{"id":4645,"date":"2026-03-28T12:47:38","date_gmt":"2026-03-28T11:47:38","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/diplotaxis-fausse-roquette\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:12","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:12","slug":"diplotaxis-fausse-roquette","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/diplotaxis-fausse-roquette\/","title":{"rendered":"DIPLOTAXIS FAUSSE ROQUETTE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Diplotaxis%20fausse%20roquette.jpg\" alt=\"Planche botanique Diplotaxis fausse roquette\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>La diplotaxis fausse roquette (<em>Diplotaxis erucoides<\/em> (L.) DC.), membre discret de la famille des Brassicac\u00e9es (Crucif\u00e8res), est une plante annuelle ou bisannuelle commune dans le bassin m\u00e9diterran\u00e9en. Ses fleurs blanches \u00e0 veinures violettes, ses siliques allong\u00e9es et son port buissonnant en font une pr\u00e9sence famili\u00e8re des vignes, des olivettes et des friches du Midi. Souvent confondue avec la roquette cultiv\u00e9e, elle s&rsquo;en distingue par ses fleurs blanches et sa saveur plus douce.<\/p>\n<p>Bien que consid\u00e9r\u00e9e avant tout comme une adventice des cultures m\u00e9diterran\u00e9ennes, la diplotaxis fausse roquette est comestible et consomm\u00e9e localement en salade ou cuite. Comme toutes les Brassicac\u00e9es, elle renferme des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/glucosinolates\/\">glucosinolates<\/a><\/strong>, compos\u00e9s soufr\u00e9s auxquels la recherche contemporaine attribue des propri\u00e9t\u00e9s anticanc\u00e9reuses significatives. Plante alimentaire mineure plut\u00f4t que m\u00e9dicinale au sens strict, elle illustre la fronti\u00e8re floue entre aliment et rem\u00e8de qui caract\u00e9rise la famille des Crucif\u00e8res.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La diplotaxis fausse roquette porte le nom scientifique <em>Diplotaxis erucoides<\/em> (L.) DC. Elle appartient \u00e0 la famille des <strong>Brassicaceae<\/strong> (Cruciferae), tribu des Brassiceae, genre <em>Diplotaxis<\/em>. Ce genre comprend une trentaine d&rsquo;esp\u00e8ces, principalement m\u00e9diterran\u00e9ennes. Le nom <em>Diplotaxis<\/em> vient du grec <em>diplos<\/em> (double) et <em>taxis<\/em> (rang), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la disposition des graines sur deux rangs dans la silique. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>erucoides<\/em> signifie \u00ab qui ressemble \u00e0 la roquette \u00bb (<em>Eruca<\/em>).<\/p>\n<p>Le basionyme est <em>Sinapis erucoides<\/em> L. Les synonymes incluent <em>Brassica erucoides<\/em> (L.) Boiss. Les noms vernaculaires sont : \u00ab fausse roquette \u00bb, \u00ab roquette blanche \u00bb, \u00ab riquette \u00bb en Provence, \u00ab ravanisceddu \u00bb en Sicile, \u00ab white wall rocket \u00bb en anglais, \u00ab Rauken\u00e4hnlicher Doppelsame \u00bb en allemand. L&rsquo;esp\u00e8ce comprend deux sous-esp\u00e8ces principales : subsp. <em>erucoides<\/em> et subsp. <em>longisiliqua<\/em> (Coss.) Bonnier.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>La diplotaxis fausse roquette est une plante annuelle ou bisannuelle de 20 \u00e0 60 cm de hauteur, \u00e0 tige dress\u00e9e, ramifi\u00e9e, glabre ou faiblement hispide \u00e0 la base. Les feuilles basales sont dispos\u00e9es en rosette, lyr\u00e9es-pennatipartites \u00e0 pennatifides, \u00e0 lobes dent\u00e9s irr\u00e9guliers ; les feuilles caulinaires sont plus petites, sessiles, plus ou moins embrassantes.<\/p>\n<p>Les fleurs, de 10 \u00e0 15 mm de diam\u00e8tre, poss\u00e8dent 4 p\u00e9tales blancs \u00e0 veinures violettes, dispos\u00e9s en croix (caract\u00e8re des Crucif\u00e8res), avec 4 s\u00e9pales verts dress\u00e9s. Les \u00e9tamines sont au nombre de 6 (4 longues + 2 courtes, t\u00e9tradynames). Le fruit est une silique lin\u00e9aire de 2 \u00e0 4 cm, dress\u00e9e, \u00e0 bec court, contenant des graines dispos\u00e9es sur deux rangs. La floraison s&rsquo;\u00e9tale de septembre \u00e0 mai en climat m\u00e9diterran\u00e9en, avec un pic hivernal. La pollinisation est entomogame (abeilles, syrphes) et autogame.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>La diplotaxis fausse roquette est une esp\u00e8ce m\u00e9diterran\u00e9enne occidentale, abondante dans tout le pourtour m\u00e9diterran\u00e9en : p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique, France m\u00e9ridionale, Italie, Afrique du Nord, Proche-Orient. Elle a \u00e9t\u00e9 largement introduite dans d&rsquo;autres r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es chaudes (Californie, Australie, Am\u00e9rique du Sud). En France, elle est tr\u00e8s commune en Provence, Languedoc, Roussillon, Corse, et dans la vall\u00e9e du Rh\u00f4ne.<\/p>\n<p>Elle colonise les vignes, les olivettes, les vergers, les cultures mara\u00eech\u00e8res, les friches, les bords de chemins et les terrains vagues. Elle affectionne les sols calcaires \u00e0 neutres, secs \u00e0 frais, souvent perturb\u00e9s. C&rsquo;est une esp\u00e8ce th\u00e9rophyte ou h\u00e9micryptophyte, pionni\u00e8re, \u00e0 cycle court, capable de germer et de fleurir en plein hiver dans les r\u00e9gions \u00e0 hiver doux. Sa floraison hivernale en fait une ressource alimentaire importante pour les pollinisateurs \u00e0 cette p\u00e9riode critique.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et culture<\/h3>\n<p>La diplotaxis fausse roquette est une esp\u00e8ce pionni\u00e8re, rud\u00e9rale, de culture extr\u00eamement facile. Le semis se fait directement en place, de septembre \u00e0 mars en climat m\u00e9diterran\u00e9en, ou de mars \u00e0 mai en climat plus continental. Les graines germent rapidement (3 \u00e0 7 jours) \u00e0 des temp\u00e9ratures comprises entre 10 et 25 \u00b0C. Un semis \u00e9chelonn\u00e9 permet une r\u00e9colte prolong\u00e9e.<\/p>\n<p>Elle prosp\u00e8re en sol calcaire, drainant, au soleil, mais s&rsquo;adapte \u00e0 une large gamme de conditions. Elle tol\u00e8re le froid mod\u00e9r\u00e9 (\u22125 \u00e0 \u22128 \u00b0C) et la s\u00e9cheresse, mais produit de plus belles feuilles en sol frais et fertile. La r\u00e9colte des feuilles se fait en continu, en coupant les rosettes avant la mont\u00e9e en graines. Si on la laisse monter \u00e0 fleurs, elle se ress\u00e8me abondamment et peut devenir envahissante. Sa floraison hivernale constitue une ressource mellif\u00e8re pr\u00e9cieuse. La culture biologique est ais\u00e9e car la plante est naturellement peu sensible aux ravageurs et maladies.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Comme toutes les Brassicac\u00e9es, la diplotaxis fausse roquette est riche en <strong>glucosinolates<\/strong>, compos\u00e9s soufr\u00e9s caract\u00e9ristiques de la famille. Les principaux glucosinolates identifi\u00e9s sont la <strong>gluco\u00e9rucine<\/strong> (4-m\u00e9thylthiobutyl glucosinolate), la <strong>glucoraphanine<\/strong> (4-m\u00e9thylsulfinylbutyl glucosinolate) et la <strong>sinigrine<\/strong>. Lors de la mastication ou du broyage, l&rsquo;enzyme <strong>myrosinase<\/strong> hydrolyse les glucosinolates en <strong>isothiocyanates<\/strong> (ITC), compos\u00e9s bioactifs responsables de la saveur piquante et des propri\u00e9t\u00e9s biologiques.<\/p>\n<p>La plante contient \u00e9galement de la <strong>vitamine C<\/strong> (acide ascorbique) en quantit\u00e9 notable, des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong> (<strong>b\u00eata-carot\u00e8ne<\/strong>, <strong>lut\u00e9ine<\/strong>), des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (<strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong> et leurs glycosides), des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong>, des <strong>fibres<\/strong>, du <strong>potassium<\/strong>, du <strong>calcium<\/strong>, du <strong>fer<\/strong> et du <strong>magn\u00e9sium<\/strong>. Les feuilles sont relativement riches en <strong>prot\u00e9ines<\/strong> pour un l\u00e9gume-feuille (2-3 % du poids frais). La composition nutritionnelle est comparable \u00e0 celle de la roquette cultiv\u00e9e (<em>Eruca vesicaria<\/em>).<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques de la diplotaxis fausse roquette sont essentiellement celles des glucosinolates et de leurs d\u00e9riv\u00e9s, les isothiocyanates. L&rsquo;<strong>\u00e9rucine<\/strong> (4-m\u00e9thylthiobutyl isothiocyanate), principal ITC de cette esp\u00e8ce, poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s <strong>anticanc\u00e9reuses<\/strong> d\u00e9montr\u00e9es in vitro : induction de l&rsquo;apoptose, inhibition de la prolif\u00e9ration cellulaire, induction des enzymes de d\u00e9toxification de phase II (glutathion-S-transf\u00e9rases, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quinones\/\">quinone<\/a> r\u00e9ductases).<\/p>\n<p>La <strong>glucoraphanine<\/strong>, pr\u00e9curseur du <strong>sulforaphane<\/strong>, est l&rsquo;un des glucosinolates les plus \u00e9tudi\u00e9s pour ses propri\u00e9t\u00e9s <strong>chimiopr\u00e9ventives<\/strong>. Les flavono\u00efdes et les carot\u00e9no\u00efdes contribuent \u00e0 une activit\u00e9 <strong>antioxydante<\/strong> globale. Des propri\u00e9t\u00e9s <strong>antimicrobiennes<\/strong> des isothiocyanates ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9es contre divers pathog\u00e8nes alimentaires. L&rsquo;ensemble de ces propri\u00e9t\u00e9s s&rsquo;inscrit dans le cadre g\u00e9n\u00e9ral des b\u00e9n\u00e9fices sant\u00e9 associ\u00e9s \u00e0 la consommation r\u00e9guli\u00e8re de Brassicac\u00e9es, sans que des propri\u00e9t\u00e9s th\u00e9rapeutiques sp\u00e9cifiques soient revendiqu\u00e9es pour cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<hr>\n<h3>Utilisations en m\u00e9decine traditionnelle<\/h3>\n<p>L&rsquo;usage m\u00e9dicinal de la diplotaxis fausse roquette est limit\u00e9 et se confond largement avec celui des roquettes en g\u00e9n\u00e9ral. Dans la m\u00e9decine populaire m\u00e9diterran\u00e9enne, les Crucif\u00e8res \u00e0 saveur piquante \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9es comme <strong>stimulantes<\/strong>, <strong>digestives<\/strong>, <strong>diur\u00e9tiques<\/strong> et <strong>aphrodisiaques<\/strong>. La roquette blanche \u00e9tait consomm\u00e9e en salade printani\u00e8re comme <strong>d\u00e9puratif<\/strong> et <strong>tonique<\/strong>.<\/p>\n<p>En usage externe, les cataplasmes de feuilles broy\u00e9es \u00e9taient appliqu\u00e9s comme <strong>r\u00e9vulsifs<\/strong> (similairement \u00e0 la moutarde) pour soulager les douleurs rhumatismales et les congestions pulmonaires. Les graines broy\u00e9es \u00e9taient parfois utilis\u00e9es comme condiment digestif. En Afrique du Nord, la plante entre dans les soupes et rago\u00fbts hivernaux \u00e0 la fois comme aliment et comme rem\u00e8de populaire contre les refroidissements. Ces usages rel\u00e8vent davantage de l&rsquo;alimentation-sant\u00e9 que de la phytoth\u00e9rapie stricte.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Glucosinolates<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Gluco\u00e9rucine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Glucoraphanine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Sinigrine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Myrosinase<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>La diplotaxis fausse roquette s&rsquo;utilise principalement comme aliment. La consommation de feuilles fra\u00eeches en salade, \u00e0 raison de quelques poign\u00e9es par jour, constitue la forme d&#8217;emploi la plus courante et la plus pertinente. Les feuilles peuvent \u00eatre consomm\u00e9es crues (salades compos\u00e9es, mesclun) ou cuites (soupes, quiches, p\u00e2tes).<\/p>\n<p>La cuisson r\u00e9duit la teneur en isothiocyanates (destruction de la myrosinase) et en vitamine C, mais augmente la biodisponibilit\u00e9 des carot\u00e9no\u00efdes. Pour maximiser les apports en glucosinolates bioactifs, la consommation crue est pr\u00e9f\u00e9rable. Aucune pr\u00e9paration pharmacologique standardis\u00e9e n&rsquo;existe pour cette esp\u00e8ce. Les graines peuvent \u00eatre utilis\u00e9es comme condiment (saveur moutard\u00e9e douce). En r\u00e9sum\u00e9, la meilleure \u00ab posologie \u00bb est l&rsquo;int\u00e9gration r\u00e9guli\u00e8re de cette plante dans l&rsquo;alimentation, conform\u00e9ment aux recommandations de consommation de Crucif\u00e8res (au moins 3 \u00e0 5 portions par semaine).<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La diplotaxis fausse roquette ne pr\u00e9sente pas de toxicit\u00e9 significative aux doses alimentaires habituelles. Les glucosinolates, \u00e0 doses \u00e9lev\u00e9es et sur une p\u00e9riode prolong\u00e9e, peuvent interf\u00e9rer avec la fonction thyro\u00efdienne en inhibant la captation de l&rsquo;iode par la thyro\u00efde (effet <strong>goitrog\u00e8ne<\/strong>). Cet effet n&rsquo;a de pertinence clinique qu&rsquo;en cas de consommation massive et prolong\u00e9e, combin\u00e9e \u00e0 une carence iod\u00e9e pr\u00e9existante.<\/p>\n<p>Les isothiocyanates peuvent provoquer une irritation des muqueuses digestives chez les personnes sensibles (gastrite, reflux). Les personnes sous anticoagulants de type anti-vitamine K doivent maintenir une consommation stable de Brassicac\u00e9es (riches en vitamine K1) pour ne pas perturber l&rsquo;INR. Aucun cas d&rsquo;intoxication aigu\u00eb par la diplotaxis n&rsquo;est rapport\u00e9 dans la litt\u00e9rature. La plante est consid\u00e9r\u00e9e comme s\u00fbre dans le cadre d&rsquo;une alimentation normale et diversifi\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Les principales interactions potentielles concernent les <strong>anticoagulants anti-vitamine K<\/strong> (warfarine, ac\u00e9nocoumarol) : la vitamine K1 contenue dans les feuilles vertes peut diminuer l&rsquo;efficacit\u00e9 de ces m\u00e9dicaments si la consommation varie fortement. Il est recommand\u00e9 de maintenir un apport stable plut\u00f4t que d&rsquo;\u00e9viter les crucif\u00e8res.<\/p>\n<p>Les glucosinolates peuvent th\u00e9oriquement interf\u00e9rer avec les <strong>m\u00e9dicaments thyro\u00efdiens<\/strong> (l\u00e9vothyroxine) en exer\u00e7ant un effet goitrog\u00e8ne. Les isothiocyanates sont m\u00e9tabolis\u00e9s par les glutathion-S-transf\u00e9rases et peuvent influencer le m\u00e9tabolisme d&rsquo;autres x\u00e9nobiotiques. Cependant, ces interactions sont jug\u00e9es cliniquement non significatives aux doses alimentaires normales. Aucune interaction grave n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9e dans la litt\u00e9rature pour cette esp\u00e8ce. L&rsquo;int\u00e9gration mod\u00e9r\u00e9e dans l&rsquo;alimentation ne n\u00e9cessite pas de pr\u00e9caution particuli\u00e8re chez les personnes en bonne sant\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9tudes cliniques et scientifiques<\/h3>\n<p>Les \u00e9tudes scientifiques sp\u00e9cifiquement consacr\u00e9es \u00e0 <em>Diplotaxis erucoides<\/em> sont principalement phytochimiques et nutritionnelles. Des travaux ont caract\u00e9ris\u00e9 son profil en glucosinolates et compar\u00e9 sa composition \u00e0 celle d&rsquo;autres Brassicac\u00e9es alimentaires. Des \u00e9tudes in vitro ont montr\u00e9 que les extraits de <em>D. erucoides<\/em> poss\u00e8dent une activit\u00e9 antioxydante significative, corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 la teneur en flavono\u00efdes et en vitamine C.<\/p>\n<p>La majorit\u00e9 des \u00e9tudes sur les propri\u00e9t\u00e9s anticanc\u00e9reuses des glucosinolates et isothiocyanates proviennent de recherches sur le brocoli, le cresson et la roquette cultiv\u00e9e, mais les r\u00e9sultats sont extrapolables aux esp\u00e8ces du m\u00eame genre. Des \u00e9tudes nutritionnelles ont \u00e9valu\u00e9 la diplotaxis comme \u00ab aliment fonctionnel \u00bb potentiel dans le cadre du r\u00e9gime m\u00e9diterran\u00e9en. Aucune \u00e9tude clinique interventionnelle n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e sp\u00e9cifiquement sur cette esp\u00e8ce. Les perspectives de recherche portent sur la valorisation de cette plante sauvage comestible comme ressource alimentaire et source de mol\u00e9cules bioactives.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La diplotaxis fausse roquette n&rsquo;est pas inscrite \u00e0 la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise ni europ\u00e9enne. Elle n&rsquo;est pas consid\u00e9r\u00e9e comme une plante m\u00e9dicinale au sens r\u00e9glementaire. En tant que plante alimentaire traditionnelle, sa commercialisation comme denr\u00e9e alimentaire ne n\u00e9cessite pas d&rsquo;autorisation sp\u00e9cifique dans l&rsquo;Union europ\u00e9enne (elle b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;un historique de consommation).<\/p>\n<p>La plante n&rsquo;est pas prot\u00e9g\u00e9e et ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune restriction de cueillette. Elle est consid\u00e9r\u00e9e comme une mauvaise herbe dans les syst\u00e8mes agricoles et ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucun statut de conservation. Les graines sont disponibles dans le commerce horticole sp\u00e9cialis\u00e9 sous la d\u00e9nomination \u00ab roquette sauvage blanche \u00bb ou \u00ab roquette blanche \u00bb. L&rsquo;esp\u00e8ce pourrait b\u00e9n\u00e9ficier d&rsquo;une attention accrue dans le cadre de la valorisation des plantes alimentaires sauvages et de l&rsquo;agrobiodiversit\u00e9 m\u00e9diterran\u00e9enne.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects culturels et historiques<\/h3>\n<p>La diplotaxis fausse roquette est consomm\u00e9e depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 dans le bassin m\u00e9diterran\u00e9en. Les Romains connaissaient et consommaient plusieurs esp\u00e8ces de roquettes, sans toujours distinguer clairement les genres <em>Eruca<\/em> et <em>Diplotaxis<\/em>. Columelle et Pline mentionnent l&rsquo;<em>eruca<\/em> comme plante potag\u00e8re et aphrodisiaque, mais l&rsquo;identification exacte des esp\u00e8ces reste discut\u00e9e.<\/p>\n<p>En Provence, la \u00ab riquette \u00bb fait partie de la tradition du mesclun, ce m\u00e9lange de jeunes pousses de salades qui constitue une sp\u00e9cialit\u00e9 ni\u00e7oise. En Sicile et en Sardaigne, elle est un ingr\u00e9dient traditionnel de soupes et de p\u00e2tes hivernales. En Afrique du Nord, elle entre dans la composition de plats populaires. Cette plante sauvage comestible conna\u00eet un regain d&rsquo;int\u00e9r\u00eat dans le cadre du mouvement de valorisation des plantes alimentaires spontan\u00e9es, de la \u00ab cuisine sauvage \u00bb et du retour aux aliments du r\u00e9gime m\u00e9diterran\u00e9en traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La diplotaxis fausse roquette, longtemps consid\u00e9r\u00e9e comme une simple mauvaise herbe, appara\u00eet aujourd&rsquo;hui comme une plante alimentaire d&rsquo;int\u00e9r\u00eat nutritionnel et nutraceutique r\u00e9el. Sa richesse en glucosinolates, flavono\u00efdes, vitamines et min\u00e9raux en fait un aliment fonctionnel de premier plan, parfaitement int\u00e9gr\u00e9 dans le mod\u00e8le du r\u00e9gime m\u00e9diterran\u00e9en dont les b\u00e9n\u00e9fices pour la sant\u00e9 sont largement document\u00e9s.<\/p>\n<p>Les perspectives portent sur sa valorisation comme culture alternative dans les syst\u00e8mes agricoles m\u00e9diterran\u00e9ens, sur la caract\u00e9risation de ses chimiotypes et sur l&rsquo;\u00e9valuation de son potentiel comme source de compos\u00e9s chimiopr\u00e9ventifs. La red\u00e9couverte des plantes alimentaires sauvages et la promotion de la biodiversit\u00e9 cultiv\u00e9e ouvrent des horizons prometteurs pour cette crucif\u00e8re humble mais pr\u00e9cieuse, qui m\u00e9rite de quitter les marges des vignobles pour trouver une place digne dans nos assiettes.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Diplotaxis%20erucoides\">Plants of the World Online, Kew : <em>Diplotaxis erucoides<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Diplotaxis+erucoides\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Diplotaxis erucoides<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Tonique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> D\u00e9puratif<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La diplotaxis fausse roquette (Diplotaxis erucoides (L.) 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