{"id":4612,"date":"2026-03-28T11:29:57","date_gmt":"2026-03-28T10:29:57","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/chiendent-rampant\/"},"modified":"2026-07-23T20:10:48","modified_gmt":"2026-07-23T18:10:48","slug":"chiendent-rampant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/chiendent-rampant\/","title":{"rendered":"CHIENDENT RAMPANT"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Chiendent%20rampant.jpg\" alt=\"Planche botanique Chiendent rampant\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Elytrigia repens<\/em> (L.) Desv. ex Nevski<\/p>\n<p>Famille : Poaceae<\/p>\n<p>Le chiendent rampant est l&rsquo;une des plantes les plus famili\u00e8res et les plus d\u00e9test\u00e9es des jardiniers d&rsquo;Europe. Ses rhizomes blanch\u00e2tres, tenaces, cassants, capables de traverser un sol compact\u00e9 ou de percer une pomme de terre, incarnent une force v\u00e9g\u00e9tale que l&rsquo;agronomie combat depuis des mill\u00e9naires. Pourtant, cette m\u00eame t\u00e9nacit\u00e9 rhizomateuse qui fait le d\u00e9sespoir du cultivateur fonde l&rsquo;int\u00e9r\u00eat m\u00e9dicinal de la plante : le chiendent est l&rsquo;une des grandes plantes urinaires de la pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne, diur\u00e9tique, adoucissante, nettoyante, inscrite \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Il y a dans le chiendent une le\u00e7on d&rsquo;humilit\u00e9 botanique : la mauvaise herbe par excellence est aussi un rem\u00e8de classique, document\u00e9 depuis Dioscoride, utilis\u00e9 dans toute l&rsquo;Europe populaire et valid\u00e9 par la phytochimie moderne. Son profil chimique, domin\u00e9 par les polysaccharides mucilagineux, les fructanes et les compos\u00e9s ph\u00e9noliques, en fait une plante douce, de terrain, id\u00e9ale pour les cures d\u00e9puratives et les troubles urinaires b\u00e9nins.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Poaceae (Gramin\u00e9es)<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Elytrigia<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Elytrigia repens<\/em> (L.) Desv. ex Nevski<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Chiendent rampant, Chiendent commun, Chiendent officinal, Petit chiendent, Laitue de chien, Herbe \u00e0 deux bouts.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La nomenclature du chiendent est particuli\u00e8rement instable. Le nom <em>Elytrigia repens<\/em> est retenu par de nombreuses flores europ\u00e9ennes, mais <em>Elymus repens<\/em> est pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 par certains auteurs anglo-saxons et par Plants of the World Online. Les synonymes <em>Agropyron repens<\/em> et <em>Triticum repens<\/em> restent fr\u00e9quents dans la litt\u00e9rature pharmaceutique. Le genre appartient \u00e0 la tribu des Triticeae, au sein de la sous-famille des Pooideae, ce qui le rattache aux c\u00e9r\u00e9ales (bl\u00e9, orge, seigle). L&rsquo;esp\u00e8ce est extr\u00eamement variable et hybride facilement avec des esp\u00e8ces voisines.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Le chiendent rampant est une gramin\u00e9e vivace de 30 \u00e0 120 centim\u00e8tres, \u00e0 tiges dress\u00e9es (chaumes) portant des feuilles planes, glabres ou l\u00e9g\u00e8rement scabres, \u00e0 ligule tr\u00e8s courte et \u00e0 auricules embrassantes. L&rsquo;inflorescence est un \u00e9pi distique, aplati, \u00e0 \u00e9pillets sessiles dispos\u00e9s alternativement sur deux rangs le long du rachis, chaque \u00e9pillet contenant 3 \u00e0 8 fleurs.<\/p>\n<p>L&rsquo;appareil souterrain est la partie la plus remarquable de la plante. Les rhizomes, blanch\u00e2tres \u00e0 jaun\u00e2tres, lisses, articul\u00e9s aux noeuds, s&rsquo;\u00e9tendent horizontalement sur de grandes distances (plusieurs m\u00e8tres), formant un r\u00e9seau souterrain dense et difficile \u00e0 \u00e9radiquer. Chaque fragment de rhizome portant un noeud peut r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer une plante enti\u00e8re, ce qui explique la persistance de l&rsquo;esp\u00e8ce face au travail du sol. Les rhizomes contiennent les r\u00e9serves glucidiques qui fondent l&rsquo;usage m\u00e9dicinal.<\/p>\n<p>Le chiendent colonise tous les types de sols, des plus l\u00e9gers aux plus lourds, dans les cultures, les jardins, les friches, les bords de routes, les prairies perturb\u00e9es, les d\u00e9combres et les terrains vagues. C&rsquo;est une esp\u00e8ce cosmopolite des zones temp\u00e9r\u00e9es de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re nord, naturalis\u00e9e dans le monde entier.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Floraison :<\/strong> juin \u00e0 septembre<\/li>\n<li><strong>Habitat :<\/strong> cultures, jardins, friches, bords de routes, d\u00e9combres, prairies<\/li>\n<li><strong>R\u00e9partition :<\/strong> cosmopolite des zones temp\u00e9r\u00e9es<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE, CULTURE ET CONSERVATION<\/h3>\n<p>Le chiendent rampant est une esp\u00e8ce rud\u00e9rale par excellence, colonisatrice des sols perturb\u00e9s. Sa strat\u00e9gie de reproduction v\u00e9g\u00e9tative par les rhizomes le rend pratiquement indestructible par les m\u00e9thodes m\u00e9caniques conventionnelles : le labour fragmente les rhizomes et multiplie les points de reprise. Seul un travail du sol r\u00e9p\u00e9t\u00e9 et minutieux en plein \u00e9t\u00e9, exposant les fragments au dess\u00e8chement, permet un contr\u00f4le partiel. Les herbicides syst\u00e9miques (glyphosate) sont efficaces mais posent des questions environnementales et sanitaires majeures.<\/p>\n<p>Paradoxalement, cette plante que l&rsquo;agriculture cherche \u00e0 \u00e9radiquer joue un r\u00f4le \u00e9cologique positif dans la stabilisation des sols, la lutte contre l&rsquo;\u00e9rosion et le maintien de la structure du sol gr\u00e2ce \u00e0 son r\u00e9seau rhizomateux dense. En \u00e9cologie de la restauration, le chiendent est l&rsquo;un des premiers colonisateurs des sols d\u00e9grad\u00e9s, pr\u00e9parant le terrain pour des esp\u00e8ces plus exigeantes.<\/p>\n<p>La culture \u00e0 usage m\u00e9dicinal n&rsquo;a aucun sens pour une plante aussi abondante. L&rsquo;approvisionnement en drogue se fait par r\u00e9colte sauvage ou par r\u00e9cup\u00e9ration des rhizomes extraits des cultures. Le chiendent ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune mesure de conservation, son statut de conservation \u00e9tant celui de \u00ab non menac\u00e9 \u00bb partout dans son aire de r\u00e9partition.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li>Rhizome (drogue officinale)<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le rhizome est la seule partie utilis\u00e9e en phytoth\u00e9rapie. Il est r\u00e9colt\u00e9 au printemps ou \u00e0 l&rsquo;automne, lav\u00e9 soigneusement pour \u00e9liminer la terre et les radicelles, coup\u00e9 en tron\u00e7ons et s\u00e9ch\u00e9 \u00e0 basse temp\u00e9rature (inf\u00e9rieure \u00e0 40 \u00b0C) pour pr\u00e9server les polysaccharides. La drogue s\u00e8che se pr\u00e9sente sous forme de morceaux cylindriques, jaun\u00e2tres, lisses, creux, \u00e0 cassure nette, d&rsquo;odeur faible et de saveur douce\u00e2tre puis l\u00e9g\u00e8rement sucr\u00e9e. La Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne d\u00e9finit la drogue comme le rhizome s\u00e9ch\u00e9, entier ou coup\u00e9, de <em>Elytrigia repens<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Polysaccharides et fructanes<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure kohler-planche\" style=\"float:left; margin:5px 25px 15px 0; max-width:280px; border:1px solid #c9b99a; padding:6px; background:#faf6ee; border-radius:4px; cursor:pointer;\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/kohler\/elytrigia_repens.jpg\" alt=\"Elytrigia repens \u2014 planche K\u00f6hler (1887)\" style=\"width:100%; height:auto; display:block;\" \/><figcaption style=\"text-align:center; font-size:0.78em; color:#5a4e3c; margin-top:5px; font-style:italic;\">Elytrigia repens<br \/>K\u00f6hler&rsquo;s Medizinal-Pflanzen, 1887<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le rhizome de chiendent est riche en polysaccharides, dont la <strong>triticine<\/strong>, un fructane de type <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/inuline\/\">inuline<\/a> (fructo-oligosaccharide) repr\u00e9sentant jusqu&rsquo;\u00e0 8 % de la drogue s\u00e8che. On trouve \u00e9galement de l&rsquo;<strong>inositol<\/strong> (cyclitol) et du <strong>mannitol<\/strong> en quantit\u00e9s significatives. Ces compos\u00e9s conf\u00e8rent au rhizome ses propri\u00e9t\u00e9s \u00e9mollientes, adoucissantes et l\u00e9g\u00e8rement diur\u00e9tiques. La triticine, ferment\u00e9e par le microbiote intestinal, produit des acides gras \u00e0 cha\u00eene courte b\u00e9n\u00e9fiques pour la muqueuse colique.<\/p>\n<h3>B. Mucilages<\/h3>\n<p>Les <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a><\/strong> sont abondants et contribuent \u00e0 l&rsquo;action adoucissante sur les muqueuses urinaires et digestives. Ils forment un gel protecteur qui calme l&rsquo;irritation et l&rsquo;inflammation.<\/p>\n<h3>C. Compos\u00e9s ph\u00e9noliques<\/h3>\n<p>On identifie de l&rsquo;<strong>acide vanillique<\/strong>, de l&rsquo;<strong>acide p-coumarique<\/strong>, de l&rsquo;<strong>acide f\u00e9rulique<\/strong> et de petites quantit\u00e9s de <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (tricine, principalement). Ces acides ph\u00e9noliques, excr\u00e9t\u00e9s par voie r\u00e9nale, pourraient participer \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 antiseptique urinaire l\u00e9g\u00e8re traditionnellement attribu\u00e9e au chiendent.<\/p>\n<h3>D. Huile essentielle et autres compos\u00e9s<\/h3>\n<p>Une <strong>huile essentielle<\/strong> en tr\u00e8s faible quantit\u00e9 (traces) a \u00e9t\u00e9 signal\u00e9e, contenant de l&rsquo;<strong>agropyr\u00e8ne<\/strong> (un polyac\u00e9tyl\u00e8ne), compos\u00e9 dot\u00e9 de propri\u00e9t\u00e9s antibact\u00e9riennes in vitro. On trouve aussi des <strong>saponines<\/strong> en faible quantit\u00e9, des <strong>sels min\u00e9raux<\/strong> (potassium, silice) et des <strong>vitamines<\/strong> (A et du groupe B, en traces).<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;action diur\u00e9tique du chiendent est multifactorielle. Les fructanes et les mucilages exercent un effet osmotique doux dans les tubules r\u00e9naux, augmentant le volume urinaire sans forcer la filtration glom\u00e9rulaire. La richesse en potassium contribue \u00e0 un profil diur\u00e9tique \u00e9pargneur de potassium, contrairement aux diur\u00e9tiques de synth\u00e8se thiazidiques. L&rsquo;inositol et le mannitol participent \u00e0 cet effet aquar\u00e9tique (augmentation de la diur\u00e8se aqueuse sans perte \u00e9lectrolytique excessive).<\/p>\n<p>L&rsquo;action \u00e9molliente et adoucissante sur les muqueuses urinaires est li\u00e9e aux mucilages, qui tapissent l&rsquo;\u00e9pith\u00e9lium v\u00e9sical d&rsquo;un film protecteur, att\u00e9nuant l&rsquo;irritation m\u00e9canique et chimique. Cet effet justifie l&rsquo;usage traditionnel du chiendent dans les cystites, les ur\u00e9trites et les irritations urinaires basses.<\/p>\n<p>L&rsquo;agropyr\u00e8ne, polyac\u00e9tyl\u00e8ne du rhizome, poss\u00e8de une activit\u00e9 antibact\u00e9rienne d\u00e9montr\u00e9e in vitro contre des souches courantes des infections urinaires, mais sa concentration dans les pr\u00e9parations gal\u00e9niques est trop faible pour fonder \u00e0 elle seule un usage antiseptique. Les acides ph\u00e9noliques, excr\u00e9t\u00e9s par voie r\u00e9nale, pourraient compl\u00e9ter cette activit\u00e9.<\/p>\n<p>L&rsquo;action d\u00e9purative traditionnellement attribu\u00e9e au chiendent repose probablement sur la combinaison de l&rsquo;effet diur\u00e9tique doux et de la stimulation de l&rsquo;\u00e9limination r\u00e9nale des d\u00e9chets m\u00e9taboliques. L&rsquo;effet pr\u00e9biotique des fructanes ajoute une dimension intestinale \u00e0 cette action de nettoyage.<\/p>\n<hr>\n<h3>DONN\u00c9ES CLINIQUES ET \u00c9TUDES PHARMACOLOGIQUES<\/h3>\n<p>Le rhizome de chiendent fait l&rsquo;objet d&rsquo;une monographie europ\u00e9enne au titre de l&rsquo;usage traditionnel bien \u00e9tabli (<em>traditional use<\/em>) dans deux indications : l&rsquo;augmentation de la diur\u00e8se en adjuvant des infections urinaires b\u00e9nines, et l&rsquo;irrigation des voies urinaires pour pr\u00e9venir la formation de calculs r\u00e9naux. La Commission E allemande avait valid\u00e9 les m\u00eames indications.<\/p>\n<p>Les \u00e9tudes pharmacologiques in vivo chez le rat ont confirm\u00e9 l&rsquo;effet diur\u00e9tique dose-d\u00e9pendant des extraits aqueux de rhizome de chiendent, avec augmentation significative du volume urinaire et de l&rsquo;excr\u00e9tion de sodium et de chlorure. L&rsquo;effet est mod\u00e9r\u00e9 mais constant et reproductible.<\/p>\n<p>Des travaux in vitro ont montr\u00e9 l&rsquo;activit\u00e9 antibact\u00e9rienne de l&rsquo;agropyr\u00e8ne et des fractions ph\u00e9noliques contre <em>E. coli<\/em>, <em>Proteus mirabilis<\/em> et <em>Klebsiella pneumoniae<\/em>, bact\u00e9ries fr\u00e9quemment impliqu\u00e9es dans les infections urinaires. L&rsquo;activit\u00e9 anti-inflammatoire des extraits, li\u00e9e aux polysaccharides et aux flavono\u00efdes, a \u00e9t\u00e9 document\u00e9e sur des mod\u00e8les d&rsquo;inflammation aigu\u00eb chez le rat.<\/p>\n<p>Les donn\u00e9es cliniques humaines sp\u00e9cifiques au chiendent seul sont rares, mais son inclusion dans de nombreuses sp\u00e9cialit\u00e9s phytoth\u00e9rapeutiques diur\u00e9tiques et urinaires europ\u00e9ennes refl\u00e8te un consensus de la pratique clinique phytoth\u00e9rapeutique.<\/p>\n<hr>\n<h3>TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h3>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe chimique<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Triticine<\/strong><\/td>\n<td>Fructane (polysaccharide)<\/td>\n<td>Diur\u00e9tique osmotique doux, pr\u00e9biotique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Mucilages<\/strong><\/td>\n<td>Polysaccharides<\/td>\n<td>\u00c9mollient, protecteur des muqueuses<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Inositol<\/strong><\/td>\n<td>Cyclitol<\/td>\n<td>Aquar\u00e9tique, m\u00e9tabolisme cellulaire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Mannitol<\/strong><\/td>\n<td>Polyol<\/td>\n<td>Diur\u00e9tique osmotique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Agropyr\u00e8ne<\/strong><\/td>\n<td>Polyac\u00e9tyl\u00e8ne<\/td>\n<td>Antibact\u00e9rien in vitro<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Acide f\u00e9rulique<\/strong><\/td>\n<td>Acide ph\u00e9nolique<\/td>\n<td>Antioxydant, antiseptique urinaire l\u00e9ger<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Tricine<\/strong><\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h3>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h3>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2605<\/strong> Diur\u00e9tique aquar\u00e9tique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2606<\/strong> \u00c9mollient urinaire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> D\u00e9puratif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Adoucissant des muqueuses<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antiseptique urinaire l\u00e9ger<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Pr\u00e9biotique intestinal<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Triticine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Inositol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Mannitol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide vanillique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide p-coumarique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>D\u00e9coction :<\/strong> 5 \u00e0 10 g de rhizome coup\u00e9 pour 500 ml d&rsquo;eau froide. Porter \u00e0 \u00e9bullition, laisser bouillir 5 minutes, infuser 10 minutes. Boire tout au long de la journ\u00e9e. Traditionnellement, on recommande de jeter la premi\u00e8re eau de d\u00e9coction (apr\u00e8s une minute d&rsquo;\u00e9bullition) pour att\u00e9nuer l&rsquo;amertume et ne garder que la seconde eau, plus douce.<\/li>\n<li><strong>Infusion \u00e0 froid (mac\u00e9ration) :<\/strong> 10 g de rhizome dans 500 ml d&rsquo;eau froide, laisser mac\u00e9rer 6 \u00e0 12 heures. Filtrer et boire dans la journ\u00e9e. Cette m\u00e9thode pr\u00e9serve mieux les mucilages.<\/li>\n<li><strong>Extrait fluide :<\/strong> 2 \u00e0 5 ml, 2 \u00e0 3 fois par jour.<\/li>\n<li><strong>Teinture-m\u00e8re :<\/strong> 30 \u00e0 50 gouttes, 3 fois par jour.<\/li>\n<li><strong>Suc de rhizome frais :<\/strong> usage traditionnel, difficile \u00e0 obtenir hors saison.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le chiendent se pr\u00eate particuli\u00e8rement bien aux cures d\u00e9puratives de printemps et d&rsquo;automne, sur des p\u00e9riodes de deux \u00e0 trois semaines. Il s&rsquo;associe classiquement \u00e0 la piloselle, au bouleau, \u00e0 la reine-des-pr\u00e9s et \u00e0 l&rsquo;orthosiphon dans les tisanes diur\u00e9tiques compos\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Le chiendent est une plante de tr\u00e8s grande s\u00e9curit\u00e9 d&#8217;emploi. Aucune toxicit\u00e9 n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9e aux doses th\u00e9rapeutiques usuelles. La monographie europ\u00e9enne ne signale aucun effet ind\u00e9sirable grave. Les seuls effets signal\u00e9s sont de rares cas de troubles digestifs mineurs (naus\u00e9es, ballonnements) li\u00e9s aux fructanes chez les personnes sensibles.<\/p>\n<p>L&rsquo;usage est d\u00e9conseill\u00e9 en cas d&rsquo;oed\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 une insuffisance cardiaque ou r\u00e9nale, o\u00f9 toute augmentation de la diur\u00e8se doit \u00eatre m\u00e9dicalement contr\u00f4l\u00e9e. La prudence s&rsquo;impose chez la femme enceinte et allaitante par manque de donn\u00e9es sp\u00e9cifiques. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;interaction m\u00e9dicamenteuse connue aux doses usuelles, mais une attention th\u00e9orique est requise en cas de traitement par lithium (la diur\u00e8se pouvant modifier la lithi\u00e9mie).<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le chiendent est l&rsquo;une des plantes m\u00e9dicinales les plus anciennement connues de l&rsquo;Occident. Dioscoride le mentionne sous le nom de <em>agrostis<\/em> et le recommande comme diur\u00e9tique. Pline l&rsquo;Ancien confirme cet usage et ajoute des propri\u00e9t\u00e9s lithontriptiques (dissolution des calculs). Au Moyen \u00c2ge, la m\u00e9decine monastique l&rsquo;int\u00e8gre dans les tisanes d\u00e9puratives. Matthiole, au XVIe si\u00e8cle, le prescrit contre les obstructions urinaires et les fi\u00e8vres.<\/p>\n<p>Cazin, au XIXe si\u00e8cle, en fait un long \u00e9loge comme diur\u00e9tique populaire par excellence, notant que \u00ab le chiendent est au m\u00e9decin de campagne ce que la tisane d&rsquo;orge est au m\u00e9decin d&rsquo;h\u00f4pital \u00bb. Leclerc confirme ses vertus adoucissantes et diur\u00e9tiques. Dans la m\u00e9decine v\u00e9t\u00e9rinaire populaire, on observe que les chiens et les chats cherchent instinctivement les feuilles de chiendent lorsqu&rsquo;ils ont des troubles digestifs, comportement qui a donn\u00e9 son nom \u00e0 la plante (\u00ab dent de chien \u00bb).<\/p>\n<p>En alimentation de subsistance, le rhizome s\u00e9ch\u00e9 et moulu a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 comme farine de famine dans les p\u00e9riodes de disette. Les Am\u00e9rindiens d&rsquo;Am\u00e9rique du Nord, o\u00f9 l&rsquo;esp\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 naturalis\u00e9e pr\u00e9cocement, utilisaient les rhizomes en d\u00e9coction \u00e0 des fins diur\u00e9tiques et f\u00e9brifuges.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Elytrigia repens<\/em> illustre le paradoxe de la mauvaise herbe m\u00e9dicinale. La plante la plus banale, la plus commune, la plus combattue par l&rsquo;agriculture, est aussi l&rsquo;un des diur\u00e9tiques doux les plus fiables et les mieux document\u00e9s de la pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne. Son profil chimique, domin\u00e9 par les fructanes, les mucilages et les compos\u00e9s ph\u00e9noliques, fonde une action aquar\u00e9tique, \u00e9molliente et l\u00e9g\u00e8rement antiseptique qui justifie pleinement ses usages traditionnels dans les troubles urinaires b\u00e9nins.<\/p>\n<p>Le chiendent n&rsquo;a rien de spectaculaire. Il ne gu\u00e9rit pas les grandes maladies. Mais il fait ce qu&rsquo;il promet : il nettoie, adoucit, draine, prot\u00e8ge. Dans une phytoth\u00e9rapie de terrain, fond\u00e9e sur les plantes communes et les gestes simples, il reste indispensable. Sa pr\u00e9sence dans la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne t\u00e9moigne d&rsquo;un consensus rare entre la tradition populaire et l&rsquo;\u00e9valuation scientifique moderne.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne, 11e \u00e9d. \u2014 Monographie \u00ab Chiendent (rhizome de) \u00bb.<\/li>\n<li>Bruneton J. \u2014 <em>Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5e \u00e9d., Lavoisier, 2016.<\/li>\n<li>Wichtl M. (\u00e9d.) \u2014 <em>Herbal Drugs and Phytopharmaceuticals<\/em>, 3e \u00e9d., CRC Press, 2004.<\/li>\n<li>Cazin F.-J. \u2014 <em>Trait\u00e9 pratique et raisonn\u00e9 des plantes m\u00e9dicinales indig\u00e8nes<\/em>, 3e \u00e9d., 1868.<\/li>\n<li>Leclerc H. \u2014 <em>Pr\u00e9cis de phytoth\u00e9rapie<\/em>, 5e \u00e9d., Masson, 1954.<\/li>\n<li>Fournier P.-V. \u2014 <em>Le Livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>, Lechevalier, 1947.<\/li>\n<li>Plants of the World Online, Kew : <em>Elymus repens<\/em><\/li>\n<li>Tela Botanica, eFlore : <em>Elytrigia repens<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antiseptique<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Elytrigia repens (L.) Desv. ex Nevski Famille : Poaceae Le chiendent rampant est l&rsquo;une des plantes les plus famili\u00e8res et les plus d\u00e9test\u00e9es des jardiniers [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[11],"tags":[],"class_list":["post-4612","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-poacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4612","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4612"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4612\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14268,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4612\/revisions\/14268"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4612"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4612"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4612"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}