{"id":4728,"date":"2026-03-28T16:54:33","date_gmt":"2026-03-28T15:54:33","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/lycopode-en-massue\/"},"modified":"2026-07-23T20:10:49","modified_gmt":"2026-07-23T18:10:49","slug":"lycopode-en-massue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/lycopode-en-massue\/","title":{"rendered":"LYCOPODE EN MASSUE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Lycopode%20en%20massue.jpg\" alt=\"Planche botanique Lycopode en massue\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Lycopodium clavatum<\/em> L.<\/p>\n<p><strong>Famille :<\/strong> Lycopodiaceae.<\/p>\n<p><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> lycopode en massue, pied-de-loup, soufre v\u00e9g\u00e9tal, herbe aux massues, Keulen-B\u00e4rlapp (allemand), stag&rsquo;s-horn clubmoss (anglais).<\/p>\n<p>Le lycopode en massue est l&rsquo;un des derniers repr\u00e9sentants vivants d&rsquo;un groupe v\u00e9g\u00e9tal qui dominait la Terre au Carbonif\u00e8re, il y a quelque 300 millions d&rsquo;ann\u00e9es, lorsque des lycopodes arborescents de 30 \u00e0 40 m\u00e8tres de haut formaient les for\u00eats tropicales dont sont issus nos gisements de houille. Le lycopode actuel, miniature rampante des landes acides et des sous-bois de conif\u00e8res, produit une poudre de spores jaune vif \u2014 le \u00ab soufre v\u00e9g\u00e9tal \u00bb \u2014 qui fut pendant des si\u00e8cles un produit pharmaceutique et industriel majeur : lubrifiant pour gants chirurgicaux, excipient pour pilules, poudre de maquillage, et m\u00eame poudre \u00e0 flash pour la photographie du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle et les effets pyrotechniques du th\u00e9\u00e2tre. En hom\u00e9opathie, <em>Lycopodium<\/em> reste l&rsquo;un des grands polychrestes. Si l&rsquo;usage allopathique interne est aujourd&rsquo;hui abandonn\u00e9, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat botanique, historique et pharmacotechnique de cette plante archa\u00efque demeure consid\u00e9rable.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<figure class=\"zoomable-figure kohler-planche\" style=\"float:left;margin:5px 25px 15px 0;max-width:280px;border:1px solid #c9b99a;padding:6px;background:#faf6ee;border-radius:4px;cursor:pointer\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/kohler\/lycopodium_clavatum.jpg\" alt=\"Lycopodium clavatum \u2014 planche K\u00f6hler (1887)\" style=\"width:100%;height:auto\" \/><figcaption style=\"text-align:center;font-size:0.78em;color:#5a4e3c;margin-top:5px;font-style:italic\">Lycopodium clavatum<br \/>K\u00f6hler&rsquo;s Medizinal-Pflanzen, 1887<\/figcaption><\/figure>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Lycopodiaceae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Lycopodium<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Lycopodium clavatum<\/em> L., 1753<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> <em>Lycopodium<\/em> vient du grec <em>lykos<\/em> (loup) et <em>podion<\/em> (petit pied) \u2014 \u00ab pied de loup \u00bb \u2014 allusion \u00e0 la forme des rameaux feuillus. <em>Clavatum<\/em> (latin <em>clava<\/em>, massue) d\u00e9crit la forme caract\u00e9ristique des strobiles terminaux dress\u00e9s en massue.<\/p>\n<p><strong>Position phylog\u00e9n\u00e9tique :<\/strong> les Lycopodiaceae appartiennent aux Lycophytes, lign\u00e9e de plantes vasculaires distincte des foug\u00e8res (Monilophytes) et des plantes \u00e0 graines (Spermatophytes), divergeant d\u00e8s le D\u00e9vonien sup\u00e9rieur. Le genre <em>Lycopodium<\/em> s.s. regroupe environ 40 esp\u00e8ces mondiales, principalement bor\u00e9ales et montagnardes. La classification moderne (PPG I, 2016) maintient <em>Lycopodium<\/em> au sens strict pour les esp\u00e8ces \u00e0 strobiles p\u00e9doncul\u00e9s, dont <em>L. clavatum<\/em> est le type nomenclatural.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante vivace rampante, \u00e0 tiges prostr\u00e9es tr\u00e8s longues (jusqu&rsquo;\u00e0 1-3 m), rameuses, dens\u00e9ment feuill\u00e9es, enracin\u00e9es par intervalles. Les rameaux dress\u00e9s mesurent 10 \u00e0 25 cm et portent les strobiles. Les feuilles (microphylles) sont tr\u00e8s petites (3-6 mm), lin\u00e9aires-subul\u00e9es, dispos\u00e9es en spirale, termin\u00e9es par un long poil blanc caract\u00e9ristique (ariste). Les strobiles, habituellement group\u00e9s par 2-3, sont port\u00e9s par de longs p\u00e9doncules garnis de feuilles r\u00e9duites et \u00e9cart\u00e9es ; ils mesurent 2-5 cm et contiennent les sporanges r\u00e9niformes qui lib\u00e8rent \u00e0 maturit\u00e9 une abondante poudre jaune de spores.<\/p>\n<p>Les spores sont remarquablement uniformes (25-35 \u00b5m de diam\u00e8tre), t\u00e9tra\u00e9driques, \u00e0 surface r\u00e9ticul\u00e9e, et recouvertes d&rsquo;un r\u00e9seau de cr\u00eates formant un motif g\u00e9om\u00e9trique. Cette ornementation, observable au microscope, est un caract\u00e8re diagnostique du genre.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET R\u00c9PARTITION<\/h3>\n<p>Esp\u00e8ce circumbor\u00e9ale, pr\u00e9sente dans toute l&rsquo;Europe, l&rsquo;Asie du Nord, l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord et les montagnes tropicales. En France, le lycopode en massue se rencontre dans les landes \u00e0 bruy\u00e8res, les sous-bois de pins et d&rsquo;\u00e9pic\u00e9as, les pelouses acides de montagne et les p\u00e2turages extensifs, de la plaine (rare) \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage subalpin (2 400 m), surtout sur substrats acides (pH 4,0-5,5).<\/p>\n<p><strong>Habitats :<\/strong> landes \u00e0 <em>Calluna vulgaris<\/em> et <em>Vaccinium myrtillus<\/em>, sous-bois clairs de r\u00e9sineux, tourbi\u00e8res bomb\u00e9es, pelouses subalpines acides. La plante exige un sol oligotrophe, acide, bien drain\u00e9 mais \u00e0 humidit\u00e9 atmosph\u00e9rique \u00e9lev\u00e9e. Elle est sensible \u00e0 l&rsquo;eutrophisation, au pi\u00e9tinement et \u00e0 la fermeture des milieux.<\/p>\n<p><strong>Ph\u00e9nologie :<\/strong> les strobiles apparaissent en juin-juillet et lib\u00e8rent leurs spores de juillet \u00e0 septembre. La germination du gam\u00e9tophyte souterrain (prothalle mycorhizien) est extr\u00eamement lente (6-7 ans avant l&rsquo;apparition du sporophyte), ce qui rend la colonisation de nouveaux sites tr\u00e8s difficile.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>La partie utilis\u00e9e par excellence est la <strong>poudre de spores<\/strong> (<em>Lycopodium<\/em>, <em>Semen Lycopodii<\/em>), r\u00e9colt\u00e9e en \u00e9t\u00e9 par secouage des strobiles m\u00fbrs au-dessus d&rsquo;un r\u00e9cipient ou d&rsquo;un drap. Les spores sont ensuite tamis\u00e9es et s\u00e9ch\u00e9es. Elles forment une poudre jaune p\u00e2le, tr\u00e8s fine, extr\u00eamement l\u00e9g\u00e8re, hydrophobe, non mouillable, inflammable au contact d&rsquo;une flamme et d&rsquo;une remarquable fluidit\u00e9.<\/p>\n<p>Les <strong>parties a\u00e9riennes<\/strong> (tiges et feuilles) ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 employ\u00e9es en m\u00e9decine populaire, notamment en Europe centrale et en Scandinavie, sous forme de d\u00e9coction ou de cataplasme.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">Alcalo\u00efdes<\/a> :<\/strong> les parties v\u00e9g\u00e9tatives contiennent des <strong>alcalo\u00efdes lycopodiques, classe propre divis\u00e9e en quatre sous-groupes structuraux (lycopodine, lycodine, fawcettimine et divers), distincts des quinolizidines sensu stricto (Ma &#038; Gang, Nat Prod Rep, 2004), principalement la lycopodine, la clavatine<\/strong> (= clavotoxine) et l&rsquo;<strong>acrifoline<\/strong>. Ces alcalo\u00efdes, propres aux Lycopodiaceae, ont des structures complexes et sont pr\u00e9sents \u00e0 des concentrations faibles (0,1-0,3 % de la masse s\u00e8che des tiges). La <strong>huperzine A<\/strong>, puissant inhibiteur r\u00e9versible de l&rsquo;ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase, est pr\u00e9sente dans d&rsquo;autres esp\u00e8ces du groupe (<em>Huperzia serrata<\/em>) mais n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 isol\u00e9e en quantit\u00e9 significative de <em>L. clavatum<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Spores :<\/strong> la paroi sporale (sporopoll\u00e9nine) est extr\u00eamement r\u00e9sistante chimiquement. L&rsquo;int\u00e9rieur du grain contient environ 50 % de <strong>lipides<\/strong> (huile grasse compos\u00e9e d&rsquo;acides gras insatur\u00e9s, notamment acide ol\u00e9ique et acide lycopodique), 2-3 % de <strong>sucres<\/strong>, et des traces de <strong>flavono\u00efdes<\/strong>. La nature hydrophobe et la finesse des grains expliquent les propri\u00e9t\u00e9s physiques remarquables de la poudre.<\/p>\n<p><strong>Compos\u00e9s ph\u00e9noliques :<\/strong> <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (d\u00e9riv\u00e9s d&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a><\/strong> et de <strong>lut\u00e9oline<\/strong>), <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (acide caf\u00e9ique, acide p-coumarique) dans les parties a\u00e9riennes.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">Triterp\u00e8nes<\/a> :<\/strong> des <strong>serrat\u00e8nes<\/strong> (serratenediol, tohogenol) caract\u00e9ristiques de la famille ont \u00e9t\u00e9 isol\u00e9s des parties v\u00e9g\u00e9tatives.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Le lycopode a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 sur deux registres bien distincts :<\/p>\n<p><strong>Usage externe de la poudre de spores :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong>Protecteur cutan\u00e9 :<\/strong> la poudre de lycopode, hydrophobe et d&rsquo;une finesse exceptionnelle, a \u00e9t\u00e9 le talc v\u00e9g\u00e9tal par excellence de la pharmacie d&rsquo;officine. Elle \u00e9tait saupoudr\u00e9e sur les \u00e9ryth\u00e8mes fessiers du nourrisson, les irritations cutan\u00e9es, les intertrigos, les escarres d\u00e9butantes et les excoriations. Elle servait aussi de lubrifiant pour les gants chirurgicaux avant l&rsquo;apparition du talc min\u00e9ral et des gants poudr\u00e9s industriels.<\/li>\n<li><strong>Excipient pour pilules :<\/strong> la poudre emp\u00eachait les pilules de coller entre elles et facilitait leur d\u00e9glutition.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Usage interne des parties a\u00e9riennes (historique) :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong>Diur\u00e9tique :<\/strong> la d\u00e9coction de tiges \u00e9tait r\u00e9put\u00e9e favoriser la diur\u00e8se et aider \u00e0 l&rsquo;\u00e9limination des calculs urinaires (Matthiole, XVI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle).<\/li>\n<li><strong>Antirhumatismal :<\/strong> en m\u00e9decine populaire scandinave et germanique, l&rsquo;infusion de tiges \u00e9tait prise contre les douleurs articulaires et la goutte.<\/li>\n<li><strong>Digestif et h\u00e9patique :<\/strong> mentionn\u00e9 dans les pharmacop\u00e9es populaires d&rsquo;Europe centrale.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>DONN\u00c9ES PHARMACOLOGIQUES MODERNES<\/h3>\n<p><strong>Alcalo\u00efdes lycopodiques et neuropharmacologie :<\/strong> la <strong>lycopodine<\/strong> exerce une activit\u00e9 anticholinest\u00e9rasique mod\u00e9r\u00e9e et un effet paralysant sur les jonctions neuromusculaires (similaire au curare, mais plus faible). La <strong>huperzine A<\/strong>, isol\u00e9e de <em>Huperzia serrata<\/em> (esp\u00e8ce apparent\u00e9e), est un inhibiteur r\u00e9versible puissant de l&rsquo;ac\u00e9tylcholinest\u00e9rase \u00e9tudi\u00e9 dans le traitement de la maladie d&rsquo;Alzheimer ; un essai clinique de phase II (Rafii et al., 2011, Neurology) n&rsquo;a pas d\u00e9montr\u00e9 de b\u00e9n\u00e9fice cognitif significatif sur son crit\u00e8re primaire (huperzine A 200 \u00b5g deux fois par jour) : \u00ab The primary efficacy analysis did not show cognitive benefit \u00bb (preuve de classe III). Des tendances secondaires positives ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9es \u00e0 la dose de 400 \u00b5g \u00e0 11 semaines, mais non confirm\u00e9es \u00e0 16 semaines. Cependant, <em>L. clavatum<\/em> n&rsquo;est pas une source exploitable de huperzine A.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antioxydante :<\/strong> des extraits m\u00e9thanoliques de <em>L. clavatum<\/em> pr\u00e9sentent une activit\u00e9 de pi\u00e9geage des radicaux DPPH mod\u00e9r\u00e9e, attribu\u00e9e aux flavono\u00efdes et aux acides ph\u00e9noliques (Orhan <em>et al.<\/em>, 2007).<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire :<\/strong> des extraits aqueux ont montr\u00e9 une r\u00e9duction de l&rsquo;\u0153d\u00e8me dans des mod\u00e8les murins d&rsquo;inflammation (Banerjee <em>et al.<\/em>, 2014).<\/p>\n<p><strong>Hom\u00e9opathie :<\/strong> <em>Lycopodium clavatum<\/em> est l&rsquo;un des grands polychrestes hom\u00e9opathiques, prescrit \u00e0 haute dilution dans les troubles digestifs, h\u00e9patiques et urinaires. Son statut en hom\u00e9opathie est sans rapport avec la pharmacologie de la plante brute.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Acrifoline<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Huperzine a<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Spores<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Lipides<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Sucres<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Poudre de spores en usage externe :<\/strong> saupoudrer directement sur la peau irrit\u00e9e ou l\u00e9s\u00e9e, en couche fine. Usage abandonn\u00e9 en pharmacie moderne (remplac\u00e9 par l&rsquo;oxyde de zinc et les p\u00e2tes \u00e0 l&rsquo;eau).<\/li>\n<li><strong>D\u00e9coction de parties a\u00e9riennes (historique) :<\/strong> 20-30 g de tiges s\u00e8ches par litre d&rsquo;eau, \u00e9bullition 10 min, 2-3 tasses par jour. Usage obsol\u00e8te.<\/li>\n<li><strong>Teinture hom\u00e9opathique :<\/strong> pr\u00e9par\u00e9e \u00e0 partir de la poudre de spores selon les proc\u00e9d\u00e9s de la Pharmacop\u00e9e hom\u00e9opathique.<\/li>\n<\/ul>\n<p>L&rsquo;usage interne de la plante brute est d\u00e9conseill\u00e9 en raison de la pr\u00e9sence d&rsquo;alcalo\u00efdes toxiques dans les parties v\u00e9g\u00e9tatives.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p><strong>Parties v\u00e9g\u00e9tatives :<\/strong> les alcalo\u00efdes lycopodiques (lycopodine, clavatine) sont toxiques par voie orale \u00e0 dose \u00e9lev\u00e9e. La clavatine (clavotoxine) provoque des vomissements, des vertiges, une bradycardie et, \u00e0 forte dose, une paralysie respiratoire d&rsquo;origine curarisante. Des intoxications accidentelles ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9es chez le b\u00e9tail broutant les parties a\u00e9riennes en p\u00e9riode de disette.<\/p>\n<p><strong>Poudre de spores :<\/strong> la poudre elle-m\u00eame est consid\u00e9r\u00e9e comme non toxique par voie externe et peu toxique par voie orale (la sporopoll\u00e9nine est largement inerte chimiquement). Cependant, l&rsquo;inhalation massive de poudre peut provoquer une irritation pulmonaire, et le risque d&rsquo;explosion de poussi\u00e8re (d\u00e9flagration de la poudre dispers\u00e9e dans l&rsquo;air) est r\u00e9el en milieu confin\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Contre-indications :<\/strong> usage interne d\u00e9conseill\u00e9 (sauf en hom\u00e9opathie). Femmes enceintes, femmes allaitantes, enfants : s&rsquo;abstenir de tout usage interne.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La poudre de lycopode a connu des usages industriels et techniques remarquables, bien au-del\u00e0 de la m\u00e9decine :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Poudre \u00e0 flash (Blitzlichtpulver) :<\/strong> les spores, dispers\u00e9es dans l&rsquo;air et enflamm\u00e9es, produisent un \u00e9clair lumineux intense. Ce proc\u00e9d\u00e9 a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 en photographie de 1887 jusque dans les ann\u00e9es 1930, et dans les effets pyrotechniques de th\u00e9\u00e2tre.<\/li>\n<li><strong>M\u00e9tallurgie :<\/strong> la poudre servait d&rsquo;agent de d\u00e9moulage pour les pi\u00e8ces coul\u00e9es (fonderie de pr\u00e9cision).<\/li>\n<li><strong>Microscopie :<\/strong> les spores de lycopode, de taille tr\u00e8s constante (~30 \u00b5m), ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es comme \u00e9talon de mesure microscopique au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle.<\/li>\n<li><strong>Cosm\u00e9tique :<\/strong> la poudre entrait dans la composition de poudres de riz et de maquillage.<\/li>\n<li><strong>Feux d&rsquo;artifice :<\/strong> la poudre de lycopode est encore utilis\u00e9e en pyrotechnie artisanale pour ses propri\u00e9t\u00e9s d&rsquo;inflammation rapide.<\/li>\n<li><strong>Ethnobotanique nordique :<\/strong> en Scandinavie, la plante \u00e9tait tress\u00e9e en guirlandes protectrices suspendues dans les \u00e9tables pour \u00e9loigner les mauvais esprits (tradition attest\u00e9e jusqu&rsquo;au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>CULTURE ET MULTIPLICATION<\/h3>\n<p>Le lycopode en massue est extr\u00eamement difficile \u00e0 cultiver et ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune culture commerciale :<\/p>\n<ul>\n<li>La germination des spores est lente (le prothalle souterrain mycorhizien met 6 \u00e0 15 ans \u00e0 produire un sporophyte visible).<\/li>\n<li>La plante d\u00e9pend d&rsquo;une mycorhize obligatoire avec des champignons du sol encore mal identifi\u00e9s.<\/li>\n<li>Le substrat doit \u00eatre acide (pH 4-5), pauvre, bien drain\u00e9 et \u00e0 forte humidit\u00e9 atmosph\u00e9rique.<\/li>\n<li>La transplantation de plantes sauvages est \u00e0 proscrire (inefficace et destructrice).<\/li>\n<\/ul>\n<p>La r\u00e9colte commerciale de spores se fait sur des populations sauvages, principalement en Europe orientale (Pologne, pays baltes) et en Chine, ce qui pose des questions de durabilit\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h3>STATUT DE CONSERVATION<\/h3>\n<p>Le lycopode en massue est en r\u00e9gression dans toute l&rsquo;Europe occidentale. Les causes principales sont la destruction des landes (mise en culture, enr\u00e9sinement), l&rsquo;eutrophisation atmosph\u00e9rique (d\u00e9p\u00f4ts azot\u00e9s), l&rsquo;abandon du p\u00e2turage extensif qui maintenait les milieux ouverts, et la r\u00e9colte excessive de spores dans certaines r\u00e9gions.<\/p>\n<p>En France, l&rsquo;esp\u00e8ce est prot\u00e9g\u00e9e dans plusieurs r\u00e9gions (\u00cele-de-France, Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Haute-Normandie, Centre). Elle figure sur les listes rouges r\u00e9gionales. Au niveau europ\u00e9en, elle est inscrite \u00e0 l&rsquo;annexe V de la Directive Habitats-Faune-Flore (esp\u00e8ce dont le pr\u00e9l\u00e8vement est r\u00e9glement\u00e9). Sa cueillette est interdite ou r\u00e9glement\u00e9e dans de nombreux pays.<\/p>\n<hr>\n<h3>INT\u00c9R\u00caT EN JARDIN NATUREL ET PERMACULTURE<\/h3>\n<p>Le lycopode en massue n&rsquo;est pas une plante de jardin au sens classique, mais sa pr\u00e9sence dans un terrain acide est un excellent bioindicateur de la qualit\u00e9 du sol et de l&rsquo;anciennet\u00e9 du milieu :<\/p>\n<ul>\n<li>La pr\u00e9sence spontan\u00e9e de lycopodes indique un sol acide, oligotrophe, non perturb\u00e9 depuis longtemps \u2014 un \u00ab sol vivant ancien \u00bb.<\/li>\n<li>Dans les jardins de lande ou les zones acides naturelles, la conservation des populations existantes est pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 toute tentative de plantation.<\/li>\n<li>Le maintien d&rsquo;un p\u00e2turage l\u00e9ger ou d&rsquo;une fauche tardive dans les landes favorise le lycopode en limitant la fermeture arbustive.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>LYCOPODE EN MASSUE pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Fournier P., <em>Le Livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>, Lechevalier, 1947-1948.<\/li>\n<li>Bruneton J., <em>Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5<sup>e<\/sup> \u00e9d., Lavoisier, 2016.<\/li>\n<li>Orhan I. et al., \u00ab Appraisal of anti-inflammatory potential of the clubmoss, Lycopodium clavatum L. \u00bb, Journal of Ethnopharmacology, 109(1), 2007, p. 146-150 (PMID 16962272). [Note : la r\u00e9f\u00e9rence sur l&rsquo;activit\u00e9 antioxydante et anticholinest\u00e9rasique dans Food and Chemical Toxicology 2007 p. 443-449 n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9e \u2014 \u00e0 v\u00e9rifier ou supprimer.]<\/li>\n<li>Rafii M.S. <em>et al.<\/em>, \u00ab A phase II trial of huperzine A in mild to moderate Alzheimer disease \u00bb, <em>Neurology<\/em>, 76, 2011, p. 1389-1394.<\/li>\n<li>Banerjee J. et al., \u00ab A better understanding of pharmacological activities and uses of phytochemicals of Lycopodium clavatum: A review \u00bb, Journal of Pharmacognosy and Phytochemistry, 3(1), 2014, p. 207-210. [La r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;Indian Journal of Pharmaceutical Sciences n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9e \u2014 \u00e0 v\u00e9rifier.]<\/li>\n<li>Ma X. &amp; Gang D.R., \u00ab The Lycopodium alkaloids \u00bb, <em>Natural Product Reports<\/em>, 21, 2004, p. 752-772.<\/li>\n<li>Jermy A.C. &amp; Camus J., <em>The Illustrated Field Guide to Ferns and Allied Plants of the British Isles<\/em>, Natural History Museum, 1991.<\/li>\n<li>PPG I, \u00ab A community-derived classification for extant lycophytes and ferns \u00bb, <em>Journal of Systematics and Evolution<\/em>, 54, 2016, p. 563-603.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lycopodium clavatum L. Famille : Lycopodiaceae. Noms vernaculaires : lycopode en massue, pied-de-loup, soufre v\u00e9g\u00e9tal, herbe aux massues, Keulen-B\u00e4rlapp (allemand), stag&rsquo;s-horn clubmoss (anglais). Le lycopode [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[122],"tags":[],"class_list":["post-4728","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-lycopodiacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4728","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4728"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4728\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14278,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4728\/revisions\/14278"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4728"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4728"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4728"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}