{"id":4529,"date":"2026-03-28T09:53:30","date_gmt":"2026-03-28T08:53:30","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/barbaree-commune\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:12","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:12","slug":"barbaree-commune","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/barbaree-commune\/","title":{"rendered":"BARBAR\u00c9E COMMUNE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/barbaree-commune.png\" alt=\"Planche botanique Barbar\u00e9e commune\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Barbarea vulgaris<\/em> R.Br.<\/p>\n<p>Famille : Brassicaceae<\/p>\n<p>La barbar\u00e9e commune est une crucif\u00e8re robuste et banale des bords de routes, des foss\u00e9s, des terrains vagues et des prairies humides d&rsquo;Europe. Sa floraison jaune vif, pr\u00e9coce, en grappes dress\u00e9es au-dessus d&rsquo;une rosette de feuilles vert fonc\u00e9 luisantes, anime les talus du d\u00e9but du printemps et signale les sols frais, perturb\u00e9s, enrichis en azote. C&rsquo;est l&rsquo;une des premi\u00e8res crucif\u00e8res \u00e0 fleurir, souvent d\u00e8s mars dans les stations abrit\u00e9es, et cette pr\u00e9cocit\u00e9 a fond\u00e9 son ancien usage alimentaire comme salade de fin d&rsquo;hiver.<\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat m\u00e9dicinal de la barbar\u00e9e est modeste mais non n\u00e9gligeable, ancr\u00e9 dans le socle phytochimique commun \u00e0 toutes les Brassicaceae : les <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/glucosinolates\/\">glucosinolates<\/a> et leurs produits de d\u00e9gradation, les isothiocyanates. \u00c0 ces compos\u00e9s soufr\u00e9s s&rsquo;ajoutent des flavono\u00efdes et de la vitamine C qui enrichissent le profil sans en faire une plante m\u00e9dicinale de premier rang. Son nom de \u00ab barbar\u00e9e \u00bb viendrait de Sainte-Barbe, patronne des artilleurs et des artificiers, invoqu\u00e9e contre la foudre ; une autre \u00e9tymologie la rattache aux \u00ab barbares \u00bb, peuples du Nord qui l&rsquo;auraient consomm\u00e9e comme herbe potag\u00e8re de subsistance.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Brassicaceae (Crucif\u00e8res)<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Barbarea<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Barbarea vulgaris<\/em> R.Br.<\/li>\n<li><strong>Synonymes :<\/strong> <em>Erysimum barbarea<\/em> L., <em>Campe barbarea<\/em> (L.) Heller<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Barbar\u00e9e commune, Herbe de Sainte-Barbe, Barbar\u00e9e vulgaire, Roquette des jardins (\u00e0 ne pas confondre avec la roquette vraie), Julienne jaune, Cresson de terre.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le genre <em>Barbarea<\/em> comprend une vingtaine d&rsquo;esp\u00e8ces, principalement nord-temp\u00e9r\u00e9es. <em>B. vulgaris<\/em> est l&rsquo;esp\u00e8ce la plus commune et la plus r\u00e9pandue. Elle se distingue de <em>B. intermedia<\/em> et <em>B. stricta<\/em> par ses feuilles basales \u00e0 lobe terminal tr\u00e8s grand et arrondi, ses siliques \u00e9rig\u00e9es contre l&rsquo;axe et ses p\u00e9tales d&rsquo;un jaune vif. La classification APG IV place le genre dans la tribu des Cardamineae.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>La barbar\u00e9e commune est une plante bisannuelle ou vivace de courte dur\u00e9e, de 30 \u00e0 80 centim\u00e8tres, glabre, \u00e0 tige dress\u00e9e, anguleuse, stri\u00e9e, ramifi\u00e9e dans sa partie sup\u00e9rieure. Les feuilles basales forment une rosette persistante en hiver : elles sont lyr\u00e9es-pennatis\u00e9qu\u00e9es, \u00e0 lobe terminal tr\u00e8s grand, orbiculaire \u00e0 r\u00e9niforme, luisant, vert fonc\u00e9, et 2 \u00e0 5 paires de lobes lat\u00e9raux plus petits. Les feuilles caulinaires sont amplexicaules, dent\u00e9es, les sup\u00e9rieures simples et ovales.<\/p>\n<p>Les fleurs, d&rsquo;un jaune vif, de 7 \u00e0 9 mm de diam\u00e8tre, sont dispos\u00e9es en grappes terminales denses s&rsquo;allongeant \u00e0 la fructification. Les quatre p\u00e9tales sont dispos\u00e9s en croix, deux fois plus longs que les s\u00e9pales. Le fruit est une silique lin\u00e9aire, dress\u00e9e, apprim\u00e9e contre l&rsquo;axe, de 15 \u00e0 30 mm, contenant une rang\u00e9e de graines brunes dans chaque loge.<\/p>\n<p>La barbar\u00e9e fr\u00e9quente les bords de routes, les foss\u00e9s, les berges de cours d&rsquo;eau, les prairies humides, les terrains vagues, les remblais et les d\u00e9combres, sur sols frais, riches en azote, neutres \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement calcaires. Elle est ubiquiste en Europe, de la Scandinavie \u00e0 la M\u00e9diterran\u00e9e, et largement naturalis\u00e9e en Am\u00e9rique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Z\u00e9lande.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Floraison :<\/strong> avril \u00e0 juin<\/li>\n<li><strong>Habitat :<\/strong> bords de routes, foss\u00e9s, berges, prairies humides, terrains vagues<\/li>\n<li><strong>R\u00e9partition :<\/strong> Europe enti\u00e8re, naturalis\u00e9e cosmopolite<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE, CULTURE ET CONSERVATION<\/h3>\n<p>La barbar\u00e9e commune est une plante rud\u00e9rale et prairiale, nitrophile, hygrocline, colonisant les sols perturb\u00e9s, les bords de foss\u00e9s, les remblais et les berges. Elle fait partie du cort\u00e8ge des adventices des cultures et des bords de routes, milieux banals mais \u00e9cologiquement importants comme corridors de biodiversit\u00e9.<\/p>\n<p>La plante est mellif\u00e8re : sa floraison pr\u00e9coce fournit du nectar et du pollen aux abeilles et aux bourdons au d\u00e9but du printemps, quand les ressources sont encore rares. Elle h\u00e9berge \u00e9galement de nombreux insectes phytophages sp\u00e9cialistes des Brassicaceae (pi\u00e9rides, altises, charan\u00e7ons), contribuant \u00e0 la cha\u00eene alimentaire.<\/p>\n<p>La culture est facile en sol frais et riche. La barbar\u00e9e n&rsquo;est menac\u00e9e nulle part et ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune mesure de conservation. Elle est parfois cultiv\u00e9e comme \u00ab plante pi\u00e8ge \u00bb dans les syst\u00e8mes de lutte biologique int\u00e9gr\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li>Feuilles (usage alimentaire et m\u00e9dicinal traditionnel)<\/li>\n<li>Parties a\u00e9riennes (usage herboriste)<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les jeunes feuilles de la rosette hivernale constituent la partie alimentaire, consomm\u00e9e crue en salade ou cuite comme l\u00e9gume-feuille. Le go\u00fbt est piquant, amer, rappelant le cresson, avec une pointe de moutarde. Les parties a\u00e9riennes fleuries forment la drogue traditionnelle pour les pr\u00e9parations m\u00e9dicinales, r\u00e9colt\u00e9es en d\u00e9but de floraison et s\u00e9ch\u00e9es \u00e0 l&rsquo;ombre. La drogue s\u00e8che d\u00e9gage une l\u00e9g\u00e8re odeur de moutarde.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Glucosinolates<\/h3>\n<p>Comme toutes les Brassicaceae, la barbar\u00e9e contient des <strong>glucosinolates<\/strong>. Le profil est domin\u00e9 par la <strong>glucobarbarine<\/strong> (2-hydroxy-2-ph\u00e9nyl\u00e9thyl glucosinolate), glucosinolate original et caract\u00e9ristique du genre <em>Barbarea<\/em>. Son hydrolyse par la myrosinase produit principalement des <strong>oxazolidine-2-thiones<\/strong> plut\u00f4t que des isothiocyanates classiques, ce qui conf\u00e8re \u00e0 la barbar\u00e9e un profil biologique l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rent de celui des crucif\u00e8res \u00e0 sinigrine (moutarde, raifort). On trouve aussi de la <strong>gluconasturtiine<\/strong> et de la <strong>sinigrine<\/strong> en moindre quantit\u00e9.<\/p>\n<h3>B. Saponines triterp\u00e9niques<\/h3>\n<p>La barbar\u00e9e est remarquable parmi les Brassicaceae par sa richesse en <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong>, notamment des <strong>barbarinosides<\/strong> et des <strong>h\u00e9d\u00e9rag\u00e9nines glycosyl\u00e9es<\/strong>. Ces saponines jouent un r\u00f4le d\u00e9fensif contre les insectes herbivores et conf\u00e8rent \u00e0 la plante des propri\u00e9t\u00e9s anti-insectes originales : la barbar\u00e9e est utilis\u00e9e comme \u00ab plante pi\u00e8ge \u00bb en protection biologique des cultures pour attirer et tuer les altises.<\/p>\n<h3>C. Flavono\u00efdes et acides ph\u00e9noliques<\/h3>\n<p>Le profil flavono\u00efdique comprend des d\u00e9riv\u00e9s de la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, du <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong> et de l&rsquo;<strong>isorhamn\u00e9tine<\/strong>. Les <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (acide sinapique, acide f\u00e9rulique, acide caf\u00e9ique) sont pr\u00e9sents en quantit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<h3>D. Vitamines et min\u00e9raux<\/h3>\n<p>Les feuilles fra\u00eeches sont riches en <strong>vitamine C<\/strong> (acide ascorbique), en <strong>vitamine A<\/strong> (b\u00eata-carot\u00e8ne) et en <strong>sels min\u00e9raux<\/strong> (fer, calcium, potassium). Cette richesse nutritionnelle fonde l&rsquo;usage alimentaire de fin d&rsquo;hiver, quand les sources v\u00e9g\u00e9tales de vitamines sont rares.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les <strong>glucosinolates<\/strong> et leurs produits de d\u00e9gradation exercent des propri\u00e9t\u00e9s antimicrobiennes, rub\u00e9fiantes et potentiellement anticanc\u00e9reuses document\u00e9es pour l&rsquo;ensemble des Brassicaceae. La glucobarbarine et ses m\u00e9tabolites (oxazolidine-2-thiones) ont une activit\u00e9 biologique diff\u00e9rente des isothiocyanates classiques : moins irritants mais dot\u00e9s de propri\u00e9t\u00e9s antigoitrog\u00e8nes (interf\u00e9rence avec la synth\u00e8se hormonale thyro\u00efdienne), ce qui constitue \u00e0 la fois un m\u00e9canisme pharmacologique et un facteur de risque en cas de consommation excessive.<\/p>\n<p>Les <strong>saponines triterp\u00e9niques<\/strong> exercent une activit\u00e9 anti-inflammatoire par stabilisation des membranes cellulaires, une activit\u00e9 antimicrobienne (perturbation des membranes bact\u00e9riennes et fongiques) et une activit\u00e9 insecticide document\u00e9e sur les larves de pi\u00e9ride et d&rsquo;altise.<\/p>\n<p>Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> et la <strong>vitamine C<\/strong> contribuent \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 antioxydante globale de la plante. L&rsquo;action diur\u00e9tique l\u00e9g\u00e8re, traditionnellement attribu\u00e9e \u00e0 la barbar\u00e9e, est probablement li\u00e9e aux sels de potassium.<\/p>\n<hr>\n<h3>DONN\u00c9ES CLINIQUES ET \u00c9TUDES PHARMACOLOGIQUES<\/h3>\n<p>La barbar\u00e9e ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune monographie officielle (Commission E, ESCOP). Son usage est purement traditionnel et alimentaire. Les \u00e9tudes pharmacologiques portent principalement sur la glucobarbarine et les saponines, dans le contexte de la recherche agronomique (protection biologique des cultures) plus que m\u00e9dicale.<\/p>\n<p>Des travaux danois ont document\u00e9 l&rsquo;activit\u00e9 insecticide des saponines de <em>Barbarea vulgaris<\/em> contre les altises et les pi\u00e9rides, ouvrant des perspectives int\u00e9ressantes en lutte biologique. L&rsquo;activit\u00e9 antioxydante des extraits a \u00e9t\u00e9 mesur\u00e9e in vitro avec des r\u00e9sultats mod\u00e9r\u00e9s. L&rsquo;activit\u00e9 antimicrobienne est pr\u00e9sente mais non exceptionnelle.<\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat nutritionnel des feuilles comme source de vitamine C, de min\u00e9raux et de compos\u00e9s phytoprotecteurs est document\u00e9 dans le cadre des \u00e9tudes sur les plantes sauvages comestibles.<\/p>\n<hr>\n<h3>TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h3>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe chimique<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Glucobarbarine<\/strong><\/td>\n<td>Glucosinolate<\/td>\n<td>Pr\u00e9curseur d&rsquo;oxazolidine-2-thiones, antimicrobien<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Barbarinosides<\/strong><\/td>\n<td>Saponines triterp\u00e9niques<\/td>\n<td>Anti-insecte, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Vitamine C<\/strong><\/td>\n<td>Vitamine<\/td>\n<td>Antioxydant, antiscorbutique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Querc\u00e9tine glycosides<\/strong><\/td>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Acide sinapique<\/strong><\/td>\n<td>Acide ph\u00e9nolique<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h3>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h3>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Antiscorbutique (feuilles fra\u00eeches)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antimicrobien (glucosinolates)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> R\u00e9solutif (usage externe, tradition populaire)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique l\u00e9ger<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2606\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Glucosinolates<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Glucobarbarine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Oxazolidine-2-thiones<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Gluconasturtiine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Sinigrine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Salade de feuilles fra\u00eeches :<\/strong> usage alimentaire principal, jeunes feuilles de la rosette hivernale en salade ou en m\u00e9lange. La saveur piquante et am\u00e8re s&rsquo;att\u00e9nue \u00e0 la cuisson.<\/li>\n<li><strong>Infusion :<\/strong> 2 \u00e0 3 g de parties a\u00e9riennes s\u00e9ch\u00e9es pour 200 ml d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infuser 10 minutes. Boire 2 tasses par jour comme diur\u00e9tique ou tonique printanier.<\/li>\n<li><strong>Cataplasme :<\/strong> feuilles fra\u00eeches \u00e9cras\u00e9es appliqu\u00e9es sur les contusions et les inflammations superficielles (usage populaire).<\/li>\n<\/ul>\n<p>L&rsquo;usage est essentiellement alimentaire et saisonnier. La barbar\u00e9e n&rsquo;est pas une plante de pharmacie mais une plante de cuisine sauvage, \u00e0 int\u00e9grer dans les salades et les soupes de printemps pour son apport en vitamines et en compos\u00e9s soufr\u00e9s protecteurs.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La barbar\u00e9e est comestible et de bonne tol\u00e9rance aux doses alimentaires usuelles. Le risque principal, commun \u00e0 toutes les crucif\u00e8res riches en glucosinolates, est l&rsquo;effet <strong>goitrog\u00e8ne<\/strong> en cas de consommation excessive et prolong\u00e9e : les oxazolidine-2-thiones issues de la glucobarbarine interf\u00e8rent avec la captation de l&rsquo;iode par la thyro\u00efde, pouvant favoriser un goitre chez les personnes pr\u00e9dispos\u00e9es ou carenc\u00e9es en iode. Ce risque est n\u00e9gligeable aux doses alimentaires normales.<\/p>\n<p>Par prudence, on recommande une consommation mod\u00e9r\u00e9e chez les personnes atteintes de troubles thyro\u00efdiens et un apport en iode suffisant. La cuisson r\u00e9duit significativement la teneur en glucosinolates. Pas de contre-indication sp\u00e9cifique chez la femme enceinte aux doses alimentaires, mais prudence avec les pr\u00e9parations concentr\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La barbar\u00e9e est une plante potag\u00e8re de subsistance utilis\u00e9e depuis le Moyen \u00c2ge en Europe du Nord et de l&rsquo;Ouest. Son nom d&rsquo;herbe de Sainte-Barbe renvoie \u00e0 la f\u00eate de cette sainte (4 d\u00e9cembre), p\u00e9riode \u00e0 laquelle les rosettes de feuilles sont r\u00e9coltables comme salade d&rsquo;hiver. Dans les traditions populaires du nord de l&rsquo;Europe, elle faisait partie du petit nombre de verdures disponibles en hiver et au d\u00e9but du printemps, avec le cresson, la m\u00e2che et le pissenlit.<\/p>\n<p>L&rsquo;usage m\u00e9dicinal est secondaire et peu document\u00e9 dans les grands trait\u00e9s. Cazin ne la mentionne pas sp\u00e9cifiquement. Fournier la cite bri\u00e8vement comme antiscorbutique et r\u00e9solutive. L&rsquo;usage populaire comme cataplasme contre les plaies et les contusions est attest\u00e9 en Europe du Nord. En Scandinavie, les feuilles \u00e9taient appliqu\u00e9es sur les br\u00fblures et les engelures.<\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat agronomique contemporain de la barbar\u00e9e est inattendu : sa capacit\u00e9 \u00e0 attirer les altises (qui pondent sur ses feuilles mais dont les larves meurent, tu\u00e9es par les saponines) en fait une \u00ab plante pi\u00e8ge \u00bb prometteuse pour la protection biologique du colza et du chou.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Barbarea vulgaris<\/em> est une crucif\u00e8re comestible dont le profil chimique original \u2014 glucobarbarine, saponines insecticides, flavono\u00efdes, vitamine C \u2014 en fait une plante d&rsquo;int\u00e9r\u00eat nutritionnel et agronomique plus que m\u00e9dicinal au sens strict. Son usage traditionnel comme salade de fin d&rsquo;hiver et comme r\u00e9solutif populaire est coh\u00e9rent avec sa composition mais ne justifie pas un usage phytoth\u00e9rapeutique sp\u00e9cifique face \u00e0 des crucif\u00e8res m\u00e9dicinales bien mieux document\u00e9es.<\/p>\n<p>Son v\u00e9ritable avenir pourrait \u00eatre agronomique : la recherche sur les saponines anti-insectes de la barbar\u00e9e ouvre des perspectives prometteuses pour la protection biologique des cultures de Brassicaceae, dans un contexte de r\u00e9duction des pesticides de synth\u00e8se.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Badenes-P\u00e9rez F.R. et al. \u2014 <em>Barbarea vulgaris<\/em> as a dead-end trap crop for diamondback moth, <em>Entomol. Exp. Appl.<\/em>, 2014.<\/li>\n<li>Kuzina V. et al. \u2014 Saponins from <em>Barbarea vulgaris<\/em> and their toxicity to insects, <em>Phytochemistry<\/em>, 2009, 70(17-18), 2137-2145.<\/li>\n<li>Agerbirk N. et al. \u2014 Glucosinolate structures and metabolism in <em>Barbarea<\/em>, <em>Phytochemistry<\/em>, 2003.<\/li>\n<li>Fournier P.-V. \u2014 <em>Le Livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>, Lechevalier, 1947.<\/li>\n<li>Plants of the World Online, Kew : <em>Barbarea vulgaris<\/em><\/li>\n<li>Tela Botanica, eFlore : <em>Barbarea vulgaris<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antimicrobien<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Barbarea vulgaris R.Br. Famille : Brassicaceae La barbar\u00e9e commune est une crucif\u00e8re robuste et banale des bords de routes, des foss\u00e9s, des terrains vagues et [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[],"class_list":["post-4529","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-brassicacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4529","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4529"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4529\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13709,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4529\/revisions\/13709"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4529"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4529"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4529"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}