{"id":4698,"date":"2026-03-28T16:41:19","date_gmt":"2026-03-28T15:41:19","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/grenadier\/"},"modified":"2026-07-23T20:10:48","modified_gmt":"2026-07-23T18:10:48","slug":"grenadier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/grenadier\/","title":{"rendered":"GRENADIER"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Grenadier.jpg\" alt=\"Planche botanique Grenadier\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Punica granatum<\/em> L.<\/p>\n<p>Famille : Lythraceae (anciennement Punicaceae)<\/p>\n<p>Le grenadier est un petit arbre des mondes chauds, m\u00e9diterran\u00e9ens et orientaux, o\u00f9 il porte depuis des mill\u00e9naires une symbolique de f\u00e9condit\u00e9, de pl\u00e9nitude et d&rsquo;abondance. Son fruit, clos comme un \u00e9crin, renferme une architecture de graines juteuses qui en fait \u00e0 la fois un aliment, un symbole et une plante m\u00e9dicinale de grande anciennet\u00e9. Le grenadier appartient \u00e0 cette cat\u00e9gorie de plantes dont chaque organe \u2014 \u00e9corce, fruit, graines, fleurs \u2014 a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 en th\u00e9rapeutique, de l&rsquo;Antiquit\u00e9 \u00e9gyptienne \u00e0 la phytoth\u00e9rapie contemporaine.<\/p>\n<p>Les travaux phytochimiques des trois derni\u00e8res d\u00e9cennies ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 dans la grenade une richesse polyph\u00e9nolique exceptionnelle, domin\u00e9e par les ellagitanins et les punicalagines, mol\u00e9cules qui suscitent un int\u00e9r\u00eat consid\u00e9rable en oncologie, en cardiologie et en g\u00e9rontologie exp\u00e9rimentales.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<figure class=\"zoomable-figure kohler-planche\" style=\"float:left; margin:5px 25px 15px 0; max-width:280px; border:1px solid #c9b99a; padding:6px; background:#faf6ee; border-radius:4px; cursor:pointer;\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/kohler\/punica_granatum.jpg\" alt=\"Punica granatum \u2014 planche K\u00f6hler (1887)\" style=\"width:100%; height:auto; display:block;\" \/><figcaption style=\"text-align:center; font-size:0.78em; color:#5a4e3c; margin-top:5px; font-style:italic;\">Punica granatum<br \/>K\u00f6hler&rsquo;s Medizinal-Pflanzen, 1887<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Classification :<\/strong> R\u00e8gne Plantae \u2014 Division Magnoliophyta \u2014 Classe Magnoliopsida \u2014 Ordre Myrtales \u2014 Famille Lythraceae \u2014 Genre <em>Punica<\/em> \u2014 Esp\u00e8ce <em>Punica granatum<\/em> L.<\/p>\n<p><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Grenadier, Balaustier (archa\u00efque, pour l&rsquo;arbre), Grenade (pour le fruit). En anglais : <em>pomegranate<\/em>. En arabe : <em>rumm\u0101n<\/em>.<\/p>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> <em>Punica<\/em> renvoie aux Carthaginois (Puniques), grands cultivateurs du grenadier en Afrique du Nord. <em>Granatum<\/em> d\u00e9rive du latin <em>granatus<\/em> (plein de grains), par allusion aux nombreuses graines du fruit. Le mot \u00ab grenade \u00bb (l&rsquo;arme) d\u00e9rive du fruit, non l&rsquo;inverse.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Le grenadier est un petit arbre ou grand arbuste de 3 \u00e0 8 m, \u00e0 f\u00fbt court et tortueux, souvent ramifi\u00e9 d\u00e8s la base. L&rsquo;\u00e9corce est gris-brun, fissur\u00e9e et \u00e9cailleuse sur les vieux sujets. Les rameaux sont gr\u00eales, anguleux, parfois \u00e9pineux.<\/p>\n<p>Les feuilles sont oppos\u00e9es ou suboppos\u00e9es, oblongues-lanc\u00e9ol\u00e9es, de 3 \u00e0 8 cm, enti\u00e8res, luisantes, d&rsquo;un vert vif, \u00e0 p\u00e9tiole court. Elles sont caduques dans les r\u00e9gions \u00e0 hiver froid, semi-persistantes en climat doux.<\/p>\n<p>Les fleurs, solitaires ou group\u00e9es par 2-3 \u00e0 l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 des rameaux, sont grandes (3-4 cm), d&rsquo;un rouge-orang\u00e9 \u00e9clatant. Le calice, charnu, coriace, en forme de cloche \u00e0 5-8 lobes, est persistant et couronne le fruit \u00e0 maturit\u00e9. Les p\u00e9tales, 5 \u00e0 8, sont froiss\u00e9s comme du cr\u00eape, d&rsquo;un rouge corail intense. Les \u00e9tamines, tr\u00e8s nombreuses (200-300), sont ins\u00e9r\u00e9es sur le tube calicinal.<\/p>\n<p>Le fruit (balauste) est une baie de 5 \u00e0 12 cm de diam\u00e8tre, globuleuse, \u00e0 \u00e9corce coriace (p\u00e9ricarpe), d&rsquo;un rouge-brun \u00e0 maturit\u00e9, couronn\u00e9e par le calice persistant. L&rsquo;int\u00e9rieur est cloisonn\u00e9 par des membranes blanches et spongieuses (m\u00e9socarpe), d\u00e9limitant des loges contenant de tr\u00e8s nombreuses graines (arilles), entour\u00e9es d&rsquo;un t\u00e9gument charnu, juteux, rouge rubis, sucr\u00e9-acidul\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et r\u00e9partition<\/h3>\n<p>Le grenadier est originaire d&rsquo;une vaste zone s&rsquo;\u00e9tendant de l&rsquo;Iran et de l&rsquo;Afghanistan \u00e0 l&rsquo;Himalaya occidental. Domestiqu\u00e9 il y a plus de 5 000 ans, il a \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9 dans tout le bassin m\u00e9diterran\u00e9en par les Ph\u00e9niciens, les Grecs et les Romains. Il est aujourd&rsquo;hui cultiv\u00e9 dans toutes les r\u00e9gions \u00e0 climat m\u00e9diterran\u00e9en, subtropical et tropical sec : pourtour m\u00e9diterran\u00e9en, Californie, Inde, Chine, Afrique du Nord, Moyen-Orient.<\/p>\n<p>En France, le grenadier est cultiv\u00e9 dans le Midi m\u00e9diterran\u00e9en (Provence, Languedoc, Corse) et peut fructifier jusqu&rsquo;\u00e0 la latitude de Lyon en exposition abrit\u00e9e. Il r\u00e9siste \u00e0 des gels brefs de -10 \u00e0 -15\u00b0C mais ne fructifie correctement qu&rsquo;avec des \u00e9t\u00e9s longs et chauds.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Tous les organes du grenadier ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s en m\u00e9decine :<\/p>\n<p><strong>P\u00e9ricarpe du fruit<\/strong> (\u00e9corce de grenade) : drogue astringente majeure, riche en tanins (20-30 %). R\u00e9colt\u00e9e sur les fruits m\u00fbrs, s\u00e9ch\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Arilles<\/strong> (graines juteuses) : consomm\u00e9es fra\u00eeches ou transform\u00e9es en jus. Le jus de grenade est la forme la plus \u00e9tudi\u00e9e en recherche clinique.<\/p>\n<p><strong>\u00c9corce de tige et de racine :<\/strong> drogue anthelminthique historique (t\u00e9nifuge), contenant des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a> pip\u00e9ridiniques. Usage abandonn\u00e9 pour toxicit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Fleurs<\/strong> (balaustes) : drogue astringente mineure, utilis\u00e9e en teinture et en gargarisme.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La grenade est un r\u00e9servoir de <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">polyph\u00e9nols<\/a> d&rsquo;une richesse exceptionnelle.<\/p>\n<p><strong>Punicalagines :<\/strong> ellagitanins de haut poids mol\u00e9culaire, sp\u00e9cifiques du grenadier, repr\u00e9sentant la classe ph\u00e9nolique majoritaire du p\u00e9ricarpe et du jus. Les <strong>punicalagines alpha et b\u00eata<\/strong> sont hydrolys\u00e9es dans l&rsquo;intestin en <strong>acide ellagique<\/strong>, puis m\u00e9tabolis\u00e9es par le microbiote colique en <strong>urolithines<\/strong> (urolithine A, B, C, D). Les urolithines, en particulier l&rsquo;<strong>urolithine A<\/strong>, sont consid\u00e9r\u00e9es comme les m\u00e9tabolites bioactifs majeurs responsables des effets syst\u00e9miques de la grenade.<\/p>\n<p><strong>Acide ellagique :<\/strong> polyph\u00e9nol aux propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes, anti-inflammatoires et anticanc\u00e9reuses document\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Anthocyanes :<\/strong> <strong>delphinidine-3-glucoside<\/strong>, <strong>cyanidine-3-glucoside<\/strong> et <strong>p\u00e9largonidine-3-glucoside<\/strong>, responsables de la couleur rouge du jus.<\/p>\n<p><strong>Acide punicique :<\/strong> acide gras conjugu\u00e9 (C18:3) pr\u00e9sent dans l&rsquo;huile des graines (environ 65 % de l&rsquo;huile), poss\u00e9dant des propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires et anticanc\u00e9reuses.<\/p>\n<p><strong>Alcalo\u00efdes pip\u00e9ridiniques :<\/strong> la <strong>pell\u00e9tierine<\/strong>, l&rsquo;<strong>isopell\u00e9tierine<\/strong> et la <strong>pseudopell\u00e9tierine<\/strong>, pr\u00e9sents dans l&rsquo;\u00e9corce de racine et de tige (0,3-0,7 %), sont des anthelminthiques puissants mais toxiques, responsables de l&rsquo;activit\u00e9 t\u00e9nifuge traditionnelle.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>Activit\u00e9 antioxydante :<\/strong> le jus de grenade poss\u00e8de une capacit\u00e9 antioxydante parmi les plus \u00e9lev\u00e9es des jus de fruits, sup\u00e9rieure \u00e0 celle du vin rouge et du th\u00e9 vert dans les tests ORAC et FRAP. Cette activit\u00e9 est principalement due aux punicalagines et aux anthocyanes.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire :<\/strong> les punicalagines, l&rsquo;acide ellagique et l&rsquo;urolithine A inhibent les voies NF-\u03baB, COX-2 et LOX. L&rsquo;urolithine A r\u00e9duit la production de TNF-alpha, d&rsquo;IL-6 et de PGE2 dans les mod\u00e8les cellulaires et murins.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 cardioprotectrice :<\/strong> le jus de grenade r\u00e9duit l&rsquo;oxydation du LDL-cholest\u00e9rol, am\u00e9liore la fonction endoth\u00e9liale et abaisse la pression art\u00e9rielle systolique dans plusieurs \u00e9tudes cliniques. L&rsquo;acide punicique et les ellagitanins contribuent \u00e0 un profil lipidique favorable.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anticanc\u00e9reuse :<\/strong> les punicalagines, l&rsquo;acide ellagique et l&rsquo;urolithine A exercent des effets anticanc\u00e9reux dans des mod\u00e8les <em>in vitro<\/em> et <em>in vivo<\/em> de cancers de la prostate, du sein, du c\u00f4lon et du poumon. Les m\u00e9canismes incluent l&rsquo;inhibition de la prolif\u00e9ration cellulaire, l&rsquo;induction de l&rsquo;apoptose, l&rsquo;inhibition de l&rsquo;angiogen\u00e8se et la modulation du cycle cellulaire.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-\u00e2ge (mitophagie) :<\/strong> l&rsquo;<strong>urolithine A<\/strong> stimule la mitophagie (\u00e9limination s\u00e9lective des mitochondries dysfonctionnelles), processus dont le d\u00e9clin est impliqu\u00e9 dans le vieillissement cellulaire. Cet effet, mis en \u00e9vidence par les travaux de Ryu <em>et al.<\/em> (2016), a suscit\u00e9 un int\u00e9r\u00eat consid\u00e9rable en g\u00e9rontologie.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anthelminthique (\u00e9corce) :<\/strong> la pell\u00e9tierine paralyse la musculature des cestodes (t\u00e9nias), facilitant leur expulsion. Cet usage, efficace mais risqu\u00e9, est abandonn\u00e9 en raison de la toxicit\u00e9 des alcalo\u00efdes.<\/p>\n<hr>\n<h3>Propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales \u2014 Notation<\/h3>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2605<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2606<\/strong> Cardioprotecteur<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Anticanc\u00e9reux (recherche)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-\u00e2ge (mitophagie)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Astringent (\u00e9corce)<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Le jus de grenade a fait l&rsquo;objet de nombreux essais cliniques, en particulier dans les domaines cardiovasculaire et urologique.<\/p>\n<p><strong>Cardiovasculaire :<\/strong> l&rsquo;\u00e9tude d&rsquo;Aviram <em>et al.<\/em> (2004, 2008) a montr\u00e9 que la consommation quotidienne de 240 ml de jus de grenade pendant 3 ans r\u00e9duisait l&rsquo;\u00e9paisseur intima-m\u00e9dia carotidienne chez des patients ath\u00e9roscl\u00e9rotiques. Plusieurs m\u00e9ta-analyses confirment un effet hypotenseur modeste mais significatif.<\/p>\n<p><strong>Prostate :<\/strong> l&rsquo;\u00e9tude de Pantuck <em>et al.<\/em> (2006) a montr\u00e9 que le jus de grenade ralentissait la progression du PSA chez des patients trait\u00e9s pour un cancer de la prostate (doublement du temps de doublement du PSA). Ces r\u00e9sultats, bien que prometteurs, n\u00e9cessitent confirmation par des essais de plus grande envergure.<\/p>\n<p><strong>Performance musculaire :<\/strong> l&rsquo;urolithine A (sous forme de compl\u00e9ment Mitopure) a montr\u00e9 une am\u00e9lioration de la fonction musculaire chez des sujets \u00e2g\u00e9s dans un essai randomis\u00e9 (Liu <em>et al.<\/em>, 2022).<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Punicalagines<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Punicalagines alpha et b\u00eata<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide ellagique<\/td>\n<td>Tanin ellagique<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Urolithines<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Urolithine a<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Jus de grenade :<\/strong> 200 \u00e0 400 ml par jour, pur ou dilu\u00e9. C&rsquo;est la forme la plus \u00e9tudi\u00e9e cliniquement.<\/p>\n<p><strong>Extrait de fruit :<\/strong> standardis\u00e9 en punicalagines ou en acide ellagique, en g\u00e9lules. Posologie usuelle : 250 \u00e0 1 000 mg par jour.<\/p>\n<p><strong>Huile de graines :<\/strong> 1 \u00e0 3 g par jour, riche en acide punicique.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9coction d&rsquo;\u00e9corce de fruit :<\/strong> 15 \u00e0 20 g d&rsquo;\u00e9corce s\u00e8che dans 500 ml d&rsquo;eau, \u00e9bullition 15 minutes. Usage externe : gargarisme (angines, gingivites) et lavage (leucorrh\u00e9es). Usage interne antidiarrh\u00e9ique : 1 tasse 2 \u00e0 3 fois par jour.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Le jus et les arilles de grenade sont des aliments courants sans toxicit\u00e9 aux doses normales. Les extraits concentr\u00e9s sont g\u00e9n\u00e9ralement bien tol\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>\u00c9corce de racine et de tige :<\/strong> les alcalo\u00efdes pip\u00e9ridiniques (pell\u00e9tierine) sont toxiques. L&rsquo;ingestion d&rsquo;\u00e9corce de racine peut provoquer des vomissements, des vertiges, des troubles visuels, une paralysie ascendante et, \u00e0 forte dose, un collapsus respiratoire. L&rsquo;usage anthelminthique est formellement abandonn\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Interactions :<\/strong> le jus de grenade inhibe certains cytochromes P450 (CYP3A4, CYP2C9) et peut potentialiser l&rsquo;effet de la warfarine, des statines et des inhibiteurs calciques. La prudence est de mise chez les patients sous traitements m\u00e9tabolis\u00e9s par ces voies.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La grenade est mentionn\u00e9e dans le papyrus Ebers (\u00c9gypte, ~1550 av. J.-C.) comme rem\u00e8de anthelminthique et astringent. Le Cantique des Cantiques la c\u00e9l\u00e8bre comme symbole de f\u00e9condit\u00e9. Dans la mythologie grecque, Pers\u00e9phone est li\u00e9e aux Enfers par les grains de grenade qu&rsquo;elle y a consomm\u00e9s. Le Coran mentionne la grenade parmi les fruits du Paradis.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine ayurv\u00e9dique, la grenade (<em>d\u0101dima<\/em>) est prescrite comme digestif, cardiotonique et h\u00e9mostatique. En m\u00e9decine traditionnelle chinoise, l&rsquo;\u00e9corce du fruit est utilis\u00e9e contre les diarrh\u00e9es et les leucorrh\u00e9es sous le nom de <em>shi liu pi<\/em>.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine arabe m\u00e9di\u00e9vale, Avicenne prescrivait le sirop de grenade aigre contre les fi\u00e8vres et les inflammations.<\/p>\n<hr>\n<h3>Int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique et conservation<\/h3>\n<p>Le grenadier est une esp\u00e8ce cultiv\u00e9e dont la diversit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique est menac\u00e9e par la standardisation vari\u00e9tale. Les vari\u00e9t\u00e9s traditionnelles du Proche-Orient, de l&rsquo;Inde et du bassin m\u00e9diterran\u00e9en constituent un patrimoine g\u00e9n\u00e9tique pr\u00e9cieux, conserv\u00e9 dans les banques de germoplasme et les vergers conservatoires.<\/p>\n<p>Le grenadier est une esp\u00e8ce x\u00e9rophyte adapt\u00e9e aux climats semi-arides, capable de fructifier avec des pr\u00e9cipitations annuelles de 250 \u00e0 500 mm. Cette frugalit\u00e9 en fait un arbre d&rsquo;avenir pour les syst\u00e8mes agroforestiers des r\u00e9gions m\u00e9diterran\u00e9ennes confront\u00e9es au changement climatique.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>Le grenadier est un arbre suffisamment caract\u00e9ristique (fleurs rouges en cloche, fruit couronn\u00e9 par le calice, arilles juteuses) pour ne pr\u00eater \u00e0 aucune confusion botanique s\u00e9rieuse. Les formes ornementales \u00e0 fleurs doubles sont parfois confondues avec des cam\u00e9lias, mais la fructification l\u00e8ve toute ambigu\u00eft\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Le grenadier est l&rsquo;une des plantes m\u00e9dicinales les plus \u00e9tudi\u00e9es du XXIe si\u00e8cle, gr\u00e2ce \u00e0 la richesse de son profil polyph\u00e9nolique et \u00e0 la d\u00e9couverte des urolithines comme m\u00e9tabolites bioactifs majeurs. L&rsquo;axe punicalagines-acide ellagique-urolithine A constitue un mod\u00e8le pharmacocin\u00e9tique \u00e9l\u00e9gant de bioactivation par le microbiote intestinal. Les applications cardiovasculaires, anticanc\u00e9reuses et anti-\u00e2ge (mitophagie) ouvrent des perspectives consid\u00e9rables, m\u00eame si la translation clinique reste incompl\u00e8te.<\/p>\n<p>Entre le papyrus Ebers, les jardins de Salomon et les laboratoires de biologie du vieillissement, le grenadier traverse les civilisations avec une constance remarquable \u2014 symbole de pl\u00e9nitude et de renaissance perp\u00e9tuelle.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Bruneton, J. \u2014 <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5<sup>e<\/sup> \u00e9d., Lavoisier, 2016.<\/li>\n<li>Aviram, M. <em>et al.<\/em> \u2014 \u00ab Pomegranate juice consumption for 3 years by patients with carotid artery stenosis reduces common carotid intima-media thickness, blood pressure and LDL oxidation \u00bb, <em>Clinical Nutrition<\/em>, 23, 2004.<\/li>\n<li>Pantuck, A.J. <em>et al.<\/em> \u2014 \u00ab Phase II study of pomegranate juice for men with rising PSA following surgery or radiation for prostate cancer \u00bb, <em>Clinical Cancer Research<\/em>, 12, 2006.<\/li>\n<li>Ryu, D. <em>et al.<\/em> \u2014 \u00ab Urolithin A induces mitophagy and prolongs lifespan in <em>C. elegans<\/em> and increases muscle function in rodents \u00bb, <em>Nature Medicine<\/em>, 22, 2016.<\/li>\n<li>Seeram, N.P. <em>et al.<\/em> \u2014 \u00ab Pomegranate juice ellagitannin metabolites are present in human plasma \u00bb, <em>Journal of Nutrition<\/em>, 136, 2006.<\/li>\n<li>Ismail, T., Sestili, P. &amp; Akhtar, S. \u2014 \u00ab Pomegranate peel and fruit extracts: a review of potential anti-inflammatory and anti-infective effects \u00bb, <em>Journal of Ethnopharmacology<\/em>, 143, 2012.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> H\u00e9mostatique<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Punica granatum L. Famille : Lythraceae (anciennement Punicaceae) Le grenadier est un petit arbre des mondes chauds, m\u00e9diterran\u00e9ens et orientaux, o\u00f9 il porte depuis des [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[78],"tags":[],"class_list":["post-4698","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-lythracees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4698","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4698"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4698\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14274,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4698\/revisions\/14274"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4698"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4698"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4698"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}