{"id":4555,"date":"2026-03-28T10:24:15","date_gmt":"2026-03-28T09:24:15","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/buis\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:10","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:10","slug":"buis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/buis\/","title":{"rendered":"BUIS"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/buis.png\" alt=\"Planche botanique Buis\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le Buis, <em>Buxus sempervirens<\/em> L., est un arbuste ou petit arbre sempervirent de la famille des Buxac\u00e9es (Buxaceae). Le genre <em>Buxus<\/em> comprend environ 70 esp\u00e8ces r\u00e9parties dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es et subtropicales d&rsquo;Europe, d&rsquo;Asie, d&rsquo;Afrique et d&rsquo;Am\u00e9rique centrale. <em>Buxus sempervirens<\/em> est la seule esp\u00e8ce indig\u00e8ne en France et l&rsquo;esp\u00e8ce type du genre. C&rsquo;est un arbuste dense, tr\u00e8s ramifi\u00e9, pouvant atteindre 5 \u00e0 8 m\u00e8tres de hauteur (exceptionnellement 12 m\u00e8tres), \u00e0 croissance tr\u00e8s lente et \u00e0 long\u00e9vit\u00e9 remarquable pouvant d\u00e9passer plusieurs si\u00e8cles. Le tronc, souvent tortueux et cannel\u00e9, porte une \u00e9corce gris\u00e2tre, fissur\u00e9e avec l&rsquo;\u00e2ge. Les feuilles sont oppos\u00e9es, persistantes, coriaces, ovales-oblongues, luisantes et vert fonc\u00e9 sur la face sup\u00e9rieure, plus p\u00e2les sur la face inf\u00e9rieure, longues de 15 \u00e0 30 millim\u00e8tres. Les fleurs, discr\u00e8tes et verd\u00e2tres, sont mono\u00efques : les glom\u00e9rules axillaires portent une fleur femelle centrale entour\u00e9e de plusieurs fleurs m\u00e2les. Le fruit est une capsule tricorne \u00e0 graines noires et luisantes. Le bois, d&rsquo;une densit\u00e9 et d&rsquo;une duret\u00e9 exceptionnelles, est le plus dense des bois europ\u00e9ens.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Buxus sempervirens<\/em> poss\u00e8de une aire de r\u00e9partition disjointe couvrant l&rsquo;Europe m\u00e9ridionale et occidentale, de la p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique \u00e0 l&rsquo;Iran, en passant par l&rsquo;Afrique du Nord. En France, le buis est pr\u00e9sent dans une grande partie du territoire, principalement dans les r\u00e9gions calcaires : il est abondant dans le sud-est (Provence, Languedoc, Dr\u00f4me, Ard\u00e8che), dans le sud-ouest (causses du Quercy, P\u00e9rigord), dans le Jura, les Pr\u00e9alpes et ponctuellement dans le Bassin parisien et la Normandie calcaire. Son habitat naturel comprend les bois clairs, les taillis, les falaises, les \u00e9boulis et les coteaux calcaires secs. Il forme souvent des peuplements denses (buxaies) en sous-bois de ch\u00eanaies pubescentes ou sur les pentes rocheuses calcaires expos\u00e9es au sud. Le buis est une esp\u00e8ce thermophile mais tol\u00e9rante \u00e0 l&rsquo;ombre, ce qui lui permet de dominer les sous-bois sombres de for\u00eats peu productives sur calcaire. Il est strictement calcicole dans la partie septentrionale de son aire mais peut cro\u00eetre sur des substrats vari\u00e9s en climat m\u00e9diterran\u00e9en.<\/p>\n<hr>\n<h3>Caract\u00e9ristiques morphologiques d\u00e9taill\u00e9es<\/h3>\n<p>Le buis se pr\u00e9sente sous forme d&rsquo;arbuste dens\u00e9ment ramifi\u00e9, \u00e0 port compact et arrondi, ou parfois de petit arbre \u00e0 tronc unique. Le tronc peut atteindre 20 centim\u00e8tres de diam\u00e8tre, rarement plus ; l&rsquo;\u00e9corce est gris\u00e2tre, lisse sur les jeunes rameaux, devenant fissur\u00e9e et \u00e9cailleuse avec l&rsquo;\u00e2ge. Les jeunes rameaux sont quadrangulaires, verd\u00e2tres, finement pubescents. Les feuilles oppos\u00e9es sont persistantes, coriaces, ovales \u00e0 elliptiques, longues de 15 \u00e0 30 millim\u00e8tres et larges de 5 \u00e0 13 millim\u00e8tres, \u00e0 marge enti\u00e8re l\u00e9g\u00e8rement enroul\u00e9e, \u00e0 face sup\u00e9rieure vert fonc\u00e9 luisante et face inf\u00e9rieure vert jaun\u00e2tre plus claire, avec une nervure m\u00e9diane pro\u00e9minente. L&rsquo;inflorescence est un glom\u00e9rule axillaire sessile comprenant une fleur femelle terminale entour\u00e9e de 4 \u00e0 6 fleurs m\u00e2les. Les fleurs m\u00e2les poss\u00e8dent 4 s\u00e9pales et 4 \u00e9tamines \u00e0 anth\u00e8res jaunes ; la fleur femelle poss\u00e8de 6 s\u00e9pales et un ovaire triloculaire \u00e0 3 styles. Le fruit est une capsule ovo\u00efde de 8 \u00e0 10 millim\u00e8tres, \u00e0 trois cornes correspondant aux styles persistants, s&rsquo;ouvrant par d\u00e9hiscence explosive pour projeter les graines noires et brillantes.<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p>Le Buis est un arbuste sempervirent \u00e0 croissance extr\u00eamement lente et \u00e0 long\u00e9vit\u00e9 exceptionnelle. Des individus \u00e2g\u00e9s de plus de 600 ans ont \u00e9t\u00e9 document\u00e9s. La croissance annuelle est de l&rsquo;ordre de quelques centim\u00e8tres seulement, ce qui produit un bois d&rsquo;une densit\u00e9 et d&rsquo;une finesse de grain remarquables. La feuillaison est permanente, les feuilles persistant deux \u00e0 trois ans avant d&rsquo;\u00eatre remplac\u00e9es. La floraison survient de mars \u00e0 mai, avant ou au d\u00e9but de la nouvelle croissance. Les fleurs verd\u00e2tres et discr\u00e8tes produisent un pollen abondant ; la pollinisation est principalement assur\u00e9e par les insectes (abeilles, syrphes) attir\u00e9s par le nectar produit par le disque nectarif\u00e8re basal \u2014 le buis est une plante entomophile et constitue une ressource mellif\u00e8re printani\u00e8re appr\u00e9ci\u00e9e. La fructification a lieu en \u00e9t\u00e9 ; les capsules m\u00fbrissent en septembre-octobre et projettent les graines \u00e0 courte distance. La germination est lente et les jeunes plants se d\u00e9veloppent tr\u00e8s lentement, atteignant 10 centim\u00e8tres apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es. La multiplication v\u00e9g\u00e9tative par marcottage naturel est fr\u00e9quente lorsque des branches basses entrent en contact avec le sol.<\/p>\n<hr>\n<h3>Exigences \u00e9cologiques<\/h3>\n<p>Le Buis est une esp\u00e8ce remarquablement adaptable dans les limites de ses exigences fondamentales. Il est nettement calcicole, prosp\u00e9rant sur les sols calcaires, marneux ou dolomitiques, \u00e0 pH basique. Il tol\u00e8re des sols tr\u00e8s superficiels, rocheux, pauvres et secs, conditions dans lesquelles il devient souvent l&rsquo;esp\u00e8ce dominante en raison de sa r\u00e9sistance exceptionnelle \u00e0 la s\u00e9cheresse et de sa tol\u00e9rance \u00e0 l&rsquo;ombre. C&rsquo;est l&rsquo;une des rares esp\u00e8ces ligneuses capables de prosp\u00e9rer dans les sous-bois les plus sombres, o\u00f9 il forme un couvert dense imp\u00e9n\u00e9trable. Il tol\u00e8re bien le froid (jusqu&rsquo;\u00e0 -20\u00b0C et au-del\u00e0) mais sa croissance est optimale en conditions thermophiles. Le buis est sensible aux sols acides et aux sols gorg\u00e9s d&rsquo;eau. Sa plasticit\u00e9 lumineuse est remarquable : de l&rsquo;ombre profonde au plein soleil, il s&rsquo;adapte en modifiant sa morphologie (feuilles plus grandes et plus fines \u00e0 l&rsquo;ombre, plus petites et plus \u00e9paisses au soleil).<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Phytochimie peu \u00e9tudi\u00e9e pour cette esp\u00e8ce ; aucun profil mol\u00e9culaire valoris\u00e9 n\u2019est document\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les <strong>alcalo\u00efdes st\u00e9ro\u00efdiens<\/strong> du buis poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques significatives. Plusieurs alcalo\u00efdes nor-cycloartanes de Buxus sempervirens pr\u00e9sentent une activit\u00e9 antiprotozoaire in vitro. L&rsquo;O-tigloylcyclovirobux\u00e9ine-B est le compos\u00e9 le mieux document\u00e9 : il montre une activit\u00e9 s\u00e9lective contre Plasmodium falciparum in vitro (Szab\u00f3 &#038; Schmidt, Molecules, 2020 ; Szab\u00f3 et al., Antibiotics, 2021), ce qui est coh\u00e9rent avec l&rsquo;usage traditionnel comme f\u00e9brifuge antipalud\u00e9en. Ces donn\u00e9es restent pr\u00e9liminaires (stade in vitro uniquement). Des propri\u00e9t\u00e9s <strong>anti-inflammatoires<\/strong> et <strong>immunomodulatrices<\/strong> ont \u00e9t\u00e9 mises en \u00e9vidence pour plusieurs alcalo\u00efdes du genre. Des extraits bruts de Buxus sempervirens ont montr\u00e9 une activit\u00e9 inhibitrice de l&rsquo;ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase in vitro \u00e0 forte concentration (1 mg\/ml d&rsquo;extrait brut ; Orhan et al., J Ethnopharmacol, 2004). Les compos\u00e9s responsables n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 isol\u00e9s et aucune \u00e9tude de pharmacologie cibl\u00e9e sur des mod\u00e8les de maladie d&rsquo;Alzheimer n&rsquo;est disponible \u00e0 ce jour. Des propri\u00e9t\u00e9s antivirales ont \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9es dans certaines sources, mais aucune \u00e9tude publi\u00e9e index\u00e9e ne documente d&rsquo;activit\u00e9 anti-VIH d\u00e9montr\u00e9e pour Buxus sempervirens ou ses alcalo\u00efdes ; cette all\u00e9gation doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme non \u00e9tay\u00e9e. L&rsquo;activit\u00e9 <strong>cytotoxique<\/strong> de certains alcalo\u00efdes contre des lign\u00e9es cellulaires canc\u00e9reuses a \u00e9t\u00e9 document\u00e9e. En phytoth\u00e9rapie traditionnelle, le buis est encore utilis\u00e9 sous forme de teinture m\u00e8re ou d&rsquo;extrait fluide comme stimulant immunitaire et f\u00e9brifuge, bien que ces usages ne soient pas valid\u00e9s par des essais cliniques rigoureux. La plante figure dans certaines pharmacop\u00e9es traditionnelles mais pas dans la pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise actuelle.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<p>Aucun compos\u00e9 n\u2019est document\u00e9 de fa\u00e7on suffisante pour dresser un tableau phytochimique fiable.<\/p>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Usage traditionnel en infusion (d\u00e9part \u00e0 froid) ; pas de forme standardis\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Le Buis structure puissamment les \u00e9cosyst\u00e8mes qu&rsquo;il colonise. Les buxaies, peuplements denses de buis, cr\u00e9ent un microclimat frais et humide sous leur couvert permanent, influen\u00e7ant la composition floristique du sous-bois. Ce couvert fournit un abri hivernal pr\u00e9cieux pour de nombreuses esp\u00e8ces animales : passereaux (m\u00e9sanges, roitelets, fauvettes), reptiles, amphibiens et invert\u00e9br\u00e9s. Les colonies denses de buis prot\u00e8gent le sol de l&rsquo;\u00e9rosion sur les pentes calcaires abruptes. La liti\u00e8re de feuilles persistantes, se d\u00e9composant lentement, contribue \u00e0 la formation d&rsquo;un humus forestier calcique caract\u00e9ristique. La plante est actuellement confront\u00e9e \u00e0 une menace biologique majeure : la pyrale du buis (<em>Cydalima perspectalis<\/em>), papillon invasif d&rsquo;Asie orientale introduit en Europe vers 2007, dont les chenilles d\u00e9folient massivement les buis, causant des d\u00e9g\u00e2ts catastrophiques dans toute l&rsquo;Europe. \u00c0 cette menace s&rsquo;ajoute le champignon <em>Cylindrocladium buxicola<\/em> (d\u00e9p\u00e9rissement du buis), qui provoque des n\u00e9croses foliaires d\u00e9vastatrices.<\/p>\n<hr>\n<h3>Propri\u00e9t\u00e9s biochimiques et composition<\/h3>\n<p>Le Buis contient un ensemble d&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a> st\u00e9ro\u00efdiens<\/strong> qui constituent sa caract\u00e9ristique chimique majeure. Plus de 70 alcalo\u00efdes ont \u00e9t\u00e9 isol\u00e9s de <em>Buxus sempervirens<\/em>, dont les principaux document\u00e9s dans B. sempervirens sont la buxamine, la cycloprotobuxine, la cyclovirobux\u00e9ine-A et des nor-cycloartanes apparent\u00e9s ; la cyclomicrophylline est caract\u00e9ristique de Buxus microphylla, pas de B. sempervirens<\/strong>. Ces alcalo\u00efdes sont structurellement apparent\u00e9s aux st\u00e9ro\u00efdes et conf\u00e8rent \u00e0 la plante sa toxicit\u00e9. Les feuilles contiennent \u00e9galement des <strong>flavono\u00efdes<\/strong>, des <strong>tanins<\/strong>, des <strong>r\u00e9sines<\/strong> et une huile essentielle \u00e0 l&rsquo;odeur caract\u00e9ristique, d\u00e9sagr\u00e9able pour beaucoup. Le bois est riche en <strong>lignine<\/strong> dense et en <strong>cellulose<\/strong> \u00e0 fibres courtes, ce qui explique sa duret\u00e9 et sa finesse de grain exceptionnelles. L&rsquo;\u00e9corce contient des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">coumarines<\/a><\/strong> et des <strong>phytost\u00e9rols<\/strong>. La teneur en alcalo\u00efdes est maximale dans les feuilles et l&rsquo;\u00e9corce, et minimale dans le bois. La concentration en alcalo\u00efdes varie selon la saison, atteignant son maximum au printemps lors de la croissance active.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicit\u00e9 et pr\u00e9cautions<\/h3>\n<p>Le Buis est une plante significativement toxique en raison de ses <strong>alcalo\u00efdes st\u00e9ro\u00efdiens<\/strong>. L&rsquo;ingestion de feuilles provoque des troubles digestifs (naus\u00e9es, vomissements, diarrh\u00e9es, douleurs abdominales), suivis dans les cas graves de troubles neurologiques (vertiges, tremblements, convulsions) et cardiovasculaires (hypotension, bradycardie). Des cas mortels ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s chez l&rsquo;homme et chez les animaux, bien qu&rsquo;ils restent rares en raison du go\u00fbt amer de la plante et de l&rsquo;\u00e9m\u00e9tisation pr\u00e9coce (vomissements rapides apr\u00e8s ingestion). Le b\u00e9tail (bovins, ovins, chevaux) est occasionnellement intoxiqu\u00e9 par ingestion de branches \u00e9lag\u00e9es ou de feuilles tomb\u00e9es. La dose l\u00e9tale chez le cheval est estim\u00e9e \u00e0 environ 700 grammes de feuilles fra\u00eeches. Les sympt\u00f4mes d&rsquo;intoxication animale incluent coliques, diarrh\u00e9e sanglante, ataxie et mort subite par arr\u00eat cardiaque. La manipulation de la plante ne provoque g\u00e9n\u00e9ralement pas de r\u00e9action cutan\u00e9e, bien que le contact prolong\u00e9 avec le suc puisse irriter les muqueuses. Les usages m\u00e9dicinaux du buis doivent \u00eatre encadr\u00e9s par un professionnel de sant\u00e9 en raison de la marge th\u00e9rapeutique \u00e9troite des alcalo\u00efdes. Toute utilisation est contre-indiqu\u00e9e pendant la grossesse (le buis \u00e9tait traditionnellement utilis\u00e9 comme emm\u00e9nagogue, avec risque d&rsquo;avortement) et pendant l&rsquo;allaitement, en raison du passage potentiel des alcalo\u00efdes dans le lait maternel.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le Buis occupe une place consid\u00e9rable dans l&rsquo;histoire culturelle europ\u00e9enne. Son bois, le plus dur et le plus dense d&rsquo;Europe (densit\u00e9 sup\u00e9rieure \u00e0 1, il coule dans l&rsquo;eau), a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 pour fabriquer des objets n\u00e9cessitant finesse et r\u00e9sistance : peignes, cuill\u00e8res, boules de jeu, instruments de musique (fl\u00fbtes, hautbois), outils de gravure (planches de bois grav\u00e9 pour l&rsquo;imprimerie xylographique), pi\u00e8ces d&rsquo;\u00e9checs et de m\u00e9canismes d&rsquo;horlogerie. En m\u00e9decine traditionnelle, les feuilles de buis \u00e9taient utilis\u00e9es comme f\u00e9brifuge (substitut du quinquina), sudorifique, purgatif et cholagogue. La d\u00e9coction de feuilles \u00e9tait employ\u00e9e contre les fi\u00e8vres intermittentes, les rhumatismes et les affections biliaires. En usage externe, des bains de d\u00e9coction de buis \u00e9taient prescrits contre les rhumatismes. Dans la tradition chr\u00e9tienne, le buis est associ\u00e9 au dimanche des Rameaux, o\u00f9 des branches b\u00e9nies sont distribu\u00e9es aux fid\u00e8les. L&rsquo;art topiaire, pratique de taille du buis en formes g\u00e9om\u00e9triques ou figuratives, remonte \u00e0 la Rome antique et a connu son apog\u00e9e dans les jardins \u00e0 la fran\u00e7aise du XVIIe si\u00e8cle.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et entretien<\/h3>\n<p>Le Buis est l&rsquo;un des arbustes les plus anciennement et les plus universellement cultiv\u00e9s dans les jardins europ\u00e9ens. Sa tol\u00e9rance \u00e0 la taille, sa croissance lente et son feuillage persistant dense en font l&rsquo;esp\u00e8ce de choix pour l&rsquo;art topiaire, les haies basses, les bordures et les formes taill\u00e9es. La plantation s&rsquo;effectue de pr\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;automne, en sol calcaire bien drain\u00e9, \u00e0 toute exposition (du plein soleil \u00e0 l&rsquo;ombre dense). L&rsquo;arrosage est utile les premi\u00e8res ann\u00e9es, puis la plante devient autonome. La taille s&rsquo;effectue une \u00e0 deux fois par an (juin et septembre) pour maintenir les formes souhait\u00e9es. Le principal d\u00e9fi contemporain est la gestion de la pyrale du buis (<em>Cydalima perspectalis<\/em>), dont les chenilles d\u00e9foliatrices n\u00e9cessitent des traitements biologiques \u00e0 base de <em>Bacillus thuringiensis<\/em> var. <em>kurstaki<\/em> (Btk) ou l&rsquo;installation de pi\u00e8ges \u00e0 ph\u00e9romones. Le champignon <em>Cylindrocladium buxicola<\/em> impose une surveillance sanitaire et la destruction des rameaux atteints. La multiplication s&rsquo;effectue par bouturage semi-ligneux en \u00e9t\u00e9, m\u00e9thode simple et fiable.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>Le Buis est un arbuste suffisamment caract\u00e9ristique pour \u00eatre rarement confondu avec d&rsquo;autres esp\u00e8ces. Cependant, quelques confusions sont possibles. Le fusain du Japon (<em>Euonymus japonicus<\/em>), arbuste ornemental tr\u00e8s courant, poss\u00e8de des feuilles oppos\u00e9es, persistantes et luisantes similaires, mais elles sont plus grandes, plus coriaces et \u00e0 marge l\u00e9g\u00e8rement dent\u00e9e (et non enti\u00e8re). Le tro\u00e8ne commun (<em>Ligustrum vulgare<\/em>), \u00e0 feuilles oppos\u00e9es et semi-persistantes, se distingue par ses feuilles plus allong\u00e9es et ses fleurs blanches parfum\u00e9es en panicules terminales. L&rsquo;houx (<em>Ilex aquifolium<\/em>), \u00e0 feuilles alternes (et non oppos\u00e9es) et \u00e9pineuses, est facilement distinguable. Le myrte (<em>Myrtus communis<\/em>), en climat m\u00e9diterran\u00e9en, poss\u00e8de des feuilles oppos\u00e9es aromatiques quand on les froisse, contrairement au buis dont l&rsquo;odeur est diff\u00e9rente et moins agr\u00e9able. L&rsquo;odeur caract\u00e9ristique du feuillage de buis froiss\u00e9 (rappelant pour certains l&rsquo;urine de chat) est un crit\u00e8re d&rsquo;identification olfactif fiable.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut de conservation et menaces<\/h3>\n<p><em>Buxus sempervirens<\/em> n&rsquo;est pas menac\u00e9 en tant qu&rsquo;esp\u00e8ce au niveau europ\u00e9en et ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucun statut de protection. Cependant, les buxaies naturelles sont actuellement confront\u00e9es \u00e0 une crise sanitaire sans pr\u00e9c\u00e9dent due \u00e0 la pyrale du buis (<em>Cydalima perspectalis<\/em>). Ce papillon invasif originaire d&rsquo;Asie orientale, introduit accidentellement en Europe vers 2007 via le commerce horticole, a caus\u00e9 des d\u00e9foliations massives et la mort de millions de buis dans toute l&rsquo;Europe, des jardins priv\u00e9s aux for\u00eats naturelles. En France, les buxaies du sud-est (Ard\u00e8che, Dr\u00f4me, Is\u00e8re) ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9vast\u00e9es, certaines ayant perdu plus de 80 % de leur couvert foliaire. Le champignon <em>Cylindrocladium buxicola<\/em>, apparu en parall\u00e8le, aggrave la situation. Cette double menace constitue une modification paysag\u00e8re et \u00e9cologique majeure dont les cons\u00e9quences \u00e0 long terme sont encore difficiles \u00e0 \u00e9valuer. Des recherches sont en cours pour d\u00e9velopper des m\u00e9thodes de lutte biologique, notamment par des parasito\u00efdes et des pr\u00e9dateurs asiatiques de la pyrale.<\/p>\n<hr>\n<h3>Anecdotes et culture<\/h3>\n<p>Le Buis est un arbre de paradoxes : \u00e0 la fois symbole de l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 chr\u00e9tienne (ses branches b\u00e9nies le jour des Rameaux) et de la mort (son bois servait \u00e0 fabriquer les cercueils dans certaines r\u00e9gions), il est l&rsquo;un des v\u00e9g\u00e9taux les plus intimement li\u00e9s \u00e0 la culture europ\u00e9enne depuis trois mill\u00e9naires. Les jardins de Versailles, de Vaux-le-Vicomte et d&rsquo;innombrables ch\u00e2teaux doivent leur structure g\u00e9om\u00e9trique aux haies de buis taill\u00e9es avec une pr\u00e9cision millim\u00e9trique par des arm\u00e9es de jardiniers. Le bois de buis, plus dense que l&rsquo;eau, est le seul bois europ\u00e9en indig\u00e8ne qui coule lorsqu&rsquo;on le jette dans un bassin \u2014 une propri\u00e9t\u00e9 qui ne manquait pas d&rsquo;impressionner les anciens. Les planches de buis grav\u00e9es ont permis la diffusion de l&rsquo;imprimerie xylographique avant l&rsquo;invention des caract\u00e8res mobiles en m\u00e9tal, contribuant ainsi \u00e0 la r\u00e9volution culturelle de la Renaissance. La crise de la pyrale, qui d\u00e9vaste actuellement les buxaies europ\u00e9ennes, rappelle douloureusement la fragilit\u00e9 des \u00e9quilibres \u00e9cologiques face aux introductions d&rsquo;esp\u00e8ces exotiques : un papillon nocturne venu de Chine menace de faire dispara\u00eetre des paysages fa\u00e7onn\u00e9s depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 romaine.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>BUIS pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Buxus%20sempervirens\">Plants of the World Online, Kew : <em>Buxus sempervirens<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Buxus+sempervirens\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Buxus sempervirens<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> F\u00e9brifuge<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Cholagogue<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Le Buis, Buxus sempervirens L., est un arbuste ou petit arbre sempervirent de la famille des Buxac\u00e9es (Buxaceae). 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