{"id":4614,"date":"2026-03-28T11:30:03","date_gmt":"2026-03-28T10:30:03","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/cognassier\/"},"modified":"2026-07-23T20:10:48","modified_gmt":"2026-07-23T18:10:48","slug":"cognassier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/cognassier\/","title":{"rendered":"COGNASSIER"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Cognassier.jpg\" alt=\"Planche botanique Cognassier\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Cydonia oblonga<\/em> Mill. <em>(= Cydonia vulgaris Pers.)<\/em><\/p>\n<p><strong>Famille :<\/strong> Rosaceae.<\/p>\n<p><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> cognassier, cognassier commun, pommier de Cydon, coignier, Quitte (allemand), quince (anglais), membrillero (espagnol).<\/p>\n<p>Le cognassier est l&rsquo;un des arbres fruitiers les plus anciennement cultiv\u00e9s du bassin m\u00e9diterran\u00e9en \u2014 le \u00ab pomme de Cydon \u00bb des Grecs, d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Aphrodite, symbole d&rsquo;amour et de f\u00e9condit\u00e9 dans l&rsquo;Antiquit\u00e9. Son fruit, le coing, dur comme du bois, couvert d&rsquo;un duvet cotonneux, \u00e2pre et astringent cru, se transforme par la cuisson en une gel\u00e9e dor\u00e9e, une p\u00e2te confite ou une compote d&rsquo;un rose ambr\u00e9 et d&rsquo;une suavit\u00e9 incomparable. Peu de fruits illustrent aussi bien la vertu de la patience et de la transformation. Mais le cognassier est aussi une plante m\u00e9dicinale digne d&rsquo;int\u00e9r\u00eat : ses graines, riches en <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a>, fournissent un \u00e9mollient doux pour les muqueuses digestives et respiratoires ; ses feuilles sont astringentes ; et ses fruits, concentr\u00e9s en <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/pectines\/\">pectines<\/a><\/strong>, en <strong>tanins<\/strong> et en <strong>acides organiques<\/strong>, poss\u00e8dent des propri\u00e9t\u00e9s antidiarrh\u00e9iques et protectrices de la muqueuse gastro-intestinale. Arbre modeste et rustique, le cognassier m\u00e9rite une place au jardin autant pour sa beaut\u00e9 printani\u00e8re \u2014 ses grandes fleurs blanches \u00e0 ros\u00e9es \u2014 que pour la richesse de ses usages culinaires et domestiques.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<figure class=\"zoomable-figure kohler-planche\" style=\"float:left;margin:5px 25px 15px 0;max-width:280px;border:1px solid #c9b99a;padding:6px;background:#faf6ee;border-radius:4px;cursor:pointer\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/kohler\/cydonia_oblonga.jpg\" alt=\"Cydonia oblonga \u2014 planche K\u00f6hler (1887)\" style=\"width:100%;height:auto\" \/><figcaption style=\"text-align:center;font-size:0.78em;color:#5a4e3c;margin-top:5px;font-style:italic\">Cydonia oblonga<br \/>K\u00f6hler&rsquo;s Medizinal-Pflanzen, 1887<\/figcaption><\/figure>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Rosaceae, sous-famille Maloideae (Amygdaloideae s.l.)<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Cydonia<\/em> Mill.<\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Cydonia oblonga<\/em> Mill., 1768<\/li>\n<li><strong>Synonyme :<\/strong> <em>Cydonia vulgaris<\/em> Pers.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> <em>Cydonia<\/em> vient de Kydonia (\u03a7\u03b1\u03bd\u03b9\u03ac, La Can\u00e9e), ville antique de Cr\u00e8te d&rsquo;o\u00f9 le coing \u00e9tait export\u00e9 dans tout le monde grec. <em>Oblonga<\/em> d\u00e9crit la forme allong\u00e9e du fruit dans certaines vari\u00e9t\u00e9s. Le mot fran\u00e7ais \u00ab coing \u00bb d\u00e9rive du latin <em>cotoneum<\/em> (malum cotoneum), lui-m\u00eame du grec <em>kyd\u014dnion m\u0113lon<\/em> (pomme de Cydon).<\/p>\n<p><strong>Position phylog\u00e9n\u00e9tique :<\/strong> le genre <em>Cydonia<\/em> est monosp\u00e9cifique (une seule esp\u00e8ce). Il est phylog\u00e9n\u00e9tiquement proche des genres <em>Malus<\/em> (pommier) et <em>Pyrus<\/em> (poirier), dont il se distingue par ses loges carpellaires multi-ovul\u00e9es et ses graines tr\u00e8s mucilagineuses. Le cognassier est souvent utilis\u00e9 comme porte-greffe pour le poirier.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Petit arbre ou grand arbuste caduc de 3 \u00e0 8 m de hauteur, \u00e0 port irr\u00e9gulier, souvent tortueux. L&rsquo;\u00e9corce est gris-brun, se desquamant en plaques fines. Les rameaux jeunes sont cotonneux (pubescence blanche). Les feuilles sont alternes, ovales \u00e0 elliptiques, de 5-10 cm de long, enti\u00e8res (non dent\u00e9es \u2014 caract\u00e8re distinctif par rapport au pommier et au poirier), vert fonc\u00e9 et glabres dessus, dens\u00e9ment tomenteuses et blanch\u00e2tres dessous. Les fleurs, solitaires et terminales, sont grandes (4-5 cm de diam\u00e8tre), \u00e0 5 p\u00e9tales blancs \u00e0 rose p\u00e2le, apparaissant apr\u00e8s les feuilles. Le fruit (piridion) est un gros coing piriforme ou maliforme (6-12 cm), jaune vif \u00e0 maturit\u00e9, couvert d&rsquo;un duvet cotonneux qui s&rsquo;\u00e9limine au frottement, tr\u00e8s parfum\u00e9, \u00e0 chair ferme, granuleuse (pr\u00e9sence de cellules pierreuses ou \u00ab scl\u00e9r\u00e9ides \u00bb), astringente et immangeable crue. Les graines, brunes, sont envelopp\u00e9es d&rsquo;un mucilage abondant qui gonfle au contact de l&rsquo;eau.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET R\u00c9PARTITION<\/h3>\n<p><strong>Origine :<\/strong> le cognassier est originaire du Caucase, de l&rsquo;Iran septentrional et de l&rsquo;Asie Mineure. Il a \u00e9t\u00e9 introduit dans le bassin m\u00e9diterran\u00e9en d\u00e8s l&rsquo;Antiquit\u00e9 (au moins 600 av. J.-C. en Gr\u00e8ce) et s&rsquo;est naturalis\u00e9 dans le sud de l&rsquo;Europe.<\/p>\n<p><strong>Habitats :<\/strong> cultiv\u00e9 dans les vergers, les jardins et les haies fruiti\u00e8res, de la plaine \u00e0 800 m d&rsquo;altitude dans le sud de la France. Il subsiste parfois \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat subspontan\u00e9 dans les haies, les bords de rivi\u00e8re et les friches de l&rsquo;Europe m\u00e9ridionale et balkanique.<\/p>\n<p><strong>Exigences :<\/strong> le cognassier pr\u00e9f\u00e8re les sols profonds, fertiles, bien drain\u00e9s mais frais (il supporte mal la s\u00e9cheresse estivale prolong\u00e9e). Il aime les situations ensoleill\u00e9es et chaudes, tol\u00e8re le calcaire mod\u00e9r\u00e9 et r\u00e9siste au froid hivernal jusqu&rsquo;\u00e0 -20\/-25 \u00b0C (zone USDA 5-9). Il craint les gel\u00e9es tardives qui endommagent les fleurs.<\/p>\n<p><strong>Ph\u00e9nologie :<\/strong> floraison en avril-mai (apr\u00e8s les pommiers et poiriers). Fruits m\u00fbrs en octobre-novembre, r\u00e9colt\u00e9s avant les premi\u00e8res fortes gel\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Graines (p\u00e9pins) :<\/strong> partie la plus utilis\u00e9e en phytoth\u00e9rapie, pour leur mucilage \u00e9mollient. On les emploie enti\u00e8res (jamais broy\u00e9es), en mac\u00e9ration froide dans l&rsquo;eau.<\/li>\n<li><strong>Fruits (coings) :<\/strong> en alimentation (gel\u00e9e, p\u00e2te, compote, sirop, ratafia) et en phytoth\u00e9rapie pour leurs pectines et tanins.<\/li>\n<li><strong>Feuilles :<\/strong> en infusion, pour leurs propri\u00e9t\u00e9s astringentes et hypoglyc\u00e9miantes traditionnelles.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Pr\u00e9caution :<\/strong> les graines ne doivent jamais \u00eatre broy\u00e9es ni m\u00e2ch\u00e9es. Elles contiennent de l&rsquo;<strong>amygdaline<\/strong> (h\u00e9t\u00e9roside cyanog\u00e9n\u00e9tique) qui, hydrolys\u00e9e par les enzymes digestives, lib\u00e8re de l&rsquo;acide cyanhydrique (HCN). Utilis\u00e9es enti\u00e8res en mac\u00e9ration froide, seul le mucilage de surface est extrait, sans risque.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p><strong>Mucilages des graines :<\/strong> les graines contiennent 15-20 % de <strong>mucilages<\/strong> constitu\u00e9s de polysaccharides acides (acide glucuronique, arabinose, xylose), formant un gel visqueux au contact de l&rsquo;eau. Ce mucilage est le principal actif m\u00e9dicinal de la graine.<\/p>\n<p><strong>H\u00e9t\u00e9rosides cyanog\u00e9n\u00e9tiques :<\/strong> l&rsquo;<strong>amygdaline<\/strong> (3-5 % des graines) est pr\u00e9sente dans l&rsquo;amande, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la coque. L&rsquo;hydrolyse enzymatique (\u00e9mulsine) lib\u00e8re du <strong>benzald\u00e9hyde<\/strong> (odeur d&rsquo;amande am\u00e8re) et de l&rsquo;<strong>acide cyanhydrique<\/strong> (HCN). Ce compos\u00e9 est toxique mais n&rsquo;est pas lib\u00e9r\u00e9 si la graine reste intacte.<\/p>\n<p><strong>Pectines du fruit :<\/strong> le coing est l&rsquo;un des fruits les plus riches en <strong>pectines<\/strong> (0,5-1,5 % du fruit frais), des polysaccharides g\u00e9lifiants (acide galacturonique) responsables de la prise en gel\u00e9e sans ajout de g\u00e9lifiant. Le mot anglais <em>marmalade<\/em> vient du portugais <em>marmelo<\/em> (coing), car les premi\u00e8res \u00ab marmelades \u00bb europ\u00e9ennes \u00e9taient des p\u00e2tes de coing.<\/p>\n<p><strong>Tanins :<\/strong> le fruit contient des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">tanins condens\u00e9s<\/a><\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a>) responsables de l&rsquo;astringence crue et de l&rsquo;activit\u00e9 antidiarrh\u00e9ique. La cuisson prolong\u00e9e r\u00e9duit l&rsquo;astringence (polym\u00e9risation oxydative des tanins, qui vire au rose-brun).<\/p>\n<p><strong>Acides organiques :<\/strong> <strong>acide malique<\/strong> (pr\u00e9dominant), <strong>acide citrique<\/strong>, <strong>acide quinique<\/strong> \u2014 responsables de l&rsquo;acidit\u00e9 du fruit.<\/p>\n<p><strong>Compos\u00e9s ph\u00e9noliques :<\/strong> <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, <strong>acide caf\u00e9oylquinique<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/rutine\/\">rutine<\/a><\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong> dans le fruit et les feuilles. Les feuilles sont plus riches en <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">polyph\u00e9nols<\/a> que le fruit.<\/p>\n<p><strong>Vitamines et min\u00e9raux :<\/strong> vitamine C (15-25 mg\/100 g de pulpe fra\u00eeche), potassium, fer, cuivre.<\/p>\n<p><strong>Ar\u00f4me :<\/strong> le parfum puissant du coing m\u00fbr est d\u00fb \u00e0 des esters volatils, principalement l&rsquo;<strong>ac\u00e9tate d&rsquo;\u00e9thyle<\/strong>, le <strong>2-m\u00e9thylbutyrate d&rsquo;\u00e9thyle<\/strong> et des d\u00e9riv\u00e9s du <strong>marmelo-lactone<\/strong>, compos\u00e9 aromatique caract\u00e9ristique identifi\u00e9 dans le coing.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>\u00c9mollient et protecteur des muqueuses (graines) :<\/strong> la mac\u00e9ration froide des graines fournit un mucilage apaisant pour les gorges irrit\u00e9es, les toux s\u00e8ches, les inflammations buccales et les gastrites. Le mucilage forme un film protecteur sur les muqueuses, r\u00e9duisant l&rsquo;irritation et l&rsquo;inflammation.<\/li>\n<li><strong>Antidiarrh\u00e9ique (fruit) :<\/strong> le coing cuit, riche en pectines et en tanins, est un antidiarrh\u00e9ique classique de la m\u00e9decine populaire. La gel\u00e9e de coing \u00e9tait administr\u00e9e aux enfants et aux convalescents souffrant de diarrh\u00e9es.<\/li>\n<li><strong>Astringent (feuilles) :<\/strong> l&rsquo;infusion de feuilles de cognassier \u00e9tait utilis\u00e9e en gargarismes (angines, aphtes) et en usage interne contre les diarrh\u00e9es l\u00e9g\u00e8res.<\/li>\n<li><strong>Cosm\u00e9tique (mucilage) :<\/strong> le mucilage de graines de coing servait de base \u00e0 des lotions capillaires (bandoline) et \u00e0 des cr\u00e8mes \u00e9mollientes pour la peau (tradition m\u00e9diterran\u00e9enne).<\/li>\n<li><strong>Anti\u00e9m\u00e9tique :<\/strong> Avicenne et les m\u00e9decins arabes recommandaient le sirop de coing contre les naus\u00e9es et les vomissements de la grossesse.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>DONN\u00c9ES PHARMACOLOGIQUES MODERNES<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Activit\u00e9 gastroprotectrice :<\/strong> des extraits de pulpe de coing r\u00e9duisent les l\u00e9sions gastriques induites par l&rsquo;\u00e9thanol et l&rsquo;indom\u00e9thacine chez le rat, par un m\u00e9canisme impliquant les pectines et les compos\u00e9s ph\u00e9noliques (Hamauzu <em>et al.<\/em>, 2005).<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 antioxydante :<\/strong> les compos\u00e9s ph\u00e9noliques du fruit (acide chlorog\u00e9nique, rutine, querc\u00e9tine) et surtout des feuilles pr\u00e9sentent une forte activit\u00e9 antioxydante (DPPH, FRAP). Les feuilles sont plus actives que le fruit (Oliveira <em>et al.<\/em>, 2007).<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 hypoglyc\u00e9miante :<\/strong> des extraits de feuilles de cognassier r\u00e9duisent la glyc\u00e9mie postprandiale chez le rat diab\u00e9tique (inhibition de l&rsquo;\u03b1-glucosidase intestinale), ce qui confirme l&rsquo;usage traditionnel antidiab\u00e9tique des feuilles en Iran et au Portugal (Essafi-Benkhadir <em>et al.<\/em>, 2012).<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire :<\/strong> des extraits de p\u00e9pins (mucilage) et de pulpe r\u00e9duisent la production de cytokines pro-inflammatoires (TNF-\u03b1, IL-6) <em>in vitro<\/em>.<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 antimicrobienne :<\/strong> des extraits m\u00e9thanoliques de feuilles inhibent mod\u00e9r\u00e9ment <em>S. aureus<\/em> et <em>E. coli<\/em>.<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 antitussive :<\/strong> le mucilage de graines exerce un effet apaisant sur les muqueuses respiratoires, validant l&rsquo;usage traditionnel contre la toux s\u00e8che.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Mucilages des graines<\/td>\n<td>Mucilage<\/td>\n<td>\u00c9mollient, adoucissant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Mucilages<\/td>\n<td>Mucilage<\/td>\n<td>\u00c9mollient, adoucissant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>H\u00e9t\u00e9rosides cyanog\u00e9n\u00e9tiques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Amygdaline<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Benzald\u00e9hyde<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Mucilage de graines :<\/strong> 10-20 g de graines enti\u00e8res (non broy\u00e9es) dans 200 ml d&rsquo;eau froide, mac\u00e9ration 30 min en remuant r\u00e9guli\u00e8rement. Filtrer et boire le gel mucilagineux : 2-3 fois par jour (mal de gorge, toux s\u00e8che, gastrite).<\/li>\n<li><strong>Infusion de feuilles :<\/strong> 20-30 g de feuilles s\u00e8ches par litre d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infusion 10 min. 2-3 tasses par jour (astringent, antidiarrh\u00e9ique).<\/li>\n<li><strong>Sirop de coing :<\/strong> jus de coing cuit additionn\u00e9 de sucre (1:1), r\u00e9duit \u00e0 feu doux. 1-2 cuill\u00e8res \u00e0 soupe par jour (tradition anti\u00e9m\u00e9tique).<\/li>\n<li><strong>Gel\u00e9e et p\u00e2te de coing :<\/strong> usage alimentaire et di\u00e9t\u00e9tique (antidiarrh\u00e9ique doux, remin\u00e9ralisant).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Le coing cuit et le mucilage de graines enti\u00e8res sont consid\u00e9r\u00e9s comme s\u00fbrs. Le risque r\u00e9side dans les graines broy\u00e9es :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Amygdaline :<\/strong> l&rsquo;ingestion de graines \u00e9cras\u00e9es peut lib\u00e9rer de l&rsquo;acide cyanhydrique. Une dizaine de graines broy\u00e9es suffirait th\u00e9oriquement \u00e0 provoquer des sympt\u00f4mes (c\u00e9phal\u00e9es, vertiges, naus\u00e9es). Les cas d&rsquo;intoxication grave sont exceptionnels.<\/li>\n<li><strong>Allergies :<\/strong> des allergies crois\u00e9es avec d&rsquo;autres Rosaceae (pomme, poire, p\u00eache) sont possibles chez les sujets sensibilis\u00e9s au pollen de bouleau (syndrome pollen-aliment).<\/li>\n<li><strong>Femmes enceintes :<\/strong> le mucilage de graines et le coing cuit sont traditionnellement consid\u00e9r\u00e9s comme s\u00fbrs pendant la grossesse (usage anti\u00e9m\u00e9tique d&rsquo;Avicenne).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Gr\u00e8ce antique :<\/strong> le coing \u00e9tait consacr\u00e9 \u00e0 Aphrodite. La loi de Solon (594 av. J.-C.) prescrivait \u00e0 la mari\u00e9e de croquer un coing avant d&rsquo;entrer dans la chambre nuptiale \u2014 symbole de f\u00e9condit\u00e9 et de douceur conjugale.<\/li>\n<li><strong>Rome :<\/strong> Columelle (I<sup>er<\/sup> si\u00e8cle) d\u00e9crit plusieurs vari\u00e9t\u00e9s de coings et des recettes de conserves au miel (<em>melomeli<\/em>). Pline l&rsquo;Ancien mentionne le coing de Cydon comme le meilleur.<\/li>\n<li><strong>M\u00e9decine arabe :<\/strong> Avicenne (XI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle) recommande le coing comme fortifiant de l&rsquo;estomac, anti\u00e9m\u00e9tique et astringent intestinal. Le sirop de coing (<em>sharab al-safarjal<\/em>) \u00e9tait un classique de la pharmacop\u00e9e arabe.<\/li>\n<li><strong>Europe m\u00e9di\u00e9vale :<\/strong> la p\u00e2te de coing (cotignac) est le premier \u00ab bonbon \u00bb d&rsquo;Europe \u2014 les Crois\u00e9s la rapport\u00e8rent d&rsquo;Orient. La ville d&rsquo;Orl\u00e9ans \u00e9tait r\u00e9put\u00e9e pour son cotignac, offert aux rois de France lors de leur sacre.<\/li>\n<li><strong>Porte-greffe :<\/strong> depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9, le cognassier sert de porte-greffe nanisant pour le poirier (types Cognassier de Provence, BA29, Adams), contr\u00f4lant la vigueur et am\u00e9liorant la pr\u00e9cocit\u00e9 de mise \u00e0 fruit.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>CULTURE ET MULTIPLICATION<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Sol :<\/strong> profond, fertile, frais mais bien drain\u00e9. Tol\u00e8re le calcaire mod\u00e9r\u00e9 mais pr\u00e9f\u00e8re les sols l\u00e9g\u00e8rement acides \u00e0 neutres (pH 6-7,5). Craint l&rsquo;asphyxie racinaire.<\/li>\n<li><strong>Exposition :<\/strong> plein soleil, situation chaude et abrit\u00e9e. Les fruits m\u00fbrissent mal dans les r\u00e9gions trop fra\u00eeches ou humides.<\/li>\n<li><strong>Plantation :<\/strong> en automne ou en fin d&rsquo;hiver, dans un trou large et profond, avec apport de compost. Espacement 4-5 m.<\/li>\n<li><strong>Taille :<\/strong> l\u00e9g\u00e8re, en hiver. Le cognassier fructifie sur les rameaux de l&rsquo;ann\u00e9e (comme le p\u00eacher). On pratique une taille d&rsquo;entretien pour a\u00e9rer la ramure et limiter les bois morts.<\/li>\n<li><strong>Multiplication :<\/strong> bouturage de rameaux ligneux en hiver, marcottage, greffage en \u00e9cusson sur franc de cognassier.<\/li>\n<li><strong>Maladies :<\/strong> sensible \u00e0 l&rsquo;entomosporiose (<em>Entomosporium maculatum<\/em>), au feu bact\u00e9rien (<em>Erwinia amylovora<\/em>) et \u00e0 la moniliose (<em>Monilinia<\/em>). Les vari\u00e9t\u00e9s r\u00e9sistantes (&lsquo;Vranja&rsquo;, &lsquo;Champion&rsquo;) sont \u00e0 privil\u00e9gier.<\/li>\n<li><strong>Vari\u00e9t\u00e9s recommand\u00e9es :<\/strong> &lsquo;Champion&rsquo; (productif, auto-fertile), &lsquo;Vranja&rsquo; (gros fruits parfum\u00e9s), &lsquo;Du Portugal&rsquo; (chair rose \u00e0 la cuisson), &lsquo;De Bourgeault&rsquo; (ancien, rustique).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>STATUT DE CONSERVATION<\/h3>\n<p>Le cognassier n&rsquo;est pas menac\u00e9 en tant qu&rsquo;esp\u00e8ce cultiv\u00e9e, mais ses populations sauvages dans le Caucase et en Iran sont en r\u00e9gression sous l&rsquo;effet de la d\u00e9forestation, du surp\u00e2turage et de la conversion des terres. Des programmes de conservation <em>in situ<\/em> existent en G\u00e9orgie et en Azerba\u00efdjan, et des collections de vari\u00e9t\u00e9s anciennes sont maintenues dans les conservatoires fruitiers europ\u00e9ens (INRAE Angers, Brogdale Collection en Angleterre).<\/p>\n<p>En France, le cognassier est surtout pr\u00e9sent dans les vergers traditionnels du Sud-Ouest, du Val de Loire et de Provence. La culture est en l\u00e9g\u00e8re reprise gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat croissant pour les fruits anciens et les p\u00e2tes de fruits artisanales.<\/p>\n<hr>\n<h3>INT\u00c9R\u00caT EN JARDIN NATUREL ET PERMACULTURE<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Arbre polyvalent :<\/strong> le cognassier produit des fruits transformables (gel\u00e9e, p\u00e2te, compote, ratafia), des feuilles m\u00e9dicinales, et un bois dur utilis\u00e9 en tournage.<\/li>\n<li><strong>Porte-greffe :<\/strong> sert de porte-greffe nanisant pour le poirier, permettant de cultiver des poiriers de petit gabarit en jardin.<\/li>\n<li><strong>Plante mellif\u00e8re :<\/strong> les grandes fleurs printani\u00e8res sont tr\u00e8s visit\u00e9es par les abeilles et les bourdons.<\/li>\n<li><strong>Parfum d&rsquo;automne :<\/strong> quelques coings dispos\u00e9s dans une pi\u00e8ce ou une armoire embaument pendant des semaines, parfumant les v\u00eatements et \u00e9loignant les mites (usage domestique traditionnel).<\/li>\n<li><strong>Haie fruiti\u00e8re :<\/strong> le cognassier s&rsquo;int\u00e8gre bien dans les haies mixtes de jardin-for\u00eat, associ\u00e9 au noisetier, au sureau et aux arbres fruitiers \u00e0 noyau.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>COGNASSIER pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Fournier P., <em>Le Livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>, Lechevalier, 1947-1948.<\/li>\n<li>Bruneton J., <em>Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5<sup>e<\/sup> \u00e9d., Lavoisier, 2016.<\/li>\n<li>Hamauzu Y. <em>et al.<\/em>, \u00ab Phenolic profile, antioxidant property, and anti-influenza viral activity of Chinese quince (<em>Pseudocydonia sinensis<\/em>) and quince (<em>Cydonia oblonga<\/em>) \u00bb, <em>Journal of Agricultural and Food Chemistry<\/em>, 53, 2005, p. 928-934.<\/li>\n<li>Oliveira A.P. <em>et al.<\/em>, \u00ab Quince (<em>Cydonia oblonga<\/em> Miller) fruit: phenolic content, antioxidant activity and cytotoxicity \u00bb, <em>Food and Chemical Toxicology<\/em>, 45, 2007, p. 2258-2265.<\/li>\n<li>Essafi-Benkhadir K. <em>et al.<\/em>, \u00ab Quince (<em>Cydonia oblonga<\/em> Miller) peel polyphenols and their in vitro activities \u00bb, <em>Food Chemistry<\/em>, 131(1), 2012, p. 159-164.<\/li>\n<li>Avicenne (Ibn Sina), <em>Canon de la m\u00e9decine<\/em>, XI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle (trad. latine G\u00e9rard de Cr\u00e9mone).<\/li>\n<li>Pline l&rsquo;Ancien, <em>Naturalis Historia<\/em>, Livre XV, I<sup>er<\/sup> si\u00e8cle.<\/li>\n<li>Ferreira I.C.F.R. <em>et al.<\/em>, \u00ab Chemical and biological characterization of <em>Cydonia oblonga<\/em> Miller leaf \u00bb, <em>Food Research International<\/em>, 42, 2009, p. 707-713.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> \u00c9mollient<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cydonia oblonga Mill. (= Cydonia vulgaris Pers.) Famille : Rosaceae. Noms vernaculaires : cognassier, cognassier commun, pommier de Cydon, coignier, Quitte (allemand), quince (anglais), membrillero [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-4614","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-rosacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4614","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4614"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4614\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14269,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4614\/revisions\/14269"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4614"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4614"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4614"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}