{"id":4822,"date":"2026-03-28T17:29:30","date_gmt":"2026-03-28T16:29:30","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/pissenlit-des-marais\/"},"modified":"2026-06-25T09:28:36","modified_gmt":"2026-06-25T07:28:36","slug":"pissenlit-des-marais","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/pissenlit-des-marais\/","title":{"rendered":"PISSENLIT DES MARAIS"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Pissenlit%20des%20marais.jpg\" alt=\"Planche botanique Pissenlit des marais\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le Pissenlit des marais, <em>Taraxacum palustre<\/em> (Lyons) Symons, est une plante vivace herbac\u00e9e de la famille des Ast\u00e9rac\u00e9es (Asteraceae). Le genre <em>Taraxacum<\/em>, l&rsquo;un des plus complexes taxonomiquement du r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal, comprend plusieurs centaines de micro-esp\u00e8ces regroup\u00e9es en sections. <em>Taraxacum palustre<\/em> appartient \u00e0 la section <em>Palustria<\/em>, qui rassemble les pissenlits des milieux humides. Contrairement au Pissenlit commun (<em>Taraxacum officinale<\/em> agg.) omnipr\u00e9sent dans les jardins, le Pissenlit des marais est une esp\u00e8ce sp\u00e9cialis\u00e9e, inf\u00e9od\u00e9e aux zones humides alcalines. C&rsquo;est une plante acaule, de petite taille (5 \u00e0 20 centim\u00e8tres), formant une rosette basale de feuilles plus \u00e9troites et moins profond\u00e9ment d\u00e9coup\u00e9es que celles du pissenlit commun. Le capitule est solitaire, port\u00e9 sur un p\u00e9doncule creux, compos\u00e9 de fleurs ligul\u00e9es jaunes. Le fruit est un ak\u00e8ne surmont\u00e9 d&rsquo;un pappus formant l&rsquo;aigrette soyeuse caract\u00e9ristique des pissenlits. La distinction avec les autres pissenlits n\u00e9cessite un examen attentif de la morphologie foliaire, des bract\u00e9es de l&rsquo;involucre et des ak\u00e8nes.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Taraxacum palustre<\/em> (au sens large) est une esp\u00e8ce europ\u00e9enne pr\u00e9sente de la Grande-Bretagne \u00e0 l&rsquo;Europe orientale. En France, elle est diss\u00e9min\u00e9e dans les r\u00e9gions \u00e0 zones humides alcalines bien pr\u00e9serv\u00e9es, mais de fa\u00e7on fragment\u00e9e et en d\u00e9clin. Son habitat est tr\u00e8s sp\u00e9cifique : les prairies humides de fauche alcalines, les bas-marais calcaires, les suintements tourbeux alcalins, les bords de foss\u00e9s et les prairies inondables sur substrat marno-calcaire. Le sol est gorg\u00e9 d&rsquo;eau pendant une partie de l&rsquo;ann\u00e9e, alcalin (pH &gt; 7), tourbeux ou min\u00e9ral humide. La plante est associ\u00e9e aux communaut\u00e9s v\u00e9g\u00e9tales de bas-marais alcalins \u00e0 <em>Carex davalliana<\/em> et aux prairies \u00e0 molinies, habitats de grande valeur patrimoniale. Son amplitude altitudinale va du niveau de la mer \u00e0 environ 1 500 m\u00e8tres en montagne.<\/p>\n<hr>\n<h3>Caract\u00e9ristiques morphologiques d\u00e9taill\u00e9es<\/h3>\n<p>La racine est pivotante, plus gr\u00eale que celle du pissenlit commun. Les feuilles, toutes basales en rosette, sont lanc\u00e9ol\u00e9es \u00e0 oblanc\u00e9ol\u00e9es, longues de 5 \u00e0 15 centim\u00e8tres, peu profond\u00e9ment lob\u00e9es \u00e0 dent\u00e9es (les lobes \u00e9tant g\u00e9n\u00e9ralement courts et triangulaires, non profond\u00e9ment d\u00e9coup\u00e9s comme chez <em>T. officinale<\/em>), \u00e0 nervure m\u00e9diane souvent pourpre. Le limbe est vert franc, glabre ou l\u00e9g\u00e8rement poilu. Le p\u00e9doncule floral est dress\u00e9, creux, laineux \u00e0 la base du capitule, haut de 5 \u00e0 20 centim\u00e8tres. Le capitule mesure 15 \u00e0 30 millim\u00e8tres de diam\u00e8tre. Les bract\u00e9es de l&rsquo;involucre externe sont dress\u00e9es et apprim\u00e9es contre les bract\u00e9es internes (et non r\u00e9fl\u00e9chies vers le bas comme chez <em>T. officinale<\/em>) \u2014 caract\u00e8re diagnostique important. Les fleurs ligul\u00e9es sont jaunes, les ext\u00e9rieures souvent stri\u00e9es de gris verd\u00e2tre sur la face dorsale. L&rsquo;ak\u00e8ne est petit (3 \u00e0 4 millim\u00e8tres), brun p\u00e2le \u00e0 paille, lisse ou tr\u00e8s finement tubercul\u00e9 dans la partie sup\u00e9rieure, surmont\u00e9 d&rsquo;un bec fin et d&rsquo;un pappus blanc. La couleur p\u00e2le des ak\u00e8nes et les bract\u00e9es apprim\u00e9es sont les crit\u00e8res de d\u00e9termination les plus fiables.<\/p>\n<hr>\n<h3>Cycle de vie et ph\u00e9nologie<\/h3>\n<p><em>Taraxacum palustre<\/em> est une plante vivace \u00e0 rosette, dont la p\u00e9rennit\u00e9 est assur\u00e9e par la racine pivotante. Contrairement au pissenlit commun qui fleurit de mars \u00e0 novembre, le pissenlit des marais a une p\u00e9riode de floraison plus courte, principalement d&rsquo;avril \u00e0 juin. La pollinisation peut \u00eatre entomophile (abeilles, syrphes, mouches) ou se faire par apomixie (reproduction asexu\u00e9e produisant des graines sans f\u00e9condation), comme c&rsquo;est le cas pour de nombreuses micro-esp\u00e8ces de <em>Taraxacum<\/em>. L&rsquo;apomixie est le mode de reproduction dominant, ce qui explique la stabilit\u00e9 des formes et la multiplication des micro-esp\u00e8ces. Les ak\u00e8nes, port\u00e9s par leur pappus, sont dispers\u00e9s par le vent et peuvent parcourir de grandes distances. La germination intervient en automne ou au d\u00e9but du printemps, sur un sol nu et humide.<\/p>\n<hr>\n<h3>Exigences \u00e9cologiques<\/h3>\n<p>Le Pissenlit des marais est une esp\u00e8ce strictement hygrophile et calcicole, n\u00e9cessitant un sol gorg\u00e9 d&rsquo;eau pendant une grande partie de l&rsquo;ann\u00e9e, alcalin et de pr\u00e9f\u00e9rence oligotrophe \u00e0 m\u00e9sotrophe (pauvre \u00e0 mod\u00e9r\u00e9ment riche en nutriments). L&rsquo;eutrophisation lui est fatale car elle favorise les esp\u00e8ces comp\u00e9titives de grande taille. La plante est h\u00e9liophile, requ\u00e9rant des milieux ouverts maintenus par la fauche ou le p\u00e2turage extensif. La fermeture du milieu par les ligneux lui est d\u00e9favorable. Le niveau de la nappe phr\u00e9atique doit \u00eatre \u00e9lev\u00e9, affleurant ou proche de la surface. Le substrat peut \u00eatre tourbeux ou marno-calcaire. La plante est indicatrice de conditions \u00e9cologiques tr\u00e8s sp\u00e9cifiques et sa pr\u00e9sence t\u00e9moigne de zones humides alcalines de haute qualit\u00e9 patrimoniale.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Phytochimie peu \u00e9tudi\u00e9e pour cette esp\u00e8ce ; aucun profil mol\u00e9culaire valoris\u00e9 n\u2019est document\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Par analogie avec <em>Taraxacum officinale<\/em>, <em>T. palustre<\/em> poss\u00e8de probablement des propri\u00e9t\u00e9s <strong>diur\u00e9tiques<\/strong> (valid\u00e9es par la Commission E et l&rsquo;ESCOP pour le genre), <strong>cholagogues<\/strong> et <strong>h\u00e9patoprotectrices<\/strong>. Les <strong>sesquiterp\u00e8nes lactones<\/strong> stimulent la s\u00e9cr\u00e9tion biliaire. L&rsquo;<strong>inuline<\/strong> des racines poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s <strong>pr\u00e9biotiques<\/strong>. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> et <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> conf\u00e8rent une activit\u00e9 <strong>antioxydante<\/strong>. Cependant, aucune \u00e9tude sp\u00e9cifique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 conduite sur <em>T. palustre<\/em> et la plante ne doit pas \u00eatre r\u00e9colt\u00e9e \u00e0 des fins m\u00e9dicinales en raison de sa raret\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/inuline\/\">Inuline<\/a><\/td>\n<td>Fructane<\/td>\n<td>Pr\u00e9biotique, soutien digestif<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Taraxacine<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/terpenes\/\">Lactone sesquiterp\u00e9nique<\/a><\/td>\n<td>Am\u00e8re, chol\u00e9r\u00e9tique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Taraxast\u00e9rol, \u03b2-amyrine<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">Triterp\u00e8nes<\/a><\/td>\n<td>Anti-inflammatoires<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide chicorique, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">Polyph\u00e9nols<\/a><\/td>\n<td>Antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Potassium<\/td>\n<td>Min\u00e9ral<\/td>\n<td>Diur\u00e9tique de soutien<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Usage traditionnel en infusion (d\u00e9part \u00e0 froid) ; pas de forme standardis\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Le Pissenlit des marais participe aux communaut\u00e9s floristiques des bas-marais alcalins, milieux d&rsquo;une exceptionnelle richesse en esp\u00e8ces sp\u00e9cialis\u00e9es et souvent menac\u00e9es (orchid\u00e9es, la\u00eeches rares, gentiane pneumonanthe). Ses capitules jaunes offrent une ressource nectarif\u00e8re et pollinif\u00e8re aux insectes pollinisateurs des zones humides. Les ak\u00e8nes sont consomm\u00e9s par de petits oiseaux granivores. La plante contribue \u00e0 la couverture v\u00e9g\u00e9tale et au recyclage des nutriments dans ces \u00e9cosyst\u00e8mes fragiles. Son r\u00f4le \u00e9cologique individuel est modeste mais sa valeur en tant qu&rsquo;indicateur de la qualit\u00e9 des zones humides est consid\u00e9rable.<\/p>\n<hr>\n<h3>Propri\u00e9t\u00e9s biochimiques et composition<\/h3>\n<p>La chimie de <em>Taraxacum palustre<\/em> est peu \u00e9tudi\u00e9e sp\u00e9cifiquement, mais le genre <em>Taraxacum<\/em> est bien caract\u00e9ris\u00e9 chimiquement. Les pissenlits contiennent des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/sesquiterpenes\/\">sesquiterp\u00e8nes<\/a> lactones<\/strong> (taraxacine, taraxac\u00e9rine), responsables de l&rsquo;amertume du latex, des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">triterp\u00e8nes<\/a><\/strong> (tarax\u00e9rol, taraxast\u00e9rol), des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (lut\u00e9oline, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a>), des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (acide caf\u00e9ique, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a>) et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/inuline\/\">inuline<\/a><\/strong> (polysaccharide de r\u00e9serve dans les racines). Les p\u00e9tales contiennent des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong> (lut\u00e9ine, z\u00e9axanthine) responsables de la coloration jaune. Le latex blanc contient du <strong>caoutchouc naturel<\/strong> en faible proportion. <em>T. palustre<\/em> partage probablement ce profil chimique, bien que des variations quantitatives soient possibles.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicit\u00e9 et pr\u00e9cautions<\/h3>\n<p>Les pissenlits ne sont pas des plantes toxiques. Le latex peut provoquer des dermatites de contact chez les personnes sensibilis\u00e9es aux sesquiterp\u00e8nes lactones (allergie aux Ast\u00e9rac\u00e9es). La consommation alimentaire est sans danger. La principale pr\u00e9caution concerne le statut de conservation de <em>T. palustre<\/em> : cette esp\u00e8ce menac\u00e9e ne doit pas \u00eatre r\u00e9colt\u00e9e dans la nature.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le Pissenlit des marais n&rsquo;a pas d&rsquo;usage ethnobotanique sp\u00e9cifique distinct de celui du pissenlit commun. Le genre <em>Taraxacum<\/em> dans son ensemble est l&rsquo;un des plus utilis\u00e9s en m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne : diur\u00e9tique (d&rsquo;o\u00f9 le nom \u00ab pissenlit \u00bb), cholagogue, d\u00e9puratif, tonique h\u00e9patique. Les feuilles sont consomm\u00e9es en salade, les racines torr\u00e9fi\u00e9es en succ\u00e9dan\u00e9 de caf\u00e9. Cependant, les pissenlits des marais n&rsquo;ont jamais \u00e9t\u00e9 r\u00e9colt\u00e9s en tant que tels, la distinction avec le pissenlit commun n&rsquo;\u00e9tant g\u00e9n\u00e9ralement pas faite par les herboristes populaires. La rar\u00e9faction de <em>T. palustre<\/em> rend de toute fa\u00e7on toute r\u00e9colte inappropri\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et entretien<\/h3>\n<p>Le Pissenlit des marais n&rsquo;est pas cultiv\u00e9. Sa culture n\u00e9cessiterait un sol alcalin, constamment humide, pauvre en nutriments, en plein soleil \u2014 des conditions difficiles \u00e0 r\u00e9unir et \u00e0 maintenir dans un jardin. La conservation ex situ dans les jardins botaniques sp\u00e9cialis\u00e9s constitue le cadre le plus appropri\u00e9 pour sa culture \u00e9ventuelle.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p>La distinction entre <em>Taraxacum palustre<\/em> (section <em>Palustria<\/em>) et les pissenlits communs (section <em>Taraxacum<\/em>) repose sur plusieurs crit\u00e8res : feuilles moins profond\u00e9ment d\u00e9coup\u00e9es, bract\u00e9es externes de l&rsquo;involucre dress\u00e9es (et non r\u00e9fl\u00e9chies), ak\u00e8nes p\u00e2les (et non brun fonc\u00e9), et surtout habitat strictement humide et alcalin. L&rsquo;examen \u00e0 la loupe des ak\u00e8nes et des bract\u00e9es est n\u00e9cessaire pour une d\u00e9termination fiable. Les pissenlits de la section <em>Erythrosperma<\/em>, \u00e0 ak\u00e8nes rouge\u00e2tres et feuilles profond\u00e9ment d\u00e9coup\u00e9es, fr\u00e9quentent les milieux secs et se distinguent ais\u00e9ment.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut de conservation et menaces<\/h3>\n<p><em>Taraxacum palustre<\/em> (section <em>Palustria<\/em>) est en forte r\u00e9gression en France et dans l&rsquo;ensemble de l&rsquo;Europe occidentale. Les principales menaces sont le drainage des zones humides, l&rsquo;eutrophisation par les engrais agricoles, l&rsquo;abandon de la fauche traditionnelle et la modification des r\u00e9gimes hydrologiques. Plusieurs micro-esp\u00e8ces de la section <em>Palustria<\/em> sont inscrites sur des listes rouges r\u00e9gionales et nationales. La conservation de ces pissenlits passe par la pr\u00e9servation int\u00e9grale des bas-marais alcalins et des prairies humides de fauche, milieux parmi les plus menac\u00e9s d&rsquo;Europe. La restauration des niveaux hydrologiques naturels et la lutte contre l&rsquo;eutrophisation sont les mesures prioritaires.<\/p>\n<hr>\n<h3>Anecdotes et culture<\/h3>\n<p>Le Pissenlit des marais est le parent m\u00e9connu et menac\u00e9 du pissenlit commun, cette plante si banale qu&rsquo;on la foule partout sans la voir. Alors que <em>Taraxacum officinale<\/em> prosp\u00e8re dans le monde entier, colonisant les trottoirs, les pelouses et les champs de la plan\u00e8te, son cousin des marais se rar\u00e9fie inexorablement, victime de la disparition des zones humides alcalines. Cette divergence de destin illustre un paradoxe de la biodiversit\u00e9 : au sein d&rsquo;un m\u00eame genre, des esp\u00e8ces proches peuvent conna\u00eetre des trajectoires diam\u00e9tralement oppos\u00e9es \u2014 l&rsquo;une conqu\u00e9rant le monde, l&rsquo;autre fr\u00f4lant l&rsquo;extinction. Le genre <em>Taraxacum<\/em> est un cauchemar taxonomique dont la complexit\u00e9 d\u00e9fie les meilleurs botanistes : l&rsquo;apomixie (reproduction sans f\u00e9condation) a engendr\u00e9 des centaines de micro-esp\u00e8ces, chacune morphologiquement distincte mais fix\u00e9e g\u00e9n\u00e9tiquement, cr\u00e9ant un continuum de formes que les taxonomistes peinent \u00e0 d\u00e9limiter. Le pissenlit des marais, loin d&rsquo;\u00eatre un banal \u00ab pissenlit \u00bb, est un t\u00e9moin irrempla\u00e7able de l&rsquo;histoire \u00e9cologique des zones humides europ\u00e9ennes.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>PISSENLIT DES MARAIS pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Taraxacum%20palustre\">Plants of the World Online, Kew : <em>Taraxacum palustre<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Taraxacum+palustre\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Taraxacum palustre<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Chol\u00e9r\u00e9tique \/ d\u00e9puratif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif (amer)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Pr\u00e9biotique<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. 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