8ge des <strong>plantes messicoles<\/strong>, ces compagnes des moissons en r\u00e9gression dramatique dans toute l&rsquo;Europe. Paradoxalement, bien qu&rsquo;elle soit plus r\u00e9sistante aux herbicides que beaucoup d&rsquo;autres messicoles, l&rsquo;Anth\u00e9mis f\u00e9tide a elle aussi r\u00e9gress\u00e9 dans les grandes plaines c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res. Ses propri\u00e9t\u00e9s <strong>all\u00e9lopathiques<\/strong> ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9es : la plante s\u00e9cr\u00e8te des compos\u00e9s qui inhibent la germination et la croissance de certaines autres esp\u00e8ces, ce qui contribue \u00e0 son succ\u00e8s comp\u00e9titif dans les cultures.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et multiplication<\/h3>\n<p>La culture volontaire de l&rsquo;Anth\u00e9mis f\u00e9tide n&rsquo;est pratiqu\u00e9e que dans le cadre de jardins botaniques, de conservatoires de plantes messicoles ou de parcelles exp\u00e9rimentales. En tant que plante annuelle, elle se multiplie exclusivement par <strong>semis<\/strong>. Les graines sont r\u00e9colt\u00e9es \u00e0 maturit\u00e9 en fin d&rsquo;\u00e9t\u00e9 et conserv\u00e9es au sec \u00e0 temp\u00e9rature ambiante, o\u00f9 elles gardent leur pouvoir germinatif pendant plusieurs ann\u00e9es. Le semis s&rsquo;effectue au printemps (mars-avril) ou en automne (septembre-octobre), directement en place, en surface ou tr\u00e8s superficiellement recouvert (1 \u00e0 2 millim\u00e8tres de substrat). La germination requiert de la lumi\u00e8re et intervient en 10 \u00e0 21 jours \u00e0 une temp\u00e9rature optimale de 15 \u00e0 20 degr\u00e9s. La plante est peu exigeante sur la nature du sol mais pr\u00e9f\u00e8re les substrats argilo-limoneux, riches en azote, neutres \u00e0 faiblement acides. Une exposition ensoleill\u00e9e est n\u00e9cessaire pour un bon d\u00e9veloppement. L&rsquo;Anth\u00e9mis f\u00e9tide ne n\u00e9cessite aucun entretien particulier et se ress\u00e8me abondamment si on la laisse grainer, ce qui peut la rendre envahissante dans les jardins. Pour les programmes de conservation des plantes messicoles, elle peut \u00eatre sem\u00e9e dans des jach\u00e8res fleuries ou des bandes enherb\u00e9es en bordure de champs. La r\u00e9colte des capitules \u00e0 des fins m\u00e9dicinales s&rsquo;effectue en pleine floraison, par temps sec, et le s\u00e9chage doit \u00eatre rapide, \u00e0 l&rsquo;ombre et dans un endroit ventil\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et conservation<\/h3>\n<p>L&rsquo;Anth\u00e9mis f\u00e9tide ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucun statut de protection particulier en Europe, \u00e9tant consid\u00e9r\u00e9e comme une esp\u00e8ce commune et m\u00eame nuisible dans de nombreux contextes agricoles. En France, elle n&rsquo;est inscrite sur aucune liste rouge nationale ou r\u00e9gionale et ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune mesure de conservation sp\u00e9cifique. Dans plusieurs pays anglo-saxons (\u00c9tats-Unis, Canada, Australie, Nouvelle-Z\u00e9lande), elle est au contraire class\u00e9e comme <strong>mauvaise herbe r\u00e9glement\u00e9e<\/strong> ou <strong>esp\u00e8ce envahissante<\/strong>, et des mesures de lutte sont mises en place pour limiter sa propagation dans les cultures. La plante ne figure pas dans la <strong>Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise<\/strong> ni dans la <strong>Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne<\/strong>. Elle n&rsquo;est pas inscrite sur la liste des plantes autoris\u00e9es dans les compl\u00e9ments alimentaires en France. Aucune monographie officielle n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e sur cette esp\u00e8ce. En herboristerie, sa vente est possible en tant que plante en l&rsquo;\u00e9tat mais non en tant que m\u00e9dicament \u00e0 base de plantes. Paradoxalement, dans le contexte plus large de la conservation de la flore messicole, l&rsquo;Anth\u00e9mis f\u00e9tide fait partie des esp\u00e8ces dont la r\u00e9gression dans les grandes cultures est observ\u00e9e avec pr\u00e9occupation par les botanistes, car sa disparition t\u00e9moigne de l&rsquo;appauvrissement g\u00e9n\u00e9ral de la biodiversit\u00e9 des paysages agricoles europ\u00e9ens.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>ANTH\u00c9MIS F\u00c9TIDE pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Anthemis%20cotula\">Plants of the World Online, Kew : <em>Anthemis cotula<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Anthemis+cotula\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Anthemis cotula<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> F\u00e9brifuge<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Anthemis cotulaK\u00f6hler&rsquo;s Medizinal-Pflanzen, 1887 L&rsquo;Anth\u00e9mis f\u00e9tide (Anthemis cotula) est une plante herbac\u00e9e annuelle de la famille des Asteraceae (Compos\u00e9es). 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