{"id":4904,"date":"2026-03-28T18:44:06","date_gmt":"2026-03-28T17:44:06","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/chenopode-bon-henri\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:10","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:10","slug":"chenopode-bon-henri","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/chenopode-bon-henri\/","title":{"rendered":"CH\u00c9NOPODE BON-HENRI"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/dessins\/Ch%C3%A9nopode%20Bon-Henri.jpg\" alt=\"Planche botanique Ch\u00e9nopode Bon-Henri\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Blitum bonus-henricus (L.) Rchb. [syn. Chenopodium bonus-henricus L.]<\/p>\n<figure class=\"botanical-commons-figure botanical-commons-figure--chenopode-bon-henri botanical-commons-figure--pissenlit-officinal\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/chenopode-bon-henri-683x1024-std-transparent.png\" alt=\"Planche botanique couleur de Blitum bonus-henricus (L.) C.A.Mey.\"><\/figure>\n<p><strong>Famille :<\/strong> Amaranthaceae (anciennement Chenopodiaceae).<\/p>\n<p><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> ch\u00e9nopode bon-Henri, \u00e9pinard sauvage, toute-bonne, ans\u00e9rine bon-Henri, bon-Henri.<\/p>\n<p>Le ch\u00e9nopode bon-Henri est un l\u00e9gume sauvage vivace de montagne, longtemps cultiv\u00e9 comme \u00e9pinard rustique dans les potagers paysans d&rsquo;altitude, aujourd&rsquo;hui devenu embl\u00e8me des plantes alimentaires sauvages red\u00e9couvertes par la gastronomie de terroir et la cueillette naturaliste. C&rsquo;est l&rsquo;une des rares ch\u00e9nopodiac\u00e9es vivaces d&rsquo;Europe, ce qui lui conf\u00e8re une place singuli\u00e8re dans un genre domin\u00e9 par les annuelles rud\u00e9rales.<\/p>\n<p>Son int\u00e9r\u00eat est d&rsquo;abord alimentaire et ethnobotanique, mais sa phytochimie n&rsquo;est pas anodine : comme tous les ch\u00e9nopodes, il contient des <strong>oxalates<\/strong> et des <strong>saponines<\/strong> qui imposent une consommation raisonn\u00e9e. La plante poss\u00e8de \u00e9galement une place dans la m\u00e9decine populaire de montagne, comme \u00e9mollient, laxatif doux et cataplasme vuln\u00e9raire, sans toutefois avoir jamais acquis de statut officinal.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>R\u00e8gne :<\/strong> Plantae<\/li>\n<li><strong>Division :<\/strong> Magnoliophyta<\/li>\n<li><strong>Classe :<\/strong> Magnoliopsida<\/li>\n<li><strong>Ordre :<\/strong> Caryophyllales<\/li>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Amaranthaceae (sous-famille Chenopodioideae)<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Blitum<\/em> L. [anciennement <em>Chenopodium<\/em> L. pro parte]<\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce : Blitum bonus-henricus (L.) Rchb.<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> ch\u00e9nopode bon-Henri, \u00e9pinard sauvage, toute-bonne, ans\u00e9rine bon-Henri.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>\u00c9tymologie :<\/strong> <em>Chenopodium<\/em> d\u00e9rive du grec <em>chen<\/em> (oie) et <em>podion<\/em> (petit pied), allusion \u00e0 la forme des feuilles \u00e9voquant une patte d&rsquo;oie. <em>Bonus-henricus<\/em> (bon Henri) fait r\u00e9f\u00e9rence, selon les auteurs, soit au roi Henri IV (grand protecteur des plantes utiles), soit au personnage folklorique du \u00ab bon Henri \u00bb des traditions germaniques. Le transfert dans le genre <em>Blitum<\/em> r\u00e9sulte des r\u00e9visions phylog\u00e9n\u00e9tiques mol\u00e9culaires r\u00e9centes qui ont \u00e9clat\u00e9 l&rsquo;ancien genre <em>Chenopodium<\/em> en plusieurs genres distincts.<\/p>\n<p><em>Blitum<\/em> se distingue de <em>Chenopodium<\/em> s. str. par ses p\u00e9rianthes charnus, bacciformes \u00e0 maturit\u00e9, et par des caract\u00e8res mol\u00e9culaires (s\u00e9quences ITS, matK). La plante reste n\u00e9anmoins universellement connue sous le nom de \u00ab ch\u00e9nopode bon-Henri \u00bb dans la litt\u00e9rature botanique et culinaire francophone.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>Plante herbac\u00e9e vivace de 30 \u00e0 80 cm, \u00e0 souche \u00e9paisse, charnue, pivotante. Les tiges sont dress\u00e9es, robustes, sillonn\u00e9es, souvent farineuses (pruineuses) dans la jeunesse, devenant glabrescentes avec l&rsquo;\u00e2ge. L&rsquo;ensemble de la plante d\u00e9gage une faible odeur herbac\u00e9e caract\u00e9ristique.<\/p>\n<p>Les feuilles sont <strong>alternes<\/strong>, grandes (5 \u00e0 12 cm de long), triangulaires-hast\u00e9es (en forme de fer de lance \u00e0 base sagitt\u00e9e), \u00e0 marge enti\u00e8re ou faiblement sinu\u00e9e-ondul\u00e9e, \u00e9paisses, charnues, vert fonc\u00e9, souvent couvertes d&rsquo;une pruine farineuse blanch\u00e2tre sur la face inf\u00e9rieure (v\u00e9sicules \u00e9pidermiques \u00e9clat\u00e9es contenant des sels). Le p\u00e9tiole est long, charnu, stri\u00e9. Les feuilles basales sont longuement p\u00e9tiol\u00e9es ; les caulinaires deviennent progressivement sessiles et plus \u00e9troites vers le sommet.<\/p>\n<p>L&rsquo;inflorescence est un <strong>\u00e9pi terminal<\/strong> dense, compact, cylindrique, constitu\u00e9 de glom\u00e9rules de petites fleurs verd\u00e2tres, hermaphrodites et femelles m\u00e9lang\u00e9es. Les fleurs sont ap\u00e9tales, \u00e0 p\u00e9rianthe de 3 \u00e0 5 t\u00e9pales verd\u00e2tres, charnus, devenant bacciformes \u00e0 maturit\u00e9 (caract\u00e8re distinctif du genre <em>Blitum<\/em>). Les \u00e9tamines sont au nombre de 1 \u00e0 5. Le fruit est un ak\u00e8ne lenticulaire, enferm\u00e9 dans le p\u00e9rianthe charnu rouge\u00e2tre, contenant une graine noire, lisse, brillante, de 1,5 \u00e0 2 mm.<\/p>\n<p>Floraison : mai \u00e0 ao\u00fbt. La pollinisation est an\u00e9mophile (par le vent), comme chez la plupart des Amaranthac\u00e9es-Ch\u00e9nopodio\u00efd\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h3>HABITAT, \u00c9COLOGIE ET R\u00c9PARTITION<\/h3>\n<p>Le ch\u00e9nopode bon-Henri est une esp\u00e8ce de montagne, caract\u00e9ristique des reposoirs \u00e0 bestiaux, des abords de bergeries, des fumiers anciens, des tas de compost, des d\u00e9combres riches en azote et des prairies surfum\u00e9es d&rsquo;altitude. Il est strictement nitrophile et recherche les sols profonds, riches en mati\u00e8re organique, frais mais bien drain\u00e9s. Son \u00e9cologie est \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 pastorale : il pousse l\u00e0 o\u00f9 les troupeaux ont stationn\u00e9 et enrichi le sol en azote.<\/p>\n<p>Sa r\u00e9partition native couvre les montagnes d&rsquo;Europe centrale et m\u00e9ridionale, de l&rsquo;Espagne et du Portugal jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;Ukraine et \u00e0 la Gr\u00e8ce, en passant par la France, l&rsquo;Italie, l&rsquo;Autriche et les Balkans. La plante a \u00e9t\u00e9 introduite et s&rsquo;est naturalis\u00e9e en Scandinavie (Norv\u00e8ge, Su\u00e8de, Finlande, Danemark), en Grande-Bretagne et en Am\u00e9rique du Nord., principalement entre 800 et 2500 m d&rsquo;altitude. En France, il est fr\u00e9quent dans les Alpes, les Pyr\u00e9n\u00e9es, le Massif central, le Jura et les Vosges. Il est rare ou absent en plaine et dans les r\u00e9gions m\u00e9diterran\u00e9ennes basses.<\/p>\n<p>Phytosociologiquement, il appartient aux communaut\u00e9s nitrophiles de montagne de l&rsquo;alliance du <em>Rumicion alpini<\/em> (m\u00e9gaphorbiaies nitrophiles d&rsquo;altitude), aux c\u00f4t\u00e9s du rumex des Alpes (<em>Rumex alpinus<\/em>), de l&rsquo;ortie dio\u00efque et du s\u00e9n\u00e9\u00e7on alpestre. C&rsquo;est une plante indicatrice fiable de l&rsquo;enrichissement azot\u00e9 des sols d&rsquo;altitude par les activit\u00e9s pastorales.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Feuilles :<\/strong> usage alimentaire principal (consomm\u00e9es cuites comme \u00e9pinard sauvage). C&rsquo;est la partie la plus utilis\u00e9e, r\u00e9colt\u00e9e jeune de pr\u00e9f\u00e9rence (avant la floraison).<\/li>\n<li><strong>Jeunes pousses :<\/strong> consomm\u00e9es \u00e0 la mani\u00e8re des asperges, blanchies ou saut\u00e9es.<\/li>\n<li><strong>Parties a\u00e9riennes :<\/strong> usage m\u00e9dicinal populaire (cataplasmes \u00e9mollients).<\/li>\n<\/ul>\n<p>La r\u00e9colte se fait de pr\u00e9f\u00e9rence au printemps et en d\u00e9but d&rsquo;\u00e9t\u00e9, avant la mont\u00e9e en fleurs. Les feuilles \u00e2g\u00e9es accumulent davantage d&rsquo;oxalates et deviennent plus coriaces. Un blanchiment rapide \u00e0 l&rsquo;eau (d\u00e9part \u00e0 froid) (1 \u00e0 2 minutes) suivi d&rsquo;un \u00e9gouttage r\u00e9duit la teneur en oxalates solubles.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Oxalates<\/h3>\n<p>Le ch\u00e9nopode bon-Henri contient des quantit\u00e9s significatives d&rsquo;<strong>acide oxalique<\/strong> et d&rsquo;<strong>oxalates<\/strong> (oxalate de calcium, oxalate de potassium), caract\u00e9ristiques de la famille des Amaranthac\u00e9es-Ch\u00e9nopodio\u00efd\u00e9es. Les concentrations varient selon l&rsquo;organe (feuilles &gt; tiges), l&rsquo;\u00e2ge (feuilles \u00e2g\u00e9es &gt; jeunes) et les conditions de culture. Les oxalates insolubles (oxalate de calcium) forment des cristaux raphidiques dans les cellules du m\u00e9sophylle ; les oxalates solubles sont les plus pr\u00e9occupants pour la sant\u00e9, car ils peuvent pr\u00e9cipiter en cristaux r\u00e9naux chez les sujets pr\u00e9dispos\u00e9s.<\/p>\n<h3>B. Saponines<\/h3>\n<p>Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a><\/strong> sont pr\u00e9sentes dans les feuilles et les graines, contribuant \u00e0 l&rsquo;amertume l\u00e9g\u00e8re de la plante crue et \u00e0 ses propri\u00e9t\u00e9s tensioactives. Les saponines du genre <em>Chenopodium<\/em> s. l. sont de type ol\u00e9anane, structuralement proches de celles de l&rsquo;\u00e9pinard et de la betterave.<\/p>\n<h3>C. Nutriments et compos\u00e9s d&rsquo;int\u00e9r\u00eat alimentaire<\/h3>\n<p>Le bon-Henri est riche en <strong>fer<\/strong>, en <strong>calcium<\/strong> (partiellement sous forme d&rsquo;oxalate), en <strong>vitamine C<\/strong>, en <strong>provitamine A<\/strong> (b\u00eata-carot\u00e8ne) et en <strong>prot\u00e9ines<\/strong> (pour un l\u00e9gume-feuille). Des <strong>flavono\u00efdes<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a>, kaempf\u00e9rol glycosyl\u00e9s) et des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> compl\u00e8tent le profil, conf\u00e9rant des propri\u00e9t\u00e9s antioxydantes modestes.<\/p>\n<h3>D. B\u00e9tala\u00efnes<\/h3>\n<p>Comme la plupart des Caryophyllales centrales, les Ch\u00e9nopodio\u00efd\u00e9es produisent des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/betalaines\/\">b\u00e9tala\u00efnes<\/a><\/strong> (pigments azot\u00e9s) \u00e0 la place des anthocyanes. Le bon-Henri contient probablement des b\u00e9tacyanines en faible quantit\u00e9, responsables des teintes rouge\u00e2tres des \u00e9pis fructif\u00e8res.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Le ch\u00e9nopode bon-Henri n&rsquo;a pas de profil pharmacodynamique m\u00e9dicinal \u00e9tabli. Les effets suivants sont document\u00e9s \u00e0 titre ethnobotanique et nutritionnel :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>\u00c9mollient :<\/strong> les feuilles fra\u00eeches appliqu\u00e9es en cataplasme exercent un effet adoucissant et anti-inflammatoire local, probablement li\u00e9 aux <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/mucilages\/\">mucilages<\/a> et \u00e0 la teneur en eau \u00e9lev\u00e9e.<\/li>\n<li><strong>Laxatif doux :<\/strong> la richesse en fibres et la pr\u00e9sence de saponines conf\u00e8rent un effet laxatif l\u00e9ger, justifiant l&rsquo;usage populaire comme r\u00e9gulateur intestinal.<\/li>\n<li><strong>Apport nutritionnel :<\/strong> la richesse en fer, en vitamines et en prot\u00e9ines fait du bon-Henri un compl\u00e9ment alimentaire naturel int\u00e9ressant dans les r\u00e9gimes de montagne, historiquement pauvres en l\u00e9gumes frais au printemps.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Aucun m\u00e9canisme n&rsquo;est suffisamment document\u00e9 pour justifier un usage th\u00e9rapeutique cibl\u00e9. La plante reste un aliment de cueillette, pas un m\u00e9dicament.<\/p>\n<hr>\n<h3>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h3>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2606<\/strong> Int\u00e9r\u00eat alimentaire (\u00e9pinard sauvage)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> \u00c9mollient (cataplasme)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Laxatif doux<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2606\u2606\u2606\u2606<\/strong> Remin\u00e9ralisant (apport en fer)<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Aucune \u00e9tude clinique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e sur le ch\u00e9nopode bon-Henri. Les donn\u00e9es disponibles sont exclusivement ethnobotaniques et nutritionnelles. La plante n&rsquo;a fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucune monographie de l&rsquo;EMA, de l&rsquo;ESCOP ou de l&rsquo;OMS. Elle n&rsquo;est inscrite dans aucune pharmacop\u00e9e contemporaine.<\/p>\n<p>Son usage alimentaire est bien document\u00e9 dans les traditions montagnardes d&rsquo;Europe (Alpes, Pyr\u00e9n\u00e9es, Scandinavie), avec une consommation r\u00e9guli\u00e8re comme l\u00e9gume de printemps sans effet ind\u00e9sirable notable aux doses culinaires habituelles.<\/p>\n<hr>\n<h3>TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h3>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe chimique<\/th>\n<th>Signification<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Acide oxalique \/ oxalates<\/strong><\/td>\n<td>Acides organiques \/ sels<\/td>\n<td>Risque r\u00e9nal, \u00e0 mod\u00e9rer<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Saponines triterp\u00e9niques<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">Triterp\u00e8nes<\/a> glycosyl\u00e9s<\/td>\n<td>Amertume, tensioactif<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Fer, calcium<\/td>\n<td>Min\u00e9raux<\/td>\n<td>Int\u00e9r\u00eat nutritionnel<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Vitamine C, b\u00eata-carot\u00e8ne<\/td>\n<td>Vitamines<\/td>\n<td>Antioxydant, nutrition<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes (querc\u00e9tine, kaempf\u00e9rol)<\/td>\n<td><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/polyphenols\/\">Polyph\u00e9nols<\/a><\/td>\n<td>Antioxydant modeste<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>B\u00e9tala\u00efnes<\/td>\n<td>Pigments azot\u00e9s<\/td>\n<td>Coloration, antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Acide oxalique<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Oxalates<\/td>\n<td>Sel<\/td>\n<td>Pr\u00e9sence \u00e0 signaler (calculs)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Fer<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Calcium<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Vitamine c<\/td>\n<td>Vitamine<\/td>\n<td>Antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Aucune forme gal\u00e9nique officinale n&rsquo;existe pour le ch\u00e9nopode bon-Henri. Les usages traditionnels se r\u00e9sument \u00e0 :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Cataplasme de feuilles fra\u00eeches :<\/strong> feuilles \u00e9cras\u00e9es appliqu\u00e9es sur les petites plaies, br\u00fblures superficielles et irritations cutan\u00e9es (usage populaire de montagne).<\/li>\n<li><strong>D\u00e9coction :<\/strong> feuilles bouillies bri\u00e8vement, dont l&rsquo;eau de cuisson \u00e9tait parfois utilis\u00e9e comme laxatif doux.<\/li>\n<li><strong>Usage alimentaire :<\/strong> feuilles cuites \u00e0 l&rsquo;eau ou saut\u00e9es (\u00e9pinard sauvage), jeunes pousses blanchies (asperges sauvages).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le mode de pr\u00e9paration culinaire (cuisson, \u00e9gouttage) r\u00e9duit significativement la teneur en oxalates solubles et en saponines, am\u00e9liorant la tol\u00e9rance digestive.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La toxicit\u00e9 du ch\u00e9nopode bon-Henri est li\u00e9e principalement aux <strong>oxalates<\/strong>. Une consommation excessive et r\u00e9guli\u00e8re de feuilles crues peut contribuer \u00e0 la formation de calculs r\u00e9naux d&rsquo;oxalate de calcium chez les sujets pr\u00e9dispos\u00e9s (lithiase oxalique). Les personnes souffrant d&rsquo;insuffisance r\u00e9nale, de goutte ou d&rsquo;ant\u00e9c\u00e9dents de calculs urinaires doivent limiter leur consommation.<\/p>\n<p>Les <strong>saponines<\/strong> peuvent provoquer des troubles digestifs (naus\u00e9es, diarrh\u00e9es) en cas de consommation importante de plante crue. La cuisson et l&rsquo;\u00e9gouttage r\u00e9duisent ces effets.<\/p>\n<p>Aux doses alimentaires habituelles (portions cuites et \u00e9goutt\u00e9es), la plante est consid\u00e9r\u00e9e comme s\u00fbre, comparable \u00e0 l&rsquo;\u00e9pinard cultiv\u00e9 (<em>Spinacia oleracea<\/em>), autre Ch\u00e9nopodio\u00efd\u00e9e riche en oxalates. La toxicit\u00e9 aigu\u00eb est tr\u00e8s improbable par voie alimentaire.<\/p>\n<p>Aucune interaction m\u00e9dicamenteuse significative n&rsquo;est document\u00e9e, mais une prudence th\u00e9orique s&rsquo;applique pour les patients sous anticoagulants (teneur en vitamine K des feuilles vertes).<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Le ch\u00e9nopode bon-Henri est l&rsquo;un des plus anciens l\u00e9gumes-feuilles sauvages d&rsquo;Europe. Son usage alimentaire est document\u00e9 depuis le Moyen \u00c2ge dans les communaut\u00e9s montagnardes des Alpes, des Pyr\u00e9n\u00e9es et de Scandinavie. Il \u00e9tait cultiv\u00e9 dans les potagers d&rsquo;altitude comme \u00ab \u00e9pinard perp\u00e9tuel \u00bb, fournissant des feuilles d\u00e8s le d\u00e9but du printemps, p\u00e9riode o\u00f9 les l\u00e9gumes frais manquaient cruellement.<\/p>\n<p>Les noms \u00ab toute-bonne \u00bb et \u00ab bon-Henri \u00bb t\u00e9moignent de l&rsquo;estime port\u00e9e \u00e0 cette plante dans les communaut\u00e9s rurales. En Angleterre, il est connu sous le nom de \u00ab Good King Henry \u00bb, en Allemagne comme \u00ab Guter Heinrich \u00bb. La tradition herboriste l&rsquo;utilisait en cataplasme \u00e9mollient sur les panaris, les abc\u00e8s et les petites plaies, ainsi qu&rsquo;en d\u00e9coction laxative douce.<\/p>\n<p>Le d\u00e9clin de l&rsquo;agriculture de montagne traditionnelle au XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle a marginalis\u00e9 cette plante, remplac\u00e9e par l&rsquo;\u00e9pinard cultiv\u00e9. Sa red\u00e9couverte r\u00e9cente par le mouvement des plantes sauvages comestibles, la cuisine de terroir et la permaculture lui redonne une visibilit\u00e9 m\u00e9rit\u00e9e. Plusieurs p\u00e9pini\u00e9ristes proposent d\u00e9sormais des plants de bon-Henri pour les potagers familiaux.<\/p>\n<hr>\n<h3>CONFUSIONS ET DISTINCTIONS<\/h3>\n<ul>\n<li><strong><em>Chenopodium album<\/em> (ch\u00e9nopode blanc) :<\/strong> annuel, \u00e0 feuilles plus petites, losangiques-dent\u00e9es, fortement farineuses. Commun en plaine. Comestible mais diff\u00e9rent.<\/li>\n<li><strong><em>Rumex alpinus<\/em> (rumex des Alpes) :<\/strong> m\u00eame habitat de reposoir d&rsquo;altitude, feuilles tr\u00e8s grandes, orbiculaires, ondul\u00e9es. Autre famille (Polygonaceae). Comestible mais plus acide.<\/li>\n<li><strong><em>Atriplex<\/em> spp. (arroche) :<\/strong> feuilles parfois triangulaires-hast\u00e9es, mais plantes annuelles, souvent farineuses argent\u00e9es, de milieux sal\u00e9s ou rud\u00e9raux de plaine.<\/li>\n<li><strong><em>Arum maculatum<\/em> (arum tachet\u00e9) :<\/strong> feuilles sagitt\u00e9es pouvant \u00e9voquer superficiellement le bon-Henri au stade jeune, mais brillantes, non farineuses, et tr\u00e8s toxiques (cristaux d&rsquo;oxalate de calcium dans le parenchyme). Distinction facile par la texture et l&rsquo;habitat forestier.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le crit\u00e8re le plus fiable pour identifier le bon-Henri est l&rsquo;association : plante vivace de montagne + feuilles triangulaires-hast\u00e9es charnues + \u00e9pi terminal dense + habitat de reposoir nitrophile d&rsquo;altitude.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Blitum bonus-henricus<\/em> est une Amaranthac\u00e9e (Ch\u00e9nopodio\u00efd\u00e9e) vivace de montagne, \u00e0 feuilles triangulaires-hast\u00e9es charnues et \u00e0 \u00e9pi fructif\u00e8re dense \u00e0 p\u00e9rianthe bacciforme. Son profil phytochimique est domin\u00e9 par les oxalates, les saponines triterp\u00e9niques et un profil nutritionnel riche (fer, vitamines, flavono\u00efdes). La plante ne poss\u00e8de pas de statut officinal et son usage m\u00e9dicinal populaire (cataplasme \u00e9mollient, laxatif doux) reste anecdotique.<\/p>\n<p>Son int\u00e9r\u00eat principal est alimentaire (\u00e9pinard sauvage de montagne, l\u00e9gume perp\u00e9tuel), ethnobotanique (plante embl\u00e9matique des potagers d&rsquo;altitude et des communaut\u00e9s pastorales) et botanique (esp\u00e8ce formatrice pour l&rsquo;\u00e9tude des Ch\u00e9nopodio\u00efd\u00e9es, indicateur \u00e9cologique des sols nitrophiles d&rsquo;altitude). Le bon-Henri illustre parfaitement la fronti\u00e8re poreuse entre aliment, rem\u00e8de populaire et plante sauvage, dans un contexte montagnard o\u00f9 la raret\u00e9 des l\u00e9gumes frais donnait \u00e0 chaque plante comestible une valeur consid\u00e9rable.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Plants of the World Online (POWO), Royal Botanic Gardens, Kew. <em>Blitum bonus-henricus<\/em> (L.) C.A.Mey.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica \u2014 Flore de France<\/em>. Biotope \u00c9ditions, 2014.<\/li>\n<li>Bruneton J. <em>Pharmacognosie \u2014 Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>. 5<sup>e<\/sup> \u00e9d., Lavoisier Tec &amp; Doc, 2016.<\/li>\n<li>Tela Botanica \u2014 <em>Blitum bonus-henricus<\/em>.<\/li>\n<li>Couplan F. <em>Le r\u00e9gal v\u00e9g\u00e9tal \u2014 Plantes sauvages comestibles<\/em>. \u00c9ditions Sang de la Terre, 2009.<\/li>\n<li>Guil JL, Rodr\u00edguez-Garc\u00eda I, Torija E. \u00ab Nutritional and toxic factors in selected wild edible plants. \u00bb Plant Foods Hum Nutr. 1997;51(2):99-107. doi:10.1023\/a:1007988815888. [Note : l&rsquo;article porte sur 16 plantes sauvages du sud-est de l&rsquo;Espagne et ne traite pas sp\u00e9cifiquement de Blitum bonus-henricus.]<\/li>\n<li>Fournier P. <em>Le Livre des plantes m\u00e9dicinales et v\u00e9n\u00e9neuses de France<\/em>. Lechevalier, 1947-1948.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Laxatif<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> \u00c9mollient<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Blitum bonus-henricus (L.) Rchb. [syn. Chenopodium bonus-henricus L.] Famille : Amaranthaceae (anciennement Chenopodiaceae). Noms vernaculaires : ch\u00e9nopode bon-Henri, \u00e9pinard sauvage, toute-bonne, ans\u00e9rine bon-Henri, bon-Henri. 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