{"id":4646,"date":"2026-03-28T12:47:43","date_gmt":"2026-03-28T11:47:43","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/doradille-noire\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:16","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:16","slug":"doradille-noire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/doradille-noire\/","title":{"rendered":"DORADILLE NOIRE"},"content":{"rendered":"<p><em>Asplenium adiantum-nigrum<\/em> L.<\/p>\n<figure class=\"botanical-commons-figure botanical-commons-figure--doradille-noire\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/doradille-noire-transparent.png\" alt=\"Planche botanique de la doradille noire (Asplenium adiantum-nigrum)\" style=\"width:100%;max-width:100%;height:auto\" \/><\/figure>\n<p><strong>Famille :<\/strong> Aspleniaceae.<\/p>\n<p><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> doradille noire, capillaire noir, asplenium noir, Schwarzstieliger Streifenfarn (allemand), black spleenwort (anglais).<\/p>\n<p>La doradille noire est une foug\u00e8re rupicole de petite taille, \u00e0 la fois \u00e9l\u00e9gante et r\u00e9sistante, caract\u00e9ris\u00e9e par ses frondes bipenn\u00e9es \u00e0 tripenn\u00e9es d&rsquo;un vert profond luisant et son rachis noir brillant. Fid\u00e8le compagne des vieux murs, des rochers ombrag\u00e9s et des talus forestiers, elle colonise indiff\u00e9remment les substrats calcaires et siliceux dans toute l&rsquo;Europe temp\u00e9r\u00e9e, du littoral atlantique jusqu&rsquo;aux vall\u00e9es alpines \u00e0 2 000 m d&rsquo;altitude. Parmi les Aspl\u00e9niac\u00e9es, elle se distingue par sa robustesse et sa capacit\u00e9 \u00e0 s&rsquo;installer dans les fissures les plus \u00e9troites, ne demandant au substrat qu&rsquo;un peu d&rsquo;humidit\u00e9 et de mati\u00e8re organique. Son nom anglais \u00ab spleenwort \u00bb rappelle qu&rsquo;au Moyen \u00c2ge, la forme allong\u00e9e de ses sores \u2014 \u00e9voquant la rate \u2014 valut au genre tout entier une r\u00e9putation de rem\u00e8de spl\u00e9nique selon la doctrine des signatures. Aujourd&rsquo;hui, la doradille noire est surtout une plante patrimoniale, indicatrice de milieux rupestres stables, et son int\u00e9r\u00eat m\u00e9dicinal direct reste modeste, document\u00e9 principalement par la chimiotaxonomie des Aspleniaceae.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Aspleniaceae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Asplenium<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Asplenium adiantum-nigrum<\/em> L., 1753<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> <em>Asplenium<\/em> vient du grec <em>a-spl\u00ean<\/em> (\u00ab sans rate \u00bb), allusion \u00e0 l&rsquo;usage m\u00e9di\u00e9val des foug\u00e8res de ce genre contre les maladies de la rate. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>adiantum-nigrum<\/em> signifie \u00ab capillaire noir \u00bb, par confusion historique avec les capillaires vrais du genre <em>Adiantum<\/em> : le p\u00e9tiole et le rachis tr\u00e8s sombres \u00e9voquaient ceux de la capillaire de Montpellier. La plante n&rsquo;a toutefois aucun lien de parent\u00e9 rapproch\u00e9 avec les Pteridaceae.<\/p>\n<p><strong>Position phylog\u00e9n\u00e9tique :<\/strong> Les Aspleniaceae constituent une famille monog\u00e9n\u00e9rique (genre <em>Asplenium<\/em>, environ 700 esp\u00e8ces mondiales) au sein des Polypodiales. <em>A. adiantum-nigrum<\/em> appartient au complexe <em>adiantum-nigrum<\/em> s.l., qui comprend plusieurs cytotypes (diplo\u00efdes, t\u00e9traplo\u00efdes) et des hybrides fr\u00e9quents avec <em>A. onopteris<\/em> (doradille des \u00e2nes), rendant la d\u00e9limitation infrasp\u00e9cifique parfois d\u00e9licate. Le cytotype le plus courant en Europe occidentale est t\u00e9traplo\u00efde (2n = 144).<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Foug\u00e8re vivace, sempervirente ou semi-caduque selon le climat, formant une touffe compacte de 15 \u00e0 40 cm de hauteur. Le rhizome est court, \u00e9pais, dens\u00e9ment recouvert d&rsquo;\u00e9cailles brunes lanc\u00e9ol\u00e9es. Les frondes sont port\u00e9es par un p\u00e9tiole noir brillant, aussi long que le limbe, luisant et fragile \u00e0 la base ; le limbe, de contour triangulaire-ovale, est bipenn\u00e9e \u00e0 tripenn\u00e9e, \u00e0 pinnules cun\u00e9iformes dent\u00e9es au sommet, d&rsquo;un vert fonc\u00e9 brillant sur la face sup\u00e9rieure, plus p\u00e2le en dessous. Le rachis est noir sur toute sa longueur, virant progressivement au vert \u00e0 l&rsquo;apex. Les sores, lin\u00e9aires, sont dispos\u00e9s le long des nervures secondaires et recouverts d&rsquo;une indusie membraneuse allong\u00e9e qui s&rsquo;ouvre vers la nervure m\u00e9diane.<\/p>\n<p>La doradille noire se distingue de la doradille des \u00e2nes (<em>A. onopteris<\/em>) par ses frondes plus rigides, ses pinnules plus larges et moins aigu\u00ebs, et de la capillaire des murailles (<em>A. trichomanes<\/em>) par son limbe nettement bipenn\u00e9e et non simplement penn\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET R\u00c9PARTITION<\/h3>\n<p>Esp\u00e8ce eurasiatique et m\u00e9diterran\u00e9enne-atlantique, pr\u00e9sente dans toute l&rsquo;Europe, le bassin m\u00e9diterran\u00e9en, l&rsquo;Asie occidentale et les r\u00e9gions montagneuses d&rsquo;Afrique orientale. En France, elle est commune dans toutes les r\u00e9gions, de la plaine \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage montagnard (0-2 000 m), avec une pr\u00e9f\u00e9rence pour les situations semi-ombrag\u00e9es et les substrats rocheux.<\/p>\n<p><strong>Habitats :<\/strong> fissures de rochers (calcaires et siliceux), vieux murs, \u00e9boulis stabilis\u00e9s, talus forestiers, ruines, ponts anciens. La doradille noire est l&rsquo;une des foug\u00e8res murales les plus ubiquistes d&rsquo;Europe, capable de coloniser aussi bien le granite breton que les calcaires jurassiens ou les murs de basalte du Massif Central. Elle tol\u00e8re une gamme de pH large (5,5 \u00e0 8,0), requiert un drainage efficace et ne supporte ni la submersion prolong\u00e9e ni l&rsquo;exc\u00e8s de lumi\u00e8re directe en \u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Ph\u00e9nologie :<\/strong> les frondes se d\u00e9veloppent au printemps et persistent souvent jusqu&rsquo;au printemps suivant dans les stations abrit\u00e9es. Les sporanges m\u00fbrissent de juin \u00e0 septembre, lib\u00e9rant des spores brunes diss\u00e9min\u00e9es par le vent.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>En herboristerie traditionnelle, les <strong>frondes<\/strong> (parties a\u00e9riennes) \u00e9taient la partie r\u00e9colt\u00e9e, parfois le <strong>rhizome<\/strong>. L&rsquo;usage reste tr\u00e8s marginal et essentiellement historique. On r\u00e9coltait les frondes en \u00e9t\u00e9, au moment de la sporulation, et on les s\u00e9chait rapidement \u00e0 l&rsquo;ombre pour pr\u00e9parer des infusions ou des d\u00e9coctions. Aucune monographie officinale moderne ne prescrit cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La phytochimie d&rsquo;<em>Asplenium adiantum-nigrum<\/em> reste peu \u00e9tudi\u00e9e en elle-m\u00eame, mais peut \u00eatre d\u00e9duite par chimiotaxonomie de la famille des Aspleniaceae et des analyses disponibles sur des esp\u00e8ces cong\u00e9n\u00e8res.<\/p>\n<p><strong>Compos\u00e9s ph\u00e9noliques :<\/strong> des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavonols-2\/\">flavono\u00efdes<\/a><\/strong> de type <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavones\/\">flavones<\/a> et <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavonols\/\">flavonols<\/a> (d\u00e9riv\u00e9s de la <strong>lut\u00e9oline<\/strong>, de l&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a><\/strong> et du <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>) ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s dans le genre <em>Asplenium<\/em>. Des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (acide caf\u00e9ique, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a>) sont \u00e9galement attendus.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">Proanthocyanidines<\/a> :<\/strong> des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">tanins condens\u00e9s<\/a><\/strong> (proanthocyanidines de type B) sont pr\u00e9sents dans les frondes, contribuant \u00e0 l&rsquo;astringence.<\/p>\n<p><strong>Terp\u00e9no\u00efdes :<\/strong> des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">triterp\u00e8nes<\/a><\/strong> du type hopane et fernane, caract\u00e9ristiques des foug\u00e8res, ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crits dans la famille.<\/p>\n<p><strong>Autres :<\/strong> des traces d&rsquo;<strong>ecdyst\u00e9ro\u00efdes<\/strong> (phytoecdysones) ont \u00e9t\u00e9 recherch\u00e9es dans le genre \u2014 leur pr\u00e9sence reste \u00e0 confirmer pour cette esp\u00e8ce pr\u00e9cise. Des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a> en petite quantit\u00e9 peuvent \u00eatre pr\u00e9sents dans le rhizome.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;usage m\u00e9dicinal de la doradille noire rel\u00e8ve principalement de la tradition m\u00e9di\u00e9vale et renaissante, influenc\u00e9e par la doctrine des signatures. Les propri\u00e9t\u00e9s suivantes lui ont \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9es :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Anti-spl\u00e9nique :<\/strong> le nom m\u00eame du genre (<em>a-spl\u00ean<\/em>) traduit la croyance ancienne selon laquelle les Aspl\u00e9niac\u00e9es soignaient les affections de la rate \u2014 engorgement spl\u00e9nique, \u00ab m\u00e9lancolie \u00bb au sens humoraliste. Cette indication n&rsquo;a pas de fondement pharmacologique d\u00e9montr\u00e9.<\/li>\n<li><strong>\u00c9molliente et b\u00e9chique :<\/strong> en infusion, les frondes \u00e9taient r\u00e9put\u00e9es adoucir les muqueuses respiratoires et calmer la toux, propri\u00e9t\u00e9 partag\u00e9e avec la capillaire de Montpellier (<em>Adiantum capillus-veneris<\/em>), autrefois confondue avec elle.<\/li>\n<li><strong>Diur\u00e9tique l\u00e9g\u00e8re :<\/strong> mentionn\u00e9e dans certaines pharmacop\u00e9es r\u00e9gionales, cette activit\u00e9 serait li\u00e9e aux flavono\u00efdes.<\/li>\n<li><strong>Astringente :<\/strong> en usage externe, la d\u00e9coction de frondes a \u00e9t\u00e9 employ\u00e9e pour les petites plaies et les irritations cutan\u00e9es, propri\u00e9t\u00e9 attribuable aux tanins condens\u00e9s.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>DONN\u00c9ES PHARMACOLOGIQUES MODERNES<\/h3>\n<p>Les donn\u00e9es pharmacologiques sp\u00e9cifiques \u00e0 <em>A. adiantum-nigrum<\/em> sont rares. Les \u00e9tudes existantes concernent surtout le genre <em>Asplenium<\/em> au sens large :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Activit\u00e9 antioxydante :<\/strong> des extraits m\u00e9thanoliques de plusieurs esp\u00e8ces d&rsquo;<em>Asplenium<\/em> montrent une activit\u00e9 de pi\u00e9geage des radicaux libres (DPPH, ABTS) attribu\u00e9e aux flavono\u00efdes et aux acides ph\u00e9noliques (Valizadeh <em>et al.<\/em>, 2015).<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 antimicrobienne :<\/strong> des extraits de frondes d&rsquo;Aspleniaceae pr\u00e9sentent une inhibition mod\u00e9r\u00e9e <em>in vitro<\/em> contre <em>Staphylococcus aureus<\/em> et <em>Escherichia coli<\/em>, sugg\u00e9rant un r\u00f4le des compos\u00e9s ph\u00e9noliques dans la d\u00e9fense chimique de la plante.<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire :<\/strong> les flavones de type lut\u00e9oline, si confirm\u00e9es dans l&rsquo;esp\u00e8ce, sont des inhibiteurs connus des voies NF-\u03baB et COX-2.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces r\u00e9sultats restent pr\u00e9liminaires et ne justifient pas un usage th\u00e9rapeutique structur\u00e9 de la doradille noire.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Lut\u00e9oline<\/td>\n<td>Flavone<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Kaempf\u00e9rol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Terp\u00e9no\u00efdes<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ecdyst\u00e9ro\u00efdes<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Les indications suivantes sont purement historiques et ne constituent pas une recommandation th\u00e9rapeutique :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Infusion de frondes :<\/strong> 10-20 g de frondes s\u00e8ches par litre d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infusion 10 min, 2-3 tasses par jour (usage b\u00e9chique et diur\u00e9tique traditionnel).<\/li>\n<li><strong>D\u00e9coction en usage externe :<\/strong> 30 g de frondes par litre, \u00e9bullition 5 min, en compresses sur les contusions ou irritations.<\/li>\n<li><strong>Sirop de capillaire :<\/strong> d\u00e9coction concentr\u00e9e de frondes additionn\u00e9e de miel ou de sucre, usage pectoral populaire.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La doradille noire n&rsquo;est pas consid\u00e9r\u00e9e comme toxique. Aucune intoxication n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9e dans la litt\u00e9rature. Cependant :<\/p>\n<ul>\n<li>Les donn\u00e9es toxicologiques sp\u00e9cifiques sont insuffisantes pour garantir une innocuit\u00e9 absolue.<\/li>\n<li>En l&rsquo;absence de monographie officielle, l&rsquo;usage interne n&rsquo;est pas recommand\u00e9 chez la femme enceinte, la femme allaitante et l&rsquo;enfant de moins de 12 ans (principe de pr\u00e9caution).<\/li>\n<li>La pr\u00e9sence \u00e9ventuelle d&rsquo;ecdyst\u00e9ro\u00efdes, si confirm\u00e9e, m\u00e9riterait une \u00e9valuation de leurs effets hormonaux \u00e0 dose pharmacologique.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La doradille noire n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 une plante officinale majeure, mais elle a particip\u00e9, au m\u00eame titre que d&rsquo;autres \u00ab capillaires \u00bb, \u00e0 une pharmacop\u00e9e populaire des foug\u00e8res murales :<\/p>\n<ul>\n<li>Au Moyen \u00c2ge, elle entrait dans les \u00ab sirops de capillaire \u00bb \u2014 pr\u00e9parations pectorales sucr\u00e9es \u00e0 base de frondes de foug\u00e8res, de miel et de sucre \u2014 aux c\u00f4t\u00e9s d&rsquo;<em>Adiantum capillus-veneris<\/em> et d&rsquo;<em>Asplenium trichomanes<\/em>.<\/li>\n<li>En Angleterre, le nom <em>black spleenwort<\/em> perp\u00e9tue la m\u00e9moire de l&rsquo;usage spl\u00e9nique. L&rsquo;herboriste Nicholas Culpeper (1653) recommandait les doradilles contre les obstructions de la rate et du foie.<\/li>\n<li>En m\u00e9decine populaire m\u00e9diterran\u00e9enne, la plante a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e en cataplasme sur les contusions et en infusion contre les toux s\u00e8ches.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>CULTURE ET MULTIPLICATION<\/h3>\n<p>La doradille noire ne fait pas l&rsquo;objet d&rsquo;une culture commerciale mais peut \u00eatre cultiv\u00e9e dans les jardins de rocaille ou sur les murs v\u00e9g\u00e9talis\u00e9s :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Substrat :<\/strong> sol drainant, m\u00e9lange de terreau, sable grossier et graviers. Tol\u00e8re le calcaire et le substrat siliceux.<\/li>\n<li><strong>Exposition :<\/strong> mi-ombre \u00e0 ombre. \u00c9viter le soleil direct prolong\u00e9 en \u00e9t\u00e9.<\/li>\n<li><strong>Arrosage :<\/strong> mod\u00e9r\u00e9. La plante supporte des s\u00e9cheresses temporaires une fois \u00e9tablie mais pr\u00e9f\u00e8re une humidit\u00e9 atmosph\u00e9rique r\u00e9guli\u00e8re.<\/li>\n<li><strong>Multiplication :<\/strong> par division des touffes au printemps ou semis de spores sur substrat humide st\u00e9rile (germination lente, plusieurs mois).<\/li>\n<li><strong>Rusticit\u00e9 :<\/strong> excellente (zone USDA 5-9). Supporte des gel\u00e9es \u00e0 -20 \u00b0C dans les fissures de rocher.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>STATUT DE CONSERVATION<\/h3>\n<p><em>Asplenium adiantum-nigrum<\/em> n&rsquo;est pas menac\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle europ\u00e9enne. L&rsquo;esp\u00e8ce est class\u00e9e \u00ab pr\u00e9occupation mineure \u00bb (LC) par l&rsquo;UICN. En France, elle est commune dans toutes les r\u00e9gions et ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucune protection particuli\u00e8re. Toutefois, la destruction des vieux murs, la r\u00e9novation du b\u00e2ti ancien et le nettoyage des joints au d\u00e9sherbant chimique constituent des menaces locales pour les populations rupicoles urbaines et p\u00e9riurbaines.<\/p>\n<hr>\n<h3>INT\u00c9R\u00caT EN JARDIN NATUREL ET PERMACULTURE<\/h3>\n<p>La doradille noire pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat certain pour la v\u00e9g\u00e9talisation des murs, des rocailles et des espaces ombrag\u00e9s :<\/p>\n<ul>\n<li>Plante pionni\u00e8re des substrats durs : colonise naturellement les joints, les fissures et les \u00e9boulis fins.<\/li>\n<li>Sempervirente ou semi-persistante, elle offre un couvert v\u00e9g\u00e9tal hivernal appr\u00e9ciable dans les rocailles d&rsquo;ombre.<\/li>\n<li>Association possible avec <em>Asplenium trichomanes<\/em>, <em>Polypodium vulgare<\/em> et <em>Umbilicus rupestris<\/em> pour cr\u00e9er un micro-habitat de mur v\u00e9g\u00e9talis\u00e9.<\/li>\n<li>Aucune maintenance n\u00e9cessaire : la plante se ress\u00e8me naturellement par spores dans les conditions favorables.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>DORADILLE NOIRE pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Prelli R., <em>Les Foug\u00e8res et plantes alli\u00e9es de France et d&rsquo;Europe occidentale<\/em>, Belin, 2001.<\/li>\n<li>Jalas J. &amp; Suominen J. (\u00e9ds), <em>Atlas Florae Europaeae<\/em>, vol. 1, Pteridophyta, Helsinki, 1972.<\/li>\n<li>Culpeper N., <em>The English Physician<\/em>, 1653 (r\u00e9\u00e9d. facsimil\u00e9).<\/li>\n<li>Valizadeh H. <em>et al.<\/em>, \u00ab Antioxidant activity of <em>Asplenium<\/em> species from Iran \u00bb, <em>Pharmaceutical Sciences<\/em>, 21(3), 2015, p. 140-145.<\/li>\n<li>Bennert H.W. <em>et al.<\/em>, \u00ab The <em>Asplenium adiantum-nigrum<\/em> complex in Western Europe \u00bb, <em>Fern Gazette<\/em>, 14(6), 1993, p. 185-200.<\/li>\n<li>Ramaut J.L., \u00ab Chimiotaxonomie des Aspleniaceae europ\u00e9ennes par les flavono\u00efdes foliaires \u00bb, <em>Bulletin de la Soci\u00e9t\u00e9 Royale de Botanique de Belgique<\/em>, 108, 1975, p. 57-72.<\/li>\n<li>Fournier P., <em>Le Livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>, Lechevalier, 1947-1948.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Asplenium adiantum-nigrum L. Famille : Aspleniaceae. Noms vernaculaires : doradille noire, capillaire noir, asplenium noir, Schwarzstieliger Streifenfarn (allemand), black spleenwort (anglais). 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