{"id":4528,"date":"2026-03-28T09:53:26","date_gmt":"2026-03-28T08:53:26","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/bambou-geant\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:12","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:12","slug":"bambou-geant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/bambou-geant\/","title":{"rendered":"BAMBOU G\u00c9ANT"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/bambou-geant.png\" alt=\"Planche botanique Bambou g\u00e9ant\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>Le bambou g\u00e9ant est l&rsquo;une des plantes les plus spectaculaires de la flore temp\u00e9r\u00e9e acclimat\u00e9e \u2014 et l&rsquo;une des plus \u00e9trang\u00e8res aux cat\u00e9gories de la pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne classique. Gramin\u00e9e g\u00e9ante \u00e0 rhizomes tra\u00e7ants, capable de cro\u00eetre de plus d&rsquo;un m\u00e8tre par jour dans des conditions optimales, il appartient \u00e0 un groupe v\u00e9g\u00e9tal dont l&rsquo;importance \u00e9conomique, \u00e9cologique et culturelle est immense en Asie orientale. En Occident, le bambou est surtout connu comme plante ornementale et mat\u00e9riau, mais la pharmacop\u00e9e chinoise et la m\u00e9decine ayurv\u00e9dique utilisent depuis des si\u00e8cles la s\u00e8ve, les feuilles et la r\u00e9sine siliceuse (<strong>tabashir<\/strong>) de plusieurs esp\u00e8ces. La recherche moderne a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 la pr\u00e9sence de <strong>flavono\u00efdes C-glycosyl\u00e9s<\/strong>, de <strong>lactones<\/strong> et de <strong>silice organique<\/strong> dans les tissus du bambou, ouvrant des perspectives nutraceutiques et cosm\u00e9tiques.<\/p>\n<p><em>Phyllostachys<\/em> spp. (notamment <em>P. bambusoides<\/em> Siebold et Zucc. et <em>P. edulis<\/em> (Carri\u00e8re) J.Houz.)<\/p>\n<p>Famille : Poaceae (Gramineae) \u2014 sous-famille : Bambusoideae<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Poaceae<\/li>\n<li><strong>Sous-famille :<\/strong> Bambusoideae<\/li>\n<li><strong>Tribu :<\/strong> Arundinarieae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Phyllostachys<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ces principales :<\/strong> <em>Phyllostachys bambusoides<\/em> Siebold et Zucc. (bambou g\u00e9ant), <em>Phyllostachys edulis<\/em> (Carri\u00e8re) J.Houz. (syn. <em>P. pubescens<\/em>, bambou moso), <em>Phyllostachys nigra<\/em> (Lodd. ex Lindl.) Munro (bambou noir).<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Bambou g\u00e9ant, Bambou moso, Bambou du Japon. En anglais : <em>giant timber bamboo<\/em>, <em>moso bamboo<\/em>. En japonais : <em>madake<\/em> (<em>P. bambusoides<\/em>), <em>moso<\/em> (<em>P. edulis<\/em>).<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> Le nom de genre <em>Phyllostachys<\/em> d\u00e9rive du grec <em>phyllon<\/em> (feuille) et <em>stachys<\/em> (\u00e9pi), par allusion \u00e0 la forme de l&rsquo;inflorescence feuill\u00e9e. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>bambusoides<\/em> signifie \u00ab semblable au bambou \u00bb (du malais <em>bambu<\/em>). <em>Edulis<\/em> (comestible) fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la consommation des pousses.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>Port et architecture<\/h3>\n<p>Les <em>Phyllostachys<\/em> sont des gramin\u00e9es ligneuses arborescentes pouvant atteindre 15 \u00e0 25 m de hauteur (jusqu&rsquo;\u00e0 30 m pour <em>P. edulis<\/em> en Chine). Les chaumes (tiges) sont cylindriques, creux entre les noeuds, lisses, verts \u00e0 jaun\u00e2tres, de 5 \u00e0 20 cm de diam\u00e8tre. Les entre-noeuds portent un sillon longitudinal caract\u00e9ristique du genre. La paroi du chaume, \u00e9paisse et riche en fibres de cellulose et en silice, conf\u00e8re au bambou ses propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9caniques exceptionnelles.<\/p>\n<h3>Syst\u00e8me souterrain<\/h3>\n<p>Le rhizome est leptomorphe (tra\u00e7ant), monopodial, capable de parcourir plusieurs m\u00e8tres sous terre avant de produire un nouveau chaume. Cette architecture rhizomateuse explique la capacit\u00e9 d&rsquo;expansion rapide du bambou g\u00e9ant et son caract\u00e8re potentiellement envahissant hors de son aire naturelle.<\/p>\n<h3>Feuilles<\/h3>\n<p>Les feuilles sont alternes, lanc\u00e9ol\u00e9es, de 6 \u00e0 15 cm de long, \u00e0 nervation parall\u00e8le, \u00e0 base p\u00e9tiol\u00e9e articul\u00e9e sur la gaine caulinaire. Elles sont caduques-persistantes (renouvel\u00e9es au printemps). Les gaines caulinaires, souvent tachet\u00e9es, sont un caract\u00e8re d&rsquo;identification important.<\/p>\n<h3>Floraison<\/h3>\n<p>La floraison du bambou g\u00e9ant est un ph\u00e9nom\u00e8ne biologique exceptionnel : elle survient \u00e0 intervalles de plusieurs d\u00e9cennies (60 \u00e0 120 ans selon les esp\u00e8ces), de mani\u00e8re synchrone au sein d&rsquo;un m\u00eame clone, et entra\u00eene g\u00e9n\u00e9ralement la mort de la plante apr\u00e8s la fructification (monocarpie). Les fleurs sont des \u00e9pillets typiques de Poac\u00e9e, regroup\u00e9s en panicules l\u00e2ches. Ce cycle reproducteur extr\u00eame reste mal compris.<\/p>\n<hr>\n<h3>HABITAT, \u00c9COLOGIE ET R\u00c9PARTITION<\/h3>\n<p>Les <em>Phyllostachys<\/em> sont originaires de Chine orientale et centrale, du Japon et de Ta\u00efwan. <em>P. edulis<\/em> forme des for\u00eats de bambou couvrant plus de 5 millions d&rsquo;hectares en Chine, principalement dans les provinces du Zhejiang, du Fujian et du Hunan. <em>P. bambusoides<\/em> est l&rsquo;esp\u00e8ce dominante au Japon central.<\/p>\n<p>Introduits en Europe au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle (la bambouseraie d&rsquo;Anduze, fond\u00e9e en 1856, est le plus c\u00e9l\u00e8bre exemple fran\u00e7ais), les bambous g\u00e9ants se sont acclimat\u00e9s dans les r\u00e9gions \u00e0 climat oc\u00e9anique ou m\u00e9diterran\u00e9en doux. Ils n\u00e9cessitent des sols profonds, riches en mati\u00e8re organique, frais mais bien drain\u00e9s, et supportent des temp\u00e9ratures hivernales de -15 \u00e0 -20 \u00b0C selon les esp\u00e8ces.<\/p>\n<hr>\n<h3>DIFF\u00c9RENCIATION AVEC LES ESP\u00c8CES PROCHES<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Avec les bambous cespiteux tropicaux (<em>Bambusa<\/em>, <em>Dendrocalamus<\/em>) :<\/strong> ceux-ci ont des rhizomes pachymorphes (non tra\u00e7ants) et ne survivent pas aux gels. Les <em>Phyllostachys<\/em> sont les plus rustiques des bambous g\u00e9ants.<\/li>\n<li><strong>Avec les petits bambous temp\u00e9r\u00e9s (<em>Sasa<\/em>, <em>Pleioblastus<\/em>) :<\/strong> taille nettement inf\u00e9rieure (moins de 3 m), feuilles plus larges proportionnellement, souvent plus envahissants en zone temp\u00e9r\u00e9e.<\/li>\n<li><strong>Entre <em>P. edulis<\/em> et <em>P. bambusoides<\/em> :<\/strong> <em>P. edulis<\/em> a des gaines caulinaires dens\u00e9ment pubescentes, des chaumes plus \u00e9pais et une croissance plus rapide. <em>P. bambusoides<\/em> a des entre-noeuds plus longs et un bois plus dur.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Pousses (turions) :<\/strong> jeunes chaumes \u00e9mergents, r\u00e9colt\u00e9s \u00e0 20-40 cm de hauteur. Usage alimentaire majeur.<\/li>\n<li><strong>Feuilles :<\/strong> en infusion ou en extrait, usage traditionnel asiatique.<\/li>\n<li><strong>S\u00e8ve (eau de bambou) :<\/strong> r\u00e9colt\u00e9e par incision du chaume ou par exsudation naturelle.<\/li>\n<li><strong>Tabashir (r\u00e9sine siliceuse) :<\/strong> concr\u00e9tions naturelles de silice amorphe form\u00e9es dans les entre-noeuds de certains bambous, utilis\u00e9es en m\u00e9decine ayurv\u00e9dique sous le nom de <em>banslochan<\/em> ou <em>vamsha rochana<\/em>.<\/li>\n<li><strong>Exsudat de noeuds :<\/strong> appel\u00e9 <em>zhu li<\/em> en pharmacop\u00e9e chinoise.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Flavono\u00efdes C-glycosyl\u00e9s<\/h3>\n<p>Les feuilles de bambou contiennent une famille caract\u00e9ristique de <strong>flavono\u00efdes C-glycosyl\u00e9s<\/strong> : <strong>orientine<\/strong>, <strong>homo-orientine<\/strong> (isoorientine), <strong>vitexine<\/strong> et <strong>isovitexine<\/strong>. Ces compos\u00e9s, pr\u00e9sents \u00e0 des concentrations de 1 \u00e0 3 % de la mati\u00e8re s\u00e8che des feuilles, sont de puissants antioxydants. Le m\u00e9lange standardis\u00e9, appel\u00e9 AOB (Antioxydant de Bambou) en industrie, est brevet\u00e9 et commercialis\u00e9 en Chine comme additif alimentaire.<\/p>\n<h3>B. Lactones et ph\u00e9nols<\/h3>\n<p>Des <strong>lactones sesquiterp\u00e9niques<\/strong> et des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (<strong>acide p-coumarique<\/strong>, <strong>acide f\u00e9rulique<\/strong>, <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>) ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s dans les feuilles et les pousses. L&rsquo;<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a> est un constituant majeur des jeunes pousses.<\/p>\n<h3>C. Silice organique<\/h3>\n<p>Le bambou est l&rsquo;un des v\u00e9g\u00e9taux les plus riches en <strong>silicium<\/strong>. L&rsquo;exsudat des noeuds (tabashir) contient jusqu&rsquo;\u00e0 70-90 % de silice amorphe. Les feuilles contiennent 1 \u00e0 4 % de silice. Cette richesse en silice biodisponible fonde l&rsquo;usage du bambou en nutraceutique (compl\u00e9ments alimentaires pour ongles, cheveux, os, tissu conjonctif).<\/p>\n<h3>D. Polysaccharides et fibres<\/h3>\n<p>Les pousses fra\u00eeches sont riches en fibres alimentaires (cellulose, h\u00e9micellulose), en prot\u00e9ines (2-4 %), et en polysaccharides hydrosolubles auxquels des propri\u00e9t\u00e9s immunomodulantes ont \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<h3>Activit\u00e9 antioxydante<\/h3>\n<p>Les flavono\u00efdes C-glycosyl\u00e9s du bambou exercent une activit\u00e9 antioxydante puissante par pi\u00e9geage direct des radicaux libres (superoxyde, hydroxyle, peroxyle) et par ch\u00e9lation des m\u00e9taux de transition. Des \u00e9tudes <em>in vitro<\/em> montrent une capacit\u00e9 de pi\u00e9geage (DPPH, ORAC) comparable \u00e0 celle de la vitamine E. L&rsquo;orientine et l&rsquo;isoorientine inhibent la peroxydation lipidique des membranes cellulaires.<\/p>\n<h3>Activit\u00e9 anti-inflammatoire<\/h3>\n<p>Les extraits de feuilles inhibent la production de m\u00e9diateurs pro-inflammatoires (NO, PGE<sub>2<\/sub>, TNF-alpha, IL-6) dans les macrophages activ\u00e9s, par modulation des voies NF-kappaB et MAPK. Des \u00e9tudes <em>in vivo<\/em> chez le rongeur confirment une r\u00e9duction significative de l&rsquo;oed\u00e8me inflammatoire.<\/p>\n<h3>Remin\u00e9ralisation silicique<\/h3>\n<p>Le silicium contenu dans le tabashir et les extraits de bambou est absorb\u00e9 sous forme d&rsquo;acide orthosilicique, qui participe \u00e0 la synth\u00e8se du collag\u00e8ne, \u00e0 la min\u00e9ralisation osseuse et au maintien de l&rsquo;\u00e9lasticit\u00e9 des tissus conjonctifs. Des \u00e9tudes de biodisponibilit\u00e9 montrent que la silice du bambou est mieux absorb\u00e9e que la silice min\u00e9rale.<\/p>\n<hr>\n<h3>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h3>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Remin\u00e9ralisant (silice)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant (MTC)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2606\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>En m\u00e9decine traditionnelle chinoise (MTC), le bambou est inscrit dans la <em>Pharmacop\u00e9e de la R\u00e9publique Populaire de Chine<\/em>. Le <em>zhu li<\/em> (exsudat de noeuds) est prescrit comme expectorant et antitussif. Les feuilles (<em>zhu ye<\/em>) sont class\u00e9es comme \u00ab rafra\u00eechissantes \u00bb et diur\u00e9tiques.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine ayurv\u00e9dique, le tabashir (<em>vamsha rochana<\/em>) est utilis\u00e9 comme tonique respiratoire, remin\u00e9ralisant et aphrodisiaque l\u00e9ger.<\/p>\n<p>Les \u00e9tudes cliniques modernes sont limit\u00e9es et portent essentiellement sur les compl\u00e9ments alimentaires \u00e0 base de silice de bambou (b\u00e9n\u00e9fices sur la densit\u00e9 osseuse, la qualit\u00e9 des cheveux et des ongles). Les r\u00e9sultats sont encourageants mais insuffisants pour des conclusions d\u00e9finitives. Le niveau de preuve global est faible \u00e0 mod\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes c-glycosyl\u00e9s<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Orientine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Homo-orientine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Vitexine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Isovitexine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Tabashir (silice de bambou) :<\/strong> g\u00e9lules ou comprim\u00e9s dos\u00e9s \u00e0 200-400 mg de silice de bambou (70-90 % SiO<sub>2<\/sub>), soit 140-360 mg de silice par prise. Posologie usuelle : 1 \u00e0 3 g\u00e9lules par jour.<\/p>\n<p><strong>Extrait de feuilles (AOB) :<\/strong> extrait standardis\u00e9 en flavono\u00efdes C-glycosyl\u00e9s, utilis\u00e9 comme additif alimentaire antioxydant ou en compl\u00e9ment alimentaire. Posologie : 100 \u00e0 500 mg par jour.<\/p>\n<p><strong>Infusion de feuilles :<\/strong> 2 \u00e0 5 g de feuilles s\u00e9ch\u00e9es dans 250 ml d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), 10 minutes. Usage traditionnel asiatique.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Les pousses de bambou crues contiennent des <strong>glycosides cyanog\u00e9niques<\/strong> (<strong>taxiphylline<\/strong>) qui lib\u00e8rent de l&rsquo;acide cyanhydrique par hydrolyse enzymatique. La cuisson \u00e0 l&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid) (au moins 20 minutes) \u00e9limine la toxicit\u00e9. Les pousses en conserve sont consid\u00e9r\u00e9es comme s\u00fbres. La consommation de pousses crues ou insuffisamment cuites peut provoquer des naus\u00e9es, des vomissements et, \u00e0 forte dose, des sympt\u00f4mes d&rsquo;intoxication cyanhydrique.<\/p>\n<p>Les extraits de feuilles et le tabashir ne pr\u00e9sentent pas de toxicit\u00e9 notable aux doses usuelles. La suppl\u00e9mentation en silice de bambou est consid\u00e9r\u00e9e comme s\u00fbre par l&rsquo;EFSA (Autorit\u00e9 europ\u00e9enne de s\u00e9curit\u00e9 des aliments).<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le bambou occupe une place centrale dans les civilisations de l&rsquo;Asie orientale et du Sud-Est asiatique. Le <em>Compendium de mati\u00e8re m\u00e9dicale<\/em> (<em>Bencao gangmu<\/em>, 1578) de Li Shizhen consacre de longs d\u00e9veloppements aux usages m\u00e9dicinaux de plusieurs esp\u00e8ces. Le tabashir est mentionn\u00e9 dans les textes ayurv\u00e9diques depuis au moins le VII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Au Japon, le bambou est un symbole de r\u00e9silience et de puret\u00e9. Les pousses (<em>takenoko<\/em>) sont un ingr\u00e9dient classique de la cuisine printani\u00e8re. En Chine, les pousses de <em>P. edulis<\/em> font l&rsquo;objet d&rsquo;une industrie consid\u00e9rable.<\/p>\n<p>En Europe, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour le bambou est rest\u00e9 ornemental et artisanal jusqu&rsquo;au XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. L&rsquo;utilisation de la silice de bambou en compl\u00e9ments alimentaires date des ann\u00e9es 1990-2000.<\/p>\n<hr>\n<h3>USAGE ALIMENTAIRE<\/h3>\n<p>Les <strong>pousses de bambou<\/strong> (turions) sont un l\u00e9gume fondamental de la cuisine asiatique. Elles sont consomm\u00e9es fra\u00eeches (apr\u00e8s cuisson), ferment\u00e9es, marin\u00e9es, s\u00e9ch\u00e9es ou en conserve. Leur saveur est douce, l\u00e9g\u00e8rement am\u00e8re, croquante. Les pousses fra\u00eeches de <em>P. edulis<\/em> sont les plus appr\u00e9ci\u00e9es gastronomiquement.<\/p>\n<p>La valeur nutritionnelle est int\u00e9ressante : riches en fibres, pauvres en calories (environ 27 kcal\/100 g), elles contiennent des prot\u00e9ines (2-4 g\/100 g), du potassium, du phosphore et des vitamines du groupe B. Les feuilles sont infus\u00e9es en Chine comme boisson rafra\u00eechissante.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Le bambou g\u00e9ant se situe \u00e0 la crois\u00e9e de la botanique, de la m\u00e9decine traditionnelle asiatique, de la nutraceutique moderne et de l&rsquo;\u00e9cologie. Sa phytochimie \u2014 domin\u00e9e par les flavono\u00efdes C-glycosyl\u00e9s antioxydants, la silice organique biodisponible et les polysaccharides \u2014 en fait une plante de grand int\u00e9r\u00eat pour l&rsquo;industrie des compl\u00e9ments alimentaires et de la cosm\u00e9tique. La tradition mill\u00e9naire d&rsquo;usage en MTC et en Ayurveda donne un cadre empirique solide, m\u00eame si les donn\u00e9es cliniques modernes restent insuffisantes pour des all\u00e9gations de sant\u00e9 formelles.<\/p>\n<p>L&rsquo;importance \u00e9cologique et \u00e9conomique du bambou d\u00e9passe tr\u00e8s largement le cadre pharmacognosique : mat\u00e9riau de construction, fibre textile, source alimentaire majeure, puits de carbone, le bambou g\u00e9ant est l&rsquo;une des plantes les plus polyvalentes du monde v\u00e9g\u00e9tal.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Bruneton, J. \u2014 <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5<sup>e<\/sup> \u00e9d., Lavoisier, 2016.<\/li>\n<li>Lu, B. <em>et al.<\/em> \u2014 Bamboo leaf extract, a review of phytochemistry and pharmacology, <em>Phytomedicine<\/em>, 12, 2005.<\/li>\n<li>Pharmacop\u00e9e de la R\u00e9publique Populaire de Chine, \u00e9dition 2020.<\/li>\n<li>Jugdaohsingh, R. \u2014 Silicon and bone health, <em>Journal of Nutrition, Health and Aging<\/em>, 11, 2007.<\/li>\n<li>Zhang, Y. <em>et al.<\/em> \u2014 Antioxidant properties of bamboo leaf flavonoids, <em>Journal of Agricultural and Food Chemistry<\/em>, 50, 2002.<\/li>\n<li>Liese, W. et K\u00f6hl, M. (\u00e9d.) \u2014 <em>Bamboo: The Plant and its Uses<\/em>, Springer, 2015.<\/li>\n<li>Plants of the World Online, Royal Botanic Gardens, Kew : <em>Phyllostachys<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Tonique<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le bambou g\u00e9ant est l&rsquo;une des plantes les plus spectaculaires de la flore temp\u00e9r\u00e9e acclimat\u00e9e \u2014 et l&rsquo;une des plus \u00e9trang\u00e8res aux cat\u00e9gories de la [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[11],"tags":[],"class_list":["post-4528","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-poacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4528","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4528"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4528\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13738,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4528\/revisions\/13738"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4528"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4528"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4528"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}