{"id":613,"date":"2026-03-26T11:24:01","date_gmt":"2026-03-26T10:24:01","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/ammi-eleve\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:11","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:11","slug":"ammi-eleve","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/ammi-eleve\/","title":{"rendered":"AMMI \u00c9LEV\u00c9"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/ammi-eleve.png\" alt=\"Planche botanique Ammi \u00e9lev\u00e9\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p>L&rsquo;<strong>Ammi \u00e9lev\u00e9<\/strong> (<em>Ammi majus<\/em> L.) appartient \u00e0 la famille des <strong>Apiac\u00e9es<\/strong> (Ombellif\u00e8res). Le nom g\u00e9n\u00e9rique <em>Ammi<\/em> d\u00e9rive du grec <em>ammi<\/em> ou <em>ammos<\/em> (sable), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;habitat sablonneux de certaines esp\u00e8ces. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>majus<\/em> (grand) le distingue de l&rsquo;ammi visnage (<em>Ammi visnaga<\/em>). Synonymes : <em>Ammi glaucifolium<\/em> L., <em>Apium ammi<\/em> Crantz. Noms vernaculaires : ammi \u00e9lev\u00e9, ammi commun, grande ammi, herbe aux cure-dents (par confusion avec <em>A. visnaga<\/em>), bishop&rsquo;s weed (anglais).<\/p>\n<p>Plante annuelle de 50 \u00e0 150 cm de hauteur. La tige est dress\u00e9e, cylindrique, cannel\u00e9e, rameuse dans sa partie sup\u00e9rieure. Les feuilles inf\u00e9rieures sont bi- \u00e0 tripennatis\u00e9qu\u00e9es, \u00e0 segments ovales, dent\u00e9s-incis\u00e9s ; les sup\u00e9rieures sont plus finement d\u00e9coup\u00e9es, \u00e0 segments lin\u00e9aires. L&rsquo;inflorescence est une ombelle compos\u00e9e de 15 \u00e0 50 rayons in\u00e9gaux, sans involucre ou \u00e0 involucre caduc ; les involucelles sont constitu\u00e9s de bract\u00e9oles lin\u00e9aires. Les fleurs sont blanches, petites, \u00e0 5 p\u00e9tales \u00e9chancr\u00e9s. Le fruit est un diak\u00e8ne ovo\u00efde, comprim\u00e9 lat\u00e9ralement, de 2 \u00e0 2,5 mm, \u00e0 c\u00f4tes filiformes.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<p><em>Ammi majus<\/em> est une esp\u00e8ce d&rsquo;origine m\u00e9diterran\u00e9enne et irano-touranienne. Son aire native couvre le bassin m\u00e9diterran\u00e9en (de la p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique \u00e0 la Turquie), l&rsquo;Afrique du Nord (Maroc \u00e0 \u00c9gypte), le Proche-Orient et l&rsquo;Asie occidentale (Iran, Afghanistan). L&rsquo;esp\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 introduite et naturalis\u00e9e dans de nombreuses r\u00e9gions du monde : Am\u00e9rique du Nord et du Sud, Australie, Afrique tropicale.<\/p>\n<p>En France, <em>Ammi majus<\/em> est pr\u00e9sent dans le Midi, la vall\u00e9e du Rh\u00f4ne, le littoral atlantique et, plus sporadiquement, dans le Centre et le Nord comme adventice des cultures. Il affectionne les sols calcaires \u00e0 neutres, les terrains remu\u00e9s, les cultures de c\u00e9r\u00e9ales et de l\u00e9gumineuses, les friches, les bords de routes et les terrains vagues. C&rsquo;est une esp\u00e8ce h\u00e9liophile et thermophile, caract\u00e9ristique des communaut\u00e9s messicoles des <em>Secalietalia<\/em>. Son altitude est g\u00e9n\u00e9ralement inf\u00e9rieure \u00e0 800 m.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et conservation<\/h3>\n<p><em>Ammi majus<\/em> est une esp\u00e8ce commune dans le bassin m\u00e9diterran\u00e9en, class\u00e9e en \u00ab pr\u00e9occupation mineure \u00bb (LC). En France, elle est consid\u00e9r\u00e9e comme une plante messicole (compagne des moissons) en r\u00e9gression dans certaines r\u00e9gions en raison de l&rsquo;intensification agricole et de l&rsquo;usage des herbicides.<\/p>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce fait partie des cort\u00e8ges floristiques des moissons traditionnelles, aux c\u00f4t\u00e9s des coquelicots, bleuets et nielles. Sa conservation est li\u00e9e \u00e0 celle des pratiques agricoles extensives et des jach\u00e8res. Plusieurs programmes de conservation des plantes messicoles en France et en Europe incluent <em>Ammi majus<\/em> dans les m\u00e9langes de semences pour bandes fleuries et parcelles de conservation.<\/p>\n<p>Sur le plan \u00e9cologique, les ombelles d&rsquo;<em>Ammi majus<\/em> constituent une ressource nectarif\u00e8re et pollinif\u00e8re majeure pour les insectes auxiliaires (syrphes, chrysopes, parasito\u00efdes), ce qui en fait une plante int\u00e9ressante en lutte biologique et en agro\u00e9cologie.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>Parties a\u00e9riennes (usage traditionnel).<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La composition phytochimique d&rsquo;<em>Ammi majus<\/em> est domin\u00e9e par les <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/furocoumarines\/\">furocoumarines<\/a><\/strong> (psoral\u00e8nes), ses compos\u00e9s les plus caract\u00e9ristiques et pharmacologiquement actifs :<\/p>\n<p><strong>Furocoumarines lin\u00e9aires (psoral\u00e8nes)<\/strong> : le <strong>8-m\u00e9thoxypsoral\u00e8ne<\/strong> (8-MOP, <strong>m\u00e9thoxsal\u00e8ne<\/strong> ou <strong>xanthotoxine<\/strong>) est le compos\u00e9 majeur (0,1-1 % des fruits secs). Le <strong>5-m\u00e9thoxypsoral\u00e8ne<\/strong> (5-MOP, <strong>bergapt\u00e8ne<\/strong>) et l&rsquo;<strong>isopimpinelline<\/strong> sont \u00e9galement pr\u00e9sents en quantit\u00e9 significative. Le <strong>psoral\u00e8ne<\/strong> simple et l&rsquo;<strong>imp\u00e9ratorine<\/strong> compl\u00e8tent le profil.<\/p>\n<p><strong>Furocoumarines angulaires<\/strong> : l&rsquo;<strong>isopimpinelline<\/strong> et d&rsquo;autres d\u00e9riv\u00e9s angulaires sont pr\u00e9sents en moindre concentration.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">Coumarines<\/a> simples<\/strong> : l&rsquo;<strong>ombellif\u00e9rone<\/strong> (7-hydroxycoumatine), le <strong>scopol\u00e9tol<\/strong>, la <strong>marmesin<\/strong> (pr\u00e9curseur biosynth\u00e9tique des psoral\u00e8nes).<\/p>\n<p><strong>Flavono\u00efdes<\/strong> : des glycosides de <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong> et de <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong> ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Autres compos\u00e9s<\/strong> : une <strong>huile essentielle<\/strong> (0,1-0,3 %) riche en <a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/monoterpenes\/\">monoterp\u00e8nes<\/a>, des <strong>st\u00e9rols<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/beta-sitosterol\/\">\u03b2-sitost\u00e9rol<\/a>), des <strong>acides gras<\/strong> (p\u00e9tros\u00e9linique) et des <strong>polyac\u00e9tyl\u00e8nes<\/strong> (falcarinol).<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p><strong>Activit\u00e9 photosensibilisante (PUVA)<\/strong> : le <strong>m\u00e9thoxsal\u00e8ne<\/strong> (8-MOP) s&rsquo;intercale dans l&rsquo;ADN et, sous irradiation UVA (320-400 nm), forme des mono- et biadduites covalents avec les bases pyrimidiques (thymine), inhibant la r\u00e9plication de l&rsquo;ADN. Cet effet est \u00e0 la base de la <strong>PUVAth\u00e9rapie<\/strong> (Psoral\u00e8ne + UVA), qui induit une immunosuppression locale, une antiprolif\u00e9ration et une stimulation de la m\u00e9lanogen\u00e8se.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 sur la m\u00e9lanogen\u00e8se<\/strong> : les psoral\u00e8nes stimulent la prolif\u00e9ration et la migration des m\u00e9lanocytes, augmentent l&rsquo;activit\u00e9 de la <strong>tyrosinase<\/strong> et favorisent le transfert des m\u00e9lanosomes aux k\u00e9ratinocytes, expliquant l&rsquo;effet repigmentant dans le vitiligo.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 immunomodulatrice<\/strong> : la PUVAth\u00e9rapie induit l&rsquo;apoptose des lymphocytes T infiltrants, modifie le profil cytokinique (shift Th1\u2192Th2) et favorise la tol\u00e9rance immunitaire, ce qui explique son efficacit\u00e9 dans le psoriasis et d&rsquo;autres dermatoses auto-immunes.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antimicrobienne<\/strong> : les furocoumarines activ\u00e9es par les UV exercent une activit\u00e9 antimicrobienne et antivirale, exploit\u00e9e dans la st\u00e9rilisation des produits sanguins.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antiprolif\u00e9rative<\/strong> : les psoral\u00e8nes photoactiv\u00e9s inhibent la prolif\u00e9ration cellulaire, propri\u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e dans le traitement du mycosis fongo\u00efde (lymphome T cutan\u00e9).<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Les indications d&rsquo;<em>Ammi majus<\/em> sont quasi exclusivement dermatologiques et reposent sur l&rsquo;utilisation des furocoumarines en photochimith\u00e9rapie :<\/p>\n<p><strong>Vitiligo<\/strong> : la PUVA-th\u00e9rapie reste l&rsquo;un des traitements de r\u00e9f\u00e9rence des formes \u00e9tendues de vitiligo, avec des taux de repigmentation de 50 \u00e0 70 % dans les \u00e9tudes cliniques.<\/p>\n<p><strong>Psoriasis<\/strong> : la PUVAth\u00e9rapie est indiqu\u00e9e dans les formes mod\u00e9r\u00e9es \u00e0 s\u00e9v\u00e8res de psoriasis en plaques, r\u00e9sistantes aux traitements topiques.<\/p>\n<p><strong>Mycosis fongo\u00efde<\/strong> : la photochimioth\u00e9rapie extracorporelle (photoph\u00e9r\u00e8se) utilisant le 8-MOP est un traitement reconnu du lymphome T cutan\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Autres dermatoses<\/strong> : ecz\u00e9ma atopique s\u00e9v\u00e8re, lichen plan, pelade, dermatite s\u00e9borrh\u00e9ique \u00e9tendue, prurit chronique r\u00e9fractaire.<\/p>\n<p>L&rsquo;utilisation de la plante enti\u00e8re en phytoth\u00e9rapie est d\u00e9conseill\u00e9e en raison des risques de phototoxicit\u00e9 non contr\u00f4l\u00e9e ; seules les sp\u00e9cialit\u00e9s pharmaceutiques standardis\u00e9es sont recommand\u00e9es.<\/p>\n<hr>\n<h3>Donn\u00e9es cliniques<\/h3>\n<p>Le corpus clinique sur le m\u00e9thoxsal\u00e8ne issu d&rsquo;<em>Ammi majus<\/em> est consid\u00e9rable et constitue l&rsquo;un des plus solides en phytoth\u00e9rapie :<\/p>\n<p><strong>Vitiligo<\/strong> : les essais cliniques pionniers d&rsquo;El-Mofty (1948), puis de nombreux essais contr\u00f4l\u00e9s, ont d\u00e9montr\u00e9 l&rsquo;efficacit\u00e9 de la PUVAth\u00e9rapie dans le vitiligo, avec des taux de repigmentation de 50-70 % pour les formes du visage et du tronc. Les formes acro-faciales r\u00e9pondent moins bien.<\/p>\n<p><strong>Psoriasis<\/strong> : l&rsquo;essai multicentrique am\u00e9ricain de Melski et al. (1977) a \u00e9tabli la PUVAth\u00e9rapie comme traitement de r\u00e9f\u00e9rence du psoriasis mod\u00e9r\u00e9 \u00e0 s\u00e9v\u00e8re, avec un taux de blanchiment de 85-90 %. Des \u00e9tudes de suivi \u00e0 25 ans ont confirm\u00e9 l&rsquo;efficacit\u00e9 mais soulign\u00e9 le risque carcinog\u00e8ne cumulatif.<\/p>\n<p><strong>Mycosis fongo\u00efde<\/strong> : la photoph\u00e9r\u00e8se extracorporelle utilisant le 8-MOP a montr\u00e9 un taux de r\u00e9ponse de 50-75 % dans les essais cliniques, conduisant \u00e0 son approbation par la FDA.<\/p>\n<p><strong>Dermatite atopique<\/strong> : des essais contr\u00f4l\u00e9s ont montr\u00e9 une efficacit\u00e9 de la PUVA dans les formes s\u00e9v\u00e8res, avec am\u00e9lioration du SCORAD de 60-70 %.<\/p>\n<hr>\n<h3>Recherche contemporaine<\/h3>\n<p>La recherche sur les psoral\u00e8nes d&rsquo;<em>Ammi majus<\/em> reste tr\u00e8s active :<\/p>\n<p><strong>PUVA de nouvelle g\u00e9n\u00e9ration<\/strong> : le d\u00e9veloppement de psoral\u00e8nes de synth\u00e8se \u00e0 profil de s\u00e9curit\u00e9 am\u00e9lior\u00e9 (r\u00e9duction de la carcinogen\u00e8se) fait l&rsquo;objet de recherches intenses. Le <strong>4,6,4&prime;-trim\u00e9thylang\u00e9licine<\/strong> (TMA) et des d\u00e9riv\u00e9s du psoral\u00e8ne sans capacit\u00e9 de former des biadduites sont en d\u00e9veloppement pr\u00e9clinique.<\/p>\n<p><strong>Photoinactivation des pathog\u00e8nes<\/strong> : les psoral\u00e8nes sont utilis\u00e9s pour la st\u00e9rilisation des produits sanguins (syst\u00e8me INTERCEPT\u00ae) contre les virus, bact\u00e9ries et parasites, avec autorisation r\u00e9glementaire.<\/p>\n<p><strong>Biotechnologie<\/strong> : la biosynth\u00e8se des furocoumarines dans <em>Ammi majus<\/em> est un mod\u00e8le d&rsquo;\u00e9tude de la voie des ph\u00e9nylpropano\u00efdes. Les g\u00e8nes cl\u00e9s (bergaptol O-m\u00e9thyltransf\u00e9rase, psoral\u00e8ne synthase) ont \u00e9t\u00e9 clon\u00e9s et exprim\u00e9s dans des syst\u00e8mes h\u00e9t\u00e9rologues.<\/p>\n<p><strong>Nanotechnologie<\/strong> : des nanoformulations de 8-MOP (liposomes, nanoparticules lipidiques) sont d\u00e9velopp\u00e9es pour am\u00e9liorer la p\u00e9n\u00e9tration cutan\u00e9e et r\u00e9duire les doses syst\u00e9miques.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Furocoumarines lin\u00e9aires (psoral\u00e8nes)<\/td>\n<td>Coumarine<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>8-m\u00e9thoxypsoral\u00e8ne<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>M\u00e9thoxsal\u00e8ne<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Xanthotoxine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>5-m\u00e9thoxypsoral\u00e8ne<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p><strong>M\u00e9thoxsal\u00e8ne oral (8-MOP)<\/strong> : 0,6 mg\/kg, 1 \u00e0 2 heures avant l&rsquo;exposition aux UVA. Les s\u00e9ances sont r\u00e9alis\u00e9es 2 \u00e0 3 fois par semaine, sous contr\u00f4le dermatologique strict. La dose cumulative d&rsquo;UVA est surveill\u00e9e pour limiter les risques carcinog\u00e8nes \u00e0 long terme.<\/p>\n<p><strong>M\u00e9thoxsal\u00e8ne topique<\/strong> : solution \u00e0 0,1-1 % appliqu\u00e9e localement 30 \u00e0 60 minutes avant l&rsquo;irradiation UVA. Utilis\u00e9 dans les formes localis\u00e9es de vitiligo.<\/p>\n<p><strong>Photoph\u00e9r\u00e8se extracorporelle<\/strong> : 8-MOP ajout\u00e9 au sang leucoph\u00e9r\u00e9s\u00e9, irradi\u00e9 ex vivo par les UVA, puis r\u00e9inject\u00e9 au patient.<\/p>\n<p><strong>Usage traditionnel (non recommand\u00e9)<\/strong> : 1 \u00e0 2 g de fruits pulv\u00e9ris\u00e9s en d\u00e9coction. Cet usage est fortement d\u00e9conseill\u00e9 en raison du dosage impr\u00e9cis en furocoumarines et du risque de br\u00fblures phototoxiques graves.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p><strong>Contre-indications absolues<\/strong> : lupus \u00e9ryth\u00e9mateux syst\u00e9mique, xeroderma pigmentosum, porphyries, ant\u00e9c\u00e9dents de m\u00e9lanome ou de carcinomes cutan\u00e9s multiples, grossesse, allaitement, enfants de moins de 12 ans, cataracte ou aphaquie.<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9cautions majeures<\/strong> : protection oculaire obligatoire pendant 12 \u00e0 24 heures apr\u00e8s la prise de psoral\u00e8ne (risque de cataracte). Photoprotection cutan\u00e9e stricte les jours de traitement. Surveillance dermatologique r\u00e9guli\u00e8re \u00e0 long terme (risque de carcinomes cutan\u00e9s et de m\u00e9lanome).<\/p>\n<p><strong>Interactions m\u00e9dicamenteuses<\/strong> : potentialisation avec tous les m\u00e9dicaments photosensibilisants (t\u00e9tracyclines, fluoroquinolones, AINS, thiazidiques, ph\u00e9nothiazines). Inhibition du CYP2A6 par le 8-MOP, avec interaction th\u00e9orique avec la caf\u00e9ine et le cotinine.<\/p>\n<p><strong>Phytophotodermatite<\/strong> : le simple contact cutan\u00e9 avec la plante fra\u00eeche suivi d&rsquo;une exposition solaire provoque des br\u00fblures s\u00e9v\u00e8res (dermatite de berloque), avec phlyct\u00e8nes et hyperpigmentation s\u00e9quellaire.<\/p>\n<hr>\n<h3>Toxicologie<\/h3>\n<p>La toxicit\u00e9 d&rsquo;<em>Ammi majus<\/em> est principalement li\u00e9e \u00e0 la <strong>phototoxicit\u00e9<\/strong> des furocoumarines. En l&rsquo;absence de lumi\u00e8re UV, la toxicit\u00e9 aigu\u00eb est mod\u00e9r\u00e9e (DL50 orale du 8-MOP chez le rat : environ 450 mg\/kg). En pr\u00e9sence d&rsquo;UVA, la toxicit\u00e9 est consid\u00e9rablement amplifi\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Phototoxicit\u00e9 aigu\u00eb<\/strong> : l&rsquo;association psoral\u00e8nes + UVA provoque des br\u00fblures cutan\u00e9es de type coup de soleil s\u00e9v\u00e8re (\u00e9ryth\u00e8me, phlyct\u00e8nes, desquamation), dont la gravit\u00e9 d\u00e9pend de la dose de psoral\u00e8ne et de l&rsquo;intensit\u00e9 de l&rsquo;irradiation.<\/p>\n<p><strong>Carcinogen\u00e8se<\/strong> : les biadduites psoral\u00e8ne-ADN sont mutag\u00e8nes et potentiellement carcinog\u00e8nes. Les patients trait\u00e9s au long cours par PUVAth\u00e9rapie pr\u00e9sentent un risque accru de carcinomes spinocellulaires cutan\u00e9s (RR \u2248 5-10 pour plus de 200 s\u00e9ances) et possiblement de m\u00e9lanome.<\/p>\n<p><strong>H\u00e9patotoxicit\u00e9<\/strong> : des \u00e9l\u00e9vations transitoires des transaminases sont rapport\u00e9es avec le 8-MOP oral, g\u00e9n\u00e9ralement r\u00e9versibles \u00e0 l&rsquo;arr\u00eat.<\/p>\n<p><strong>Toxicit\u00e9 v\u00e9t\u00e9rinaire<\/strong> : chez les bovins et ovins, l&rsquo;ingestion de grandes quantit\u00e9s d&rsquo;<em>Ammi majus<\/em> provoque une photosensibilisation primaire s\u00e9v\u00e8re, avec \u0153d\u00e8me facial, c\u00e9cit\u00e9, desquamation des zones d\u00e9pigment\u00e9es et, dans les cas graves, la mort.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>L&rsquo;ammi \u00e9lev\u00e9 poss\u00e8de une histoire m\u00e9dicinale remarquable. Dans l&rsquo;\u00c9gypte ancienne, les fruits \u00e9taient utilis\u00e9s pour traiter le vitiligo, une d\u00e9pigmentation cutan\u00e9e. Le papyrus Ebers (vers 1550 av. J.-C.) mentionne l&rsquo;usage topique de pr\u00e9parations \u00e0 base d&rsquo;<em>Ammi<\/em> combin\u00e9es \u00e0 l&rsquo;exposition solaire pour repigmenter la peau, ce qui constitue la premi\u00e8re description de la phototh\u00e9rapie dans l&rsquo;histoire de la m\u00e9decine.<\/p>\n<p>Les m\u00e9decins arabes m\u00e9di\u00e9vaux (Ibn Sina, Al-Razi) utilisaient les graines d&rsquo;ammi comme emm\u00e9nagogue, carminatif et contre les troubles cutan\u00e9s. En \u00c9gypte, les fellahs consommaient traditionnellement les graines avant de s&rsquo;exposer au soleil pour traiter les taches blanches de la peau.<\/p>\n<p>En 1947, le dermatologue \u00e9gyptien Abdel Monem El-Mofty isola le principe actif responsable et initia les premiers essais cliniques modernes de photochimith\u00e9rapie (PUVA), r\u00e9volutionnant la dermatologie. C&rsquo;est l&rsquo;un des exemples les plus c\u00e9l\u00e8bres de la validation scientifique d&rsquo;un usage ethnobotanique traditionnel.<\/p>\n<hr>\n<h3>Statut r\u00e9glementaire et pharmacop\u00e9e<\/h3>\n<p>Les fruits d&rsquo;<em>Ammi majus<\/em> sont inscrits \u00e0 la Pharmacop\u00e9e fran\u00e7aise et \u00e0 plusieurs pharmacop\u00e9es nationales. La monographie \u00ab Ammi majoris fructus \u00bb fixe les crit\u00e8res de qualit\u00e9 (teneur minimale en furocoumarines totales, identit\u00e9, puret\u00e9).<\/p>\n<p>Le <strong>m\u00e9thoxsal\u00e8ne<\/strong> (8-MOP) est un m\u00e9dicament soumis \u00e0 prescription obligatoire, class\u00e9 sur la liste I des substances v\u00e9n\u00e9neuses en France. Il est commercialis\u00e9 sous le nom de M\u00e9ladinine\u00ae (voie orale et topique). La d\u00e9livrance et l&rsquo;utilisation sont r\u00e9serv\u00e9es aux dermatologues.<\/p>\n<p>En cosm\u00e9tique, les furocoumarines sont r\u00e9glement\u00e9es : la concentration maximale en furocoumarines dans les produits de protection solaire est limit\u00e9e \u00e0 1 mg\/kg (r\u00e8glement CE 1223\/2009). Le bergapt\u00e8ne est interdit dans les parfums appliqu\u00e9s sur la peau expos\u00e9e au soleil.<\/p>\n<p>La plante enti\u00e8re n&rsquo;est pas en vente libre en tant que compl\u00e9ment alimentaire en raison de sa phototoxicit\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>AMMI \u00c9LEV\u00c9 pr\u00e9sente un int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique surtout traditionnel, \u00e0 confirmer faute de donn\u00e9es cliniques propres ; sa lecture demande de la prudence.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Bonnier G., Layens G. \u2014 <em>Flore compl\u00e8te portative de la France, de la Suisse et de la Belgique<\/em>, Belin, Paris.<br \/>\nBruneton J. \u2014 <em>Pharmacognosie, Phytochimie, Plantes m\u00e9dicinales<\/em>, 5e \u00e9d., Lavoisier Tec &amp; Doc, 2016.<br \/>\nEl-Mofty A.M. \u2014 \u00ab A preliminary clinical report on the treatment of leucodermia with <em>Ammi majus<\/em> Linn. \u00bb, <em>J. Egypt. Med. Assoc.<\/em>, 1948, 31, 651-665.<br \/>\nMelski J.W. et al. \u2014 \u00ab Oral methoxsalen photochemotherapy for the treatment of psoriasis \u00bb, <em>J. Invest. Dermatol.<\/em>, 1977, 68, 328-335.<br \/>\nStern R.S. et al. \u2014 \u00ab The carcinogenic risk of treatments for severe psoriasis (PUVA follow-up study) \u00bb, <em>Cancer<\/em>, 2012, 118, 1014-1023.<br \/>\nPharmacop\u00e9e fran\u00e7aise, 11e \u00e9d. \u2014 Monographie \u00ab Ammi majoris fructus \u00bb.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Carminatif (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antimicrobien<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE L&rsquo;Ammi \u00e9lev\u00e9 (Ammi majus L.) appartient \u00e0 la famille des Apiac\u00e9es (Ombellif\u00e8res). Le nom g\u00e9n\u00e9rique Ammi d\u00e9rive du grec ammi ou [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[],"class_list":["post-613","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-apiacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/613","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=613"}],"version-history":[{"count":24,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/613\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13647,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/613\/revisions\/13647"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=613"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=613"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=613"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}