{"id":4548,"date":"2026-03-28T10:23:57","date_gmt":"2026-03-28T09:23:57","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/bugrane-epineuse\/"},"modified":"2026-06-25T09:28:37","modified_gmt":"2026-06-25T07:28:37","slug":"bugrane-epineuse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/bugrane-epineuse\/","title":{"rendered":"BUGRANE \u00c9PINEUSE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/bugrane-epineuse.png\" alt=\"Planche botanique Bugrane \u00e9pineuse\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Ononis spinosa<\/em> L.<\/p>\n<p>Famille : Fabaceae<\/p>\n<p>La bugrane \u00e9pineuse est l&rsquo;un de ces arbrisseaux bas, \u00e9pineux et tenaces qui semblent faits pour r\u00e9sister \u00e0 tout : au b\u00e9tail qui la contourne, au sol maigre qui la porte, \u00e0 la charrue qui l&rsquo;arrache difficilement. Son nom populaire d&rsquo;arr\u00eate-boeuf dit tout de sa robustesse. Ses racines plongent profond\u00e9ment dans les sols calcaires secs, et c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0, dans cette racine pivotante coriace et odorante, que r\u00e9side l&rsquo;int\u00e9r\u00eat m\u00e9dicinal de la plante.<\/p>\n<p>La bugrane est l&rsquo;une des plantes diur\u00e9tiques classiques de la pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne, inscrite \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne. Son usage remonte \u00e0 l&rsquo;Antiquit\u00e9 et n&rsquo;a jamais cess\u00e9 dans la m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne. C&rsquo;est une plante de terrain fiable, sans toxicit\u00e9 notable, dont le profil chimique \u2014 isoflavono\u00efdes, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">triterp\u00e8nes<\/a>, huile essentielle \u2014 fonde une action diur\u00e9tique douce et anti-inflammatoire particuli\u00e8rement adapt\u00e9e aux troubles urinaires b\u00e9nins et aux rhumatismes.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Fabaceae (L\u00e9gumineuses)<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Ononis<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Ononis spinosa<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Synonymes :<\/strong> <em>Ononis campestris<\/em> Koch, <em>Ononis repens<\/em> subsp. <em>spinosa<\/em> (L.) Greuter<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Bugrane \u00e9pineuse, Arr\u00eate-boeuf, Bugrande, Herbe aux \u00e2nes, Tenon, Bougrane.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le genre <em>Ononis<\/em> comprend une centaine d&rsquo;esp\u00e8ces, principalement m\u00e9diterran\u00e9ennes. <em>O. spinosa<\/em> est l&rsquo;esp\u00e8ce officinale, souvent confondue avec <em>O. repens<\/em> (bugrane rampante, non \u00e9pineuse) qui partage des usages similaires. Les deux esp\u00e8ces sont parfois trait\u00e9es comme sous-esp\u00e8ces d&rsquo;un m\u00eame complexe. La Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne sp\u00e9cifie <em>O. spinosa<\/em> mais accepte <em>O. repens<\/em> dans certaines \u00e9ditions. La classification APG IV place le genre dans la sous-famille des Papilionoideae, tribu des Trifolieae.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>La bugrane \u00e9pineuse est un sous-arbrisseau vivace de 30 \u00e0 80 centim\u00e8tres, \u00e0 souche ligneuse et racine pivotante \u00e9paisse, longue, tortueuse, \u00e0 \u00e9corce gris-brun et bois jaun\u00e2tre. Les tiges sont dress\u00e9es ou ascendantes, ligneuses \u00e0 la base, tr\u00e8s ramifi\u00e9es, portant des \u00e9pines ac\u00e9r\u00e9es (rameaux avort\u00e9s transform\u00e9s en \u00e9pines), souvent glanduleuses-pubescentes et visqueuses au toucher. Les feuilles sont trifoliol\u00e9es \u00e0 la base, unifoliol\u00e9es au sommet, \u00e0 folioles ovales, dent\u00e9es, pubescentes.<\/p>\n<p>Les fleurs, papilionac\u00e9es, sont roses \u00e0 rose-pourpr\u00e9, parfois blanches, solitaires ou g\u00e9min\u00e9es \u00e0 l&rsquo;aisselle des feuilles, formant des grappes feuill\u00e9es terminales. L&rsquo;\u00e9tendard est stri\u00e9 de pourpre. La floraison, estivale, est souvent abondante et attire de nombreux insectes pollinisateurs. Le fruit est une gousse courte, ovo\u00efde, pubescente, contenant 1 \u00e0 3 graines r\u00e9niformes.<\/p>\n<p>La bugrane fr\u00e9quente les pelouses calcaires s\u00e8ches, les friches, les bords de chemins, les p\u00e2turages maigres, les lisi\u00e8res thermophiles et les talus bien expos\u00e9s. Elle est calcicole et h\u00e9liophile, typique des sols maigres \u00e0 squelettiques de l&rsquo;\u00e9tage collin\u00e9en. Sa r\u00e9partition couvre toute l&rsquo;Europe temp\u00e9r\u00e9e et m\u00e9ridionale, l&rsquo;Afrique du Nord et l&rsquo;Asie occidentale.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Floraison :<\/strong> juin \u00e0 septembre<\/li>\n<li><strong>Habitat :<\/strong> pelouses calcaires, friches, p\u00e2turages maigres, talus<\/li>\n<li><strong>R\u00e9partition :<\/strong> Europe temp\u00e9r\u00e9e et m\u00e9ridionale, Afrique du Nord, Asie occidentale<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE, CULTURE ET CONSERVATION<\/h3>\n<p>La bugrane \u00e9pineuse est une plante des pelouses calcaires s\u00e8ches, des p\u00e2turages maigres et des ourlets thermophiles. Elle est indicatrice de sols pauvres, calcaires, bien drain\u00e9s, et fait partie des cort\u00e8ges floristiques des habitats d&rsquo;int\u00e9r\u00eat communautaire (pelouses calcicoles de l&rsquo;alliance du <em>Mesobromion<\/em>). Sa pr\u00e9sence signale un p\u00e2turage extensif ou un milieu en cours de colonisation par les ligneux bas.<\/p>\n<p>La plante est fixatrice d&rsquo;azote gr\u00e2ce \u00e0 sa symbiose avec des bact\u00e9ries du genre <em>Rhizobium<\/em>, caract\u00e9ristique des Fabaceae. Cette capacit\u00e9 lui permet de coloniser des sols pauvres o\u00f9 d&rsquo;autres esp\u00e8ces peinent \u00e0 s&rsquo;installer. Les \u00e9pines la prot\u00e8gent efficacement du broutage, ce qui explique sa progression dans les p\u00e2turages d\u00e9grad\u00e9s.<\/p>\n<p>La culture est possible sur sols calcaires bien drain\u00e9s, en plein soleil, mais reste rare en pratique. L&rsquo;approvisionnement en drogue se fait essentiellement par r\u00e9colte sauvage en Europe centrale et m\u00e9ridionale. La plante n&rsquo;est pas menac\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle europ\u00e9enne, mais la r\u00e9gression des pelouses calcaires par abandon du pastoralisme ou fertilisation entra\u00eene un recul local de ses populations dans certaines r\u00e9gions.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li>Racine (drogue officinale)<\/li>\n<\/ul>\n<p>La racine est la partie inscrite \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne. Elle est r\u00e9colt\u00e9e \u00e0 l&rsquo;automne sur des plantes de deux ans au minimum, lav\u00e9e, coup\u00e9e longitudinalement et s\u00e9ch\u00e9e. La drogue s\u00e8che se pr\u00e9sente en morceaux ligneux, fibreux, \u00e0 \u00e9corce brun-gris\u00e2tre et bois jaun\u00e2tre, \u00e0 odeur caract\u00e9ristique rappelant le bois de r\u00e9glisse et \u00e0 saveur d&rsquo;abord douce\u00e2tre puis l\u00e9g\u00e8rement \u00e2cre et astringente. L&rsquo;odeur est un crit\u00e8re de qualit\u00e9 important : une racine de bugrane de bonne qualit\u00e9 d\u00e9gage un parfum aromatique reconnaissable, balsamique et un peu suave.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Isoflavono\u00efdes<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure kohler-planche\" style=\"float:left;margin:5px 25px 15px 0;max-width:280px;border:1px solid #c9b99a;padding:6px;background:#faf6ee;border-radius:4px;cursor:pointer\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/kohler\/ononis_spinosa.jpg\" alt=\"Ononis spinosa \u2014 planche K\u00f6hler (1887)\" style=\"width:100%;height:auto\" \/><figcaption style=\"text-align:center;font-size:0.78em;color:#5a4e3c;margin-top:5px;font-style:italic\">Ononis spinosa<br \/>K\u00f6hler&rsquo;s Medizinal-Pflanzen, 1887<\/figcaption><\/figure>\n<p>La racine de bugrane est remarquable par sa richesse en isoflavono\u00efdes, compos\u00e9s typiques des Fabaceae. Le compos\u00e9 principal est l&rsquo;<strong>ononine<\/strong> (glucoside de formonon\u00e9tine), accompagn\u00e9e de la <strong>formonon\u00e9tine<\/strong> libre, de l&rsquo;<strong>ononide<\/strong>, de la <strong>biochanine A<\/strong> et de la <strong>g\u00e9nist\u00e9ine<\/strong>. Ces isoflavono\u00efdes poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s oestrog\u00e9niques faibles (phyto-oestrog\u00e8nes), anti-inflammatoires et antioxydantes. L&rsquo;ononine est consid\u00e9r\u00e9e comme le marqueur chimique principal de la drogue.<\/p>\n<h3>B. Triterp\u00e8nes<\/h3>\n<p>Plusieurs triterp\u00e8nes pentacycliques ont \u00e9t\u00e9 isol\u00e9s, dont l&rsquo;<strong>alpha-ononc\u00e9rine<\/strong>, la <strong>b\u00eata-ononc\u00e9rine<\/strong> et l&rsquo;<strong>onocol<\/strong>. L&rsquo;alpha-ononc\u00e9rine, triterp\u00e8ne original de type lupane, est un marqueur chimiotaxonomique du genre <em>Ononis<\/em>. Ces triterp\u00e8nes contribuent aux propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires et diur\u00e9tiques de la plante.<\/p>\n<h3>C. Huile essentielle<\/h3>\n<p>La racine contient une huile essentielle en faible quantit\u00e9 (0,02 \u00e0 0,2 %), \u00e0 dominante de <strong>trans-an\u00e9thole<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carvone\/\">carvone<\/a><\/strong> et <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/menthol\/\">menthol<\/a><\/strong>, qui conf\u00e8re \u00e0 la drogue son odeur caract\u00e9ristique. Le trans-an\u00e9thole, principal constituant, est aussi le compos\u00e9 aromatique de l&rsquo;anis et du fenouil.<\/p>\n<h3>D. Autres compos\u00e9s<\/h3>\n<p>On trouve des <strong>tanins<\/strong>, des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (acide caf\u00e9ique, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a>), des <strong>saponines<\/strong> triterp\u00e9niques, des <strong>phytost\u00e9rols<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/beta-sitosterol\/\">sitost\u00e9rol<\/a>) et des <strong>sucres<\/strong> (saccharose, glucose). La r\u00e9sine, pr\u00e9sente en quantit\u00e9 notable, contribue \u00e0 la consistance particuli\u00e8re de la racine s\u00e8che.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;action diur\u00e9tique de la bugrane est attribu\u00e9e \u00e0 la synergie entre les isoflavono\u00efdes, les triterp\u00e8nes et les compos\u00e9s ph\u00e9noliques. L&rsquo;<strong>ononine<\/strong> et la <strong>formonon\u00e9tine<\/strong> augmentent le d\u00e9bit urinaire par un m\u00e9canisme aquar\u00e9tique (augmentation de la diur\u00e8se aqueuse) sans perte significative d&rsquo;\u00e9lectrolytes, ce qui distingue la bugrane des diur\u00e9tiques de synth\u00e8se. L&rsquo;action est douce, progressive et bien tol\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<p>Les triterp\u00e8nes, en particulier l&rsquo;alpha-ononc\u00e9rine, exercent une activit\u00e9 anti-inflammatoire document\u00e9e in vitro et in vivo, avec inhibition de la production de prostaglandines et r\u00e9duction de l&rsquo;oed\u00e8me dans les mod\u00e8les exp\u00e9rimentaux. Cette propri\u00e9t\u00e9 justifie l&rsquo;usage traditionnel de la bugrane dans les rhumatismes et la goutte.<\/p>\n<p>Les isoflavono\u00efdes poss\u00e8dent une activit\u00e9 phyto-oestrog\u00e9nique faible, avec affinit\u00e9 pr\u00e9f\u00e9rentielle pour les r\u00e9cepteurs oestrog\u00e9niques b\u00eata (ER-b\u00eata). Cette activit\u00e9 est modeste compar\u00e9e au soja ou au tr\u00e8fle rouge, mais elle participe au profil pharmacologique global de la plante.<\/p>\n<p>L&rsquo;action lithontriptique (dissolution des calculs urinaires), traditionnellement attribu\u00e9e \u00e0 la bugrane, n&rsquo;est pas clairement d\u00e9montr\u00e9e. En revanche, l&rsquo;augmentation de la diur\u00e8se contribue \u00e0 la dilution des urines et \u00e0 la pr\u00e9vention de la cristallisation, ce qui peut ralentir la formation des calculs par un m\u00e9canisme indirect.<\/p>\n<hr>\n<h3>DONN\u00c9ES CLINIQUES ET \u00c9TUDES PHARMACOLOGIQUES<\/h3>\n<p>La racine de bugrane fait l&rsquo;objet d&rsquo;une monographie europ\u00e9enne au titre de l&rsquo;usage traditionnel bien \u00e9tabli comme diur\u00e9tique en adjuvant des troubles urinaires mineurs et pour l&rsquo;irrigation des voies urinaires. La Commission E allemande avait valid\u00e9 les indications suivantes : irrigation en cas d&rsquo;inflammation des voies urinaires, pr\u00e9vention et traitement de la gravelle.<\/p>\n<p>Les \u00e9tudes pharmacologiques in vivo chez le rat confirment l&rsquo;activit\u00e9 diur\u00e9tique dose-d\u00e9pendante des extraits aqueux et hydro-alcooliques de racine de bugrane. L&rsquo;activit\u00e9 anti-inflammatoire a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e sur le mod\u00e8le de l&rsquo;oed\u00e8me \u00e0 la carrag\u00e9nine, avec une efficacit\u00e9 comparable \u00e0 celle de l&rsquo;indom\u00e9tacine \u00e0 doses \u00e9lev\u00e9es d&rsquo;extrait.<\/p>\n<p>Des travaux in vitro ont mis en \u00e9vidence l&rsquo;activit\u00e9 antioxydante des extraits, li\u00e9e principalement aux isoflavono\u00efdes et aux acides ph\u00e9noliques. L&rsquo;activit\u00e9 antimicrobienne est modeste mais pr\u00e9sente contre <em>E. coli<\/em> et <em>S. aureus<\/em>.<\/p>\n<p>Les donn\u00e9es cliniques humaines sp\u00e9cifiques sont limit\u00e9es, mais la convergence entre la tradition mill\u00e9naire, la monographie europ\u00e9enne et les donn\u00e9es pharmacologiques exp\u00e9rimentales constitue un niveau de preuve solide pour les indications traditionnelles.<\/p>\n<hr>\n<h3>TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h3>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe chimique<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Ononine<\/strong><\/td>\n<td>Isoflavono\u00efde glycosyl\u00e9<\/td>\n<td>Diur\u00e9tique, marqueur de la drogue<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Formonon\u00e9tine<\/strong><\/td>\n<td>Isoflavono\u00efde<\/td>\n<td>Anti-inflammatoire, phyto-oestrog\u00e8ne<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Alpha-ononc\u00e9rine<\/strong><\/td>\n<td>Triterp\u00e8ne (lupane)<\/td>\n<td>Anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Trans-an\u00e9thole<\/strong><\/td>\n<td>Ph\u00e9nylpropano\u00efde (HE)<\/td>\n<td>Compos\u00e9 aromatique, spasmolytique l\u00e9ger<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>G\u00e9nist\u00e9ine<\/strong><\/td>\n<td>Isoflavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, phyto-oestrog\u00e8ne<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Acide chlorog\u00e9nique<\/strong><\/td>\n<td>Acide ph\u00e9nolique<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Ononine, formonon\u00e9tine<\/td>\n<td>Isoflavones<\/td>\n<td>Diur\u00e9tiques<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Onoc\u00e9rine<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">Triterp\u00e8ne<\/a><\/td>\n<td>Constituant de la racine<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Huile essentielle, tanins<\/td>\n<td>Terp\u00e8nes \/ tanins<\/td>\n<td>Anti-inflammatoires<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>D\u00e9coction :<\/strong> 3 \u00e0 5 g de racine coup\u00e9e pour 250 ml d&rsquo;eau froide, porter \u00e0 \u00e9bullition, maintenir 10 \u00e0 15 minutes \u00e0 feu doux, filtrer. Boire 2 \u00e0 3 tasses par jour, avec un apport hydrique abondant.<\/li>\n<li><strong>Teinture (1:5, \u00e9thanol 45 %) :<\/strong> 2 \u00e0 5 ml, 3 fois par jour.<\/li>\n<li><strong>Extrait sec standardis\u00e9 :<\/strong> 250 \u00e0 500 mg, 2 \u00e0 3 fois par jour.<\/li>\n<li><strong>Infusion \u00e0 froid :<\/strong> 5 g de racine dans 250 ml d&rsquo;eau froide, mac\u00e9rer 8 heures, filtrer et r\u00e9chauffer l\u00e9g\u00e8rement. Pr\u00e9serve les compos\u00e9s thermosensibles.<\/li>\n<\/ul>\n<p>L&rsquo;usage comme diur\u00e9tique n\u00e9cessite imp\u00e9rativement un apport hydrique suffisant (au moins 2 litres par jour) pour assurer l&rsquo;irrigation des voies urinaires. La bugrane s&rsquo;associe classiquement au chiendent, \u00e0 la piloselle, au bouleau et \u00e0 l&rsquo;orthosiphon dans les tisanes urinaires compos\u00e9es. En usage rhumatismal, elle s&rsquo;associe \u00e0 la reine-des-pr\u00e9s, au fr\u00eane et au cassis.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La bugrane est une plante de bonne tol\u00e9rance aux doses usuelles. La monographie europ\u00e9enne ne signale aucun effet ind\u00e9sirable grave. Les effets secondaires sont rares et b\u00e9nins : occasionnellement, des troubles gastro-intestinaux l\u00e9gers (naus\u00e9es, inconfort abdominal).<\/p>\n<p>Les contre-indications sont celles de toutes les plantes diur\u00e9tiques : oed\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 une insuffisance cardiaque ou r\u00e9nale (la diur\u00e8se doit \u00eatre m\u00e9dicalement contr\u00f4l\u00e9e), obstruction des voies urinaires (risque de mobilisation d&rsquo;un calcul). Par prudence, l&rsquo;usage est d\u00e9conseill\u00e9 chez la femme enceinte et allaitante faute de donn\u00e9es sp\u00e9cifiques. La pr\u00e9sence d&rsquo;isoflavono\u00efdes phyto-oestrog\u00e9niques impose une prudence th\u00e9orique chez les personnes atteintes de cancers hormono-d\u00e9pendants, bien que les doses soient tr\u00e8s faibles.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La bugrane est connue depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 comme plante diur\u00e9tique et lithontriptique. Dioscoride la mentionne sous le nom d&rsquo;<em>ononis<\/em> et la recommande contre les calculs urinaires et les r\u00e9tentions d&rsquo;urine. Pline l&rsquo;Ancien confirme ces usages et ajoute des propri\u00e9t\u00e9s vuln\u00e9raires. Au Moyen \u00c2ge, elle figure dans les herbiers de l&rsquo;\u00e9cole de Salerne et dans les formulaires monastiques.<\/p>\n<p>Cazin la place parmi les diur\u00e9tiques indig\u00e8nes de premier ordre et rapporte de nombreux cas de calculs et de gravelle trait\u00e9s avec succ\u00e8s par la d\u00e9coction de racine. Il note que \u00ab la racine de bugrane jouit d&rsquo;une grande r\u00e9putation comme ap\u00e9ritive et diur\u00e9tique \u00bb et l&rsquo;a employ\u00e9e avec succ\u00e8s dans les hydropisies l\u00e9g\u00e8res. Leclerc confirme son action diur\u00e9tique et anti-rhumatismale. Fournier en fait l&rsquo;une des plantes urinaires les plus s\u00fbres de la flore fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>Le nom d&rsquo;arr\u00eate-boeuf t\u00e9moigne de la r\u00e9sistance m\u00e9canique de la plante : ses racines profondes et ses tiges \u00e9pineuses arr\u00eataient litt\u00e9ralement les boeufs de labour et endommageaient les socs de charrue. Cette nuisance agricole, per\u00e7ue n\u00e9gativement par les cultivateurs, avait paradoxalement contribu\u00e9 \u00e0 la notori\u00e9t\u00e9 de la plante en m\u00e9decine populaire, selon le principe que ce qui r\u00e9siste si bien \u00e0 la force brute doit poss\u00e9der des vertus cach\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Ononis spinosa<\/em> est une plante diur\u00e9tique classique dont le profil pharmacognosique est solide et coh\u00e9rent. Son originalit\u00e9 chimique r\u00e9side dans la combinaison d&rsquo;isoflavono\u00efdes (ononine, formonon\u00e9tine), de triterp\u00e8nes sp\u00e9cifiques (alpha-ononc\u00e9rine) et d&rsquo;une huile essentielle \u00e0 trans-an\u00e9thole, ensemble qui fonde une action diur\u00e9tique douce, anti-inflammatoire mod\u00e9r\u00e9e et antioxydante. L&rsquo;inscription \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne confirme la valeur de cette drogue dans l&rsquo;arsenal phytoth\u00e9rapeutique urinaire.<\/p>\n<p>La bugrane n&rsquo;est pas une plante spectaculaire. Elle fait partie de ces rem\u00e8des de fond, s\u00fbrs et constants, qui forment l&rsquo;ossature de la phytoth\u00e9rapie de terrain. Son association traditionnelle avec le chiendent, la piloselle et le bouleau dans les tisanes diur\u00e9tiques compos\u00e9es reste pertinente et bien fond\u00e9e. Dans un contexte de r\u00e9sistance croissante aux antibiotiques, le renouveau d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour les plantes d&rsquo;irrigation urinaire, dont la bugrane est l&rsquo;un des piliers, m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre encourag\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne, 11e \u00e9d. \u2014 Monographie \u00ab Bugrane (racine de) \u00bb.<\/li>\n<li>Bruneton J. \u2014 <em>Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5e \u00e9d., Lavoisier, 2016.<\/li>\n<li>Wichtl M. (\u00e9d.) \u2014 <em>Herbal Drugs and Phytopharmaceuticals<\/em>, 3e \u00e9d., CRC Press, 2004.<\/li>\n<li>Gampe N. et al. \u2014 Phytochemical profile and biological activities of <em>Ononis spinosa<\/em>, <em>Phytochemistry Reviews<\/em>, 2021, 20, 1203-1234.<\/li>\n<li>Cazin F.-J. \u2014 <em>Trait\u00e9 pratique et raisonn\u00e9 des plantes m\u00e9dicinales indig\u00e8nes<\/em>, 3e \u00e9d., 1868.<\/li>\n<li>Leclerc H. \u2014 <em>Pr\u00e9cis de phytoth\u00e9rapie<\/em>, 5e \u00e9d., Masson, 1954.<\/li>\n<li>Fournier P.-V. \u2014 <em>Le Livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>, Lechevalier, 1947.<\/li>\n<li>Plants of the World Online, Kew : <em>Ononis spinosa<\/em><\/li>\n<li>Tela Botanica, eFlore : <em>Ononis spinosa<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> D\u00e9puratif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire urinaire<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ononis spinosa L. 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