{"id":621,"date":"2026-03-26T11:24:12","date_gmt":"2026-03-26T10:24:12","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/berle-dressee\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:11","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:11","slug":"berle-dressee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/berle-dressee\/","title":{"rendered":"BERLE DRESS\u00c9E"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/berle-dressee.png\" alt=\"Planche botanique Berle dress\u00e9e\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>La berle dress\u00e9e (<em>Berula erecta<\/em>) est une plante vivace semi-aquatique de la famille des Apiac\u00e9es, famili\u00e8re des foss\u00e9s, des ruisseaux lents et des marais de l&rsquo;Europe temp\u00e9r\u00e9e. Ses feuilles pennatis\u00e9qu\u00e9es \u00e0 segments dent\u00e9s et ses ombelles blanches compactes en font un \u00e9l\u00e9ment discret mais constant de la v\u00e9g\u00e9tation des zones humides, o\u00f9 elle s&rsquo;associe aux cresson, menthes aquatiques et aches des marais.<\/p>\n<p>Si la berle dress\u00e9e n&rsquo;est pas consid\u00e9r\u00e9e comme gravement toxique, elle appartient \u00e0 une famille \u2014 les Apiac\u00e9es \u2014 qui compte parmi ses membres quelques-unes des plantes les plus dangereuses de la flore europ\u00e9enne (cigu\u00ebs, \u0153nanthes). Sa ressemblance avec le cresson de fontaine a provoqu\u00e9 des confusions aux cons\u00e9quences parfois f\u00e2cheuses. Elle ne poss\u00e8de pas d&rsquo;int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique reconnu et son inclusion dans un r\u00e9f\u00e9rentiel botanique se justifie principalement par la n\u00e9cessit\u00e9 de documenter les plantes des milieux humides et de pr\u00e9venir les confusions avec des esp\u00e8ces comestibles.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><strong>R\u00e8gne :<\/strong> Plantae<br \/>\n<strong>Division :<\/strong> Magnoliophyta<br \/>\n<strong>Classe :<\/strong> Magnoliopsida<br \/>\n<strong>Ordre :<\/strong> Apiales<br \/>\n<strong>Famille :<\/strong> Apiaceae (Ombellif\u00e8res)<br \/>\n<strong>Genre :<\/strong> <em>Berula<\/em> W.D.J. Koch, 1826<br \/>\n<strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Berula erecta<\/em> (Huds.) Coville, 1893<\/p>\n<p>Synonymes : <em>Sium erectum<\/em> Huds., <em>Sium angustifolium<\/em> L. Le genre <em>Berula<\/em> est monosp\u00e9cifique (une seule esp\u00e8ce) et se distingue du genre <em>Sium<\/em> par ses feuilles \u00e0 segments simplement dent\u00e9s (et non profond\u00e9ment divis\u00e9s) et par son involucre \u00e0 bract\u00e9es souvent trifides. Le nom <em>Berula<\/em> d\u00e9rive du latin m\u00e9di\u00e9val <em>berula<\/em>, d\u00e9signant le cresson ou une plante aquatique des foss\u00e9s. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>erecta<\/em> d\u00e9crit le port dress\u00e9 de la tige.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>A. Appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p>La berle dress\u00e9e est une plante vivace de 30 \u00e0 80 cm de hauteur, \u00e0 souche rampante stolonif\u00e8re produisant des stolons aquatiques ou semi-aquatiques. La tige est dress\u00e9e, creuse, cylindrique, stri\u00e9e, glabre, souvent enracin\u00e9e aux n\u0153uds inf\u00e9rieurs lorsqu&rsquo;elle baigne dans l&rsquo;eau. Les feuilles sont pennatis\u00e9qu\u00e9es, \u00e0 7 \u00e0 13 segments ovales \u00e0 oblongs, de 2 \u00e0 5 cm de longueur, \u00e0 marge irr\u00e9guli\u00e8rement et grossi\u00e8rement dent\u00e9e-serr\u00e9e, glabres, d&rsquo;un vert fonc\u00e9 brillant. Le p\u00e9tiole est canalicul\u00e9, engainant \u00e0 la base. Les feuilles submerg\u00e9es, lorsqu&rsquo;elles existent, sont plus finement d\u00e9coup\u00e9es que les feuilles a\u00e9riennes.<\/p>\n<h3>B. Appareil reproducteur<\/h3>\n<p>Les ombelles sont compos\u00e9es, courtement p\u00e9doncul\u00e9es, souvent oppos\u00e9es aux feuilles (caract\u00e8re distinctif), \u00e0 7 \u00e0 15 rayons courts et sub\u00e9gaux, formant une inflorescence dense et compacte. L&rsquo;involucre est constitu\u00e9 de bract\u00e9es foliac\u00e9es, souvent trifides ou pennatilob\u00e9es (caract\u00e8re diagnostique important). L&rsquo;involucelle est form\u00e9 de bract\u00e9oles lin\u00e9aires. Les fleurs sont blanches, petites, pentam\u00e8res, \u00e0 p\u00e9tales \u00e9chancr\u00e9s. La floraison s&rsquo;\u00e9tend de juillet \u00e0 septembre. La pollinisation est entomogame.<\/p>\n<h3>C. Fruit et graine<\/h3>\n<p>Le fruit est un diak\u00e8ne subglobuleux, petit (1,5 \u00e0 2 mm), \u00e0 c\u00f4tes peu saillantes. Les m\u00e9ricarpes portent des bandelettes (vittae) superficielles et peu visibles. La diss\u00e9mination est hydrochore (par l&rsquo;eau).<\/p>\n<h3>D. Variabilit\u00e9<\/h3>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce est assez constante dans ses caract\u00e8res. Les individus enti\u00e8rement aquatiques peuvent d\u00e9velopper des feuilles submerg\u00e9es plus finement divis\u00e9es. La taille varie selon la profondeur de l&rsquo;eau et l&rsquo;ensoleillement. Aucune sous-esp\u00e8ce n&rsquo;est reconnue en Europe.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et r\u00e9partition<\/h3>\n<p><em>Berula erecta<\/em> est une esp\u00e8ce subcosmopolite des r\u00e9gions temp\u00e9r\u00e9es, pr\u00e9sente en Europe, en Asie occidentale et temp\u00e9r\u00e9e, en Afrique du Nord et naturalis\u00e9e en Am\u00e9rique du Nord. En France, elle est commune sur la majeure partie du territoire, y compris en Corse, des plaines au montagnard inf\u00e9rieur (0 \u00e0 1 000 m).<\/p>\n<p>C&rsquo;est une esp\u00e8ce h\u00e9lophyte (semi-aquatique), enracin\u00e9e dans le substrat mais tol\u00e9rant une immersion partielle. Ses habitats typiques sont les foss\u00e9s \u00e0 eau stagnante ou lente, les ruisseaux peu profonds, les sources, les marais alcalins, les bords d&rsquo;\u00e9tangs et les prairies inond\u00e9es. Elle affectionne les eaux claires, peu profondes (5 \u00e0 30 cm), sur substrat limoneux ou tourbeux, riches en bases (eaux calcaires \u00e0 neutre). C&rsquo;est une esp\u00e8ce des groupements du <em>Glycerio-Sparganion<\/em> et du <em>Berulion erecti<\/em>, alliance phytosociologique dont elle est l&rsquo;esp\u00e8ce \u00e9ponyme.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>La berle dress\u00e9e n&rsquo;a pas de tradition de r\u00e9colte \u00e0 des fins m\u00e9dicinales ou alimentaires. Bien qu&rsquo;elle ait \u00e9t\u00e9 parfois confondue avec le cresson et consomm\u00e9e par m\u00e9garde, elle n&rsquo;est pas consid\u00e9r\u00e9e comme une plante alimentaire. Son go\u00fbt est \u00e2cre et d\u00e9sagr\u00e9able, ce qui limite le risque de consommation volontaire en quantit\u00e9 importante.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La phytochimie de <em>Berula erecta<\/em> est peu \u00e9tudi\u00e9e. Les donn\u00e9es disponibles montrent :<\/p>\n<p><strong>Polyac\u00e9tyl\u00e8nes<\/strong> : pr\u00e9sence de <strong>falcarinol<\/strong> et de <strong>falcarindiol<\/strong>, compos\u00e9s caract\u00e9ristiques des Apiac\u00e9es, aux propri\u00e9t\u00e9s cytotoxiques et irritantes. Ces compos\u00e9s sont probablement responsables de la saveur \u00e2cre de la plante et des troubles digestifs rapport\u00e9s apr\u00e8s ingestion.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">Coumarines<\/a><\/strong> : des coumarines simples et des furanocoumarines ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9es, sans que leur identit\u00e9 pr\u00e9cise ait \u00e9t\u00e9 caract\u00e9ris\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Flavono\u00efdes<\/strong> : d\u00e9riv\u00e9s de la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong> et du <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>, en quantit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Huile essentielle<\/strong> : en quantit\u00e9 faible, \u00e0 composition non caract\u00e9ris\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Acides ph\u00e9noliques<\/strong> : <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/acide-chlorogenique\/\">acide chlorog\u00e9nique<\/a><\/strong>, <strong>acide caf\u00e9ique<\/strong>.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Aucune \u00e9tude pharmacologique sp\u00e9cifique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e sur <em>Berula erecta<\/em>. Par extrapolation \u00e0 partir de sa composition chimique :<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 cytotoxique<\/strong> : le falcarinol et le falcarindiol sont des compos\u00e9s cytotoxiques actifs in vitro contre plusieurs lign\u00e9es cellulaires tumorales, document\u00e9s chez d&rsquo;autres Apiac\u00e9es (carotte, c\u00e9leri, panais). Cependant, leur concentration dans la berle est inconnue.<\/p>\n<p><strong>Activit\u00e9 antioxydante<\/strong> : les flavono\u00efdes et les acides ph\u00e9noliques conf\u00e8rent aux extraits une activit\u00e9 antioxydante th\u00e9orique mod\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Potentiel irritant<\/strong> : les polyac\u00e9tyl\u00e8nes et les furanocoumarines peuvent provoquer une irritation cutan\u00e9e et des troubles digestifs.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Aucune donn\u00e9e clinique n&rsquo;existe pour <em>Berula erecta<\/em>. La plante n&rsquo;a pas d&rsquo;usage th\u00e9rapeutique actuel ni historique significatif. Elle n&rsquo;est mentionn\u00e9e dans aucun herbier m\u00e9dicinal classique comme plante d&rsquo;int\u00e9r\u00eat. Quelques auteurs anciens la signalent vaguement comme \u00ab succ\u00e9dan\u00e9 du cresson \u00bb, mais sans lui attribuer de propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9dicinales propres.<\/p>\n<p>La plante n&rsquo;est inscrite dans aucune pharmacop\u00e9e.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Polyac\u00e9tyl\u00e8nes<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Falcarinol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Falcarindiol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Kaempf\u00e9rol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Aucune forme gal\u00e9nique n&rsquo;est attest\u00e9e ni recommand\u00e9e. La berle dress\u00e9e ne pr\u00e9sente pas d&rsquo;int\u00e9r\u00eat en phytoth\u00e9rapie.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La berle dress\u00e9e n&rsquo;est pas class\u00e9e parmi les plantes hautement toxiques, mais elle n&rsquo;est pas inoffensive. Les polyac\u00e9tyl\u00e8nes (falcarinol) peuvent provoquer des troubles digestifs (naus\u00e9es, vomissements, douleurs abdominales) en cas d&rsquo;ingestion en quantit\u00e9 significative. La pr\u00e9sence de furanocoumarines indique un risque de photosensibilisation en cas de contact cutan\u00e9 suivi d&rsquo;exposition solaire.<\/p>\n<p>Le principal danger de la berle dress\u00e9e est indirect : sa confusion avec le cresson de fontaine (<em>Nasturtium officinale<\/em>) dans les m\u00eames milieux aquatiques. Bien que la berle elle-m\u00eame ne soit que mod\u00e9r\u00e9ment toxique, les foss\u00e9s et ruisseaux o\u00f9 elle pousse abritent souvent des plantes dangereuses du m\u00eame port (petite cigu\u00eb, \u0153nanthe aquatique), rendant la cueillette de \u00ab cresson sauvage \u00bb dans ces milieux risqu\u00e9e pour les non-botanistes.<\/p>\n<p>Aucun cas d&rsquo;intoxication grave n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 formellement attribu\u00e9 \u00e0 la berle dress\u00e9e seule dans la litt\u00e9rature toxicologique.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La berle dress\u00e9e ne poss\u00e8de pas de tradition ethnobotanique notable. En France, elle est parfois d\u00e9sign\u00e9e sous le nom populaire de \u00ab berle \u00bb, \u00ab petite berle \u00bb ou \u00ab ache d&rsquo;eau \u00bb (ce dernier nom \u00e9tant plus correctement attribu\u00e9 \u00e0 <em>Helosciadium nodiflorum<\/em>, esp\u00e8ce tr\u00e8s proche \u00e9cologiquement).<\/p>\n<p>En Angleterre, elle est connue sous le nom de <em>lesser water-parsnip<\/em> (petit panais d&rsquo;eau). Quelques mentions dans la litt\u00e9rature anglo-saxonne ancienne indiquent que les jeunes pousses \u00e9taient parfois cueillies comme l\u00e9gume sauvage, mais cette pratique n&rsquo;\u00e9tait ni r\u00e9pandue ni recommand\u00e9e.<\/p>\n<p>L&rsquo;usage le plus document\u00e9 est involontaire : la berle a \u00e9t\u00e9 confondue avec le cresson de fontaine par des cueilleurs non avertis. Le go\u00fbt \u00e2cre et piquant de la berle permet cependant de la distinguer du cresson \u00e0 la d\u00e9gustation, ce qui limite en pratique les risques de consommation en grande quantit\u00e9.<\/p>\n<hr>\n<h3>Int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique<\/h3>\n<p>La berle dress\u00e9e est une esp\u00e8ce indicatrice des eaux de bonne qualit\u00e9 et des milieux aquatiques pr\u00e9serv\u00e9s. Sa pr\u00e9sence dans un foss\u00e9 ou un ruisseau signale des eaux claires, riches en bases, peu pollu\u00e9es et \u00e0 d\u00e9bit r\u00e9gulier. Elle est sensible \u00e0 l&rsquo;eutrophisation et \u00e0 la pollution organique.<\/p>\n<p>La plante participe \u00e0 la v\u00e9g\u00e9tation amphibie des cours d&rsquo;eau lents et des foss\u00e9s, o\u00f9 elle joue un r\u00f4le de fixation du substrat et de ralentissement du courant, favorisant la s\u00e9dimentation et l&rsquo;\u00e9puration naturelle des eaux. Ses tiges immerg\u00e9es offrent un abri \u00e0 une faune aquatique diversifi\u00e9e : larves de libellules, gammares, escargots aquatiques, petits poissons.<\/p>\n<p>Les ombelles sont visit\u00e9es par une entomofaune de petits dipt\u00e8res et hym\u00e9nopt\u00e8res. La berle dress\u00e9e fait partie des esp\u00e8ces caract\u00e9ristiques des habitats d&rsquo;eaux courantes et stagnantes d&rsquo;int\u00e9r\u00eat communautaire au titre de la directive Habitats.<\/p>\n<p>Le d\u00e9clin des petits cours d&rsquo;eau et des foss\u00e9s, li\u00e9 au drainage agricole, au busage et \u00e0 la pollution, menace les populations de berle dress\u00e9e dans les r\u00e9gions d&rsquo;agriculture intensive.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p><em>Nasturtium officinale<\/em> (cresson de fontaine) : plante des m\u00eames milieux, mais famille des Brassicac\u00e9es ; feuilles \u00e0 segments arrondis, fleurs blanches en grappes (et non en ombelles), \u00e0 4 p\u00e9tales. La confusion est ais\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat v\u00e9g\u00e9tatif, mais l&rsquo;inflorescence l\u00e8ve tout doute.<\/p>\n<p><em>Helosciadium nodiflorum<\/em> (ache nodiflore) : Apiac\u00e9e tr\u00e8s proche \u00e9cologiquement, \u00e0 feuilles pennatis\u00e9qu\u00e9es similaires, mais ombelles sessiles ou subsessiles, oppos\u00e9es aux feuilles, et involucre absent. Esp\u00e8ce \u00e9galement faiblement toxique.<\/p>\n<p><em>Sium latifolium<\/em> (grande berle) : esp\u00e8ce plus robuste (80 \u00e0 150 cm), \u00e0 feuilles \u00e0 segments plus larges et plus grands, \u00e0 ombelle terminale longuement p\u00e9doncul\u00e9e. Milieux mar\u00e9cageux.<\/p>\n<p><em>Oenanthe aquatica<\/em> (\u0153nanthe aquatique) : Apiac\u00e9e aquatique toxique, \u00e0 feuilles tr\u00e8s finement d\u00e9coup\u00e9es en segments filiformes lorsqu&rsquo;elles sont submerg\u00e9es. Pr\u00e9sente dans les m\u00eames milieux.<\/p>\n<p>Le crit\u00e8re le plus fiable pour identifier la berle dress\u00e9e est la combinaison de l&rsquo;involucre \u00e0 bract\u00e9es trifides, des ombelles courtement p\u00e9doncul\u00e9es souvent oppos\u00e9es aux feuilles, et des feuilles \u00e0 segments ovales grossi\u00e8rement dent\u00e9s.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La berle dress\u00e9e est une plante sans int\u00e9r\u00eat m\u00e9dicinal reconnu, dont l&rsquo;importance r\u00e9side dans sa valeur \u00e9cologique d&rsquo;indicatrice des milieux aquatiques de qualit\u00e9 et dans la n\u00e9cessit\u00e9 de la distinguer d&rsquo;esp\u00e8ces comestibles ou toxiques avec lesquelles elle cohabite. Sa phytochimie, domin\u00e9e par les polyac\u00e9tyl\u00e8nes et les flavono\u00efdes, ne rec\u00e8le pas de potentiel th\u00e9rapeutique exploitable.<\/p>\n<p>La monographie de cette esp\u00e8ce se justifie par son r\u00f4le dans l&rsquo;\u00e9cologie des cours d&rsquo;eau et des zones humides, et par la pr\u00e9vention des confusions botaniques dans les milieux aquatiques, o\u00f9 la coexistence d&rsquo;Apiac\u00e9es mortellement toxiques (\u0153nanthes, cigu\u00ebs) et de plantes comestibles (cresson) impose une vigilance constante et une identification rigoureuse de chaque esp\u00e8ce.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Bonnier G., Layens G. de. <em>Flore compl\u00e8te portative de la France, de la Suisse et de la Belgique<\/em>. Belin, Paris, 1894.<\/p>\n<p>Bruneton J. <em>Plantes toxiques. V\u00e9g\u00e9taux dangereux pour l&rsquo;homme et les animaux<\/em>. 4e \u00e9d. Lavoisier Tec &amp; Doc, Paris, 2009.<\/p>\n<p>Coste H. <em>Flore descriptive et illustr\u00e9e de la France, de la Corse et des contr\u00e9es limitrophes<\/em>. Librairie Albert Blanchard, Paris, 1901-1906.<\/p>\n<p>Pimenov M.G., Leonov M.V. <em>The Genera of the Umbelliferae<\/em>. Royal Botanic Gardens, Kew, 1993.<\/p>\n<p>Tison J.-M., de Foucault B. (dir.). <em>Flora Gallica \u2013 Flore de France<\/em>. Biotope \u00c9ditions, M\u00e8ze, 2014.<\/p>\n<p>Tutin T.G. et al. (eds). <em>Flora Europaea<\/em>, vol. 2. Cambridge University Press, 1968.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Digestif (usage traditionnel)<\/li>\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La berle dress\u00e9e (Berula erecta) est une plante vivace semi-aquatique de la famille des Apiac\u00e9es, famili\u00e8re des foss\u00e9s, des ruisseaux lents et des marais de [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[],"class_list":["post-621","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-apiacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/621","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=621"}],"version-history":[{"count":15,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/621\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13641,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/621\/revisions\/13641"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=621"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=621"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=621"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}