{"id":4829,"date":"2026-03-28T17:29:48","date_gmt":"2026-03-28T16:29:48","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/pissenlit-tardif\/"},"modified":"2026-06-25T09:28:36","modified_gmt":"2026-06-25T07:28:36","slug":"pissenlit-tardif","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/pissenlit-tardif\/","title":{"rendered":"PISSENLIT TARDIF"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Pissenlit%20tardif.jpg\" alt=\"Planche botanique Pissenlit tardif\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le Pissenlit tardif, <em>Taraxacum serotinum<\/em> (Waldst. &amp; Kit. ex Willd.) Poir., appartient \u00e0 la famille des <strong>Asteraceae<\/strong> (Compositae), l&rsquo;une des familles les plus diversifi\u00e9es du monde v\u00e9g\u00e9tal. Le genre <em>Taraxacum<\/em> est notoirement complexe du point de vue taxonomique en raison d&rsquo;une apomixie quasi g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, ce qui engendre d&rsquo;innombrables microesp\u00e8ces et rend la d\u00e9limitation sp\u00e9cifique particuli\u00e8rement ardue. <em>Taraxacum serotinum<\/em> se distingue n\u00e9anmoins assez nettement au sein du genre par sa morphologie robuste, sa floraison tardive et son \u00e9cologie m\u00e9diterran\u00e9enne \u00e0 sub-m\u00e9diterran\u00e9enne. Les noms vernaculaires incluent Pissenlit tardif, Pissenlit d&rsquo;automne ou encore Liondent tardif dans certaines flores anciennes. Sur le plan de la classification APG IV, l&rsquo;esp\u00e8ce se rattache \u00e0 l&rsquo;ordre des Asterales, sous-classe des Asteridae. La section <em>Serotina<\/em> regroupe les taxons de pissenlits \u00e0 floraison automnale et \u00e0 feuilles souvent coriaces et enti\u00e8res, ce qui tranche avec les pissenlits classiques printaniers du groupe <em>Taraxacum officinale<\/em> agg. La synonymie inclut <em>Leontodon serotinus<\/em> Waldst. &amp; Kit. ex Willd. L&rsquo;esp\u00e8ce pr\u00e9sente une aire fragment\u00e9e centr\u00e9e sur l&rsquo;Europe m\u00e9diane et sud-orientale, des Balkans \u00e0 la Pannonie, avec des stations disjointes en France m\u00e9ridionale, o\u00f9 elle atteint la limite occidentale de son aire.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante vivace acaule \u00e0 h\u00e9micryptophyte \u00e0 rosette, dot\u00e9e d&rsquo;une souche \u00e9paisse pivotante noir\u00e2tre. Les feuilles, toutes basales, sont oblongues-lanc\u00e9ol\u00e9es, enti\u00e8res ou \u00e0 peine sinu\u00e9es, coriaces, glauques, de 8 \u00e0 25 cm de long sur 1,5 \u00e0 4 cm de large, \u00e0 nervure m\u00e9diane saillante et blanch\u00e2tre sur la face inf\u00e9rieure. La texture ferme et le bord \u00e0 peine dent\u00e9 distinguent cette esp\u00e8ce des pissenlits communs aux feuilles profond\u00e9ment roncin\u00e9es. La hampe florale est \u00e9paisse, fistuleuse, haute de 10 \u00e0 30 cm, portant un capitule solitaire large de 3 \u00e0 5 cm. Les ligules sont jaune dor\u00e9, parfois orang\u00e9es \u00e0 la base, les bract\u00e9es de l&rsquo;involucre sont dispos\u00e9es sur deux rangs, les ext\u00e9rieures ovales et appliqu\u00e9es, les int\u00e9rieures lin\u00e9aires et dress\u00e9es. Le fruit est un ak\u00e8ne fusiforme brun clair, finement tuberculeux, surmont\u00e9 d&rsquo;un bec \u00e9galant ou d\u00e9passant le corps de l&rsquo;ak\u00e8ne et d&rsquo;une aigrette blanche plumeuse permettant la diss\u00e9mination an\u00e9mochore. La floraison, tardive comme le nom l&rsquo;indique, intervient de juillet \u00e0 octobre, contrastant avec la ph\u00e9nologie printani\u00e8re des autres pissenlits. Le syst\u00e8me racinaire profond et la texture coriace des organes a\u00e9riens trahissent une adaptation \u00e0 la s\u00e9cheresse estivale m\u00e9diterran\u00e9enne et continentale.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET HABITAT<\/h3>\n<p><em>Taraxacum serotinum<\/em> est une esp\u00e8ce x\u00e9rophile \u00e0 m\u00e9sox\u00e9rophile des pelouses steppiques, prairies s\u00e8ches et ourlets thermophiles sur substrats calcaires ou marneux. Son aire s&rsquo;\u00e9tend de l&rsquo;Europe centrale (Pannonie, Boh\u00eame) aux Balkans et \u00e0 l&rsquo;Anatolie occidentale, avec des stations isol\u00e9es dans le sud de la France (Causses, garrigues languedociennes, vall\u00e9e du Rh\u00f4ne). En France, l&rsquo;esp\u00e8ce est consid\u00e9r\u00e9e comme rare et b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;une attention patrimoniale dans plusieurs r\u00e9gions. Elle affectionne les sols squelettiques, bien drain\u00e9s, souvent en exposition sud, entre 200 et 1200 m d&rsquo;altitude. Le Pissenlit tardif supporte la s\u00e9cheresse estivale gr\u00e2ce \u00e0 sa racine pivotante profonde et \u00e0 ses feuilles coriaces \u00e0 cuticule \u00e9paisse, adaptations typiques des h\u00e9micryptophytes m\u00e9diterran\u00e9o-continentaux. La pollinisation est assur\u00e9e par des insectes g\u00e9n\u00e9ralistes (abeilles, syrphes), bien que l&rsquo;apomixie soit fr\u00e9quente dans le genre. La diss\u00e9mination est an\u00e9mochore gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;aigrette plumeuse. L&rsquo;esp\u00e8ce entre en comp\u00e9tition avec les gramin\u00e9es p\u00e9rennes des pelouses s\u00e8ches mais tol\u00e8re un p\u00e2turage extensif mod\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>En phytoth\u00e9rapie populaire, les parties utilis\u00e9es sont principalement la <strong>racine<\/strong> r\u00e9colt\u00e9e \u00e0 l&rsquo;automne apr\u00e8s la floraison, lorsque les r\u00e9serves en <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/inuline\/\">inuline<\/a> et en principes amers sont maximales, et les <strong>feuilles<\/strong> fra\u00eeches ou s\u00e9ch\u00e9es. La racine, \u00e9paisse et charnue, est s\u00e9ch\u00e9e enti\u00e8re ou en fragments apr\u00e8s un lavage minutieux. Les feuilles, r\u00e9colt\u00e9es avant la floraison au printemps ou en d\u00e9but d&rsquo;\u00e9t\u00e9, sont utilis\u00e9es fra\u00eeches en salade ou s\u00e9ch\u00e9es pour les tisanes. Les capitules floraux peuvent \u00e9galement \u00eatre employ\u00e9s, bien que cet usage soit moins document\u00e9. L&rsquo;ensemble de la plante exsude un latex blanc lorsqu&rsquo;on la coupe, signe d&rsquo;une richesse en compos\u00e9s terp\u00e9niques et en esters lactiques. Ce latex est particuli\u00e8rement abondant dans la racine et constitue un marqueur organoleptique utile pour l&rsquo;identification sur le terrain.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Fraction terp\u00e9nique et lactones sesquiterp\u00e9niques<\/h3>\n<p>Le latex contient des <strong>lactones sesquiterp\u00e9niques<\/strong> de type germacranolide et eudesmanolide, responsables de l&rsquo;amertume caract\u00e9ristique. La <strong>taraxacine<\/strong> et ses d\u00e9riv\u00e9s glycosidiques constituent les principaux compos\u00e9s amers isol\u00e9s dans le genre <em>Taraxacum<\/em>. Ces lactones participent \u00e0 la stimulation r\u00e9flexe de la s\u00e9cr\u00e9tion gastrique et biliaire par activation des r\u00e9cepteurs gustatifs amers (TAS2R) au niveau buccal et gastro-intestinal.<\/p>\n<h3>B. Triterp\u00e8nes et st\u00e9rols<\/h3>\n<p>La racine renferme des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">triterp\u00e8nes<\/a> pentacycliques<\/strong> dont le <strong>taraxast\u00e9rol<\/strong>, le <strong>pseudo-taraxast\u00e9rol<\/strong>, le <strong>\u03b2-amyrine<\/strong> et le <strong>lup\u00e9ol<\/strong>. Le <strong>tarax\u00e9rol<\/strong> et ses esters ac\u00e9tyl\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crits comme modulateurs de l&rsquo;inflammation dans des mod\u00e8les pr\u00e9cliniques. Les phytost\u00e9rols (<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/beta-sitosterol\/\">\u03b2-sitost\u00e9rol<\/a><\/strong>, <strong>stigmast\u00e9rol<\/strong>) compl\u00e8tent ce profil lipophile.<\/p>\n<h3>C. Compos\u00e9s ph\u00e9noliques<\/h3>\n<p>Les feuilles sont riches en <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, <strong>acide chicorique<\/strong> (acide dicaf\u00e9oyl-tartrique), flavono\u00efdes (<strong>lut\u00e9oline<\/strong>, <strong>lut\u00e9oline-7-O-glucoside<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>) et <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">coumarines<\/a><\/strong>. L&rsquo;acide chicorique, commun aux Cichorioideae, pr\u00e9sente un potentiel antioxydant document\u00e9.<\/p>\n<h3>D. Polysaccharides et inuline<\/h3>\n<p>La racine accumule de l&rsquo;<strong>inuline<\/strong> (fructo-oligosaccharide) atteignant 25 \u00e0 40 % du poids sec en automne. Ce polysaccharide de r\u00e9serve constitue un pr\u00e9biotique reconnu, favorisant la croissance des bifidobact\u00e9ries intestinales. D&rsquo;autres polysaccharides h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes \u00e0 activit\u00e9 immunomodulatrice ont \u00e9t\u00e9 isol\u00e9s du genre.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;action pharmacologique du Pissenlit tardif repose sur une synergie multi-cibles caract\u00e9ristique des drogues v\u00e9g\u00e9tales complexes. L&rsquo;amertume des lactones sesquiterp\u00e9niques stimule la s\u00e9cr\u00e9tion salivaire, gastrique et biliaire par voie r\u00e9flexe, fondant l&rsquo;usage traditionnel comme <strong>amer digestif<\/strong> et <strong>cholagogue<\/strong>. Les triterp\u00e8nes pentacycliques exercent une activit\u00e9 anti-inflammatoire par inhibition de la voie NF-\u03baB et modulation des cyclo-oxyg\u00e9nases, d\u00e9montr\u00e9e in vitro sur des mod\u00e8les cellulaires. L&rsquo;inuline racinaire agit comme pr\u00e9biotique, modulant le microbiote intestinal et favorisant la production d&rsquo;acides gras \u00e0 cha\u00eene courte (butyrate). Les compos\u00e9s ph\u00e9noliques, notamment l&rsquo;acide chicorique et les flavono\u00efdes, contribuent \u00e0 un effet antioxydant mesur\u00e9 par les tests DPPH et ORAC. L&rsquo;effet diur\u00e9tique traditionnellement attribu\u00e9 au pissenlit, bien que principalement document\u00e9 pour <em>T. officinale<\/em>, est vraisemblablement partag\u00e9 par l&rsquo;esp\u00e8ce tardive compte tenu de la proximit\u00e9 phytochimique. Le potassium naturellement pr\u00e9sent dans les feuilles compenserait partiellement la d\u00e9pl\u00e9tion potassique induite par la diur\u00e8se, ce qui constitue un avantage par rapport aux diur\u00e9tiques de synth\u00e8se. L&rsquo;ensemble de ces m\u00e9canismes convergent vers un profil de plante d\u00e9purative, h\u00e9patoprotectrice l\u00e9g\u00e8re et r\u00e9gulatrice digestive.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Les donn\u00e9es cliniques sp\u00e9cifiques \u00e0 <em>Taraxacum serotinum<\/em> sont inexistantes dans la litt\u00e9rature index\u00e9e, la quasi-totalit\u00e9 des \u00e9tudes portant sur <em>T. officinale<\/em> agg. Toutefois, la Commission E allemande a approuv\u00e9 l&rsquo;usage de la racine et des feuilles de pissenlit pour les troubles dyspeptiques, l&rsquo;insuffisance biliaire l\u00e9g\u00e8re et les troubles de l&rsquo;app\u00e9tit. L&rsquo;ESCOP reconna\u00eet la racine de pissenlit comme chol\u00e9r\u00e9tique et la feuille comme diur\u00e9tique. Un essai pilote men\u00e9 en Cor\u00e9e (Clare et al., 2009) sur 17 volontaires a montr\u00e9 une augmentation significative de la fr\u00e9quence mictionnelle apr\u00e8s ingestion d&rsquo;extrait hydroalcoolique de feuilles de pissenlit. Plusieurs \u00e9tudes pr\u00e9cliniques (Koh et al., 2010 ; Davaatseren et al., 2013) ont d\u00e9montr\u00e9 un effet h\u00e9patoprotecteur de l&rsquo;extrait \u00e9thanolique de racine de pissenlit sur des mod\u00e8les murins d&rsquo;h\u00e9patotoxicit\u00e9 induite par le CCl4 ou l&rsquo;alcool. Par extrapolation prudente, ces r\u00e9sultats soutiennent la plausibilit\u00e9 pharmacologique des usages traditionnels applicables au Pissenlit tardif, sans toutefois constituer une preuve directe pour cette esp\u00e8ce. L&rsquo;absence de monographie sp\u00e9cifique dans les pharmacop\u00e9es souligne le besoin d&rsquo;\u00e9tudes d\u00e9di\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h3>TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h3>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe chimique<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Taraxacine<\/strong><\/td>\n<td>Lactone sesquiterp\u00e9nique<\/td>\n<td>Amer digestif, chol\u00e9r\u00e9tique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Taraxast\u00e9rol<\/strong><\/td>\n<td>Triterp\u00e8ne pentacyclique<\/td>\n<td>Anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Acide chicorique<\/strong><\/td>\n<td>D\u00e9riv\u00e9 ph\u00e9nolique<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Inuline<\/strong><\/td>\n<td>Fructo-oligosaccharide<\/td>\n<td>Pr\u00e9biotique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Lut\u00e9oline<\/strong><\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/flavones\/\">Flavone<\/a><\/td>\n<td>Anti-inflammatoire, antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>\u03b2-sitost\u00e9rol<\/strong><\/td>\n<td>Phytost\u00e9rol<\/td>\n<td>Hypocholest\u00e9rol\u00e9miant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/inuline\/\">Inuline<\/a><\/td>\n<td>Fructane<\/td>\n<td>Pr\u00e9biotique, soutien digestif<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Taraxacine<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/terpenes\/\">Lactone sesquiterp\u00e9nique<\/a><\/td>\n<td>Am\u00e8re, chol\u00e9r\u00e9tique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Taraxast\u00e9rol, \u03b2-amyrine<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">Triterp\u00e8nes<\/a><\/td>\n<td>Anti-inflammatoires<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide chicorique, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">Polyph\u00e9nols<\/a><\/td>\n<td>Antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Potassium<\/td>\n<td>Min\u00e9ral<\/td>\n<td>Diur\u00e9tique de soutien<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Infusion de feuilles :<\/strong> 4 \u00e0 10 g de feuilles s\u00e9ch\u00e9es par litre d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infuser 10 minutes. Deux \u00e0 trois tasses par jour, avant les repas pour l&rsquo;effet amer.<\/li>\n<li><strong>D\u00e9coction de racine :<\/strong> 3 \u00e0 5 g de racine s\u00e9ch\u00e9e concass\u00e9e dans 250 ml d&rsquo;eau froide, porter \u00e0 \u00e9bullition, maintenir 5 minutes puis infuser 10 minutes. Une \u00e0 deux tasses par jour.<\/li>\n<li><strong>Teinture-m\u00e8re :<\/strong> racine fra\u00eeche au titre 1:5 dans \u00e9thanol 45\u00b0. 30 \u00e0 50 gouttes deux \u00e0 trois fois par jour.<\/li>\n<li><strong>Extrait fluide :<\/strong> 2 \u00e0 5 ml par jour, souvent associ\u00e9 \u00e0 d&rsquo;autres plantes h\u00e9patobiliaires (artichaut, boldo, romarin).<\/li>\n<li><strong>Suc frais de plante :<\/strong> usage printanier d\u00e9puratif, 10 \u00e0 20 ml dilu\u00e9s dans de l&rsquo;eau.<\/li>\n<li><strong>Poudre de racine en g\u00e9lules :<\/strong> 500 \u00e0 1500 mg par jour, r\u00e9partis en deux \u00e0 trois prises.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Le Pissenlit tardif est consid\u00e9r\u00e9 comme une plante de bonne innocuit\u00e9 aux doses traditionnelles. Le latex peut provoquer des dermatites de contact chez les sujets sensibilis\u00e9s aux Asteraceae (r\u00e9action crois\u00e9e avec les lactones sesquiterp\u00e9niques). Les personnes souffrant d&rsquo;obstruction des voies biliaires ou de calculs biliaires doivent \u00e9viter les pr\u00e9parations chol\u00e9r\u00e9tiques sans avis m\u00e9dical. L&rsquo;effet diur\u00e9tique impose une vigilance en cas de traitement par lithium (risque de surdosage par diminution de la clairance r\u00e9nale du lithium). Les interactions avec les anticoagulants oraux sont th\u00e9oriquement possibles via la teneur en coumarines mais non document\u00e9es cliniquement. La DL50 de l&rsquo;extrait aqueux de racine de pissenlit, \u00e9valu\u00e9e chez la souris, d\u00e9passe 10 g\/kg par voie orale, confirmant une toxicit\u00e9 aigu\u00eb extr\u00eamement faible. La consommation alimentaire traditionnelle des feuilles en salade constitue un argument suppl\u00e9mentaire de s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le genre <em>Taraxacum<\/em> poss\u00e8de une histoire m\u00e9dicinale tr\u00e8s ancienne, mentionn\u00e9 d\u00e8s le Xe si\u00e8cle dans les \u00e9crits des m\u00e9decins arabes sous le nom de <em>tarakhshaq\u00fbq<\/em>. En Europe, le pissenlit est pr\u00e9sent dans les herbiers m\u00e9di\u00e9vaux germaniques et dans la Materia Medica de Leonhart Fuchs (1543). L&rsquo;usage comme d\u00e9puratif printanier \u2014 \u00ab cure de pissenlit \u00bb \u2014 est attest\u00e9 dans toute l&rsquo;Europe rurale. Le Pissenlit tardif, en raison de son aire plus m\u00e9ridionale et de sa ph\u00e9nologie d\u00e9cal\u00e9e, \u00e9tait sp\u00e9cifiquement r\u00e9colt\u00e9 en fin d&rsquo;\u00e9t\u00e9 dans les r\u00e9gions pannoniennes et balkaniques pour pr\u00e9parer des d\u00e9coctions am\u00e8res hivernales. En m\u00e9decine populaire hongroise, la racine broy\u00e9e \u00e9tait appliqu\u00e9e en cataplasme sur les verrues et cors. Les jeunes feuilles entraient dans les salades am\u00e8res de Car\u00eame dans la tradition chr\u00e9tienne d&rsquo;Europe centrale. Le nom \u00ab pissenlit \u00bb lui-m\u00eame t\u00e9moigne de l&rsquo;effet diur\u00e9tique reconnu par les anciens herboristes, tandis que l&rsquo;anglais \u00ab dandelion \u00bb d\u00e9rive du fran\u00e7ais \u00ab dent-de-lion \u00bb d\u00e9crivant la forme des feuilles \u2014 bien que chez <em>T. serotinum<\/em>, les feuilles soient justement peu d\u00e9coup\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h3>STATUT DE CONSERVATION ET PROTECTION<\/h3>\n<p>En France, <em>Taraxacum serotinum<\/em> est inscrit sur des listes rouges r\u00e9gionales dans plusieurs territoires (\u00cele-de-France, Centre-Val de Loire, Auvergne). L&rsquo;esp\u00e8ce ne figure pas sur la liste nationale des esp\u00e8ces prot\u00e9g\u00e9es ni dans les annexes de la Directive Habitats, mais sa raret\u00e9 et la r\u00e9gression de ses habitats (pelouses s\u00e8ches calcaires) en font un enjeu de conservation locale. La d\u00e9prise agricole suivie de fermeture des milieux par embroussaillement constitue la principale menace, de m\u00eame que l&rsquo;intensification agricole dans les secteurs de plaine. Les programmes de restauration de pelouses s\u00e8ches (p\u00e2turage conservatoire, d\u00e9broussaillage) b\u00e9n\u00e9ficient indirectement \u00e0 l&rsquo;esp\u00e8ce. Dans les pays d&rsquo;Europe centrale, l&rsquo;esp\u00e8ce est plus commune et ne b\u00e9n\u00e9ficie pas de statut de protection sp\u00e9cifique. Sa cueillette \u00e0 des fins m\u00e9dicinales doit n\u00e9anmoins rester raisonn\u00e9e dans les stations fran\u00e7aises isol\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Le Pissenlit tardif repr\u00e9sente un taxon original au sein d&rsquo;un genre domin\u00e9 par les pissenlits printaniers ubiquistes. Sa phytochimie, bien que proche de celle de <em>T. officinale<\/em>, pr\u00e9sente des particularit\u00e9s li\u00e9es \u00e0 son \u00e9cologie m\u00e9diterran\u00e9o-continentale : teneur potentiellement plus \u00e9lev\u00e9e en compos\u00e9s de r\u00e9sistance au stress hydrique (triterp\u00e8nes, cutines), proportion diff\u00e9rente de lactones sesquiterp\u00e9niques. La plante s&rsquo;inscrit dans la tradition des amers digestifs europ\u00e9ens, avec un profil multi-cibles associant stimulation biliaire, action pr\u00e9biotique racinaire et apport antioxydant foliaire. L&rsquo;absence quasi totale de donn\u00e9es cliniques propres constitue une lacune importante que la recherche en pharmacognosie devrait combler, notamment par des analyses phytochimiques comparatives avec les pissenlits communs. La raret\u00e9 relative de l&rsquo;esp\u00e8ce en France invite \u00e0 une approche de cueillette responsable et \u00e0 la promotion de cultures conservatoires. Le Pissenlit tardif illustre comment la diversit\u00e9 infrasp\u00e9cifique du genre <em>Taraxacum<\/em> rec\u00e8le des nuances pharmacognosiques encore largement inexplor\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Sch\u00fctz K., Carle R., Schieber A., 2006. <em>Taraxacum<\/em> \u2014 A review on its phytochemical and pharmacological profile. <em>Journal of Ethnopharmacology<\/em>, 107(3), 313-323.<\/li>\n<li>Gonzalez-Castejon M., Visioli F., Rodriguez-Casado A., 2012. Diverse biological activities of dandelion. <em>Nutrition Reviews<\/em>, 70(9), 534-547.<\/li>\n<li>Clare B.A., Conroy R.S., Spelman K., 2009. The diuretic effect in human subjects of an extract of <em>Taraxacum officinale<\/em> folium over a single day. <em>Journal of Alternative and Complementary Medicine<\/em>, 15(8), 929-934.<\/li>\n<li>Koh Y.J. et al., 2010. Anti-inflammatory effect of <em>Taraxacum officinale<\/em> leaves on lipopolysaccharide-induced inflammatory responses in RAW 264.7 cells. <em>Journal of Medicinal Food<\/em>, 13(4), 870-878.<\/li>\n<li>Plants of the World Online \u2014 Royal Botanic Gardens, Kew : <em>Taraxacum serotinum<\/em>.<\/li>\n<li>Tela Botanica \u2014 eFlore : Fiche <em>Taraxacum serotinum<\/em>.<\/li>\n<li>Kirschner J., \u0160t\u011bp\u00e1nek J., 2011. Typification of <em>Leontodon serotinus<\/em> and the <em>Taraxacum serotinum<\/em> group. <em>Taxon<\/em>, 60(2), 582-588.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Chol\u00e9r\u00e9tique \/ d\u00e9puratif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif (amer)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Pr\u00e9biotique<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE Le Pissenlit tardif, Taraxacum serotinum (Waldst. &amp; Kit. ex Willd.) 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