{"id":4908,"date":"2026-03-28T18:44:14","date_gmt":"2026-03-28T17:44:14","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/grande-pimprenelle\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:12","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:12","slug":"grande-pimprenelle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/28\/grande-pimprenelle\/","title":{"rendered":"GRANDE PIMPRENELLE"},"content":{"rendered":"<p>La grande pimprenelle (<em>Sanguisorba officinalis<\/em> L.) est une plante vivace de la famille des Rosac\u00e9es, h\u00f4te majestueuse des prairies humides et des tourbi\u00e8res d&rsquo;Europe et d&rsquo;Asie temp\u00e9r\u00e9e. Ses capitules ovo\u00efdes d&rsquo;un rouge sombre, port\u00e9s au sommet de longues tiges gr\u00eales et ramifi\u00e9es, oscillent \u00e9l\u00e9gamment au-dessus des herbes des prairies de fauche. Cette plante robuste, pouvant atteindre un m\u00e8tre de hauteur, se distingue de la petite pimprenelle (<em>Sanguisorba minor<\/em>) par sa taille, ses capitules plus gros et plus sombres, et son affinit\u00e9 pour les milieux humides.<\/p>\n<p>Plante m\u00e9dicinale d&rsquo;importance historique, la grande pimprenelle doit son nom scientifique <em>Sanguisorba<\/em> au latin <em>sanguis<\/em> (sang) et <em>sorbere<\/em> (absorber), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 ses puissantes propri\u00e9t\u00e9s <strong>h\u00e9mostatiques<\/strong>. Utilis\u00e9e depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 pour arr\u00eater les h\u00e9morragies, elle occupe une place de premier plan dans la m\u00e9decine traditionnelle chinoise (<em>Di Yu<\/em>) et constitue une drogue officinale reconnue dans plusieurs pharmacop\u00e9es. Ses tanins, flavono\u00efdes et <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/triterpenes\/\">triterp\u00e8nes<\/a> lui conf\u00e8rent un profil pharmacologique riche que la recherche moderne red\u00e9couvre avec un int\u00e9r\u00eat croissant.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>La grande pimprenelle porte le nom scientifique <em>Sanguisorba officinalis<\/em> L. Elle appartient \u00e0 la famille des <strong>Rosaceae<\/strong>, sous-famille des Rosoideae, tribu des Sanguisorbeae. Le genre <em>Sanguisorba<\/em> comprend environ 30 esp\u00e8ces r\u00e9parties dans les r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es de l&rsquo;h\u00e9misph\u00e8re nord. Le nom <em>Sanguisorba<\/em> signifie litt\u00e9ralement \u00ab qui absorbe le sang \u00bb, tandis que l&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>officinalis<\/em> confirme son usage m\u00e9dical reconnu.<\/p>\n<p>Les synonymes incluent <em>Poterium officinale<\/em> (L.) A. Gray. Les noms vernaculaires sont : \u00ab grande pimprenelle \u00bb, \u00ab sanguisorbe officinale \u00bb, \u00ab pimprenelle officinale \u00bb en fran\u00e7ais ; \u00ab great burnet \u00bb en anglais ; \u00ab Gro\u00dfer Wiesenknopf \u00bb en allemand ; \u00ab Di Yu \u00bb (\u5730\u6986) en chinois. En m\u00e9decine traditionnelle chinoise, cette plante est l&rsquo;une des 50 herbes fondamentales.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p>La grande pimprenelle est une plante vivace herbac\u00e9e de 50 \u00e0 120 cm de hauteur, \u00e0 souche \u00e9paisse et ligneuse. Les tiges sont dress\u00e9es, ramifi\u00e9es dans la partie sup\u00e9rieure, stri\u00e9es, glabres. Les feuilles basales sont grandes, imparipenn\u00e9es, compos\u00e9es de 7 \u00e0 15 folioles ovales \u00e0 oblongues, cord\u00e9es \u00e0 la base, finement dent\u00e9es, glabres, d&rsquo;un vert fonc\u00e9 brillant sur la face sup\u00e9rieure, glauques en dessous.<\/p>\n<p>Les inflorescences sont des capitules (\u00e9pis denses) ovo\u00efdes \u00e0 cylindriques, de 1 \u00e0 3 cm de long, d&rsquo;un rouge sombre \u00e0 pourpre noir\u00e2tre, port\u00e9s au sommet de longs p\u00e9doncules gr\u00eales. Les fleurs sont petites, sans p\u00e9tales, compos\u00e9es de 4 s\u00e9pales p\u00e9talo\u00efdes rouge fonc\u00e9 et de 4 \u00e9tamines \u00e0 anth\u00e8res pourpres. La floraison est centrip\u00e8te (s&rsquo;ouvre du sommet vers la base du capitule). Le fruit est un ak\u00e8ne sec inclus dans le r\u00e9ceptacle durci. La floraison a lieu de juin \u00e0 septembre. La pollinisation est principalement an\u00e9mogame, compl\u00e9t\u00e9e par l&rsquo;entomogamie.<\/p>\n<hr>\n<h3>Habitat et r\u00e9partition g\u00e9ographique<\/h3>\n<p>La grande pimprenelle est une esp\u00e8ce circumbor\u00e9ale, pr\u00e9sente dans toute l&rsquo;Eurasie temp\u00e9r\u00e9e, de l&rsquo;Europe occidentale au Japon, et en Am\u00e9rique du Nord (introduite). En France, elle est commune dans le nord, l&rsquo;est, le centre et les montagnes (Alpes, Pyr\u00e9n\u00e9es, Massif central, Jura, Vosges), rare \u00e0 absente dans le Midi m\u00e9diterran\u00e9en et l&rsquo;extr\u00eame ouest.<\/p>\n<p>Elle affectionne les prairies humides de fauche (prairies \u00e0 molinie, prairies alluviales), les bords de cours d&rsquo;eau, les marais, les tourbi\u00e8res basses et les m\u00e9gaphorbiaies. Elle se d\u00e9veloppe sur des sols riches, neutres \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement acides, frais \u00e0 humides, bien pourvus en mati\u00e8re organique. C&rsquo;est une esp\u00e8ce caract\u00e9ristique de l&rsquo;alliance du <em>Molinion caeruleae<\/em> et de l&rsquo;ordre des <em>Molinietalia<\/em>. Elle constitue un indicateur fiable des prairies humides de qualit\u00e9 et est l&rsquo;esp\u00e8ce nourrici\u00e8re exclusive du papillon Azur\u00e9 de la sanguisorbe (<em>Phengaris teleius<\/em>), esp\u00e8ce prot\u00e9g\u00e9e en Europe.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et culture<\/h3>\n<p>La grande pimprenelle est une plante de culture facile dans les jardins disposant d&rsquo;un sol frais. Le semis se fait au printemps ou en automne, en surface ou sous une fine couche de terreau, dans un sol maintenu humide. La germination est assez rapide (2-3 semaines). La division de touffe au printemps ou en automne est le moyen de multiplication le plus efficace.<\/p>\n<p>Elle exige un sol riche, humif\u00e8re, frais \u00e0 humide, neutre \u00e0 l\u00e9g\u00e8rement acide, en situation ensoleill\u00e9e \u00e0 mi-ombrag\u00e9e. Elle tol\u00e8re les sols lourds et argileux. Rustique jusqu&rsquo;\u00e0 \u221230 \u00b0C. Elle ne supporte pas la s\u00e9cheresse prolong\u00e9e. Au jardin, elle s&rsquo;int\u00e8gre magnifiquement dans les massifs de vivaces \u00e0 floraison estivale, les jardins d&rsquo;eau et les prairies humides reconstitu\u00e9es. Sa floraison en capitules sombres apporte une note de couleur inhabituelle. Elle est tr\u00e8s attractive pour les pollinisateurs et constitue un \u00e9l\u00e9ment essentiel des mesures de conservation de l&rsquo;Azur\u00e9 de la sanguisorbe.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition chimique de la grande pimprenelle est riche et bien \u00e9tudi\u00e9e, en particulier dans le contexte de la pharmacop\u00e9e chinoise. Les <strong>tanins<\/strong> constituent les compos\u00e9s majoritaires (15-20 % de la racine s\u00e8che), essentiellement des <strong>tanins \u00e9llagiques<\/strong> (ellagitanins) et des <strong>tanins galliques<\/strong> (gallotanins). Les principaux tanins identifi\u00e9s sont la <strong>sanguiine H-6<\/strong>, la <strong>lambertianine C<\/strong>, la <strong>tellimagrandine<\/strong> et la <strong>pedunculagine<\/strong>.<\/p>\n<p>Les <strong>triterp\u00e8nes<\/strong> sont bien repr\u00e9sent\u00e9s : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-ursolique\/\">acide ursolique<\/a><\/strong>, <strong>acide pomolique<\/strong>, <strong>acide tormentique<\/strong>, <strong>acide ziyuglycoside I et II<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/saponines-triterpeniques\/\">saponines triterp\u00e9niques<\/a> caract\u00e9ristiques). Les <strong>flavono\u00efdes<\/strong> incluent la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong>, le <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong> et l&rsquo;<strong>astragaline<\/strong>. On note aussi des <strong>acides ph\u00e9noliques<\/strong> (<strong>acide gallique<\/strong>, <strong>acide ellagique<\/strong>), des <strong>phytost\u00e9rols<\/strong>, de la <strong>vitamine C<\/strong> et des <strong>polysaccharides<\/strong> immunostimulants. La racine est la partie la plus riche en principes actifs, suivie des feuilles.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Les propri\u00e9t\u00e9s pharmacologiques de la grande pimprenelle sont remarquablement diversifi\u00e9es. L&rsquo;activit\u00e9 <strong>h\u00e9mostatique<\/strong> est la propri\u00e9t\u00e9 la plus anciennement reconnue : les tanins resserrent les vaisseaux sanguins et pr\u00e9cipitent les prot\u00e9ines, favorisant la coagulation. Les ziyuglycosides poss\u00e8dent une activit\u00e9 <strong>cicatrisante<\/strong> d\u00e9montr\u00e9e, stimulant la prolif\u00e9ration des k\u00e9ratinocytes et des fibroblastes.<\/p>\n<p>Les tanins exercent une puissante activit\u00e9 <strong>astringente<\/strong>, <strong>anti-inflammatoire<\/strong> (inhibition du NF-\u03baB et de la COX-2) et <strong>antimicrobienne<\/strong> (large spectre contre bact\u00e9ries Gram+ et Gram\u2212, champignons). L&rsquo;acide ursolique poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s <strong>h\u00e9patoprotectrices<\/strong>, <strong>anti-inflammatoires<\/strong> et <strong>antitumorales<\/strong>. Des \u00e9tudes r\u00e9centes ont mis en \u00e9vidence une activit\u00e9 <strong>antidiab\u00e9tique<\/strong> (inhibition de l&rsquo;alpha-glucosidase), <strong>antiallergique<\/strong> et <strong>neuroprotectrice<\/strong>. La sanguiine H-6 montre une activit\u00e9 <strong>anticanc\u00e9reuse<\/strong> sur plusieurs lign\u00e9es tumorales in vitro. Ce profil polypharmacologique fait de la grande pimprenelle l&rsquo;une des plantes les plus \u00e9tudi\u00e9es en phytochimie contemporaine.<\/p>\n<hr>\n<h3>Utilisations en m\u00e9decine traditionnelle<\/h3>\n<p>En m\u00e9decine traditionnelle europ\u00e9enne, la grande pimprenelle \u00e9tait employ\u00e9e comme <strong>h\u00e9mostatique<\/strong> de premier plan : h\u00e9morragies ut\u00e9rines (m\u00e9norragies), digestives (h\u00e9mat\u00e9m\u00e8se, rectorragies), pulmonaires (h\u00e9moptysies) et nasales (\u00e9pistaxis). Les cataplasmes de racine pil\u00e9e \u00e9taient appliqu\u00e9s sur les plaies saignantes. L&rsquo;infusion de feuilles servait d&rsquo;astringent dans les diarrh\u00e9es.<\/p>\n<p>En m\u00e9decine traditionnelle chinoise, Di Yu (racine de <em>S. officinalis<\/em>) est une drogue majeure class\u00e9e parmi les plantes \u00ab rafra\u00eechissant le sang et arr\u00eatant les h\u00e9morragies \u00bb. Elle est prescrite pour les saignements ut\u00e9rins, les rectorragies, les dysenteries h\u00e9morragiques, les br\u00fblures et les dermatoses. La Pharmacop\u00e9e chinoise recommande une posologie de 6 \u00e0 12 g de racine s\u00e8che par jour en d\u00e9coction. Au Japon, la plante entre dans des pr\u00e9parations dermatologiques traditionnelles (Kampo) pour les ecz\u00e9mas et les br\u00fblures.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Donn\u00e9es cliniques limit\u00e9es ; usage essentiellement traditionnel. <strong>Niveau de preuve :<\/strong> usage traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Tanins<\/td>\n<td>Tanin<\/td>\n<td>Astringent, antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Tanins \u00e9llagiques<\/td>\n<td>Tanin<\/td>\n<td>Astringent, antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Tanins galliques<\/td>\n<td>Tanin<\/td>\n<td>Astringent, antioxydant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Sanguiine h-6<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Lambertianine c<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>En phytoth\u00e9rapie occidentale, la d\u00e9coction de racine est la forme d&#8217;emploi principale : 3 \u00e0 6 g de racine s\u00e8che concass\u00e9e pour 300 ml d&rsquo;eau, bouillie 10 minutes, infus\u00e9e 15 minutes, \u00e0 boire 2 \u00e0 3 fois par jour. Le go\u00fbt est tr\u00e8s astringent. En m\u00e9decine traditionnelle chinoise, la posologie est de 6 \u00e0 12 g par jour en d\u00e9coction.<\/p>\n<p>L&rsquo;infusion de feuilles et sommit\u00e9s fleuries est plus douce : 2 \u00e0 4 g pour 250 ml, infus\u00e9es 10 minutes. En usage externe, la d\u00e9coction concentr\u00e9e (50-100 g\/L) sert de lotion h\u00e9mostatique et cicatrisante pour les plaies, les br\u00fblures l\u00e9g\u00e8res et les h\u00e9morro\u00efdes. La teinture-m\u00e8re (1:5 dans l&rsquo;alcool \u00e0 60\u00b0) se prend \u00e0 30 \u00e0 60 gouttes, 3 fois par jour. Des extraits standardis\u00e9s en tanins sont propos\u00e9s en g\u00e9lules en Chine et au Japon. Des pommades et des cr\u00e8mes \u00e0 base d&rsquo;extrait de racine sont commercialis\u00e9es en dermatologie traditionnelle asiatique.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La grande pimprenelle est consid\u00e9r\u00e9e comme une plante \u00e0 bonne tol\u00e9rance aux doses th\u00e9rapeutiques. La teneur \u00e9lev\u00e9e en tanins peut cependant provoquer des effets ind\u00e9sirables digestifs en cas de surdosage ou d&rsquo;usage prolong\u00e9 : <strong>constipation<\/strong>, <strong>naus\u00e9es<\/strong>, <strong>douleurs abdominales<\/strong>, diminution de l&rsquo;absorption du fer et d&rsquo;autres nutriments.<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes toxicologiques chez l&rsquo;animal n&rsquo;ont pas r\u00e9v\u00e9l\u00e9 de toxicit\u00e9 aigu\u00eb significative (DL50 orale &gt; 10 g\/kg chez la souris). L&rsquo;usage \u00e0 long terme \u00e0 fortes doses est d\u00e9conseill\u00e9 en raison du risque de constipation chronique et de carence en fer. La plante est d\u00e9conseill\u00e9e pendant la grossesse en raison de son action sur la sph\u00e8re ut\u00e9rine (stimulation des contractions, effet emm\u00e9nagogue). L&rsquo;allaitement et l&rsquo;usage p\u00e9diatrique n\u00e9cessitent un avis m\u00e9dical. Aucune allergie n&rsquo;est rapport\u00e9e dans la litt\u00e9rature.<\/p>\n<hr>\n<h3>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/h3>\n<p>Les tanins de la grande pimprenelle peuvent r\u00e9duire l&rsquo;absorption de nombreux m\u00e9dicaments administr\u00e9s par voie orale : <strong>fer<\/strong>, <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/alcaloides\/\">alcalo\u00efdes<\/a><\/strong>, <strong>antibiotiques<\/strong> (fluoroquinolones, t\u00e9tracyclines), <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/digoxine\/\">digoxine<\/a><\/strong>. Un intervalle de 2 \u00e0 3 heures est recommand\u00e9 entre la prise de pimprenelle et celle de m\u00e9dicaments.<\/p>\n<p>L&rsquo;activit\u00e9 h\u00e9mostatique pourrait th\u00e9oriquement s&rsquo;opposer \u00e0 l&rsquo;effet des <strong>anticoagulants<\/strong> (warfarine, h\u00e9parine) et des <strong>antiagr\u00e9gants plaquettaires<\/strong>. Cette interaction potentielle m\u00e9rite une attention particuli\u00e8re chez les patients sous traitement anticoagulant. En m\u00e9decine chinoise, la combinaison de Di Yu avec d&rsquo;autres plantes h\u00e9mostatiques (Bai Mao Gen, Ce Bai Ye) est classique mais doit \u00eatre supervis\u00e9e. L&rsquo;association avec des plantes \u00e0 forte teneur en tanins (ratanhia, ch\u00eane, bistorte) pourrait entra\u00eener un effet astringent excessif.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9tudes cliniques et scientifiques<\/h3>\n<p>La grande pimprenelle fait l&rsquo;objet d&rsquo;un nombre croissant d&rsquo;\u00e9tudes scientifiques, principalement issues de la recherche chinoise et japonaise. Des \u00e9tudes in vitro et in vivo ont confirm\u00e9 les activit\u00e9s <strong>h\u00e9mostatique<\/strong>, <strong>anti-inflammatoire<\/strong>, <strong>antimicrobienne<\/strong> et <strong>cicatrisante<\/strong>. Des \u00e9tudes sur mod\u00e8les murins de colite ulc\u00e9reuse ont montr\u00e9 une r\u00e9duction significative de l&rsquo;inflammation intestinale par les extraits de racine.<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes cliniques chinoises (souvent de m\u00e9thodologie limit\u00e9e selon les standards occidentaux) ont \u00e9valu\u00e9 l&rsquo;efficacit\u00e9 de Di Yu dans les rectorragies, les br\u00fblures et les dermatoses, avec des r\u00e9sultats positifs. La sanguiine H-6 a montr\u00e9 une activit\u00e9 anticanc\u00e9reuse in vitro contre les lign\u00e9es de cancer du sein, du c\u00f4lon et du poumon. Des \u00e9tudes r\u00e9centes explorent les propri\u00e9t\u00e9s neuroprotectrices et antidiab\u00e9tiques. La plante est inscrite dans la Pharmacop\u00e9e chinoise, qui fixe des standards de qualit\u00e9 pour la racine (teneur minimale en tanins et en acide gallique).<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La grande pimprenelle est inscrite \u00e0 la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise (liste A) et \u00e0 la Pharmacop\u00e9e chinoise comme drogue v\u00e9g\u00e9tale officinale. En France, elle figure sur la liste des plantes autoris\u00e9es dans les compl\u00e9ments alimentaires. Aucune monographie europ\u00e9enne n&rsquo;a encore \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e pour cette esp\u00e8ce, mais son usage traditionnel est bien document\u00e9.<\/p>\n<p>Du point de vue de la conservation, l&rsquo;esp\u00e8ce est commune dans une grande partie de son aire, mais elle est menac\u00e9e par le drainage des prairies humides, l&rsquo;intensification agricole et l&rsquo;abandon de la fauche traditionnelle. Elle est prot\u00e9g\u00e9e dans certaines r\u00e9gions o\u00f9 les prairies humides sont rares. Sa pr\u00e9sence conditionne la survie du papillon Azur\u00e9 de la sanguisorbe, esp\u00e8ce prot\u00e9g\u00e9e par la directive Habitats (annexe II), ce qui conf\u00e8re \u00e0 la plante une valeur de conservation indirecte consid\u00e9rable.<\/p>\n<hr>\n<h3>Aspects culturels et historiques<\/h3>\n<p>La grande pimprenelle est utilis\u00e9e en m\u00e9decine depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9. Dioscoride et Galien la mentionnent comme h\u00e9mostatique. Au Moyen \u00c2ge, elle figurait dans les jardins de simples des monast\u00e8res et dans les pharmacop\u00e9es de Salerme et de Montpellier. Les m\u00e9decins arabes m\u00e9di\u00e9vaux (Avicenne, Rhaz\u00e8s) connaissaient ses vertus h\u00e9mostatiques.<\/p>\n<p>En Chine, Di Yu est mentionn\u00e9 dans le <em>Shennong Bencao Jing<\/em> (Classique de la mati\u00e8re m\u00e9dicale du Divin Laboureur), l&rsquo;un des plus anciens ouvrages de pharmacologie chinoise, r\u00e9dig\u00e9 vers le Ier si\u00e8cle de notre \u00e8re. La plante y est class\u00e9e parmi les drogues \u00ab moyennes \u00bb (ni toxiques ni totalement inoffensives). Au Japon, elle entre dans la formule Kampo \u00ab Oren-gedoku-to \u00bb utilis\u00e9e contre les inflammations et les h\u00e9morragies. En Europe, les feuilles de pimprenelle \u00e9taient consomm\u00e9es en salade au Moyen \u00c2ge, r\u00e9put\u00e9es \u00ab r\u00e9jouir le c\u0153ur et rendre gaie l&rsquo;humeur \u00bb.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La grande pimprenelle est une plante m\u00e9dicinale majeure dont le potentiel th\u00e9rapeutique est confirm\u00e9 par un nombre croissant d&rsquo;\u00e9tudes scientifiques. Ses propri\u00e9t\u00e9s h\u00e9mostatiques, cicatrisantes, anti-inflammatoires et antimicrobiennes, soutenues par une composition chimique riche en tanins et en triterp\u00e8nes, justifient pleinement son usage traditionnel mill\u00e9naire tant en Europe qu&rsquo;en Asie.<\/p>\n<p>Les perspectives de recherche sont consid\u00e9rables : \u00e9valuation clinique rigoureuse des indications traditionnelles (h\u00e9morragies, dermatoses, colites), exploration du potentiel anticanc\u00e9reux de la sanguiine H-6, d\u00e9veloppement de formulations topiques standardis\u00e9es. La conservation de l&rsquo;esp\u00e8ce et de ses habitats prairaux humides constitue un enjeu \u00e9cologique majeur, indissociable de la pr\u00e9servation de la biodiversit\u00e9 entomologique associ\u00e9e. La grande pimprenelle incarne la convergence entre phytoth\u00e9rapie, \u00e9cologie et conservation de la nature.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/powo.science.kew.org\/results?q=Sanguisorba%20officinalis\">Plants of the World Online, Kew : <em>Sanguisorba officinalis<\/em><\/a>.<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.tela-botanica.org\/?s=Sanguisorba+officinalis\">Tela Botanica \/ eFlore : <em>Sanguisorba officinalis<\/em><\/a>.<\/li>\n<li>Tison J.-M., de Foucault B. <em>Flora Gallica<\/em>. M\u00e8ze : Biotope ; 2014.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Astringent (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Anti-inflammatoire<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Cicatrisant<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> H\u00e9mostatique<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La grande pimprenelle (Sanguisorba officinalis L.) est une plante vivace de la famille des Rosac\u00e9es, h\u00f4te majestueuse des prairies humides et des tourbi\u00e8res d&rsquo;Europe et [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-4908","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-rosacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4908","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4908"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4908\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13678,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4908\/revisions\/13678"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4908"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4908"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4908"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}