{"id":4648,"date":"2026-03-28T12:47:52","date_gmt":"2026-03-28T11:47:52","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/drosera-a-feuilles-rondes\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:10","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:10","slug":"drosera-a-feuilles-rondes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/drosera-a-feuilles-rondes\/","title":{"rendered":"DROS\u00c9RA \u00c0 FEUILLES RONDES"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Dros%C3%A9ra%20%C3%A0%20feuilles%20rondes.jpg\" alt=\"Planche botanique Dros\u00e9ra \u00e0 feuilles rondes\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Drosera rotundifolia<\/em> L.<\/p>\n<p><strong>Famille :<\/strong> Droseraceae.<\/p>\n<p><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> dros\u00e9ra \u00e0 feuilles rondes, rossolis \u00e0 feuilles rondes, herbe \u00e0 la ros\u00e9e, ros\u00e9e du soleil, Rundbl\u00e4ttriger Sonnentau (allemand), round-leaved sundew (anglais), roc\u00edo del sol (espagnol).<\/p>\n<p>Le dros\u00e9ra \u00e0 feuilles rondes est l&rsquo;une des plantes les plus extraordinaires de la flore europ\u00e9enne \u2014 une plante carnivore miniature des tourbi\u00e8res, dont les feuilles couvertes de tentacules glanduleux rouge\u00e2tres, scintillant de gouttelettes visqueuses, pi\u00e8gent et dig\u00e8rent de minuscules insectes pour compenser la pauvret\u00e9 min\u00e9rale des substrats tourbeux acides. Ce merveilleux biologique fascine depuis Darwin, qui lui consacra en 1875 un ouvrage entier (<em>Insectivorous Plants<\/em>). Mais le dros\u00e9ra est aussi une plante m\u00e9dicinale classique de la pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne : la plante enti\u00e8re, riche en <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/naphtoquinones\/\">naphtoquinones<\/a><\/strong> (<strong>plumbagine<\/strong>, <strong>dros\u00e9rone<\/strong>, <strong>ramentac\u00e9one<\/strong>), poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s antitussives, antispasmodiques respiratoires et antimicrobiennes qui en ont fait un rem\u00e8de de r\u00e9f\u00e9rence contre les toux spasmodiques, la coqueluche et les bronchites irritatives. <em>Drosera<\/em> est inscrit \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne. Prot\u00e9g\u00e9 dans de nombreux pays, le dros\u00e9ra ne doit plus \u00eatre r\u00e9colt\u00e9 dans la nature \u2014 l&rsquo;approvisionnement pharmaceutique repose sur la culture et les esp\u00e8ces tropicales d&rsquo;\u00e9levage.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Droseraceae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Drosera<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Drosera rotundifolia<\/em> L., 1753<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> <em>Drosera<\/em> vient du grec <em>droseros<\/em> (couvert de ros\u00e9e), allusion aux gouttelettes visqueuses qui brillent au soleil sur les tentacules foliaires \u2014 d&rsquo;o\u00f9 le nom de \u00ab rossolis \u00bb (ros\u00e9e du soleil, du latin <em>ros solis<\/em>). <em>Rotundifolia<\/em> (feuilles rondes) distingue cette esp\u00e8ce de <em>D. anglica<\/em> (feuilles allong\u00e9es) et de <em>D. intermedia<\/em> (feuilles spatul\u00e9es).<\/p>\n<p><strong>Diversit\u00e9 du genre :<\/strong> <em>Drosera compte plus de 270 esp\u00e8ces mondiales accept\u00e9es (274 esp\u00e8ces et nothoesp\u00e8ces selon POWO\/Wikipedia, 2024), principalement tropicales (Australie, Afrique du Sud, Am\u00e9rique du Sud). Trois esp\u00e8ces sont indig\u00e8nes en France : <em>D. rotundifolia<\/em> (la plus commune), <em>D. anglica<\/em> et <em>D. intermedia<\/em>. Toutes sont prot\u00e9g\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Petite plante vivace de 5 \u00e0 20 cm de hauteur, formant une rosette basale plaqu\u00e9e au sol ou l\u00e9g\u00e8rement \u00e9rig\u00e9e. Les feuilles, au nombre de 4 \u00e0 12, sont port\u00e9es par de longs p\u00e9tioles (2-5 cm) et poss\u00e8dent un limbe orbiculaire (5-10 mm de diam\u00e8tre), vert rouge\u00e2tre \u00e0 rouge vif, couvert de tentacules glanduleux (trichomes) termin\u00e9s par une gouttelette de <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilage<\/a> visqueux et brillant. Les tentacules p\u00e9riph\u00e9riques sont les plus longs (3-5 mm) ; les centraux, plus courts, portent les enzymes digestives. Au contact d&rsquo;un insecte, les tentacules se courbent lentement vers la proie (mouvement thigmonastique, 1-3 heures), la recouvrent de mucilage et s\u00e9cr\u00e8tent des enzymes prot\u00e9olytiques (prot\u00e9ases, est\u00e9rases, phosphatases acides) qui dig\u00e8rent les tissus mous de l&rsquo;insecte en 2-5 jours. Les nutriments absorb\u00e9s (azote, phosphore) compensent la pauvret\u00e9 du substrat.<\/p>\n<p>Les fleurs, blanches, petites (5-6 mm), sont port\u00e9es par une hampe florale dress\u00e9e (5-20 cm) naissant lat\u00e9ralement de la rosette. L&rsquo;inflorescence est une cyme scorpio\u00efde unipare (d\u00e9roul\u00e9e). Les fruits sont des capsules contenant de tr\u00e8s nombreuses graines minuscules, fusiformes, dispers\u00e9es par le vent et l&rsquo;eau.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET R\u00c9PARTITION<\/h3>\n<p>Esp\u00e8ce circumbor\u00e9ale, pr\u00e9sente dans toute l&rsquo;Europe, l&rsquo;Asie du Nord, l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord et la Sib\u00e9rie. En France, le dros\u00e9ra \u00e0 feuilles rondes se rencontre dans les tourbi\u00e8res acides, les bas-marais oligotrophes, les suintements tourbeux et les sphaignaies, du littoral atlantique \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage subalpin (0-2 000 m), partout o\u00f9 le substrat est acide (pH 3,5-5,5), pauvre en min\u00e9raux et constamment d\u00e9tremp\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Habitats :<\/strong> tourbi\u00e8res bomb\u00e9es \u00e0 sphaignes, tourbi\u00e8res de transition, bas-marais acides, suintements sur gr\u00e8s et granite, bords de gouilles, rives de lacs tourbeux. Le dros\u00e9ra est strictement oligotrophe : tout enrichissement du milieu en nutriments (azote, phosphore) lui est fatal, car il est supplant\u00e9 par des plantes comp\u00e9titrices plus vigoureuses.<\/p>\n<p><strong>Ph\u00e9nologie :<\/strong> la rosette appara\u00eet au printemps (mai), les fleurs s&rsquo;\u00e9panouissent en juin-juillet (autof\u00e9condation fr\u00e9quente), les graines m\u00fbrissent en ao\u00fbt-septembre. La plante survit \u00e0 l&rsquo;hiver sous forme de bourgeon dormant (hibernacle) enfoui dans la sphaigne.<\/p>\n<p><strong>Carnivorisme :<\/strong> la capture d&rsquo;insectes fournit au dros\u00e9ra 50-80 % de son azote et 40-70 % de son phosphore (Adamec, 1997). Les proies sont principalement des dipt\u00e8res (moustiques, moucherons) et des collemboles.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>La <strong>plante enti\u00e8re fra\u00eeche ou s\u00e8che<\/strong> (<em>Droserae herba<\/em>) est la drogue officinale, inscrite \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne (PhEur 10.0). La r\u00e9colte se fait sur plantes cultiv\u00e9es ou sur des esp\u00e8ces tropicales d&rsquo;\u00e9levage (<em>D. madagascariensis<\/em>, <em>D. ramentacea<\/em>), et non sur les populations sauvages europ\u00e9ennes prot\u00e9g\u00e9es. La teinture m\u00e8re est pr\u00e9par\u00e9e \u00e0 partir de la plante fra\u00eeche enti\u00e8re.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p><strong>Naphtoquinones :<\/strong> ce sont les compos\u00e9s majeurs d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacologique. La plante enti\u00e8re contient 0,2-0,5 % de naphtoquinones, principalement :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Plumbagine (5-hydroxy-2-m\u00e9thyl-1,4-naphtoquinone, C\u2081\u2081H\u2088O\u2083) : le compos\u00e9 le plus actif, puissamment antimicrobien et spasmolytique. \u00c0 ne pas confondre avec la m\u00e9nadione (2-m\u00e9thyl-1,4-naphtoquinone), la vitamine K3 synth\u00e9tique.<\/li>\n<li><strong>Dros\u00e9rone<\/strong> (ramentone) : naphtoquinone dihydroxyl\u00e9e.<\/li>\n<li><strong>Ramentac\u00e9one<\/strong> (7-m\u00e9thyljuglone).<\/li>\n<li><strong>Hydroxydros\u00e9rone<\/strong>.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les naphtoquinones sont responsables de la coloration rouge-brun\u00e2tre de la plante s\u00e8che et de l&rsquo;essentiel de l&rsquo;activit\u00e9 pharmacologique.<\/p>\n<p><strong>Flavono\u00efdes :<\/strong> <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, <strong>myric\u00e9tine<\/strong>, <strong>hyp\u00e9roside<\/strong>, <strong>isorhamn\u00e9tine<\/strong> et leurs glycosides. Contribuent \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 antioxydante et anti-inflammatoire.<\/p>\n<p><strong>Ellagitanins :<\/strong> <strong>acide ellagique<\/strong> et d\u00e9riv\u00e9s \u2014 compos\u00e9s astringents et antioxydants.<\/p>\n<p><strong>Enzymes digestives :<\/strong> la plante s\u00e9cr\u00e8te des <strong>prot\u00e9ases acides<\/strong> (droserasines, analogues de la pepsine), des <strong>est\u00e9rases<\/strong>, des <strong>phosphatases<\/strong> et des <strong>chitinases<\/strong> \u2014 enzymes de la digestion carnivore, sans usage pharmaceutique direct.<\/p>\n<p><strong>Mucilages :<\/strong> les gouttelettes visqueuses des tentacules sont compos\u00e9es de polysaccharides acides (mucilage).<\/p>\n<p><strong>Acides organiques :<\/strong> <strong>acide citrique<\/strong>, <strong>acide malique<\/strong>, <strong>acide butyrique<\/strong>.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Antitussif et antispasmodique respiratoire :<\/strong> propri\u00e9t\u00e9 majeure. Le dros\u00e9ra est le rem\u00e8de classique de la toux spasmodique, irritative, quinteuse \u2014 coqueluche, toux du fumeur, toux nocturne, toux s\u00e8che persistante. Il calme le spasme bronchique sans effet narcotique.<\/li>\n<li><strong>B\u00e9chique :<\/strong> l&rsquo;infusion ou la teinture de dros\u00e9ra \u00e9tait prescrite dans les bronchites aigu\u00ebs et chroniques, les trach\u00e9ites et les laryngites.<\/li>\n<li><strong>Antiasthmatique :<\/strong> usage traditionnel dans l&rsquo;asthme l\u00e9ger, en association avec d&rsquo;autres plantes pectorales (thym, plantain, marrube).<\/li>\n<li><strong>Antimicrobien :<\/strong> la plumbagine conf\u00e8re au dros\u00e9ra une activit\u00e9 antibact\u00e9rienne qui renforce l&rsquo;indication respiratoire en cas de surinfection.<\/li>\n<li><strong>Usage externe :<\/strong> la teinture de dros\u00e9ra \u00e9tait appliqu\u00e9e sur les verrues et les cors, en raison de l&rsquo;action k\u00e9ratolytique des naphtoquinones.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>DONN\u00c9ES PHARMACOLOGIQUES MODERNES<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Activit\u00e9 spasmolytique bronchique :<\/strong> les extraits de <em>Drosera<\/em> relaxent les muscles lisses bronchiques <em>in vitro<\/em> et <em>in vivo<\/em>, par un m\u00e9canisme impliquant l&rsquo;inhibition de l&rsquo;ac\u00e9tylcholine et de l&rsquo;histamine sur les r\u00e9cepteurs muscariniques et H1. La <strong>plumbagine<\/strong> est le principal compos\u00e9 actif, mais l&rsquo;effet est potentialis\u00e9 par les flavono\u00efdes (Paper <em>et al.<\/em>, 2005).<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 antimicrobienne :<\/strong> la <strong>plumbagine<\/strong> est un antimicrobien puissant, actif contre <em>Streptococcus pneumoniae<\/em>, <em>Staphylococcus aureus<\/em>, <em>Haemophilus influenzae<\/em>, <em>Bordetella pertussis<\/em> (agent de la coqueluche) et <em>Mycobacterium tuberculosis<\/em>. Les CMI sont de l&rsquo;ordre de 0,5-4 \u00b5g\/mL (Krolicka <em>et al.<\/em>, 2008).<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire :<\/strong> les naphtoquinones et les flavono\u00efdes inhibent la production de leucotri\u00e8nes et de prostaglandines, r\u00e9duisant l&rsquo;inflammation bronchique (Kolodziej <em>et al.<\/em>, 2002).<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 immunomodulatrice :<\/strong> des extraits de <em>Drosera<\/em> stimulent la production d&rsquo;interleukines anti-inflammatoires (IL-10) et modulent l&rsquo;activit\u00e9 des lymphocytes T, ce qui pourrait expliquer l&rsquo;effet b\u00e9n\u00e9fique dans les toux allergiques.<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 anticanc\u00e9reuse exploratoire :<\/strong> la plumbagine induit l&rsquo;apoptose de cellules canc\u00e9reuses <em>in vitro<\/em> (lign\u00e9es pulmonaires, mammaires, h\u00e9patiques) par g\u00e9n\u00e9ration de ROS (esp\u00e8ces r\u00e9actives de l&rsquo;oxyg\u00e8ne) et inhibition de NF-\u03baB. Des \u00e9tudes <em>in vivo<\/em> chez la souris sont prometteuses mais tr\u00e8s pr\u00e9liminaires (Kuo <em>et al.<\/em>, 2006).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Naphtoquinones<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Dros\u00e9rone<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ramentac\u00e9one<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Hydroxydros\u00e9rone<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Teinture m\u00e8re (Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne) :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Adulte : 20-30 gouttes, 3 fois par jour, dans un peu d&rsquo;eau (toux spasmodique, bronchite).<\/li>\n<li>Enfant (&gt; 6 ans) : 10-15 gouttes, 3 fois par jour.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Infusion (usage populaire) :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>1-2 g de plante s\u00e8che par tasse (250 mL), infusion 10 min. 2-3 tasses par jour.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Sp\u00e9cialit\u00e9s pharmaceutiques :<\/strong> le dros\u00e9ra entre dans la composition de nombreuses sp\u00e9cialit\u00e9s antitussives en phytoth\u00e9rapie et en hom\u00e9opathie. Il est souvent associ\u00e9 au thym, au plantain, \u00e0 la grind\u00e9lie et au lierre grimpant.<\/p>\n<p><strong>Dur\u00e9e :<\/strong> cures de 1 \u00e0 3 semaines. Ne pas d\u00e9passer 4 semaines d&rsquo;usage continu sans avis m\u00e9dical.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Le dros\u00e9ra est consid\u00e9r\u00e9 comme s\u00fbr aux doses th\u00e9rapeutiques recommand\u00e9es. Les naphtoquinones, \u00e0 dose excessive, peuvent irriter les muqueuses digestives et provoquer des naus\u00e9es.<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Plumbagine :<\/strong> cytotoxique \u00e0 forte dose. La marge th\u00e9rapeutique est large aux posologies habituelles, mais un surdosage massif pourrait th\u00e9oriquement provoquer une irritation gastrique et une h\u00e9molyse.<\/li>\n<li><strong>Grossesse et allaitement : contre-indiqu\u00e9. Des extraits contenant des naphtoquinones structurellement proches de la plumbagine ont montr\u00e9 des effets antiimplantatoires et abortifs chez l&rsquo;animal \u00e0 des doses \u00e9lev\u00e9es ; la plumbagine elle-m\u00eame pr\u00e9sente une toxicit\u00e9 reproductive (testiculaire) document\u00e9e in vivo. En l&rsquo;absence de donn\u00e9es de s\u00e9curit\u00e9 clinique, ce produit ne doit pas \u00eatre utilis\u00e9 pendant la grossesse ni l&rsquo;allaitement.<\/li>\n<li><strong>Interactions :<\/strong> pas d&rsquo;interaction m\u00e9dicamenteuse connue aux doses habituelles. Th\u00e9oriquement, les naphtoquinones pourraient potentialiser les anticoagulants (analogie structurale avec la vitamine K).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Alchimie et Renaissance :<\/strong> les gouttelettes brillantes du dros\u00e9ra fascin\u00e8rent les alchimistes, qui voyaient en cette \u00ab ros\u00e9e du soleil \u00bb une manifestation de la quintessence. Paracelse et les spagyristes du XVI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle prescrivaient le rossolis contre la phtisie (tuberculose).<\/li>\n<li><strong>Darwin (1875) :<\/strong> <em>Insectivorous Plants<\/em> est le premier ouvrage scientifique consacr\u00e9 aux plantes carnivores. Darwin y d\u00e9crit avec une minutie exemplaire les mouvements des tentacules de <em>D. rotundifolia<\/em>, la s\u00e9cr\u00e9tion enzymatique et la digestion des proies.<\/li>\n<li><strong>Coqueluche :<\/strong> le dros\u00e9ra \u00e9tait l&rsquo;un des principaux rem\u00e8des de la coqueluche dans la m\u00e9decine populaire et les pharmacop\u00e9es du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle (Cazin, 1868 ; Leclerc, 1935). Son usage dans cette indication b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;un long recul traditionnel et d&rsquo;\u00e9tudes pharmacologiques (Schilcher H, Elzer M, Zeitschrift f\u00fcr Phytotherapie, 14, 1993, p. 50-54), mais n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 valid\u00e9 par des essais cliniques randomis\u00e9s contr\u00f4l\u00e9s.<\/li>\n<li><strong>Liqueur de rossolis :<\/strong> au XVII<sup>e<\/sup>-XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, le \u00ab rossolis \u00bb \u00e9tait aussi une liqueur sucr\u00e9e \u00e0 base de dros\u00e9ra, de miel, d&rsquo;eau-de-vie et d&rsquo;\u00e9pices, r\u00e9put\u00e9e digestive et fortifiante.<\/li>\n<li><strong>Hom\u00e9opathie :<\/strong> <em>Drosera rotundifolia<\/em> est un rem\u00e8de hom\u00e9opathique classique de la toux spasmodique, prescrit en haute dilution.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>CULTURE ET MULTIPLICATION<\/h3>\n<p>Le dros\u00e9ra \u00e0 feuilles rondes peut \u00eatre cultiv\u00e9 dans des conditions contr\u00f4l\u00e9es, mais il exige des conditions tr\u00e8s sp\u00e9cifiques :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Substrat :<\/strong> tourbe de sphaigne blonde pure, m\u00e9lang\u00e9e \u00e0 de la perlite ou du sable de quartz (2:1). Aucun engrais, aucun calcaire.<\/li>\n<li><strong>Eau :<\/strong> exclusivement eau de pluie, eau d\u00e9min\u00e9ralis\u00e9e ou eau osmos\u00e9e. L&rsquo;eau du robinet (calcaire, chlore) est fatale.<\/li>\n<li><strong>Humidit\u00e9 :<\/strong> substrat constamment d\u00e9tremp\u00e9 (pot dans une soucoupe d&rsquo;eau permanente). Humidit\u00e9 atmosph\u00e9rique \u00e9lev\u00e9e (&gt; 60 %).<\/li>\n<li><strong>Exposition :<\/strong> plein soleil. La coloration rouge des tentacules est proportionnelle \u00e0 l&rsquo;ensoleillement.<\/li>\n<li><strong>Temp\u00e9rature :<\/strong> supporte le gel hivernal (hibernacle). Repos hivernal n\u00e9cessaire (la plante ne survit pas en serre chaude toute l&rsquo;ann\u00e9e).<\/li>\n<li><strong>Multiplication :<\/strong> semis de graines en surface sur tourbe humide (germination en 4-6 semaines \u00e0 15-20 \u00b0C), division de rosettes, boutures de feuilles.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La culture commerciale pour la pharmacie utilise principalement des esp\u00e8ces tropicales (<em>D. madagascariensis<\/em>, <em>D. ramentacea<\/em>) plus productives et plus faciles \u00e0 cultiver sous serre.<\/p>\n<hr>\n<h3>STATUT DE CONSERVATION<\/h3>\n<p><em>Drosera rotundifolia<\/em> est en r\u00e9gression dans toute l&rsquo;Europe occidentale. Les causes principales sont la destruction et le drainage des tourbi\u00e8res, l&rsquo;eutrophisation (d\u00e9p\u00f4ts azot\u00e9s atmosph\u00e9riques), le boisement naturel des milieux ouverts et la cueillette. En France, les trois esp\u00e8ces de <em>Drosera<\/em> indig\u00e8nes sont prot\u00e9g\u00e9es au niveau national (arr\u00eat\u00e9 du 20 janvier 1982). La cueillette est strictement interdite.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce figure \u00e0 l&rsquo;annexe V de la Directive Habitats-Faune-Flore europ\u00e9enne (pr\u00e9l\u00e8vement r\u00e9glement\u00e9). De nombreuses tourbi\u00e8res abritant des populations de dros\u00e9ra sont class\u00e9es en r\u00e9serves naturelles ou en sites Natura 2000.<\/p>\n<hr>\n<h3>INT\u00c9R\u00caT EN JARDIN NATUREL ET PERMACULTURE<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Jardin de tourbi\u00e8re :<\/strong> le dros\u00e9ra s&rsquo;int\u00e8gre dans les mini-tourbi\u00e8res de jardin (bac enterr\u00e9, rempli de tourbe, aliment\u00e9 en eau de pluie), en association avec des sphaignes, des linaigrettes et d&rsquo;autres plantes carnivores (<em>Pinguicula<\/em>, <em>Sarracenia<\/em>).<\/li>\n<li><strong>P\u00e9dagogie :<\/strong> la culture du dros\u00e9ra est un support p\u00e9dagogique exceptionnel pour l&rsquo;enseignement de l&rsquo;\u00e9cologie (carnivorisme v\u00e9g\u00e9tal, adaptation aux milieux oligotrophes, conservation des zones humides).<\/li>\n<li><strong>Conservation :<\/strong> la cr\u00e9ation de mares tourbeuses dans un jardin situ\u00e9 en terrain acide peut constituer un micro-refuge pour les esp\u00e8ces de tourbi\u00e8re, y compris le dros\u00e9ra si le milieu est ad\u00e9quat.<\/li>\n<li><strong>Alerte :<\/strong> ne jamais pr\u00e9lever de dros\u00e9ra dans la nature (interdit par la loi). Acheter uniquement des plantes de p\u00e9pini\u00e8re.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>DROS\u00c9RA \u00c0 FEUILLES RONDES pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Darwin C., <em>Insectivorous Plants<\/em>, John Murray, Londres, 1875.<\/li>\n<li>Bruneton J., <em>Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5<sup>e<\/sup> \u00e9d., Lavoisier, 2016.<\/li>\n<li>Paper DH, Karall E, Kremser M, Krenn L, \u00ab Comparison of the antiinflammatory effects of Drosera rotundifolia and Drosera madagascariensis in the HET-CAM assay \u00bb, Phytotherapy Research, 19(4), 2005, p. 323-326 (PMID 16041727).<\/li>\n<li>Krolicka A. et al., \u00ab Stimulation of antibacterial naphthoquinones and flavonoids accumulation in carnivorous plants grown in vitro by addition of elicitors \u00bb, Enzyme and Microbial Technology, 42, 2008, p. 216-221. [La r\u00e9f\u00e9rence initialement cit\u00e9e (Letters in Applied Microbiology, 2008, p. 60-64) est introuvable dans la litt\u00e9rature index\u00e9e et doit \u00eatre supprim\u00e9e ou v\u00e9rifi\u00e9e sur source primaire avant republication.]<\/li>\n<li>Kolodziej H. et al., \u00ab Main constituents of a commercial Drosera fluid extract and their antagonistic activity at muscarinic M3 receptors in guinea-pig ileum \u00bb, Pharmazie, 57(3), 2002, p. 201-203. [La r\u00e9f\u00e9rence initialement cit\u00e9e dans Phytotherapy Research 16:540-544 est introuvable ; \u00e0 v\u00e9rifier sur source primaire avant republication.]<\/li>\n<li>Kuo P.L. <em>et al.<\/em>, \u00ab Plumbagin induces G2-M arrest and autophagy by inhibiting the Akt\/mammalian target of rapamycin pathway in breast cancer cells \u00bb, <em>Molecular Cancer Therapeutics<\/em>, 5, 2006, p. 3209-3221.<\/li>\n<li>Adamec L., \u00ab Mineral nutrition of carnivorous plants: a review \u00bb, <em>The Botanical Review<\/em>, 63, 1997, p. 273-299.<\/li>\n<li>Cazin F.-J., <em>Trait\u00e9 pratique et raisonn\u00e9 des plantes m\u00e9dicinales indig\u00e8nes<\/em>, 3<sup>e<\/sup> \u00e9d., 1868.<\/li>\n<li>Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne, 10<sup>e<\/sup> \u00e9d., monographie <em>Droserae herba<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antitussif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antibact\u00e9rien<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Drosera rotundifolia L. 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