{"id":4739,"date":"2026-03-28T16:55:05","date_gmt":"2026-03-28T15:55:05","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/micocoulier-de-provence\/"},"modified":"2026-06-24T15:29:58","modified_gmt":"2026-06-24T13:29:58","slug":"micocoulier-de-provence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/micocoulier-de-provence\/","title":{"rendered":"MICOCOULIER DE PROVENCE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Micocoulier%20de%20Provence.jpg\" alt=\"Planche botanique Micocoulier de Provence\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Celtis australis<\/em> L.<\/p>\n<figure class=\"botanical-commons-figure botanical-commons-figure--micocoulier-de-provence\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/micocoulier-de-provence-transparent-683x1060.png\" alt=\"Planche botanique du micocoulier de Provence (Celtis australis)\" style=\"width:100%;max-width:100%;height:auto\" \/><\/figure>\n<p><strong>Famille :<\/strong> Cannabaceae (anciennement plac\u00e9 dans les Ulmaceae).<\/p>\n<p><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> micocoulier de Provence, micocoulier du Midi, falabreguier (proven\u00e7al), alatonero (espagnol), bagolaro (italien), European nettle tree, hackberry (anglais).<\/p>\n<p>Le micocoulier de Provence fait partie de ces arbres qui d\u00e9finissent un paysage avant m\u00eame qu&rsquo;on les identifie. Dans les villages du Midi, sur les places ombreuses, le long des routes anciennes et sur les pentes calcaires s\u00e8ches, sa silhouette ample, son tronc gris lisse et sa couronne a\u00e9r\u00e9e composent un tableau que tout m\u00e9diterran\u00e9en reconna\u00eet sans le nommer. C&rsquo;est un arbre de pierre et de lumi\u00e8re, de dur\u00e9e et de chaleur, profond\u00e9ment enracin\u00e9 dans la culture mat\u00e9rielle des r\u00e9gions m\u00e9ridionales.<\/p>\n<p>Sur le plan pharmacognosique, le micocoulier n&rsquo;est pas une grande plante m\u00e9dicinale europ\u00e9enne, et il ne faut pas pr\u00e9tendre le contraire. Mais c&rsquo;est un arbre dont la phytochimie \u2014 r\u00e9cemment document\u00e9e par plusieurs \u00e9tudes index\u00e9es \u2014 r\u00e9v\u00e8le un profil polyph\u00e9nolique riche et coh\u00e9rent dans les feuilles comme dans les fruits. La pr\u00e9sente fiche enrichit le portrait de l&rsquo;esp\u00e8ce sur tous ces plans : botanique de terrain, chimie analytique, usages traditionnels document\u00e9s et dimension culturelle et artisanale.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>R\u00e8gne :<\/strong> Plantae<\/li>\n<li><strong>Division :<\/strong> Magnoliophyta (Angiospermes)<\/li>\n<li><strong>Classe :<\/strong> Magnoliopsida (Dicotyl\u00e9dones)<\/li>\n<li><strong>Ordre :<\/strong> Rosales<\/li>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Cannabaceae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Celtis<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Celtis australis<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> micocoulier de Provence, falabreguier, bagolaro, alatonero<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> <em>Celtis<\/em> est un nom ancien, d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9 par Pline l&rsquo;Ancien pour d\u00e9signer un arbre \u00e0 fruits sucr\u00e9s (probablement le jujubier ou le lotos). L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>australis<\/em> (m\u00e9ridional) situe la plante dans la moiti\u00e9 sud de l&rsquo;aire pal\u00e9arctique. Le nom proven\u00e7al <em>falabreguier<\/em> (ou <em>farabr\u00e9guer<\/em>) est rest\u00e9 vivant dans la toponymie et l&rsquo;artisanat du Midi.<\/p>\n<p><strong>Remarque taxonomique :<\/strong> longtemps class\u00e9 dans les Ulmac\u00e9es (famille des ormes), le genre <em>Celtis<\/em> a \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9 dans les Cannabac\u00e9es \u00e0 la suite des r\u00e9visions phylog\u00e9n\u00e9tiques mol\u00e9culaires. Il y c\u00f4toie les houblons (<em>Humulus<\/em>) et le chanvre (<em>Cannabis<\/em>), une parent\u00e9 qui surprend au premier abord mais qui repose sur des caract\u00e8res floraux et mol\u00e9culaires convergents. Cette classification est aujourd&rsquo;hui stabilis\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Le micocoulier de Provence est un arbre caducifoli\u00e9 de taille moyenne \u00e0 grande, atteignant couramment 15 \u00e0 25 m de hauteur, parfois davantage dans les stations prot\u00e9g\u00e9es et les jardins irrigu\u00e9s. Sa long\u00e9vit\u00e9 est remarquable : certains sujets m\u00e9diterran\u00e9ens sont estim\u00e9s \u00e0 plusieurs centaines d&rsquo;ann\u00e9es. Le port est ample, avec une couronne arrondie \u00e0 \u00e9tal\u00e9e, relativement l\u00e9g\u00e8re, laissant filtrer une lumi\u00e8re douce qui en fait un arbre d&rsquo;ombrage tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9.<\/p>\n<p>Le tronc, souvent court et puissant, porte une \u00e9corce gris clair, longtemps lisse et presque lisse comme celle du h\u00eatre, ne se fissurant que tardivement chez les sujets \u00e2g\u00e9s. Les rameaux sont fins, souples, pubescents dans leur jeunesse, \u00e0 bourgeons petits et apprim\u00e9s. Le bois est dur, souple, \u00e9lastique, \u00e0 grain fin, d&rsquo;une qualit\u00e9 qui a fait la r\u00e9putation artisanale de l&rsquo;esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>Les feuilles sont alternes, simples, ovales-lanc\u00e9ol\u00e9es, acumin\u00e9es \u00e0 l&rsquo;apex, \u00e0 base asym\u00e9trique (un des deux c\u00f4t\u00e9s du limbe est plus d\u00e9velopp\u00e9 que l&rsquo;autre \u00e0 l&rsquo;insertion du p\u00e9tiole \u2014 caract\u00e8re typique du genre). Le bord est denticul\u00e9. La face sup\u00e9rieure est vert fonc\u00e9, rugueuse au toucher (scabre, parsem\u00e9e de petits poils raides) ; la face inf\u00e9rieure est plus p\u00e2le, pubescente-tomenteuse. La nervation est palm\u00e9e \u00e0 la base, avec 3 nervures principales partant du p\u00e9tiole.<\/p>\n<p>Les fleurs apparaissent en avril-mai, en m\u00eame temps que les feuilles. Elles sont petites, verd\u00e2tres, peu voyantes, polygames (fleurs hermaphrodites et fleurs m\u00e2les sur le m\u00eame arbre). Les fleurs hermaphrodites sont solitaires ou par 2-3 \u00e0 l&rsquo;aisselle des feuilles, port\u00e9es par des p\u00e9dicelles gr\u00eales. Le p\u00e9rianthe est \u00e0 4-5 t\u00e9pales ; 4-5 \u00e9tamines ; un ovaire sup\u00e8re \u00e0 1 loge surmont\u00e9 de 2 stigmates bifides divergents, plumeux. La pollinisation est principalement an\u00e9mophile (par le vent).<\/p>\n<p>Le fruit est une drupe globuleuse de 8 \u00e0 12 mm de diam\u00e8tre, passant du vert au jaune puis au brun-noir \u00e0 maturit\u00e9 (septembre-octobre). La chair est mince, douce\u00e2tre, comestible mais peu abondante, entourant un noyau dur, lisse et globuleux. Les drupes persistent longtemps sur l&rsquo;arbre apr\u00e8s la chute des feuilles et sont consomm\u00e9es par les oiseaux (merles, grives, \u00e9tourneaux) qui assurent la diss\u00e9mination.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce est distribu\u00e9e dans tout le pourtour m\u00e9diterran\u00e9en, de la p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique \u00e0 l&rsquo;Iran, en passant par l&rsquo;Afrique du Nord, l&rsquo;Italie, la Gr\u00e8ce, la Turquie et le Caucase. En France, elle est spontan\u00e9e ou tr\u00e8s anciennement naturalis\u00e9e dans le Midi m\u00e9diterran\u00e9en (Provence, Languedoc, Corse, vall\u00e9e du Rh\u00f4ne) et largement plant\u00e9e comme arbre d&rsquo;alignement et d&rsquo;ornement. Elle pousse sur des sols calcaires, pierreux, bien drain\u00e9s, souvent en situation rupestre ou semi-rupestre, et supporte remarquablement la s\u00e9cheresse estivale.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Feuilles :<\/strong> utilis\u00e9es en m\u00e9decine populaire m\u00e9diterran\u00e9enne (d\u00e9coctions astringentes) et document\u00e9es pour leur profil polyph\u00e9nolique.<\/li>\n<li><strong>Fruits (drupes) :<\/strong> consomm\u00e9s frais ou s\u00e9ch\u00e9s dans certaines traditions locales, analys\u00e9s pour leur composition en compos\u00e9s ph\u00e9noliques, anthocyanes et acides organiques.<\/li>\n<li><strong>\u00c9corce :<\/strong> anciennement utilis\u00e9e comme source de teinture jaune et en m\u00e9decine populaire (astringent, antidiarrh\u00e9ique).<\/li>\n<li><strong>Bois :<\/strong> usage artisanal majeur \u2014 fabrication de manches d&rsquo;outils, de cannes, de fouets, de fourches et de pi\u00e8ces m\u00e9caniques n\u00e9cessitant souplesse et r\u00e9sistance.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le micocoulier est un arbre dont les usages sont plus artisanaux et alimentaires que proprement m\u00e9dicinaux. Sa partie la plus valoris\u00e9e historiquement est le bois, pas la feuille ni le fruit. Une fiche honn\u00eate doit refl\u00e9ter cette hi\u00e9rarchie.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Polyph\u00e9nols et acides ph\u00e9noliques des fruits<\/h3>\n<p>Safari, Hassanpour et Alijanpour (2023) ont publi\u00e9 une analyse d\u00e9taill\u00e9e des fruits de <em>Celtis australis<\/em>, identifiant neuf compos\u00e9s ph\u00e9noliques majeurs par HPLC. L&rsquo;<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-rosmarinique\/\">acide rosmarinique<\/a> domine largement (4,74-51,38 mg\/g selon le g\u00e9notype), suivi de l&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique-2\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong> (0,94-11,35 mg\/g), de l&rsquo;acide gallique (2,59-26,32 mg\/g), de l&rsquo;acide caf\u00e9ique, de l&rsquo;acide <em>p<\/em>-coumarique et de l&rsquo;acide cinnamique. La teneur en <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols-2\/\">polyph\u00e9nols<\/a><\/strong> totaux, en flavono\u00efdes et en <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">tanins condens\u00e9s<\/a> est significative et varie fortement selon le g\u00e9notype et le stade de maturit\u00e9.<\/p>\n<h3>B. Flavono\u00efdes<\/h3>\n<p>La <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/rutine-2\/\">rutine<\/a><\/strong> (1,80-4,86 mg\/g), la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine-2\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong> (1,05-6,04 mg\/g) et l&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine-2\/\">apig\u00e9nine<\/a><\/strong> (0,27-1,37 mg\/g) ont \u00e9t\u00e9 quantifi\u00e9es dans les fruits. Des d\u00e9riv\u00e9s de kaempf\u00e9rol sont \u00e9galement signal\u00e9s dans les feuilles. Les <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/anthocyanines-2\/\">anthocyanes<\/a><\/strong>, en particulier la cyanidine-3,5-di-<em>O<\/em>-glucoside, sont responsables de la couleur sombre des drupes m\u00fbres et contribuent \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 antioxydante globale.<\/p>\n<h3>C. Triterp\u00e8nes et st\u00e9rols<\/h3>\n<p>Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes-2\/\">triterp\u00e8nes<\/a><\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-ursolique\/\">acide ursolique<\/a>, acide ol\u00e9anolique) et des phytost\u00e9rols (<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/beta-sitosterol\/\">\u03b2-sitost\u00e9rol<\/a><\/strong>) ont \u00e9t\u00e9 isol\u00e9s de l&rsquo;\u00e9corce et des feuilles, conform\u00e9ment au profil habituel des arbres feuillus m\u00e9diterran\u00e9ens. Ces compos\u00e9s participent \u00e0 la protection des tissus contre les stress oxydatifs li\u00e9s \u00e0 la s\u00e9cheresse et \u00e0 l&rsquo;ensoleillement intense.<\/p>\n<h3>D. Compos\u00e9 original : la celtisanine<\/h3>\n<p>Un ph\u00e9nol sulfon\u00e9 original, la <strong>celtisanine<\/strong>, a \u00e9t\u00e9 isol\u00e9 sp\u00e9cifiquement des fruits de <em>Celtis australis<\/em>. Ce compos\u00e9, rare dans le r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal, illustre la capacit\u00e9 de l&rsquo;esp\u00e8ce \u00e0 produire des m\u00e9tabolites secondaires singuliers au-del\u00e0 du fond polyph\u00e9nolique partag\u00e9 avec d&rsquo;autres arbres.<\/p>\n<h3>E. Variabilit\u00e9 et limites<\/h3>\n<p>La variabilit\u00e9 g\u00e9notypique est tr\u00e8s marqu\u00e9e chez le micocoulier : Safari et al. (2023) rapportent des \u00e9carts de 1 \u00e0 10 dans la teneur en acide rosmarinique selon les g\u00e9notypes. Le stade de maturit\u00e9 des fruits, les conditions de culture et l&rsquo;altitude influencent aussi fortement le profil chimique. Les donn\u00e9es issues de fruits r\u00e9colt\u00e9s en Iran ne sont pas automatiquement transposables aux populations proven\u00e7ales ou corses.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Activit\u00e9 antioxydante :<\/strong> bien document\u00e9e pour les extraits de feuilles et de fruits. L&rsquo;activit\u00e9 augmente significativement au cours de la saison v\u00e9g\u00e9tative, atteignant un maximum en plein \u00e9t\u00e9, corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 l&rsquo;accumulation des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">polyph\u00e9nols<\/a> en r\u00e9ponse au stress lumineux.<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire :<\/strong> attribu\u00e9e aux flavono\u00efdes (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/rutine\/\">rutine<\/a>) et aux acides ph\u00e9noliques, document\u00e9e in vitro pour les extraits de fruits (Samadd et al., 2024).<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 antimicrobienne :<\/strong> rapport\u00e9e pour les extraits de feuilles et de fruits, notamment contre certaines bact\u00e9ries gram-positives, dans le cadre de la revue de Samadd et al. (2024).<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 astringente :<\/strong> li\u00e9e aux <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses-2\/\">tanins condens\u00e9s<\/a><\/strong> des feuilles et de l&rsquo;\u00e9corce, coh\u00e9rente avec les usages traditionnels antidiarrh\u00e9iques.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces activit\u00e9s sont document\u00e9es en pr\u00e9clinique. Aucun essai clinique humain sp\u00e9cifique n&rsquo;a valid\u00e9 le micocoulier comme m\u00e9dicament au sens r\u00e9glementaire. Son registre reste celui d&rsquo;un arbre dont la chimie est int\u00e9ressante mais dont l&rsquo;usage th\u00e9rapeutique demeure empirique et populaire.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Il n&rsquo;existe pas d&rsquo;essai clinique randomis\u00e9 consacr\u00e9 \u00e0 <em>Celtis australis<\/em>. Le dossier repose sur :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Donn\u00e9es pr\u00e9cliniques :<\/strong> activit\u00e9s antioxydante, anti-inflammatoire et antimicrobienne mesur\u00e9es in vitro et dans quelques mod\u00e8les animaux.<\/li>\n<li><strong>Donn\u00e9es ethnobotaniques :<\/strong> d\u00e9coctions de feuilles et de fruits utilis\u00e9es en m\u00e9decine populaire m\u00e9diterran\u00e9enne, pakistanaise et nord-africaine pour les troubles digestifs (diarrh\u00e9e, coliques), les d\u00e9sordres menstruels (am\u00e9norrh\u00e9e) et certaines affections cutan\u00e9es.<\/li>\n<li><strong>Aucune monographie<\/strong> EMA, ESCOP ou OMS pour l&rsquo;esp\u00e8ce.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le niveau de preuve est faible pour tout usage th\u00e9rapeutique moderne. La valeur de l&rsquo;arbre reste d&rsquo;abord botanique, paysag\u00e8re, culturelle et artisanale.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Lecture pharmacognosique<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Acide rosmarinique<\/td>\n<td>Acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td>Compos\u00e9 dominant des fruits (jusqu&rsquo;\u00e0 51 mg\/g), antioxydant majeur<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique-2\/\">Acide chlorog\u00e9nique<\/a>, acide gallique, acide caf\u00e9ique<\/td>\n<td>Acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td>Fraction ph\u00e9nolique des fruits, activit\u00e9 antioxydante<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/rutine-2\/\">Rutine<\/a>, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine-2\/\">querc\u00e9tine<\/a>, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine-2\/\">apig\u00e9nine<\/a><\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavonols-2\/\">Flavono\u00efdes<\/a><\/td>\n<td>Anti-inflammatoire, protection vasculaire, stabilisation capillaire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Cyanidine-3,5-di-<em>O<\/em>-glucoside<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/anthocyanines-2\/\">Anthocyanes<\/a><\/td>\n<td>Pigment des drupes m\u00fbres, antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Celtisanine<\/td>\n<td>Ph\u00e9nol sulfon\u00e9<\/td>\n<td>Compos\u00e9 original sp\u00e9cifique de <em>Celtis australis<\/em><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide ursolique, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/beta-sitosterol\/\">\u03b2-sitost\u00e9rol<\/a><\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes-2\/\">Triterp\u00e8nes<\/a> et phytost\u00e9rols<\/td>\n<td>Protection membranaire, fond structural de l&rsquo;\u00e9corce et des feuilles<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>D\u00e9coction de feuilles :<\/strong> forme la plus document\u00e9e en m\u00e9decine populaire m\u00e9diterran\u00e9enne, utilis\u00e9e comme astringent intestinal et pour les troubles menstruels.<\/li>\n<li><strong>Fruits frais ou s\u00e9ch\u00e9s :<\/strong> consomm\u00e9s directement dans certaines r\u00e9gions (Turquie, Pakistan, Afrique du Nord) comme aliment de cueillette modeste ou en d\u00e9coction.<\/li>\n<li><strong>Teinture d&rsquo;\u00e9corce :<\/strong> usage tinctorial ancien (teinture jaune) plus que th\u00e9rapeutique.<\/li>\n<li><strong>Bois :<\/strong> l&rsquo;usage artisanal n&rsquo;est pas gal\u00e9nique au sens strict, mais il constitue la valorisation la plus constante et la plus document\u00e9e de l&rsquo;esp\u00e8ce \u2014 fouets, fourches, manches d&rsquo;outils, cannes, pi\u00e8ces de charronnerie.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le micocoulier n&rsquo;entre dans aucune sp\u00e9cialit\u00e9 phytoth\u00e9rapeutique commercialis\u00e9e. Ses usages restent empiriques, locaux et modestes sur le plan m\u00e9dical.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<ul>\n<li>Les fruits m\u00fbrs sont consid\u00e9r\u00e9s comme <strong>comestibles<\/strong> et consomm\u00e9s traditionnellement sans effets ind\u00e9sirables rapport\u00e9s.<\/li>\n<li>Les feuilles en d\u00e9coction sont utilis\u00e9es de longue date sans toxicit\u00e9 aigu\u00eb document\u00e9e, mais <strong>aucune \u00e9valuation toxicologique formelle<\/strong> n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e.<\/li>\n<li>Le <strong>pollen<\/strong> de <em>Celtis australis<\/em> est signal\u00e9 comme allerg\u00e8ne potentiel dans certaines \u00e9tudes d&rsquo;a\u00e9robiologie m\u00e9diterran\u00e9enne \u2014 \u00e0 prendre en compte dans les villes o\u00f9 l&rsquo;arbre est abondamment plant\u00e9.<\/li>\n<li>Pas de confusion dangereuse connue : la silhouette, les feuilles asym\u00e9triques et les drupes noires du micocoulier le distinguent sans ambigu\u00eft\u00e9 des autres arbres de son habitat.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le micocoulier est un arbre d&rsquo;histoire longue. Son bois, d&rsquo;une souplesse et d&rsquo;une r\u00e9sistance exceptionnelles, a fait la r\u00e9putation de tout un artisanat m\u00e9diterran\u00e9en. Dans le Midi, une tradition de fabrication de fouets, de fourches \u00e0 foin et de manches d&rsquo;outils en bois de micocoulier a perdur\u00e9 pendant des si\u00e8cles. Les fouets sont associ\u00e9s \u00e0 Sor\u00e8de (Pyr\u00e9n\u00e9es-Orientales), o\u00f9 subsiste depuis le XIIIe si\u00e8cle le dernier atelier mondial connu travaillant le micocoulier ; les fourches sont quant \u00e0 elles li\u00e9es \u00e0 Sauve (Gard), o\u00f9 un conservatoire maintient la tradition. Le bois, d\u00e9bit\u00e9 en longues lattes puis travaill\u00e9 \u00e0 la vapeur, pouvait \u00eatre cintr\u00e9 sans casser \u2014 qualit\u00e9 rare qui le rendait irrempla\u00e7able pour les pi\u00e8ces devant absorber des chocs r\u00e9p\u00e9t\u00e9s.<\/p>\n<p>Les fruits, modestes et peu charnus, \u00e9taient consomm\u00e9s par les enfants des villages comme friandise de cueillette, et parfois s\u00e9ch\u00e9s pour l&rsquo;hiver. Dans certaines r\u00e9gions d&rsquo;Afrique du Nord et du Proche-Orient, ils entraient dans des pr\u00e9parations alimentaires simples. L&rsquo;\u00e9corce fournissait une teinture jaune utilis\u00e9e d\u00e8s le Moyen \u00c2ge pour la coloration des textiles.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine populaire, les d\u00e9coctions de feuilles \u00e9taient employ\u00e9es contre les diarrh\u00e9es, les coliques et les saignements menstruels excessifs. Ces usages, document\u00e9s dans les enqu\u00eates ethnobotaniques de terrain (Pakistan, Turquie, Maghreb), n&rsquo;ont jamais atteint le statut de rem\u00e8de officiel en pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Le micocoulier est aussi un arbre de places publiques, de fontaines et de cours d&rsquo;\u00e9cole dans les villages m\u00e9diterran\u00e9ens. Certains sujets monumentaux sont class\u00e9s arbres remarquables. Cette dimension patrimoniale et paysag\u00e8re est au moins aussi importante que sa chimie ou ses usages m\u00e9dicinaux.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Le micocoulier de Provence est un arbre m\u00e9diterran\u00e9en dont la valeur se lit \u00e0 plusieurs niveaux. Sur le plan botanique, c&rsquo;est un Cannabac\u00e9e \u00e0 feuilles alternes asym\u00e9triques, \u00e0 drupes noires et \u00e0 bois souple, typique des pentes calcaires s\u00e8ches et des villages du Midi. Sur le plan phytochimique, des \u00e9tudes r\u00e9centes (Safari et al., 2023 ; Samadd et al., 2024) ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 un profil polyph\u00e9nolique riche dans les fruits \u2014 domin\u00e9 par l&rsquo;acide rosmarinique, l&rsquo;<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a>, la rutine, la querc\u00e9tine et les anthocyanes \u2014 avec une activit\u00e9 antioxydante, anti-inflammatoire et antimicrobienne document\u00e9e en pr\u00e9clinique. La celtisanine, ph\u00e9nol sulfon\u00e9 original, distingue chimiquement cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<p>Sur le plan culturel, le micocoulier est un arbre de m\u00e9moire et d&rsquo;artisanat : son bois a servi pendant des si\u00e8cles \u00e0 fabriquer les outils et les fouets du Midi, ses drupes ont nourri les enfants des villages, et sa silhouette est indissociable des places ombrag\u00e9es de Provence. Documenter cet arbre s\u00e9rieusement, c&rsquo;est tenir ensemble ces dimensions sans en sacrifier aucune.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Safari F, Hassanpour H, Alijanpour A. Evaluation of hackberry (<em>Celtis australis<\/em> L.) fruits as sources of bioactive compounds. <em>Scientific Reports<\/em>. 2023;13:12233. DOI : <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1038\/s41598-023-39421-x\">10.1038\/s41598-023-39421-x<\/a>. PMID : <a href=\"https:\/\/pubmed.ncbi.nlm.nih.gov\/37507445\/\">37507445<\/a>. Neuf compos\u00e9s ph\u00e9noliques quantifi\u00e9s, acide rosmarinique dominant, variabilit\u00e9 g\u00e9notypique.<\/li>\n<li>Samadd MA, Hossain MJ, Zahan MS, Islam MM, Rashid MA. A comprehensive account on ethnobotany, phytochemistry and pharmacological insights of genus <em>Celtis<\/em>. <em>Heliyon<\/em>. 2024;10(9):e29707. DOI : <a href=\"https:\/\/doi.org\/10.1016\/j.heliyon.2024.e29707\">10.1016\/j.heliyon.2024.e29707<\/a>. PMID : <a href=\"https:\/\/pubmed.ncbi.nlm.nih.gov\/38726115\/\">38726115<\/a>. Revue compl\u00e8te des 14 esp\u00e8ces de <em>Celtis<\/em> \u00e9tudi\u00e9es.<\/li>\n<li>Plants of the World Online, Royal Botanic Gardens, Kew. Celtis australis L., taxon accept\u00e9 : https:\/\/powo.science.kew.org\/taxon\/urn:lsid:ipni.org:names:850999-1.<\/li>\n<li>Bruneton J. <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5<sup>e<\/sup> \u00e9dition, Lavoisier Tec &amp; Doc, Paris, 2016. Cadre g\u00e9n\u00e9ral sur les polyph\u00e9nols, les flavono\u00efdes et les <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">triterp\u00e8nes<\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica \u2014 Flore de France<\/em>. Biotope \u00c9ditions, 2014. D\u00e9termination et \u00e9cologie de <em>Celtis australis<\/em> en France.<\/li>\n<li>Tela Botanica \u2013 R\u00e9f\u00e9rentiel floristique fran\u00e7ais, fiche <em>Celtis australis<\/em> L. : <a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/bdtfx-nn-15527\">https:\/\/www.tela-botanica.org\/bdtfx-nn-15527<\/a>.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2606\u2606\u2606\u2606<\/strong> Stomachique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2606\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antidiarrh\u00e9ique<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Celtis australis L. Famille : Cannabaceae (anciennement plac\u00e9 dans les Ulmaceae). 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