{"id":4883,"date":"2026-03-28T17:45:50","date_gmt":"2026-03-28T16:45:50","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/veronique-petit-chene\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:13","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:13","slug":"veronique-petit-chene","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/veronique-petit-chene\/","title":{"rendered":"V\u00c9RONIQUE PETIT-CH\u00caNE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/V%C3%A9ronique%20petit-ch%C3%AAne.jpg\" alt=\"Planche botanique V\u00c9RONIQUE PETIT-CH\u00caNE\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La v\u00e9ronique petit-ch\u00eane, <em>Veronica chamaedrys<\/em> L., appartient \u00e0 la famille des <em>Plantaginaceae<\/em> (anciennement <em>Scrophulariaceae<\/em>). C&rsquo;est une plante herbac\u00e9e vivace de 15 \u00e0 40 cm de hauteur, \u00e0 tiges couch\u00e9es-ascendantes portant deux lignes longitudinales de poils oppos\u00e9es (caract\u00e8re diagnostique remarquable), le reste de la tige \u00e9tant glabre ou presque. Les feuilles sont oppos\u00e9es, sessiles ou bri\u00e8vement p\u00e9tiol\u00e9es, ovales, longues de 1,5 \u00e0 3 cm, cr\u00e9nel\u00e9es-dent\u00e9es, pubescentes. Les fleurs sont r\u00e9unies en grappes axillaires l\u00e2ches de 10 \u00e0 20 fleurs, oppos\u00e9es, naissant \u00e0 l&rsquo;aisselle des feuilles sup\u00e9rieures. La corolle est rotac\u00e9e (en roue), \u00e0 4 lobes in\u00e9gaux, d&rsquo;un bleu vif stri\u00e9 de lignes violettes, avec un centre blanc, large de 10 \u00e0 14 mm. Les 2 \u00e9tamines et le style sont saillants. La floraison a lieu d&rsquo;avril \u00e0 juillet. Le fruit est une capsule comprim\u00e9e lat\u00e9ralement, cordiforme, \u00e9chancr\u00e9e au sommet, pubescente. Le syst\u00e8me racinaire est constitu\u00e9 de stolons gr\u00eales et de racines adventives. L&rsquo;esp\u00e8ce est diplo\u00efde (2n = 32). La chute rapide des p\u00e9tales apr\u00e8s la cueillette lui a valu le surnom de \u00ab\u00a0l&rsquo;\u0153il du diable\u00a0\u00bb dans certaines r\u00e9gions.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Veronica chamaedrys<\/em> est une esp\u00e8ce eurasiatique tr\u00e8s commune, r\u00e9partie de l&rsquo;Atlantique \u00e0 la Sib\u00e9rie, de la Scandinavie \u00e0 la M\u00e9diterran\u00e9e. En France, elle est pr\u00e9sente dans toutes les r\u00e9gions, du niveau de la mer \u00e0 2 500 m d&rsquo;altitude. Elle colonise les prairies, les pelouses, les bords de chemins, les haies, les lisi\u00e8res foresti\u00e8res, les clairi\u00e8res et les sous-bois clairs. L&rsquo;esp\u00e8ce est indiff\u00e9rente au substrat (sols calcaires ou siliceux), pr\u00e9f\u00e9rant les sols frais, humif\u00e8res, moyennement fertiles, bien drain\u00e9s. Elle est semi-h\u00e9liophile, tol\u00e9rant l&rsquo;ombrage mod\u00e9r\u00e9. Elle appartient aux communaut\u00e9s prairiales du <em>Arrhenatherion elatioris<\/em>, aux ourlets forestiers du <em>Trifolion medii<\/em> et aux sous-bois clairs du <em>Querco-Fagetea<\/em>. La pollinisation est principalement assur\u00e9e par les dipt\u00e8res (syrphes) et les hym\u00e9nopt\u00e8res (abeilles solitaires). L&rsquo;esp\u00e8ce est fr\u00e9quente en milieu rural et p\u00e9riurbain, indiquant des sols frais et une gestion extensive.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Les parties a\u00e9riennes de <em>Veronica chamaedrys<\/em> contiennent des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/iridoides\/\">irido\u00efdes<\/a> glycosidiques<\/strong> : <strong>aucubine<\/strong> (0,5-2 % MS), <strong>catalpol<\/strong>, <strong>veronicosides<\/strong> (v\u00e9ronicosides A et B, caract\u00e9ristiques du genre), <strong>catalposide<\/strong> et <strong>m\u00e9thylcatalpol<\/strong>. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> incluent l&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/apigenine\/\">apig\u00e9nine<\/a><\/strong>, la <strong>lut\u00e9oline<\/strong> et leurs glycosides, ainsi que la <strong>chryso\u00e9riol<\/strong>. Les <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> sont repr\u00e9sent\u00e9s par l&rsquo;<strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, l&rsquo;<strong>acide caf\u00e9ique<\/strong> et l&rsquo;<strong>acide protocat\u00e9chique<\/strong>. Des <strong>ph\u00e9nyl\u00e9thano\u00efdes glycosides<\/strong> (<strong>verbascoside<\/strong> = act\u00e9oside, <strong>martynoside<\/strong>) sont pr\u00e9sents, conf\u00e9rant des propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes significatives. Des <strong>tanins<\/strong> (3-5 % MS) et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong> en faible quantit\u00e9 compl\u00e8tent le profil. La plante contient des <strong>min\u00e9raux<\/strong> (potassium, calcium, fer, mangan\u00e8se), de la <strong>vitamine C<\/strong> et des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong>. Des <strong>huiles essentielles<\/strong> traces sont pr\u00e9sentes. Les <strong>anthocyanes<\/strong> (delphinidine) colorent les p\u00e9tales en bleu. Le profil irido\u00efdique est un marqueur chimiotaxonomique important pour la classification du genre <em>Veronica<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;<strong>aucubine<\/strong>, irido\u00efde majeur, est un prodrogue convertie en aglycone (aucubig\u00e9nine) par les \u03b2-glucosidases bact\u00e9riennes et tissulaires. L&rsquo;aucubig\u00e9nine est un diald\u00e9hyde r\u00e9actif qui exerce des effets anti-inflammatoires (inhibition du NF-\u03baB, r\u00e9duction de la production de TNF-\u03b1, IL-1\u03b2 et IL-6 par les macrophages), h\u00e9patoprotecteurs (protection contre la toxicit\u00e9 du CCl\u2084 et du parac\u00e9tamol), antimicrobiens (activit\u00e9 contre <em>Staphylococcus aureus<\/em> et certains champignons dermatophytes) et antitumoraux (induction de l&rsquo;apoptose dans des lign\u00e9es tumorales). Le <strong>catalpol<\/strong> poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s neuroprotectrices remarquables (protection contre la neurotoxicit\u00e9 du MPTP et du glutamate, am\u00e9lioration de la m\u00e9moire dans des mod\u00e8les de d\u00e9mence) et hypoglyc\u00e9miantes (stimulation de la s\u00e9cr\u00e9tion d&rsquo;insuline par les cellules \u03b2 pancr\u00e9atiques). Le <strong>verbascoside<\/strong> exerce de puissants effets antioxydants, anti-inflammatoires et antimicrobiens. Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (apig\u00e9nine, lut\u00e9oline) compl\u00e8tent l&rsquo;activit\u00e9 anti-inflammatoire et exercent des effets antispasmodiques (relaxation des muscles lisses). L&rsquo;ensemble conf\u00e8re aux extraits de v\u00e9ronique un profil pharmacologique coh\u00e9rent avec les usages traditionnels pectoraux, anti-inflammatoires et vuln\u00e9raires.<\/p>\n<hr>\n<h3>Propri\u00e9t\u00e9s th\u00e9rapeutiques document\u00e9es<\/h3>\n<p>(1) <strong>Effet anti-inflammatoire<\/strong> : les irido\u00efdes (aucubine, catalpol) et le verbascoside exercent une activit\u00e9 anti-inflammatoire d\u00e9montr\u00e9e dans des mod\u00e8les animaux (r\u00e9duction de l&rsquo;\u0153d\u00e8me \u00e0 la carrag\u00e9nine). (2) <strong>Effet expectorant et b\u00e9chique<\/strong> : les irido\u00efdes et les <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a> justifient l&rsquo;usage traditionnel dans les catarrhes respiratoires. (3) <strong>Effet h\u00e9patoprotecteur<\/strong> : l&rsquo;aucubine prot\u00e8ge le foie dans des mod\u00e8les de toxicit\u00e9. (4) <strong>Effet antimicrobien<\/strong> : l&rsquo;aucubig\u00e9nine et le verbascoside inhibent des bact\u00e9ries pathog\u00e8nes in vitro. (5) <strong>Effet vuln\u00e9raire<\/strong> : le verbascoside et les tanins favorisent la cicatrisation par des m\u00e9canismes anti-inflammatoires et antimicrobiens. (6) <strong>Effet antioxydant<\/strong> : les <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">polyph\u00e9nols<\/a> (verbascoside, acide chlorog\u00e9nique) conf\u00e8rent une capacit\u00e9 antioxydante \u00e9lev\u00e9e. La plante ne fait pas l&rsquo;objet de monographies positives de la Commission E.<\/p>\n<hr>\n<h3>Indications en phytoth\u00e9rapie clinique<\/h3>\n<p>La v\u00e9ronique petit-ch\u00eane est utilis\u00e9e en herboristerie traditionnelle europ\u00e9enne, principalement en Europe centrale, pour les indications suivantes : toux et bronchites aigu\u00ebs b\u00e9nignes (infusion de sommit\u00e9s fleuries) ; catarrhes des voies respiratoires sup\u00e9rieures ; troubles digestifs l\u00e9gers (dyspepsie, flatulences) ; affections cutan\u00e9es (ecz\u00e9ma, prurit, dermatites) en usage externe ; fatigue et convalescence (usage tonique traditionnel). En Autriche et en Allemagne, la <em>Veronicae herba<\/em> figure dans les formulaires d&rsquo;herboristerie comme tisane pectorale et digestive. La plante n&rsquo;est pas inscrite dans les pharmacop\u00e9es officielles fran\u00e7aises ou europ\u00e9ennes actuelles. En phytoth\u00e9rapie moderne, elle est consid\u00e9r\u00e9e comme une plante secondaire, d\u00e9pass\u00e9e par des drogues mieux document\u00e9es. Cependant, la richesse en irido\u00efdes et en verbascoside justifierait des \u00e9tudes cliniques.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>La recherche r\u00e9cente sur les v\u00e9roniques porte principalement sur la phytochimie, la chimiotaxonomie et la pharmacologie des irido\u00efdes. Des \u00e9tudes de m\u00e9tabolomique par HPLC-MS\/MS ont permis d&rsquo;identifier de nouveaux irido\u00efdes glycosidiques sp\u00e9cifiques de <em>V. chamaedrys<\/em>. Le <strong>catalpol<\/strong>, constituant majeur, fait l&rsquo;objet d&rsquo;intenses recherches en neurologie : des \u00e9tudes montrent des effets neuroprotecteurs dans des mod\u00e8les de maladie d&rsquo;Alzheimer (r\u00e9duction de la formation de plaques amylo\u00efdes, am\u00e9lioration de la m\u00e9moire), de Parkinson (protection des neurones dopaminergiques) et d&rsquo;isch\u00e9mie c\u00e9r\u00e9brale. Le <strong>verbascoside<\/strong> est \u00e9tudi\u00e9 en cosm\u00e9tique (anti-\u00e2ge, photoprotection) et en oncologie (effets antiprolif\u00e9ratifs). La phylog\u00e9nie mol\u00e9culaire du genre <em>Veronica<\/em> (&gt; 450 esp\u00e8ces) a montr\u00e9 que les v\u00e9roniques traditionnellement class\u00e9es dans les Scrophulariaceae sont en r\u00e9alit\u00e9 des Plantaginaceae, un bouleversement taxonomique majeur. Des \u00e9tudes \u00e9cologiques utilisent <em>V. chamaedrys<\/em> comme mod\u00e8le de pollinisation par les dipt\u00e8res et d&rsquo;h\u00e9t\u00e9rostylie dans les communaut\u00e9s prairiales.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Aucubine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Catalpol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Veronicosides<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Catalposide<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>M\u00e9thylcatalpol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>Infusion de sommit\u00e9s fleuries s\u00e9ch\u00e9es<\/strong> : 2 \u00e0 3 g pour 250 mL d&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid), infuser 10 min ; 3 tasses\/jour (usage pectoral, digestif, tonique). <strong>D\u00e9coction concentr\u00e9e<\/strong> (usage externe) : 30 \u00e0 50 g pour 1 L d&rsquo;eau, bouillir 10 min ; en compresses, lavages ou bains pour les affections cutan\u00e9es. <strong>Teinture-m\u00e8re<\/strong> (plante fra\u00eeche, 1:5, \u00e9thanol 40 %) : 30 \u00e0 50 gouttes, 3 fois\/jour. <strong>Jus de plante fra\u00eeche stabilis\u00e9<\/strong> : 10 \u00e0 20 mL, 2 fois\/jour. <strong>Sirop<\/strong> : infusion concentr\u00e9e additionn\u00e9e de miel ou de sucre ; 2 \u00e0 4 cuill\u00e8res \u00e0 soupe\/jour. La cure dure habituellement 2 \u00e0 4 semaines. Les jeunes pousses printani\u00e8res, comestibles, peuvent \u00eatre ajout\u00e9es aux salades.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Aucune contre-indication majeure n&rsquo;est document\u00e9e pour <em>Veronica chamaedrys<\/em>. L&rsquo;usage est d\u00e9conseill\u00e9 pendant la grossesse et l&rsquo;allaitement par principe de pr\u00e9caution (absence de donn\u00e9es de s\u00e9curit\u00e9). Les patients sous traitements h\u00e9patotoxiques ou souffrant de maladies h\u00e9patiques devraient consulter avant usage (bien que l&rsquo;aucubine soit h\u00e9patoprotectrice, l&rsquo;aucubig\u00e9nine \u00e0 tr\u00e8s haute dose peut \u00eatre th\u00e9oriquement h\u00e9patotoxique). La confusion avec d&rsquo;autres esp\u00e8ces de <em>Veronica<\/em> est sans cons\u00e9quence notable, la plupart des v\u00e9roniques europ\u00e9ennes n&rsquo;\u00e9tant pas toxiques. Le suc de la plante fra\u00eeche peut exceptionnellement provoquer une irritation cutan\u00e9e chez les personnes sensibles.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Aucune interaction m\u00e9dicamenteuse n&rsquo;est sp\u00e9cifiquement document\u00e9e pour <em>Veronica chamaedrys<\/em>. L&rsquo;<strong>aucubine<\/strong> n&rsquo;est pas connue pour interagir avec les enzymes du m\u00e9tabolisme des m\u00e9dicaments. Les <strong>tanins<\/strong> peuvent r\u00e9duire l&rsquo;absorption du fer m\u00e9dicamenteux et de certains antibiotiques ; espacer les prises de 2 heures. Le <strong>catalpol<\/strong>, par son effet hypoglyc\u00e9miant potentiel, pourrait th\u00e9oriquement potentialiser les antidiab\u00e9tiques, mais les doses atteintes par infusion de v\u00e9ronique sont vraisemblablement insuffisantes pour un effet clinique. Le <strong>verbascoside<\/strong> est un faible inhibiteur du CYP1A2 in vitro, sans cons\u00e9quence clinique document\u00e9e. Le risque global d&rsquo;interactions est consid\u00e9r\u00e9 comme tr\u00e8s faible.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p>La v\u00e9ronique petit-ch\u00eane n&rsquo;est pas consid\u00e9r\u00e9e comme toxique. Aucune donn\u00e9e de DL50 n&rsquo;est disponible pour les extraits de <em>V. chamaedrys<\/em>, mais la plante est consomm\u00e9e en infusion depuis des si\u00e8cles sans effet toxique rapport\u00e9. L&rsquo;aucubine est consid\u00e9r\u00e9e comme de faible toxicit\u00e9 par voie orale (DL50 &gt; 1 000 mg\/kg chez la souris). L&rsquo;aucubig\u00e9nine, forme activ\u00e9e, poss\u00e8de une certaine cytotoxicit\u00e9 in vitro, mais les concentrations atteintes in vivo apr\u00e8s ingestion d&rsquo;infusions sont faibles. La plante ne contient pas d&rsquo;<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a> toxiques, de glycosides cardiotoxiques ni de compos\u00e9s cyanog\u00e9n\u00e9tiques. Elle n&rsquo;est pas r\u00e9pertori\u00e9e comme toxique pour le b\u00e9tail. Les effets ind\u00e9sirables rapport\u00e9s sont exceptionnels et b\u00e9nins (troubles gastro-intestinaux l\u00e9gers). La plante est class\u00e9e comme non toxique pour l&rsquo;homme.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le genre <em>Veronica<\/em> doit son nom, selon la tradition, \u00e0 sainte V\u00e9ronique, qui aurait essuy\u00e9 le visage du Christ. La v\u00e9ronique petit-ch\u00eane doit son \u00e9pith\u00e8te <em>chamaedrys<\/em> au grec \u03c7\u03b1\u03bc\u03b1\u03af\u03b4\u03c1\u03c5\u03c2 (\u00ab\u00a0petit ch\u00eane terrestre\u00a0\u00bb), allusion \u00e0 la forme de ses feuilles rappelant vaguement celles du ch\u00eane. En m\u00e9decine populaire europ\u00e9enne, la v\u00e9ronique petit-ch\u00eane \u00e9tait r\u00e9put\u00e9e comme plante pectorale, digestive et vuln\u00e9raire. L&rsquo;infusion de parties a\u00e9riennes fleuries servait de rem\u00e8de contre la toux, les catarrhes bronchiques, les affections cutan\u00e9es (ecz\u00e9ma, prurit), les troubles digestifs et les rhumatismes. En Allemagne et en Europe centrale, le \u00ab\u00a0th\u00e9 de v\u00e9ronique\u00a0\u00bb (<em>Veronicae herba<\/em>) \u00e9tait une boisson populaire, consomm\u00e9e comme alternative au th\u00e9 de Chine, r\u00e9put\u00e9e tonifiante et d\u00e9purative. La m\u00e9decine populaire lui attribuait des vertus f\u00e9brifuges, diur\u00e9tiques et cicatrisantes. Le jus de la plante fra\u00eeche \u00e9tait appliqu\u00e9 sur les plaies et les blessures mineures. Matthiole la recommandait contre les affections pulmonaires et Cazin, au XIXe si\u00e8cle, la prescrivait comme expectorant et anti-catarrhale.<\/p>\n<hr>\n<h3>Conservation et culture<\/h3>\n<p><em>Veronica chamaedrys<\/em> est une esp\u00e8ce tr\u00e8s commune, non menac\u00e9e (LC, UICN), ne n\u00e9cessitant aucune mesure de conservation. Elle est spontan\u00e9e dans la plupart des jardins et espaces verts europ\u00e9ens. La culture est rarement n\u00e9cessaire, la plante se propageant naturellement par stolons et par semis spontan\u00e9. Si souhait\u00e9, la multiplication se fait par division de touffes au printemps ou \u00e0 l&rsquo;automne, ou par semis de graines \u00e0 la surface d&rsquo;un substrat frais (germination en 2-4 semaines \u00e0 la lumi\u00e8re). La plante convient aux prairies fleuries, aux sous-bois de jardins et aux bordures naturelles. Sa floraison bleu vif printani\u00e8re en fait une plante ornementale appr\u00e9ci\u00e9e des jardins naturalistes. Elle est mellif\u00e8re et fournit un nectar abondant aux pollinisateurs pr\u00e9coces.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>V\u00c9RONIQUE PETIT-CH\u00caNE pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Bruneton J. <em>Pharmacognosie, phytochimie, plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5e \u00e9d. Paris : Lavoisier Tec &amp; Doc ; 2016.<br \/>\nScarpati M.L. et al. Verbascoside and related compounds in <em>Veronica<\/em> species. <em>Phytochemistry<\/em>. 1990;29(7):2309-2311.<br \/>\nTaskova R. et al. Iridoid glucosides of the genus <em>Veronica<\/em>. <em>Phytochemistry Reviews<\/em>. 2008;7(3):557-580.<br \/>\nK\u00fcpeli E. et al. Anti-inflammatory and antinociceptive activity of some <em>Veronica<\/em> species. <em>Pharmaceutical Biology<\/em>. 2007;45(5):381-385.<br \/>\nTison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<br \/>\nAlbach D.C. et al. Phylogenetic analysis of <em>Veronica<\/em> (Plantaginaceae) based on molecular data. <em>Taxon<\/em>. 2004;53(2):429-452.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Expectorant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antispasmodique<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE La v\u00e9ronique petit-ch\u00eane, Veronica chamaedrys L., appartient \u00e0 la famille des Plantaginaceae (anciennement Scrophulariaceae). C&rsquo;est une plante herbac\u00e9e vivace de 15 [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[85],"tags":[],"class_list":["post-4883","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-plantaginacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4883","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4883"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4883\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13793,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4883\/revisions\/13793"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4883"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4883"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4883"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}