{"id":4692,"date":"2026-03-28T16:41:07","date_gmt":"2026-03-28T15:41:07","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/galega-officinal\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:12","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:12","slug":"galega-officinal","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/galega-officinal\/","title":{"rendered":"GAL\u00c9GA OFFICINAL"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Gal%C3%A9ga%20officinal.jpg\" alt=\"Planche botanique Gal\u00e9ga officinal\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Galega officinalis<\/em> L.<\/p>\n<p>Famille : Fabaceae<\/p>\n<p>Le gal\u00e9ga officinal est une grande l\u00e9gumineuse vivace aux grappes de fleurs bleu-violet \u00e9l\u00e9gantes, fr\u00e9quente dans les prairies humides, les bords de foss\u00e9s et les friches grasses de l&rsquo;Europe temp\u00e9r\u00e9e et m\u00e9ridionale. Son port robuste, son feuillage penn\u00e9 et sa floraison abondante en font une plante reconnaissable et d\u00e9corative, qui a trouv\u00e9 sa place dans les jardins d&rsquo;agr\u00e9ment autant que dans les herbiers m\u00e9dicinaux.<\/p>\n<p>Mais le gal\u00e9ga est surtout l&rsquo;une des plantes les plus importantes de l&rsquo;histoire de la pharmacologie moderne, bien que cela soit rarement soulign\u00e9 dans les trait\u00e9s de botanique. C&rsquo;est \u00e0 partir de l&rsquo;\u00e9tude de ses principes actifs hypoglyc\u00e9miants que la chimie pharmaceutique a d\u00e9velopp\u00e9 la <strong>metformine<\/strong>, aujourd&rsquo;hui le m\u00e9dicament antidiab\u00e9tique le plus prescrit au monde (plus de 120 millions de patients). Cette filiation directe entre une plante sauvage des prairies humides et le traitement de premi\u00e8re ligne du diab\u00e8te de type 2 fait du gal\u00e9ga un cas d&rsquo;\u00e9cole de la pharmacognosie translationnelle. La plante elle-m\u00eame, cependant, est toxique et ne doit plus \u00eatre utilis\u00e9e en phytoth\u00e9rapie.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Fabaceae (L\u00e9gumineuses)<\/li>\n<li><strong>Sous-famille :<\/strong> Papilionoideae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Galega<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Galega officinalis<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Gal\u00e9ga officinal, Rue de ch\u00e8vre, Lavan\u00e8se, Lilas d&rsquo;Espagne, Faux indigo, Sainfoin d&rsquo;Espagne.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le genre <em>Galega<\/em> comprend environ huit esp\u00e8ces, principalement euro-m\u00e9diterran\u00e9ennes et caucasiennes. <em>G. officinalis<\/em> est la seule esp\u00e8ce d&rsquo;int\u00e9r\u00eat m\u00e9dicinal. Le nom <em>Galega<\/em> viendrait du grec <em>gala<\/em>, lait, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;usage traditionnel de la plante comme galactagogue (stimulant de la lactation) \u2014 usage qui s&rsquo;est av\u00e9r\u00e9 pharmacologiquement contestable et potentiellement dangereux.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Le gal\u00e9ga est une plante vivace robuste de 60 \u00e0 150 centim\u00e8tres, \u00e0 souche \u00e9paisse et tiges dress\u00e9es, creuses, stri\u00e9es, ramifi\u00e9es, formant des touffes imposantes. Les feuilles sont imparipenn\u00e9es, \u00e0 9 \u00e0 17 folioles oblongues-lanc\u00e9ol\u00e9es, mucron\u00e9es, glabres, d&rsquo;un vert vif, avec des stipules lanc\u00e9ol\u00e9es-sagitt\u00e9es caract\u00e9ristiques.<\/p>\n<p>Les fleurs, papilionac\u00e9es, sont bleu-violet \u00e0 lilas, parfois blanches, dispos\u00e9es en grappes axillaires dress\u00e9es, multiflores (20 \u00e0 50 fleurs par grappe), d\u00e9passant les feuilles. La floraison est abondante et prolong\u00e9e, tr\u00e8s mellif\u00e8re. Le fruit est une gousse cylindrique, dress\u00e9e, bossel\u00e9e entre les graines, contenant 2 \u00e0 6 graines r\u00e9niformes brun-jaun\u00e2tre.<\/p>\n<p>Le gal\u00e9ga fr\u00e9quente les prairies humides, les foss\u00e9s, les berges de rivi\u00e8res, les terrains frais et riches en azote, les friches grasses et les jardins. Il est calcicole ou neutrocalcicole. Sa r\u00e9partition naturelle couvre l&rsquo;Europe centrale et m\u00e9ridionale, l&rsquo;Asie Mineure et l&rsquo;Iran. Il est naturalis\u00e9 dans de nombreuses r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es, parfois de mani\u00e8re invasive (Nouvelle-Z\u00e9lande, certaines r\u00e9gions d&rsquo;Am\u00e9rique du Nord).<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Floraison :<\/strong> juin \u00e0 ao\u00fbt<\/li>\n<li><strong>Habitat :<\/strong> prairies humides, foss\u00e9s, berges, friches grasses, jardins<\/li>\n<li><strong>R\u00e9partition :<\/strong> Europe centrale et m\u00e9ridionale, Asie Mineure ; naturalis\u00e9 ailleurs<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE, CULTURE ET CONSERVATION<\/h3>\n<p>Le gal\u00e9ga est une plante des prairies humides, des bords de foss\u00e9s et des terrains frais et riches en azote. Comme toutes les Fabaceae, il fixe l&rsquo;azote atmosph\u00e9rique gr\u00e2ce \u00e0 sa symbiose avec des bact\u00e9ries <em>Rhizobium<\/em>. Cette capacit\u00e9 en fait un bon colonisateur des sols perturb\u00e9s et un concurrent redoutable dans les prairies eutrophes.<\/p>\n<p>Dans certaines r\u00e9gions o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 introduit (Nouvelle-Z\u00e9lande, certains \u00c9tats am\u00e9ricains), le gal\u00e9ga est consid\u00e9r\u00e9 comme une esp\u00e8ce invasive probl\u00e9matique, formant des peuplements denses qui excluent la flore indig\u00e8ne. Sa toxicit\u00e9 pour le b\u00e9tail aggrave le probl\u00e8me dans les r\u00e9gions pastorales.<\/p>\n<p>En Europe, la plante n&rsquo;est pas menac\u00e9e. Elle est cultiv\u00e9e comme ornementale dans les jardins pour ses belles grappes de fleurs bleues. Quelques cultivars horticoles existent, notamment \u00e0 fleurs blanches. Sa culture \u00e0 des fins m\u00e9dicinales n&rsquo;a plus de raison d&rsquo;\u00eatre depuis le d\u00e9veloppement de la metformine.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li>Parties a\u00e9riennes fleuries (usage historique \u2014 plus recommand\u00e9)<\/li>\n<li>Graines (usage historique \u2014 plus recommand\u00e9)<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les parties a\u00e9riennes fleuries et les graines constituaient les drogues traditionnelles. L&rsquo;usage m\u00e9dicinal direct du gal\u00e9ga est aujourd&rsquo;hui abandonn\u00e9 en raison de sa toxicit\u00e9. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacognosique est devenu purement historique et scientifique, comme source d&rsquo;inspiration pour la synth\u00e8se de la metformine.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Guanidines<\/h3>\n<p>Le gal\u00e9ga est la source historique de la <strong>gal\u00e9gine<\/strong> (isoamyl\u00e8neguanidine), d\u00e9riv\u00e9 guanidinique qui constitue le principe actif hypoglyc\u00e9miant de la plante. La gal\u00e9gine abaisse la glyc\u00e9mie par un m\u00e9canisme apparent\u00e9 \u00e0 celui des biguanides, impliquant l&rsquo;activation de l&rsquo;AMP-kinase (AMPK) et la r\u00e9duction de la n\u00e9oglucogen\u00e8se h\u00e9patique. C&rsquo;est cette mol\u00e9cule qui a conduit, par analogie structurale, \u00e0 la synth\u00e8se de la <strong>metformine<\/strong> (dim\u00e9thylbiguanide) dans les ann\u00e9es 1920-1950.<\/p>\n<p>On trouve aussi de la <strong>4-hydroxygal\u00e9gine<\/strong> et d&rsquo;autres d\u00e9riv\u00e9s guanidiniques mineurs. La <strong>guanidine<\/strong> elle-m\u00eame est pr\u00e9sente en petite quantit\u00e9.<\/p>\n<h3>B. Alcalo\u00efdes quinazoliniques<\/h3>\n<p>Le gal\u00e9ga contient des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a> de type quinazolinique, notamment la <strong>p\u00e9ganine<\/strong> (vasicine) et la <strong>vasicinine<\/strong>, compos\u00e9s partag\u00e9s avec <em>Peganum harmala<\/em> et <em>Adhatoda vasica<\/em>. Ces alcalo\u00efdes exercent des propri\u00e9t\u00e9s ut\u00e9rotoniques et bronchodilatatrices, et contribuent \u00e0 la toxicit\u00e9 de la plante.<\/p>\n<h3>C. Flavono\u00efdes et saponines<\/h3>\n<p>Les parties a\u00e9riennes contiennent des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (kaempf\u00e9rol, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a> et leurs glycosides) et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong>. Des <strong>tanins<\/strong>, des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> et de la <strong>vitamine C<\/strong> compl\u00e8tent le profil.<\/p>\n<h3>D. Compos\u00e9s des graines<\/h3>\n<p>Les graines sont particuli\u00e8rement riches en gal\u00e9gine et contiennent de plus des <strong>galactomannanes<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a>) et des <strong>acides gras<\/strong> (acide linol\u00e9ique, acide ol\u00e9ique). La concentration en principes toxiques est plus \u00e9lev\u00e9e dans les graines que dans les parties a\u00e9riennes.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>La <strong>gal\u00e9gine<\/strong> exerce son action hypoglyc\u00e9miante par activation de l&rsquo;<strong>AMP-kinase<\/strong> (AMPK), enzyme-clef du m\u00e9tabolisme \u00e9nerg\u00e9tique cellulaire. L&rsquo;activation de l&rsquo;AMPK entra\u00eene une cascade d&rsquo;effets m\u00e9taboliques : inhibition de la n\u00e9oglucogen\u00e8se h\u00e9patique (r\u00e9duction de la production endog\u00e8ne de glucose), augmentation de la captation musculaire du glucose, stimulation de la b\u00eata-oxydation des acides gras et am\u00e9lioration de la sensibilit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;insuline. Ce m\u00e9canisme est exactement celui de la <strong>metformine<\/strong>, qui en est le d\u00e9riv\u00e9 synth\u00e9tique optimis\u00e9.<\/p>\n<p>La gal\u00e9gine est cependant plus toxique que la metformine, en raison de sa pharmacocin\u00e9tique moins favorable et de sa marge th\u00e9rapeutique plus \u00e9troite. \u00c0 dose excessive, elle provoque une hypoglyc\u00e9mie s\u00e9v\u00e8re, une acidose lactique et des dommages h\u00e9patiques. Cette toxicit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 document\u00e9e chez le b\u00e9tail : le gal\u00e9ga est l&rsquo;une des plantes les plus toxiques pour les moutons et les ch\u00e8vres dans certaines r\u00e9gions d&rsquo;Europe, provoquant des intoxications mortelles en p\u00e2turage.<\/p>\n<p>Les <strong>alcalo\u00efdes quinazoliniques<\/strong> (p\u00e9ganine) exercent une action ut\u00e9rotonique (contraction de l&rsquo;ut\u00e9rus) qui explique l&rsquo;usage traditionnel comme emm\u00e9nagogue et l&rsquo;interdiction formelle pendant la grossesse. L&rsquo;action bronchodilatatrice de la vasicine est document\u00e9e mais sans application pour le gal\u00e9ga.<\/p>\n<hr>\n<h3>DONN\u00c9ES CLINIQUES ET \u00c9TUDES PHARMACOLOGIQUES<\/h3>\n<p>Le gal\u00e9ga a fait l&rsquo;objet de recherches pharmacologiques historiquement d\u00e9cisives. En 1918, C.K. Watanabe d\u00e9montre l&rsquo;action hypoglyc\u00e9miante de la gal\u00e9gine chez le lapin. Dans les ann\u00e9es 1920-1930, les chimistes Slotta, Tschesche et Frank synth\u00e9tisent des biguanides inspir\u00e9s de la gal\u00e9gine, dont la metformine, la phenformine et la buformine. La metformine est finalement mise sur le march\u00e9 en 1957 par Jean Sterne sous le nom de Glucophage et deviendra le traitement de r\u00e9f\u00e9rence du diab\u00e8te de type 2 dans le monde entier.<\/p>\n<p>Le gal\u00e9ga lui-m\u00eame ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune monographie europ\u00e9enne positive. La Commission E allemande a \u00e9mis un avis n\u00e9gatif, d\u00e9conseillant l&rsquo;usage de la plante en raison du rapport b\u00e9n\u00e9fice\/risque d\u00e9favorable : la metformine synth\u00e9tique est infiniment plus s\u00fbre, plus dosable et plus efficace que les pr\u00e9parations de gal\u00e9ga. L&rsquo;usage galactagogue traditionnel n&rsquo;est pas valid\u00e9 par les donn\u00e9es modernes et est contre-indiqu\u00e9 en raison de la toxicit\u00e9 potentielle.<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes r\u00e9centes sur la gal\u00e9gine explorent son potentiel comme agent anticanc\u00e9reux (via l&rsquo;AMPK) et comme modulateur du m\u00e9tabolisme lipidique, mais ces recherches portent sur la mol\u00e9cule isol\u00e9e, pas sur la plante.<\/p>\n<hr>\n<h3>TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h3>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe chimique<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Gal\u00e9gine<\/strong><\/td>\n<td>Guanidine (isoamyl\u00e8neguanidine)<\/td>\n<td>Hypoglyc\u00e9miant (activation AMPK)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>P\u00e9ganine (vasicine)<\/strong><\/td>\n<td>Alcalo\u00efde quinazolinique<\/td>\n<td>Ut\u00e9rotonique, bronchodilatateur<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>4-Hydroxygal\u00e9gine<\/strong><\/td>\n<td>Guanidine<\/td>\n<td>Hypoglyc\u00e9miant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Kaempf\u00e9rol<\/strong><\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Saponines triterp\u00e9niques<\/strong><\/td>\n<td>Saponines<\/td>\n<td>H\u00e9molytique \u00e0 forte dose<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h3>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h3>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2605<\/strong> Hypoglyc\u00e9miant (importance historique \u2014 \u00e0 l&rsquo;origine de la metformine)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Galactagogue (traditionnel, non valid\u00e9, d\u00e9conseill\u00e9)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diaphor\u00e9tique<\/li>\n<li><strong>\u26a0\ufe0f PLANTE TOXIQUE<\/strong> \u2014 Usage th\u00e9rapeutique direct contre-indiqu\u00e9<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Gal\u00e9gine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Metformine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>4-hydroxygal\u00e9gine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Guanidine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>P\u00e9ganine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>L&rsquo;usage th\u00e9rapeutique direct du gal\u00e9ga est aujourd&rsquo;hui contre-indiqu\u00e9.<\/strong> La plante est toxique, sa marge th\u00e9rapeutique est \u00e9troite et la metformine synth\u00e9tique offre une alternative infiniment plus s\u00fbre et plus efficace. Aucune forme gal\u00e9nique ne peut \u00eatre recommand\u00e9e.<\/p>\n<p>\u00c0 titre purement historique, les anciennes posologies mentionnaient : infusion de 5 \u00e0 10 g de parties a\u00e9riennes par litre, ou teinture de 2 \u00e0 4 ml par jour. Ces posologies ne doivent plus \u00eatre suivies.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Le gal\u00e9ga est une plante toxique. La gal\u00e9gine, \u00e0 dose excessive, provoque une <strong>hypoglyc\u00e9mie s\u00e9v\u00e8re<\/strong>, une <strong>acidose lactique<\/strong>, des <strong>troubles h\u00e9patiques<\/strong> et des <strong>troubles digestifs graves<\/strong>. Chez le b\u00e9tail (ovins, caprins, bovins), l&rsquo;intoxication par le gal\u00e9ga peut \u00eatre mortelle, avec des sympt\u00f4mes d&rsquo;oed\u00e8me pulmonaire, d&rsquo;hydrothorax et de mort subite. Les graines sont plus toxiques que les parties a\u00e9riennes.<\/p>\n<p>La plante est formellement contre-indiqu\u00e9e chez la femme enceinte (effet ut\u00e9rotonique des alcalo\u00efdes), allaitante (passage dans le lait maternel) et chez l&rsquo;enfant. Elle est contre-indiqu\u00e9e chez les personnes diab\u00e9tiques trait\u00e9es par metformine ou d&rsquo;autres hypoglyc\u00e9miants (risque d&rsquo;hypoglyc\u00e9mie additive). L&rsquo;autom\u00e9dication par le gal\u00e9ga comme \u00ab alternative naturelle \u00e0 la metformine \u00bb est dangereuse et doit \u00eatre formellement d\u00e9courag\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le gal\u00e9ga est mentionn\u00e9 dans les herbiers europ\u00e9ens depuis le XVIe si\u00e8cle. Son usage principal \u00e9tait galactagogue : on le prescrivait aux nourrices pour stimuler la lactation, d&rsquo;o\u00f9 son nom de \u00ab rue de ch\u00e8vre \u00bb (les ch\u00e8vres \u00e9tant cens\u00e9es produire plus de lait en le broutant). Matthiole, Dodoens et Tabernaemontanus le mentionnent dans cette indication.<\/p>\n<p>\u00c0 partir du XVIIe si\u00e8cle, la plante est utilis\u00e9e contre les fi\u00e8vres, comme diur\u00e9tique et comme diaphor\u00e9tique. C&rsquo;est au XIXe si\u00e8cle que ses propri\u00e9t\u00e9s hypoglyc\u00e9miantes sont pressenties par les praticiens empiriques. Cazin le mentionne comme galactagogue et diaphor\u00e9tique. Leclerc note ses effets sur la glyc\u00e9mie.<\/p>\n<p>L&rsquo;histoire moderne du gal\u00e9ga est indissociable de celle de la metformine. La cha\u00eene qui va de l&rsquo;observation empirique (la plante \u00ab fait baisser le sucre \u00bb) \u00e0 l&rsquo;isolement de la gal\u00e9gine, puis \u00e0 la synth\u00e8se des biguanides, constitue l&rsquo;un des plus beaux exemples de pharmacognosie translationnelle du XXe si\u00e8cle.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Galega officinalis<\/em> est l&rsquo;une des plantes les plus fascinantes de la pharmacognosie contemporaine, non pas pour son usage th\u00e9rapeutique direct \u2014 qui est abandonn\u00e9 et contre-indiqu\u00e9 \u2014 mais pour sa contribution indirecte et d\u00e9cisive \u00e0 la pharmacoth\u00e9rapie moderne du diab\u00e8te. La gal\u00e9gine, son principe actif guanidinique, a fourni le mod\u00e8le structural qui a conduit \u00e0 la synth\u00e8se de la metformine, m\u00e9dicament qui a transform\u00e9 la prise en charge du diab\u00e8te de type 2 dans le monde entier.<\/p>\n<p>Le gal\u00e9ga illustre ainsi le r\u00f4le irrempla\u00e7able des plantes comme source d&rsquo;inspiration pour la chimie pharmaceutique. La plante brute est toxique et non utilisable telle quelle, mais la mol\u00e9cule qu&rsquo;elle produit, une fois optimis\u00e9e par la chimie de synth\u00e8se, est devenue l&rsquo;un des m\u00e9dicaments les plus pr\u00e9cieux de la pharmacop\u00e9e mondiale. C&rsquo;est toute l&rsquo;histoire de la pharmacognosie moderne qui se r\u00e9sume dans cet itin\u00e9raire : de la prairie humide au comprim\u00e9 de Glucophage.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Bailey C.J. &amp; Day C. \u2014 Metformin: its botanical background, <em>Practical Diabetes International<\/em>, 2004, 21(3), 115-117.<\/li>\n<li>Sterne J. \u2014 Du nouveau dans les antidiab\u00e9tiques : la NN-dim\u00e9thylamine guanyl guanidine (NNDG), <em>Maroc M\u00e9dical<\/em>, 1957, 36, 1295-1296.<\/li>\n<li>Mooney M.H. et al. \u2014 Mechanisms of action of <em>Galega officinalis<\/em>, <em>J. Ethnopharmacol.<\/em>, 2008, 115(3), 377-382.<\/li>\n<li>Keeler R.F. et al. \u2014 Toxicosis of <em>Galega officinalis<\/em> in livestock, <em>Vet. Hum. Toxicol.<\/em>, 1988.<\/li>\n<li>Bruneton J. \u2014 <em>Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5e \u00e9d., Lavoisier, 2016.<\/li>\n<li>Cazin F.-J. \u2014 <em>Trait\u00e9 pratique et raisonn\u00e9 des plantes m\u00e9dicinales indig\u00e8nes<\/em>, 3e \u00e9d., 1868.<\/li>\n<li>Plants of the World Online, Kew : <em>Galega officinalis<\/em><\/li>\n<li>Tela Botanica, eFlore : <em>Galega officinalis<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Galega officinalis L. Famille : Fabaceae Le gal\u00e9ga officinal est une grande l\u00e9gumineuse vivace aux grappes de fleurs bleu-violet \u00e9l\u00e9gantes, fr\u00e9quente dans les prairies humides, [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-4692","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-fabacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4692","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4692"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4692\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13699,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4692\/revisions\/13699"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4692"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4692"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4692"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}