{"id":4900,"date":"2026-03-28T18:44:00","date_gmt":"2026-03-28T17:44:00","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/iris-faux-acore\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:15","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:15","slug":"iris-faux-acore","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/iris-faux-acore\/","title":{"rendered":"IRIS FAUX-ACORE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Iris%20faux-acore.jpg\" alt=\"Planche botanique Iris faux-acore\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Iris pseudacorus<\/em> L.<\/p>\n<p><strong>Famille :<\/strong> Iridaceae.<\/p>\n<p><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> iris faux-acore, iris des marais, iris jaune, flambe d&rsquo;eau, gla\u00efeul des marais, glajou, Sumpf-Schwertlilie (allemand), yellow flag (anglais).<\/p>\n<p>L&rsquo;iris faux-acore est le grand iris sauvage des zones humides d&rsquo;Europe \u2014 la \u00ab flambe d&rsquo;eau \u00bb des anciens, dont les fleurs jaune d&rsquo;or illuminent les berges des foss\u00e9s, des \u00e9tangs et des rivi\u00e8res lentes au d\u00e9but de l&rsquo;\u00e9t\u00e9. Son port majestueux, ses feuilles ensiformes dress\u00e9es comme des lames vertes et son rhizome puissant ancr\u00e9 dans la vase en font l&rsquo;un des h\u00e9lophytes les plus reconnaissables de la flore europ\u00e9enne. Au-del\u00e0 de sa beaut\u00e9, la plante est charg\u00e9e d&rsquo;histoire : son profil stylis\u00e9 serait \u00e0 l&rsquo;origine de la fleur de lys h\u00e9raldique (l&rsquo;hypoth\u00e8se, d\u00e9fendue depuis le XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, reste discut\u00e9e). M\u00e9dicinalement, le rhizome a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 comme purgatif drastique, astringent et antiscorbutique dans les pharmacop\u00e9es populaires, mais sa toxicit\u00e9 rend tout usage interne dangereux. Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;iris des marais est surtout valoris\u00e9 en phyto\u00e9puration et en g\u00e9nie \u00e9cologique pour sa capacit\u00e9 remarquable \u00e0 absorber les m\u00e9taux lourds et les nutriments exc\u00e9dentaires.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Iridaceae<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Iris<\/em> L.<\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Iris pseudacorus<\/em> L., 1753<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> <em>Iris<\/em> vient du grec <em>iris<\/em> (arc-en-ciel), allusion \u00e0 la diversit\u00e9 chromatique du genre. <em>Pseudacorus<\/em> signifie \u00ab faux acore \u00bb (<em>pseudo-<\/em> + <em>Acorus<\/em>), par analogie de port avec l&rsquo;acore vrai (<em>Acorus calamus<\/em>, Acoraceae) dont les feuilles ensiformes et l&rsquo;habitat palustre \u00e9voquent l&rsquo;iris jaune \u2014 les deux plantes ont \u00e9t\u00e9 longtemps confondues dans la pharmacop\u00e9e populaire.<\/p>\n<p><strong>Position phylog\u00e9n\u00e9tique :<\/strong> le genre <em>Iris<\/em> comprend environ 300 esp\u00e8ces mondiales. <em>I. pseudacorus<\/em> appartient au sous-genre <em>Limniris<\/em>, section <em>Limniris<\/em>, groupe des iris \u00ab apogons \u00bb (sans barbe sur les t\u00e9pales externes). C&rsquo;est la seule esp\u00e8ce europ\u00e9enne d&rsquo;iris \u00e0 fleurs jaunes v\u00e9ritablement aquatique.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Grande plante vivace rhizomateuse, atteignant 60 \u00e0 150 cm de hauteur. Le rhizome est horizontal, \u00e9pais (2-4 cm de diam\u00e8tre), brun-ros\u00e2tre \u00e0 la coupe, ramifi\u00e9, profond\u00e9ment enracin\u00e9 dans les sols gorg\u00e9s d&rsquo;eau. Les feuilles, distiques, sont ensiformes (en forme de glaive), longues de 40-100 cm, larges de 1-3 cm, d&rsquo;un vert vif \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement glauque, avec une nervure m\u00e9diane saillante. La tige florale, comprim\u00e9e, porte 4 \u00e0 12 fleurs jaune vif, group\u00e9es par 2-3 \u00e0 l&rsquo;aisselle de spathes membraneuses. Chaque fleur pr\u00e9sente 3 grands t\u00e9pales externes retombants, \u00e0 veines brun-pourpre \u00e0 la base (signal nectarif\u00e8re pour les pollinisateurs), et 3 t\u00e9pales internes dress\u00e9s, plus petits. Le fruit est une capsule trigone oblongue (4-8 cm), contenant de nombreuses graines brunes, luisantes, flottantes gr\u00e2ce \u00e0 une couche de li\u00e8ge p\u00e9riph\u00e9rique (adaptation \u00e0 la diss\u00e9mination par l&rsquo;eau, hydrochorie).<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET R\u00c9PARTITION<\/h3>\n<p>Esp\u00e8ce euro-sib\u00e9rienne, largement distribu\u00e9e dans toute l&rsquo;Europe, le Caucase, l&rsquo;Asie Mineure, l&rsquo;Afrique du Nord et l&rsquo;Asie occidentale. Naturalis\u00e9e et souvent envahissante en Am\u00e9rique du Nord, en Australie, en Nouvelle-Z\u00e9lande et en Am\u00e9rique du Sud, o\u00f9 elle est class\u00e9e comme esp\u00e8ce invasive.<\/p>\n<p><strong>Habitats :<\/strong> berges de rivi\u00e8res et de canaux, foss\u00e9s, bords d&rsquo;\u00e9tangs et de lacs, marais, roseli\u00e8res, aulnaies mar\u00e9cageuses, prairies inondables. L&rsquo;iris faux-acore est un h\u00e9lophyte (plante semi-aquatique) dont les pieds supportent une submersion prolong\u00e9e. Il tol\u00e8re des sols de pH 5 \u00e0 8, pr\u00e9f\u00e8re les substrats riches en mati\u00e8re organique (vases, limons alluvionnaires) et supporte aussi bien les eaux stagnantes que les eaux lentement courantes.<\/p>\n<p><strong>Ph\u00e9nologie :<\/strong> floraison de mai \u00e0 juillet. La pollinisation est assur\u00e9e par les bourdons et les abeilles solitaires. Les graines, flottantes, sont dispers\u00e9es par l&rsquo;eau (hydrochorie) et germent sur les berges exond\u00e9es en fin d&rsquo;\u00e9t\u00e9. La multiplication v\u00e9g\u00e9tative par fragmentation du rhizome est tr\u00e8s efficace et contribue \u00e0 la formation de peuplements denses.<\/p>\n<p><strong>Phyto\u00e9puration :<\/strong> <em>I. pseudacorus<\/em> est l&rsquo;une des plantes les plus utilis\u00e9es dans les syst\u00e8mes de phyto\u00e9puration (lagunage, filtres plant\u00e9s de roseaux). Sa capacit\u00e9 \u00e0 absorber l&rsquo;azote, le phosphore et les m\u00e9taux lourds (zinc, cuivre, plomb, cadmium) par ses racines et son rhizome en fait un alli\u00e9 pr\u00e9cieux du traitement naturel des eaux us\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Le <strong>rhizome<\/strong> est la partie historiquement employ\u00e9e en m\u00e9decine populaire, r\u00e9colt\u00e9 \u00e0 l&rsquo;automne ou au d\u00e9but du printemps, nettoy\u00e9 et s\u00e9ch\u00e9 en tranches. Les <strong>graines<\/strong> torr\u00e9fi\u00e9es ont aussi \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9es comme succ\u00e9dan\u00e9 de caf\u00e9 en temps de disette. Les <strong>feuilles<\/strong> et les <strong>fleurs<\/strong> ont un usage plus marginal (teinture, artisanat).<\/p>\n<p>En raison de la toxicit\u00e9 du rhizome frais, aucune partie de la plante n&rsquo;est recommand\u00e9e pour un usage interne sans encadrement strict.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>Le rhizome d&rsquo;<em>Iris pseudacorus<\/em> est phytochimiquement riche, mais aussi irritant et toxique :<\/p>\n<p><strong>Isoflavono\u00efdes :<\/strong> le rhizome contient des <strong>isoflavones<\/strong> caract\u00e9ristiques du genre <em>Iris<\/em>, notamment l&rsquo;<strong>irisolone<\/strong>, l&rsquo;<strong>irisflorentine<\/strong> et l&rsquo;<strong>irig\u00e9nine<\/strong>. Ces compos\u00e9s ont des propri\u00e9t\u00e9s anti-inflammatoires et \u0153strog\u00e9niques faibles.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quinones\/\">Quinones<\/a> et irones :<\/strong> contrairement \u00e0 l&rsquo;iris de Florence (<em>I. germanica<\/em> var. <em>florentina<\/em>), <em>I. pseudacorus<\/em> ne produit pas d&rsquo;<strong>irone<\/strong> en quantit\u00e9 exploitable pour la parfumerie. En revanche, le rhizome contient des <strong>quinones<\/strong> (irisquinone) \u00e0 activit\u00e9 antimicrobienne.<\/p>\n<p><strong>Tanins :<\/strong> des <strong>tanins<\/strong> (gallotanins et <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/tanins-condenses\/\">tanins condens\u00e9s<\/a>) en quantit\u00e9 appr\u00e9ciable conf\u00e8rent au rhizome son astringence et son action tannante sur les cuirs \u2014 usage ancien attest\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Amidon :<\/strong> le rhizome contient une proportion importante d&rsquo;amidon (jusqu&rsquo;\u00e0 30 % de la masse s\u00e8che), ce qui a motiv\u00e9 son emploi alimentaire de substitution en p\u00e9riode de famine (apr\u00e8s lavage et \u00e9bullition prolong\u00e9e pour \u00e9liminer les compos\u00e9s irritants).<\/p>\n<p><strong>Substances irritantes :<\/strong> le rhizome frais contient une r\u00e9sine \u00e2cre (\u00ab r\u00e9sine d&rsquo;iris \u00bb) et des compos\u00e9s irritants non enti\u00e8rement caract\u00e9ris\u00e9s qui provoquent une inflammation des muqueuses digestives \u2014 d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;effet purgatif drastique et les risques d&rsquo;intoxication.<\/p>\n<p><strong>Pigments :<\/strong> les fleurs contiennent des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/carotenoides\/\">carot\u00e9no\u00efdes<\/a><\/strong> (responsables de la couleur jaune) et les feuilles sont riches en <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/chlorophylle\/\">chlorophylle<\/a><\/strong>.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Purgatif drastique :<\/strong> le rhizome frais ou s\u00e9ch\u00e9, administr\u00e9 en poudre ou en d\u00e9coction, provoque des purges violentes. Cet usage, tr\u00e8s ancien, \u00e9tait r\u00e9serv\u00e9 aux \u00ab cas d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s \u00bb et comportait des risques d&rsquo;inflammation intestinale s\u00e9v\u00e8re.<\/li>\n<li><strong>Astringent :<\/strong> en usage externe, la d\u00e9coction du rhizome servait de gargarisme contre les angines, de lotion contre les ulc\u00e8res cutan\u00e9s et de bain de bouche astringent (tanins).<\/li>\n<li><strong>Sternutatoire :<\/strong> la poudre de rhizome s\u00e9ch\u00e9, pris\u00e9e par le nez, provoque de violents \u00e9ternuements \u2014 usage ancien pour \u00ab d\u00e9congestionner la t\u00eate \u00bb dans la m\u00e9decine humorale.<\/li>\n<li><strong>Antiscorbutique :<\/strong> les jeunes pousses et les feuilles ont \u00e9t\u00e9 consomm\u00e9es au printemps dans certaines r\u00e9gions comme source de vitamine C en p\u00e9riode de disette.<\/li>\n<li><strong>Teinture :<\/strong> le rhizome fournit une teinture noire (avec mordant de fer) utilis\u00e9e pour les cuirs et les textiles.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>DONN\u00c9ES PHARMACOLOGIQUES MODERNES<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Activit\u00e9 anti-inflammatoire :<\/strong> les isoflavono\u00efdes du rhizome (irisolone, irig\u00e9nine) inhibent la production de m\u00e9diateurs de l&rsquo;inflammation (PGE2, NO) <em>in vitro<\/em> (Rahman <em>et al.<\/em>, 2008).<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 antimicrobienne :<\/strong> des extraits de rhizome montrent une activit\u00e9 contre <em>Staphylococcus aureus<\/em>, <em>Candida albicans<\/em> et plusieurs bact\u00e9ries Gram-positives, attribu\u00e9e aux quinones et aux isoflavono\u00efdes.<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 antioxydante :<\/strong> les extraits ph\u00e9noliques du rhizome pr\u00e9sentent une activit\u00e9 DPPH mod\u00e9r\u00e9e.<\/li>\n<li><strong>Phytorem\u00e9diation :<\/strong> de nombreuses \u00e9tudes confirment la capacit\u00e9 d&rsquo;<em>I. pseudacorus<\/em> \u00e0 accumuler les m\u00e9taux lourds dans ses tissus racinaires et rhizomateux (Pb, Cd, Zn, Cu) sans translocation significative vers les parties a\u00e9riennes, ce qui en fait un \u00ab filtre vivant \u00bb efficace (Caldelas <em>et al.<\/em>, 2012).<\/li>\n<li><strong>Activit\u00e9 \u0153strog\u00e9nique faible :<\/strong> les isoflavones du type irig\u00e9nine poss\u00e8dent une affinit\u00e9 faible pour les r\u00e9cepteurs aux \u0153strog\u00e8nes \u2014 un phyto-\u0153strog\u00e9nisme discret, sans application th\u00e9rapeutique \u00e9tablie.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Isoflavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Isoflavones<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Irisolone<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Irisflorentine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Irig\u00e9nine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Les posologies suivantes sont purement historiques. L&rsquo;usage interne est d\u00e9conseill\u00e9 en l&rsquo;absence de supervision m\u00e9dicale :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Poudre de rhizome (purgatif historique) :<\/strong> 0,5-2 g de rhizome s\u00e9ch\u00e9 en poudre, en une prise \u2014 doses fortement purgatrices et potentiellement dangereuses.<\/li>\n<li><strong>D\u00e9coction en usage externe :<\/strong> 30-50 g de rhizome s\u00e9ch\u00e9 par litre d&rsquo;eau, \u00e9bullition 10 min, en gargarismes, compresses ou bains de pieds (astringent).<\/li>\n<li><strong>Teinture artisanale :<\/strong> rhizome frais pil\u00e9, mac\u00e9r\u00e9 dans l&rsquo;eau avec des morceaux de fer rouill\u00e9, pour obtenir une teinture noire textile.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>Le rhizome frais est la partie la plus dangereuse. Son ingestion provoque une gastro-ent\u00e9rite aigu\u00eb avec naus\u00e9es, vomissements, diarrh\u00e9es profuses et douleurs abdominales. Des cas d&rsquo;intoxication sont document\u00e9s chez les enfants ayant m\u00e2ch\u00e9 le rhizome et chez le b\u00e9tail ayant brout\u00e9 la plante au bord des mares.<\/p>\n<p>Le contact cutan\u00e9 avec le suc du rhizome frais peut provoquer une dermite de contact irritative. La manipulation prolong\u00e9e (pr\u00e9paration de teinture) n\u00e9cessite le port de gants.<\/p>\n<p><strong>Contre-indications absolues :<\/strong> usage interne chez la femme enceinte (emm\u00e9nagogue traditionnel \u2014 risque abortif), la femme allaitante, l&rsquo;enfant, les personnes souffrant de pathologies gastro-intestinales inflammatoires.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>H\u00e9raldique :<\/strong> l&rsquo;hypoth\u00e8se selon laquelle la \u00ab fleur de lys \u00bb des rois de France serait en r\u00e9alit\u00e9 un iris jaune stylis\u00e9 a \u00e9t\u00e9 avanc\u00e9e par plusieurs historiens (Pastoureau, Viel). Le profil trilob\u00e9 de la fleur de lys correspondrait davantage \u00e0 l&rsquo;iris qu&rsquo;au lis blanc (<em>Lilium candidum<\/em>). Le d\u00e9bat reste ouvert.<\/li>\n<li><strong>Tannage :<\/strong> dans l&rsquo;\u00c9cosse ancienne, le rhizome pil\u00e9 servait au tannage des cuirs, donnant une couleur noire intense (avec ajout de sels de fer).<\/li>\n<li><strong>Encre :<\/strong> la d\u00e9coction du rhizome additionn\u00e9e de sulfate de fer fournissait une encre noire durable, utilis\u00e9e au Moyen \u00c2ge.<\/li>\n<li><strong>Vannerie :<\/strong> les feuilles longues et souples servaient \u00e0 tresser des nattes, des corbeilles et des liens pour les gerbes de c\u00e9r\u00e9ales dans les campagnes europ\u00e9ennes.<\/li>\n<li><strong>Dioscoride :<\/strong> au I<sup>er<\/sup> si\u00e8cle, Dioscoride mentionne l&rsquo;<em>akoros<\/em> (probablement un m\u00e9lange d&rsquo;acore et d&rsquo;iris jaune) comme purgatif et emm\u00e9nagogue.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>CULTURE ET MULTIPLICATION<\/h3>\n<p>L&rsquo;iris faux-acore est l&rsquo;une des plantes palustres les plus faciles \u00e0 cultiver :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Substrat :<\/strong> sol lourd, argileux \u00e0 limoneux, riche en mati\u00e8re organique, constamment humide \u00e0 submerg\u00e9 (jusqu&rsquo;\u00e0 20 cm d&rsquo;eau). Tol\u00e8re aussi les sols simplement frais en bordure de bassin.<\/li>\n<li><strong>Exposition :<\/strong> plein soleil \u00e0 mi-ombre. La floraison est plus abondante au soleil.<\/li>\n<li><strong>Multiplication :<\/strong> division du rhizome au printemps ou en automne (m\u00e9thode la plus rapide), ou semis de graines fra\u00eeches en automne (germination au printemps suivant).<\/li>\n<li><strong>Entretien :<\/strong> minimal. Supprimer les capsules avant maturit\u00e9 pour \u00e9viter une diss\u00e9mination excessive. La plante peut devenir envahissante en conditions favorables et n\u00e9cessite un contr\u00f4le dans les petits bassins.<\/li>\n<li><strong>Rusticit\u00e9 :<\/strong> excellente (zone USDA 4-9). Supporte des gel\u00e9es \u00e0 -30 \u00b0C.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>STATUT DE CONSERVATION<\/h3>\n<p>En Europe, <em>Iris pseudacorus<\/em> n&rsquo;est pas menac\u00e9. L&rsquo;esp\u00e8ce est class\u00e9e \u00ab pr\u00e9occupation mineure \u00bb (LC) par l&rsquo;UICN et reste commune dans toute son aire. Elle ne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;aucune protection particuli\u00e8re et peut m\u00eame poser des probl\u00e8mes de gestion dans les zones humides o\u00f9 elle forme des peuplements monosp\u00e9cifiques denses.<\/p>\n<p>Hors de son aire d&rsquo;origine, l&rsquo;iris jaune est consid\u00e9r\u00e9 comme une esp\u00e8ce exotique envahissante en Am\u00e9rique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Z\u00e9lande, o\u00f9 il colonise les zones humides au d\u00e9triment de la flore indig\u00e8ne. Son commerce et sa plantation sont r\u00e9glement\u00e9s ou interdits dans plusieurs \u00c9tats am\u00e9ricains.<\/p>\n<hr>\n<h3>INT\u00c9R\u00caT EN JARDIN NATUREL ET PERMACULTURE<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Phyto\u00e9puration domestique :<\/strong> plante de premier choix pour les mares de lagunage, les filtres plant\u00e9s et les bassins de r\u00e9tention d&rsquo;eaux pluviales.<\/li>\n<li><strong>Stabilisation des berges :<\/strong> le r\u00e9seau rhizomateux dense fixe les sols hydromorphes et pr\u00e9vient l&rsquo;\u00e9rosion des berges de mares et de ruisseaux.<\/li>\n<li><strong>Plante mellif\u00e8re :<\/strong> les fleurs sont visit\u00e9es par les bourdons et fournissent du pollen au d\u00e9but de l&rsquo;\u00e9t\u00e9.<\/li>\n<li><strong>Habitat pour la faune :<\/strong> le couvert dense de feuilles offre un abri aux amphibiens, aux libellules et aux petits mammif\u00e8res aquatiques.<\/li>\n<li><strong>Attention :<\/strong> contr\u00f4ler l&rsquo;expansion dans les petits bassins et \u00e9viter l&rsquo;introduction dans les milieux naturels hors de l&rsquo;aire d&rsquo;origine.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>IRIS FAUX-ACORE pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Fournier P., <em>Le Livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>, Lechevalier, 1947-1948.<\/li>\n<li>Bruneton J., <em>Plantes toxiques. V\u00e9g\u00e9taux dangereux pour l&rsquo;homme et les animaux<\/em>, 4<sup>e<\/sup> \u00e9d., Lavoisier, 2009.<\/li>\n<li>Rahman A. <em>et al.<\/em>, \u00ab Isoflavonoids from <em>Iris pseudacorus<\/em> \u00bb, <em>Chemistry of Natural Compounds<\/em>, 44(1), 2008, p. 84-86.<\/li>\n<li>Caldelas C. <em>et al.<\/em>, \u00ab Zinc and lead accumulation and tolerance in <em>Iris pseudacorus<\/em> L. \u00bb, <em>Environmental and Experimental Botany<\/em>, 83, 2012, p. 100-110.<\/li>\n<li>Pastoureau M., \u00ab La fleur de lis et le lys \u00bb, <em>Une histoire symbolique du Moyen \u00c2ge occidental<\/em>, Seuil, 2004.<\/li>\n<li>Rameau J.-C. <em>et al.<\/em>, <em>Flore foresti\u00e8re fran\u00e7aise<\/em>, t. 1, Plaines et collines, IDF, 1989.<\/li>\n<li>Lauber K. &amp; Wagner G., <em>Flora Helvetica<\/em>, 5<sup>e<\/sup> \u00e9d., Haupt, 2012.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antimicrobien<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Iris pseudacorus L. Famille : Iridaceae. Noms vernaculaires : iris faux-acore, iris des marais, iris jaune, flambe d&rsquo;eau, gla\u00efeul des marais, glajou, Sumpf-Schwertlilie (allemand), yellow [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[74],"tags":[],"class_list":["post-4900","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-iridacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4900","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4900"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4900\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13958,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4900\/revisions\/13958"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4900"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4900"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4900"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}