{"id":4617,"date":"2026-03-28T11:30:09","date_gmt":"2026-03-28T10:30:09","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/consoude-officinale\/"},"modified":"2026-07-23T20:10:48","modified_gmt":"2026-07-23T18:10:48","slug":"consoude-officinale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/consoude-officinale\/","title":{"rendered":"CONSOUDE OFFICINALE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Consoude%20officinale.jpg\" alt=\"Planche botanique Consoude officinale\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>La consoude officinale porte dans son nom m\u00eame sa vocation th\u00e9rapeutique : du latin <em>consolidare<\/em> (\u00ab consolider, souder \u00bb), elle est depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 la plante cicatrisante et vuln\u00e9raire par excellence, r\u00e9put\u00e9e capable de \u00ab souder les os bris\u00e9s \u00bb. Cette Boraginac\u00e9e vivace et robuste des prairies humides et des berges produit des feuilles charnues d&rsquo;une taille impressionnante, couvertes de poils r\u00eaches, et des grappes pendantes de fleurs en clochette dont la couleur varie du blanc cr\u00e8me au pourpre profond selon les populations.<\/p>\n<p>L&rsquo;allanto\u00efne, compos\u00e9 cicatrisant majeur de la consoude, est aujourd&rsquo;hui un ingr\u00e9dient cosm\u00e9tique et dermatologique courant. Mais la pr\u00e9sence d&rsquo;<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a> pyrrolizidiniques h\u00e9patotoxiques dans les racines et les feuilles a consid\u00e9rablement restreint l&rsquo;usage interne de cette plante au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies \u2014 un cas embl\u00e9matique de la tension entre tradition d&rsquo;usage mill\u00e9naire et exigences de la pharmacovigilance moderne.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Boraginaceae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Symphytum<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Symphytum officinale<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Consoude officinale, Grande consoude, Oreille d&rsquo;\u00e2ne, Herbe aux coupures, Langue-de-vache.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> <em>Symphytum<\/em> du grec <em>symphyein<\/em> (\u00ab faire cro\u00eetre ensemble, souder \u00bb) \u2014 m\u00eame racine que \u00ab symphyse \u00bb \u2014 en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la r\u00e9putation de la plante comme consolidant des fractures. <em>officinale<\/em> atteste l&rsquo;usage en officine de pharmacie.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce est polymorphe, avec des formes \u00e0 fleurs blanches, jaun\u00e2tres, roses ou pourpre fonc\u00e9. L&rsquo;hybride <em>Symphytum \u00d7 uplandicum<\/em> (consoude de Russie), croisement entre <em>S. officinale<\/em> et <em>S. asperum<\/em>, est la forme la plus cultiv\u00e9e en jardinage et agriculture biologique (purin de consoude).<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>A. Port et architecture<\/h3>\n<figure class=\"zoomable-figure kohler-planche\" style=\"float:left;margin:5px 25px 15px 0;max-width:280px;border:1px solid #c9b99a;padding:6px;background:#faf6ee;border-radius:4px;cursor:pointer\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/kohler\/symphytum_officinale.jpg\" alt=\"Symphytum officinale \u2014 planche K\u00f6hler (1887)\" style=\"width:100%;height:auto\" \/><figcaption style=\"text-align:center;font-size:0.78em;color:#5a4e3c;margin-top:5px;font-style:italic\">Symphytum officinale L.<br \/>K\u00f6hler&rsquo;s Medizinal-Pflanzen, 1887<\/figcaption><\/figure>\n<p>Plante herbac\u00e9e vivace de 50 \u00e0 120 cm, \u00e0 grosse souche charnue noir\u00e2tre et racines pivotantes profondes. Le port est robuste, dress\u00e9, formant des touffes imposantes dans les prairies humides et les foss\u00e9s.<\/p>\n<h3>B. Appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p><strong>Tiges :<\/strong> dress\u00e9es, \u00e9paisses, creuses, anguleuses, tr\u00e8s ramifi\u00e9es, h\u00e9riss\u00e9es de poils raides et piquants. Les tiges sont ail\u00e9es \u2014 un caract\u00e8re important : les ailes correspondent aux bases foliaires qui \u00ab descendent \u00bb le long de la tige (<strong>feuilles d\u00e9currentes<\/strong>), cr\u00e9ant des cr\u00eates foliac\u00e9es continues.<\/p>\n<p><strong>Feuilles :<\/strong> alternes, grandes (15-35 cm pour les basales), ovales-lanc\u00e9ol\u00e9es, acumin\u00e9es, enti\u00e8res, longuement <strong>d\u00e9currentes<\/strong> sur la tige \u2014 c&rsquo;est-\u00e0-dire que le limbe se prolonge en aile le long de l&rsquo;entre-n\u0153ud inf\u00e9rieur. Ce caract\u00e8re diagnostique distingue la consoude de toutes les autres Boraginac\u00e9es europ\u00e9ennes. La surface est rude, hispide, vert fonc\u00e9. Les feuilles sont charnues et mucilagineuses au toucher quand on les froisse.<\/p>\n<p><strong>Racine :<\/strong> \u00e9paisse, pivotante, noire \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur, blanche et visqueuse \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur (riche en <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilage<\/a> et en allanto\u00efne). Le syst\u00e8me racinaire est tr\u00e8s profond (jusqu&rsquo;\u00e0 1-2 m), capable de puiser l&rsquo;eau et les min\u00e9raux dans les horizons profonds du sol \u2014 ce qui explique la richesse min\u00e9rale exceptionnelle de la plante.<\/p>\n<h3>C. Appareil reproducteur<\/h3>\n<p><strong>Inflorescence :<\/strong> cymes scorpio\u00efdes terminales et axillaires, typiques des Boraginac\u00e9es, enroul\u00e9es en crosse et se d\u00e9roulant progressivement \u00e0 la floraison.<\/p>\n<p><strong>Fleur :<\/strong> de 12 \u00e0 18 mm, en clochette tubuleuse pendante, \u00e0 5 lobes courts r\u00e9curv\u00e9s au sommet. La couleur est variable : <strong>blanc cr\u00e8me, jaun\u00e2tre, rose, violet ou pourpre fonc\u00e9<\/strong> \u2014 cette polymorphie chromatique est l&rsquo;un des charmes botaniques de l&rsquo;esp\u00e8ce. Le calice est \u00e0 5 s\u00e9pales lanc\u00e9ol\u00e9s, h\u00e9riss\u00e9s. Cinq \u00e9tamines. Le tube corollaire est ferm\u00e9 par 5 \u00e9cailles internes (fornices) qui prot\u00e8gent le nectar profond \u2014 seuls les bourdons \u00e0 longue langue y acc\u00e8dent.<\/p>\n<p><strong>Fruit :<\/strong> t\u00e9trak\u00e8ne \u00e0 nucules lisses, luisantes, noires, de 4-5 mm, avec un \u00e9la\u00efosome basal (myrm\u00e9cochorie).<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> mai \u00e0 juillet. Pollinisation entomophile (bourdons \u00e0 longue langue).<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET DISTRIBUTION<\/h3>\n<h3>A. Habitat<\/h3>\n<p>La consoude officinale est une esp\u00e8ce hygrophile (sols humides \u00e0 mouill\u00e9s) et nitrophile, typique des prairies humides, m\u00e9gaphorbiaies, foss\u00e9s, berges de rivi\u00e8res, bords d&rsquo;\u00e9tangs, aulnaies riveraines et friches humides. Elle est caract\u00e9ristique des groupements du <em>Calthion palustris<\/em> (prairies humides eutrophes) et du <em>Filipendulion<\/em> (m\u00e9gaphorbiaies). Elle tol\u00e8re les inondations temporaires.<\/p>\n<h3>B. Distribution<\/h3>\n<p>Esp\u00e8ce eurasiatique, commune dans toute l&rsquo;Europe temp\u00e9r\u00e9e de l&rsquo;Atlantique \u00e0 l&rsquo;Oural. En France, commune partout sauf dans les zones les plus s\u00e8ches du Midi m\u00e9diterran\u00e9en. Naturalis\u00e9e en Am\u00e9rique du Nord et en Australie.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Racines :<\/strong> r\u00e9colt\u00e9es en automne (octobre-novembre), s\u00e9ch\u00e9es. Riches en allanto\u00efne et en mucilages. La drogue \u00ab racine de consoude \u00bb est inscrite \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne, avec une restriction \u00e0 l&rsquo;<strong>usage externe uniquement<\/strong>.<\/li>\n<li><strong>Feuilles :<\/strong> usage externe (cataplasmes, pommades). L&rsquo;usage interne est d\u00e9conseill\u00e9 ou interdit selon les pays en raison des alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Allanto\u00efne (0,6-2,5 % dans la racine)<\/h3>\n<p>L&rsquo;<strong>allanto\u00efne<\/strong> (5-ur\u00e9idohydanto\u00efne) est le compos\u00e9 phare de la consoude. C&rsquo;est un stimulateur de la prolif\u00e9ration cellulaire et de la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration tissulaire, utilis\u00e9 en dermatologie et en cosm\u00e9tique comme agent cicatrisant, k\u00e9ratolytique et adoucissant. L&rsquo;allanto\u00efne favorise la division des fibroblastes et des k\u00e9ratinocytes, acc\u00e9l\u00e9rant la r\u00e9paration des tissus cutan\u00e9s endommag\u00e9s.<\/p>\n<h3>B. Mucilages (29 % de la racine s\u00e8che)<\/h3>\n<p>Les racines sont exceptionnellement riches en mucilages (polysaccharides hydrosolubles), conf\u00e9rant un effet \u00e9mollient et protecteur puissant en application locale. C&rsquo;est cette abondance de mucilage qui rend la racine fra\u00eeche si visqueuse et glissante.<\/p>\n<h3>C. Acide rosmarinique<\/h3>\n<p>Pr\u00e9sent en quantit\u00e9 significative (0,2-0,5 %), l&rsquo;<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-rosmarinique\/\">acide rosmarinique<\/a> contribue \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 anti-inflammatoire et antioxydante des extraits.<\/p>\n<h3>D. Tanins<\/h3>\n<p><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">Tanins condens\u00e9s<\/a> et hydrolysables, contribuant \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 astringente et h\u00e9mostatique.<\/p>\n<h3>E. Alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques \u2014 le point critique<\/h3>\n<p>Les racines et les feuilles contiennent des <strong>alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques<\/strong> (AP) du type lycopsamine : <strong>symphytine<\/strong>, <strong>lycopsamine<\/strong>, <strong>interm\u00e9dine<\/strong>, <strong>\u00e9chimidine<\/strong>. Ces AP sont des 1,2-d\u00e9shydropyrrolizidines bioactiv\u00e9es par le CYP3A4 h\u00e9patique en m\u00e9tabolites r\u00e9actifs qui alkylent l&rsquo;ADN et les prot\u00e9ines h\u00e9patiques, provoquant une <strong>maladie veino-occlusive h\u00e9patique<\/strong> \u2014 aujourd&rsquo;hui appel\u00e9e syndrome d&rsquo;obstruction sinuso\u00efdale (SOS), \u00e0 ne pas confondre avec le syndrome de Budd-Chiari qui touche les grosses veines sus-h\u00e9patiques \u2014 et un risque g\u00e9notoxique (potentiel canc\u00e9rog\u00e8ne h\u00e9patique). La teneur en AP varie selon les populations et les organes (racines &gt; feuilles).<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<h3>A. Cicatrisation et r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration tissulaire (usage externe)<\/h3>\n<p>L&rsquo;allanto\u00efne stimule la prolif\u00e9ration des fibroblastes et la synth\u00e8se de matrice extracellulaire, acc\u00e9l\u00e9rant la fermeture des plaies et la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration de l&rsquo;\u00e9piderme. Les mucilages prot\u00e8gent la surface cutan\u00e9e l\u00e9s\u00e9e. L&rsquo;acide rosmarinique r\u00e9duit l&rsquo;inflammation locale. Cette synergie fonde l&rsquo;usage externe de la consoude dans les contusions, entorses, fractures ferm\u00e9es, dermatoses et plaies superficielles.<\/p>\n<h3>B. Activit\u00e9 anti-inflammatoire externe<\/h3>\n<p>L&rsquo;acide rosmarinique et les tanins exercent un effet anti-inflammatoire local document\u00e9, avec r\u00e9duction de l&rsquo;\u0153d\u00e8me et de la douleur dans les traumatismes des tissus mous.<\/p>\n<h3>C. R\u00e9putation \u00ab consolidante \u00bb (os)<\/h3>\n<p>L&rsquo;effet de la consoude sur la consolidation osseuse, bien que c\u00e9l\u00e8bre dans la tradition, n&rsquo;est pas d\u00e9montr\u00e9 scientifiquement. L&rsquo;allanto\u00efne stimule la prolif\u00e9ration cellulaire cutan\u00e9e mais pas sp\u00e9cifiquement la formation de cal osseux. La r\u00e9putation \u00ab knitbone \u00bb (soudeur d&rsquo;os) rel\u00e8ve probablement de l&rsquo;observation empirique de la r\u00e9duction de l&rsquo;\u0153d\u00e8me et de la douleur p\u00e9ri-fracturaire plut\u00f4t que d&rsquo;un effet direct sur l&rsquo;os.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Plusieurs essais cliniques randomis\u00e9s ont confirm\u00e9 l&rsquo;efficacit\u00e9 des pr\u00e9parations topiques de consoude :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Entorses de cheville :<\/strong> une pommade \u00e0 base d&rsquo;extrait de racine de consoude (Traumaplant\u00ae\/Kytta-Salbe\u00ae) a montr\u00e9 une r\u00e9duction significative de la douleur et de l&rsquo;\u0153d\u00e8me vs placebo (Koll et al., 2004 ; Predel et al., 2005).<\/li>\n<li><strong>Arthrose du genou :<\/strong> r\u00e9duction de la douleur en application topique (Grube et al., 2007).<\/li>\n<li><strong>Douleurs dorsales :<\/strong> sup\u00e9riorit\u00e9 vs placebo sur la douleur et la mobilit\u00e9 (Giannetti et al., 2010).<\/li>\n<\/ul>\n<p>L&rsquo;EMA reconna\u00eet l&rsquo;usage externe de la racine de consoude pour le \u00ab traitement des contusions, entorses et douleurs musculaires et articulaires localis\u00e9es \u00bb.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Allanto\u00efne<\/td>\n<td>D\u00e9riv\u00e9 purique<\/td>\n<td>Cicatrisant, prolif\u00e9ration cellulaire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Tanins, acide rosmarinique<\/td>\n<td>Polyph\u00e9nols<\/td>\n<td>Astringents, anti-inflammatoires<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">Mucilages<\/a><\/td>\n<td>Polysaccharides<\/td>\n<td>\u00c9mollients<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques<\/td>\n<td>Alcalo\u00efdes<\/td>\n<td>H\u00e9patotoxiques (usage externe uniquement)<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Pommade\/cr\u00e8me :<\/strong> extrait de racine \u00e0 10-20 %, en application locale 2-3 fois\/jour sur les contusions, entorses et douleurs articulaires. Sp\u00e9cialit\u00e9s commerciales disponibles (Kytta-Salbe\u00ae, Traumaplant\u00ae).<\/li>\n<li><strong>Cataplasme :<\/strong> racine fra\u00eeche r\u00e2p\u00e9e ou feuilles froiss\u00e9es en application directe sur la zone traumatis\u00e9e. Usage populaire persistant.<\/li>\n<li><strong>Teinture pour usage externe :<\/strong> racine 1:5, \u00e9thanol 45\u00b0, en compresses.<\/li>\n<li><strong>Usage interne :<\/strong> <strong>INTERDIT ou D\u00c9CONSEILL\u00c9<\/strong> dans la plupart des pays europ\u00e9ens en raison des AP h\u00e9patotoxiques.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La toxicit\u00e9 de la consoude est li\u00e9e exclusivement aux <strong>alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques<\/strong> (AP) :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Usage interne :<\/strong> formellement d\u00e9conseill\u00e9 ou interdit (Allemagne, France, Royaume-Uni, Australie). Plusieurs cas de maladie veino-occlusive h\u00e9patique ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s chez des personnes consommant des tisanes ou des compl\u00e9ments de consoude au long cours.<\/li>\n<li><strong>Usage externe :<\/strong> consid\u00e9r\u00e9 comme s\u00fbr pour des dur\u00e9es limit\u00e9es (&lt; 4-6 semaines\/an selon l&#039;EMA). L&#039;absorption cutan\u00e9e des AP est faible mais non nulle \u2014 d&#039;o\u00f9 la limitation de dur\u00e9e.<\/li>\n<li><strong>Ne pas appliquer sur des plaies ouvertes<\/strong> (absorption augment\u00e9e).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Contre-indications : grossesse, allaitement, enfants de moins de 3 ans, insuffisance h\u00e9patique.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La consoude \u00e9tait consomm\u00e9e comme l\u00e9gume (feuilles en beignets, en soupe) jusqu&rsquo;\u00e0 la d\u00e9couverte de la toxicit\u00e9 des AP dans les ann\u00e9es 1980 \u2014 cet usage alimentaire est aujourd&rsquo;hui fortement d\u00e9conseill\u00e9. La tradition vuln\u00e9raire remonte \u00e0 Dioscoride et Pline, qui recommandaient la racine de consoude pour les fractures et les plaies. Au Moyen \u00c2ge, \u00ab l&#8217;empl\u00e2tre de consoude \u00bb \u00e9tait le pansement de premier recours des chirurgiens-barbiers. En agriculture biologique, la consoude (surtout l&rsquo;hybride de Russie <em>S. \u00d7 uplandicum<\/em> &lsquo;Bocking 14&rsquo;) est massivement utilis\u00e9e pour la fabrication de <strong>purin de consoude<\/strong> \u2014 fertilisant riche en potassium, activateur de floraison et de fructification.<\/p>\n<hr>\n<h3>INT\u00c9R\u00caT \u00c9COLOGIQUE<\/h3>\n<p>La consoude officinale est une composante importante de la v\u00e9g\u00e9tation des zones humides eutrophes. Ses touffes imposantes offrent abri et nourriture \u00e0 de nombreux invert\u00e9br\u00e9s. C&rsquo;est une excellente <strong>plante mellif\u00e8re<\/strong> dont les fleurs profondes sont visit\u00e9es principalement par les bourdons \u00e0 longue langue \u2014 les abeilles \u00e0 langue courte pratiquent le \u00ab vol de nectar \u00bb en per\u00e7ant la base du tube corollaire. En jardinage, la consoude est un accumulateur dynamique de min\u00e9raux (potassium, silice, calcium) gr\u00e2ce \u00e0 son enracinement profond, ce qui en fait une alli\u00e9e pr\u00e9cieuse en permaculture et en agro\u00e9cologie.<\/p>\n<hr>\n<h3>CONFUSIONS POSSIBLES<\/h3>\n<ul>\n<li><strong><em>Digitalis purpurea<\/em><\/strong> (digitale pourpre) : confusion DANGEREUSE au stade rosette. Les feuilles de digitale sont tomenteuses-douces (pas r\u00eaches), plus grises, et ne sont PAS d\u00e9currentes. La digitale est un cardiotoxique mortel.<\/li>\n<li><strong><em>Borago officinalis<\/em><\/strong> (bourrache) : m\u00eame famille, pilosit\u00e9 similaire, mais feuilles non d\u00e9currentes, fleurs bleues \u00e9toil\u00e9es, annuelle.<\/li>\n<li><strong><em>Cynoglossum officinale<\/em><\/strong> (cynoglosse) : feuilles molles et pubescentes, mais non d\u00e9currentes, fruits \u00e0 crochets.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La consoude officinale est un cas d&rsquo;\u00e9cole de la pharmacognosie moderne : une plante \u00e0 la r\u00e9putation cicatrisante mill\u00e9naire, dont l&rsquo;efficacit\u00e9 en usage externe est confirm\u00e9e par des essais cliniques rigoureux (allanto\u00efne + acide rosmarinique + mucilages), mais dont l&rsquo;usage interne est d\u00e9sormais interdit en raison de la toxicit\u00e9 h\u00e9patique de ses alcalo\u00efdes pyrrolizidiniques. Cette dualit\u00e9 \u2014 efficace dehors, dangereuse dedans \u2014 impose un usage exclusivement topique, pour des dur\u00e9es limit\u00e9es, sur peau intacte. En parall\u00e8le, la consoude reste une plante de premier plan en agriculture biologique (purin fertilisant) et en \u00e9cologie des zones humides.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Bruneton J., <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5<sup>e<\/sup> \u00e9d., Lavoisier, 2016.<\/li>\n<li>EMA\/HMPC, <em>Community herbal monograph on Symphytum officinale L., radix<\/em>, 2015.<\/li>\n<li>Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne, monographie <em>Symphyti radix<\/em>, 10<sup>e<\/sup> \u00e9d.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B., <em>Flora Gallica \u2014 Flore de France<\/em>, Biotope \u00c9ditions, 2014.<\/li>\n<li>Koll R., Buhr M., Diber R. et al., \u00ab Efficacy and tolerance of a comfrey root extract (Extr. Rad. Symphyti) in the treatment of ankle distorsions \u00bb, <em>Phytomedicine<\/em>, 2004, 11(6), 470-477.<\/li>\n<li>Rode D., \u00ab Comfrey toxicity revisited \u00bb, <em>Trends in Pharmacological Sciences<\/em>, 2002, 23(11), 497-499.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2606<\/strong> Cicatrisant (allanto\u00efne, externe)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (externe)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Vuln\u00e9raire (entorses, contusions)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> \u00c9mollient<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La consoude officinale porte dans son nom m\u00eame sa vocation th\u00e9rapeutique : du latin consolidare (\u00ab consolider, souder \u00bb), elle est depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 la plante [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[108],"tags":[],"class_list":["post-4617","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-boraginacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4617","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4617"}],"version-history":[{"count":13,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4617\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14271,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4617\/revisions\/14271"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4617"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4617"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4617"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}