{"id":4572,"date":"2026-03-28T11:03:44","date_gmt":"2026-03-28T10:03:44","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/capillaire-des-murailles\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:17","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:17","slug":"capillaire-des-murailles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/capillaire-des-murailles\/","title":{"rendered":"CAPILLAIRE DES MURAILLES"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/capillaire-des-murailles.png\" alt=\"Planche botanique Capillaire des murailles\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le Capillaire des murailles, <em>Asplenium trichomanes<\/em> L., est une foug\u00e8re de la famille des <strong>Aspleniaceae<\/strong>, genre <em>Asplenium<\/em> L. Ce genre cosmopolite, avec environ 700 esp\u00e8ces, est l&rsquo;un des plus diversifi\u00e9s parmi les Pt\u00e9ridophytes. <em>A. trichomanes<\/em> pr\u00e9sente un complexe polyplo\u00efde remarquable comprenant au moins quatre sous-esp\u00e8ces cytologiquement distinctes : subsp. <em>trichomanes<\/em> (diplo\u00efde, calcifuge), subsp. <em>quadrivalens<\/em> (t\u00e9traplo\u00efde, calcicole), subsp. <em>pachyrachis<\/em> (t\u00e9traplo\u00efde, thermophile) et subsp. <em>inexpectans<\/em> (diplo\u00efde, r\u00e9cemment d\u00e9crite). Les noms vernaculaires incluent Capillaire des murailles, Doradille chevelue, Polytric des boutiquiers et Fausse capillaire. L&rsquo;esp\u00e8ce est distribu\u00e9e dans l&rsquo;ensemble de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re nord temp\u00e9r\u00e9 et dans les montagnes tropicales, faisant d&rsquo;elle l&rsquo;une des foug\u00e8res les plus cosmopolites. La classification PPG I (Pteridophyte Phylogeny Group, 2016) place les Aspleniaceae dans l&rsquo;ordre des Polypodiales, sous-classe des Polypodiidae. Le nom <em>trichomanes<\/em> d\u00e9rive du grec <em>thrix<\/em> (cheveu) et <em>manos<\/em> (fin, clairsem\u00e9), faisant r\u00e9f\u00e9rence au rachis filiforme et sombre \u00e9voquant un cheveu.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Foug\u00e8re vivace en touffe dense, h\u00e9micryptophyte, \u00e0 rhizome court, dress\u00e9 ou ascendant, couvert d&rsquo;\u00e9cailles lanc\u00e9ol\u00e9es brun fonc\u00e9. Les frondes sont persistantes \u00e0 semi-persistantes, longues de 5 \u00e0 30 cm, \u00e0 p\u00e9tiole court (1 \u00e0 5 cm) et rachis filiforme, rigide, de couleur brun fonc\u00e9 \u00e0 noir brillant, glabre et luisant \u2014 caract\u00e8re distinctif majeur. Les pennes (pinnules) sont au nombre de 15 \u00e0 40 paires, alternes \u00e0 suboppos\u00e9es, ovales \u00e0 oblongues, de 3 \u00e0 8 mm de long et 2 \u00e0 5 mm de large, \u00e0 bord cr\u00e9nel\u00e9, de couleur vert fonc\u00e9, articul\u00e9es sur le rachis et caduques \u00e0 maturit\u00e9 (les rachis noirs persistent alors longtemps sur les rochers). Les sores sont lin\u00e9aires, dispos\u00e9s obliquement sur la face inf\u00e9rieure des pennes, recouverts d&rsquo;une indusie membraneuse lin\u00e9aire s&rsquo;ouvrant vers la nervure m\u00e9diane. Les spores sont brun clair, r\u00e9niformes, \u00e0 p\u00e9rine pliss\u00e9e. La sporulation s&rsquo;\u00e9tend de juin \u00e0 septembre. L&rsquo;esp\u00e8ce colonise les fissures de rochers, les vieux murs, les joints de ma\u00e7onnerie, les grottes et les falaises ombrag\u00e9es, dans des conditions de lumi\u00e8re faible \u00e0 mod\u00e9r\u00e9e et d&rsquo;humidit\u00e9 atmosph\u00e9rique suffisante. La sous-esp\u00e8ce <em>quadrivalens<\/em> pr\u00e9f\u00e8re les substrats calcaires tandis que la sous-esp\u00e8ce <em>trichomanes<\/em> est strictement silicicole.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET HABITAT<\/h3>\n<p><em>Asplenium trichomanes<\/em> est l&rsquo;une des foug\u00e8res les plus cosmopolites et les plus \u00e9cologiquement plastiques. L&rsquo;esp\u00e8ce colonise les fissures de rochers, les joints de vieux murs, les crevasses de falaises, les grottes, les puits et les ruines, du niveau de la mer jusqu&rsquo;\u00e0 plus de 2500 m d&rsquo;altitude. La sous-esp\u00e8ce <em>quadrivalens<\/em> (t\u00e9traplo\u00efde) est calcicole et constitue la forme la plus r\u00e9pandue en France, pr\u00e9sente sur les calcaires, les mortiers anciens et les substrats basiques. La sous-esp\u00e8ce <em>trichomanes<\/em> (diplo\u00efde) est strictement silicicole, limit\u00e9e aux rochers granitiques, gneissiques et schisteux. L&rsquo;esp\u00e8ce est sciaphile \u00e0 h\u00e9mi-sciaphile, n\u00e9cessitant une humidit\u00e9 atmosph\u00e9rique suffisante mais tol\u00e9rant des p\u00e9riodes de s\u00e9cheresse gr\u00e2ce \u00e0 la capacit\u00e9 de ses frondes \u00e0 se d\u00e9shydrater et \u00e0 reprendre vie apr\u00e8s r\u00e9hydratation (tol\u00e9rance \u00e0 la dessiccation partielle). Le Capillaire des murailles est une esp\u00e8ce chasmophyte typique, s&rsquo;enracinant dans des quantit\u00e9s infimes de substrat accumul\u00e9 dans les fissures. Il constitue un bio-indicateur de la qualit\u00e9 des vieux murs et du patrimoine b\u00e2ti. Sa r\u00e9partition mondiale s&rsquo;\u00e9tend de l&rsquo;Europe \u00e0 l&rsquo;Asie temp\u00e9r\u00e9e, l&rsquo;Afrique du Nord, l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord et les montagnes tropicales.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Les <strong>frondes<\/strong> (feuilles) constituent la partie traditionnellement utilis\u00e9e en phytoth\u00e9rapie. Elles sont r\u00e9colt\u00e9es en \u00e9t\u00e9, au moment de la pleine maturit\u00e9, et s\u00e9ch\u00e9es rapidement \u00e0 l&rsquo;ombre pour conserver leur couleur verte et leurs principes actifs. La drogue s\u00e8che pr\u00e9sente une odeur faiblement aromatique et une saveur l\u00e9g\u00e8rement astringente et mucilagineuse. Le <strong>rhizome<\/strong> a parfois \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 mais de mani\u00e8re marginale. La plante enti\u00e8re, incluant rachis et pennes, est la forme la plus courante dans les tisanes traditionnelles. La qualit\u00e9 de la drogue se reconna\u00eet \u00e0 la persistance de la couleur verte des pennes sur les rachis noirs, indiquant un s\u00e9chage bien conduit. Les capillaires (genre <em>Asplenium<\/em> et genre <em>Adiantum<\/em>) \u00e9taient regroup\u00e9s dans la pharmacop\u00e9e ancienne sous le nom collectif d&rsquo;\u00ab herbes capillaires \u00bb, comprenant cinq esp\u00e8ces principales dont <em>A. trichomanes<\/em> et le Capillaire de Montpellier (<em>Adiantum capillus-veneris<\/em>).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Flavono\u00efdes<\/h3>\n<p>Les frondes de <em>Asplenium trichomanes<\/em> contiennent des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> caract\u00e9ristiques des Aspleniaceae : <strong>kaempf\u00e9rol-3-O-glucoside<\/strong>, <strong>kaempf\u00e9rol-3-O-rutinoside<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>-3-O-glucoside<\/strong> et <strong>isoquercitrine<\/strong>. La <strong>sulfur\u00e9tine<\/strong>, un aurone rare, a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9e dans certaines populations. Le profil flavono\u00efdique sert de marqueur chimiotaxonomique pour distinguer les sous-esp\u00e8ces.<\/p>\n<h3>B. Acides ph\u00e9noliques et tanins<\/h3>\n<p>Les frondes renferment des <strong>acides hydroxycinnamiques<\/strong> (<strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, <strong>acide p-coumarique<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>) et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a><\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">tanins condens\u00e9s<\/a>). L&rsquo;<strong>acide shikimique<\/strong>, interm\u00e9diaire de la voie des ph\u00e9nylpropano\u00efdes, est pr\u00e9sent en quantit\u00e9 notable comme chez de nombreuses foug\u00e8res.<\/p>\n<h3>C. Triterp\u00e8nes<\/h3>\n<p>Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">triterp\u00e8nes<\/a><\/strong> de type hopane et fernane ont \u00e9t\u00e9 isol\u00e9s des parties a\u00e9riennes : <strong>hopane-triol<\/strong>, <strong>fern\u00e8ne<\/strong> et <strong>filic\u00e8ne<\/strong>. Ces compos\u00e9s terp\u00e9niques sont caract\u00e9ristiques des Pt\u00e9ridophytes et participent \u00e0 la protection contre les pathog\u00e8nes et les herbivores.<\/p>\n<h3>D. Mucilages et polysaccharides<\/h3>\n<p>Les frondes contiennent des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong> et des <strong>galactomannanes<\/strong> qui expliquent la texture \u00e9molliente de la tisane et l&rsquo;usage traditionnel pectoral. Ces polysaccharides forment un gel hydrat\u00e9 au contact de l&rsquo;eau chaude, adoucissant les muqueuses respiratoires irrit\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;activit\u00e9 pharmacologique du Capillaire des murailles repose principalement sur ses propri\u00e9t\u00e9s <strong>b\u00e9chiques<\/strong>, <strong>\u00e9mollientes<\/strong> et <strong>expectorantes<\/strong> douces, document\u00e9es dans la tradition europ\u00e9enne des \u00ab tisanes pectorales \u00bb. Les <strong>mucilages<\/strong> exercent un effet de couverture sur les muqueuses respiratoires enflamm\u00e9es, r\u00e9duisant l&rsquo;irritation m\u00e9canique et chimique d\u00e9clenchant le r\u00e9flexe de toux. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (kaempf\u00e9rol, querc\u00e9tine) contribuent \u00e0 un effet anti-inflammatoire l\u00e9ger par inhibition de la lipooxyg\u00e9nase et de la phospholipase A2. Les <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> apportent une activit\u00e9 antioxydante compl\u00e9mentaire. Les <strong>tanins condens\u00e9s<\/strong> exercent un effet astringent doux sur les muqueuses, r\u00e9duisant les s\u00e9cr\u00e9tions excessives. Les <strong>triterp\u00e8nes hopano\u00efdes<\/strong> poss\u00e8dent une activit\u00e9 antimicrobienne mod\u00e9r\u00e9e document\u00e9e in vitro. L&rsquo;ensemble constitue un profil de plante pectorale douce et d\u00e9mulcente, sans effet pharmacologique puissant mais avec une innocuit\u00e9 remarquable permettant un usage chez l&rsquo;enfant et le sujet fragile. L&rsquo;action <strong>diur\u00e9tique<\/strong> l\u00e9g\u00e8re, attribu\u00e9e aux flavono\u00efdes et aux sels de potassium, compl\u00e8te le tableau traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Il n&rsquo;existe pas d&rsquo;essai clinique moderne portant sur <em>Asplenium trichomanes<\/em> isol\u00e9ment. L&rsquo;esp\u00e8ce ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune monographie individuelle dans les pharmacop\u00e9es europ\u00e9ennes actuelles, la Commission E ou l&rsquo;ESCOP. Historiquement, les \u00ab esp\u00e8ces capillaires \u00bb (cinq foug\u00e8res dont <em>A. trichomanes<\/em> et <em>Adiantum capillus-veneris<\/em>) figuraient dans la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise comme composant de la tisane pectorale \u00ab des quatre fleurs pectorales \u00bb et des \u00ab esp\u00e8ces b\u00e9chiques \u00bb. L&rsquo;usage traditionnel comme b\u00e9chique, \u00e9mollient respiratoire et diur\u00e9tique doux est reconnu dans les flores m\u00e9dicinales de r\u00e9f\u00e9rence (Fournier, Lieutaghi, Bruneton par mention historique). La pharmacop\u00e9e traditionnelle turque et iranienne utilise <em>A. trichomanes<\/em> pour les calculs r\u00e9naux et les infections urinaires, et des \u00e9tudes ethnopharmacologiques r\u00e9centes ont valid\u00e9 une activit\u00e9 antioxydante et antimicrobienne in vitro des extraits. L&rsquo;extrait m\u00e9thanolique a montr\u00e9 une activit\u00e9 inhibitrice sur <em>Staphylococcus aureus<\/em> et <em>Escherichia coli<\/em> dans une \u00e9tude de Valizadeh et al. (2011). Ces r\u00e9sultats pr\u00e9liminaires soutiennent la plausibilit\u00e9 des usages traditionnels sans constituer une preuve clinique.<\/p>\n<hr>\n<h3>TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h3>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe chimique<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Kaempf\u00e9rol-3-O-glucoside<\/strong><\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavonols\/\">Flavonol<\/a> glycoside<\/td>\n<td>Anti-inflammatoire, antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Acide chlorog\u00e9nique<\/strong><\/td>\n<td>Acide ph\u00e9nolique<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Mucilages (galactomannanes)<\/strong><\/td>\n<td>Polysaccharides<\/td>\n<td>\u00c9mollient, b\u00e9chique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Proanthocyanidines<\/strong><\/td>\n<td>Tanins condens\u00e9s<\/td>\n<td>Astringent<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Hopane-triol<\/strong><\/td>\n<td>Triterp\u00e8ne hopano\u00efde<\/td>\n<td>Antimicrobien<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Acide shikimique<\/strong><\/td>\n<td>Acide cyclohex\u00e8ne-carboxylique<\/td>\n<td>Pr\u00e9curseur ph\u00e9nolique<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Kaempf\u00e9rol-3-o-glucoside<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Kaempf\u00e9rol-3-o-rutinoside<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Isoquercitrine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Sulfur\u00e9tine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Infusion de frondes :<\/strong> 5 \u00e0 10 g de frondes s\u00e8ches par litre d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infuser 10 \u00e0 15 minutes \u00e0 couvert. 3 \u00e0 4 tasses par jour, \u00e9dulcor\u00e9es au miel. Usage pectoral et diur\u00e9tique traditionnel.<\/li>\n<li><strong>Sirop de capillaire :<\/strong> pr\u00e9paration traditionnelle consistant \u00e0 faire mac\u00e9rer les frondes dans un sirop de sucre chaud, parfois aromatis\u00e9 \u00e0 la fleur d&rsquo;oranger. Le \u00ab sirop de capillaire \u00bb \u00e9tait un classique de l&rsquo;officine jusqu&rsquo;au XIXe si\u00e8cle.<\/li>\n<li><strong>D\u00e9coction l\u00e9g\u00e8re :<\/strong> 5 g de frondes par tasse, \u00e9bullition douce 3 minutes puis infusion 10 minutes. Pour les affections urinaires.<\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ces pectorales compos\u00e9es :<\/strong> en m\u00e9lange avec d&rsquo;autres plantes b\u00e9chiques (mauve, guimauve, bouillon-blanc, tussilage, violette).<\/li>\n<li><strong>Teinture-m\u00e8re :<\/strong> plante fra\u00eeche 1:10 dans \u00e9thanol 45\u00b0. Usage hom\u00e9opathique et phytoth\u00e9rapique traditionnel.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Le Capillaire des murailles est consid\u00e9r\u00e9 comme une plante de tr\u00e8s bonne innocuit\u00e9. Aucun effet toxique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 aux doses d&rsquo;usage traditionnel. Les foug\u00e8res du genre <em>Asplenium<\/em> ne contiennent pas les phloroglucinols toxiques caract\u00e9ristiques de la Foug\u00e8re m\u00e2le (<em>Dryopteris filix-mas<\/em>) qui provoquent des troubles visuels et h\u00e9patiques. L&rsquo;absence d&rsquo;<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a> toxiques, de glycosides cardiotoniques et de compos\u00e9s cyanog\u00e9niques confirme le profil de s\u00e9curit\u00e9. Toutefois, comme pour toute plante sauvage, la cueillette doit veiller \u00e0 l&rsquo;identification correcte (confusion possible avec <em>Asplenium viride<\/em>, non toxique mais diff\u00e9rent, ou avec des foug\u00e8res \u00e0 morphologie similaire). Les personnes allergiques aux foug\u00e8res ou aux spores de Pt\u00e9ridophytes doivent user de prudence. La consommation de tr\u00e8s grandes quantit\u00e9s de tisane pourrait th\u00e9oriquement induire une irritation gastrique li\u00e9e aux tanins. L&rsquo;usage chez la femme enceinte n&rsquo;est pas document\u00e9 et la prudence s&rsquo;impose par principe. L&rsquo;enzyme thiaminase, pr\u00e9sente chez certaines foug\u00e8res (<em>Pteridium<\/em>), n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 signal\u00e9e chez <em>Asplenium trichomanes<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le Capillaire des murailles est employ\u00e9 depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 gr\u00e9co-romaine. Dioscoride d\u00e9crit le <em>Trichomanes<\/em> comme rem\u00e8de pectoral et emm\u00e9nagogue. Galien le recommande en infusion pour les affections des voies respiratoires et comme diur\u00e9tique. Au Moyen \u00c2ge, la plante entre dans les \u00ab esp\u00e8ces capillaires \u00bb officinales, un m\u00e9lange de cinq foug\u00e8res pectorales d\u00e9crit dans la plupart des pharmacop\u00e9es europ\u00e9ennes. Le c\u00e9l\u00e8bre \u00ab sirop de capillaire \u00bb, pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 partir de <em>Adiantum capillus-veneris<\/em> mais aussi d&rsquo;<em>Asplenium trichomanes<\/em>, fut l&rsquo;un des sirops les plus populaires de l&rsquo;officine parisienne du XVIIe au XIXe si\u00e8cle, consomm\u00e9 pur ou dilu\u00e9 dans l&rsquo;eau comme boisson rafra\u00eechissante. Matthiole (1554) d\u00e9crit le Capillaire des murailles comme pectoral, h\u00e9patique et lithontriptique (capable de dissoudre les calculs). En m\u00e9decine populaire fran\u00e7aise, la tisane de capillaire \u00e9tait donn\u00e9e aux enfants enrhum\u00e9s et aux vieillards tousseurs. En Turquie et en Iran, la plante est utilis\u00e9e traditionnellement contre les calculs r\u00e9naux, les infections urinaires et les douleurs abdominales. Le nom \u00ab polytric des boutiquiers \u00bb indique que la plante \u00e9tait couramment vendue dans les herboristeries urbaines.<\/p>\n<hr>\n<h3>STATUT DE CONSERVATION ET PROTECTION<\/h3>\n<p><em>Asplenium trichomanes<\/em> sensu lato est une esp\u00e8ce commune et non menac\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale, class\u00e9e LC (Pr\u00e9occupation mineure) dans la plupart des \u00e9valuations. L&rsquo;esp\u00e8ce est abondante en France et ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucune protection r\u00e9glementaire nationale. Cependant, les sous-esp\u00e8ces cytologiques m\u00e9ritent une attention diff\u00e9renci\u00e9e : la subsp. <em>trichomanes<\/em> (diplo\u00efde silicicole) est moins commune dans les r\u00e9gions calcaires et peut \u00eatre localement rare. La subsp. <em>pachyrachis<\/em> est rare et localis\u00e9e dans le sud de la France. La destruction des vieux murs et des ruines lors de r\u00e9novations ou d\u00e9molitions constitue une menace locale pour les populations rupicoles anthropiques. La qualit\u00e9 de l&rsquo;air (pollution atmosph\u00e9rique, notamment le SO2) peut affecter les populations urbaines de foug\u00e8res \u00e9piphytes et chasmophytes. Les changements climatiques, en modifiant les r\u00e9gimes de pr\u00e9cipitations et d&rsquo;humidit\u00e9, pourraient affecter les populations des stations les plus s\u00e8ches. La cueillette raisonnable pour usage m\u00e9dicinal ne constitue pas une menace significative \u00e9tant donn\u00e9 l&rsquo;abondance de l&rsquo;esp\u00e8ce.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Le Capillaire des murailles est une foug\u00e8re pectorale classique de la tradition phytoth\u00e9rapique europ\u00e9enne, dont l&rsquo;usage remonte \u00e0 l&rsquo;Antiquit\u00e9 et s&rsquo;est perp\u00e9tu\u00e9 jusqu&rsquo;au XIXe si\u00e8cle \u00e0 travers le c\u00e9l\u00e8bre sirop de capillaire et les esp\u00e8ces pectorales officinales. Sa phytochimie, domin\u00e9e par les flavono\u00efdes, les acides ph\u00e9noliques, les mucilages et les triterp\u00e8nes hopano\u00efdes, soutient un profil d&rsquo;\u00e9mollient respiratoire doux et de diur\u00e9tique l\u00e9ger. L&rsquo;innocuit\u00e9 remarquable de la plante, confirm\u00e9e par des si\u00e8cles d&rsquo;usage populaire et l&rsquo;absence de compos\u00e9s toxiques, en fait une drogue de choix pour les tisanes pectorales familiales, bien qu&rsquo;elle soit tomb\u00e9e en d\u00e9su\u00e9tude dans la phytoth\u00e9rapie moderne au profit de plantes mieux \u00e9tudi\u00e9es cliniquement. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat botanique et \u00e9cologique de l&rsquo;esp\u00e8ce, notamment son complexe polyplo\u00efde et sa capacit\u00e9 \u00e0 coloniser les milieux anthropiques, d\u00e9passe largement son usage m\u00e9dicinal. La recherche moderne en ethnopharmacologie red\u00e9couvre les foug\u00e8res m\u00e9dicinales, et <em>A. trichomanes<\/em> pourrait b\u00e9n\u00e9ficier de cette tendance avec des \u00e9tudes de validation pharmacologique de ses usages traditionnels.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Valizadeh H. et al., 2011. Antimicrobial and antioxidant activities of <em>Asplenium trichomanes<\/em> subsp. <em>quadrivalens<\/em> extracts. <em>Pharmaceutical Sciences<\/em>, 17(2), 87-94.<\/li>\n<li>Lovis J.D., 1977. Evolutionary patterns and processes in ferns. <em>Advances in Botanical Research<\/em>, 4, 229-415.<\/li>\n<li>PPG I, 2016. A community-derived classification for extant lycophytes and ferns. <em>Journal of Systematics and Evolution<\/em>, 54(6), 563-603.<\/li>\n<li>Fournier P.V., 1947. <em>Le Livre des Plantes M\u00e9dicinales et V\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>, tome I : Foug\u00e8res. Lechevalier, Paris.<\/li>\n<li>Lieutaghi P., 2004. <em>Le Livre des Bonnes Herbes<\/em>. Actes Sud.<\/li>\n<li>Plants of the World Online \u2014 Royal Botanic Gardens, Kew : <em>Asplenium trichomanes<\/em>.<\/li>\n<li>Tela Botanica \u2014 eFlore : Fiche <em>Asplenium trichomanes<\/em>.<\/li>\n<li>Rickard M., 2000. <em>The Plantfinder&rsquo;s Guide to Garden Ferns<\/em>. Timber Press.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Le Capillaire des murailles, Asplenium trichomanes L., est une foug\u00e8re de la famille des Aspleniaceae, genre Asplenium L. 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