{"id":4851,"date":"2026-03-28T17:38:38","date_gmt":"2026-03-28T16:38:38","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/sarriette-vivace\/"},"modified":"2026-06-25T09:28:37","modified_gmt":"2026-06-25T07:28:37","slug":"sarriette-vivace","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/sarriette-vivace\/","title":{"rendered":"SARRIETTE VIVACE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Sarriette%20des%20montagnes.jpg\" alt=\"Planche botanique SARRIETTE DES MONTAGNES\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Satureja montana<\/em> L.<\/p>\n<p><strong>Famille :<\/strong> Lamiaceae.<\/p>\n<p><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> sarriette vivace, sarriette des montagnes, p\u00e8bre d&rsquo;a\u00ef (proven\u00e7al), sarriette d&rsquo;hiver, Bergbohnenkraut (allemand), winter savory (anglais), ajedrea montana (espagnol).<\/p>\n<p>La sarriette vivace est la s\u0153ur sauvage et montagnarde de la sarriette des jardins \u2014 plus robuste, plus aromatique et plus puissante. Sous-arbrisseau des garrigues calcaires du Midi, elle concentre dans ses petites feuilles coriaces l&rsquo;une des huiles essentielles les plus riches en <strong>carvacrol<\/strong> du r\u00e8gne v\u00e9g\u00e9tal, ce qui en fait un anti-infectieux naturel de premier rang en aromath\u00e9rapie \u2014 mais aussi l&rsquo;une des huiles les plus dermocaustiques, exigeant des pr\u00e9cautions d&#8217;emploi rigoureuses. Composante traditionnelle des herbes de Provence, mellif\u00e8re d&rsquo;automne remarquable, condiment des cuisines m\u00e9diterran\u00e9ennes, la sarriette vivace est \u00e0 la crois\u00e9e du terroir, de la table et de la pharmacie. Son nom proven\u00e7al \u00ab p\u00e8bre d&rsquo;a\u00ef \u00bb (poivre d&rsquo;\u00e2ne) traduit \u00e0 la fois sa chaleur aromatique et sa rusticit\u00e9 : c&rsquo;est le poivre des collines, celui que les bergers cueillaient en chemin pour relever les l\u00e9gumineuses, les fromages et les viandes s\u00e9ch\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Lamiaceae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Satureja<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Satureja montana<\/em> L., 1753<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> <em>Satureja<\/em> est un nom latin ancien, mentionn\u00e9 par Pline et Columelle, dont l&rsquo;\u00e9tymologie reste discut\u00e9e : certains le rattachent \u00e0 <em>saturare<\/em> (rassasier, satisfaire), d&rsquo;autres au grec <em>saturos<\/em> (satyre), allusion aux propri\u00e9t\u00e9s aphrodisiaques que les Anciens pr\u00eataient \u00e0 cette plante \u2014 Ovide rapporte que les satyres portaient des couronnes de sarriette. <em>Montana<\/em> indique l&rsquo;habitat montagnard et les collines s\u00e8ches.<\/p>\n<p><strong>Sous-esp\u00e8ces :<\/strong> plusieurs sous-esp\u00e8ces sont reconnues en r\u00e9gion m\u00e9diterran\u00e9enne, dont <em>S. montana<\/em> subsp. <em>montana<\/em> (la plus courante), <em>S. montana<\/em> subsp. <em>variegata<\/em> (Balkans) et <em>S. montana<\/em> subsp. <em>macedonica<\/em>. La chimie de l&rsquo;huile essentielle varie selon les sous-esp\u00e8ces et les populations.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Sous-arbrisseau vivace de 20 \u00e0 50 cm de hauteur, lignifi\u00e9 \u00e0 la base, tr\u00e8s ramifi\u00e9, formant des touffes denses et compactes. Les tiges sont quadrangulaires, pubescentes, dress\u00e9es ou ascendantes, portant de petites feuilles oppos\u00e9es, \u00e9troitement lanc\u00e9ol\u00e9es \u00e0 lin\u00e9aires (1-2 cm \u00d7 2-4 mm), coriaces, luisantes, ponctu\u00e9es de glandes \u00e0 huile essentielle visibles \u00e0 la loupe (points translucides). Les fleurs, group\u00e9es en verticilles axillaires l\u00e2ches, sont petites (5-8 mm), bilabi\u00e9es, blanches \u00e0 rose p\u00e2le, parfois ponctu\u00e9es de pourpre, tr\u00e8s mellif\u00e8res. Le calice est tubuleux, \u00e0 5 dents aigu\u00ebs, persistant. Les fruits sont des t\u00e9trak\u00e8nes lisses, brun fonc\u00e9. Toute la plante d\u00e9gage au froissement un ar\u00f4me puissant, chaud, poivr\u00e9, avec une note ph\u00e9nolique caract\u00e9ristique.<\/p>\n<p>La sarriette vivace se distingue de la sarriette des jardins (<em>S. hortensis<\/em>) par son port ligneux, ses feuilles plus coriaces et plus \u00e9troites, son ar\u00f4me plus intense et son cycle vivace (vs. annuel).<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET R\u00c9PARTITION<\/h3>\n<p>Esp\u00e8ce m\u00e9diterran\u00e9enne et sub-m\u00e9diterran\u00e9enne, pr\u00e9sente du Portugal \u00e0 la Turquie, dans tout le pourtour nord-m\u00e9diterran\u00e9en. En France, elle est surtout pr\u00e9sente dans le Midi (Provence, Languedoc, Corse, arri\u00e8re-pays ni\u00e7ois), les Causses, la vall\u00e9e du Rh\u00f4ne m\u00e9ridionale et les Pyr\u00e9n\u00e9es orientales, de 200 \u00e0 1 500 m d&rsquo;altitude.<\/p>\n<p><strong>Habitats :<\/strong> garrigues calcaires, pelouses s\u00e8ches, rocailles, \u00e9boulis stabilis\u00e9s, vieux murs, dalles rocheuses, restanques, bords de chemins ensoleill\u00e9s. La sarriette vivace exige beaucoup de soleil, un drainage parfait et tol\u00e8re la s\u00e9cheresse estivale prolong\u00e9e. Elle pr\u00e9f\u00e8re les sols calcaires (pH 7-8,5) mais peut cro\u00eetre sur substrats siliceux secs.<\/p>\n<p><strong>Ph\u00e9nologie :<\/strong> floraison tardive, de juillet \u00e0 octobre \u2014 ce qui en fait l&rsquo;une des derni\u00e8res Lamiac\u00e9es en fleur et une source de nectar pr\u00e9cieuse pour les abeilles et les papillons en fin de saison.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Les <strong>sommit\u00e9s fleuries<\/strong> et les <strong>feuilles<\/strong> r\u00e9colt\u00e9es en pleine floraison (ao\u00fbt-septembre) constituent la drogue officinale. Elles sont utilis\u00e9es fra\u00eeches ou s\u00e9ch\u00e9es en cuisine et en phytoth\u00e9rapie, ou distill\u00e9es \u00e0 la vapeur d&rsquo;eau pour obtenir l&rsquo;huile essentielle.<\/p>\n<p>La r\u00e9colte se fait par coupe des rameaux feuill\u00e9s et fleuris au s\u00e9cateur, en laissant au moins un tiers de la touffe pour assurer la repousse. Le s\u00e9chage s&rsquo;effectue rapidement \u00e0 l&rsquo;ombre, en couche mince, \u00e0 temp\u00e9rature mod\u00e9r\u00e9e (&lt; 35 \u00b0C) pour pr\u00e9server l&#039;huile essentielle.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p><strong>Huile essentielle (1-2 % de la drogue s\u00e8che) :<\/strong> c&rsquo;est le composant majeur d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pharmacologique. Sa composition varie selon le chimiotype :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Chimiotype \u00e0 carvacrol<\/strong> (le plus fr\u00e9quent en Provence) : <strong>carvacrol<\/strong> 40-75 %, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/thymol\/\">thymol<\/a><\/strong> 2-10 %, <strong>p-cym\u00e8ne<\/strong> 5-15 %, <strong>\u03b3-terpin\u00e8ne<\/strong> 5-15 %, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/linalol\/\">linalol<\/a><\/strong> traces \u00e0 10 %.<\/li>\n<li><strong>Chimiotype \u00e0 thymol<\/strong> : <strong>thymol<\/strong> 30-50 %, <strong>carvacrol<\/strong> 10-20 %.<\/li>\n<li><strong>Chimiotype \u00e0 linalol<\/strong> (plus rare, r\u00e9gions d&rsquo;altitude) : <strong>linalol<\/strong> 40-60 %, carvacrol r\u00e9duit.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le carvacrol et le thymol sont des <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/monoterpenes\/\">monoterp\u00e8nes<\/a> ph\u00e9noliques aux puissantes propri\u00e9t\u00e9s antimicrobiennes, antifongiques et antiparasitaires.<\/p>\n<p><strong>Flavono\u00efdes :<\/strong> <strong>lut\u00e9oline<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a><\/strong>, <strong>thymonine<\/strong>, <strong>cirsimaritine<\/strong> \u2014 compos\u00e9s anti-inflammatoires et antioxydants.<\/p>\n<p><strong>Acides ph\u00e9noliques :<\/strong> <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-rosmarinique\/\">acide rosmarinique<\/a><\/strong> (2-6 % de la drogue s\u00e8che), <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>. L&rsquo;acide rosmarinique est un puissant antioxydant et anti-inflammatoire, commun aux Lamiac\u00e9es aromatiques.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">Triterp\u00e8nes<\/a> :<\/strong> <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-ursolique\/\">acide ursolique<\/a><\/strong>, <strong>acide ol\u00e9anolique<\/strong> \u2014 compos\u00e9s h\u00e9patoprotecteurs et anti-inflammatoires.<\/p>\n<p><strong>Tanins :<\/strong> <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">tanins condens\u00e9s<\/a> en petite quantit\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Digestive et carminative :<\/strong> la sarriette est le \u00ab digestif des l\u00e9gumineuses \u00bb. Elle facilite la digestion des f\u00e9culents, r\u00e9duit les ballonnements et les flatulences, et stimule les s\u00e9cr\u00e9tions digestives (action chol\u00e9r\u00e9tique l\u00e9g\u00e8re). En Provence, elle accompagne traditionnellement les haricots, les pois chiches et les lentilles.<\/li>\n<li><strong>Antiseptique des voies respiratoires :<\/strong> l&rsquo;infusion de sarriette \u00e9tait utilis\u00e9e contre les bronchites, les rhumes et les maux de gorge \u2014 propri\u00e9t\u00e9 attribu\u00e9e au carvacrol volatil inhal\u00e9 avec la vapeur.<\/li>\n<li><strong>Tonique et stimulante :<\/strong> la sarriette \u00e9tait r\u00e9put\u00e9e combattre la fatigue, la convalescence et l&rsquo;asth\u00e9nie hivernale. Les bergers proven\u00e7aux l&rsquo;ajoutaient au vin chaud.<\/li>\n<li><strong>Aphrodisiaque :<\/strong> r\u00e9putation ancienne, attest\u00e9e depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 (Dioscoride, Pline), d&rsquo;o\u00f9 son association avec les satyres. Aucune preuve pharmacologique ne soutient cette propri\u00e9t\u00e9, qui rel\u00e8ve probablement de l&rsquo;effet tonique g\u00e9n\u00e9ral.<\/li>\n<li><strong>Antiparasitaire :<\/strong> en usage externe, la d\u00e9coction de sarriette servait \u00e0 laver les plaies infect\u00e9es et \u00e0 traiter les parasites cutan\u00e9s (gale, poux).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>DONN\u00c9ES PHARMACOLOGIQUES MODERNES<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Activit\u00e9 antimicrobienne :<\/strong> l&rsquo;huile essentielle de <em>S. montana<\/em> est l&rsquo;une des plus puissantes des Lamiac\u00e9es contre les bact\u00e9ries pathog\u00e8nes. Le <strong>carvacrol<\/strong> d\u00e9truit les membranes bact\u00e9riennes en s&rsquo;ins\u00e9rant dans la bicouche lipidique, augmentant la perm\u00e9abilit\u00e9 cellulaire. L&rsquo;activit\u00e9 est d\u00e9montr\u00e9e contre <em>Staphylococcus aureus<\/em> (dont SARM), <em>Escherichia coli<\/em>, <em>Listeria monocytogenes<\/em>, <em>Salmonella<\/em> spp. et <em>Helicobacter pylori<\/em> (Sko\u010dibu\u0161i\u0107 <em>et al.<\/em>, 2006).<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 antifongique :<\/strong> le carvacrol est un antifongique puissant, actif contre <em>Candida albicans<\/em>, <em>Aspergillus niger<\/em> et les dermatophytes. Des \u00e9tudes montrent une CMI (concentration minimale inhibitrice) souvent inf\u00e9rieure \u00e0 0,1 \u00b5L\/mL.<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 antioxydante :<\/strong> l&rsquo;<strong>acide rosmarinique<\/strong> et les flavono\u00efdes conf\u00e8rent aux extraits aqueux et hydroalcooliques une activit\u00e9 antioxydante puissante (ORAC, DPPH), comparable \u00e0 celle du romarin et du thym (\u0106etkovi\u0107 <em>et al.<\/em>, 2007).<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire :<\/strong> le carvacrol inhibe la voie NF-\u03baB et la production de COX-2, PGE2 et cytokines pro-inflammatoires <em>in vitro<\/em> et <em>in vivo<\/em>. L&rsquo;acide rosmarinique inhibe le compl\u00e9ment C3 et la lib\u00e9ration d&rsquo;histamine par les mastocytes.<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 spasmolytique :<\/strong> l&rsquo;huile essentielle exerce un effet relaxant sur les muscles lisses intestinaux (antispasmodique), confirmant l&rsquo;usage carminatif traditionnel (Hajhashemi <em>et al.<\/em>, 2000).<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 antiparasitaire :<\/strong> le carvacrol est actif contre <em>Giardia lamblia<\/em>, <em>Leishmania<\/em> spp. et <em>Trypanosoma cruzi<\/em> <em>in vitro<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Carvacrol, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/thymol\/\">thymol<\/a><\/td>\n<td>Ph\u00e9nols (HE)<\/td>\n<td>Antiseptiques, antibact\u00e9riens<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>p-cym\u00e8ne, \u03b3-terpin\u00e8ne<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/monoterpenes\/\">Monoterp\u00e8nes<\/a><\/td>\n<td>Aromatiques<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Tanins, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-rosmarinique\/\">acide rosmarinique<\/a><\/td>\n<td>Polyph\u00e9nols<\/td>\n<td>Antioxydants<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Phytoth\u00e9rapie (plante s\u00e8che) :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong>Infusion :<\/strong> 3-5 g de sommit\u00e9s fleuries s\u00e8ches par tasse (250 mL) d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infusion couverte 10 min. 2-3 tasses par jour apr\u00e8s les repas (carminatif, digestif, tonique).<\/li>\n<li><strong>Teinture m\u00e8re :<\/strong> 30-50 gouttes dans un verre d&rsquo;eau, 2-3 fois par jour.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Aromath\u00e9rapie (huile essentielle) :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><strong>Usage interne (r\u00e9serv\u00e9 au praticien) :<\/strong> 1-2 gouttes sur un comprim\u00e9 neutre ou dans du miel, 2-3 fois par jour pendant 5 jours maximum (infections intestinales, parasitoses). Toujours diluer.<\/li>\n<li><strong>Usage externe :<\/strong> TOUJOURS dilu\u00e9e \u00e0 10-20 % maximum dans une huile v\u00e9g\u00e9tale (risque de br\u00fblure cutan\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat pur). En massage sur le thorax (bronchite) ou l&rsquo;abdomen (spasmes digestifs).<\/li>\n<li><strong>Diffusion atmosph\u00e9rique :<\/strong> d\u00e9conseill\u00e9e pure (trop agressive pour les muqueuses respiratoires). M\u00e9langer avec des huiles douces (lavande, mandarine).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p><strong>Huile essentielle :<\/strong> l&rsquo;HE de sarriette vivace est class\u00e9e parmi les huiles \u00ab ph\u00e9nol\u00e9es lourdes \u00bb, au m\u00eame titre que celles de thym \u00e0 thymol et d&rsquo;origan compact. Ses risques principaux sont :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Dermocausticit\u00e9 :<\/strong> le carvacrol pur provoque des br\u00fblures cutan\u00e9es. Ne jamais appliquer l&rsquo;HE pure sur la peau.<\/li>\n<li><strong>H\u00e9patotoxicit\u00e9 :<\/strong> \u00e0 doses \u00e9lev\u00e9es et prolong\u00e9es, le carvacrol peut \u00eatre h\u00e9patotoxique. Limiter l&rsquo;usage interne \u00e0 des cures courtes (5-7 jours) et accompagner d&rsquo;un h\u00e9patoprotecteur (huile essentielle de citron, romarin \u00e0 verb\u00e9none).<\/li>\n<li><strong>Contre-indications :<\/strong> femmes enceintes et allaitantes, enfants de moins de 12 ans, personnes souffrant d&rsquo;insuffisance h\u00e9patique. D\u00e9conseill\u00e9e en cas d&rsquo;hypertension art\u00e9rielle s\u00e9v\u00e8re.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Plante s\u00e8che :<\/strong> l&rsquo;infusion de sarriette est consid\u00e9r\u00e9e comme s\u00fbre aux doses culinaires et phytoth\u00e9rapeutiques habituelles. Aucune toxicit\u00e9 notable n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Antiquit\u00e9 :<\/strong> Dioscoride (I<sup>er<\/sup> si\u00e8cle) d\u00e9crit la sarriette (<em>thymbra<\/em>) comme tonique, digestive et aphrodisiaque. Virgile la mentionne parmi les plantes aromatiques des jardins romains, plant\u00e9e autour des ruchers pour am\u00e9liorer le miel.<\/li>\n<li><strong>Herbes de Provence :<\/strong> le m\u00e9lange traditionnel (thym, romarin, sarriette, origan, marjolaine) est attest\u00e9 dans la cuisine proven\u00e7ale depuis au moins le XVI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. La sarriette en est un composant essentiel, apportant la note poivr\u00e9e chaude.<\/li>\n<li><strong>Monast\u00e8res m\u00e9di\u00e9vaux :<\/strong> la sarriette figurait dans les jardins monastiques carolingiens (Capitulare de villis, 795) sous le nom de <em>satureia<\/em>.<\/li>\n<li><strong>Apiculture :<\/strong> la floraison tardive de la sarriette vivace (septembre-octobre) produit un miel de garigue tardif, aromatique et typ\u00e9, tr\u00e8s recherch\u00e9 en Provence et en Corse.<\/li>\n<li><strong>M\u00e9decine populaire proven\u00e7ale :<\/strong> la sarriette pil\u00e9e dans de l&rsquo;huile d&rsquo;olive servait de cataplasme sur les piq\u00fbres de gu\u00eape et d&rsquo;abeille (tradition des apiculteurs).<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>CULTURE ET MULTIPLICATION<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Sol :<\/strong> sec, pierreux, calcaire, tr\u00e8s bien drain\u00e9. La sarriette vivace d\u00e9teste l&rsquo;humidit\u00e9 hivernale stagnante, qui fait pourrir les racines.<\/li>\n<li><strong>Exposition :<\/strong> plein soleil imp\u00e9ratif. Plus la station est chaude et s\u00e8che, plus l&rsquo;huile essentielle est concentr\u00e9e.<\/li>\n<li><strong>Semis :<\/strong> au printemps, en surface (graines photosensibles), sous ch\u00e2ssis ou en godet. Germination lente (2-3 semaines \u00e0 18-20 \u00b0C).<\/li>\n<li><strong>Multiplication :<\/strong> bouturage de rameaux semi-ligneux en \u00e9t\u00e9 (m\u00e9thode la plus efficace), division de touffe au printemps, ou marcottage naturel.<\/li>\n<li><strong>Entretien :<\/strong> rabattre l\u00e9g\u00e8rement les touffes au printemps pour \u00e9viter le d\u00e9garnissement basal. Renouveler les pieds tous les 4-5 ans.<\/li>\n<li><strong>Rusticit\u00e9 :<\/strong> bonne (zone USDA 6-9). Supporte -15 \u00e0 -18 \u00b0C en sol drain\u00e9, mais craint l&rsquo;association froid + humidit\u00e9.<\/li>\n<li><strong>Rendement en HE :<\/strong> 0,5-2 % de la mati\u00e8re s\u00e8che selon le chimiotype et les conditions de culture.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>STATUT DE CONSERVATION<\/h3>\n<p><em>Satureja montana<\/em> n&rsquo;est pas menac\u00e9e. L&rsquo;esp\u00e8ce est commune dans tout le pourtour m\u00e9diterran\u00e9en nord et ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucune protection particuli\u00e8re. Les populations sauvages restent abondantes dans les garrigues et les pelouses s\u00e8ches calcaires, bien que le recul du pastoralisme et la fermeture des milieux ouverts puissent r\u00e9duire localement ses habitats.<\/p>\n<hr>\n<h3>INT\u00c9R\u00caT EN JARDIN NATUREL ET PERMACULTURE<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Plante compagne :<\/strong> la sarriette vivace, plant\u00e9e en bordure de potager ou au pied des l\u00e9gumineuses, est r\u00e9put\u00e9e \u00e9loigner les pucerons noirs du haricot (effet r\u00e9pulsif du carvacrol volatil).<\/li>\n<li><strong>Mellif\u00e8re tardive :<\/strong> sa floraison d&rsquo;automne est une aubaine pour les colonies d&rsquo;abeilles qui constituent leurs r\u00e9serves hivernales.<\/li>\n<li><strong>Couvre-sol aromatique :<\/strong> en bordure de massif, en rocaille ou sur muret, la sarriette vivace forme un tapis dense, odorant, r\u00e9sistant \u00e0 la s\u00e9cheresse et n\u00e9cessitant peu d&rsquo;entretien.<\/li>\n<li><strong>Conservation des aliments :<\/strong> les propri\u00e9t\u00e9s antimicrobiennes du carvacrol en font un conservateur naturel. La sarriette s\u00e9ch\u00e9e ajout\u00e9e aux bocaux de l\u00e9gumes contribue \u00e0 la conservation (tradition proven\u00e7ale).<\/li>\n<li><strong>Association en spirale aromatique :<\/strong> plante de sommet de spirale (zone la plus s\u00e8che et ensoleill\u00e9e), en compagnie du thym, du romarin et de l&rsquo;origan.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>SARRIETTE VIVACE pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Fournier P., <em>Le Livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>, Lechevalier, 1947-1948.<\/li>\n<li>Bruneton J., <em>Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5<sup>e<\/sup> \u00e9d., Lavoisier, 2016.<\/li>\n<li>Sko\u010dibu\u0161i\u0107 M. <em>et al.<\/em>, \u00ab Chemical composition and antimicrobial variability of <em>Satureja montana<\/em> L. essential oils \u00bb, <em>Chemistry &amp; Biodiversity<\/em>, 3, 2006, p. 681-688.<\/li>\n<li>\u0106etkovi\u0107 G. <em>et al.<\/em>, \u00ab Antioxidant properties of <em>Satureja montana<\/em> L. extracts \u00bb, <em>Central European Journal of Biology<\/em>, 2(4), 2007, p. 487-501.<\/li>\n<li>Hajhashemi V. <em>et al.<\/em>, \u00ab Antispasmodic and anti-diarrhoeal effect of <em>Satureja hortensis<\/em> L. essential oil \u00bb, <em>Journal of Ethnopharmacology<\/em>, 71, 2000, p. 187-192.<\/li>\n<li>Dioscoride, <em>De Materia Medica<\/em>, I<sup>er<\/sup> si\u00e8cle (trad. et commentaires Matthiole, 1554).<\/li>\n<li>Baudoux D., <em>L&rsquo;Aromath\u00e9rapie. Se soigner par les huiles essentielles<\/em>, Amyris, 2008.<\/li>\n<li>Couplan F., <em>Le R\u00e9gal v\u00e9g\u00e9tal<\/em>, Sang de la Terre, 2009.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Antiseptique \/ antibact\u00e9rien<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Digestif \/ carminatif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Stimulant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Satureja montana L. Famille : Lamiaceae. 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