{"id":4856,"date":"2026-03-28T17:38:48","date_gmt":"2026-03-28T16:38:48","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/spergulaire-rouge\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:14","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:14","slug":"spergulaire-rouge","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/spergulaire-rouge\/","title":{"rendered":"SPERGULAIRE ROUGE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Spergulaire%20rouge.jpg\" alt=\"Planche botanique SPERGULAIRE ROUGE\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>La spergulaire rouge (<em>Spergularia rubra<\/em>) est une petite plante herbac\u00e9e de la famille des Caryophyllac\u00e9es, discr\u00e8te mais largement r\u00e9pandue dans les milieux sablonneux et les terrains perturb\u00e9s de l&rsquo;ensemble du territoire europ\u00e9en. Ses tiges gr\u00eales, \u00e9tal\u00e9es au sol, portent de minuscules fleurs roses qui passent souvent inaper\u00e7ues du promeneur non averti, mais qui t\u00e9moignent d&rsquo;une remarquable adaptation aux sols pauvres et compact\u00e9s.<\/p>\n<p>Si la spergulaire rouge n&rsquo;occupe pas une place majeure dans la pharmacop\u00e9e contemporaine, elle a n\u00e9anmoins fait l&rsquo;objet d&rsquo;un usage traditionnel en m\u00e9decine populaire, principalement comme diur\u00e9tique et antiseptique urinaire. Son \u00e9tude botanique et phytochimique reste modeste, mais la plante m\u00e9rite attention tant par sa biologie originale que par son r\u00f4le \u00e9cologique dans la colonisation des milieux d\u00e9grad\u00e9s, o\u00f9 elle contribue \u00e0 la stabilisation des substrats et au maintien d&rsquo;une biodiversit\u00e9 pionni\u00e8re.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><strong>R\u00e8gne :<\/strong> Plantae<br \/>\n<strong>Division :<\/strong> Magnoliophyta<br \/>\n<strong>Classe :<\/strong> Magnoliopsida<br \/>\n<strong>Ordre :<\/strong> Caryophyllales<br \/>\n<strong>Famille :<\/strong> Caryophyllaceae<br \/>\n<strong>Genre :<\/strong> <em>Spergularia<\/em> (J. Presl &amp; C. Presl, 1819)<br \/>\n<strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Spergularia rubra<\/em> (L.) J. Presl &amp; C. Presl, 1819<\/p>\n<p>Le genre <em>Spergularia<\/em> compte une trentaine d&rsquo;esp\u00e8ces r\u00e9parties principalement dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re nord. Il appartient \u00e0 la sous-famille des Paronychioideae au sein des Caryophyllac\u00e9es. L&rsquo;esp\u00e8ce type est proche de <em>Spergularia marina<\/em> (spergulaire marine) et de <em>Spergularia media<\/em> (spergulaire margin\u00e9e), dont elle se distingue par son \u00e9cologie strictement continentale et ses graines non ail\u00e9es. Le nom g\u00e9n\u00e9rique d\u00e9rive du latin <em>spergula<\/em> (spargoute), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la ressemblance morphologique avec le genre <em>Spergula<\/em>. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>rubra<\/em> fait allusion \u00e0 la teinte ros\u00e9e \u00e0 rouge des p\u00e9tales.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>A. Appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p>La spergulaire rouge est une plante herbac\u00e9e annuelle \u00e0 vivace de courte dur\u00e9e, atteignant 5 \u00e0 25 cm de hauteur. Les tiges sont gr\u00eales, cylindriques, souvent rouge\u00e2tres, \u00e9tal\u00e9es-ascendantes, ramifi\u00e9es d\u00e8s la base, pubescentes-glanduleuses dans leur partie sup\u00e9rieure. L&rsquo;enracinement est pivotant, peu profond, adapt\u00e9 aux substrats sablonneux meubles. Les feuilles sont oppos\u00e9es, lin\u00e9aires-filiformes, longues de 5 \u00e0 20 mm, charnues, mucron\u00e9es \u00e0 l&rsquo;apex par une courte pointe. Elles sont accompagn\u00e9es de stipules scarieuses, argent\u00e9es, triangulaires-lanc\u00e9ol\u00e9es, caract\u00e9ristiques du genre. Ces stipules, souvent soud\u00e9es par paires \u00e0 la base, constituent un crit\u00e8re diagnostique important pour la d\u00e9termination.<\/p>\n<h3>B. Appareil reproducteur<\/h3>\n<p>Les fleurs sont r\u00e9unies en cymes dichotomes terminales, l\u00e2ches. Chaque fleur, port\u00e9e par un p\u00e9dicelle gr\u00eale de 3 \u00e0 8 mm, pr\u00e9sente 5 s\u00e9pales lanc\u00e9ol\u00e9s, verts, \u00e0 marge scarieuse, longs de 3 \u00e0 4 mm, et 5 p\u00e9tales roses \u00e0 rose violac\u00e9, l\u00e9g\u00e8rement plus courts que les s\u00e9pales. Les \u00e9tamines sont au nombre de 2 \u00e0 5 (rarement jusqu&rsquo;\u00e0 10). L&rsquo;ovaire est sup\u00e8re, uniloculaire, surmont\u00e9 de 3 styles. La floraison s&rsquo;\u00e9tend de mai \u00e0 septembre, avec un pic en juin-juillet. La pollinisation est entomogame, assur\u00e9e principalement par de petits dipt\u00e8res et hym\u00e9nopt\u00e8res, mais l&rsquo;autogamie est fr\u00e9quente.<\/p>\n<h3>C. Fruit et graine<\/h3>\n<p>Le fruit est une capsule ovo\u00efde, d\u00e9hiscente par 3 valves, \u00e0 peine plus longue que le calice persistant. Les graines sont petites (0,4 \u00e0 0,6 mm), piriformes \u00e0 subtriangulaires, brun fonc\u00e9 \u00e0 noir\u00e2tres, finement tuberculeuses \u00e0 la surface. Contrairement aux esp\u00e8ces halophiles du genre (<em>S. marina<\/em>, <em>S. media<\/em>), les graines de <em>S. rubra<\/em> sont d\u00e9pourvues d&rsquo;aile membraneuse, ce qui constitue un crit\u00e8re de d\u00e9termination fiable. La diss\u00e9mination est barochore et, secondairement, an\u00e9mochore \u00e0 courte distance.<\/p>\n<h3>D. Variabilit\u00e9<\/h3>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce pr\u00e9sente une certaine plasticit\u00e9 morphologique selon les conditions \u00e9daphiques. Sur sols tr\u00e8s secs et compact\u00e9s, les individus restent nains et strictement prostr\u00e9s. En conditions plus favorables, les tiges peuvent s&rsquo;allonger et se redresser davantage. Plusieurs sous-esp\u00e8ces ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crites, dont <em>S. rubra<\/em> subsp. <em>longipes<\/em>, caract\u00e9ris\u00e9e par des p\u00e9dicelles fructif\u00e8res plus longs, mais la valeur taxonomique de ces taxons infrasp\u00e9cifiques reste discut\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et r\u00e9partition<\/h3>\n<p><em>Spergularia rubra<\/em> est une esp\u00e8ce pionni\u00e8re des milieux ouverts, sablonneux et acides. On la trouve typiquement sur les chemins sablonneux, les bords de routes, les friches, les terrains vagues, les cultures sarcl\u00e9es sur sols l\u00e9gers, les d\u00e9combres et les pelouses \u00e9corch\u00e9es. Elle affectionne les substrats siliceux, bien drain\u00e9s, pauvres en nutriments, avec un pH acide \u00e0 neutre (4,5 \u00e0 7,0). C&rsquo;est une esp\u00e8ce h\u00e9liophile \u00e0 thermophile mod\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<p>Sa r\u00e9partition est vaste : l&rsquo;esp\u00e8ce est pr\u00e9sente dans toute l&rsquo;Europe, du sud de la Scandinavie au bassin m\u00e9diterran\u00e9en, en Afrique du Nord, en Asie occidentale et temp\u00e9r\u00e9e, et elle s&rsquo;est naturalis\u00e9e en Am\u00e9rique du Nord, en Australie et dans d&rsquo;autres r\u00e9gions du monde. En France, elle est commune sur l&rsquo;ensemble du territoire, des plaines aux \u00e9tages collin\u00e9en et montagnard inf\u00e9rieur (jusqu&rsquo;\u00e0 environ 1 200 m d&rsquo;altitude). Elle est consid\u00e9r\u00e9e comme une esp\u00e8ce rud\u00e9rale et s\u00e9g\u00e9tale, souvent associ\u00e9e aux groupements de l&rsquo;alliance phytosociologique du <em>Scleranthion annui<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Les parties a\u00e9riennes fleuries constituent la drogue traditionnellement employ\u00e9e. La r\u00e9colte s&rsquo;effectue en pleine floraison, entre juin et ao\u00fbt, lorsque la concentration en principes actifs est r\u00e9put\u00e9e maximale. Les tiges feuill\u00e9es et fleuries sont coup\u00e9es au ras du sol, puis s\u00e9ch\u00e9es \u00e0 l&rsquo;ombre dans un local bien ventil\u00e9, \u00e0 une temp\u00e9rature ne d\u00e9passant pas 40 \u00b0C. La drogue s\u00e8che se conserve \u00e0 l&rsquo;abri de la lumi\u00e8re et de l&rsquo;humidit\u00e9 pendant un an au maximum.<\/p>\n<p>Certaines traditions utilisent \u00e9galement la plante enti\u00e8re, y compris la racine, mais cet usage reste marginal. Le rendement en drogue s\u00e8che est faible compte tenu de la petite taille de la plante et de son port \u00e9tal\u00e9, ce qui explique en partie la raret\u00e9 de son exploitation commerciale.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique de <em>Spergularia rubra<\/em> reste insuffisamment \u00e9tudi\u00e9e en comparaison d&rsquo;autres Caryophyllac\u00e9es. Les analyses disponibles ont mis en \u00e9vidence les groupes de compos\u00e9s suivants :<\/p>\n<p><strong>Flavono\u00efdes<\/strong> : la plante contient des d\u00e9riv\u00e9s de la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong> et du <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>, sous forme de glycosides. Ces compos\u00e9s sont responsables d&rsquo;une partie de l&rsquo;activit\u00e9 diur\u00e9tique attribu\u00e9e \u00e0 la plante.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">Saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong> : des saponines \u00e0 g\u00e9nine de type <strong>acide ol\u00e9anolique<\/strong> et <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-ursolique\/\">acide ursolique<\/a><\/strong> ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9es dans les parties a\u00e9riennes. Elles contribuent aux propri\u00e9t\u00e9s tensioactives et pourraient participer \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 anti-inflammatoire.<\/p>\n<p><strong>Acides ph\u00e9noliques<\/strong> : pr\u00e9sence d&rsquo;<strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>, d&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong> et d&rsquo;<strong>acide f\u00e9rulique<\/strong>, compos\u00e9s antioxydants classiques des plantes de cette famille.<\/p>\n<p><strong>Compos\u00e9s min\u00e9raux<\/strong> : la plante est relativement riche en potassium, ce qui pourrait renforcer l&rsquo;effet diur\u00e9tique traditionnel. Des teneurs notables en silicium et en calcium ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9es.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">Mucilages<\/a><\/strong> : pr\u00e9sence mod\u00e9r\u00e9e de polysaccharides hydrophiles dans les graines et les parties vertes, sans que leur composition pr\u00e9cise ait \u00e9t\u00e9 caract\u00e9ris\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les donn\u00e9es pharmacologiques exp\u00e9rimentales concernant <em>Spergularia rubra<\/em> sont limit\u00e9es. N\u00e9anmoins, quelques travaux ont explor\u00e9 les propri\u00e9t\u00e9s suivantes :<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 diur\u00e9tique<\/strong> : des extraits aqueux et hydroalcooliques de la plante ont montr\u00e9 une augmentation de la diur\u00e8se chez le rat, attribu\u00e9e \u00e0 la combinaison des flavono\u00efdes et de la richesse en sels de potassium. Le m\u00e9canisme serait principalement de type saluretique (augmentation de l&rsquo;excr\u00e9tion sod\u00e9e).<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antiseptique urinaire<\/strong> : bien que non d\u00e9montr\u00e9e par des \u00e9tudes contr\u00f4l\u00e9es rigoureuses, cette propri\u00e9t\u00e9 est revendiqu\u00e9e par la tradition et pourrait \u00eatre li\u00e9e aux acides ph\u00e9noliques et \u00e0 certains flavono\u00efdes excr\u00e9t\u00e9s par voie r\u00e9nale.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antioxydante<\/strong> : les extraits montrent une activit\u00e9 antioxydante mod\u00e9r\u00e9e dans les tests in vitro (DPPH, FRAP), coh\u00e9rente avec la pr\u00e9sence de compos\u00e9s ph\u00e9noliques.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire<\/strong> : les saponines triterp\u00e9niques pourraient contribuer \u00e0 une activit\u00e9 anti-inflammatoire, par analogie avec des compos\u00e9s similaires isol\u00e9s d&rsquo;autres Caryophyllac\u00e9es, mais aucune \u00e9tude sp\u00e9cifique sur <em>S. rubra<\/em> ne l&rsquo;a formellement d\u00e9montr\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Il n&rsquo;existe pas d&rsquo;essai clinique publi\u00e9 portant sp\u00e9cifiquement sur <em>Spergularia rubra<\/em>. L&rsquo;usage th\u00e9rapeutique repose exclusivement sur la tradition populaire, principalement dans le sud de la France, en Espagne et au Portugal.<\/p>\n<p>L&rsquo;indication traditionnelle principale est le traitement adjuvant des infections urinaires basses (cystites) et la facilitation de la diur\u00e8se en cas de lithiase urinaire. La plante est traditionnellement utilis\u00e9e en infusion (une \u00e0 deux cuiller\u00e9es \u00e0 soupe de plante s\u00e8che par tasse, 2 \u00e0 3 tasses par jour) ou en d\u00e9coction l\u00e9g\u00e8re.<\/p>\n<p>En France, la spergulaire rouge ne figure pas \u00e0 la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise ni \u00e0 la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne. Elle n&rsquo;est pas inscrite sur la liste des plantes m\u00e9dicinales de la Pharmacop\u00e9e. Son usage reste donc strictement empirique et ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucune validation r\u00e9glementaire. Le Comit\u00e9 des m\u00e9dicaments \u00e0 base de plantes (HMPC) de l&rsquo;Agence europ\u00e9enne des m\u00e9dicaments n&rsquo;a pas \u00e9mis de monographie communautaire pour cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Kaempf\u00e9rol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide ol\u00e9anolique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acides ph\u00e9noliques<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Acide caf\u00e9ique<\/td>\n<td>Acide ph\u00e9nolique<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Infusion<\/strong> : 2 \u00e0 4 g de plante s\u00e8che par tasse d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infuser 10 minutes, filtrer. Deux \u00e0 trois tasses par jour, en dehors des repas. C&rsquo;est la forme la plus courante dans la tradition.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9coction<\/strong> : 30 \u00e0 50 g de plante s\u00e8che par litre d&rsquo;eau, faire bouillir 5 minutes puis infuser 10 minutes. \u00c0 consommer dans la journ\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Teinture-m\u00e8re<\/strong> : pr\u00e9par\u00e9e au 1\/5 dans l&rsquo;alcool \u00e0 45\u00b0, \u00e0 raison de 30 \u00e0 50 gouttes, 2 \u00e0 3 fois par jour dans un verre d&rsquo;eau.<\/p>\n<p><strong>Extrait fluide<\/strong> : 1 \u00e0 3 ml par jour, dilu\u00e9 dans de l&rsquo;eau.<\/p>\n<p>La spergulaire rouge entre parfois dans la composition de m\u00e9langes de plantes \u00e0 vis\u00e9e urinaire, associ\u00e9e au chiendent, \u00e0 la bruy\u00e8re ou \u00e0 la busserole. Aucune sp\u00e9cialit\u00e9 pharmaceutique industrielle ne contient cette plante \u00e0 titre de principe actif principal.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Aucune toxicit\u00e9 notable n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9e pour <em>Spergularia rubra<\/em> aux doses traditionnelles. Les saponines pr\u00e9sentes dans la plante sont en concentration trop faible pour provoquer une h\u00e9molyse significative ou une irritation gastro-intestinale marqu\u00e9e.<\/p>\n<p>Par principe de pr\u00e9caution, l&rsquo;usage est d\u00e9conseill\u00e9 chez la femme enceinte et allaitante, en l&rsquo;absence de donn\u00e9es de s\u00e9curit\u00e9. De m\u00eame, les personnes souffrant d&rsquo;insuffisance r\u00e9nale s\u00e9v\u00e8re ou cardiaque doivent \u00e9viter l&rsquo;autom\u00e9dication avec des plantes diur\u00e9tiques sans avis m\u00e9dical. Aucune interaction m\u00e9dicamenteuse n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 document\u00e9e, mais la prudence s&rsquo;impose en cas de traitement diur\u00e9tique concomitant (risque th\u00e9orique de potentialisation).<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;usage m\u00e9dicinal de la spergulaire rouge est surtout document\u00e9 dans la tradition populaire des r\u00e9gions m\u00e9diterran\u00e9ennes. En Espagne et au Portugal, la plante est connue sous le nom d&rsquo;<em>arenaria roja<\/em> et utilis\u00e9e en tisane comme \u00ab nettoyant des reins \u00bb. En Provence et dans le Languedoc, elle faisait partie des simples r\u00e9colt\u00e9s par les herboristes ruraux pour les affections urinaires.<\/p>\n<p>Au Maghreb, des esp\u00e8ces voisines du genre <em>Spergularia<\/em> sont employ\u00e9es dans la m\u00e9decine traditionnelle comme diur\u00e9tiques et lithontriptiques (favorisant l&rsquo;expulsion des calculs). La distinction entre les esp\u00e8ces n&rsquo;est pas toujours claire dans ces usages populaires.<\/p>\n<p>En dehors du domaine m\u00e9dical, la spergulaire rouge n&rsquo;a gu\u00e8re d&rsquo;usages alimentaires ou artisanaux connus. Quelques sources anciennes mentionnent la consommation des jeunes pousses en salade dans des contextes de disette, mais cet usage reste anecdotique.<\/p>\n<hr>\n<h3>Int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique<\/h3>\n<p>La spergulaire rouge joue un r\u00f4le \u00e9cologique non n\u00e9gligeable en tant qu&rsquo;esp\u00e8ce pionni\u00e8re des milieux perturb\u00e9s. Sa capacit\u00e9 \u00e0 coloniser rapidement les sols nus, compact\u00e9s et pauvres en fait une esp\u00e8ce de premi\u00e8re succession sur les chemins, les d\u00e9combres et les terrains remani\u00e9s. Elle contribue \u00e0 la stabilisation du substrat par son r\u00e9seau racinaire et \u00e0 l&rsquo;enrichissement progressif du sol en mati\u00e8re organique.<\/p>\n<p>Les fleurs, bien que petites, sont visit\u00e9es par de nombreux micro-insectes pollinisateurs (petits syrphes, micro-hym\u00e9nopt\u00e8res). Les graines constituent une source alimentaire pour les oiseaux granivores, notamment les linottes et les chardonnerets qui fr\u00e9quentent les milieux ouverts et rud\u00e9raux.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce est \u00e9galement un bon indicateur \u00e9cologique : sa pr\u00e9sence signale des sols acides \u00e0 neutres, sablonneux, bien drain\u00e9s, souvent soumis \u00e0 des perturbations r\u00e9guli\u00e8res (pi\u00e9tinement, passages d&rsquo;engins). C&rsquo;est une plante bio-indicatrice des sols pauvres en calcaire actif.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p><em>Spergularia rubra<\/em> peut \u00eatre confondue avec plusieurs esp\u00e8ces proches :<\/p>\n<p><em>Spergularia marina<\/em> (spergulaire marine) : esp\u00e8ce halophile des littoraux et des sols sal\u00e9s int\u00e9rieurs, \u00e0 fleurs blanches \u00e0 ros\u00e9es, \u00e0 graines souvent ail\u00e9es, et \u00e0 feuilles plus charnues. Le crit\u00e8re \u00e9cologique (sol sal\u00e9 versus sol acide non sal\u00e9) est le plus discriminant.<\/p>\n<p><em>Spergularia media<\/em> (spergulaire margin\u00e9e) : \u00e9galement halophile, \u00e0 fleurs plus grandes, \u00e0 p\u00e9tales blancs \u00e0 rose p\u00e2le d\u00e9passant nettement les s\u00e9pales, et \u00e0 graines constamment ail\u00e9es.<\/p>\n<p><em>Spergula arvensis<\/em> (spargoute des champs) : plante de m\u00eame \u00e9cologie, mais dont les feuilles sont verticill\u00e9es (en apparence) par fascicules, et non strictement oppos\u00e9es. Les fleurs sont blanches, jamais roses.<\/p>\n<p><em>Sagina procumbens<\/em> (sagine couch\u00e9e) : plante minuscule des milieux humides et ombrag\u00e9s, \u00e0 4 p\u00e9tales blancs tr\u00e8s r\u00e9duits, de port similaire mais d&rsquo;\u00e9cologie diff\u00e9rente.<\/p>\n<p>La pr\u00e9sence de stipules scarieuses argent\u00e9es est un caract\u00e8re cl\u00e9 qui distingue les <em>Spergularia<\/em> de la plupart des autres petites Caryophyllac\u00e9es \u00e0 fleurs roses.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La spergulaire rouge est une plante modeste par sa taille et par la place qu&rsquo;elle occupe dans la pharmacop\u00e9e. Son int\u00e9r\u00eat m\u00e9dicinal, limit\u00e9 \u00e0 un usage traditionnel comme diur\u00e9tique et antiseptique urinaire, n&rsquo;a fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune validation clinique. Sa phytochimie, domin\u00e9e par les flavono\u00efdes, les saponines triterp\u00e9niques et les acides ph\u00e9noliques, est coh\u00e9rente avec les propri\u00e9t\u00e9s revendiqu\u00e9es mais insuffisamment caract\u00e9ris\u00e9e pour permettre une valorisation th\u00e9rapeutique.<\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat de cette esp\u00e8ce r\u00e9side davantage dans sa biologie et son \u00e9cologie : plante pionni\u00e8re des milieux d\u00e9grad\u00e9s, indicatrice de sols acides et sablonneux, elle participe aux dynamiques de recolonisation v\u00e9g\u00e9tale et constitue un maillon discret mais utile des r\u00e9seaux trophiques des milieux ouverts. Sa connaissance contribue \u00e0 une meilleure compr\u00e9hension de la flore des habitats anthropis\u00e9s et des cort\u00e8ges floristiques des sols pauvres.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Bonnier G., Layens G. de. <em>Flore compl\u00e8te portative de la France, de la Suisse et de la Belgique<\/em>. Belin, Paris, 1894.<\/p>\n<p>Coste H. <em>Flore descriptive et illustr\u00e9e de la France, de la Corse et des contr\u00e9es limitrophes<\/em>. Librairie Albert Blanchard, Paris, 1901-1906.<\/p>\n<p>Fournier P. <em>Le Livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>. Lechevalier, Paris, 1947-1948.<\/p>\n<p>Jauzein P. <em>Flore des champs cultiv\u00e9s<\/em>. INRA \u00c9ditions, Paris, 1995.<\/p>\n<p>Monod B. \u00c9tude ethnobotanique des Spergularia en m\u00e9decine populaire m\u00e9diterran\u00e9enne. <em>Journal d&rsquo;Ethnopharmacologie<\/em>, 1987.<\/p>\n<p>Rameau J.-C., Mansion D., Dum\u00e9 G. <em>Flore foresti\u00e8re fran\u00e7aise<\/em>, tome 1 : Plaines et collines. Institut pour le d\u00e9veloppement forestier, Paris, 1989.<\/p>\n<p>Tison J.-M., de Foucault B. (dir.). <em>Flora Gallica \u2013 Flore de France<\/em>. Biotope \u00c9ditions, M\u00e8ze, 2014.<\/p>\n<p>Tutin T.G. et al. (eds). <em>Flora Europaea<\/em>, vol. 1. Cambridge University Press, 1964.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antiseptique<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La spergulaire rouge (Spergularia rubra) est une petite plante herbac\u00e9e de la famille des Caryophyllac\u00e9es, discr\u00e8te mais largement r\u00e9pandue dans les milieux sablonneux et les [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[9],"tags":[],"class_list":["post-4856","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-caryophyllacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4856","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4856"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4856\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13826,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4856\/revisions\/13826"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4856"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4856"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4856"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}