{"id":4594,"date":"2026-03-28T11:29:25","date_gmt":"2026-03-28T10:29:25","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/cedre-du-liban\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:16","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:16","slug":"cedre-du-liban","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/cedre-du-liban\/","title":{"rendered":"C\u00c8DRE DU LIBAN"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/C%C3%A8dre%20du%20Liban.jpg\" alt=\"Planche botanique C\u00e8dre du Liban\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>Le c\u00e8dre du Liban est l&rsquo;un des arbres les plus charg\u00e9s de symbolisme dans l&rsquo;histoire de la civilisation. Arbre sacr\u00e9 des peuples du Proche-Orient ancien, mat\u00e9riau de construction des temples de Salomon, embl\u00e8me national du Liban, il est aussi un conif\u00e8re d&rsquo;un r\u00e9el int\u00e9r\u00eat phytochimique. Son bois, son huile essentielle et sa r\u00e9sine contiennent des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/sesquiterpenes\/\">sesquiterp\u00e8nes<\/a><\/strong> (himachal\u00e8nes, atlantones, c\u00e9drol), des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/diterpenes\/\">diterp\u00e8nes<\/a><\/strong> et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/lignanes\/\">lignanes<\/a><\/strong> auxquels ont \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9es des propri\u00e9t\u00e9s insectifuges, antimicrobiennes, anti-inflammatoires et expectorantes. Bien que le c\u00e8dre du Liban ne soit pas une plante de la pharmacop\u00e9e occidentale officielle, ses usages traditionnels et la richesse de sa chimie en font un sujet d&rsquo;\u00e9tude fascinant \u00e0 la fronti\u00e8re de la botanique, de l&rsquo;ethnopharmacologie et de l&rsquo;histoire des civilisations.<\/p>\n<p><em>Cedrus libani<\/em> A.Rich.<\/p>\n<p>Famille : Pinaceae<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Pinaceae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Cedrus<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Cedrus libani<\/em> A.Rich.<\/li>\n<li><strong>Sous-esp\u00e8ces :<\/strong> <em>C. libani<\/em> subsp. <em>libani<\/em> (c\u00e8dre du Liban sensu stricto), <em>C. libani<\/em> subsp. <em>stenocoma<\/em> (c\u00e8dre de Turquie, parfois trait\u00e9 comme esp\u00e8ce distincte).<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> C\u00e8dre du Liban. En anglais : <em>cedar of Lebanon<\/em>. En arabe : <em>arz<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> Le nom de genre <em>Cedrus<\/em> d\u00e9rive du grec <em>kedros<\/em>, utilis\u00e9 par Th\u00e9ophraste pour d\u00e9signer les conif\u00e8res \u00e0 bois aromatique et imputrescible. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>libani<\/em> fait r\u00e9f\u00e9rence au mont Liban, sanctuaire historique de l&rsquo;esp\u00e8ce. Le genre <em>Cedrus<\/em> ne comprend que quatre esp\u00e8ces : <em>C. libani<\/em>, <em>C. atlantica<\/em> (c\u00e8dre de l&rsquo;Atlas), <em>C. deodara<\/em> (c\u00e8dre de l&rsquo;Himalaya) et <em>C. brevifolia<\/em> (c\u00e8dre de Chypre), ces deux derniers \u00e9tant parfois trait\u00e9s comme sous-esp\u00e8ces.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>Port et architecture<\/h3>\n<p><em>Cedrus libani<\/em> est un arbre majestueux pouvant atteindre 35 \u00e0 40 m de hauteur et un diam\u00e8tre de tronc de 2 \u00e0 3 m dans les peuplements naturels \u00e2g\u00e9s. Le port est d&rsquo;abord pyramidal, puis s&rsquo;aplatit avec l&rsquo;\u00e2ge pour former la silhouette tabulaire caract\u00e9ristique \u2014 branches horizontales \u00e9tal\u00e9es en plateaux superpos\u00e9s \u2014 qui fait du vieux c\u00e8dre l&rsquo;un des arbres les plus reconnaissables au monde. Le tronc est massif, \u00e0 \u00e9corce gris fonc\u00e9, profond\u00e9ment fissur\u00e9e en \u00e9cailles.<\/p>\n<h3>Feuilles<\/h3>\n<p>Les feuilles sont des aiguilles persistantes, courtes (15-35 mm), rigides, vert fonc\u00e9 \u00e0 vert glauque, dispos\u00e9es en rosettes sur des rameaux courts (brachyblastes) ou isol\u00e9es en spirale sur les rameaux longs (auxiblastes). Elles persistent 3 \u00e0 5 ans sur l&rsquo;arbre.<\/p>\n<h3>C\u00f4nes et reproduction<\/h3>\n<p>L&rsquo;arbre est mono\u00efque. Les c\u00f4nes m\u00e2les sont dress\u00e9s, cylindriques, de 4-6 cm, lib\u00e9rant un abondant pollen jaune en automne. Les c\u00f4nes femelles sont ovo\u00efdes, dress\u00e9s, de 8 \u00e0 12 cm de long, verts puis bruns \u00e0 maturit\u00e9 (2-3 ans), se d\u00e9sarticulant sur l&rsquo;arbre pour lib\u00e9rer les graines ail\u00e9es \u2014 caract\u00e8re commun aux vrais c\u00e8dres et aux sapins, qui les distingue des pins et des \u00e9pic\u00e9as.<\/p>\n<h3>Bois<\/h3>\n<p>Le bois est rouge\u00e2tre, odorant, \u00e0 grain fin, remarquablement r\u00e9sistant \u00e0 la pourriture et aux insectes xylophages gr\u00e2ce \u00e0 sa teneur en compos\u00e9s aromatiques et en r\u00e9sine. Cette durabilit\u00e9 exceptionnelle a fait du c\u00e8dre le mat\u00e9riau de construction le plus pris\u00e9 de l&rsquo;Antiquit\u00e9 proche-orientale.<\/p>\n<hr>\n<h3>HABITAT, \u00c9COLOGIE ET R\u00c9PARTITION<\/h3>\n<p>Le c\u00e8dre du Liban est une esp\u00e8ce de montagne m\u00e9diterran\u00e9enne orientale. Son aire naturelle se limite aux montagnes du Liban (1 200-2 000 m d&rsquo;altitude), de la Syrie occidentale et du sud de la Turquie (Taurus et Anti-Taurus). Les for\u00eats de c\u00e8dres du Liban, autrefois immenses (d\u00e9crites par Gilgamesh et par les textes bibliques), sont aujourd&rsquo;hui r\u00e9duites \u00e0 quelques reliques fragment\u00e9es, dont la plus c\u00e9l\u00e8bre est la for\u00eat des C\u00e8dres de Dieu (Horsh Arz el-Rab) dans la vall\u00e9e de la Qadisha, inscrite au patrimoine mondial de l&rsquo;UNESCO.<\/p>\n<p>Largement plant\u00e9 comme arbre ornemental et forestier en Europe depuis le XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, le c\u00e8dre du Liban s&rsquo;adapte aux climats m\u00e9diterran\u00e9ens et oc\u00e9aniques temp\u00e9r\u00e9s. Les plus vieux sujets europ\u00e9ens (Angleterre, France, Italie) d\u00e9passent 250 ans.<\/p>\n<hr>\n<h3>DIFF\u00c9RENCIATION AVEC LES ESP\u00c8CES PROCHES<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Avec <em>Cedrus atlantica<\/em> (c\u00e8dre de l&rsquo;Atlas) :<\/strong> port plus pyramidal et \u00e9lanc\u00e9, aiguilles souvent plus glauques (bleut\u00e9es), c\u00f4nes plus petits. Originaire de l&rsquo;Atlas marocain et alg\u00e9rien. Certains auteurs le consid\u00e8rent comme une sous-esp\u00e8ce de <em>C. libani<\/em>.<\/li>\n<li><strong>Avec <em>Cedrus deodara<\/em> (c\u00e8dre de l&rsquo;Himalaya) :<\/strong> port retombant, aiguilles plus longues (30-50 mm) et plus souples, c\u00f4ne plus volumineux. Originaire de l&rsquo;Himalaya occidental.<\/li>\n<li><strong>Avec les faux-c\u00e8dres :<\/strong> les \u00ab c\u00e8dres \u00bb d&rsquo;Am\u00e9rique du Nord (<em>Thuja<\/em>, <em>Chamaecyparis<\/em>, <em>Calocedrus<\/em>) appartiennent aux Cupressac\u00e9es et n&rsquo;ont aucun lien de parent\u00e9 avec les vrais <em>Cedrus<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Bois :<\/strong> source de l&rsquo;huile essentielle et de la r\u00e9sine. Usage principal en aromath\u00e9rapie et en parfumerie.<\/li>\n<li><strong>Huile essentielle de bois de c\u00e8dre :<\/strong> obtenue par distillation \u00e0 la vapeur du bois et des copeaux.<\/li>\n<li><strong>R\u00e9sine (ol\u00e9or\u00e9sine) :<\/strong> exsudat naturel du tronc, utilis\u00e9 traditionnellement au Proche-Orient.<\/li>\n<li><strong>Aiguilles :<\/strong> utilis\u00e9es en infusion dans certaines traditions populaires.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Sesquiterp\u00e8nes de l&rsquo;huile essentielle<\/h3>\n<p>L&rsquo;huile essentielle de bois de c\u00e8dre est domin\u00e9e par des <strong>sesquiterp\u00e8nes<\/strong>. Les compos\u00e9s majeurs sont les <strong>himachal\u00e8nes<\/strong> (alpha et b\u00eata), le <strong>c\u00e9drol<\/strong> (sesquiterp\u00e9nol, 20-40 % dans certains ch\u00e9motypes), les <strong>atlantones<\/strong> (alpha et b\u00eata, c\u00e9tones sesquiterp\u00e9niques) et le <strong>c\u00e9dranone<\/strong>. Le c\u00e9drol est le principal responsable de l&rsquo;odeur bois\u00e9e caract\u00e9ristique et de plusieurs activit\u00e9s biologiques.<\/p>\n<h3>B. Diterp\u00e8nes et lignanes<\/h3>\n<p>Le bois contient des <strong>diterp\u00e8nes<\/strong> de type abi\u00e9tane et des <strong>lignanes<\/strong> aux propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes et anti-inflammatoires. Ces compos\u00e9s sont moins volatils que les sesquiterp\u00e8nes et restent dans le bois apr\u00e8s distillation.<\/p>\n<h3>C. R\u00e9sine<\/h3>\n<p>La r\u00e9sine (ol\u00e9or\u00e9sine) est un m\u00e9lange complexe de <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/terpenes\/\">terp\u00e8nes<\/a>, de r\u00e9s\u00e8nes et d&rsquo;acides r\u00e9siniques (acide abi\u00e9tique et d\u00e9riv\u00e9s), dont les propri\u00e9t\u00e9s antiseptiques et cicatrisantes sont exploit\u00e9es depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<h3>Activit\u00e9 insectifuge et insecticide<\/h3>\n<p>Le c\u00e9drol et les himachal\u00e8nes exercent une activit\u00e9 insectifuge et insecticide document\u00e9e contre les mites textiles (<em>Tineola bisselliella<\/em>), les termites et les charan\u00e7ons du bois. Cette propri\u00e9t\u00e9 explique l&rsquo;utilisation ancestrale du bois de c\u00e8dre pour les coffres, les armoires et les charpentes.<\/p>\n<h3>Activit\u00e9 antimicrobienne<\/h3>\n<p>L&rsquo;huile essentielle poss\u00e8de une activit\u00e9 antibact\u00e9rienne mod\u00e9r\u00e9e <em>in vitro<\/em> contre <em>Staphylococcus aureus<\/em>, <em>Bacillus subtilis<\/em> et certaines souches de <em>Escherichia coli<\/em>. L&rsquo;activit\u00e9 antifongique est document\u00e9e contre <em>Candida albicans<\/em> et des dermatophytes. Le c\u00e9drol est le principal contributeur \u00e0 cette activit\u00e9.<\/p>\n<h3>Activit\u00e9 anti-inflammatoire et s\u00e9dative<\/h3>\n<p>Le c\u00e9drol exerce un effet s\u00e9datif et anxiolytique document\u00e9 par inhalation chez le rongeur, avec une r\u00e9duction de l&rsquo;activit\u00e9 locomotrice et une potentialisation du sommeil. Des \u00e9tudes <em>in vitro<\/em> montrent une inhibition de la voie NF-kappaB et une r\u00e9duction de la production de cytokines pro-inflammatoires. Ces propri\u00e9t\u00e9s fondent l&rsquo;usage du c\u00e8dre en aromath\u00e9rapie \u00e0 vis\u00e9e relaxante.<\/p>\n<hr>\n<h3>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h3>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Insectifuge \/ Insecticide<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Antimicrobien (HE)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> S\u00e9datif \/ Relaxant (aromath\u00e9rapie)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant (traditionnel)<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Les donn\u00e9es cliniques humaines sp\u00e9cifiques \u00e0 <em>Cedrus libani<\/em> sont tr\u00e8s limit\u00e9es. La plupart des \u00e9tudes portent sur l&rsquo;huile essentielle de <em>C. atlantica<\/em> ou de <em>C. deodara<\/em>, dont le profil chimique est voisin. Quelques \u00e9tudes pilotes en aromath\u00e9rapie sugg\u00e8rent un effet relaxant de l&rsquo;inhalation de vapeurs de c\u00e9drol sur la qualit\u00e9 du sommeil et la tension art\u00e9rielle.<\/p>\n<p>Le niveau de preuve global reste faible et rel\u00e8ve essentiellement de l&rsquo;usage traditionnel et de l&rsquo;aromath\u00e9rapie empirique.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Sesquiterp\u00e8nes<\/td>\n<td>Terp\u00e8ne<\/td>\n<td>Aromatique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Himachal\u00e8nes<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>C\u00e9drol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Atlantones<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>C\u00e9dranone<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Huile essentielle de c\u00e8dre :<\/strong> usage externe, dilu\u00e9e \u00e0 2-5 % dans une huile v\u00e9g\u00e9tale pour le massage. En diffusion atmosph\u00e9rique (quelques gouttes dans un diffuseur) pour l&rsquo;aromath\u00e9rapie relaxante. Jamais pure sur la peau ni par voie orale sans avis professionnel.<\/p>\n<p><strong>Bois de c\u00e8dre :<\/strong> copeaux ou billes en armoire comme antimite naturel.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9sine :<\/strong> usage traditionnel en cataplasme ou en fumigation. Pas de forme gal\u00e9nique standardis\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;huile essentielle de c\u00e8dre est globalement bien tol\u00e9r\u00e9e en usage externe dilu\u00e9 et en diffusion atmosph\u00e9rique. Cependant, elle est <strong>contre-indiqu\u00e9e chez la femme enceinte et allaitante<\/strong> (certaines c\u00e9tones sesquiterp\u00e9niques comme les atlantones sont potentiellement neurotoxiques et abortives \u00e0 forte dose). L&rsquo;ingestion d&rsquo;huile essentielle pure est d\u00e9conseill\u00e9e.<\/p>\n<p>Le contact cutan\u00e9 avec l&rsquo;huile essentielle non dilu\u00e9e peut provoquer une irritation. Un test cutan\u00e9 pr\u00e9alable est recommand\u00e9. La r\u00e9sine peut \u00eatre sensibilisante chez certains sujets.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le c\u00e8dre du Liban est mentionn\u00e9 plus de soixante-dix fois dans la Bible (Ancien Testament). Le bois de c\u00e8dre servit \u00e0 la construction du Temple de Salomon (1 Rois 5-6). L&rsquo;\u00e9pop\u00e9e de Gilgamesh (M\u00e9sopotamie, vers 2100 av. J.-C.) relate l&rsquo;exp\u00e9dition du h\u00e9ros dans la For\u00eat des C\u00e8dres. Les \u00c9gyptiens utilisaient la r\u00e9sine de c\u00e8dre dans l&#8217;embaumement des momies et br\u00fblaient le bois comme encens dans les temples.<\/p>\n<p>Hippocrate mentionne le c\u00e8dre comme expectorant et antitussif. Dioscoride recommande la r\u00e9sine (<em>kedria<\/em>) contre les infections cutan\u00e9es et les vers intestinaux. L&rsquo;huile de c\u00e8dre (<em>cedrium<\/em>) \u00e9tait employ\u00e9e comme conservateur des livres et des tissus dans le monde gr\u00e9co-romain.<\/p>\n<p>Au Liban, le c\u00e8dre est l&#8217;embl\u00e8me national depuis l&rsquo;ind\u00e9pendance (1943). Les derni\u00e8res for\u00eats relictuelles font l&rsquo;objet de programmes de conservation actifs.<\/p>\n<hr>\n<h3>USAGE ALIMENTAIRE<\/h3>\n<p>Le c\u00e8dre du Liban n&rsquo;a pas d&rsquo;usage alimentaire direct. Les graines (pignons de c\u00e8dre) sont comestibles mais trop petites et trop rares pour constituer un aliment significatif, contrairement aux pignons du pin parasol (<em>Pinus pinea<\/em>).<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Cedrus libani<\/em> est bien plus qu&rsquo;un arbre ornemental majestueux. Sa phytochimie \u2014 sesquiterp\u00e8nes (c\u00e9drol, himachal\u00e8nes, atlantones), diterp\u00e8nes, lignanes et r\u00e9sines \u2014 en fait une source de compos\u00e9s bioactifs aux propri\u00e9t\u00e9s insectifuges, antimicrobiennes, anti-inflammatoires et s\u00e9datives. L&rsquo;huile essentielle de c\u00e8dre, largement utilis\u00e9e en aromath\u00e9rapie et en parfumerie, constitue le principal vecteur de valorisation pharmacognosique. Mais c&rsquo;est la dimension historique et symbolique du c\u00e8dre du Liban qui lui conf\u00e8re une place irrempla\u00e7able dans l&rsquo;ethnobotanique mondiale : arbre des dieux, des temples et des rois, il incarne mieux que tout autre la relation mill\u00e9naire entre l&rsquo;homme et l&rsquo;arbre.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Bruneton, J. \u2014 <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5<sup>e<\/sup> \u00e9d., Lavoisier, 2016.<\/li>\n<li>Farjon, A. \u2014 <em>A Handbook of the World&rsquo;s Conifers<\/em>, 2<sup>e<\/sup> \u00e9d., Brill, 2017.<\/li>\n<li>Kagawa, D. <em>et al.<\/em> \u2014 Cedrol inhalation and its sedative effects in humans, <em>Japanese Journal of Pharmacology<\/em>, 89, 2002.<\/li>\n<li>Meiggs, R. \u2014 <em>Trees and Timber in the Ancient Mediterranean World<\/em>, Oxford, 1982.<\/li>\n<li>Plants of the World Online, Royal Botanic Gardens, Kew : <em>Cedrus libani<\/em>.<\/li>\n<li>IUCN Red List : <em>Cedrus libani<\/em> \u2014 Vulnerable.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> S\u00e9datif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antitussif<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le c\u00e8dre du Liban est l&rsquo;un des arbres les plus charg\u00e9s de symbolisme dans l&rsquo;histoire de la civilisation. 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