{"id":4570,"date":"2026-03-28T11:03:40","date_gmt":"2026-03-28T10:03:40","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/capillaire-de-montpellier\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:10","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:10","slug":"capillaire-de-montpellier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/capillaire-de-montpellier\/","title":{"rendered":"CAPILLAIRE DE MONTPELLIER"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/capillaire-de-montpellier.png\" alt=\"Planche botanique Capillaire de Montpellier\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Adiantum capillus-veneris<\/em> L.<\/p>\n<p>Famille : Pteridaceae<\/p>\n<p>Le capillaire de Montpellier est la plus \u00e9l\u00e9gante des foug\u00e8res m\u00e9dicinales europ\u00e9ennes. Ses frondes d&rsquo;un vert tendre, l\u00e9g\u00e8res, port\u00e9es par des p\u00e9tioles filiformes noirs et luisants comme des cheveux \u2014 d&rsquo;o\u00f9 le nom de \u00ab cheveu de V\u00e9nus \u00bb \u2014 colonisent les rochers suintants, les grottes, les fontaines moussues et les murs humides du pourtour m\u00e9diterran\u00e9en avec une gr\u00e2ce que peu de plantes \u00e9galent. Chaque fronde, bi- \u00e0 tripenn\u00e9e, porte de petites pinnules cun\u00e9iformes, lob\u00e9es, translucides quand elles sont jeunes, d&rsquo;une fragilit\u00e9 apparente qui d\u00e9ment une r\u00e9sistance remarquable \u00e0 la s\u00e9cheresse temporaire.<\/p>\n<p>Le capillaire est la premi\u00e8re et la plus noble des cinq \u00ab herbes capillaires \u00bb de la pharmacop\u00e9e traditionnelle. Son sirop, le \u00ab sirop de capillaire \u00bb, a \u00e9t\u00e9 pendant des si\u00e8cles l&rsquo;un des rem\u00e8des pectoraux les plus utilis\u00e9s dans les h\u00f4pitaux et les officines d&rsquo;Europe, recommand\u00e9 contre la toux, les bronchites, les enrouements et les maux de gorge. Ce sirop, parfum\u00e9 \u00e0 la fleur d&rsquo;oranger, est rest\u00e9 dans la m\u00e9moire gustative de la France ancienne comme l&rsquo;un des m\u00e9dicaments les plus agr\u00e9ables de l&rsquo;ancienne mati\u00e8re m\u00e9dicale. La plante conserve aujourd&rsquo;hui un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique modeste mais r\u00e9el, fond\u00e9 sur ses <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a>, ses tanins et ses flavono\u00efdes.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Pteridaceae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Adiantum<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Adiantum capillus-veneris<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Capillaire de Montpellier, Cheveu de V\u00e9nus, Capillaire commun, Adiante capillaire, Foug\u00e8re capillaire.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le genre <em>Adiantum<\/em> comprend environ 250 esp\u00e8ces, r\u00e9parties dans les r\u00e9gions tropicales et subtropicales du monde entier. <em>A. capillus-veneris<\/em> est la seule esp\u00e8ce indig\u00e8ne d&rsquo;Europe, et aussi la seule de l&rsquo;ancienne mati\u00e8re m\u00e9dicale occidentale. Le nom <em>Adiantum<\/em> vient du grec <em>adiantos<\/em>, \u00ab qui ne se mouille pas \u00bb, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 hydrophobe des frondes, dont la surface repousse l&rsquo;eau en fines gouttelettes sans se mouiller. Le nom sp\u00e9cifique <em>capillus-veneris<\/em>, \u00ab cheveu de V\u00e9nus \u00bb, \u00e9voque la finesse et la beaut\u00e9 des p\u00e9tioles noirs, compar\u00e9s aux cheveux de la d\u00e9esse de l&rsquo;amour.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Le capillaire est une foug\u00e8re vivace d\u00e9licate de 10 \u00e0 40 centim\u00e8tres, \u00e0 rhizome gr\u00eale, rampant, couvert d&rsquo;\u00e9cailles brunes \u00e9troites. Les frondes sont bi- \u00e0 tripenn\u00e9es, \u00e0 contour ovale ou triangulaire, port\u00e9es par des p\u00e9tioles et des rachis filiformes, noirs, luisants, lisses et rigides malgr\u00e9 leur finesse. Les pinnules sont cun\u00e9iformes (en forme de coin), \u00e0 base \u00e9troite, lob\u00e9es au sommet, d&rsquo;un vert tendre, \u00e0 texture papyrac\u00e9e, glabres, hydrophobes.<\/p>\n<p>Les sores sont marginaux, prot\u00e9g\u00e9s par le bord repli\u00e9 de la pinnule (pseudo-indusie), caract\u00e8re distinctif des <em>Adiantum<\/em>. Ce repli marginal donne aux pinnules fertiles un aspect bicolore : vert au centre, brun au bord. Les spores sont globuleuses, brun fonc\u00e9.<\/p>\n<p>Le capillaire colonise les parois rocheuses humides, les grottes, les entr\u00e9es de sources, les murs suintants, les fontaines, les puits et les sout\u00e8nements ombrag\u00e9s, toujours en situation humide et abrit\u00e9e de l&rsquo;insolation directe. Il est calcicole, exigeant en humidit\u00e9 atmosph\u00e9rique et sensible au gel prolong\u00e9. Sa r\u00e9partition est pantropicale et subtropicale, avec des extensions en zone temp\u00e9r\u00e9e chaude : tout le pourtour m\u00e9diterran\u00e9en, le sud de l&rsquo;Angleterre, l&rsquo;Irlande (stations atlantiques), les Am\u00e9riques, l&rsquo;Afrique, l&rsquo;Asie et l&rsquo;Australie.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Floraison :<\/strong> spores produites de mai \u00e0 octobre<\/li>\n<li><strong>Habitat :<\/strong> rochers suintants, grottes, fontaines, murs humides, puits<\/li>\n<li><strong>R\u00e9partition :<\/strong> pantropicale et subtropicale ; en Europe, surtout m\u00e9diterran\u00e9enne et atlantique<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE, CULTURE ET CONSERVATION<\/h3>\n<p>Le capillaire est une foug\u00e8re hygrophile stricte, colonisatrice des micro-habitats suintants et ombrag\u00e9s sur substrat calcaire. Il est indicateur d&rsquo;humidit\u00e9 permanente et de conditions microclimatiques stables (pas de gel prolong\u00e9, pas de s\u00e9cheresse directe). Son habitat typique \u2014 tufs, travertins, grottes, fontaines \u2014 est souvent associ\u00e9 \u00e0 des formations g\u00e9ologiques remarquables.<\/p>\n<p>En Europe, le capillaire est prot\u00e9g\u00e9 dans plusieurs pays et r\u00e9gions de la partie nord de son aire (Allemagne, Belgique, nord de la France), o\u00f9 ses stations sont rares et vuln\u00e9rables. En r\u00e9gion m\u00e9diterran\u00e9enne, il reste commun mais sensible \u00e0 la perturbation de ses habitats : captage des sources, ass\u00e8chement des murs par le ciment, urbanisation des vallons humides. L&rsquo;ass\u00e8chement du climat m\u00e9diterran\u00e9en li\u00e9 au changement climatique constitue une menace \u00e0 long terme.<\/p>\n<p>La culture en int\u00e9rieur est facile : le capillaire est l&rsquo;une des foug\u00e8res d&rsquo;int\u00e9rieur les plus populaires, prosp\u00e9rant dans les atmosph\u00e8res humides des salles de bain et des terrariums. La culture \u00e0 des fins m\u00e9dicinales est techniquement possible mais peu pratiqu\u00e9e, l&rsquo;approvisionnement traditionnel reposant sur la cueillette dans les stations naturelles.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li>Frondes enti\u00e8res (drogue traditionnelle)<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les frondes constituent la drogue m\u00e9dicinale. Elles sont r\u00e9colt\u00e9es au printemps ou en \u00e9t\u00e9 sur les plantes en pleine v\u00e9g\u00e9tation, s\u00e9ch\u00e9es rapidement \u00e0 l&rsquo;ombre et \u00e0 basse temp\u00e9rature pour pr\u00e9server les mucilages et les compos\u00e9s volatils. La drogue s\u00e8che est fragile, de couleur vert p\u00e2le \u00e0 brun verd\u00e2tre, \u00e0 p\u00e9tioles noirs caract\u00e9ristiques. Elle d\u00e9gage une odeur faible, agr\u00e9able, l\u00e9g\u00e8rement sucr\u00e9e, et a une saveur mucilagineuse, l\u00e9g\u00e8rement astringente puis douce\u00e2tre. La qualit\u00e9 se juge \u00e0 l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 des frondes et \u00e0 la couleur des pinnules (vert = bonne conservation).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Mucilages<\/h3>\n<p>Le capillaire est riche en <strong>mucilages<\/strong> (polysaccharides hydrophiles), qui fondent ses propri\u00e9t\u00e9s \u00e9mollientes et adoucissantes sur les muqueuses respiratoires. Cette richesse en mucilages est le trait chimique principal de la drogue et la base de l&rsquo;usage pectoral traditionnel.<\/p>\n<h3>B. Flavono\u00efdes<\/h3>\n<p>Plusieurs <strong>flavono\u00efdes<\/strong> ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s dans les frondes : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/rutine\/\">rutine<\/a><\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>-3-rutinoside), <strong>isoquercitrine<\/strong>, <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong> glycosides, <strong>naringine<\/strong> et <strong>astragaline<\/strong>. L&rsquo;adiantoide, un flavono\u00efde C-glycoside, est consid\u00e9r\u00e9 comme un marqueur chimique du genre <em>Adiantum<\/em>. Ces flavono\u00efdes contribuent aux propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes, anti-inflammatoires et protectrices vasculaires de la plante.<\/p>\n<h3>C. Tanins et acides ph\u00e9noliques<\/h3>\n<p>Les <strong>tanins<\/strong> sont pr\u00e9sents en quantit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e, surtout condens\u00e9s (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a>). On identifie de l&rsquo;<strong>acide gallique<\/strong>, de l&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong> et de l&rsquo;<strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>. Ces compos\u00e9s contribuent \u00e0 l&rsquo;astringence et aux propri\u00e9t\u00e9s antimicrobiennes de la plante.<\/p>\n<h3>D. Triterp\u00e8nes et autres compos\u00e9s<\/h3>\n<p>Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">triterp\u00e8nes<\/a><\/strong> de type hopane (adiantone, fern-9(11)-\u00e8ne, isoadiantone) ont \u00e9t\u00e9 isol\u00e9s. Ces compos\u00e9s, peu fr\u00e9quents dans le r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal, sont des marqueurs chimiotaxonomiques des foug\u00e8res. On trouve aussi des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong>, de la <strong>vitamine C<\/strong> et des <strong>sels min\u00e9raux<\/strong> (potassium, calcium, silice).<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;action pectorale et b\u00e9chique du capillaire repose sur ses <strong>mucilages<\/strong>, qui tapissent les muqueuses respiratoires (pharynx, larynx, trach\u00e9e, bronches) d&rsquo;un film hydrat\u00e9 protecteur, att\u00e9nuant l&rsquo;irritation m\u00e9canique et chimique, calmant la toux s\u00e8che et facilitant l&rsquo;expectoration des s\u00e9cr\u00e9tions visqueuses. Ce m\u00e9canisme est commun \u00e0 toutes les plantes mucilagineuses pectorales (mauve, guimauve, bouillon-blanc, tussilage).<\/p>\n<p>Les <strong>tanins<\/strong> ajoutent un effet astringent l\u00e9ger qui tonifie les muqueuses rel\u00e2ch\u00e9es et r\u00e9duit l&rsquo;hypers\u00e9cr\u00e9tion. L&rsquo;association mucilages-tanins cr\u00e9e un effet protecteur double, \u00e0 la fois adoucissant et tonifiant, bien adapt\u00e9 aux inflammations des voies respiratoires sup\u00e9rieures.<\/p>\n<p>Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong>, en particulier la rutine, exercent une activit\u00e9 anti-inflammatoire par inhibition de la production de cytokines pro-inflammatoires et une activit\u00e9 antioxydante par pi\u00e9geage des radicaux libres. L&rsquo;activit\u00e9 spasmolytique des flavono\u00efdes sur les muscles lisses bronchiques contribue \u00e0 l&rsquo;effet antitussif. Les <strong>triterp\u00e8nes hopano\u00efdes<\/strong> poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires et antimicrobiennes document\u00e9es in vitro.<\/p>\n<hr>\n<h3>DONN\u00c9ES CLINIQUES ET \u00c9TUDES PHARMACOLOGIQUES<\/h3>\n<p>Le capillaire ne fait pas l&rsquo;objet d&rsquo;une monographie officielle, mais son usage est reconnu dans de nombreux ouvrages de r\u00e9f\u00e9rence (Bruneton, Wichtl, Fournier, Leclerc) comme b\u00e9chique, expectorant et adoucissant des voies respiratoires. C&rsquo;est l&rsquo;une des plantes pectorales les mieux \u00e9tablies dans la tradition occidentale.<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes pharmacologiques in vitro et in vivo ont document\u00e9 l&rsquo;activit\u00e9 anti-inflammatoire des extraits aqueux et m\u00e9thanoliques de <em>A. capillus-veneris<\/em> sur des mod\u00e8les animaux (inhibition de l&rsquo;oed\u00e8me \u00e0 la carrag\u00e9nine). L&rsquo;activit\u00e9 antioxydante est significative, li\u00e9e aux flavono\u00efdes et aux acides ph\u00e9noliques. L&rsquo;activit\u00e9 antimicrobienne a \u00e9t\u00e9 test\u00e9e avec des r\u00e9sultats positifs contre plusieurs souches bact\u00e9riennes et fongiques. L&rsquo;activit\u00e9 h\u00e9patoprotectrice des extraits a \u00e9t\u00e9 document\u00e9e sur mod\u00e8le de toxicit\u00e9 au parac\u00e9tamol chez le rat.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine traditionnelle iranienne (m\u00e9decine persane), le capillaire occupe une place consid\u00e9rable comme pectoral, h\u00e9patique et diur\u00e9tique. De nombreuses \u00e9tudes pharmacologiques iraniennes ont confirm\u00e9 ces usages traditionnels, faisant du capillaire l&rsquo;une des plantes les mieux \u00e9tudi\u00e9es de l&rsquo;ethnopharmacologie persane contemporaine.<\/p>\n<hr>\n<h3>TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h3>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe chimique<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Mucilages<\/strong><\/td>\n<td>Polysaccharides<\/td>\n<td>\u00c9mollient, adoucissant des muqueuses respiratoires<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Rutine<\/strong><\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Anti-inflammatoire, protecteur vasculaire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Isoquercitrine<\/strong><\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Adiantone<\/strong><\/td>\n<td>Triterp\u00e8ne hopano\u00efde<\/td>\n<td>Anti-inflammatoire, antimicrobien<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Acide gallique<\/strong><\/td>\n<td>Acide ph\u00e9nolique<\/td>\n<td>Astringent, antimicrobien<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">Tanins condens\u00e9s<\/a><\/strong><\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">Polyph\u00e9nols<\/a><\/td>\n<td>Astringent, protecteur muqueux<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h3>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h3>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2605<\/strong> B\u00e9chique et pectoral<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2606<\/strong> \u00c9mollient des voies respiratoires<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Expectorant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire respiratoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique doux<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> H\u00e9patoprotecteur<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Mucilages<\/td>\n<td>Mucilage<\/td>\n<td>\u00c9mollient, adoucissant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Isoquercitrine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Kaempf\u00e9rol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Naringine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Infusion :<\/strong> 2 \u00e0 4 g de frondes s\u00e9ch\u00e9es pour 200 ml d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infuser 15 minutes couvert. Boire 3 \u00e0 4 tasses par jour, sucr\u00e9e au miel pour les maux de gorge et la toux.<\/li>\n<li><strong>Sirop de capillaire (formule traditionnelle) :<\/strong> d\u00e9coction concentr\u00e9e de 50 g de frondes dans 500 ml d&rsquo;eau, filtr\u00e9e, additionn\u00e9e de 500 g de sucre et parfum\u00e9e \u00e0 l&rsquo;eau de fleur d&rsquo;oranger. Ce sirop classique est l&rsquo;un des plus beaux h\u00e9ritages de la pharmacie gal\u00e9nique fran\u00e7aise.<\/li>\n<li><strong>D\u00e9coction :<\/strong> 5 \u00e0 10 g par litre, bouillir 5 minutes, infuser 15 minutes. Pour les cures pectorales et diur\u00e9tiques.<\/li>\n<li><strong>Teinture :<\/strong> 2 \u00e0 4 ml, 2 \u00e0 3 fois par jour.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le capillaire s&rsquo;associe classiquement au tussilage, au bouillon-blanc, \u00e0 la mauve et au thym dans les tisanes pectorales compos\u00e9es. Le sirop de capillaire, aujourd&rsquo;hui quasi disparu des officines, m\u00e9rite une reconstitution artisanale par les herboristes soucieux de patrimoine gal\u00e9nique.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Le capillaire est une plante de tr\u00e8s bonne tol\u00e9rance. Aucune toxicit\u00e9 n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9e aux doses traditionnelles. Comme pour toutes les foug\u00e8res, la question des ptaquilosides (canc\u00e9rog\u00e8nes de <em>Pteridium<\/em>) se pose th\u00e9oriquement, mais ces compos\u00e9s n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 signal\u00e9s chez <em>Adiantum<\/em>.<\/p>\n<p>L&rsquo;usage est d\u00e9conseill\u00e9 par prudence chez la femme enceinte et allaitante en raison de l&rsquo;absence de donn\u00e9es sp\u00e9cifiques. Pas d&rsquo;interaction m\u00e9dicamenteuse connue. La plante est consid\u00e9r\u00e9e comme s\u00fbre pour un usage de courte \u00e0 moyenne dur\u00e9e (2 \u00e0 4 semaines).<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le capillaire est l&rsquo;une des plantes m\u00e9dicinales les plus anciennement document\u00e9es du monde m\u00e9diterran\u00e9en. Dioscoride le mentionne comme pectoral et diur\u00e9tique. Pline l&rsquo;Ancien le recommande contre la toux, les calculs et les affections h\u00e9patiques. Galien l&rsquo;int\u00e8gre dans les formules complexes de la pharmacop\u00e9e gr\u00e9co-romaine.<\/p>\n<p>Au Moyen \u00c2ge, le \u00ab sirop des cinq capillaires \u00bb devient une formule officinale majeure des apothicaireries hospitali\u00e8res. Le capillaire de Montpellier en est l&rsquo;ingr\u00e9dient principal. Ce sirop figure dans tous les formulaires officiels fran\u00e7ais du XVIe au XIXe si\u00e8cle, du Codex de 1818 au Dorvault. Cazin en fait un long \u00e9loge : \u00ab Le sirop de capillaire est un des plus agr\u00e9ables et des plus usit\u00e9s ; les malades le prennent avec plaisir. \u00bb Fournier confirme son usage pectoral et le rapproche de la guimauve et de la violette.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine persane traditionnelle (<em>Tibb-e Sonnat-i<\/em>), le capillaire (<em>parsiavshan<\/em>) occupe une place de premier plan comme rem\u00e8de des voies respiratoires, du foie et des reins. Avicenne le cite abondamment dans le Canon de la M\u00e9decine. En Am\u00e9rique latine, o\u00f9 des esp\u00e8ces voisines d&rsquo;<em>Adiantum<\/em> sont indig\u00e8nes, l&rsquo;usage pectoral et h\u00e9patique est \u00e9galement traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Adiantum capillus-veneris<\/em> est la grande plante pectorale de la pharmacop\u00e9e traditionnelle m\u00e9diterran\u00e9enne, dont le profil \u2014 mucilages, flavono\u00efdes, tanins, triterp\u00e8nes hopano\u00efdes \u2014 fonde des propri\u00e9t\u00e9s \u00e9mollientes, anti-inflammatoires et adoucissantes bien document\u00e9es par la tradition mill\u00e9naire et confirm\u00e9es par les \u00e9tudes pharmacologiques modernes. Le sirop de capillaire, chef-d&rsquo;oeuvre de la pharmacie gal\u00e9nique, t\u00e9moigne d&rsquo;un art de soigner qui savait allier efficacit\u00e9 et plaisir.<\/p>\n<p>La plante m\u00e9riterait un renouveau d&rsquo;int\u00e9r\u00eat dans le contexte actuel de valorisation des plantes pectorales douces, alternatives aux antitussifs de synth\u00e8se. Son profil de s\u00e9curit\u00e9 est excellent, son go\u00fbt est agr\u00e9able, ses propri\u00e9t\u00e9s sont coh\u00e9rentes et sa beaut\u00e9 est un argument suppl\u00e9mentaire pour la pharmacop\u00e9e vivante.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Bruneton J. \u2014 <em>Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5e \u00e9d., Lavoisier, 2016.<\/li>\n<li>Ibraheim Z.Z. et al. \u2014 Phytochemical and biological studies of <em>Adiantum capillus-veneris<\/em>, <em>Saudi Pharm. J.<\/em>, 2011.<\/li>\n<li>Ahmadi F. et al. \u2014 Hepatoprotective and anti-inflammatory effects of <em>Adiantum capillus-veneris<\/em>, <em>J. Ethnopharmacol.<\/em>, 2020.<\/li>\n<li>Dorvault F. \u2014 <em>L&rsquo;Officine<\/em>, 23e \u00e9d., Vigot, 1995 (sirop de capillaire).<\/li>\n<li>Cazin F.-J. \u2014 <em>Trait\u00e9 pratique et raisonn\u00e9 des plantes m\u00e9dicinales indig\u00e8nes<\/em>, 3e \u00e9d., 1868.<\/li>\n<li>Fournier P.-V. \u2014 <em>Le Livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>, Lechevalier, 1947.<\/li>\n<li>Plants of the World Online, Kew : <em>Adiantum capillus-veneris<\/em><\/li>\n<li>Tela Botanica, eFlore : <em>Adiantum capillus-veneris<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Adiantum capillus-veneris L. 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