{"id":4834,"date":"2026-03-28T17:30:16","date_gmt":"2026-03-28T16:30:16","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/pissenlit-a-graines-rouges\/"},"modified":"2026-06-25T14:52:13","modified_gmt":"2026-06-25T12:52:13","slug":"pissenlit-a-graines-rouges","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/pissenlit-a-graines-rouges\/","title":{"rendered":"PISSENLIT \u00c0 GRAINES ROUGES"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Pissenlit%20%C3%A0%20graines%20rouges.jpg\" alt=\"Planche botanique Pissenlit \u00e0 graines rouges\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>Le <em>Pissenlit \u00e0 graines rouges<\/em> (<em>Taraxacum erythrospermum<\/em> Andrz. ex Besser s.l.) appartient \u00e0 la famille des <em>Asteraceae<\/em> (Compos\u00e9es), tribu des <em>Cichorieae<\/em>. Il constitue l&rsquo;esp\u00e8ce type de la section <em>Erythrosperma<\/em> du genre <em>Taraxacum<\/em>, qui regroupe les pissenlits des milieux secs caract\u00e9ris\u00e9s par des ak\u00e8nes de couleur rouge-brun. Ce sont des plantes herbac\u00e9es vivaces, acaules, de petite taille (5 \u00e0 15 cm), formant des rosettes basales compactes. Les feuilles sont profond\u00e9ment d\u00e9coup\u00e9es en lobes \u00e9troits et aigus, parfois \u00e0 dents filiformes, vert fonc\u00e9, souvent teint\u00e9es de pourpre, plus petites et plus coriaces que chez les pissenlits de prairies. La hampe florale est gr\u00eale, de 5 \u00e0 15 cm, portant un capitule solitaire de 2 \u00e0 3 cm de diam\u00e8tre, compos\u00e9 de fleurons ligul\u00e9s jaune p\u00e2le \u00e0 jaune citron, souvent stri\u00e9s de gris-violet sur la face externe des ligules ext\u00e9rieures. Les bract\u00e9es externes de l&rsquo;involucre sont \u00e9troites, \u00e9tal\u00e9es \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chies. L&rsquo;ak\u00e8ne est le caract\u00e8re cl\u00e9 : de couleur rouge brique \u00e0 brun-rouge (erythrospermum = \u00ab \u00e0 graines rouges \u00bb), petit (3-4 mm), \u00e0 bec relativement long, surmont\u00e9 d&rsquo;un pappus blanc. La racine pivotante est fine. La floraison a lieu d&rsquo;avril \u00e0 juin.<\/p>\n<p><strong>Microesp\u00e8ces de la section <em>Erythrosperma<\/em> regroup\u00e9es ici :<\/strong> les petits pissenlits \u00e0 ak\u00e8nes rouge\u00e2tres des milieux secs forment un groupe bien distinct de l&rsquo;agr\u00e9gat officinal, comprenant notamment :<\/p>\n<ul>\n<li>Pissenlit lisse (<em>Taraxacum laevigatum<\/em>)<\/li>\n<li>Pissenlit des pelouses (<em>Taraxacum lacistophyllum<\/em>)<\/li>\n<li>Pissenlit \u00e0 involucre dress\u00e9 (<em>Taraxacum pauckertianum<\/em>)<\/li>\n<li>Pissenlit des dunes (<em>Taraxacum dunense<\/em>)<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces microesp\u00e8ces apomictiques se distinguent du pissenlit officinal par leur petite taille, leurs feuilles finement d\u00e9coup\u00e9es, leurs ak\u00e8nes rouges \u00e0 bruns et leur pr\u00e9f\u00e9rence pour les pelouses s\u00e8ches, sables et dunes littorales. Elles sont d\u00e9crites ici sous <em>Taraxacum erythrospermum<\/em>, type de la section.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Le Pissenlit \u00e0 graines rouges est largement distribu\u00e9 en Europe, de la Scandinavie m\u00e9ridionale au bassin m\u00e9diterran\u00e9en, et de l&rsquo;Atlantique \u00e0 l&rsquo;Asie occidentale. En France, les micro-esp\u00e8ces de la section <em>Erythrosperma<\/em> sont pr\u00e9sentes dans toutes les r\u00e9gions, du littoral jusqu&rsquo;\u00e0 environ 1 500 m d&rsquo;altitude. L&rsquo;esp\u00e8ce affectionne les milieux secs et ouverts : pelouses s\u00e8ches calcaires et sableuses, gazons ras, bords de chemins secs, murs, toitures, \u00e9boulis stabilis\u00e9s, friches s\u00e8ches, vignobles et vergers. Elle pr\u00e9f\u00e8re les sols pauvres, bien drain\u00e9s, secs, calcaires \u00e0 neutres. Elle tol\u00e8re remarquablement la s\u00e9cheresse et la chaleur. C&rsquo;est une esp\u00e8ce caract\u00e9ristique des pelouses rases x\u00e9rophiles et des milieux pionniers sur substrats drainants. Sa pr\u00e9sence est indicatrice de sols pauvres, non fertilis\u00e9s, et de milieux ouverts r\u00e9guli\u00e8rement perturb\u00e9s ou soumis au p\u00e2turage. Elle se distingue des pissenlits des prairies grasses par sa taille plus petite, ses feuilles plus d\u00e9coup\u00e9es et ses ak\u00e8nes rouges.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et cycle de vie<\/h3>\n<p>Le Pissenlit \u00e0 graines rouges est une h\u00e9micryptophyte vivace \u00e0 rosette, parfaitement adapt\u00e9e aux milieux secs et ras. La rosette, compacte et plaqu\u00e9e au sol, r\u00e9duit l&rsquo;exposition au vent et la perte d&rsquo;eau. Les feuilles coriaces, \u00e0 rev\u00eatement cuticulaire \u00e9pais, sont adapt\u00e9es \u00e0 la s\u00e9cheresse. La floraison printani\u00e8re (avril-juin) est synchronis\u00e9e avec la p\u00e9riode la plus favorable avant les s\u00e9cheresses estivales. La reproduction est principalement apomictique, chaque micro-esp\u00e8ce constituant un clone fix\u00e9. La production de graines est abondante, les ak\u00e8nes \u00e9tant dispers\u00e9s par le vent gr\u00e2ce au pappus plumeux. La couleur rouge des ak\u00e8nes pourrait jouer un r\u00f4le dans la thermor\u00e9gulation sur les sols chauds ou dans la protection contre les UV. La germination a lieu en automne ou au printemps sur les microsites de sol nu. La plante est tol\u00e9rante au pi\u00e9tinement mod\u00e9r\u00e9, \u00e0 la fauche rase et au p\u00e2turage. L&rsquo;eutrophisation la fait r\u00e9gresser au profit d&rsquo;esp\u00e8ces plus comp\u00e9titives. L&rsquo;extension des surfaces imperm\u00e9abilis\u00e9es (goudron, b\u00e9ton) r\u00e9duit ses habitats pionniers. Le changement climatique, en accentuant les s\u00e9cheresses, pourrait paradoxalement la favoriser dans certaines stations.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique du Pissenlit \u00e0 graines rouges n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 analys\u00e9e sp\u00e9cifiquement. Par analogie avec le genre <em>Taraxacum<\/em>, les compos\u00e9s suivants sont vraisemblablement pr\u00e9sents. Les racines contiennent de l&rsquo;<strong>inuline<\/strong>, des <strong>lactones sesquiterp\u00e9niques<\/strong> (<strong>taraxacine<\/strong>, <strong>taraxinoside<\/strong>), des <strong>triterp\u00e8nes<\/strong> (<strong>taraxast\u00e9rol<\/strong>, <strong>tarax\u00e9rol<\/strong>) et du <strong>caoutchouc<\/strong> dans le latex. Les feuilles renferment des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (<strong>lut\u00e9oline<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a><\/strong>), des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (<strong>acide chicorrique<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>), des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong>, de la <strong>vitamine C<\/strong> et du <strong>potassium<\/strong>. Les ak\u00e8nes rouges doivent leur coloration \u00e0 des <strong>anthocyanes<\/strong> (probablement des <strong>cyanidines<\/strong>) ou \u00e0 des <strong>proanthocyanidines<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">tanins condens\u00e9s<\/a>). Les fleurs contiennent des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> et des <strong>xanthophylles<\/strong>. L&rsquo;adaptation x\u00e9rique impliquerait des teneurs modifi\u00e9es en <strong>cires \u00e9picuticulaires<\/strong>, en <strong>compos\u00e9s ph\u00e9noliques<\/strong> et en <strong>osmolytes<\/strong> (proline, b\u00e9ta\u00efnes) par rapport aux esp\u00e8ces m\u00e9sophiles. La caract\u00e9risation chimique comparative entre sections de <em>Taraxacum<\/em> constituerait un sujet de recherche novateur et informatif sur les adaptations biochimiques aux milieux secs.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales du Pissenlit \u00e0 graines rouges n&rsquo;ont pas fait l&rsquo;objet d&rsquo;\u00e9tudes pharmacologiques sp\u00e9cifiques. Le profil chimique est vraisemblablement comparable \u00e0 celui des autres <em>Taraxacum<\/em>, avec les adaptations li\u00e9es au milieu x\u00e9rique. Les racines contiennent probablement de l&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/inuline\/\">inuline<\/a><\/strong>, des <strong>lactones sesquiterp\u00e9niques<\/strong> et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">triterp\u00e8nes<\/a><\/strong> aux propri\u00e9t\u00e9s <strong>cholagogues<\/strong> et <strong>h\u00e9patoprotectrices<\/strong>. Les feuilles poss\u00e8dent vraisemblablement un effet <strong>diur\u00e9tique<\/strong> li\u00e9 \u00e0 leur richesse en <strong>potassium<\/strong> et en <strong>flavono\u00efdes<\/strong>. L&rsquo;adaptation \u00e0 la s\u00e9cheresse et aux fortes expositions UV pourrait induire une production accrue de <strong>compos\u00e9s ph\u00e9noliques<\/strong> et de <strong>flavono\u00efdes<\/strong> photoprotecteurs par rapport aux pissenlits de milieux humides. Les <strong>ak\u00e8nes rouges<\/strong> contiennent des pigments (<strong>anthocyanes<\/strong> ou <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/proanthocyanidines\/\">proanthocyanidines<\/a><\/strong>) aux propri\u00e9t\u00e9s <strong>antioxydantes<\/strong>. Les plantes des milieux stress\u00e9s produisent g\u00e9n\u00e9ralement davantage de m\u00e9tabolites secondaires d\u00e9fensifs, ce qui pourrait conf\u00e9rer au Pissenlit \u00e0 graines rouges un profil phytochimique enrichi par rapport aux esp\u00e8ces de milieux m\u00e9sophiles. Ces hypoth\u00e8ses demeurent \u00e0 v\u00e9rifier par des analyses comparatives.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/inuline\/\">Inuline<\/a><\/td>\n<td>Fructane<\/td>\n<td>Pr\u00e9biotique, soutien digestif<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Taraxacine<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/terpenes\/\">Lactone sesquiterp\u00e9nique<\/a><\/td>\n<td>Am\u00e8re, chol\u00e9r\u00e9tique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Taraxast\u00e9rol, \u03b2-amyrine<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">Triterp\u00e8nes<\/a><\/td>\n<td>Anti-inflammatoires<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide chicorique, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">Polyph\u00e9nols<\/a><\/td>\n<td>Antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Potassium<\/td>\n<td>Min\u00e9ral<\/td>\n<td>Diur\u00e9tique de soutien<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Le Pissenlit \u00e0 graines rouges n&rsquo;a pas d&rsquo;utilisation th\u00e9rapeutique distincte. Les m\u00eames formes que pour les pissenlits communs s&rsquo;appliqueraient th\u00e9oriquement, mais la petite taille de la plante et la faible biomasse rendent la r\u00e9colte peu pratique. Les milieux secs et pauvres o\u00f9 il pousse sont souvent des habitats patrimoniaux fragiles (pelouses calcaires s\u00e8ches) o\u00f9 la cueillette est inadapt\u00e9e. L&rsquo;esp\u00e8ce doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e avant tout comme un indicateur \u00e9cologique des milieux secs non eutrophis\u00e9s et comme un sujet d&rsquo;\u00e9tude botanique. La photographie des ak\u00e8nes rouges \u00e0 la loupe ou au microscope constitue l&rsquo;outil diagnostique principal pour les sp\u00e9cialistes du genre. La culture en pot, dans un substrat calcaire tr\u00e8s drainant et pauvre, est possible et permet l&rsquo;observation d\u00e9taill\u00e9e sans pr\u00e9l\u00e8vement dans la nature. L&rsquo;esp\u00e8ce s&rsquo;int\u00e8gre dans les jardins de gravier, les toitures v\u00e9g\u00e9talis\u00e9es extensives et les rocailles calcaires.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Les pr\u00e9cautions g\u00e9n\u00e9rales relatives aux pissenlits s&rsquo;appliquent (allergie aux Ast\u00e9rac\u00e9es, interaction m\u00e9dicamenteuse). La principale pr\u00e9caution concerne la conservation des pelouses s\u00e8ches et des habitats ouverts x\u00e9riques. Ces milieux sont en d\u00e9clin dans toute l&rsquo;Europe sous l&rsquo;effet de l&rsquo;eutrophisation atmosph\u00e9rique, de l&rsquo;abandon du p\u00e2turage extensif, du boisement spontan\u00e9 et de l&rsquo;urbanisation. La fertilisation, m\u00eame involontaire (retomb\u00e9es atmosph\u00e9riques d&rsquo;azote), transforme progressivement les pelouses maigres en prairies grasses, \u00e9liminant les esp\u00e8ces sp\u00e9cialistes au profit d&rsquo;esp\u00e8ces banales. Le maintien d&rsquo;une gestion extensive (p\u00e2turage l\u00e9ger, fauche tardive) et l&rsquo;absence de fertilisation sont essentiels. La surfr\u00e9quentation des pelouses s\u00e8ches et le pi\u00e9tinement d\u00e9gradent ces habitats fragiles. Les gestionnaires d&rsquo;espaces naturels doivent \u00eatre sensibilis\u00e9s \u00e0 la valeur de ces milieux \u00ab pauvres \u00bb qui sont en r\u00e9alit\u00e9 les plus riches en biodiversit\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le Pissenlit \u00e0 graines rouges n&rsquo;a pas fait l&rsquo;objet d&rsquo;usages traditionnels sp\u00e9cifiques. Comme pour les autres pissenlits, la pharmacop\u00e9e populaire ne distinguait pas les sections ni les micro-esp\u00e8ces. Les feuilles de tous les pissenlits \u00e9taient cueillies indiff\u00e9remment pour la salade et la m\u00e9decine populaire. Le qualificatif \u00ab erythrospermum \u00bb (\u00e0 graines rouges) est un terme botanique scientifique, et les cueilleurs traditionnels n&rsquo;avaient pas connaissance de ce caract\u00e8re microscopique. L&rsquo;int\u00e9r\u00eat du Pissenlit \u00e0 graines rouges est principalement taxonomique : il est l&rsquo;esp\u00e8ce type de la section <em>Erythrosperma<\/em>, l&rsquo;un des groupes les plus diversifi\u00e9s du genre <em>Taraxacum<\/em>. La section comprend des dizaines de micro-esp\u00e8ces en Europe, chacune adapt\u00e9e \u00e0 un type de milieu sec particulier (dunes, pelouses calcaires, murs, \u00e9boulis). L&rsquo;\u00e9tude de ce groupe contribue \u00e0 la compr\u00e9hension de la diversification apomictique et de l&rsquo;adaptation aux milieux x\u00e9riques. La couleur rouge des ak\u00e8nes est un caract\u00e8re diagnostique facilement observable \u00e0 la loupe, permettant de distinguer les pissenlits des milieux secs de ceux des prairies grasses.<\/p>\n<hr>\n<h3>Culture et multiplication<\/h3>\n<p>Le Pissenlit \u00e0 graines rouges se cultive facilement dans un substrat drainant et pauvre. Les ak\u00e8nes se r\u00e9coltent \u00e0 maturit\u00e9 (mai-juin) et se s\u00e8ment en automne ou au printemps dans un m\u00e9lange de sable, de gravier calcaire et d&rsquo;un peu de terreau. Le semis est superficiel. La germination est rapide (8 \u00e0 15 jours). Les plants se cultivent en plein soleil, dans un substrat calcaire drainant, sans fertilisation. L&rsquo;arrosage est parcimonieux. La plante s&rsquo;int\u00e8gre dans les rocailles, les murets, les dallages, les toitures v\u00e9g\u00e9talis\u00e9es extensives et les jardins de gravier. Elle se ress\u00e8me spontan\u00e9ment. La culture en pot dans un substrat min\u00e9ral est possible et donne des plants caract\u00e9ristiques, avec des rosettes compactes et des ak\u00e8nes bien color\u00e9s. La culture permet de disposer de mat\u00e9riel d&rsquo;\u00e9tude pour la morphologie et la taxonomie des micro-esp\u00e8ces de la section <em>Erythrosperma<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h3>R\u00e9colte et conservation<\/h3>\n<p>La r\u00e9colte du Pissenlit \u00e0 graines rouges est peu pratiqu\u00e9e en dehors de l&rsquo;herborisation scientifique. Les \u00e9chantillons d&rsquo;herbier doivent imp\u00e9rativement inclure des ak\u00e8nes m\u00fbrs, dont la couleur rouge est le caract\u00e8re diagnostique essentiel. Les sp\u00e9cimens sont press\u00e9s, s\u00e9ch\u00e9s et conserv\u00e9s dans les herbiers avec des donn\u00e9es pr\u00e9cises. Les ak\u00e8nes se conservent au sec et au frais pendant 1 \u00e0 2 ans. La conservation in situ passe par la gestion conservatoire des pelouses s\u00e8ches calcaires et des habitats ouverts. Les programmes Natura 2000, les mesures agro-environnementales et les plans de gestion des espaces naturels constituent les outils principaux. La constitution de banques de semences et les collections de r\u00e9f\u00e9rence dans les herbiers contribuent \u00e0 la conservation ex situ du patrimoine g\u00e9n\u00e9tique des micro-esp\u00e8ces.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects r\u00e9glementaires<\/h3>\n<p>Le Pissenlit \u00e0 graines rouges ne b\u00e9n\u00e9ficie pas d&rsquo;un statut de protection sp\u00e9cifique. Le genre <em>Taraxacum<\/em> n&rsquo;est pas prot\u00e9g\u00e9 en France. Les pelouses calcaires s\u00e8ches o\u00f9 il abonde sont des habitats d&rsquo;int\u00e9r\u00eat communautaire au titre de Natura 2000 (code 6210). L&rsquo;esp\u00e8ce n&rsquo;est pas inscrite aux listes CITES. La r\u00e9glementation pertinente est celle relative \u00e0 la protection des habitats. Les pelouses calcaires s\u00e8ches b\u00e9n\u00e9ficient de mesures agro-environnementales dans le cadre de la PAC et de contrats de gestion dans le cadre de Natura 2000. La cartographie des micro-esp\u00e8ces de <em>Taraxacum<\/em> en France reste un chantier scientifique majeur, les donn\u00e9es \u00e9tant encore tr\u00e8s lacunaires pour la section <em>Erythrosperma<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h3>Associations et synergies<\/h3>\n<p>Le Pissenlit \u00e0 graines rouges s&rsquo;inscrit dans les communaut\u00e9s des pelouses s\u00e8ches calcaires (<em>Mesobromion<\/em>, <em>Xerobromion<\/em>). Il cohabite avec le Brome dress\u00e9 (<em>Bromus erectus<\/em>), la F\u00e9tuque ovine (<em>Festuca ovina<\/em>), le Thym serpolet (<em>Thymus serpyllum<\/em>), l&rsquo;Hippocr\u00e9pide en ombelle (<em>Hippocrepis comosa<\/em>), l&rsquo;H\u00e9lianth\u00e8me nummulaire (<em>Helianthemum nummularium<\/em>), le Gaillet jaune (<em>Galium verum<\/em>) et de nombreuses orchid\u00e9es. Dans les milieux pionniers (murs, \u00e9boulis, graviers), il c\u00f4toie le S\u00e9dum \u00e2cre (<em>Sedum acre<\/em>), la Potentille printani\u00e8re (<em>Potentilla verna<\/em>) et le C\u00e9raiste (<em>Cerastium<\/em> spp.). Sa conservation est indissociable de celle de l&rsquo;ensemble de la communaut\u00e9 v\u00e9g\u00e9tale des pelouses s\u00e8ches, l&rsquo;une des plus diversifi\u00e9es et des plus menac\u00e9es d&rsquo;Europe. La gestion extensive par le p\u00e2turage ovin ou caprin et la fauche tardive sont essentielles.<\/p>\n<hr>\n<h3>Anecdotes et faits remarquables<\/h3>\n<p>La couleur rouge des ak\u00e8nes, d&rsquo;o\u00f9 le Pissenlit \u00e0 graines rouges tire son nom, est un crit\u00e8re de d\u00e9termination facilement observable sur le terrain avec une simple loupe de poche (grossissement \u00d710). Cette coloration, rare dans le genre <em>Taraxacum<\/em> (la plupart des esp\u00e8ces ont des ak\u00e8nes gris-brun), est devenue le caract\u00e8re d\u00e9finissant toute la section <em>Erythrosperma<\/em>. La fonction biologique de cette pigmentation n&rsquo;est pas \u00e9lucid\u00e9e avec certitude : protection contre les UV sur les sols nus et ensoleill\u00e9s, thermor\u00e9gulation sur les substrats chauds, ou simple sous-produit du m\u00e9tabolisme des anthocyanes sont des hypoth\u00e8ses envisag\u00e9es. Les pissenlits de la section <em>Erythrosperma<\/em> sont les plus petits du genre en Europe, une miniaturisation qui refl\u00e8te l&rsquo;adaptation aux milieux pauvres et secs. Malgr\u00e9 leur petitesse, ils produisent des capitules proportionnellement grands par rapport \u00e0 la rosette. Les pelouses calcaires qui les h\u00e9bergent comptent parmi les habitats les plus riches en esp\u00e8ces au monde par unit\u00e9 de surface.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>Le Pissenlit \u00e0 graines rouges, esp\u00e8ce type de la section <em>Erythrosperma<\/em>, est un repr\u00e9sentant embl\u00e9matique de la diversit\u00e9 apomictique du genre <em>Taraxacum<\/em> dans les milieux secs europ\u00e9ens. Sa petite taille, ses feuilles finement d\u00e9coup\u00e9es et ses ak\u00e8nes rouge brique le distinguent des pissenlits de prairies grasses et t\u00e9moignent d&rsquo;une adaptation remarquable aux conditions x\u00e9riques. La conservation de l&rsquo;esp\u00e8ce est indissociable de celle des pelouses calcaires s\u00e8ches, habitats patrimoniaux en d\u00e9clin dans toute l&rsquo;Europe. La gestion extensive par le p\u00e2turage et la fauche, l&rsquo;absence de fertilisation et la limitation de l&rsquo;urbanisation sont les cl\u00e9s de la pr\u00e9servation de ces milieux et de leur flore. L&rsquo;\u00e9tude taxonomique approfondie des micro-esp\u00e8ces de la section <em>Erythrosperma<\/em> en France constitue un chantier de recherche important pour les botanistes sp\u00e9cialistes. La caract\u00e9risation phytochimique comparative entre pissenlits x\u00e9rophiles et m\u00e9sophiles pourrait r\u00e9v\u00e9ler des adaptations biochimiques originales en r\u00e9ponse au stress environnemental. Le Pissenlit \u00e0 graines rouges, bien que minuscule, est un messager de la richesse insoup\u00e7onn\u00e9e des milieux \u00ab pauvres \u00bb qui nous entourent.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Taraxacum%20erythrospermum\">Plants of the World Online, Kew : <em>Taraxacum erythrospermum<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Taraxacum+erythrospermum\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Taraxacum erythrospermum<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Chol\u00e9r\u00e9tique \/ d\u00e9puratif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif (amer)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Pr\u00e9biotique<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. 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