{"id":4531,"date":"2026-03-28T09:53:37","date_gmt":"2026-03-28T08:53:37","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/bec-de-grue-a-feuilles-de-cigue\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:14","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:14","slug":"bec-de-grue-a-feuilles-de-cigue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/bec-de-grue-a-feuilles-de-cigue\/","title":{"rendered":"BEC-DE-GRUE \u00c0 FEUILLES DE CIGU\u00cb"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/bec-de-grue-a-feuilles-de-cigue.png\" alt=\"Planche botanique Bec-de-grue \u00e0 feuilles de cigu\u00eb\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Erodium cicutarium<\/em> (L.) L&rsquo;H\u00e9r.<\/p>\n<p><strong>Famille :<\/strong> Geraniaceae.<\/p>\n<p><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> bec-de-grue \u00e0 feuilles de cigu\u00eb, bec-de-grue commun, \u00e9rodium \u00e0 feuilles de cigu\u00eb, bec-de-cigogne, aiguille de berger, Gemeiner Reiherschnabel (allemand), common stork&rsquo;s-bill (anglais), alfilerillo (espagnol).<\/p>\n<p>Le bec-de-grue \u00e0 feuilles de cigu\u00eb est l&rsquo;une de ces petites plantes communes, souvent m\u00e9pris\u00e9es, qui r\u00e9compensent celui qui se penche pour les regarder. Minuscule rosette de feuilles finement d\u00e9coup\u00e9es \u2014 d&rsquo;o\u00f9 le nom trompeur de \u00ab feuilles de cigu\u00eb \u00bb, qui n&rsquo;indique aucune toxicit\u00e9 mais une simple ressemblance de d\u00e9coupe \u2014, tiges rampantes ou ascendantes portant de petites fleurs ros\u00e9es, et surtout ces fruits extraordinaires : de longs becs spiral\u00e9s, hygroscopiques, qui s&rsquo;enroulent et se d\u00e9nouent au gr\u00e9 de l&rsquo;humidit\u00e9, vrillant litt\u00e9ralement la graine dans le sol comme une perceuse naturelle. Ce m\u00e9canisme de dispersion, l&rsquo;un des plus \u00e9l\u00e9gants du r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal, a fait de l&rsquo;\u00e9rodium un mod\u00e8le d&rsquo;\u00e9tude en biom\u00e9canique. Plant m\u00e9dicinale modeste, le bec-de-grue a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 comme astringent, h\u00e9mostatique et diur\u00e9tique l\u00e9ger dans la m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne, et poss\u00e8de une phytochimie int\u00e9ressante domin\u00e9e par les <strong>tanins<\/strong>, les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> et l&rsquo;<strong>acide ellagique<\/strong>.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Geraniaceae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Erodium<\/em> L&rsquo;H\u00e9r.<\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Erodium cicutarium<\/em> (L.) L&rsquo;H\u00e9r., 1789<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> <em>Erodium<\/em> vient du grec <em>erodios<\/em> (h\u00e9ron), allusion \u00e0 la forme du fruit qui \u00e9voque un bec d&rsquo;\u00e9chassier. <em>Cicutarium<\/em> renvoie \u00e0 <em>Cicuta<\/em> (cigu\u00eb), par analogie de d\u00e9coupe du feuillage \u2014 une ressemblance purement morphologique, sans rapport avec la toxicit\u00e9 des vraies cigu\u00ebs (Apiaceae).<\/p>\n<p><strong>Diversit\u00e9 du genre :<\/strong> le genre <em>Erodium<\/em> comprend environ 75 esp\u00e8ces, principalement m\u00e9diterran\u00e9ennes. <em>E. cicutarium<\/em> est de loin l&rsquo;esp\u00e8ce la plus commune et la plus largement distribu\u00e9e, devenue subcosmopolite par naturalisation. Le genre se distingue des vrais g\u00e9raniums (<em>Geranium<\/em>) par ses fruits \u00e0 bec spiral (vs. bec non spiral, \u00e0 \u00e9jection de la graine par ressort chez <em>Geranium<\/em>).<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante annuelle ou bisannuelle, de 5 \u00e0 40 cm de hauteur. La racine est pivotante, fine. Les feuilles basales forment une rosette plaqu\u00e9e au sol ; elles sont p\u00e9tiol\u00e9es, pennatis\u00e9qu\u00e9es \u00e0 bipennatis\u00e9qu\u00e9es, \u00e0 segments finement d\u00e9coup\u00e9s, pubescentes, de 3-15 cm de long. Les tiges florales sont d\u00e9combantes \u00e0 ascendantes, ramifi\u00e9es, pubescentes-glanduleuses. Les fleurs, group\u00e9es par 2-7 en ombelles, sont petites (8-12 mm de diam\u00e8tre), \u00e0 5 p\u00e9tales roses \u00e0 pourpre-ros\u00e9, souvent stri\u00e9s de veines plus fonc\u00e9es, les 2 sup\u00e9rieurs parfois l\u00e9g\u00e8rement plus petits et tach\u00e9s \u00e0 la base. Les \u00e9tamines fertiles sont au nombre de 5 (vs. 10 chez <em>Geranium<\/em>). Le fruit est un schizocarre \u00e0 long bec (2-4 cm) form\u00e9 de 5 m\u00e9ricarpes, chacun termin\u00e9 par une ar\u00eate spiral\u00e9e hygroscopique. \u00c0 maturit\u00e9, l&rsquo;ar\u00eate s&rsquo;enroule en tire-bouchon par temps sec et se d\u00e9roule par temps humide, enfon\u00e7ant la graine dans le sol \u2014 un m\u00e9canisme d&rsquo;auto-enfouissement remarquable.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET R\u00c9PARTITION<\/h3>\n<p>Esp\u00e8ce originaire d&rsquo;Eurasie et d&rsquo;Afrique du Nord, devenue subcosmopolite par naturalisation. Pr\u00e9sente sur tous les continents sauf l&rsquo;Antarctique. En France, c&rsquo;est l&rsquo;une des plantes les plus communes du territoire, de la plaine au montagnard inf\u00e9rieur (0-1 500 m).<\/p>\n<p><strong>Habitats :<\/strong> pelouses s\u00e8ches et rases, terrains sablonneux, chemins, cultures sarcl\u00e9es, vignobles, friches, bords de route, dunes littorales, lieux pi\u00e9tin\u00e9s, sols nus. Le bec-de-grue est une plante pionni\u00e8re des sols pauvres, secs, sablonneux ou caillouteux, fortement h\u00e9liophile. Il est caract\u00e9ristique des habitats rud\u00e9raux et des milieux ouverts perturb\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Ph\u00e9nologie :<\/strong> floraison \u00e9tal\u00e9e sur une longue p\u00e9riode, de f\u00e9vrier \u00e0 octobre selon les r\u00e9gions et les conditions. Dans le Midi, des individus fleurissent d\u00e8s janvier. La plante accomplit parfois deux g\u00e9n\u00e9rations par an (annuelle de printemps et annuelle d&rsquo;automne).<\/p>\n<p><strong>Adaptations :<\/strong> la rosette plaqu\u00e9e au sol r\u00e9siste au pi\u00e9tinement et \u00e0 la tondeuse. Le m\u00e9canisme d&rsquo;auto-enfouissement des graines (ar\u00eate hygroscopique) assure une germination efficace m\u00eame sur sols durs et compact\u00e9s \u2014 les graines s&rsquo;enfoncent lors des alternances d&rsquo;humidification et de dessiccation.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Les <strong>parties a\u00e9riennes<\/strong> (plante enti\u00e8re fleurie) sont la drogue traditionnelle, r\u00e9colt\u00e9es au moment de la pleine floraison et s\u00e9ch\u00e9es \u00e0 l&rsquo;ombre. L&rsquo;usage est exclusivement populaire ; la plante ne figure dans aucune pharmacop\u00e9e officielle moderne.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p><strong>Tanins :<\/strong> les parties a\u00e9riennes sont riches en <strong>tanins hydrolysables<\/strong> (gallotanins et ellagitanins), repr\u00e9sentant 10-20 % de la masse s\u00e8che. L&rsquo;<strong>acide ellagique<\/strong>, lib\u00e9r\u00e9 par hydrolyse des ellagitanins, est le compos\u00e9 ph\u00e9nolique marqueur de l&rsquo;esp\u00e8ce.<\/p>\n<p><strong>Flavono\u00efdes :<\/strong> <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>, <strong>myric\u00e9tine<\/strong> et leurs glycosides (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/rutine\/\">rutine<\/a>, hyp\u00e9roside, isorhamn\u00e9tine-3-O-glucoside).<\/p>\n<p><strong>Acides ph\u00e9noliques :<\/strong> <strong>acide gallique<\/strong>, <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">Coumarines<\/a> :<\/strong> traces de <strong>scopol\u00e9tine<\/strong> et d&rsquo;<strong>ombellif\u00e9rone<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Huile essentielle :<\/strong> faible teneur (&lt; 0,1 %), \u00e0 <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/monoterpenes\/\">monoterp\u00e8nes<\/a> et <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/sesquiterpenes\/\">sesquiterp\u00e8nes<\/a> peu caract\u00e9ristiques.<\/p>\n<p><strong>Acides organiques :<\/strong> <strong>acide citrique<\/strong>, <strong>acide malique<\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Min\u00e9raux :<\/strong> teneur notable en calcium, potassium et fer.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Astringent :<\/strong> propri\u00e9t\u00e9 principale, li\u00e9e \u00e0 la forte teneur en tanins. La plante \u00e9tait employ\u00e9e en d\u00e9coction ou en infusion contre les diarrh\u00e9es, les dysenteries, les h\u00e9morragies digestives l\u00e9g\u00e8res et les leucorrh\u00e9es.<\/li>\n<li><strong>H\u00e9mostatique :<\/strong> en usage externe, la plante broy\u00e9e ou la d\u00e9coction \u00e9tait appliqu\u00e9e sur les plaies et les saignements de nez (tanins contractant les vaisseaux et pr\u00e9cipitant les prot\u00e9ines du sang).<\/li>\n<li><strong>Diur\u00e9tique l\u00e9ger :<\/strong> l&rsquo;infusion \u00e9tait prise pour favoriser l&rsquo;\u00e9limination r\u00e9nale \u2014 propri\u00e9t\u00e9 non sp\u00e9cifique, commune \u00e0 de nombreuses plantes riches en flavono\u00efdes.<\/li>\n<li><strong>Vuln\u00e9raire :<\/strong> en cataplasme, les feuilles fra\u00eeches broy\u00e9es \u00e9taient appliqu\u00e9es sur les contusions et les petites plaies.<\/li>\n<li><strong>Anti-inflammatoire oculaire :<\/strong> en m\u00e9decine populaire m\u00e9diterran\u00e9enne, la d\u00e9coction ti\u00e9die servait de collyre contre les conjonctivites et les yeux fatigu\u00e9s (Fournier, 1947).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>DONN\u00c9ES PHARMACOLOGIQUES MODERNES<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Activit\u00e9 antioxydante :<\/strong> les extraits d&rsquo;<em>E. cicutarium<\/em> pr\u00e9sentent une forte activit\u00e9 antioxydante (DPPH, FRAP, ORAC), attribu\u00e9e aux ellagitanins et aux flavono\u00efdes. L&rsquo;<strong>acide ellagique<\/strong> est un pi\u00e9geur de radicaux libres puissant (Sroka <em>et al.<\/em>, 2001).<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire :<\/strong> des extraits aqueux et hydroalcooliques r\u00e9duisent l&rsquo;\u0153d\u00e8me de la patte dans le test \u00e0 la carrag\u00e9nine chez le rat et inhibent la production de COX-2 et de LOX <em>in vitro<\/em> (Fecka <em>et al.<\/em>, 2001).<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 antimicrobienne :<\/strong> les tanins conf\u00e8rent une activit\u00e9 antibact\u00e9rienne mod\u00e9r\u00e9e contre <em>S. aureus<\/em>, <em>E. coli<\/em> et <em>Bacillus subtilis<\/em>.<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 hypoglyc\u00e9miante :<\/strong> une \u00e9tude chez le rat diab\u00e9tique a montr\u00e9 une r\u00e9duction significative de la glyc\u00e9mie apr\u00e8s administration d&rsquo;extraits aqueux d&rsquo;<em>E. cicutarium<\/em> (El-Hilaly <em>et al.<\/em>, 2006).<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 gastroprotectrice :<\/strong> les tanins exercent un effet protecteur sur la muqueuse gastrique (formation d&rsquo;une couche tannique protectrice).<\/li>\n<li><strong>Biom\u00e9canique :<\/strong> l&rsquo;ar\u00eate hygroscopique du fruit fait l&rsquo;objet de recherches en ing\u00e9nierie bio-inspir\u00e9e (robotique, capteurs d&rsquo;humidit\u00e9, graines artificielles pour la rev\u00e9g\u00e9talisation) \u2014 un domaine de recherche actif \u00e0 la fronti\u00e8re de la botanique et de la technologie (Evangelista <em>et al.<\/em>, 2011).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Tanins<\/td>\n<td>Tanin<\/td>\n<td>Astringent, antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Tanins hydrolysables<\/td>\n<td>Tanin<\/td>\n<td>Astringent, antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide ellagique<\/td>\n<td>Tanin ellagique<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Kaempf\u00e9rol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Infusion :<\/strong> 20-30 g de plante s\u00e8che par litre d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infusion 10 min. 2-3 tasses par jour (astringent, diur\u00e9tique).<\/li>\n<li><strong>D\u00e9coction concentr\u00e9e (usage externe) :<\/strong> 50 g par litre, \u00e9bullition 10 min. En compresses sur les plaies, en gargarismes (angines), en lavages oculaires (conjonctivites).<\/li>\n<li><strong>Cataplasme :<\/strong> feuilles fra\u00eeches broy\u00e9es, appliqu\u00e9es directement sur les contusions et les petites plaies.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Le bec-de-grue \u00e0 feuilles de cigu\u00eb est consid\u00e9r\u00e9 comme non toxique. Malgr\u00e9 son nom \u00e9voquant la cigu\u00eb, il n&rsquo;a aucun lien avec les cigu\u00ebs v\u00e9ritables (Conium, Cicuta, Aethusa des Apiaceae) et ne contient ni <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a> pip\u00e9ridiniques ni polyac\u00e9tyl\u00e8nes toxiques.<\/p>\n<ul>\n<li>La forte teneur en tanins peut provoquer des troubles digestifs (constipation, naus\u00e9es) en cas d&rsquo;usage excessif ou prolong\u00e9.<\/li>\n<li>Les tanins peuvent r\u00e9duire l&rsquo;absorption du fer alimentaire \u2014 \u00e9viter l&rsquo;usage concomitant chez les personnes carenc\u00e9es en fer.<\/li>\n<li>Par pr\u00e9caution, l&rsquo;usage th\u00e9rapeutique est d\u00e9conseill\u00e9 chez la femme enceinte (donn\u00e9es insuffisantes).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>M\u00e9decine populaire europ\u00e9enne :<\/strong> le bec-de-grue \u00e9tait une plante des campagnes, utilis\u00e9e par les paysans et les bergers comme astringent de premier secours. Cazin (1868) la mentionne comme \u00ab utile dans les flux de ventre \u00bb et \u00ab les pertes blanches des femmes \u00bb.<\/li>\n<li><strong>M\u00e9decine traditionnelle marocaine :<\/strong> la plante est utilis\u00e9e au Maroc comme antidiab\u00e9tique populaire (infusion de parties a\u00e9riennes) et contre les coliques \u2014 usage confirm\u00e9 par les \u00e9tudes pharmacologiques modernes.<\/li>\n<li><strong>Am\u00e9rique du Nord :<\/strong> les peuples am\u00e9rindiens du Sud-Ouest (Cahuilla, Diegueno) utilisaient <em>E. cicutarium<\/em> (naturalis\u00e9 depuis la colonisation espagnole) comme plante alimentaire (feuilles en salade) et m\u00e9dicinale (d\u00e9coction contre les diarrh\u00e9es).<\/li>\n<li><strong>Fourrage :<\/strong> dans les r\u00e9gions arides (Californie, Australie), <em>E. cicutarium<\/em> constitue un fourrage naturel appr\u00e9ci\u00e9 du b\u00e9tail dans les p\u00e2turages secs, malgr\u00e9 sa petite taille.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>CULTURE ET MULTIPLICATION<\/h3>\n<p>Le bec-de-grue ne fait pas l&rsquo;objet d&rsquo;une culture horticole, mais il peut \u00eatre accueilli et favoris\u00e9 dans les jardins naturels :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Sol :<\/strong> pauvre, sablonneux, bien drain\u00e9, sec. La plante colonise spontan\u00e9ment les sols nus et pi\u00e9tin\u00e9s.<\/li>\n<li><strong>Exposition :<\/strong> plein soleil.<\/li>\n<li><strong>Semis :<\/strong> en surface, au printemps ou en automne. Les graines \u00e0 ar\u00eate hygroscopique s&rsquo;auto-enfouissent \u2014 un simple d\u00e9p\u00f4t en surface suffit.<\/li>\n<li><strong>Entretien :<\/strong> aucun. La plante se ress\u00e8me abondamment et peut devenir envahissante sur les sols nus.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>STATUT DE CONSERVATION<\/h3>\n<p><em>Erodium cicutarium<\/em> est l&rsquo;une des plantes les plus communes d&rsquo;Europe et du monde temp\u00e9r\u00e9. Elle n&rsquo;est menac\u00e9e nulle part et ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucune protection. Au contraire, elle est class\u00e9e comme esp\u00e8ce exotique envahissante dans plusieurs r\u00e9gions du monde (Australie, Am\u00e9rique du Nord) o\u00f9 elle a \u00e9t\u00e9 introduite involontairement avec les grains import\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h3>INT\u00c9R\u00caT EN JARDIN NATUREL ET PERMACULTURE<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Bioindicateur :<\/strong> la pr\u00e9sence abondante de bec-de-grue indique un sol sec, sablonneux, pauvre en mati\u00e8re organique et bien drain\u00e9.<\/li>\n<li><strong>Couvert v\u00e9g\u00e9tal de sol nu :<\/strong> dans les jardins de gravier, les parkings perm\u00e9ables et les terrains vagues, le bec-de-grue forme un couvert spontan\u00e9, bas, peu exigeant, prot\u00e9geant le sol de l&rsquo;\u00e9rosion.<\/li>\n<li><strong>Plante mellif\u00e8re pr\u00e9coce :<\/strong> la floraison tr\u00e8s \u00e9tal\u00e9e (f\u00e9vrier-octobre) offre une source de nectar aux pollinisateurs pendant les p\u00e9riodes creuses.<\/li>\n<li><strong>Mod\u00e8le p\u00e9dagogique :<\/strong> le m\u00e9canisme d&rsquo;auto-enfouissement de la graine par l&rsquo;ar\u00eate hygroscopique est un sujet fascinant pour l&rsquo;\u00e9ducation \u00e0 la botanique et \u00e0 la biom\u00e9canique.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>BEC-DE-GRUE \u00c0 FEUILLES DE CIGU\u00cb pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Fournier P., <em>Le Livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>, Lechevalier, 1947-1948.<\/li>\n<li>Cazin F.-J., <em>Trait\u00e9 pratique et raisonn\u00e9 des plantes m\u00e9dicinales indig\u00e8nes<\/em>, 3<sup>e<\/sup> \u00e9d., 1868.<\/li>\n<li>Sroka Z. <em>et al.<\/em>, \u00ab Hydrogen peroxide scavenging, antioxidant and anti-radical activity of some phenolic acids \u00bb, <em>Food and Chemical Toxicology<\/em>, 41, 2003, p. 753-758.<\/li>\n<li>Fecka I. <em>et al.<\/em>, \u00ab Phenolic metabolites from <em>Erodium cicutarium<\/em> \u00bb, <em>Zeitschrift f\u00fcr Naturforschung C<\/em>, 56, 2001, p. 943-950.<\/li>\n<li>El-Hilaly J. <em>et al.<\/em>, \u00ab Hypoglycaemic and hypocholesterolaemic effects of <em>Erodium cicutarium<\/em> in rats \u00bb, <em>Fitoterapia<\/em>, 77, 2006, p. 511-514.<\/li>\n<li>Evangelista D. <em>et al.<\/em>, \u00ab The mechanics of explosive dispersal and self-burial in the seeds of the filaree, <em>Erodium cicutarium<\/em> \u00bb, <em>Journal of the Royal Society Interface<\/em>, 8, 2011, p. 1084-1088.<\/li>\n<li>Rameau J.-C. <em>et al.<\/em>, <em>Flore foresti\u00e8re fran\u00e7aise<\/em>, t. 1, Plaines et collines, IDF, 1989.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Vuln\u00e9raire<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Erodium cicutarium (L.) L&rsquo;H\u00e9r. Famille : Geraniaceae. Noms vernaculaires : bec-de-grue \u00e0 feuilles de cigu\u00eb, bec-de-grue commun, \u00e9rodium \u00e0 feuilles de cigu\u00eb, bec-de-cigogne, aiguille de [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[72],"tags":[],"class_list":["post-4531","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-geraniacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4531","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4531"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4531\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13848,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4531\/revisions\/13848"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4531"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4531"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4531"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}