{"id":620,"date":"2026-03-26T11:24:10","date_gmt":"2026-03-26T10:24:10","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/berce-du-caucase\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:11","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:11","slug":"berce-du-caucase","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/berce-du-caucase\/","title":{"rendered":"BERCE DU CAUCASE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/berce-du-caucase.png\" alt=\"Planche botanique Berce du Caucase\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p><em>Heracleum mantegazzianum<\/em> Sommier &amp; Levier<\/p>\n<p>Famille : Apiaceae<\/p>\n<p>La berce du Caucase est l&rsquo;une des plantes les plus dangereuses de la flore europ\u00e9enne naturalis\u00e9e. Originaire des montagnes du Caucase occidental, introduite au XIXe si\u00e8cle comme plante ornementale et mellif\u00e8re, elle s&rsquo;est r\u00e9pandue de mani\u00e8re invasive dans toute l&rsquo;Europe temp\u00e9r\u00e9e, colonisant les berges de rivi\u00e8res, les friches humides, les bords de routes et les terrains vagues avec une vigueur redoutable. Sa taille impressionnante \u2014 jusqu&rsquo;\u00e0 5 m de hauteur, avec des feuilles de 1 \u00e0 3 m d&rsquo;envergure et des ombelles de 50 \u00e0 80 cm de diam\u00e8tre \u2014 en fait la plus grande herbac\u00e9e d&rsquo;Europe.<\/p>\n<p>Le danger principal de la berce du Caucase est sa phototoxicit\u00e9 aigu\u00eb : la s\u00e8ve contient des concentrations \u00e9lev\u00e9es de <strong>furanocoumarines<\/strong> (psoral\u00e8ne, bergapt\u00e8ne, xanthotoxine) qui, activ\u00e9es par les rayons UV, provoquent des br\u00fblures cutan\u00e9es graves (phytophotodermatite). Le contact avec la plante suivi d&rsquo;une exposition au soleil entra\u00eene des cloques, des br\u00fblures au deuxi\u00e8me degr\u00e9 et des cicatrices durables. Cette esp\u00e8ce constitue un probl\u00e8me majeur de sant\u00e9 publique et d&rsquo;\u00e9cologie dans de nombreux pays europ\u00e9ens.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Famille :<\/strong> Apiaceae (Ombellif\u00e8res)<\/li>\n<li><strong>Genre :<\/strong> <em>Heracleum<\/em><\/li>\n<li><strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Heracleum mantegazzianum<\/em> Sommier &amp; Levier (1895)<\/li>\n<li><strong>Noms vernaculaires :<\/strong> Berce du Caucase, Berce g\u00e9ante, Grande berce du Caucase. (en anglais : Giant hogweed).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le genre <em>Heracleum<\/em> comprend environ 70 esp\u00e8ces, dont la berce commune (<em>H. sphondylium<\/em>), indig\u00e8ne en Europe et beaucoup moins phototoxique. <em>H. mantegazzianum<\/em> fut d\u00e9crite \u00e0 partir de plantes cultiv\u00e9es au jardin botanique de Florence, issues de graines collect\u00e9es dans le Caucase occidental. Le nom rend hommage au naturaliste italien Paolo Mantegazza. Deux autres berces g\u00e9antes caucasiennes posent des probl\u00e8mes similaires : <em>H. sosnowskyi<\/em> (introduite en URSS comme plante fourrag\u00e8re) et <em>H. persicum<\/em>.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>A. Port et architecture<\/h3>\n<p>Herbac\u00e9e bisannuelle \u00e0 vivace monocarpique, de 2 \u00e0 5 m de hauteur en floraison. La plante forme une rosette basale la premi\u00e8re ann\u00e9e, puis monte en tige florif\u00e8re g\u00e9ante la deuxi\u00e8me ou troisi\u00e8me ann\u00e9e, apr\u00e8s quoi elle meurt (plante hapaxanthe). Chaque individu produit des milliers de graines.<\/p>\n<h3>B. Appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p><strong>Tige :<\/strong> \u00e9paisse (5-10 cm de diam\u00e8tre), creuse, sillonn\u00e9e, verte \u00e0 tachet\u00e9e de pourpre, couverte de poils raides. Les taches pourpres sont un caract\u00e8re distinctif.<\/p>\n<p><strong>Feuilles :<\/strong> immenses (limbe de 1 \u00e0 3 m de longueur), compos\u00e9es-penn\u00e9es, \u00e0 segments profond\u00e9ment d\u00e9coup\u00e9s, incis\u00e9s-dent\u00e9s. Les feuilles basales sont les plus grandes. Le p\u00e9tiole est \u00e9pais, engainant, tachet\u00e9 de pourpre.<\/p>\n<p><strong>Racine :<\/strong> pivotante puissante, charnue, pouvant atteindre 60 cm de profondeur.<\/p>\n<h3>C. Appareil reproducteur<\/h3>\n<p><strong>Inflorescence :<\/strong> ombelle compos\u00e9e de 50 \u00e0 80 cm de diam\u00e8tre (parfois 100 cm), comprenant 50 \u00e0 150 rayons. L&rsquo;ombelle terminale est la plus grande ; des ombelles lat\u00e9rales plus petites se d\u00e9veloppent ensuite.<\/p>\n<p><strong>Fleurs :<\/strong> blanches (parfois ros\u00e9es), petites mais tr\u00e8s nombreuses (jusqu&rsquo;\u00e0 80 000 par ombelle terminale). P\u00e9tales ext\u00e9rieurs des fleurs marginales nettement rayonnants (zygomorphes).<\/p>\n<p><strong>Fruit :<\/strong> diak\u00e8ne comprim\u00e9 dorsalement, de 10-14 mm, \u00e0 bandelettes (vittae) riches en furanocoumarines.<\/p>\n<p><strong>Floraison :<\/strong> juin \u00e0 ao\u00fbt. <strong>Fructification :<\/strong> ao\u00fbt \u00e0 octobre.<\/p>\n<p><strong>Production de graines :<\/strong> 10 000 \u00e0 100 000 graines par plante, viables dans le sol pendant 7 \u00e0 15 ans.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9COLOGIE ET DISTRIBUTION<\/h3>\n<p><strong>Aire native :<\/strong> montagnes du Caucase occidental (G\u00e9orgie, Russie), 1500-2500 m d&rsquo;altitude, prairies subalpines et m\u00e9gaphorbiaies.<\/p>\n<p><strong>Aire d&rsquo;invasion :<\/strong> toute l&rsquo;Europe temp\u00e9r\u00e9e (Grande-Bretagne, Scandinavie, Allemagne, France, Benelux, Europe centrale, \u00c9tats baltes), est du Canada et nord-est des \u00c9tats-Unis. En France, naturalis\u00e9e dans le Nord, le Nord-Est, la r\u00e9gion parisienne, la Bretagne et localement ailleurs.<\/p>\n<p><strong>Habitat envahi :<\/strong> berges de rivi\u00e8res, foss\u00e9s, friches humides, bords de routes, terrains vagues, prairies humides. L&rsquo;esp\u00e8ce colonise pr\u00e9f\u00e9rentiellement les milieux perturb\u00e9s et humides, mais tol\u00e8re aussi les sols secs.<\/p>\n<p><strong>Impact invasif :<\/strong> ombrage comp\u00e9titif \u00e9liminant la v\u00e9g\u00e9tation indig\u00e8ne, d\u00e9stabilisation des berges (le sol nu apr\u00e8s la mort de la plante favorise l&rsquo;\u00e9rosion), risque sanitaire grave pour les populations.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<ul>\n<li>Aucune partie n&rsquo;est utilis\u00e9e en phytoth\u00e9rapie en raison de la toxicit\u00e9<\/li>\n<\/ul>\n<p>La berce du Caucase n&rsquo;a aucun usage m\u00e9dicinal l\u00e9gitime. Toutes les parties de la plante sont phototoxiques, avec des concentrations maximales dans les fruits et la s\u00e8ve.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<h3>A. Furanocoumarines (compos\u00e9s majeurs)<\/h3>\n<p>La toxicit\u00e9 de la berce du Caucase repose sur des <strong>furanocoumarines<\/strong> lin\u00e9aires et angulaires, pr\u00e9sentes dans toutes les parties de la plante mais particuli\u00e8rement concentr\u00e9es dans la s\u00e8ve, les fruits et les p\u00e9tioles :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Psoral\u00e8ne<\/strong> (<a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/furocoumarines\/\">furocoumarine<\/a> lin\u00e9aire parent)<\/li>\n<li><strong>Bergapt\u00e8ne<\/strong> (5-m\u00e9thoxypsoral\u00e8ne, 5-MOP) \u2014 l&rsquo;un des plus phototoxiques<\/li>\n<li><strong>Xanthotoxine<\/strong> (8-m\u00e9thoxypsoral\u00e8ne, 8-MOP) \u2014 utilis\u00e9e en PUVA-th\u00e9rapie \u00e0 dose contr\u00f4l\u00e9e<\/li>\n<li><strong>Isopimpinelline<\/strong><\/li>\n<li><strong>Ang\u00e9licine<\/strong> et <strong>sphondine<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p>La teneur totale en furanocoumarines peut atteindre 0,5 \u00e0 2 % de la masse s\u00e8che dans les fruits et 0,1 \u00e0 0,5 % dans les feuilles et tiges. Ces concentrations sont 10 \u00e0 100 fois sup\u00e9rieures \u00e0 celles de la berce commune (<em>H. sphondylium<\/em>).<\/p>\n<h3>B. Autres compos\u00e9s<\/h3>\n<p>Des <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">coumarines<\/a> simples<\/strong> (ombellif\u00e9rone), des <strong>flavono\u00efdes<\/strong>, des <strong>huiles essentielles<\/strong> et des <strong>polyac\u00e9tyl\u00e8nes<\/strong> (falcarinol, falcarindiol) sont \u00e9galement pr\u00e9sents. Les polyac\u00e9tyl\u00e8nes sont cytotoxiques et irritants.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<ul>\n<li><strong>Phototoxicit\u00e9 (m\u00e9canisme type II)<\/strong> : les furanocoumarines, apr\u00e8s absorption cutan\u00e9e, s&rsquo;intercalent dans l&rsquo;ADN des cellules \u00e9pidermiques. Sous irradiation UVA (320-400 nm), elles forment des liaisons covalentes (mono- et bi-adduits) avec les bases pyrimidiques de l&rsquo;ADN (cycloaddition [2+2]), provoquant la mort cellulaire, une r\u00e9action inflammatoire massive et des dommages persistants.<\/li>\n<li><strong>Phytophotodermatite<\/strong> : la r\u00e9action se manifeste 12 \u00e0 72 h apr\u00e8s le contact + exposition solaire, par un \u00e9ryth\u00e8me, des cloques (v\u00e9sicules \u00e0 bulles), puis des br\u00fblures profondes du 2e degr\u00e9. La pigmentation r\u00e9siduelle post-inflammatoire peut persister des mois \u00e0 des ann\u00e9es.<\/li>\n<li><strong>Cytotoxicit\u00e9 des polyac\u00e9tyl\u00e8nes<\/strong> : falcarinol et falcarindiol exercent une toxicit\u00e9 directe sur les cellules en culture.<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h3>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h3>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2605\u2605<\/strong> Phototoxique (furanocoumarines \u2014 danger majeur, bien document\u00e9)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2605\u2606\u2606<\/strong> Cytotoxique (polyac\u00e9tyl\u00e8nes \u2014 donn\u00e9es in vitro)<\/li>\n<li><strong>\u2606\u2606\u2606\u2606\u2606<\/strong> Usage th\u00e9rapeutique direct (aucun \u2014 plante strictement toxique)<\/li>\n<\/ul>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Les donn\u00e9es \u00ab cliniques \u00bb de la berce du Caucase sont exclusivement toxicologiques. De nombreux cas de phytophotodermatite grave sont document\u00e9s dans la litt\u00e9rature m\u00e9dicale europ\u00e9enne, notamment chez les enfants (qui jouent avec les tiges creuses en les utilisant comme sarbacane ou longue-vue). Les br\u00fblures peuvent n\u00e9cessiter une hospitalisation et un traitement en centre de br\u00fbl\u00e9s. Des cas de c\u00e9cit\u00e9 temporaire apr\u00e8s contact oculaire ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s.<\/p>\n<p>Par analogie pharmacologique, la xanthotoxine (8-MOP) est utilis\u00e9e en dermatologie clinique dans la PUVA-th\u00e9rapie (psoral\u00e8ne + UVA) du psoriasis et du vitiligo \u2014 mais sous forme pure et \u00e0 dose contr\u00f4l\u00e9e, jamais \u00e0 partir d&rsquo;extraits de plante.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Furanocoumarines<\/td>\n<td>Coumarine<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Psoral\u00e8ne<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Bergapt\u00e8ne<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Xanthotoxine<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Isopimpinelline<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Aucune forme gal\u00e9nique. L&rsquo;usage de la berce du Caucase sous toute forme est formellement contre-indiqu\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La berce du Caucase est l&rsquo;une des plantes les plus dangereuses d&rsquo;Europe pour le contact cutan\u00e9 :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Contact cutan\u00e9 + soleil<\/strong> : phytophotodermatite s\u00e9v\u00e8re (\u00e9ryth\u00e8me \u2192 bulles \u2192 br\u00fblure 2e degr\u00e9 \u2192 hyperpigmentation durable)<\/li>\n<li><strong>Contact oculaire<\/strong> : k\u00e9ratite, conjonctivite chimique, risque de c\u00e9cit\u00e9 temporaire<\/li>\n<li><strong>Ingestion<\/strong> : irritation gastro-intestinale, mais les intoxications par ingestion sont rares<\/li>\n<li><strong>Atteintes syst\u00e9miques<\/strong> : exceptionnelles, mais un contact \u00e9tendu peut provoquer une r\u00e9action phototoxique g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Conduite \u00e0 tenir en cas de contact<\/strong> : laver imm\u00e9diatement et abondamment \u00e0 l&rsquo;eau et au savon, couvrir la zone pour \u00e9viter toute exposition solaire pendant au moins 48 h, consulter un m\u00e9decin si des cloques apparaissent.<\/p>\n<p><strong>Gestion des populations<\/strong> : la destruction des populations invasives doit \u00eatre conduite par des professionnels \u00e9quip\u00e9s (combinaison int\u00e9grale, gants, lunettes, visi\u00e8re), par arrachage, fauche r\u00e9p\u00e9t\u00e9e ou traitement herbicide cibl\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>Dans son aire d&rsquo;origine (Caucase), la berce g\u00e9ante \u00e9tait utilis\u00e9e comme plante fourrag\u00e8re (jeunes pousses pour le b\u00e9tail, apr\u00e8s s\u00e9chage qui r\u00e9duit les furanocoumarines). Son introduction en Europe au XIXe si\u00e8cle \u00e9tait motiv\u00e9e par des consid\u00e9rations ornementales (jardin de Kew, 1817) et apicoles (plante tr\u00e8s mellif\u00e8re). L&rsquo;expansion invasive a commenc\u00e9 au XXe si\u00e8cle, s&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rant apr\u00e8s 1950.<\/p>\n<p>En URSS, <em>H. sosnowskyi<\/em> (esp\u00e8ce voisine) fut massivement cultiv\u00e9e comme plante fourrag\u00e8re sur ordre de Staline, entra\u00eenant une catastrophe \u00e9cologique et sanitaire dont les cons\u00e9quences persistent dans les pays baltes et en Russie.<\/p>\n<hr>\n<h3>INT\u00c9R\u00caT \u00c9COLOGIQUE<\/h3>\n<p>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique de la berce du Caucase est exclusivement n\u00e9gatif en contexte europ\u00e9en. L&rsquo;esp\u00e8ce est class\u00e9e parmi les 100 esp\u00e8ces exotiques envahissantes les plus probl\u00e9matiques d&rsquo;Europe (DAISIE). Son impact comprend :<\/p>\n<ul>\n<li>\u00c9limination de la flore indig\u00e8ne par ombrage comp\u00e9titif<\/li>\n<li>\u00c9rosion des berges (sol nu en hiver apr\u00e8s la mort des parties a\u00e9riennes)<\/li>\n<li>Risque sanitaire pour les populations riveraines<\/li>\n<li>Co\u00fbts de gestion consid\u00e9rables pour les collectivit\u00e9s<\/li>\n<\/ul>\n<p>La lutte est difficile en raison de la banque de graines persistante (7-15 ans) et de la capacit\u00e9 de r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration de la racine pivotante si elle n&rsquo;est pas enti\u00e8rement extirp\u00e9e. Les programmes de lutte coordonn\u00e9s au niveau europ\u00e9en sont en place depuis les ann\u00e9es 2000.<\/p>\n<hr>\n<h3>CONFUSIONS POSSIBLES<\/h3>\n<ul>\n<li><strong><em>Heracleum sphondylium<\/em><\/strong> (berce commune) \u2014 beaucoup plus petite (1-2 m), feuilles moins d\u00e9coup\u00e9es, tige non tachet\u00e9e de pourpre, furanocoumarines pr\u00e9sentes mais \u00e0 teneurs beaucoup plus faibles.<\/li>\n<li><strong><em>Angelica sylvestris<\/em><\/strong> (ang\u00e9lique sauvage) \u2014 taille similaire, mais ombelle plus compacte, feuilles 2-3 fois penn\u00e9es, tige non tachet\u00e9e, bien moins phototoxique.<\/li>\n<li><strong><em>Conium maculatum<\/em><\/strong> (grande cigu\u00eb) \u2014 tiges tachet\u00e9es de pourpre, mais feuilles tr\u00e8s finement d\u00e9coup\u00e9es et odeur f\u00e9tide caract\u00e9ristique.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La confusion avec la berce commune est la plus fr\u00e9quente et la plus probl\u00e9matique. Les crit\u00e8res de distinction sont : la taille (&gt; 2,5 m vs &lt; 2 m), les taches pourpres nettes sur la tige, les feuilles de plus de 1 m, les ombelles de plus de 50 cm.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p><em>Heracleum mantegazzianum<\/em> est un cas d&rsquo;\u00e9cole en toxicologie v\u00e9g\u00e9tale et en \u00e9cologie des invasions. Sa richesse exceptionnelle en furanocoumarines phototoxiques \u2014 bergapt\u00e8ne, xanthotoxine, psoral\u00e8ne \u2014 en fait l&rsquo;une des plantes les plus dangereuses de la flore europ\u00e9enne pour le contact cutan\u00e9. Son potentiel pharmacologique (PUVA-th\u00e9rapie) est exploit\u00e9 uniquement via des mol\u00e9cules purifi\u00e9es, jamais par usage direct de la plante. L&rsquo;esp\u00e8ce est un probl\u00e8me majeur de sant\u00e9 publique et de gestion environnementale dans toute l&rsquo;Europe temp\u00e9r\u00e9e, illustrant les cons\u00e9quences impr\u00e9vues des introductions botaniques ornementales du XIXe si\u00e8cle.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<ul>\n<li>Plants of the World Online, Royal Botanic Gardens Kew \u2014 <em>Heracleum mantegazzianum<\/em><\/li>\n<li>Tela Botanica, eFlore \u2014 <em>Heracleum mantegazzianum<\/em><\/li>\n<li>Nielsen C. et al. (\u00e9d.), <em>The Giant Hogweed Best Practice Manual<\/em>, Forest &amp; Landscape Denmark, 2005<\/li>\n<li>Bruneton J., <em>Plantes toxiques \u2014 V\u00e9g\u00e9taux dangereux pour l&rsquo;homme et les animaux<\/em>, 4e \u00e9d., Lavoisier, 2016<\/li>\n<li>Pathak M.A. et al., \u00ab Photosensitivity and other reactions to light \u00bb, in Harrison&rsquo;s Principles of Internal Medicine<\/li>\n<li>DAISIE (Delivering Alien Invasive Species Inventories for Europe), base de donn\u00e9es en ligne<\/li>\n<li>Py\u0161ek P. et al., \u00ab Ecology and management of giant hogweed \u00bb, <em>CAB International<\/em>, 2007<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Heracleum mantegazzianum Sommier &amp; Levier Famille : Apiaceae La berce du Caucase est l&rsquo;une des plantes les plus dangereuses de la flore europ\u00e9enne naturalis\u00e9e. 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