{"id":4511,"date":"2026-03-27T22:49:32","date_gmt":"2026-03-27T21:49:32","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/27\/armoise-blanche\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:11","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:11","slug":"armoise-blanche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/27\/armoise-blanche\/","title":{"rendered":"ARMOISE BLANCHE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/armoise-blanche.png\" alt=\"Planche botanique Armoise blanche\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;<em>Artemisia alba<\/em> Turra (syn. <em>Artemisia camphorata<\/em> Vill.), commun\u00e9ment appel\u00e9e armoise blanche ou armoise camphr\u00e9e, est une plante vivace aromatique de la famille des <strong>Asteraceae<\/strong> (compos\u00e9es). Le genre <em>Artemisia<\/em>, l&rsquo;un des plus vastes de la flore mondiale avec environ 500 esp\u00e8ces, regroupe des plantes aromatiques aux propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales reconnues : absinthe, estragon, armoise commune, g\u00e9n\u00e9pi. Le nom <em>Artemisia<\/em> est d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la d\u00e9esse grecque Art\u00e9mis, protectrice de la nature et de la f\u00e9condit\u00e9. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>alba<\/em> (blanche) fait r\u00e9f\u00e9rence au feuillage argent\u00e9-blanch\u00e2tre de la plante.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>L&rsquo;armoise blanche est un sous-arbrisseau vivace, ligneux \u00e0 la base, haut de 20 \u00e0 50 cm. La souche est ligneuse, tortueuse, ramifi\u00e9e. Les tiges sont dress\u00e9es, rigides, stri\u00e9es, pubescentes \u00e0 tomenteuses, tr\u00e8s ramifi\u00e9es. Les feuilles, tr\u00e8s aromatiques au froissement, sont alternes, bipennatis\u00e9qu\u00e9es \u00e0 tripennatis\u00e9qu\u00e9es, \u00e0 segments lin\u00e9aires tr\u00e8s fins (capillaires), recouverts d&rsquo;une pubescence argent\u00e9e-blanch\u00e2tre. Le feuillage a un aspect plumeux et argent\u00e9 caract\u00e9ristique. Les feuilles d\u00e9gagent une odeur camphr\u00e9e prononc\u00e9e, d&rsquo;o\u00f9 le synonyme <em>camphorata<\/em>. L&rsquo;inflorescence est une panicule terminale \u00e9troite compos\u00e9e de capitules tr\u00e8s petits (2-3 mm), ovo\u00efdes, pendants. Les capitules contiennent 4 \u00e0 8 fleurs tubuleuses, jaunes \u00e0 brun\u00e2tres. L&rsquo;involucre est form\u00e9 de bract\u00e9es pubescentes. Les fruits sont des ak\u00e8nes tr\u00e8s petits, sans aigrette. Le syst\u00e8me racinaire est ligneux, pivotant, profond, adapt\u00e9 aux sols secs et rocheux.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat naturel et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>L&rsquo;armoise blanche est une esp\u00e8ce m\u00e9diterran\u00e9o-montagnarde dont l&rsquo;aire de r\u00e9partition couvre le sud de l&rsquo;Europe, du Portugal aux Balkans. En France, elle est pr\u00e9sente dans le sud-est du territoire : Alpes du Sud, Provence, Languedoc, vall\u00e9es internes des Alpes (Brian\u00e7onnais, Ubaye, Durance). Elle affectionne les pelouses s\u00e8ches rocailleuses, les \u00e9boulis fix\u00e9s, les falaises calcaires, les garrigues, les steppes et les milieux ouverts sur substrat calcaire ou marneux. C&rsquo;est une esp\u00e8ce x\u00e9rophile, thermophile et calcicole, li\u00e9e aux expositions chaudes et ensoleill\u00e9es. Elle se rencontre de 200 \u00e0 2 000 m d&rsquo;altitude, avec un optimum entre 500 et 1 500 m. Elle est caract\u00e9ristique des pelouses steppiques des vall\u00e9es internes des Alpes (alliance <em>Stipo-Poion<\/em>).<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p>L&rsquo;armoise blanche est un cham\u00e9phyte sous-frutescent dont la partie a\u00e9rienne est partiellement persistante. La reprise de croissance active a lieu au printemps (avril-mai). Le feuillage se d\u00e9veloppe en mai-juin, les nouvelles pousses apparaissant sur la souche ligneuse. La floraison se d\u00e9roule de juillet \u00e0 septembre, avec un pic en ao\u00fbt. La pollinisation est an\u00e9mophile, les capitules lib\u00e9rant un pollen abondant au vent. La fructification se poursuit de septembre \u00e0 novembre. Les ak\u00e8nes, tr\u00e8s l\u00e9gers, sont dispers\u00e9s par le vent. La plante conserve une partie de son feuillage en hiver, les feuilles les plus anciennes jaunissant tandis que les jeunes pousses restent argent\u00e9es. La souche ligneuse assure la p\u00e9rennit\u00e9 de la plante, m\u00eame dans les conditions de s\u00e9cheresse et de froid des milieux montagnards continentaux. La long\u00e9vit\u00e9 individuelle peut atteindre plusieurs d\u00e9cennies.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>L&rsquo;armoise blanche est riche en m\u00e9tabolites secondaires. Son <strong>huile essentielle<\/strong>, obtenue par hydrodistillation des parties a\u00e9riennes, contient principalement du <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/cineal-eucalyptol\/\">1,8-cin\u00e9ole<\/a><\/strong> (eucalyptol), du <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/camphre\/\">camphre<\/a><\/strong>, du <strong>born\u00e9ol<\/strong>, de l&rsquo;<strong>alpha-thujone<\/strong>, du <strong>beta-thujone<\/strong>, du <strong>chrysanth\u00e9none<\/strong> et divers <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/monoterpenes\/\">monoterp\u00e8nes<\/a><\/strong> et <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/sesquiterpenes\/\">sesquiterp\u00e8nes<\/a><\/strong>. La composition exacte varie selon les populations et les conditions \u00e9cologiques. Les parties a\u00e9riennes contiennent des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (eupatiline, hispiduline, art\u00e9m\u00e9tine), des <strong>lactones sesquiterp\u00e9niques<\/strong> (art\u00e9misinines et compos\u00e9s apparent\u00e9s), des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">coumarines<\/a><\/strong>, des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> et des <strong>polyac\u00e9tyl\u00e8nes<\/strong>. Les lactones sesquiterp\u00e9niques, notamment les d\u00e9riv\u00e9s de l&rsquo;<strong>art\u00e9misinine<\/strong>, sont des compos\u00e9s antimalariques puissants dans d&rsquo;autres esp\u00e8ces du genre. Les <strong>tanins<\/strong> et les <strong>r\u00e9sines<\/strong> compl\u00e8tent le profil chimique.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;armoise blanche poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales qui s&rsquo;inscrivent dans la tradition th\u00e9rapeutique riche du genre <em>Artemisia<\/em>. L&rsquo;huile essentielle, riche en 1,8-cin\u00e9ole et en camphre, conf\u00e8re des propri\u00e9t\u00e9s <strong>antiseptiques<\/strong>, <strong>expectorantes<\/strong> et <strong>anti-inflammatoires<\/strong> des voies respiratoires. Les flavono\u00efdes (eupatiline, hispiduline) poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s <strong>antioxydantes<\/strong>, <strong>anti-inflammatoires<\/strong> et <strong>gastroprotectrices<\/strong>. Les lactones sesquiterp\u00e9niques exercent des effets <strong>antimicrobiens<\/strong> et <strong>antiparasitaires<\/strong>. En m\u00e9decine populaire, l&rsquo;infusion de sommit\u00e9s fleuries servait de digestif amer, de vermifuge et de rem\u00e8de contre les troubles menstruels. L&rsquo;usage externe (bains, friction) soulageait les douleurs rhumatismales et musculaires. La thujone, pr\u00e9sente dans l&rsquo;huile essentielle, est neurotoxique \u00e0 forte dose, ce qui n\u00e9cessite des pr\u00e9cautions d&#8217;emploi. L&rsquo;armoise blanche n&rsquo;est pas inscrite dans la pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise, mais ses propri\u00e9t\u00e9s font l&rsquo;objet d&rsquo;un int\u00e9r\u00eat scientifique croissant.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Huile essentielle<\/td>\n<td>Huile essentielle<\/td>\n<td>Aromatique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Born\u00e9ol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Alpha-thujone<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Beta-thujone<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Chrysanth\u00e9none<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Les sommit\u00e9s fleuries et le feuillage de l&rsquo;armoise blanche sont r\u00e9colt\u00e9s en \u00e9t\u00e9 (juillet-ao\u00fbt) et s\u00e9ch\u00e9s \u00e0 l&rsquo;ombre dans un endroit a\u00e9r\u00e9. L&rsquo;infusion se pr\u00e9pare \u00e0 raison de 1 \u00e0 2 g de plante s\u00e8che pour 200 ml d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infusion de 5 \u00e0 10 minutes. L&rsquo;huile essentielle est obtenue par hydrodistillation, avec un rendement faible (0,2-0,5 %). Elle est utilis\u00e9e en aromath\u00e9rapie avec pr\u00e9caution en raison de la pr\u00e9sence de thujone. Les liqueurs aromatiques se pr\u00e9parent par mac\u00e9ration des sommit\u00e9s dans de l&rsquo;alcool fort (grappa, eau-de-vie) pendant 2 \u00e0 4 semaines, additionn\u00e9es de sucre. Les sachets de plante s\u00e8che servent de r\u00e9pulsif contre les insectes dans les armoires. En parfumerie de niche, l&rsquo;huile essentielle ou l&rsquo;absolue d&rsquo;armoise blanche apporte des notes camphr\u00e9es et herbac\u00e9es aux compositions aromatiques.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects \u00e9cologiques et environnementaux<\/h3>\n<p>L&rsquo;armoise blanche est une esp\u00e8ce structurante des pelouses steppiques et des garrigues s\u00e8ches du sud-est de la France. Ces milieux, parmi les plus riches en biodiversit\u00e9 d&rsquo;Europe m\u00e9ridionale, abritent une faune et une flore adapt\u00e9es aux conditions de s\u00e9cheresse et de chaleur extr\u00eames. Le feuillage aromatique de l&rsquo;armoise blanche, riche en compos\u00e9s terp\u00e9niques, exerce un effet all\u00e9lopathique qui influence la composition de la v\u00e9g\u00e9tation environnante. Ses fleurs fournissent du pollen aux insectes pollinisateurs automnaux. Son r\u00f4le dans la fixation des sols superficiels des \u00e9boulis et des pentes rocailleuses est important. La r\u00e9gression des pelouses steppiques sous l&rsquo;effet de l&rsquo;abandon pastoral, du boisement spontan\u00e9 et de l&rsquo;urbanisation menace indirectement les populations d&rsquo;armoise blanche.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Toxicit\u00e9 non document\u00e9e ; en l\u2019absence de donn\u00e9es, s\u2019abstenir de tout usage interne non encadr\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Dans les vall\u00e9es internes des Alpes, l&rsquo;armoise blanche fait partie du patrimoine ethnobotanique local. Les montagnards du Brian\u00e7onnais, de l&rsquo;Ubaye et de la Haute-Durance r\u00e9coltaient les sommit\u00e9s fleuries pour pr\u00e9parer des infusions digestives et des liqueurs aromatiques comparables au g\u00e9n\u00e9pi. La plante servait \u00e0 parfumer les armoires et \u00e0 \u00e9loigner les insectes (mites, puces) gr\u00e2ce \u00e0 son odeur camphr\u00e9e. En Provence, l&rsquo;armoise blanche entrait dans la composition de bouquets aromatiques s\u00e9ch\u00e9s, de pots-pourris et de sachets parfum\u00e9s. Les bergers frottaient les plaies des animaux avec des feuilles froiss\u00e9es pour leurs propri\u00e9t\u00e9s antiseptiques. En Italie, dans les vall\u00e9es pi\u00e9montaises, la plante servait \u00e0 pr\u00e9parer un digestif amer infus\u00e9 dans la grappa. L&rsquo;odeur camphr\u00e9e caract\u00e9ristique de l&rsquo;armoise blanche impr\u00e8gne les pelouses steppiques des Alpes du Sud, contribuant \u00e0 l&rsquo;atmosph\u00e8re olfactive si particuli\u00e8re de ces paysages.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et exigences agronomiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;armoise blanche est cultivable comme plante aromatique et ornementale dans les jardins secs et les rocailles m\u00e9diterran\u00e9ennes. La multiplication se fait par bouturage de tiges semi-ligneuses en \u00e9t\u00e9 (juillet-ao\u00fbt) ou par semis au printemps. Les graines, tr\u00e8s fines, se s\u00e8ment en surface sur un substrat sableux calcaire humide. La germination intervient en 2 \u00e0 4 semaines. Le bouturage est plus rapide et fiable. L&rsquo;armoise blanche exige le plein soleil et un sol calcaire, sec, pierreux, tr\u00e8s bien drain\u00e9. Elle tol\u00e8re parfaitement la s\u00e9cheresse estivale et la chaleur. Elle craint l&rsquo;exc\u00e8s d&rsquo;humidit\u00e9 hivernale, qui provoque la pourriture. Aucune fertilisation n&rsquo;est n\u00e9cessaire. La taille printani\u00e8re (rabattage l\u00e9ger des tiges anciennes) rajeunit le feuillage. La rusticit\u00e9 est bonne (-15 \u00b0C), meilleure en sol parfaitement drain\u00e9. L&rsquo;armoise blanche s&rsquo;int\u00e8gre bien dans les jardins de gravier, les rocailles et les am\u00e9nagements paysagers m\u00e9diterran\u00e9ens.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut de conservation et r\u00e9glementation<\/h3>\n<p>L&rsquo;armoise blanche n&rsquo;est pas prot\u00e9g\u00e9e au niveau national en France. Elle est consid\u00e9r\u00e9e comme commune dans son aire de r\u00e9partition m\u00e9ridionale, bien que localement rare en marge. Elle ne figure sur aucune liste rouge nationale. Les pelouses steppiques qu&rsquo;elle caract\u00e9rise sont cependant des habitats d&rsquo;int\u00e9r\u00eat communautaire (code 6210, parfois 6240*), b\u00e9n\u00e9ficiant de mesures de conservation dans le cadre du r\u00e9seau Natura 2000. Aucune r\u00e9glementation ne concerne sa cueillette ou son commerce. La cueillette \u00e0 des fins personnelles est libre dans le respect de la propri\u00e9t\u00e9 et des espaces prot\u00e9g\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h3>Anecdotes et curiosit\u00e9s historiques<\/h3>\n<p>L&rsquo;armoise blanche est souvent confondue avec le g\u00e9n\u00e9pi (<em>Artemisia genipi<\/em> et esp\u00e8ces voisines) dans la tradition alpine, les deux plantes partageant le genre <em>Artemisia<\/em> et une utilisation en liquoristerie. Cependant, le g\u00e9n\u00e9pi pousse en haute altitude (2 000-3 500 m) tandis que l&rsquo;armoise blanche habite les vall\u00e9es s\u00e8ches (500-1 500 m). Les distillateurs des Alpes du Sud ont parfois utilis\u00e9 l&rsquo;armoise blanche comme substitut du g\u00e9n\u00e9pi, devenu rare et prot\u00e9g\u00e9. L&rsquo;odeur camphr\u00e9e de l&rsquo;armoise blanche impr\u00e9gnait les maisons de montagne o\u00f9 les bouquets s\u00e9ch\u00e9s \u00e9taient suspendus pour \u00e9loigner les insectes. Le botaniste italien Antonio Turra d\u00e9crivit l&rsquo;esp\u00e8ce en 1764. La confusion taxonomique entre <em>A. alba<\/em> et <em>A. camphorata<\/em> a persist\u00e9 jusqu&rsquo;au XXe si\u00e8cle, certains auteurs les consid\u00e9rant comme des esp\u00e8ces distinctes, d&rsquo;autres comme des synonymes.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>L&rsquo;armoise blanche peut \u00eatre confondue avec d&rsquo;autres armoises \u00e0 feuillage argent\u00e9. L&rsquo;<em>Artemisia absinthium<\/em> (grande absinthe) se distingue par ses feuilles plus larges, moins finement d\u00e9coup\u00e9es, et son odeur diff\u00e9rente. L&rsquo;<em>Artemisia vulgaris<\/em> (armoise commune) poss\u00e8de des feuilles vertes dessus et blanches dessous, pennatilob\u00e9es. L&rsquo;<em>Artemisia genipi<\/em> (g\u00e9n\u00e9pi) est plus petite, \u00e0 feuilles enti\u00e8res ou peu d\u00e9coup\u00e9es, et pousse en haute altitude. L&rsquo;<em>Artemisia campestris<\/em> (armoise champ\u00eatre) a des feuilles glabres, vertes, et un port diff\u00e9rent. La <em>Santolina chamaecyparissus<\/em> (santoline petit-cypr\u00e8s), Asteraceae m\u00e9diterran\u00e9enne, a un feuillage argent\u00e9 mais des capitules jaunes globuleux tr\u00e8s diff\u00e9rents. Le crit\u00e8re le plus fiable est la combinaison du feuillage tr\u00e8s finement d\u00e9coup\u00e9 (capillaire), argent\u00e9-blanch\u00e2tre, et de l&rsquo;odeur camphr\u00e9e prononc\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>L&rsquo;armoise blanche est une plante aromatique et m\u00e9dicinale dont le potentiel reste largement inexploit\u00e9. Sa richesse en compos\u00e9s bioactifs \u2014 huile essentielle, flavono\u00efdes, lactones sesquiterp\u00e9niques \u2014 en fait une candidate s\u00e9rieuse pour la recherche phytopharmaceutique, notamment dans les domaines de l&rsquo;inflammation, de l&rsquo;infection et de la protection gastrique. Les perspectives de valorisation incluent la production d&rsquo;huile essentielle, la cr\u00e9ation de liqueurs et produits alimentaires artisanaux, et l&rsquo;utilisation en jardinage sec et en am\u00e9nagement paysager durable. La conservation de ses habitats steppiques est un enjeu majeur pour la biodiversit\u00e9 des Alpes du Sud et de la Provence. L&rsquo;armoise blanche, sentinelle argent\u00e9e des pelouses s\u00e8ches, m\u00e9rite une reconnaissance \u00e0 la hauteur de ses qualit\u00e9s aromatiques et \u00e9cologiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Artemisia%20alba\">Plants of the World Online, Kew : <em>Artemisia alba<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Artemisia+alba\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Artemisia alba<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antiseptique<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE L&rsquo;Artemisia alba Turra (syn. Artemisia camphorata Vill.), commun\u00e9ment appel\u00e9e armoise blanche ou armoise camphr\u00e9e, est une plante vivace aromatique de la [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[56],"tags":[],"class_list":["post-4511","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-asteracees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4511","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4511"}],"version-history":[{"count":15,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4511\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13668,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4511\/revisions\/13668"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4511"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4511"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4511"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}