{"id":4552,"date":"2026-03-28T10:24:05","date_gmt":"2026-03-28T09:24:05","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/bugle-rampant\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:10","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:10","slug":"bugle-rampant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/bugle-rampant\/","title":{"rendered":"BUGLE RAMPANT"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/bugle-rampant.png\" alt=\"Planche botanique Bugle rampant\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Ajuga reptans<\/em> L.<\/p>\n<p><strong>Famille :<\/strong> Lamiaceae.<\/p>\n<p><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> bugle rampant, bugle rampante, petite consoude, herbe de saint Laurent, consyre moyenne, herbe de Metz, Kriechender G\u00fcnsel (allemand), bugle (anglais), b\u00fagula (espagnol).<\/p>\n<p>La bugle rampante est la Lamiac\u00e9e rampante la plus commune des prairies humides et des sous-bois frais d&rsquo;Europe. Ses \u00e9pis denses de fleurs bleu-violet profond, \u00e9mergeant au printemps parmi un tapis de stolons et de rosettes sempervirentes, forment des taches de couleur caract\u00e9ristiques dans les pelouses, les lisi\u00e8res et les clairi\u00e8res. Plante vuln\u00e9raire r\u00e9put\u00e9e depuis le Moyen \u00c2ge \u2014 \u00ab qui a la bugle et la sanicle fait au chirurgien la nique \u00bb \u2014, elle a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;un des rem\u00e8des cicatrisants les plus populaires de l&rsquo;herboristerie europ\u00e9enne avant la m\u00e9decine moderne. Sa phytochimie, domin\u00e9e par des <strong>phytoecdyst\u00e9ro\u00efdes<\/strong> (<strong>cyast\u00e9rone<\/strong>, <strong>20-hydroxyecdysone<\/strong>), des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">irido\u00efdes<\/a><\/strong> (<strong>harpagide<\/strong>, <strong>8-O-ac\u00e9tylharpagide<\/strong>) et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/diterpenes\/\">diterp\u00e8nes<\/a> n\u00e9ocl\u00e9rodanes<\/strong>, suscite un int\u00e9r\u00eat croissant en recherche pharmacologique, notamment pour les propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires, anabolisantes et cicatrisantes de ces compos\u00e9s. En jardinage, ses propri\u00e9t\u00e9s de couvre-sol dense, persistant et n\u00e9cessitant peu d&rsquo;entretien en font une alli\u00e9e pr\u00e9cieuse des jardins naturels et de la permaculture.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Lamiaceae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Ajuga<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Ajuga reptans<\/em> L., 1753<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> <em>Ajuga<\/em> est probablement une corruption du latin <em>abiga<\/em> (qui fait avorter \u2014 allusion aux propri\u00e9t\u00e9s emm\u00e9nagogues attribu\u00e9es au genre) ou du grec <em>a-zugon<\/em> (sans joug), car la l\u00e8vre sup\u00e9rieure de la corolle est tr\u00e8s r\u00e9duite (la fleur para\u00eet \u00ab sans joug \u00bb, sans l\u00e8vre sup\u00e9rieure). <em>Reptans<\/em> (rampant) d\u00e9crit le mode de croissance par stolons.<\/p>\n<p><strong>Diversit\u00e9 du genre :<\/strong> le genre <em>Ajuga<\/em> comprend environ 50 esp\u00e8ces mondiales. Trois esp\u00e8ces sont pr\u00e9sentes en France : <em>A. reptans<\/em> (la plus commune), <em>A. genevensis<\/em> (bugle de Gen\u00e8ve, non stolonif\u00e8re) et <em>A. chamaepitys<\/em> (bugle petit-pin, plante m\u00e9diterran\u00e9enne annuelle).<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante vivace stolonif\u00e8re de 10 \u00e0 30 cm de hauteur. Les stolons, longs et rampants (jusqu&rsquo;\u00e0 30 cm), s&rsquo;enracinent aux n\u0153uds et produisent de nouvelles rosettes, formant rapidement un tapis v\u00e9g\u00e9tal dense. Les feuilles basales forment une rosette sempervirente ; elles sont obovales \u00e0 spatul\u00e9es (5-10 cm), att\u00e9nu\u00e9es en p\u00e9tiole, cr\u00e9nel\u00e9es, glabres ou faiblement pubescentes, d&rsquo;un vert sombre souvent teint\u00e9 de bronze ou de pourpre. Les feuilles caulinaires sont sessiles, plus petites, souvent violac\u00e9es. La tige florale est dress\u00e9e, quadrangulaire, velue sur deux faces altern\u00e9es (caract\u00e8re de nombreuses Lamiaceae). L&rsquo;inflorescence est un \u00e9pi dense de verticilles de fleurs bilabi\u00e9es, bleu-violet intense (rarement roses ou blanches), \u00e0 l\u00e8vre sup\u00e9rieure tr\u00e8s courte (presque absente) et \u00e0 l\u00e8vre inf\u00e9rieure trilob\u00e9e, vein\u00e9e de blanc. Le fruit est un t\u00e9trak\u00e8ne r\u00e9ticul\u00e9.<\/p>\n<p>La bugle rampante se distingue de la bugle de Gen\u00e8ve (<em>A. genevensis<\/em>) par ses stolons bien d\u00e9velopp\u00e9s et ses feuilles caulinaires ne d\u00e9passant pas les fleurs.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET R\u00c9PARTITION<\/h3>\n<p>Esp\u00e8ce euro-sib\u00e9rienne, largement distribu\u00e9e dans toute l&rsquo;Europe, le Caucase, l&rsquo;Asie Mineure et le nord de l&rsquo;Iran. Naturalis\u00e9e en Am\u00e9rique du Nord et en Australie. En France, tr\u00e8s commune dans toutes les r\u00e9gions, de la plaine \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage montagnard (0-1 800 m).<\/p>\n<p><strong>Habitats :<\/strong> prairies humides, sous-bois frais, lisi\u00e8res foresti\u00e8res, clairi\u00e8res, haies, talus herbeux, pelouses ombrag\u00e9es, bords de chemins, jardins. La bugle pr\u00e9f\u00e8re les sols frais \u00e0 humides, humif\u00e8res, neutres \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement acides (pH 5,5-7,5), \u00e0 mi-ombre ou au soleil si le sol reste frais.<\/p>\n<p><strong>Ph\u00e9nologie :<\/strong> floraison d&rsquo;avril \u00e0 juin. Les stolons se d\u00e9veloppent activement apr\u00e8s la floraison, de juin \u00e0 octobre, colonisant progressivement l&rsquo;espace.<\/p>\n<p><strong>\u00c9cologie :<\/strong> la bugle est une plante de m\u00e9gaphorbiaie et de prairie m\u00e9sophile, indicatrice de sols frais et riches. Elle est fr\u00e9quemment associ\u00e9e \u00e0 <em>Prunella vulgaris<\/em>, <em>Ranunculus repens<\/em>, <em>Glechoma hederacea<\/em> et <em>Lychnis flos-cuculi<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Les <strong>parties a\u00e9riennes fleuries<\/strong> (<em>Ajugae herba<\/em>) constituent la drogue traditionnelle, r\u00e9colt\u00e9es en pleine floraison (mai-juin) et s\u00e9ch\u00e9es rapidement \u00e0 l&rsquo;ombre. La plante enti\u00e8re (feuilles, tiges, fleurs) est utilis\u00e9e en infusion, en d\u00e9coction ou en cataplasme.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p><strong>Phytoecdyst\u00e9ro\u00efdes :<\/strong> la bugle rampante est l&rsquo;une des sources europ\u00e9ennes les plus riches en ecdyst\u00e9ro\u00efdes. La teneur totale en ecdyst\u00e9ro\u00efdes des parties a\u00e9riennes atteint 0,1-0,5 % de la masse s\u00e8che. Les principaux compos\u00e9s sont :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>20-Hydroxyecdysone<\/strong> (ecdyst\u00e9rone) : ecdyst\u00e9ro\u00efde le plus abondant et le mieux \u00e9tudi\u00e9.<\/li>\n<li><strong>Cyast\u00e9rone<\/strong> : ecdyst\u00e9ro\u00efde caract\u00e9ristique du genre <em>Ajuga<\/em>.<\/li>\n<li><strong>Ajugast\u00e9rone C<\/strong>.<\/li>\n<li><strong>Makist\u00e9rone A<\/strong>.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les phytoecdyst\u00e9ro\u00efdes sont des analogues structuraux des hormones de mue des insectes (ecdysone). Chez les mammif\u00e8res, ils poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s anabolisantes (stimulation de la synth\u00e8se prot\u00e9ique musculaire) sans effet androg\u00e9nique, un profil pharmacologique unique qui fait l&rsquo;objet de recherches actives.<\/p>\n<p><strong>Irido\u00efdes :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong>Harpagide<\/strong> : irido\u00efde glycosidique anti-inflammatoire et analg\u00e9sique.<\/li>\n<li><strong>8-O-ac\u00e9tylharpagide<\/strong> : d\u00e9riv\u00e9 ac\u00e9tyl\u00e9 de l&rsquo;harpagide, aux propri\u00e9t\u00e9s similaires.<\/li>\n<li><strong>Aucubine<\/strong> : irido\u00efde commun aux Lamiaceae, antimicrobien et h\u00e9patoprotecteur.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Diterp\u00e8nes n\u00e9ocl\u00e9rodanes :<\/strong> compos\u00e9s sp\u00e9cifiques du genre <em>Ajuga<\/em>, aux propri\u00e9t\u00e9s antifeedant (anti-app\u00e9tante) vis-\u00e0-vis des insectes phytophages \u2014 une forme de d\u00e9fense chimique de la plante.<\/p>\n<p><strong>Flavono\u00efdes :<\/strong> <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a><\/strong>, <strong>lut\u00e9oline<\/strong>, <strong>chryso\u00e9riol<\/strong> et leurs glycosides.<\/p>\n<p><strong>Acides ph\u00e9noliques :<\/strong> <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-rosmarinique\/\">acide rosmarinique<\/a><\/strong>, <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Tanins :<\/strong> <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">tanins condens\u00e9s<\/a> en petite quantit\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Vuln\u00e9raire (cicatrisante) :<\/strong> propri\u00e9t\u00e9 fondamentale. La bugle \u00e9tait le rem\u00e8de de campagne par excellence pour les plaies, les coupures, les contusions et les ecchymoses. La plante fra\u00eeche broy\u00e9e ou la d\u00e9coction en compresse favorisait la cicatrisation \u2014 d&rsquo;o\u00f9 le dicton m\u00e9di\u00e9val et le surnom de \u00ab petite consoude \u00bb.<\/li>\n<li><strong>Astringente :<\/strong> la d\u00e9coction de bugle \u00e9tait prise en gargarismes contre les angines et les aphtes, et en usage interne contre les diarrh\u00e9es l\u00e9g\u00e8res.<\/li>\n<li><strong>B\u00e9chique et expectorante :<\/strong> l&rsquo;infusion \u00e9tait employ\u00e9e contre les toux, les enrouements et les bronchites l\u00e9g\u00e8res.<\/li>\n<li><strong>Chol\u00e9r\u00e9tique et h\u00e9patoprotectrice :<\/strong> usage traditionnel dans les troubles h\u00e9patiques l\u00e9gers, les digestions paresseuses et les insuffisances biliaires mod\u00e9r\u00e9es.<\/li>\n<li><strong>Antirhumatismale :<\/strong> la plante en cataplasme ou en bain \u00e9tait appliqu\u00e9e sur les articulations douloureuses.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>DONN\u00c9ES PHARMACOLOGIQUES MODERNES<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Activit\u00e9 anabolisante des ecdyst\u00e9ro\u00efdes :<\/strong> la <strong>20-hydroxyecdysone<\/strong> stimule la synth\u00e8se prot\u00e9ique dans les cellules musculaires <em>in vitro<\/em> (activation de la voie PI3K\/Akt) sans se lier aux r\u00e9cepteurs aux androg\u00e8nes \u2014 un anabolisme \u00ab propre \u00bb, sans effet virilisant. Des \u00e9tudes <em>in vivo<\/em> chez le rat montrent une augmentation de la masse musculaire et une am\u00e9lioration de la r\u00e9sistance \u00e0 l&rsquo;effort (Dinan &amp; Lafont, 2006 ; Isenmann <em>et al.<\/em>, 2019).<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire :<\/strong> l&rsquo;<strong>harpagide<\/strong> inhibe la production de PGE2 et de cytokines pro-inflammatoires (TNF-\u03b1, IL-6) <em>in vitro<\/em>. L&rsquo;8-O-ac\u00e9tylharpagide partage cette activit\u00e9. Ces irido\u00efdes sont les m\u00eames que ceux de la griffe du diable (<em>Harpagophytum procumbens<\/em>).<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 cicatrisante :<\/strong> des extraits d&rsquo;<em>Ajuga reptans<\/em> acc\u00e9l\u00e8rent la cicatrisation cutan\u00e9e dans des mod\u00e8les animaux (migration des fibroblastes, synth\u00e8se de collag\u00e8ne), validant l&rsquo;usage vuln\u00e9raire traditionnel (Toiu <em>et al.<\/em>, 2017).<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 antioxydante :<\/strong> l&rsquo;<strong>acide rosmarinique<\/strong> et les flavono\u00efdes conf\u00e8rent aux extraits aqueux une forte activit\u00e9 antioxydante (DPPH, ORAC).<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 insecticide naturelle :<\/strong> les diterp\u00e8nes n\u00e9ocl\u00e9rodanes exercent une activit\u00e9 anti-app\u00e9tante puissante contre les insectes phytophages (<em>Spodoptera littoralis<\/em>, <em>Leptinotarsa decemlineata<\/em>), \u00e9tudi\u00e9e en lutte biologique (Bremner <em>et al.<\/em>, 1998).<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 hypoglyc\u00e9miante :<\/strong> des extraits aqueux d&rsquo;<em>A. reptans<\/em> r\u00e9duisent la glyc\u00e9mie chez le rat diab\u00e9tique (El-Hilaly <em>et al.<\/em>, 2006), ouvrant des perspectives dans le diab\u00e8te de type 2.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Phytoecdyst\u00e9ro\u00efdes<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>20-Hydroxyecdysone<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Cyast\u00e9rone<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ajugast\u00e9rone C<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Makist\u00e9rone A<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Infusion :<\/strong> 20-30 g de plante s\u00e8che par litre d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infusion 10 min. 2-3 tasses par jour (usage interne : astringent, b\u00e9chique, chol\u00e9r\u00e9tique).<\/li>\n<li><strong>D\u00e9coction pour usage externe :<\/strong> 50 g par litre, \u00e9bullition 5 min. En compresses sur les plaies, les contusions, les ecchymoses ; en gargarismes (angines, aphtes) ; en lavements (h\u00e9morro\u00efdes).<\/li>\n<li><strong>Cataplasme :<\/strong> feuilles fra\u00eeches broy\u00e9es, appliqu\u00e9es directement sur les plaies et les contusions.<\/li>\n<li><strong>Teinture :<\/strong> plante fra\u00eeche dans de l&rsquo;alcool \u00e0 45\u00b0 (1:5), 30-50 gouttes 2-3 fois par jour.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La bugle rampante est consid\u00e9r\u00e9e comme non toxique aux doses traditionnelles. Aucun cas d&rsquo;intoxication n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 chez l&rsquo;humain.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Phytoecdyst\u00e9ro\u00efdes :<\/strong> bien que structuralement proches des hormones de mue des insectes, les ecdyst\u00e9ro\u00efdes sont d\u00e9pourvus d&rsquo;activit\u00e9 hormonale chez les mammif\u00e8res aux doses alimentaires et phytoth\u00e9rapeutiques. Ils ne se lient pas aux r\u00e9cepteurs aux st\u00e9ro\u00efdes sexuels humains.<\/li>\n<li><strong>Grossesse :<\/strong> par pr\u00e9caution, l&rsquo;usage m\u00e9dicinal est d\u00e9conseill\u00e9 chez la femme enceinte (le genre <em>Ajuga<\/em> a une r\u00e9putation emm\u00e9nagogue ancienne).<\/li>\n<li><strong>Diterp\u00e8nes n\u00e9ocl\u00e9rodanes :<\/strong> certains diterp\u00e8nes du genre <em>Ajuga<\/em> montrent des effets h\u00e9patotoxiques chez le rat \u00e0 tr\u00e8s forte dose. Aux doses phytoth\u00e9rapeutiques, ce risque est n\u00e9gligeable.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Moyen \u00c2ge :<\/strong> la bugle \u00e9tait l&rsquo;une des \u00ab herbes aux plaies \u00bb les plus r\u00e9put\u00e9es. Le dicton \u00ab qui a la bugle et la sanicle \/ fait au chirurgien la nique \u00bb r\u00e9sume la confiance que les praticiens m\u00e9di\u00e9vaux pla\u00e7aient dans ces deux vuln\u00e9raires majeurs.<\/li>\n<li><strong>Hildegarde de Bingen (XII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle) :<\/strong> mentionne la bugle parmi les plantes utiles au traitement des blessures.<\/li>\n<li><strong>Matthiole (XVI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle) :<\/strong> d\u00e9crit la bugle comme \u00ab excellente pour les plaies int\u00e9rieures et ext\u00e9rieures \u00bb et recommande son usage contre les crachements de sang et les h\u00e9morragies digestives.<\/li>\n<li><strong>Cazin (1868) :<\/strong> confirme les propri\u00e9t\u00e9s vuln\u00e9raires, astringentes et b\u00e9chiques, et ajoute un usage contre les h\u00e9morro\u00efdes (en lavements).<\/li>\n<li><strong>Horticulture :<\/strong> les cultivars ornementaux de bugle (&lsquo;Atropurpurea&rsquo;, &lsquo;Burgundy Glow&rsquo;, &lsquo;Catlin&rsquo;s Giant&rsquo;, &lsquo;Chocolate Chip&rsquo;) sont tr\u00e8s utilis\u00e9s comme couvre-sols en jardinage contemporain.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>CULTURE ET MULTIPLICATION<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Sol :<\/strong> frais, humif\u00e8re, fertile, neutre \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement acide. Tol\u00e8re les sols lourds et argileux.<\/li>\n<li><strong>Exposition :<\/strong> mi-ombre \u00e0 ombre. Supporte le soleil si le sol reste frais.<\/li>\n<li><strong>Multiplication :<\/strong> par stolons \u2014 la m\u00e9thode la plus simple et la plus rapide. D\u00e9tacher les rosettes enracin\u00e9es et replanter. Semis possible mais lent.<\/li>\n<li><strong>Entretien :<\/strong> aucun. Contr\u00f4ler l&rsquo;expansion si n\u00e9cessaire (la bugle peut devenir envahissante dans les pelouses soign\u00e9es).<\/li>\n<li><strong>Cultivars ornementaux :<\/strong> &lsquo;Atropurpurea&rsquo; (feuillage pourpre bronze), &lsquo;Burgundy Glow&rsquo; (feuillage panach\u00e9 cr\u00e8me, rose et vert), &lsquo;Catlin&rsquo;s Giant&rsquo; (grande, feuillage bronze), &lsquo;Chocolate Chip&rsquo; (miniature, feuillage chocolat).<\/li>\n<li><strong>Rusticit\u00e9 :<\/strong> excellente (zone USDA 3-9). Supporte des gel\u00e9es \u00e0 -35 \u00b0C.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>STATUT DE CONSERVATION<\/h3>\n<p><em>Ajuga reptans<\/em> n&rsquo;est pas menac\u00e9. L&rsquo;esp\u00e8ce est tr\u00e8s commune dans toute l&rsquo;Europe et ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucune protection. Elle colonise facilement les habitats perturb\u00e9s et ne montre aucun signe de r\u00e9gression.<\/p>\n<hr>\n<h3>INT\u00c9R\u00caT EN JARDIN NATUREL ET PERMACULTURE<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Couvre-sol d&rsquo;ombre :<\/strong> la bugle forme en 1-2 saisons un tapis dense, persistant, qui supprime les adventices dans les zones ombrag\u00e9es et sous les arbres fruitiers.<\/li>\n<li><strong>Stabilisation des talus :<\/strong> le r\u00e9seau de stolons fixe le sol et pr\u00e9vient l&rsquo;\u00e9rosion sur les pentes herbues ombrag\u00e9es.<\/li>\n<li><strong>Plante mellif\u00e8re pr\u00e9coce :<\/strong> la floraison printani\u00e8re (avril-mai) fournit du nectar aux abeilles, aux bourdons et aux papillons \u00e0 une p\u00e9riode o\u00f9 les ressources sont encore rares.<\/li>\n<li><strong>Plante h\u00f4te :<\/strong> les feuilles de bugle sont consomm\u00e9es par les chenilles de plusieurs papillons (M\u00e9lit\u00e9e du plantain).<\/li>\n<li><strong>Association en guilde d&rsquo;arbre fruitier :<\/strong> excellent couvre-sol au pied des pommiers, poiriers et cerisiers, en association avec le tr\u00e8fle blanc, la p\u00e2querette et la violette.<\/li>\n<li><strong>Lutte biologique :<\/strong> les diterp\u00e8nes n\u00e9ocl\u00e9rodanes, anti-app\u00e9tants pour les insectes phytophages, pourraient th\u00e9oriquement prot\u00e9ger les plantes voisines \u2014 un effet encore peu document\u00e9 en conditions r\u00e9elles de jardin.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>BUGLE RAMPANT pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Fournier P., <em>Le Livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>, Lechevalier, 1947-1948.<\/li>\n<li>Cazin F.-J., <em>Trait\u00e9 pratique et raisonn\u00e9 des plantes m\u00e9dicinales indig\u00e8nes<\/em>, 3<sup>e<\/sup> \u00e9d., 1868.<\/li>\n<li>Dinan L. &amp; Lafont R., \u00ab Effects and applications of arthropod steroid hormones (ecdysteroids) in mammals \u00bb, <em>Journal of Endocrinology<\/em>, 191, 2006, p. 1-8.<\/li>\n<li>Isenmann E. <em>et al.<\/em>, \u00ab Ecdysteroids as non-conventional anabolic agent: performance enhancement by ecdysterone supplementation in humans \u00bb, <em>Archives of Toxicology<\/em>, 93, 2019, p. 1807-1816.<\/li>\n<li>Toiu A. <em>et al.<\/em>, \u00ab Chemical composition and biological activity of <em>Ajuga<\/em> species (<em>Ajuga reptans<\/em> and <em>A. genevensis<\/em>) \u00bb, <em>Farmacia<\/em>, 65(5), 2017, p. 768-775.<\/li>\n<li>Bremner P.D. <em>et al.<\/em>, \u00ab Clerodane diterpenes from <em>Ajuga<\/em> species as antifeedant agents \u00bb, <em>Phytochemistry<\/em>, 47, 1998, p. 1227-1232.<\/li>\n<li>Matthiole P.A., <em>Commentaires sur les six livres de Dioscoride<\/em>, 1554 (trad. fran\u00e7aise J. des Moulins, 1572).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Vuln\u00e9raire<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ajuga reptans L. 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