{"id":4604,"date":"2026-03-28T11:29:42","date_gmt":"2026-03-28T10:29:42","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/ceterach-officinal\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:16","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:16","slug":"ceterach-officinal","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/ceterach-officinal\/","title":{"rendered":"C\u00c9T\u00c9RACH OFFICINAL"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/C%C3%A9t%C3%A9rach%20officinal.jpg\" alt=\"Planche botanique C\u00e9t\u00e9rach officinal\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Asplenium ceterach<\/em> L.<\/p>\n<p>Famille : Aspleniaceae<\/p>\n<p>Le c\u00e9t\u00e9rach officinal est l&rsquo;une des foug\u00e8res les plus reconnaissables de la flore europ\u00e9enne. Ses petites frondes penn\u00e9es, coriaces, couvertes au revers d&rsquo;\u00e9cailles brun-roux serr\u00e9es qui lui donnent un aspect dor\u00e9, colonisent les fissures de murs, les rochers calcaires et les vieilles pierres avec une obstination tranquille. Quand la s\u00e9cheresse s&rsquo;installe, les frondes se recroquevillent en boule, exposant leur face \u00e9cailleuse protectrice, puis se d\u00e9roulent intactes d\u00e8s le retour de l&rsquo;humidit\u00e9. Cette capacit\u00e9 de reviviscence, rare chez les foug\u00e8res, a frapp\u00e9 les observateurs depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 et a contribu\u00e9 \u00e0 la r\u00e9putation m\u00e9dicinale de la plante.<\/p>\n<p>Le c\u00e9t\u00e9rach est l&rsquo;une des cinq \u00ab herbes capillaires \u00bb de la pharmacop\u00e9e traditionnelle europ\u00e9enne, aux c\u00f4t\u00e9s du capillaire de Montpellier, du polytric, de la scolopendre et de la rue des murailles. Ces cinq foug\u00e8res formaient un groupe th\u00e9rapeutique coh\u00e9rent dans la mati\u00e8re m\u00e9dicale ancienne, employ\u00e9 principalement comme b\u00e9chique, expectorant et diur\u00e9tique. Le c\u00e9t\u00e9rach a conserv\u00e9 une place modeste dans la phytoth\u00e9rapie traditionnelle m\u00e9diterran\u00e9enne, o\u00f9 il est encore r\u00e9colt\u00e9 et utilis\u00e9 dans les tisanes pectorales et lithontriptiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Aspleniaceae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Asplenium<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Asplenium ceterach<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Synonymes :<\/strong> <em>Ceterach officinarum<\/em> Willd., <em>Ceterach officinarum<\/em> DC.<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> C\u00e9t\u00e9rach officinal, C\u00e9t\u00e9rach des officines, Doradille, Herbe dor\u00e9e.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le c\u00e9t\u00e9rach a longtemps \u00e9t\u00e9 plac\u00e9 dans un genre propre, <em>Ceterach<\/em>. Les analyses phylog\u00e9n\u00e9tiques mol\u00e9culaires ont d\u00e9montr\u00e9 qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un <em>Asplenium<\/em> et la plupart des flores actuelles le traitent comme <em>Asplenium ceterach<\/em>. Le nom <em>Ceterach<\/em> d\u00e9rive de l&rsquo;arabe <em>ceterak<\/em>, par lequel les m\u00e9decins arabes m\u00e9di\u00e9vaux d\u00e9signaient cette foug\u00e8re, attestant une longue histoire d&rsquo;usage m\u00e9diterran\u00e9en.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Le c\u00e9t\u00e9rach est une petite foug\u00e8re vivace de 5 \u00e0 20 centim\u00e8tres, cespiteuse, \u00e0 rhizome court et \u00e9cailleux. Les frondes sont penn\u00e9es, \u00e0 limbe coriace, \u00e0 contour lanc\u00e9ol\u00e9, portant 10 \u00e0 20 paires de pennes alternes, arrondies \u00e0 ovales, enti\u00e8res ou l\u00e9g\u00e8rement cr\u00e9nel\u00e9es, \u00e0 face sup\u00e9rieure vert fonc\u00e9 et face inf\u00e9rieure enti\u00e8rement recouverte d&rsquo;\u00e9cailles pal\u00e9ac\u00e9es denses, imbriqu\u00e9es, d&rsquo;abord argent\u00e9es puis brun-roux \u00e0 maturit\u00e9. Ce rev\u00eatement \u00e9cailleux, unique parmi les foug\u00e8res europ\u00e9ennes \u00e0 ce degr\u00e9 de densit\u00e9, constitue le caract\u00e8re diagnostique de l&rsquo;esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>Les sores sont lin\u00e9aires, dispos\u00e9s le long des nervures au revers des pennes, mais ils sont le plus souvent masqu\u00e9s par les \u00e9cailles et ne deviennent visibles qu&rsquo;en \u00e9cartant celles-ci. L&rsquo;indusie est rudimentaire ou absente. Les spores sont bilat\u00e9rales.<\/p>\n<p>Le caract\u00e8re le plus remarquable du c\u00e9t\u00e9rach est sa tol\u00e9rance \u00e0 la dessiccation (po\u00efkilohydrie). En p\u00e9riode s\u00e8che, les frondes se replient vers le haut, exposant leur face \u00e9cailleuse protectrice et r\u00e9duisant la surface transpirante. La plante entre en vie ralentie, ses cellules supportant une perte d&rsquo;eau de plus de 95 % sans dommage irr\u00e9versible. Au retour de l&rsquo;humidit\u00e9, les frondes se d\u00e9plient en quelques heures et reprennent leur activit\u00e9 photosynth\u00e9tique. Cette capacit\u00e9 de reviviscence est partag\u00e9e par tr\u00e8s peu de foug\u00e8res europ\u00e9ennes.<\/p>\n<p>Le c\u00e9t\u00e9rach colonise les fissures de rochers calcaires, les murs de pierre s\u00e8che, les ruines, les joints de ma\u00e7onnerie, les anfractuosit\u00e9s de falaises, toujours sur substrat calcaire ou neutre, en situation ensoleill\u00e9e \u00e0 semi-ombrag\u00e9e. Sa r\u00e9partition couvre tout le pourtour m\u00e9diterran\u00e9en, l&rsquo;Europe occidentale et centrale, le Macaron\u00e9sie et l&rsquo;Asie occidentale.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Floraison :<\/strong> spores produites de mai \u00e0 octobre<\/li>\n<li><strong>Habitat :<\/strong> murs, rochers calcaires, fissures de falaises, ruines<\/li>\n<li><strong>R\u00e9partition :<\/strong> Europe m\u00e9ridionale et occidentale, M\u00e9diterran\u00e9e, Macaron\u00e9sie, Asie occidentale<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE, CULTURE ET CONSERVATION<\/h3>\n<p>Le c\u00e9t\u00e9rach est une foug\u00e8re chasmophyte (vivant dans les fissures de rochers), calcicole stricte, x\u00e9rophile pour une foug\u00e8re \u2014 trait exceptionnel dans un groupe v\u00e9g\u00e9tal g\u00e9n\u00e9ralement associ\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ombre et \u00e0 l&rsquo;humidit\u00e9. Sa po\u00efkilohydrie lui permet de coloniser des micro-habitats o\u00f9 aucune autre foug\u00e8re ne peut survivre : murs expos\u00e9s au plein soleil m\u00e9diterran\u00e9en, rochers calcaires dess\u00e9ch\u00e9s en \u00e9t\u00e9, falaises s\u00e8ches.<\/p>\n<p>La plante joue un r\u00f4le pionnier dans la colonisation v\u00e9g\u00e9tale des substrats rocheux calcaires et des constructions humaines. Sa pr\u00e9sence sur les vieux murs, les ruines romaines et les monuments historiques en fait un \u00e9l\u00e9ment du patrimoine paysager m\u00e9diterran\u00e9en. La restauration des murs anciens, quand elle est faite sans attention \u00e0 la flore rupicole, peut d\u00e9truire des populations importantes.<\/p>\n<p>Le c\u00e9t\u00e9rach n&rsquo;est pas menac\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle europ\u00e9enne, mais ses populations sont localis\u00e9es dans la partie nord de son aire (Angleterre, Pays de Galles, Belgique). En France, il est commun dans le Midi et plus rare au nord de la Loire. La culture n&rsquo;a pas d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pratique.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li>Frondes enti\u00e8res (drogue traditionnelle)<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les frondes constituent la drogue traditionnelle. Elles sont r\u00e9colt\u00e9es au printemps ou en \u00e9t\u00e9 sur les plantes en pleine v\u00e9g\u00e9tation, s\u00e9ch\u00e9es \u00e0 l&rsquo;ombre. La drogue s\u00e8che est facilement reconnaissable \u00e0 ses \u00e9cailles dor\u00e9es au revers. Elle a une odeur faible et une saveur mucilagineuse, l\u00e9g\u00e8rement astringente et am\u00e8re. La qualit\u00e9 de la drogue se juge \u00e0 la couleur des \u00e9cailles (dor\u00e9 vif = bonne conservation) et \u00e0 l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 des frondes.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Mucilages et polysaccharides<\/h3>\n<p>Le c\u00e9t\u00e9rach est riche en <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong>, compos\u00e9s hydrophiles qui contribuent \u00e0 ses propri\u00e9t\u00e9s \u00e9mollientes et adoucissantes sur les muqueuses respiratoires et urinaires. Cette richesse en mucilages est un trait commun des \u00ab herbes capillaires \u00bb et fonde leur usage traditionnel dans les affections pectorales.<\/p>\n<h3>B. Tanins<\/h3>\n<p>Les frondes contiennent des <strong>tanins<\/strong>, essentiellement condens\u00e9s, en quantit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e. Ils contribuent \u00e0 l&rsquo;astringence de la drogue et \u00e0 ses propri\u00e9t\u00e9s protectrices des muqueuses.<\/p>\n<h3>C. Flavono\u00efdes<\/h3>\n<p>Plusieurs <strong>flavono\u00efdes<\/strong> ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s, notamment des glycosides de <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>, de <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong> et d&rsquo;<strong>isoquercitrine<\/strong>. Ces compos\u00e9s conf\u00e8rent \u00e0 la plante des propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes et anti-inflammatoires document\u00e9es in vitro.<\/p>\n<h3>D. Acides ph\u00e9noliques et autres compos\u00e9s<\/h3>\n<p>On identifie de l&rsquo;<strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, de l&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong> et de l&rsquo;<strong>acide gallique<\/strong>. Les frondes contiennent des sels min\u00e9raux, notamment du <strong>potassium<\/strong> et de la <strong>silice<\/strong>, qui contribuent aux propri\u00e9t\u00e9s diur\u00e9tiques et remin\u00e9ralisantes. Des traces de <strong>saponines<\/strong> et de <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">triterp\u00e8nes<\/a><\/strong> ont \u00e9t\u00e9 signal\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;action du c\u00e9t\u00e9rach repose sur la synergie entre les mucilages, les tanins, les flavono\u00efdes et les sels min\u00e9raux. Les <strong>mucilages<\/strong> tapissent les muqueuses respiratoires et urinaires d&rsquo;un film protecteur hydrat\u00e9, adoucissant l&rsquo;irritation et facilitant l&rsquo;expectoration dans les bronchites et les toux s\u00e8ches. Ce m\u00e9canisme est commun \u00e0 toutes les plantes mucilagineuses (mauve, guimauve, bouillon blanc).<\/p>\n<p>Les <strong>tanins<\/strong> exercent un effet astringent l\u00e9ger qui r\u00e9duit l&rsquo;hypers\u00e9cr\u00e9tion muqueuse et prot\u00e8ge les muqueuses irrit\u00e9es. L&rsquo;association mucilages + tanins cr\u00e9e un double effet protecteur : \u00e9mollient (mucilages) et tonifiant (tanins).<\/p>\n<p>L&rsquo;action diur\u00e9tique, traditionnellement attribu\u00e9e au c\u00e9t\u00e9rach, est probablement li\u00e9e aux <strong>sels de potassium<\/strong> et aux <strong>flavono\u00efdes<\/strong>, selon le m\u00eame m\u00e9canisme que celui des queues de cerise ou du chiendent. L&rsquo;action lithontriptique (dissolution ou pr\u00e9vention des calculs), bien que traditionnellement affirm\u00e9e, n&rsquo;est pas d\u00e9montr\u00e9e ; l&rsquo;augmentation de la diur\u00e8se contribue cependant \u00e0 la dilution des urines et \u00e0 la pr\u00e9vention de la cristallisation.<\/p>\n<p>Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> ajoutent une dimension antioxydante et anti-inflammatoire qui enrichit le profil sans le compliquer.<\/p>\n<hr>\n<h3>DONN\u00c9ES CLINIQUES ET \u00c9TUDES PHARMACOLOGIQUES<\/h3>\n<p>Le c\u00e9t\u00e9rach ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune monographie officielle ni d&rsquo;aucune inscription pharmacop\u00e9ique moderne. Son usage est purement traditionnel. Les donn\u00e9es pharmacologiques sont limit\u00e9es mais convergentes.<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes in vitro ont document\u00e9 l&rsquo;activit\u00e9 antioxydante significative des extraits m\u00e9thanoliques et aqueux de frondes de c\u00e9t\u00e9rach, avec des valeurs DPPH comparables \u00e0 celles de l&rsquo;acide ascorbique \u00e0 certaines concentrations. L&rsquo;activit\u00e9 antimicrobienne a \u00e9t\u00e9 test\u00e9e, avec des r\u00e9sultats modestes mais positifs contre <em>S. aureus<\/em> et <em>E. coli<\/em>. L&rsquo;activit\u00e9 anti-inflammatoire des flavono\u00efdes a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e in vitro par inhibition de la COX-2.<\/p>\n<p>Des travaux ethnopharmacologiques men\u00e9s en Turquie, en Italie et en Espagne confirment l&rsquo;usage traditionnel actuel du c\u00e9t\u00e9rach comme diur\u00e9tique, lithontriptique, b\u00e9chique et expectorant, avec une coh\u00e9rence g\u00e9ographique remarquable \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle du pourtour m\u00e9diterran\u00e9en.<\/p>\n<hr>\n<h3>TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h3>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe chimique<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Mucilages<\/strong><\/td>\n<td>Polysaccharides<\/td>\n<td>\u00c9mollient, adoucissant des muqueuses<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">Tanins condens\u00e9s<\/a><\/strong><\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">Polyph\u00e9nols<\/a><\/td>\n<td>Astringent, protecteur muqueux<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Isoquercitrine<\/strong><\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Kaempf\u00e9rol glycosides<\/strong><\/td>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Antioxydant, diur\u00e9tique l\u00e9ger<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Sels de potassium<\/strong><\/td>\n<td>Sels min\u00e9raux<\/td>\n<td>Diur\u00e9tique osmotique doux<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Acide gallique<\/strong><\/td>\n<td>Acide ph\u00e9nolique<\/td>\n<td>Antimicrobien, antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h3>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h3>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> B\u00e9chique et expectorant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique doux<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> \u00c9mollient des muqueuses<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Lithontriptique (indirect)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent l\u00e9ger<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Tanins<\/td>\n<td>Tanin<\/td>\n<td>Astringent, antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Kaempf\u00e9rol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Isoquercitrine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide caf\u00e9ique<\/td>\n<td>Acide ph\u00e9nolique<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Infusion :<\/strong> 2 \u00e0 4 g de frondes s\u00e9ch\u00e9es pour 200 ml d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infuser 15 minutes. Boire 2 \u00e0 3 tasses par jour. C&rsquo;est la forme traditionnelle la plus r\u00e9pandue.<\/li>\n<li><strong>D\u00e9coction :<\/strong> 5 \u00e0 10 g par litre, bouillir 5 minutes, infuser 10 minutes. Pour les cures diur\u00e9tiques et lithontriptiques.<\/li>\n<li><strong>Sirop pectoral (formule traditionnelle) :<\/strong> d\u00e9coction concentr\u00e9e de c\u00e9t\u00e9rach et autres herbes capillaires (capillaire, scolopendre), sucr\u00e9e au miel.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le c\u00e9t\u00e9rach s&rsquo;associe classiquement aux autres \u00ab herbes capillaires \u00bb (capillaire de Montpellier, scolopendre, polytric, rue des murailles) dans les tisanes compos\u00e9es pectorales ou diur\u00e9tiques, o\u00f9 il joue un r\u00f4le de fond \u00e9mollient et adoucissant.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Le c\u00e9t\u00e9rach est une plante de tr\u00e8s bonne tol\u00e9rance. Aucune toxicit\u00e9 n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9e aux doses traditionnelles. Les foug\u00e8res en g\u00e9n\u00e9ral posent la question des ptaquilosides (canc\u00e9rog\u00e8nes de la foug\u00e8re aigle), mais ces compos\u00e9s sont sp\u00e9cifiques de <em>Pteridium<\/em> et n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 signal\u00e9s chez <em>Asplenium<\/em>. La prudence recommande n\u00e9anmoins un usage mod\u00e9r\u00e9, sur des cures de 2 \u00e0 3 semaines, comme pour toute plante d\u00e9pourvue de donn\u00e9es toxicologiques approfondies.<\/p>\n<p>L&rsquo;usage est d\u00e9conseill\u00e9 chez la femme enceinte et allaitante par principe de pr\u00e9caution. Pas d&rsquo;interaction m\u00e9dicamenteuse connue.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le c\u00e9t\u00e9rach est l&rsquo;une des foug\u00e8res m\u00e9dicinales les plus anciennement document\u00e9es du Bassin m\u00e9diterran\u00e9en. Dioscoride le mentionne comme <em>asplenon<\/em> (qui gu\u00e9rit la rate) et le recommande contre les affections spl\u00e9niques \u2014 d&rsquo;o\u00f9 le nom du genre <em>Asplenium<\/em>. La m\u00e9decine arabe m\u00e9di\u00e9vale, qui lui a donn\u00e9 son nom de <em>ceterak<\/em>, l&rsquo;utilisait comme diur\u00e9tique, lithontriptique et pectoral. Avicenne le cite dans le Canon de la M\u00e9decine.<\/p>\n<p>Au Moyen \u00c2ge, le c\u00e9t\u00e9rach entre dans la formule officinale du \u00ab sirop des cinq capillaires \u00bb, m\u00e9lange de cinq foug\u00e8res utilis\u00e9 comme b\u00e9chique et expectorant dans les h\u00f4pitaux et les apothicaireries. Ce sirop a travers\u00e9 les si\u00e8cles et figure encore dans les formulaires du XIXe si\u00e8cle. Cazin traite du c\u00e9t\u00e9rach comme diur\u00e9tique et pectoral. Fournier confirme ces usages et note la persistance de la r\u00e9colte populaire dans le Midi de la France.<\/p>\n<p>En M\u00e9diterran\u00e9e orientale (Turquie, Gr\u00e8ce, Liban), le c\u00e9t\u00e9rach reste utilis\u00e9 aujourd&rsquo;hui dans la m\u00e9decine populaire comme tisane diur\u00e9tique et \u00ab nettoyante des reins \u00bb. En Italie du Sud et en Espagne, il entre dans des compositions traditionnelles contre la toux et les refroidissements.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Asplenium ceterach<\/em> est une foug\u00e8re m\u00e9dicinale traditionnelle dont le profil \u2014 mucilages, tanins, flavono\u00efdes, sels de potassium \u2014 fonde des propri\u00e9t\u00e9s \u00e9mollientes, diur\u00e9tiques et pectorales coh\u00e9rentes avec un usage mill\u00e9naire document\u00e9 de Dioscoride \u00e0 la m\u00e9decine populaire m\u00e9diterran\u00e9enne contemporaine. Son originalit\u00e9 biologique (po\u00efkilohydrie, reviviscence) et son habitat rupicole en font une plante fascinante au plan \u00e9cologique.<\/p>\n<p>Sur le plan m\u00e9dicinal, le c\u00e9t\u00e9rach est une plante de tradition et de terrain, pas une plante de pharmacop\u00e9e moderne. Son efficacit\u00e9 est douce, ses preuves sont traditionnelles plus que cliniques, son usage est s\u00fbr et plaisant. Il trouve sa meilleure place dans les tisanes compos\u00e9es, aux c\u00f4t\u00e9s d&rsquo;autres plantes pectorales ou diur\u00e9tiques, o\u00f9 il contribue par ses mucilages \u00e0 la douceur et \u00e0 la tol\u00e9rance du m\u00e9lange.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Viane R. et al. \u2014 Asplenium ceterach complex: a review, <em>Fern Gazette<\/em>, 2009.<\/li>\n<li>Ta\u015fk\u0131n T. et al. \u2014 Antioxidant and antimicrobial activities of <em>Ceterach officinarum<\/em>, <em>Turk. J. Pharm. Sci.<\/em>, 2019.<\/li>\n<li>Ferrante C. et al. \u2014 Phytochemical content and biological activities of <em>Asplenium ceterach<\/em>, <em>Molecules<\/em>, 2020.<\/li>\n<li>Guarrera P.M. \u2014 Traditional phytotherapy in Central Italy, <em>Fitoterapia<\/em>, 2005.<\/li>\n<li>Cazin F.-J. \u2014 <em>Trait\u00e9 pratique et raisonn\u00e9 des plantes m\u00e9dicinales indig\u00e8nes<\/em>, 3e \u00e9d., 1868.<\/li>\n<li>Fournier P.-V. \u2014 <em>Le Livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>, Lechevalier, 1947.<\/li>\n<li>Plants of the World Online, Kew : <em>Asplenium ceterach<\/em><\/li>\n<li>Tela Botanica, eFlore : <em>Asplenium ceterach<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Asplenium ceterach L. Famille : Aspleniaceae Le c\u00e9t\u00e9rach officinal est l&rsquo;une des foug\u00e8res les plus reconnaissables de la flore europ\u00e9enne. 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