{"id":4556,"date":"2026-03-28T10:24:18","date_gmt":"2026-03-28T09:24:18","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/busserole\/"},"modified":"2026-06-24T17:51:22","modified_gmt":"2026-06-24T15:51:22","slug":"busserole","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/busserole\/","title":{"rendered":"BUSSEROLE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/busserole.png\" alt=\"Planche botanique Busserole\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Arctostaphylos uva-ursi<\/em> (L.) Spreng.<\/p>\n<p>Famille : Ericaceae<\/p>\n<p>La busserole, ou raisin d&rsquo;ours, est l&rsquo;une des grandes petites plantes ligneuses des sols acides, des landes, des pin\u00e8des claires et des montagnes froides. Rampante, coriace, toujours verte, elle avance lentement au ras du sol, avec une endurance tranquille qui convient bien \u00e0 sa r\u00e9putation m\u00e9dicinale : sobre, nette, sp\u00e9cialis\u00e9e. Car la busserole est avant tout la plante des voies urinaires \u2014 l&rsquo;antiseptique urinaire par excellence de la phytoth\u00e9rapie europ\u00e9enne, dont l&rsquo;efficacit\u00e9 repose sur un m\u00e9canisme pharmacologique bien \u00e9lucid\u00e9 et une tradition d&rsquo;usage solidement document\u00e9e.<\/p>\n<p>Inscrite \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne, dot\u00e9e d&rsquo;une monographie europ\u00e9enne positive, la busserole est l&rsquo;une des rares plantes m\u00e9dicinales europ\u00e9ennes dont le profil pharmacognosique atteint le niveau de preuve attendu par la m\u00e9decine fond\u00e9e sur les preuves.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><strong>Classification :<\/strong> R\u00e8gne Plantae \u2014 Division Magnoliophyta \u2014 Classe Magnoliopsida \u2014 Ordre Ericales \u2014 Famille Ericaceae \u2014 Genre <em>Arctostaphylos<\/em> \u2014 Esp\u00e8ce <em>Arctostaphylos uva-ursi<\/em> (L.) Spreng.<\/p>\n<p><strong>Synonymes :<\/strong> <em>Arbutus uva-ursi<\/em> L. (basionyme).<\/p>\n<p><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Busserole, Raisin d&rsquo;ours, Arbousier rampant, Petit buis. En anglais : <em>bearberry<\/em>. En allemand : <em>B\u00e4rentraube<\/em>. En espagnol : <em>gayuba<\/em>.<\/p>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> Le nom est doublement limpide : <em>Arctostaphylos<\/em> provient du grec <em>arktos<\/em> (ours) et <em>staphyl\u00ea<\/em> (grappe de raisin) ; <em>uva-ursi<\/em> est la traduction latine exacte \u2014 \u00ab raisin d&rsquo;ours \u00bb. Les ours, effectivement, consomment volontiers les baies rouges et farineuses de la plante.<\/p>\n<p>Le genre <em>Arctostaphylos<\/em> comprend environ 60 esp\u00e8ces, principalement nord-am\u00e9ricaines (manzanitas de Californie). <em>A. uva-ursi<\/em> est l&rsquo;unique esp\u00e8ce circumbor\u00e9ale et la seule utilis\u00e9e en pharmacie europ\u00e9enne.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>La busserole est un sous-arbrisseau rampant, sempervirent, de 10 \u00e0 30 cm de hauteur, formant des tapis denses pouvant couvrir plusieurs m\u00e8tres carr\u00e9s. Les tiges, ligneuses, rampantes et radicantes, portent une \u00e9corce rouge\u00e2tre qui s&rsquo;exfolie en lani\u00e8res fines. L&rsquo;enracinement est superficiel mais tr\u00e8s \u00e9tal\u00e9.<\/p>\n<p>Les feuilles, alternes, sont coriaces, persistantes, obovales-spatul\u00e9es, de 1 \u00e0 3 cm, \u00e0 bord entier, non cili\u00e9, d&rsquo;un vert fonc\u00e9 et luisant sur la face sup\u00e9rieure, plus p\u00e2le en dessous. Le limbe est \u00e9pais, \u00e0 nervation r\u00e9ticul\u00e9e visible par transparence. Les feuilles ne sont pas aromatiques au froissement.<\/p>\n<p>Les fleurs, petites (5-6 mm), sont group\u00e9es en grappes terminales courtes de 3 \u00e0 12 fleurs. La corolle est en grelot (urceol\u00e9e), blanche \u00e0 ros\u00e9e, \u00e0 cinq lobes r\u00e9curv\u00e9s, caract\u00e9ristique des \u00c9ricac\u00e9es. Les \u00e9tamines, au nombre de dix, portent des anth\u00e8res pourvues de deux appendices en forme de cornes (ar\u00eates). Le calice est \u00e0 cinq lobes courts, persistant. La pollinisation est entomophile (bourdons principalement).<\/p>\n<p>Le fruit est une drupe globuleuse de 6 \u00e0 10 mm, rouge vif \u00e0 maturit\u00e9 (septembre-octobre), farineuse et insipide, contenant cinq noyaux. La floraison intervient de mai \u00e0 juillet selon l&rsquo;altitude et la latitude.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et r\u00e9partition<\/h3>\n<p><em>Arctostaphylos uva-ursi<\/em> est une esp\u00e8ce circumbor\u00e9ale, pr\u00e9sente dans les r\u00e9gions froides et temp\u00e9r\u00e9es de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re Nord : Europe (de la Scandinavie \u00e0 la M\u00e9diterran\u00e9e montagneuse), Sib\u00e9rie, Himalaya occidental, Am\u00e9rique du Nord (du Canada au nord des \u00c9tats-Unis). C&rsquo;est l&rsquo;une des plantes \u00e0 la distribution g\u00e9ographique la plus vaste au monde.<\/p>\n<p>En France, la busserole est pr\u00e9sente dans les Alpes, les Pyr\u00e9n\u00e9es, le Massif central (rares stations), le Jura et les Vosges, de 600 \u00e0 2 500 m d&rsquo;altitude. Elle est rare en plaine, sauf dans les dunes fix\u00e9es du littoral atlantique (Landes, Gironde) et les landes acides continentales.<\/p>\n<p>Son habitat comprend les landes \u00e0 callune et \u00e0 myrtille, les pin\u00e8des claires (pin sylvestre, pin \u00e0 crochets), les \u00e9boulis stabilis\u00e9s, les cr\u00eates vent\u00e9es, les pelouses rocheuses et les dunes acides. Elle affectionne les sols acides \u00e0 neutres, pauvres, bien drain\u00e9s, sableux ou caillouteux, en exposition ensoleill\u00e9e \u00e0 semi-ombrag\u00e9e. C&rsquo;est une esp\u00e8ce pionni\u00e8re des sols nus en milieu froid, capable de coloniser les \u00e9boulis et les moraines.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>La drogue officinale est constitu\u00e9e des <strong>feuilles<\/strong> (<em>Uvae ursi folium<\/em>), r\u00e9colt\u00e9es \u00e0 la fin de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 ou en automne, s\u00e9ch\u00e9es \u00e0 basse temp\u00e9rature. La Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne exige une teneur minimale de <strong>7 % d&rsquo;arbutine<\/strong> (rapport\u00e9e \u00e0 la drogue s\u00e8che).<\/p>\n<p>Les feuilles doivent \u00eatre r\u00e9colt\u00e9es sur des tiges de l&rsquo;ann\u00e9e ou de l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, \u00e0 l&rsquo;exclusion des feuilles trop \u00e2g\u00e9es dont la teneur en arbutine peut \u00eatre inf\u00e9rieure au seuil requis.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La phytochimie de la busserole est bien caract\u00e9ris\u00e9e et domin\u00e9e par les h\u00e9t\u00e9rosides ph\u00e9noliques et les tanins.<\/p>\n<p><strong>Arbutine (arbutoside) :<\/strong> c&rsquo;est le compos\u00e9 actif principal, pr\u00e9sent \u00e0 une concentration de 5 \u00e0 15 % de la mati\u00e8re s\u00e8che. L&rsquo;<strong>arbutine<\/strong> est un b\u00eata-D-glucoside de l&rsquo;hydroquinone. Apr\u00e8s ingestion, l&rsquo;arbutine est absorb\u00e9e intacte dans l&rsquo;intestin gr\u00eale, transport\u00e9e par le sang jusqu&rsquo;au rein, puis hydrolys\u00e9e par les b\u00eata-glucosidases de l&rsquo;\u00e9pith\u00e9lium urinaire et de la flore bact\u00e9rienne, lib\u00e9rant l&rsquo;<strong>hydroquinone<\/strong> dans les urines. C&rsquo;est cette hydroquinone libre qui exerce l&rsquo;activit\u00e9 antiseptique urinaire. Ce m\u00e9canisme de \u00ab pro-drogue \u00e0 lib\u00e9ration cibl\u00e9e \u00bb est l&rsquo;un des exemples les plus \u00e9l\u00e9gants de pharmacocin\u00e9tique en phytoth\u00e9rapie.<\/p>\n<p><strong>M\u00e9thylarbutine :<\/strong> d\u00e9riv\u00e9 m\u00e9thyl\u00e9 de l&rsquo;arbutine, pr\u00e9sent en quantit\u00e9s moindres (1 \u00e0 4 %), dont le m\u00e9tabolisme conduit \u00e9galement \u00e0 la lib\u00e9ration d&rsquo;hydroquinone urinaire.<\/p>\n<p><strong>Hydroquinone libre :<\/strong> pr\u00e9sente en traces dans la feuille ; la quasi-totalit\u00e9 est sous forme glycosyl\u00e9e (arbutine).<\/p>\n<p><strong>Tanins :<\/strong> la feuille de busserole est exceptionnellement riche en tanins (15 \u00e0 25 % de la mati\u00e8re s\u00e8che), principalement des ellagitanins (<strong>corilagine<\/strong>, <strong>acide ellagique<\/strong>) et des gallotanins (<strong>acide gallique<\/strong>). Ces tanins conf\u00e8rent \u00e0 la drogue un go\u00fbt astringent et des propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes, mais ils peuvent aussi provoquer des troubles gastriques en cas de prise prolong\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Flavono\u00efdes :<\/strong> <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, <strong>myric\u00e9tine<\/strong>, <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong> et leurs glycosides, contribuant \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 diur\u00e9tique et anti-inflammatoire.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">Irido\u00efdes<\/a> :<\/strong> le <strong>monotrop\u00e9ine<\/strong> et l&rsquo;<strong>acide monotrop\u00e9inique<\/strong> (syn. acide geniposidique) sont pr\u00e9sents en quantit\u00e9s mineures.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">Triterp\u00e8nes<\/a> :<\/strong> <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-ursolique\/\">acide ursolique<\/a><\/strong>, <strong>acide ol\u00e9anolique<\/strong>, <strong>uvaol<\/strong> \u2014 triterp\u00e8nes pentacycliques aux propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires et h\u00e9patoprotectrices.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>Activit\u00e9 antiseptique urinaire :<\/strong> c&rsquo;est la propri\u00e9t\u00e9 cardinale de la busserole. L&rsquo;hydroquinone lib\u00e9r\u00e9e dans les urines par hydrolyse de l&rsquo;arbutine exerce une activit\u00e9 antibact\u00e9rienne puissante sur les germes uropathog\u00e8nes les plus courants : <em>Escherichia coli<\/em>, <em>Proteus mirabilis<\/em>, <em>Staphylococcus saprophyticus<\/em>, <em>Enterococcus faecalis<\/em>, <em>Klebsiella pneumoniae<\/em>. Le m\u00e9canisme est une inhibition de la croissance bact\u00e9rienne par oxydation et d\u00e9naturation des prot\u00e9ines membranaires.<\/p>\n<p><strong>Condition essentielle :<\/strong> l&rsquo;activit\u00e9 antiseptique de l&rsquo;hydroquinone est optimale en milieu alcalin (pH urinaire &gt; 8). Il est donc recommand\u00e9 d&rsquo;alcaliniser les urines pendant le traitement (alimentation riche en l\u00e9gumes, prise de bicarbonate de sodium, \u00e9viction des aliments acidifiants).<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-adh\u00e9sion bact\u00e9rienne :<\/strong> les tanins de la busserole, en particulier la corilagine, inhibent l&rsquo;adh\u00e9sion des fimbriae de type 1 et de type P d&rsquo;<em>E. coli<\/em> aux cellules uro\u00e9pith\u00e9liales, r\u00e9duisant ainsi la colonisation bact\u00e9rienne des voies urinaires \u2014 m\u00e9canisme compl\u00e9mentaire de l&rsquo;activit\u00e9 bact\u00e9ricide de l&rsquo;hydroquinone.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 diur\u00e9tique :<\/strong> les flavono\u00efdes et l&rsquo;arbutine exercent un effet diur\u00e9tique l\u00e9ger, favorisant le lavage des voies urinaires.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 astringente :<\/strong> la teneur \u00e9lev\u00e9e en tanins conf\u00e8re \u00e0 la busserole des propri\u00e9t\u00e9s astringentes qui peuvent contribuer au traitement des diarrh\u00e9es (usage mineur).<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antioxydante :<\/strong> les ellagitanins, les flavono\u00efdes et l&rsquo;acide ellagique conf\u00e8rent \u00e0 la drogue une capacit\u00e9 antioxydante \u00e9lev\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire :<\/strong> l&rsquo;acide ursolique et les flavono\u00efdes inhibent les m\u00e9diateurs pro-inflammatoires (PGE2, TNF-alpha), contribuant \u00e0 la r\u00e9duction de l&rsquo;inflammation des voies urinaires.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>La busserole b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;une monographie europ\u00e9enne positive pour l&rsquo;indication suivante : \u00ab traitement traditionnel des sympt\u00f4mes de g\u00eane urinaire chez la femme, lorsqu&rsquo;une infection urinaire grave a \u00e9t\u00e9 exclue par un m\u00e9decin \u00bb. La busserole est class\u00e9e en \u00ab usage traditionnel bien \u00e9tabli \u00bb (<em>well-established traditional use<\/em>).<\/p>\n<p>Plusieurs \u00e9tudes cliniques, dont celle de Larsson <em>et al.<\/em> (1993), ont montr\u00e9 une r\u00e9duction significative de la r\u00e9cidive des infections urinaires chez les femmes prenant un extrait standardis\u00e9 de busserole, compar\u00e9 au placebo. L&rsquo;\u00e9tude a port\u00e9 sur 57 femmes ayant des cystites r\u00e9cidivantes, avec un suivi d&rsquo;un an. Le groupe trait\u00e9 a pr\u00e9sent\u00e9 significativement moins de r\u00e9cidives que le groupe placebo.<\/p>\n<p>La HMPC (Herbal Medicinal Products Committee) recommande la busserole en traitement de courte dur\u00e9e (5 \u00e0 7 jours maximum) des premiers sympt\u00f4mes de cystite non compliqu\u00e9e, en compl\u00e9ment des mesures hygi\u00e9no-di\u00e9t\u00e9tiques. L&rsquo;usage prolong\u00e9 est d\u00e9conseill\u00e9 en raison du risque h\u00e9patotoxique potentiel de l&rsquo;hydroquinone \u00e0 fortes doses.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Arbutine, m\u00e9thylarbutine<\/td>\n<td>Hydroquinones<\/td>\n<td>Antiseptique urinaire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Tanins galliques<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">Tanins<\/a><\/td>\n<td>Astringents<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavonols<\/td>\n<td>Antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Infusion :<\/strong> 3 \u00e0 4 g de feuilles s\u00e8ches dans 150 ml d&rsquo;eau froide, mac\u00e9ration 6 \u00e0 12 heures (pour limiter l&rsquo;extraction des tanins), puis filtration. Deux \u00e0 trois prises par jour. La mac\u00e9ration \u00e0 froid est pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 l&rsquo;infusion chaude, car elle extrait l&rsquo;arbutine en minimisant les tanins irritants.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9coction :<\/strong> 3 g de feuilles dans 150 ml d&rsquo;eau, \u00e9bullition 15 minutes. Plus riche en tanins (go\u00fbt plus astringent, tol\u00e9rance digestive moindre).<\/p>\n<p><strong>Extrait sec :<\/strong> standardis\u00e9 \u00e0 20-25 % d&rsquo;arbutine. Posologie : 400 \u00e0 800 mg par jour, r\u00e9partis en 2 \u00e0 4 prises.<\/p>\n<p><strong>G\u00e9lules de poudre :<\/strong> 250 \u00e0 500 mg, 3 \u00e0 4 fois par jour.<\/p>\n<p><strong>Dur\u00e9e maximale de traitement :<\/strong> 7 jours cons\u00e9cutifs, 5 cures par an maximum.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;<strong>hydroquinone<\/strong>, produit d&rsquo;hydrolyse de l&rsquo;arbutine, est un compos\u00e9 potentiellement h\u00e9patotoxique et mutag\u00e8ne \u00e0 dose \u00e9lev\u00e9e et en administration prolong\u00e9e. Les \u00e9tudes de g\u00e9notoxicit\u00e9 sur l&rsquo;arbutine elle-m\u00eame sont rassurantes (pas de mutag\u00e9nicit\u00e9 directe), mais la lib\u00e9ration d&rsquo;hydroquinone libre justifie une limitation stricte de la dur\u00e9e du traitement.<\/p>\n<p><strong>Contre-indications :<\/strong> grossesse, allaitement, enfants de moins de 12 ans, insuffisance r\u00e9nale, insuffisance h\u00e9patique. Ne pas associer \u00e0 des substances acidifiant les urines (vitamine C \u00e0 haute dose, jus de canneberge, viande en exc\u00e8s) car l&rsquo;efficacit\u00e9 requiert un pH urinaire alcalin.<\/p>\n<p><strong>Effets ind\u00e9sirables :<\/strong> naus\u00e9es, gastralgies (li\u00e9es aux tanins), coloration verte ou brun-vert des urines (inoffensive, due \u00e0 l&rsquo;oxydation de l&rsquo;hydroquinone).<\/p>\n<p><strong>Interactions :<\/strong> les tanins peuvent r\u00e9duire l&rsquo;absorption des m\u00e9dicaments pris simultan\u00e9ment. L&rsquo;association avec des diur\u00e9tiques acides (anse, thiazidiques) est \u00e0 \u00e9viter (acidification urinaire).<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;usage m\u00e9dicinal de la busserole est document\u00e9 d\u00e8s le XIIIe si\u00e8cle dans les herbiers gallois (<em>Meddygon Myddfai<\/em>). Au XVIe si\u00e8cle, Clusius la d\u00e9crit comme rem\u00e8de des calculs urinaires. Marco Polo rapporte son usage en Asie centrale. La busserole figure dans la quasi-totalit\u00e9 des pharmacop\u00e9es europ\u00e9ennes \u00e0 partir du XVIIIe si\u00e8cle.<\/p>\n<p>En Scandinavie et en Russie, les feuilles de busserole ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es comme tannin v\u00e9g\u00e9tal pour le tannage des cuirs (en raison de leur richesse en tanins) et comme teinture brune pour les fibres textiles.<\/p>\n<p>Les peuples autochtones d&rsquo;Am\u00e9rique du Nord utilisaient les feuilles de busserole dans le m\u00e9lange fumable appel\u00e9 <em>kinnikinnick<\/em> (terme algonquin signifiant simplement \u00ab m\u00e9lange \u00bb), associ\u00e9es \u00e0 du tabac, de l&rsquo;\u00e9corce de saule ou de cornouiller. Cet usage rituel et r\u00e9cr\u00e9atif est l&rsquo;un des rares exemples document\u00e9s de plante fum\u00e9e hors contexte solanac\u00e9en.<\/p>\n<hr>\n<h3>Int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique et conservation<\/h3>\n<p>La busserole est une esp\u00e8ce non menac\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale mais localement vuln\u00e9rable dans ses stations de plaine m\u00e9ridionale (dunes du littoral atlantique), o\u00f9 la pression touristique, l&rsquo;urbanisation et la stabilisation artificielle des dunes r\u00e9duisent ses habitats.<\/p>\n<p>Ses fruits sont consomm\u00e9s par les ours, les cervid\u00e9s, les lagop\u00e8des et les t\u00e9tras dans les \u00e9cosyst\u00e8mes bor\u00e9aux et montagnards. La plante joue un r\u00f4le important dans la stabilisation des sols en pente, gr\u00e2ce \u00e0 son r\u00e9seau de tiges rampantes et radicantes. Elle est mycorhiz\u00e9e avec des champignons \u00e9ricac\u00e9s sp\u00e9cialis\u00e9s (<em>Hymenoscyphus ericae<\/em> et apparent\u00e9s), qui facilitent la nutrition min\u00e9rale sur les sols tr\u00e8s pauvres.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p><strong><em>Vaccinium vitis-idaea<\/em><\/strong> (airelle rouge, lingonberry) : confusion classique. L&rsquo;airelle a des feuilles \u00e0 bords enroul\u00e9s et ponctu\u00e9s de glandes noires en dessous ; les baies sont rouges mais acides et juteuses (et non farineuses). La busserole a des feuilles \u00e0 bord plat, sans glandes, et des drupes farineuses et insipides.<\/p>\n<p><strong><em>Arctostaphylos alpina<\/em><\/strong> (busserole alpine) : feuilles caduques, r\u00e9ticul\u00e9es, rougissant en automne ; fruit noir. Combes \u00e0 neige alpines.<\/p>\n<p><strong><em>Buxus sempervirens<\/em><\/strong> (buis) : feuilles oppos\u00e9es (et non alternes), sans fleurs en grelot. Pas de confusion en observation attentive.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La busserole est l&rsquo;une des plantes m\u00e9dicinales europ\u00e9ennes les mieux valid\u00e9es pour un usage sp\u00e9cifique : l&rsquo;antisepsie urinaire. Le m\u00e9canisme pharmacocin\u00e9tique de l&rsquo;arbutine \u2014 pro-drogue hydrolys\u00e9e en hydroquinone directement dans les voies urinaires \u2014 constitue un mod\u00e8le \u00e9l\u00e9gant de ciblage pharmacologique naturel. L&rsquo;efficacit\u00e9 clinique est soutenue par des donn\u00e9es positives, la tradition d&rsquo;usage mill\u00e9naire et les monographies institutionnelles (Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne, Commission E, ESCOP).<\/p>\n<p>La limitation du traitement \u00e0 des cures courtes, impos\u00e9e par le profil toxicologique de l&rsquo;hydroquinone, est un exemple de la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;un encadrement pharmacognosique rigoureux, m\u00eame pour les plantes d&rsquo;usage ancien. La busserole est une plante efficace, mais qui exige un usage inform\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Bruneton, J. \u2014 <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5<sup>e<\/sup> \u00e9d., Lavoisier, 2016.<\/li>\n<li>Fournier, P.-V. \u2014 <em>Dictionnaire des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>, Omnibus, 1947.<\/li>\n<li>Tison, J.-M. &amp; de Foucault, B. \u2014 <em>Flora Gallica<\/em>, Biotope, 2014.<\/li>\n<li>Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne, 11<sup>e<\/sup> \u00e9d. \u2014 monographie <em>Uvae ursi folium<\/em>.<\/li>\n<li>ESCOP \u2014 <em>Monographs: Uvae ursi folium<\/em>, 2<sup>e<\/sup> \u00e9d., Thieme, 2003.<\/li>\n<li>Larsson, B., Jonasson, A. &amp; Fianu, S. \u2014 \u00ab Prophylactic effect of UVA-E in women with recurrent cystitis \u00bb, <em>Current Therapeutic Research<\/em>, 53, 1993.<\/li>\n<li>Schindler, G. <em>et al.<\/em> \u2014 \u00ab Urinary excretion and metabolism of arbutin after oral administration of <em>Arctostaphylos uva-ursi<\/em> extract as film-coated tablets and aqueous solution \u00bb, <em>Journal of Clinical Pharmacology<\/em>, 42, 2002.<\/li>\n<li>Paper, D.H. <em>et al.<\/em> \u2014 \u00ab Bioavailability of drug preparations containing a leaf extract of <em>Arctostaphylos uva-ursi<\/em> \u00bb, <em>Pharmacy and Pharmacology Letters<\/em>, 3, 1993.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2606<\/strong> Antiseptique urinaire (cystites)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Astringent<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Arctostaphylos uva-ursi (L.) 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