{"id":4899,"date":"2026-03-28T18:43:58","date_gmt":"2026-03-28T17:43:58","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/fragon-petit-houx\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:16","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:16","slug":"fragon-petit-houx","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/fragon-petit-houx\/","title":{"rendered":"FRAGON PETIT-HOUX"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Fragon%20petit-houx.jpg\" alt=\"Planche botanique Fragon petit-houx\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Ruscus aculeatus<\/em> L.<\/p>\n<p>Famille : Asparagaceae (sous-famille Nolinoideae, anciennement Ruscaceae ou Liliaceae)<\/p>\n<p>Le fragon petit-houx est un sous-arbrisseau persistant des sous-bois secs m\u00e9diterran\u00e9ens et atlantiques, reconnaissable entre tous \u00e0 ses faux feuillages coriaces et piquants \u2014 en r\u00e9alit\u00e9 des cladodes, rameaux aplatis transform\u00e9s en organes photosynth\u00e9tiques. Ses minuscules fleurs naissent directement sur la face sup\u00e9rieure de ces cladodes, ph\u00e9nom\u00e8ne botanique rare et spectaculaire, et ses baies rouge vif \u00e0 maturit\u00e9 en font une plante ornementale hivernale recherch\u00e9e.<\/p>\n<p>En phytoth\u00e9rapie, le fragon est l&rsquo;une des rares plantes europ\u00e9ennes dont l&rsquo;efficacit\u00e9 veinotonique repose sur un dossier pharmacologique et clinique solide. Les <strong>saponines st\u00e9ro\u00efdiennes<\/strong> de son rhizome, en particulier la <strong>ruscog\u00e9nine<\/strong> et la <strong>n\u00e9oruscog\u00e9nine<\/strong>, poss\u00e8dent une activit\u00e9 vasoconstrictrice et anti-inflammatoire veineuse d\u00e9montr\u00e9e, qui lui vaut des monographies officielles de l&rsquo;ESCOP. Le fragon est ainsi un exemple abouti de plante m\u00e9dicinale europ\u00e9enne dont la tradition a \u00e9t\u00e9 valid\u00e9e par la pharmacologie moderne.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Asparagaceae (sous-famille Nolinoideae)<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Ruscus<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Ruscus aculeatus<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Fragon petit-houx, Fragon piquant, Petit houx, Buis piquant, Houx-frelon, Myrte \u00e9pineux (anc.).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le genre <em>Ruscus<\/em> comprend 6 \u00e0 7 esp\u00e8ces, toutes circum-m\u00e9diterran\u00e9ennes. <em>R. aculeatus<\/em> est l&rsquo;esp\u00e8ce la plus r\u00e9pandue et la seule d&rsquo;int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique majeur. Le placement taxonomique du genre a connu de nombreuses r\u00e9visions : anciennement plac\u00e9 dans les Liliaceae sensu lato, puis les Ruscaceae, il est aujourd&rsquo;hui rattach\u00e9 aux Asparagaceae, sous-famille des Nolinoideae, sur la base des phylog\u00e9nies mol\u00e9culaires APG IV. La parent\u00e9 avec les genres <em>Danae<\/em> et <em>Semele<\/em>, qui partagent la structure en cladodes, est bien \u00e9tablie.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>A. Port et architecture<\/h3>\n<p>Sous-arbrisseau dio\u00efque (rarement mono\u00efque), persistant, de 30 \u00e0 80 cm, tr\u00e8s ramifi\u00e9, formant des touffes denses et souvent piquantes. Le port est buissonnant, compact, avec des tiges \u00e9rig\u00e9es, stri\u00e9es, vert fonc\u00e9.<\/p>\n<h3>B. Appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p><strong>Rhizome :<\/strong> \u00e9pais, horizontal, tra\u00e7ant, \u00e9mettant chaque ann\u00e9e de nouvelles pousses dress\u00e9es (turions). Le rhizome constitue l&rsquo;organe de r\u00e9serve et la drogue m\u00e9dicinale.<\/p>\n<p><strong>Cladodes :<\/strong> organes les plus remarquables de la plante \u2014 rameaux aplatis en forme de feuilles ovales-lanc\u00e9ol\u00e9es, coriaces, termin\u00e9s par une pointe ac\u00e9r\u00e9e (mucron \u00e9pineux). Ils assurent la photosynth\u00e8se en lieu et place des vraies feuilles, qui sont r\u00e9duites \u00e0 des \u00e9cailles membraneuses, fugaces, \u00e0 la base des cladodes. La face sup\u00e9rieure du cladode porte un petit fascicule d&rsquo;o\u00f9 naissent les fleurs.<\/p>\n<h3>C. Appareil reproducteur<\/h3>\n<p><strong>Fleurs :<\/strong> petites (3-5 mm), verd\u00e2tres \u00e0 blanch\u00e2tres, \u00e9toil\u00e9es, port\u00e9es sur la face sup\u00e9rieure des cladodes par un court p\u00e9dicelle. La plante est typiquement dio\u00efque. Fleurs m\u00e2les \u00e0 3 \u00e9tamines soud\u00e9es en tube. Fleurs femelles \u00e0 ovaire sup\u00e8re triloculaire.<\/p>\n<p><strong>Fruit :<\/strong> baie globuleuse de 10-15 mm, rouge vif \u00e0 maturit\u00e9 (automne-hiver), contenant 1 \u00e0 2 graines. Les baies persistent longtemps et sont tr\u00e8s d\u00e9coratives, ce qui vaut au fragon d&rsquo;\u00eatre coup\u00e9 pour les compositions florales hivernales.<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> septembre \u00e0 avril (floraison automnale \u00e0 hivernale, inhabituellement tardive).<\/p>\n<p><strong>Pollinisation :<\/strong> entomophile. <strong>Diss\u00e9mination :<\/strong> endozoochore (oiseaux frugivores : merles, grives, fauvettes).<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET DISTRIBUTION<\/h3>\n<p><strong>Habitat :<\/strong> sous-bois de ch\u00eanaies vertes, de ch\u00eanaies pubescentes, de yeuseraies, garrigues bois\u00e9es, haies, maquis, lisi\u00e8res foresti\u00e8res sur sol sec. L&rsquo;esp\u00e8ce tol\u00e8re bien l&rsquo;ombrage et la s\u00e9cheresse estivale. Elle est caract\u00e9ristique de l&rsquo;alliance phytosociologique <em>Quercion ilicis<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Sol :<\/strong> sols calcaires \u00e0 neutres, secs, bien drain\u00e9s, souvent pierreux ou rocheux. Pr\u00e9sent aussi sur des sols siliceux en climat atlantique doux.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9partition :<\/strong> circum-m\u00e9diterran\u00e9enne \u00e9largie. En France, commun dans tout le Midi, la vall\u00e9e du Rh\u00f4ne, le littoral atlantique jusqu&rsquo;en Bretagne et dans le Sud-Ouest. Pr\u00e9sent aussi en Angleterre m\u00e9ridionale, Irlande, Macaron\u00e9sie. Plus largement : tout le pourtour m\u00e9diterran\u00e9en, du Portugal \u00e0 la Turquie.<\/p>\n<p><strong>Statut :<\/strong> esp\u00e8ce prot\u00e9g\u00e9e dans certaines r\u00e9gions du Nord de la France. Inscrite \u00e0 l&rsquo;annexe V de la directive Habitats de l&rsquo;Union europ\u00e9enne (exploitation r\u00e9glement\u00e9e). La cueillette commerciale est encadr\u00e9e dans plusieurs pays.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Rhizome<\/strong> (drogue officinale principale) \u2014 \u00ab Rusci rhizoma \u00bb selon la Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne.<\/li>\n<li>Racines (associ\u00e9es au rhizome dans la drogue commerciale)<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le rhizome est r\u00e9colt\u00e9 \u00e0 l&rsquo;automne, s\u00e9ch\u00e9 et fragment\u00e9. Il se pr\u00e9sente sous forme de morceaux cylindriques noueux, brun-gris\u00e2tre \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur, blanch\u00e2tres \u00e0 la coupe, d&rsquo;odeur faible et de saveur l\u00e9g\u00e8rement am\u00e8re puis \u00e2cre. Le fragon fait partie de l&rsquo;ancien \u00ab sirop des cinq racines \u00bb (avec l&rsquo;ache, le fenouil, l&rsquo;asperge et le persil), purgatif et diur\u00e9tique traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Saponines st\u00e9ro\u00efdiennes (compos\u00e9s majeurs)<\/h3>\n<p>Les principaux actifs du fragon sont des <strong>saponines st\u00e9ro\u00efdiennes<\/strong> dont les g\u00e9nines (sapog\u00e9nines) sont la <strong>ruscog\u00e9nine<\/strong> (= ruscine) et la <strong>n\u00e9oruscog\u00e9nine<\/strong>. Ces mol\u00e9cules spirostaniques sont les marqueurs phytochimiques de l&rsquo;esp\u00e8ce et les responsables principaux de l&rsquo;activit\u00e9 veinotonique. Elles sont pr\u00e9sentes sous forme glycosyl\u00e9e (ruscosides) dans le rhizome frais et lib\u00e9r\u00e9es par hydrolyse. La teneur en sapog\u00e9nines totales du rhizome sec est de l&rsquo;ordre de 1 \u00e0 3 % selon l&rsquo;origine et la saison de r\u00e9colte.<\/p>\n<h3>B. Autres saponines et st\u00e9rols<\/h3>\n<p>Des <strong>saponines furostaniques<\/strong> (pr\u00e9curseurs biog\u00e9n\u00e9tiques des spirostaniques), des <strong>phytost\u00e9rols<\/strong> (stigmast\u00e9rol, <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/beta-sitosterol\/\">\u03b2-sitost\u00e9rol<\/a>) et des traces de <strong>diosg\u00e9nine<\/strong> compl\u00e8tent le profil st\u00e9ro\u00efdien.<\/p>\n<h3>C. Compos\u00e9s ph\u00e9noliques<\/h3>\n<p>Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/rutine\/\">rutine<\/a>, hesp\u00e9ridine) et des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> contribuent au profil antioxydant accessoire de la drogue.<\/p>\n<h3>D. Autres compos\u00e9s<\/h3>\n<p>Des <strong>benzofuranes<\/strong> (dont l&rsquo;<strong>eurpar\u00f4ne<\/strong>), des <strong>huiles essentielles<\/strong> en traces et des <strong>sels min\u00e9raux<\/strong> (potassium, calcium) ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Le dossier pharmacologique du fragon est l&rsquo;un des mieux document\u00e9s parmi les plantes veinotoniques europ\u00e9ennes :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Vasoconstriction veineuse<\/strong> : la ruscog\u00e9nine et la n\u00e9oruscog\u00e9nine provoquent une contraction du muscle lisse veineux par activation des r\u00e9cepteurs \u03b1-adr\u00e9nergiques. Cet effet a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 in vitro sur des veines saph\u00e8nes humaines et in vivo chez l&rsquo;animal.<\/li>\n<li><strong>Diminution de la perm\u00e9abilit\u00e9 capillaire<\/strong> : les saponines r\u00e9duisent la perm\u00e9abilit\u00e9 vasculaire induite par l&rsquo;histamine et la bradykinine, diminuant l&rsquo;\u0153d\u00e8me.<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire veineuse<\/strong> : inhibition de l&rsquo;\u00e9lastase et de l&rsquo;hyaluronidase leucocytaires, enzymes impliqu\u00e9es dans la d\u00e9gradation de la paroi veineuse. La n\u00e9oruscog\u00e9nine inhibe aussi l&rsquo;activation du compl\u00e9ment (voie classique).<\/li>\n<li><strong>Effet anti-\u0153d\u00e9mateux<\/strong> : la combinaison vasoconstriction + anti-perm\u00e9abilit\u00e9 + anti-inflammatoire produit une r\u00e9duction mesurable de l&rsquo;\u0153d\u00e8me des membres inf\u00e9rieurs.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h3>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2605<\/strong> Veinotonique (ruscog\u00e9nine, n\u00e9oruscog\u00e9nine \u2014 usage bien \u00e9tabli, essais cliniques)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2606<\/strong> Anti-\u0153d\u00e9mateux (saponines st\u00e9ro\u00efdiennes \u2014 cliniquement d\u00e9montr\u00e9)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire veineux (inhibition \u00e9lastase\/hyaluronidase \u2014 pharmacologie solide)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Anti-h\u00e9morro\u00efdaire (usage traditionnel reconnu)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (tradition ancienne \u2014 donn\u00e9es modernes insuffisantes)<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Plusieurs essais cliniques randomis\u00e9s, dont certains en double aveugle contre placebo, ont \u00e9valu\u00e9 les extraits de fragon dans l&rsquo;insuffisance veineuse chronique (IVC) :<\/p>\n<ul>\n<li>R\u00e9duction significative de la lourdeur, de la douleur et de l&rsquo;\u0153d\u00e8me des jambes.<\/li>\n<li>Diminution mesurable de la circonf\u00e9rence de la cheville et du volume jambier.<\/li>\n<li>Am\u00e9lioration des param\u00e8tres pl\u00e9thysmographiques veineux.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Un \u00ab usage m\u00e9dical bien \u00e9tabli \u00bb du fragon est reconnu dans le traitement symptomatique de l&rsquo;IVC (jambes lourdes, crampes nocturnes, prurit, \u0153d\u00e8me) et un \u00ab usage traditionnel \u00bb dans l&rsquo;inconfort h\u00e9morro\u00efdaire. La monographie ESCOP confirme ces indications. La Commission E allemande a approuv\u00e9 l&rsquo;usage dans l&rsquo;IVC et les h\u00e9morro\u00efdes.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Saponines st\u00e9ro\u00efdiennes<\/td>\n<td>Saponine<\/td>\n<td>Constituant tensioactif<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Ruscog\u00e9nine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>N\u00e9oruscog\u00e9nine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Saponines furostaniques<\/td>\n<td>Saponine<\/td>\n<td>Constituant tensioactif<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Phytost\u00e9rols<\/td>\n<td>Phytost\u00e9rol<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Extrait sec standardis\u00e9<\/strong> (titr\u00e9 en ruscog\u00e9nines totales, g\u00e9n\u00e9ralement 7-11 mg par dose) : forme la plus utilis\u00e9e en phytoth\u00e9rapie moderne.<\/li>\n<li><strong>G\u00e9lules et comprim\u00e9s<\/strong> \u00e0 base d&rsquo;extrait sec de rhizome.<\/li>\n<li><strong>D\u00e9coction :<\/strong> rhizome coup\u00e9 (2-4 g pour 250 ml), 10 minutes d&rsquo;\u00e9bullition \u2014 usage traditionnel.<\/li>\n<li><strong>Teinture-m\u00e8re :<\/strong> utilis\u00e9e en phytoth\u00e9rapie et en hom\u00e9opathie.<\/li>\n<li><strong>Cr\u00e8mes et gels<\/strong> \u00e0 application locale (jambes lourdes, h\u00e9morro\u00efdes).<\/li>\n<\/ul>\n<p>La posologie usuelle est de 7 \u00e0 11 mg de ruscog\u00e9nines totales par jour, r\u00e9partis en 2 \u00e0 3 prises.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Le fragon est tr\u00e8s bien tol\u00e9r\u00e9 aux doses th\u00e9rapeutiques. Les effets ind\u00e9sirables rapport\u00e9s sont rares et b\u00e9nins : naus\u00e9es, troubles gastriques l\u00e9gers. De tr\u00e8s rares cas de r\u00e9actions allergiques cutan\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 signal\u00e9s.<\/p>\n<p>Les baies, parfois ing\u00e9r\u00e9es accidentellement par les enfants, sont faiblement toxiques : elles peuvent provoquer des naus\u00e9es et des vomissements, mais les intoxications graves sont exceptionnelles.<\/p>\n<p><strong>Contre-indications :<\/strong> par pr\u00e9caution, l&rsquo;usage est d\u00e9conseill\u00e9 pendant la grossesse et l&rsquo;allaitement (absence de donn\u00e9es de s\u00e9curit\u00e9).<\/p>\n<p><strong>Interactions :<\/strong> aucune interaction cliniquement significative n&rsquo;est document\u00e9e. Une prudence th\u00e9orique est recommand\u00e9e en association avec des antihypertenseurs (effet \u03b1-adr\u00e9nergique).<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le fragon est utilis\u00e9 depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9. Dioscoride le recommandait comme diur\u00e9tique et emm\u00e9nagogue. Au Moyen \u00c2ge, ses rameaux piquants servaient \u00e0 prot\u00e9ger les provisions contre les souris \u2014 d&rsquo;o\u00f9 le nom anglais \u00ab butcher&rsquo;s broom \u00bb (balai de boucher). Les bouchers suspendaient des branches de fragon au-dessus de leurs \u00e9tals pour \u00e9loigner les rongeurs.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine populaire m\u00e9diterran\u00e9enne, la d\u00e9coction de rhizome \u00e9tait prescrite comme diur\u00e9tique, d\u00e9puratif et circulatoire. Le \u00ab sirop des cinq racines \u00bb de la pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise traditionnelle incluait le fragon parmi ses composants.<\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat moderne pour le fragon date des ann\u00e9es 1950-1960, lorsque les chimistes fran\u00e7ais ont isol\u00e9 la ruscog\u00e9nine et d\u00e9montr\u00e9 son activit\u00e9 vasoconstrictrice.<\/p>\n<hr>\n<h3>INT\u00c9R\u00caT \u00c9COLOGIQUE<\/h3>\n<p>Le fragon est une esp\u00e8ce structurante des sous-bois m\u00e9diterran\u00e9ens, formant une strate arbustive basse persistante. Ses baies constituent une ressource alimentaire hivernale importante pour les oiseaux frugivores (merles, grives, rouges-gorges). La plante offre un couvert protecteur dense, appr\u00e9ci\u00e9 par la petite faune foresti\u00e8re.<\/p>\n<p>En tant qu&rsquo;esp\u00e8ce de l&rsquo;annexe V de la directive Habitats, la cueillette commerciale de fragon est encadr\u00e9e. Des populations sauvages ont \u00e9t\u00e9 surexploit\u00e9es dans certaines r\u00e9gions pour l&rsquo;approvisionnement de la fili\u00e8re phytoth\u00e9rapeutique et pour la d\u00e9coration florale hivernale.<\/p>\n<hr>\n<h3>CONFUSIONS POSSIBLES<\/h3>\n<ul>\n<li><strong><em>Ilex aquifolium<\/em><\/strong> (houx commun) \u2014 arbre ou grand arbuste (vs sous-arbrisseau), vraies feuilles coriaces persistantes \u00e0 dents \u00e9pineuses (vs cladodes), baies rouges similaires mais port tr\u00e8s diff\u00e9rent.<\/li>\n<li><strong><em>Ruscus hypoglossum<\/em><\/strong> (fragon \u00e0 languette) \u2014 cladodes plus grands, non piquants, portant une languette foliac\u00e9e sur la face sup\u00e9rieure. Esp\u00e8ce m\u00e9diterran\u00e9enne plus rare.<\/li>\n<li><strong><em>Danae racemosa<\/em><\/strong> (laurier d&rsquo;Alexandrie) \u2014 m\u00eame famille, cladodes plus grands et plus souples, baies rouges terminales.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Ruscus aculeatus<\/em> est un exemple abouti de drogue v\u00e9g\u00e9tale europ\u00e9enne dont l&rsquo;usage traditionnel mill\u00e9naire a \u00e9t\u00e9 valid\u00e9 par la pharmacologie moderne. Ses saponines st\u00e9ro\u00efdiennes \u2014 ruscog\u00e9nine et n\u00e9oruscog\u00e9nine \u2014 poss\u00e8dent une activit\u00e9 vasoconstrictrice, anti-perm\u00e9abilit\u00e9 capillaire et anti-inflammatoire veineuse bien document\u00e9e, qui en fait une r\u00e9f\u00e9rence en phytoth\u00e9rapie de l&rsquo;insuffisance veineuse chronique. Le dossier clinique solide et les monographies officielles (ESCOP, Commission E) placent le fragon parmi les plantes veinotoniques les mieux \u00e9tudi\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Plants of the World Online, Royal Botanic Gardens Kew \u2014 <em>Ruscus aculeatus<\/em><\/li>\n<li>Pharmacop\u00e9e europ\u00e9enne, monographie \u00ab Rusci rhizoma \u00bb<\/li>\n<li>ESCOP, <em>ESCOP Monographs<\/em> \u2014 <em>Ruscus aculeatus<\/em>, 2009<\/li>\n<li>Bruneton J., <em>Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5e \u00e9d., Lavoisier, 2016<\/li>\n<li>Bouskela E. et al., \u00ab Effects of <em>Ruscus<\/em> extract on the internal diameter of arterioles and venules of the hamster cheek pouch \u00bb, <em>Journal of Cardiovascular Pharmacology<\/em>, 1994<\/li>\n<li>Vanscheidt W. et al., \u00ab Efficacy and safety of a Butcher&rsquo;s Broom preparation in patients with CVI \u00bb, <em>Arzneimittelforschung<\/em>, 2002<\/li>\n<li>MacLennan W.J. et al., \u00ab Hydroxyethylrutosides in elderly patients with chronic venous insufficiency \u00bb, <em>Age and Ageing<\/em>, 1994<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Diur\u00e9tique (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> D\u00e9puratif<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ruscus aculeatus L. Famille : Asparagaceae (sous-famille Nolinoideae, anciennement Ruscaceae ou Liliaceae) Le fragon petit-houx est un sous-arbrisseau persistant des sous-bois secs m\u00e9diterran\u00e9ens et atlantiques, [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[105],"tags":[],"class_list":["post-4899","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-asparagacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4899","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4899"}],"version-history":[{"count":11,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4899\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14001,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4899\/revisions\/14001"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4899"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4899"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4899"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}