{"id":4515,"date":"2026-03-28T08:01:12","date_gmt":"2026-03-28T07:01:12","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/artichaut\/"},"modified":"2026-06-24T17:51:22","modified_gmt":"2026-06-24T15:51:22","slug":"artichaut","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/artichaut\/","title":{"rendered":"ARTICHAUT"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/artichaut.png\" alt=\"Planche botanique Artichaut\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;<strong>Artichaut<\/strong> (<em>Cynara scolymus<\/em>) est une plante herbac\u00e9e vivace de grande taille appartenant \u00e0 la famille des <strong>Asteraceae<\/strong> (Compos\u00e9es). Le nom de genre <em>Cynara<\/em> d\u00e9rive du grec <em>kinara<\/em> ou <em>kunara<\/em>, possiblement li\u00e9 au mot <em>kuon<\/em> (chien), par allusion aux bract\u00e9es \u00e9pineuses \u00e9voquant des canines, ou plus probablement du latin <em>cinis<\/em> (cendre), la culture de l&rsquo;artichaut n\u00e9cessitant traditionnellement un amendement cendreux du sol. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>scolymus<\/em> provient du grec <em>skolos<\/em> (\u00e9pine). Cette plante imposante, pouvant atteindre 1,5 \u00e0 2 m\u00e8tres de hauteur, est cultiv\u00e9e depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 pour son capitule charnu r\u00e9colt\u00e9 avant la floraison. Elle est probablement d\u00e9riv\u00e9e du Cardon sauvage (<em>Cynara cardunculus<\/em>) par s\u00e9lection humaine progressive au cours des mill\u00e9naires. Les capitules, compos\u00e9s d&rsquo;un r\u00e9ceptacle charnu (le fond d&rsquo;artichaut) entour\u00e9 de bract\u00e9es charnues \u00e0 leur base (les feuilles de l&rsquo;artichaut comestible), constituent la partie la plus consomm\u00e9e. Les v\u00e9ritables feuilles, grandes, profond\u00e9ment d\u00e9coup\u00e9es, gris-vert, sont la partie utilis\u00e9e en phytoth\u00e9rapie.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>L&rsquo;Artichaut est originaire du bassin m\u00e9diterran\u00e9en, probablement de la r\u00e9gion comprise entre l&rsquo;Afrique du Nord (Tunisie, Alg\u00e9rie, Maroc) et le sud de l&rsquo;Europe (Sicile, Sardaigne, p\u00e9ninsule ib\u00e9rique). Sa domestication remonte \u00e0 l&rsquo;Antiquit\u00e9 gr\u00e9co-romaine, bien que la forme cultiv\u00e9e telle que nous la connaissons ne se soit v\u00e9ritablement d\u00e9velopp\u00e9e qu&rsquo;au XVe si\u00e8cle en Italie, d&rsquo;o\u00f9 elle a ensuite gagn\u00e9 la France sous l&rsquo;impulsion de Catherine de M\u00e9dicis. Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;Artichaut est cultiv\u00e9 dans toutes les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es chaudes et m\u00e9diterran\u00e9ennes du monde. L&rsquo;Italie est le premier producteur mondial, suivie de l&rsquo;Espagne et de l&rsquo;\u00c9gypte. En France, la culture est principalement concentr\u00e9e en Bretagne (vari\u00e9t\u00e9 Camus de Bretagne) et dans le sud-est (vari\u00e9t\u00e9 Violet de Provence). La plante exige un climat doux, avec des hivers peu rigoureux (elle craint les gel\u00e9es inf\u00e9rieures \u00e0 -5 degr\u00e9s) et des \u00e9t\u00e9s pas trop secs. Elle pr\u00e9f\u00e8re les sols profonds, fertiles, bien drain\u00e9s, riches en mati\u00e8re organique, \u00e0 pH neutre \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement alcalin. \u00c0 l&rsquo;\u00e9tat subspontan\u00e9, on la rencontre parfois dans les friches et les terrains vagues du pourtour m\u00e9diterran\u00e9en, rappelant ses origines sauvages.<\/p>\n<hr>\n<h3>Description morphologique d\u00e9taill\u00e9e<\/h3>\n<p>L&rsquo;Artichaut est une plante vivace de grande taille, formant une rosette basale imposante la premi\u00e8re ann\u00e9e, puis d\u00e9veloppant une tige florale robuste la deuxi\u00e8me ann\u00e9e et les suivantes. La tige, \u00e9paisse et cannel\u00e9e, peut atteindre 1,5 \u00e0 2 m\u00e8tres de hauteur. Les feuilles basales sont tr\u00e8s grandes (50 \u00e0 80 centim\u00e8tres de long), pennatilob\u00e9es \u00e0 pennatifides, \u00e0 segments larges et plus ou moins \u00e9pineux selon les vari\u00e9t\u00e9s, de couleur gris-vert sur la face sup\u00e9rieure et blanch\u00e2tres-tomenteuses en dessous. Le capitule, organe r\u00e9colt\u00e9 et consomm\u00e9, est un bourgeon floral compos\u00e9 d&rsquo;un r\u00e9ceptacle charnu (le fond) portant de nombreux fleurons tubul\u00e9s pourpres ou bleus \u00e0 maturit\u00e9, entour\u00e9 de bract\u00e9es involucrales (les \u00ab feuilles \u00bb de l&rsquo;artichaut du commerce) dont la base charnue est comestible. \u00c0 maturit\u00e9, si le capitule n&rsquo;est pas r\u00e9colt\u00e9, il s&rsquo;ouvre pour r\u00e9v\u00e9ler une magnifique inflorescence pourpre-violac\u00e9e de 10 \u00e0 15 centim\u00e8tres de diam\u00e8tre, tr\u00e8s attractive pour les insectes pollinisateurs. Les ak\u00e8nes sont surmont\u00e9s d&rsquo;un pappus plumeux facilitant la diss\u00e9mination par le vent. Le syst\u00e8me racinaire est puissant, pivotant, avec de nombreuses racines lat\u00e9rales, et la plante \u00e9met des drageons \u00e0 partir de sa souche.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>L&rsquo;Artichaut poss\u00e8de un profil phytochimique exceptionnellement riche et bien \u00e9tudi\u00e9, ce qui en fait l&rsquo;une des plantes m\u00e9dicinales les mieux document\u00e9es. Les feuilles (et non les capitules comestibles) constituent la partie la plus riche en principes actifs. Le compos\u00e9 majeur est la <strong>cynarine<\/strong> (acide 1,3-dicaf\u00e9ylquinique), un d\u00e9riv\u00e9 de l&rsquo;acide caf\u00e9ique qui constitue le marqueur phytochimique de la plante. La cynarine est accompagn\u00e9e de nombreux autres <strong>acides caf\u00e9ylquiniques<\/strong>, dont l&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, l&rsquo;<strong>acide n\u00e9ochlorog\u00e9nique<\/strong> et l&rsquo;<strong>acide cryptochlorog\u00e9nique<\/strong>. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> sont abondants, avec en particulier la <strong>lut\u00e9oline<\/strong>, la <strong>lut\u00e9oline-7-O-glucoside<\/strong> (cynaroside), l&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a><\/strong> et leurs d\u00e9riv\u00e9s glycosyl\u00e9s. Des <strong>lactones sesquiterp\u00e9niques<\/strong> am\u00e8res, notamment la <strong>cynaropicrine<\/strong>, sont responsables du go\u00fbt amer caract\u00e9ristique de la plante et de certaines de ses propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques. Les feuilles contiennent aussi des <strong>acides organiques<\/strong> (acide malique, succinique, citrique), des <strong>phytost\u00e9rols<\/strong> (taraxast\u00e9rol, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/beta-sitosterol\/\">b\u00eata-sitost\u00e9rol<\/a>), des <strong>tanins<\/strong>, de l&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/inuline\/\">inuline<\/a><\/strong> (un pr\u00e9biotique pr\u00e9sent surtout dans les racines et le fond d&rsquo;artichaut) et des <strong>sels min\u00e9raux<\/strong> (potassium, magn\u00e9sium, phosphore, fer).<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;Artichaut est l&rsquo;une des grandes plantes h\u00e9patobiliaires de la phytoth\u00e9rapie occidentale, dont l&rsquo;usage remonte \u00e0 l&rsquo;Antiquit\u00e9. Les \u00c9gyptiens, les Grecs et les Romains connaissaient d\u00e9j\u00e0 ses vertus digestives. Th\u00e9ophraste et Columelle mentionnent la culture de <em>Cynara<\/em>. La tradition m\u00e9dicinale attribue \u00e0 la feuille d&rsquo;Artichaut des propri\u00e9t\u00e9s <strong>chol\u00e9r\u00e9tiques<\/strong> (stimulation de la s\u00e9cr\u00e9tion biliaire) et <strong>cholagogues<\/strong> (facilitation de l&rsquo;\u00e9vacuation de la bile), ce qui en fait un rem\u00e8de de premier choix pour les troubles h\u00e9patobiliaires et digestifs. La plante est traditionnellement utilis\u00e9e pour traiter les <strong>dyspepsies<\/strong>, les <strong>naus\u00e9es<\/strong>, les <strong>ballonnements<\/strong>, les <strong>lourdeurs apr\u00e8s les repas<\/strong> et les <strong>troubles fonctionnels du foie<\/strong>. On lui reconna\u00eet \u00e9galement des vertus <strong>hypocholest\u00e9rol\u00e9miantes<\/strong>, fond\u00e9es sur un usage empirique confirm\u00e9 par la science moderne. En m\u00e9decine populaire m\u00e9diterran\u00e9enne, le suc frais de feuilles d&rsquo;Artichaut \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme un puissant <strong>d\u00e9puratif<\/strong> printanier, administr\u00e9 en cure pour \u00ab nettoyer le foie \u00bb et \u00ab purifier le sang \u00bb. Les propri\u00e9t\u00e9s <strong>diur\u00e9tiques<\/strong> de la plante \u00e9taient \u00e9galement reconnues et mises \u00e0 profit dans les cures d&rsquo;amaigrissement et les r\u00e9tentions d&rsquo;eau. L&rsquo;Artichaut fait partie de la triade h\u00e9patique classique de la phytoth\u00e9rapie fran\u00e7aise, aux c\u00f4t\u00e9s du Radis noir et du Chardon-Marie.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;Artichaut fait l&rsquo;objet d&rsquo;une recherche scientifique abondante et de qualit\u00e9, principalement orient\u00e9e vers la validation de ses usages traditionnels. En <strong>h\u00e9patologie<\/strong>, de nombreuses \u00e9tudes cliniques randomis\u00e9es ont confirm\u00e9 l&rsquo;efficacit\u00e9 de l&rsquo;extrait de feuille d&rsquo;Artichaut dans le traitement des <strong>dyspepsies fonctionnelles<\/strong>, avec une am\u00e9lioration significative des sympt\u00f4mes (naus\u00e9es, ballonnements, douleurs \u00e9pigastriques) par rapport au placebo. L&rsquo;effet <strong>hypocholest\u00e9rol\u00e9miant<\/strong> a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 par plusieurs m\u00e9ta-analyses, avec une r\u00e9duction modeste mais significative du cholest\u00e9rol total et du LDL-cholest\u00e9rol, probablement via l&rsquo;inhibition de la <strong>HMG-CoA r\u00e9ductase<\/strong> par la lut\u00e9oline et la cynarine. Les propri\u00e9t\u00e9s <strong>h\u00e9patoprotectrices<\/strong> ont \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9es in vitro et in vivo, avec une protection des h\u00e9patocytes contre le stress oxydatif et les toxines. L&rsquo;<strong>activit\u00e9 antioxydante<\/strong> puissante de la feuille d&rsquo;Artichaut, li\u00e9e \u00e0 sa richesse en acides caf\u00e9ylquiniques et en flavono\u00efdes, est l&rsquo;une des plus \u00e9lev\u00e9es parmi les l\u00e9gumes, comme l&rsquo;ont montr\u00e9 des \u00e9tudes comparatives. Des recherches r\u00e9centes explorent l&rsquo;effet <strong>pr\u00e9biotique<\/strong> de l&rsquo;inuline d&rsquo;artichaut sur le microbiote intestinal, ainsi que les propri\u00e9t\u00e9s <strong>anticanc\u00e9reuses<\/strong> potentielles de la cynaropicrine et de l&rsquo;apig\u00e9nine. Une monographie europ\u00e9enne reconna\u00eet l&rsquo;usage bien \u00e9tabli de la feuille d&rsquo;Artichaut pour le traitement symptomatique des troubles digestifs.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Cynarine (acide dicaf\u00e9oylquinique)<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">Acide ph\u00e9nolique<\/a><\/td>\n<td>Chol\u00e9r\u00e9tique, h\u00e9patoprotecteur<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Lut\u00e9oline et h\u00e9t\u00e9rosides<\/td>\n<td>Flavones<\/td>\n<td>Antioxydants, hypolip\u00e9miants<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Lactones sesquiterp\u00e9niques (cynaropicrine)<\/td>\n<td>Sesquiterp\u00e8nes<\/td>\n<td>Am\u00e8res, chol\u00e9r\u00e9tiques<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;Artichaut est l&rsquo;une des plantes m\u00e9dicinales les mieux codifi\u00e9es en termes de posologie. Les formes et doses recommand\u00e9es sont les suivantes, bas\u00e9es sur les monographies officielles. En <strong>infusion de feuilles s\u00e9ch\u00e9es<\/strong>, 6 grammes de feuilles pour 250 millilitres d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infus\u00e9es 15 minutes, \u00e0 boire avant les repas, trois fois par jour. Le go\u00fbt tr\u00e8s amer peut \u00eatre adouci avec du miel. En <strong>extrait sec standardis\u00e9<\/strong> (forme la plus courante et la mieux \u00e9tudi\u00e9e), 600 \u00e0 1200 milligrammes par jour en deux \u00e0 trois prises avant les repas, standardis\u00e9 \u00e0 un minimum de 2,5 % de cynarine ou de 5 % d&rsquo;acides caf\u00e9ylquiniques. En <strong>teinture-m\u00e8re<\/strong> (TM), 30 \u00e0 50 gouttes dans un verre d&rsquo;eau, trois fois par jour avant les repas. En <strong>jus frais stabilis\u00e9<\/strong> de feuilles, 10 \u00e0 20 millilitres par jour. En <strong>extrait fluide<\/strong>, 2 \u00e0 8 millilitres par jour en deux \u00e0 trois prises. La dur\u00e9e des cures est g\u00e9n\u00e9ralement de 3 \u00e0 4 semaines, renouvelable apr\u00e8s une pause d&rsquo;une semaine. L&rsquo;usage traditionnel de la feuille d&rsquo;Artichaut pour le soulagement des troubles digestifs et consid\u00e8re les preuves comme suffisantes pour un usage bien \u00e9tabli dans les dyspepsies fonctionnelles.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Malgr\u00e9 son excellent profil de s\u00e9curit\u00e9, la feuille d&rsquo;Artichaut pr\u00e9sente quelques contre-indications importantes. La plante est <strong>formellement contre-indiqu\u00e9e en cas d&rsquo;obstruction des voies biliaires<\/strong> (calcul biliaire obstructif, cholangite), son action cholagogue pouvant aggraver l&rsquo;obstruction et provoquer une colique h\u00e9patique. Elle est \u00e9galement contre-indiqu\u00e9e en cas de <strong>chol\u00e9cystite aigu\u00eb<\/strong> (inflammation de la v\u00e9sicule biliaire). Les personnes <strong>allergiques aux Asteraceae<\/strong> (Compos\u00e9es) doivent \u00e9viter cette plante en raison du risque de r\u00e9action crois\u00e9e, les <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/sesquiterpenes\/\">sesquiterp\u00e8nes<\/a> lactones comme la cynaropicrine \u00e9tant des allerg\u00e8nes potentiels. L&rsquo;utilisation pendant la <strong>grossesse<\/strong> et l&rsquo;<strong>allaitement<\/strong> est d\u00e9conseill\u00e9e par pr\u00e9caution, bien qu&rsquo;aucune toxicit\u00e9 n&rsquo;ait \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e. La plante pourrait <strong>r\u00e9duire la lactation<\/strong> selon certaines sources traditionnelles, ce qui constitue une raison suppl\u00e9mentaire d&rsquo;\u00e9viter son usage pendant l&rsquo;allaitement. Les personnes souffrant de <strong>lithiase biliaire connue<\/strong>, m\u00eame asymptomatique, doivent consulter leur m\u00e9decin avant toute utilisation. Les effets ind\u00e9sirables rapport\u00e9s sont rares et g\u00e9n\u00e9ralement b\u00e9nins : flatulences, diarrh\u00e9e mod\u00e9r\u00e9e et r\u00e9actions allergiques cutan\u00e9es occasionnelles. L&rsquo;Artichaut peut modifier le go\u00fbt du lait maternel et de certains aliments, rendant les saveurs plus am\u00e8res.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Les interactions m\u00e9dicamenteuses document\u00e9es pour la feuille d&rsquo;Artichaut sont relativement peu nombreuses mais m\u00e9ritent attention. L&rsquo;effet <strong>cholagogue<\/strong> de la plante peut modifier l&rsquo;absorption intestinale de m\u00e9dicaments administr\u00e9s par voie orale, en acc\u00e9l\u00e9rant le transit biliaire et en modifiant la composition du bol alimentaire. En particulier, l&rsquo;absorption des <strong>vitamines liposolubles<\/strong> (A, D, E, K) et des <strong>m\u00e9dicaments lipophiles<\/strong> pourrait \u00eatre affect\u00e9e. L&rsquo;interaction potentielle la plus significative concerne les <strong>statines<\/strong> (atorvastatine, simvastatine, rosuvastatine) : la feuille d&rsquo;Artichaut poss\u00e9dant elle-m\u00eame des propri\u00e9t\u00e9s hypocholest\u00e9rol\u00e9miantes, une potentialisation de l&rsquo;effet hypolip\u00e9miant est possible, pouvant n\u00e9cessiter un ajustement posologique. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> de l&rsquo;Artichaut, en particulier la lut\u00e9oline, sont des inhibiteurs mod\u00e9r\u00e9s de certaines isoformes du cytochrome P450, notamment le <strong>CYP1A2<\/strong>, ce qui pourrait augmenter les taux plasmatiques de m\u00e9dicaments m\u00e9tabolis\u00e9s par cette enzyme (th\u00e9ophylline, clozapine, certains antid\u00e9presseurs). L&rsquo;effet <strong>diur\u00e9tique<\/strong> de la plante pourrait s&rsquo;additionner \u00e0 celui des <strong>diur\u00e9tiques de synth\u00e8se<\/strong> et potentialiser les pertes en potassium. Les <strong>anticoagulants<\/strong> oraux pourraient voir leur efficacit\u00e9 modifi\u00e9e, la vitamine K \u00e9tant mieux excr\u00e9t\u00e9e sous l&rsquo;effet de la stimulation biliaire. Toute association m\u00e9dicamenteuse doit faire l&rsquo;objet d&rsquo;un avis m\u00e9dical.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;histoire de l&rsquo;Artichaut est indissociable de celle de la gastronomie et de la m\u00e9decine m\u00e9diterran\u00e9ennes. Les premi\u00e8res repr\u00e9sentations connues datent de l&rsquo;\u00c9gypte ancienne, o\u00f9 des plantes du genre <em>Cynara<\/em> apparaissent sur les fresques du temple de Karnak. Les Grecs et les Romains cultivaient principalement le Cardon, anc\u00eatre sauvage de l&rsquo;Artichaut, comme l\u00e9gume et plante m\u00e9dicinale. La forme cultiv\u00e9e moderne de l&rsquo;Artichaut aurait \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e par les Arabes au Moyen \u00c2ge en Afrique du Nord et en Andalousie, comme le sugg\u00e8re l&rsquo;\u00e9tymologie du mot fran\u00e7ais \u00ab artichaut \u00bb, d\u00e9riv\u00e9 de l&rsquo;arabe <em>al-karsh\u00fbf<\/em>. C&rsquo;est en Italie, au XVe si\u00e8cle, que la plante conna\u00eet son essor gastronomique et m\u00e9dicinal, devenant un mets de choix et un rem\u00e8de pris\u00e9. Catherine de M\u00e9dicis, qui en \u00e9tait tr\u00e8s friande, l&rsquo;introduit en France en 1533 lors de son mariage avec Henri II. Le m\u00e9decin botaniste Matthiole, au XVIe si\u00e8cle, d\u00e9crit longuement ses vertus h\u00e9patiques. Au XVIIe si\u00e8cle, l&rsquo;artichaut devient un l\u00e9gume aristocratique, cultiv\u00e9 dans les jardins royaux de Versailles par La Quintinie. En phytoth\u00e9rapie, c&rsquo;est au XXe si\u00e8cle que les m\u00e9decins fran\u00e7ais, notamment Henri Leclerc, syst\u00e9matisent l&rsquo;usage des feuilles d&rsquo;Artichaut comme h\u00e9patoprotecteur, ouvrant la voie \u00e0 la recherche pharmacologique moderne.<\/p>\n<hr>\n<h3>Usages alimentaires et culinaires<\/h3>\n<p>L&rsquo;Artichaut est avant tout un l\u00e9gume de grande importance gastronomique, cultiv\u00e9 et consomm\u00e9 dans le monde entier, avec une pr\u00e9dilection particuli\u00e8re dans les cuisines m\u00e9diterran\u00e9ennes. La partie comestible est le capitule r\u00e9colt\u00e9 avant la floraison, comprenant le r\u00e9ceptacle charnu (fond d&rsquo;artichaut) et la base des bract\u00e9es involucrales. En France, les vari\u00e9t\u00e9s les plus cultiv\u00e9es sont le <strong>Camus de Bretagne<\/strong>, gros artichaut rond consomm\u00e9 entier, bouilli ou \u00e0 la vapeur, et le <strong>Violet de Provence<\/strong>, plus petit, tendre, pouvant se manger cru (poivrade) ou brais\u00e9. En Italie, le <em>carciofo alla romana<\/em> (brais\u00e9 \u00e0 l&rsquo;huile d&rsquo;olive, \u00e0 l&rsquo;ail et \u00e0 la menthe) et le <em>carciofo alla giudia<\/em> (frit entier) sont des classiques de la cuisine romaine. Les fonds d&rsquo;artichaut sont utilis\u00e9s en salades, en gratins, en beignets, farcis ou en conserve. Le c\u0153ur d&rsquo;artichaut, partie la plus tendre, est un ingr\u00e9dient de choix en gastronomie fine. Sur le plan nutritionnel, l&rsquo;artichaut est riche en fibres, en potassium, en magn\u00e9sium, en acide folique et en antioxydants. Sa teneur en <strong>inuline<\/strong>, un pr\u00e9biotique, favorise le d\u00e9veloppement d&rsquo;une flore intestinale saine. L&rsquo;artichaut entre aussi dans la composition de liqueurs digestives r\u00e9put\u00e9es, dont le <strong>Cynar<\/strong> italien, ap\u00e9ritif amer \u00e0 base d&rsquo;extrait d&rsquo;artichaut.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects \u00e9cologiques et biodiversit\u00e9<\/h3>\n<p>L&rsquo;Artichaut cultiv\u00e9, bien qu&rsquo;\u00e9tant essentiellement une plante de culture, entretient des interactions \u00e9cologiques significatives avec son environnement. Lorsqu&rsquo;il est laiss\u00e9 en fleur, le capitule ouvert produit une inflorescence d&rsquo;un pourpre intense exceptionnellement attractive pour les insectes pollinisateurs, en particulier les <strong>abeilles domestiques<\/strong> et les <strong>bourdons<\/strong>, qui y r\u00e9coltent d&rsquo;abondantes quantit\u00e9s de nectar et de pollen de haute qualit\u00e9. Les champs d&rsquo;artichauts en fleur constituent ainsi une ressource mellif\u00e8re pr\u00e9cieuse dans les paysages m\u00e9diterran\u00e9ens. Les artichauts abandonn\u00e9s ou subspontan\u00e9s participent \u00e0 la biodiversit\u00e9 des friches m\u00e9diterran\u00e9ennes. Les graines sont consomm\u00e9es par les <strong>chardonnerets<\/strong> et d&rsquo;autres oiseaux granivores. Le feuillage dense offre un abri \u00e0 de nombreux invert\u00e9br\u00e9s. Parmi les ravageurs sp\u00e9cifiques, on trouve la <strong>vanesse du chardon<\/strong> (<em>Vanessa cardui<\/em>), papillon migrateur dont les chenilles se nourrissent de feuilles de Cynara, ainsi que divers pucerons et noctuelles. La culture biologique de l&rsquo;artichaut favorise la biodiversit\u00e9 en \u00e9vitant les pesticides. Sur le plan de la <strong>diversit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique<\/strong>, les vari\u00e9t\u00e9s locales traditionnelles d&rsquo;artichaut constituent un patrimoine g\u00e9n\u00e9tique pr\u00e9cieux, menac\u00e9 par la standardisation des cultivars commerciaux. Des banques de g\u00e8nes et des conservatoires vari\u00e9taux travaillent \u00e0 pr\u00e9server cette diversit\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et multiplication<\/h3>\n<p>La culture de l&rsquo;Artichaut est bien codifi\u00e9e et pratiqu\u00e9e \u00e0 grande \u00e9chelle dans les r\u00e9gions \u00e0 climat m\u00e9diterran\u00e9en ou oc\u00e9anique doux. La multiplication se fait principalement de mani\u00e8re v\u00e9g\u00e9tative, par <strong>\u00e9clats de souche<\/strong> (\u0153illetons) pr\u00e9lev\u00e9s au printemps ou en automne sur les pieds m\u00e8res de deux \u00e0 trois ans. Chaque \u0153illeton, muni de racines, est plant\u00e9 directement en place \u00e0 une profondeur de 5 \u00e0 8 centim\u00e8tres, avec un espacement de 80 centim\u00e8tres sur le rang et 1 m\u00e8tre entre les rangs. Le <strong>semis<\/strong> est \u00e9galement possible, mais les plants obtenus sont plus h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes et la mise \u00e0 fruit est plus longue (deuxi\u00e8me ann\u00e9e). Le semis s&rsquo;effectue en mars-avril sous abri, en godets, avec repiquage en pleine terre en mai-juin. L&rsquo;Artichaut exige un sol profond, fertile, bien drain\u00e9, enrichi en compost ou fumier bien d\u00e9compos\u00e9. L&rsquo;exposition doit \u00eatre ensoleill\u00e9e et abrit\u00e9e des vents froids. L&rsquo;arrosage est r\u00e9gulier mais mod\u00e9r\u00e9, la plante craignant l&rsquo;exc\u00e8s d&rsquo;eau stagnante. Le paillage est recommand\u00e9 pour maintenir la fra\u00eecheur du sol et prot\u00e9ger les souches en hiver. La r\u00e9colte des capitules s&rsquo;effectue de mai \u00e0 septembre selon les r\u00e9gions, lorsque les bract\u00e9es sont encore bien serr\u00e9es. Un pied d&rsquo;artichaut produit pendant 3 \u00e0 4 ans avant de n\u00e9cessiter un renouvellement. Le buttage automnal et la protection hivernale par paillage sont indispensables dans les r\u00e9gions \u00e0 hivers rigoureux.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et conservation<\/h3>\n<p>La feuille d&rsquo;Artichaut b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;un statut r\u00e9glementaire bien d\u00e9fini dans le cadre de la phytoth\u00e9rapie europ\u00e9enne. Elle est inscrite \u00e0 la <strong>Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne<\/strong> (monographie \u00ab Cynarae folium \u00bb) et \u00e0 la <strong>Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise<\/strong>. Son usage comme m\u00e9dicament traditionnel \u00e0 base de plantes est reconnu pour le \u00ab soulagement des troubles digestifs tels que les dyspepsies avec sensation de pl\u00e9nitude, les ballonnements et les flatulences \u00bb. En France, la feuille d&rsquo;Artichaut figure sur la <strong>liste A des plantes m\u00e9dicinales<\/strong> de la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise et peut \u00eatre vendue en herboristerie et en pharmacie. De nombreuses sp\u00e9cialit\u00e9s pharmaceutiques \u00e0 base d&rsquo;extrait de feuille d&rsquo;Artichaut sont disponibles en officine (Chophytol, H\u00e9pan\u00e9phrol, etc.). La plante est \u00e9galement autoris\u00e9e dans les <strong>compl\u00e9ments alimentaires<\/strong> en France et dans l&rsquo;Union europ\u00e9enne, avec des all\u00e9gations de sant\u00e9 en cours d&rsquo;\u00e9valuation par l&rsquo;EFSA. En mati\u00e8re de conservation, l&rsquo;Artichaut cultiv\u00e9 n&rsquo;est pas menac\u00e9, mais les populations sauvages et subspontan\u00e9es de <em>Cynara cardunculus<\/em>, son anc\u00eatre, font l&rsquo;objet de pr\u00e9occupations dans certaines r\u00e9gions m\u00e9diterran\u00e9ennes en raison de la destruction des habitats naturels. La conservation des vari\u00e9t\u00e9s traditionnelles locales est assur\u00e9e par des conservatoires et des r\u00e9seaux de semences paysannes, notamment en Italie, en Espagne et en France.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>ARTICHAUT pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Cynara%20scolymus\">Plants of the World Online, Kew : <em>Cynara scolymus<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Cynara+scolymus\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Cynara scolymus<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2606<\/strong> Chol\u00e9r\u00e9tique \/ h\u00e9patoprotecteur<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Hypolip\u00e9miant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Digestif (amer)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE L&rsquo;Artichaut (Cynara scolymus) est une plante herbac\u00e9e vivace de grande taille appartenant \u00e0 la famille des Asteraceae (Compos\u00e9es). 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