{"id":623,"date":"2026-03-26T11:24:14","date_gmt":"2026-03-26T10:24:14","guid":{"rendered":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/bifore-rayonnante\/"},"modified":"2026-06-24T17:36:11","modified_gmt":"2026-06-24T15:36:11","slug":"bifore-rayonnante","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/2026\/03\/26\/bifore-rayonnante\/","title":{"rendered":"BIFORE RAYONNANTE"},"content":{"rendered":"<div class=\"planche-botanique\" style=\"text-align:center;margin:0 0 2em 0\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/bifore-rayonnante.png\" alt=\"Planche botanique Bifore rayonnante\" class=\"planche-zoom\" style=\"max-width:100%;height:auto;border-radius:8px\" \/><\/div>\n<p>La bifore rayonnante (<em>Bifora radians<\/em>) est une plante annuelle de la famille des Apiac\u00e9es, messicole rare et en forte r\u00e9gression, autrefois adventice des champs de c\u00e9r\u00e9ales sur sols calcaires de l&rsquo;Europe m\u00e9ridionale et temp\u00e9r\u00e9e. Ses petites ombelles de fleurs blanches aux p\u00e9tales externes tr\u00e8s agrandis (rayonnants), qui lui valent son nom, et ses fruits globuleux \u00e0 odeur f\u00e9tide caract\u00e9ristique en font une esp\u00e8ce ais\u00e9ment identifiable pour le botaniste, mais totalement inconnue du grand public.<\/p>\n<p>La bifore rayonnante ne poss\u00e8de aucun int\u00e9r\u00eat phytoth\u00e9rapeutique. Elle n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e en m\u00e9decine traditionnelle et sa phytochimie est tr\u00e8s peu document\u00e9e. Son inclusion dans un r\u00e9f\u00e9rentiel botanique se justifie par sa valeur patrimoniale de messicole menac\u00e9e \u2014 ces plantes compagnes des moissons qui disparaissent avec l&rsquo;agriculture intensive \u2014 et par la n\u00e9cessit\u00e9 de documenter la diversit\u00e9 floristique des agrosyst\u00e8mes europ\u00e9ens, m\u00eame dans ses composantes les plus modestes.<\/p>\n<hr>\n<h2>I. SYST\u00c9MATIQUE ET TAXONOMIE<\/h2>\n<p><strong>R\u00e8gne :<\/strong> Plantae<br \/>\n<strong>Division :<\/strong> Magnoliophyta<br \/>\n<strong>Classe :<\/strong> Magnoliopsida<br \/>\n<strong>Ordre :<\/strong> Apiales<br \/>\n<strong>Famille :<\/strong> Apiaceae (Ombellif\u00e8res)<br \/>\n<strong>Genre :<\/strong> <em>Bifora<\/em> Hoffm., 1816<br \/>\n<strong>Esp\u00e8ce :<\/strong> <em>Bifora radians<\/em> M. Bieb., 1819<\/p>\n<p>Le genre <em>Bifora<\/em> comprend deux esp\u00e8ces : <em>B. radians<\/em> (bifore rayonnante) et <em>B. testiculata<\/em> (bifore testicul\u00e9e), toutes deux m\u00e9diterran\u00e9ennes et messicoles. Le nom g\u00e9n\u00e9rique d\u00e9rive du latin <em>biforis<\/em> (\u00e0 deux ouvertures), en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la forme du fruit, dont les deux m\u00e9ricarpes semblent perfor\u00e9s. L&rsquo;\u00e9pith\u00e8te <em>radians<\/em> (rayonnant) d\u00e9crit les p\u00e9tales externes des fleurs p\u00e9riph\u00e9riques, nettement plus grands que les autres, cr\u00e9ant un effet de \u00ab rayonnement \u00bb. Le genre est plac\u00e9 dans la tribu des Coriandreae, aux c\u00f4t\u00e9s du genre <em>Coriandrum<\/em> (coriandre), avec lequel il partage la morphologie fruiti\u00e8re globuleuse.<\/p>\n<hr>\n<h2>II. DESCRIPTION BOTANIQUE<\/h2>\n<h3>A. Appareil v\u00e9g\u00e9tatif<\/h3>\n<p>La bifore rayonnante est une plante annuelle de 15 \u00e0 50 cm de hauteur. La racine est pivotante, gr\u00eale. La tige est dress\u00e9e, cylindrique, creuse, finement stri\u00e9e, glabre, ramifi\u00e9e dans sa partie sup\u00e9rieure. Les feuilles sont bi- \u00e0 tripennatis\u00e9qu\u00e9es, \u00e0 segments ultimes lin\u00e9aires, glabres, d&rsquo;un vert moyen. Les feuilles basales, p\u00e9tiol\u00e9es, sont plus amples que les caulinaires. L&rsquo;ensemble de la plante d\u00e9gage au froissement une odeur f\u00e9tide, rappelant celle de la punaise ou du coriandre frais (les deux genres \u00e9tant apparent\u00e9s). Cette odeur naus\u00e9abonde est l&rsquo;un des caract\u00e8res les plus frappants de l&rsquo;esp\u00e8ce.<\/p>\n<h3>B. Appareil reproducteur<\/h3>\n<p>Les ombelles sont compos\u00e9es, \u00e0 3 \u00e0 7 rayons courts et in\u00e9gaux. L&rsquo;involucre est absent. L&rsquo;involucelle est constitu\u00e9 de quelques bract\u00e9oles courtes. Les fleurs sont blanches, pentam\u00e8res, dimorphes : les fleurs centrales de l&rsquo;ombellule sont petites et r\u00e9guli\u00e8res, tandis que les fleurs p\u00e9riph\u00e9riques poss\u00e8dent des p\u00e9tales externes nettement plus grands (3 \u00e0 5 fois plus longs que les internes), cr\u00e9ant un effet \u00ab radiant \u00bb spectaculaire, comparable \u00e0 celui des fleurs de centaur\u00e9e. Ce caract\u00e8re est diagnostique de l&rsquo;esp\u00e8ce. La floraison a lieu de mai \u00e0 juillet. La pollinisation est entomogame.<\/p>\n<h3>C. Fruit et graine<\/h3>\n<p>Le fruit est un diak\u00e8ne globuleux, didyme (form\u00e9 de deux m\u00e9ricarpes sph\u00e9riques juxtapos\u00e9s), de 3 \u00e0 4 mm de diam\u00e8tre, \u00e0 surface rid\u00e9e-r\u00e9ticul\u00e9e. Les deux m\u00e9ricarpes sont presque sph\u00e9riques, creux, s\u00e9par\u00e9s \u00e0 maturit\u00e9. Le fruit ressemble \u00e0 deux petites billes accol\u00e9es. Les c\u00f4tes et les bandelettes sont effac\u00e9es par la forme globuleuse des m\u00e9ricarpes. L&rsquo;odeur f\u00e9tide du fruit est tr\u00e8s marqu\u00e9e et persiste longtemps apr\u00e8s le s\u00e9chage. La diss\u00e9mination est barochore.<\/p>\n<h3>D. Variabilit\u00e9<\/h3>\n<p>L&rsquo;esp\u00e8ce est relativement homog\u00e8ne. La taille varie consid\u00e9rablement selon la richesse du sol et la densit\u00e9 de la culture h\u00f4te. Les individus des cultures denses sont souvent gr\u00eales et peu ramifi\u00e9s, tandis que ceux des friches sont plus robustes et plus florif\u00e8res. Aucune sous-esp\u00e8ce n&rsquo;est reconnue.<\/p>\n<hr>\n<h3>\u00c9cologie et r\u00e9partition<\/h3>\n<p><em>Bifora radians<\/em> est une esp\u00e8ce d&rsquo;origine m\u00e9diterran\u00e9enne orientale (Asie Mineure, Gr\u00e8ce, Balkans), diffus\u00e9e dans toute l&rsquo;Europe m\u00e9ridionale et temp\u00e9r\u00e9e comme arch\u00e9ophyte li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;agriculture c\u00e9r\u00e9ali\u00e8re. Son aire s&rsquo;\u00e9tend de la p\u00e9ninsule Ib\u00e9rique \u00e0 l&rsquo;Iran et de l&rsquo;Afrique du Nord \u00e0 l&rsquo;Europe centrale.<\/p>\n<p>C&rsquo;est une messicole typique des cultures de c\u00e9r\u00e9ales d&rsquo;hiver (bl\u00e9, orge) sur sols calcaires \u00e0 argilo-calcaires, neutres \u00e0 basiques, assez profonds et bien drain\u00e9s. Elle appartient aux groupements du <em>Caucalidion lappulae<\/em>, alliance phytosociologique des adventices thermophiles des moissons calcaires. H\u00e9liophile et thermophile, elle pr\u00e9f\u00e8re les situations chaudes et ensoleill\u00e9es.<\/p>\n<p>En France, la bifore rayonnante est aujourd&rsquo;hui rare \u00e0 tr\u00e8s rare. Autrefois signal\u00e9e dans les plaines c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res du Midi (Languedoc, Provence, vall\u00e9e du Rh\u00f4ne), du Centre (Berry, Touraine) et du Bassin parisien, elle a consid\u00e9rablement r\u00e9gress\u00e9 depuis les ann\u00e9es 1950 sous l&rsquo;effet des herbicides, du tri m\u00e9canique des semences et des changements de pratiques culturales. Elle est inscrite sur les listes rouges r\u00e9gionales de plusieurs r\u00e9gions et b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;une protection l\u00e9gale dans certaines d&rsquo;entre elles.<\/p>\n<hr>\n<h2>III. PARTIES UTILIS\u00c9ES<\/h2>\n<p>La bifore rayonnante n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 r\u00e9colt\u00e9e \u00e0 des fins m\u00e9dicinales ou alimentaires. Son odeur f\u00e9tide dissuade toute utilisation. Aucune partie de la plante ne poss\u00e8de d&rsquo;int\u00e9r\u00eat th\u00e9rapeutique connu.<\/p>\n<p>La plante n&rsquo;est inscrite dans aucune pharmacop\u00e9e et ne fait l&rsquo;objet d&rsquo;aucun commerce.<\/p>\n<hr>\n<h2>IV. PHYTOCHIMIE ET ANALYSE MOL\u00c9CULAIRE<\/h2>\n<p>La phytochimie de <em>Bifora radians<\/em> est tr\u00e8s peu \u00e9tudi\u00e9e. Les rares donn\u00e9es disponibles indiquent :<\/p>\n<p><strong>Huile essentielle<\/strong> : les fruits et les parties a\u00e9riennes contiennent une huile essentielle en faible quantit\u00e9, dont les compos\u00e9s responsables de l&rsquo;odeur f\u00e9tide n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement caract\u00e9ris\u00e9s. Par analogie avec le coriandre frais (m\u00eame tribu), ces compos\u00e9s sont probablement des ald\u00e9hydes aliphatiques \u00e0 cha\u00eene courte, notamment le <strong>(E)-2-d\u00e9c\u00e9nal<\/strong> et le <strong>(E)-2-dod\u00e9c\u00e9nal<\/strong>, responsables de l&rsquo;odeur caract\u00e9ristique.<\/p>\n<p><strong>Flavono\u00efdes<\/strong> : pr\u00e9sence probable de d\u00e9riv\u00e9s de la <strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/quercetine\/\">querc\u00e9tine<\/a><\/strong> et du <strong>kaempf\u00e9rol<\/strong>, comme chez la plupart des Apiac\u00e9es.<\/p>\n<p><strong><a href=\"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/phytochimie\/coumarines\/\">Coumarines<\/a><\/strong> : des coumarines simples sont probablement pr\u00e9sentes, mais non caract\u00e9ris\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Polyac\u00e9tyl\u00e8nes<\/strong> : la pr\u00e9sence de <strong>falcarinol<\/strong> et de <strong>falcarindiol<\/strong> est probable par appartenance familiale, mais non d\u00e9montr\u00e9e pour cette esp\u00e8ce.<\/p>\n<hr>\n<h2>V. M\u00c9CANISMES PHARMACODYNAMIQUES<\/h2>\n<p>Aucune \u00e9tude pharmacologique n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e sur <em>Bifora radians<\/em>. En l&rsquo;absence de donn\u00e9es sp\u00e9cifiques, aucune activit\u00e9 pharmacologique ne peut \u00eatre attribu\u00e9e \u00e0 cette esp\u00e8ce. Les propri\u00e9t\u00e9s th\u00e9oriques des compos\u00e9s pr\u00e9sum\u00e9s (antioxydantes des flavono\u00efdes, cytotoxiques des polyac\u00e9tyl\u00e8nes) ne sont que sp\u00e9culatives pour cette plante.<\/p>\n<hr>\n<h2>VI. DONN\u00c9ES CLINIQUES<\/h2>\n<p>Aucune donn\u00e9e clinique n&rsquo;existe pour <em>Bifora radians<\/em>. La plante n&rsquo;a jamais eu d&rsquo;usage th\u00e9rapeutique document\u00e9, ni dans la tradition savante, ni dans la m\u00e9decine populaire. Elle n&rsquo;est mentionn\u00e9e dans aucun herbier m\u00e9dicinal classique.<\/p>\n<hr>\n<h2>VII. TABLEAU DES PRINCIPAUX COMPOS\u00c9S<\/h2>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Compos\u00e9<\/th>\n<th>Classe<\/th>\n<th>Action principale<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Huile essentielle<\/td>\n<td>Huile essentielle<\/td>\n<td>Aromatique<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>(E)-2-d\u00e9c\u00e9nal<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>(E)-2-dod\u00e9c\u00e9nal<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Flavono\u00efdes<\/td>\n<td>Flavono\u00efde<\/td>\n<td>Antioxydant, anti-inflammatoire<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Kaempf\u00e9rol<\/td>\n<td>M\u00e9tabolite<\/td>\n<td>Constituant<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<hr>\n<h2>VIII. FORMES GAL\u00c9NIQUES<\/h2>\n<p>Aucune forme gal\u00e9nique n&rsquo;est attest\u00e9e ni recommand\u00e9e. La bifore rayonnante ne pr\u00e9sente aucun int\u00e9r\u00eat en phytoth\u00e9rapie.<\/p>\n<hr>\n<h2>IX. TOXICOLOGIE<\/h2>\n<p>La toxicit\u00e9 de la bifore rayonnante n&rsquo;est pas document\u00e9e. La plante n&rsquo;est pas consid\u00e9r\u00e9e comme dangereuse, mais son odeur f\u00e9tide tr\u00e8s prononc\u00e9e la rend de facto non consommable. Les compos\u00e9s de l&rsquo;huile essentielle (ald\u00e9hydes aliphatiques) pourraient provoquer une irritation digestive en cas d&rsquo;ingestion, mais aucun cas d&rsquo;intoxication n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9.<\/p>\n<p>Le risque principal li\u00e9 \u00e0 la bifore est indirect : la contamination des r\u00e9coltes c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res par ses fruits f\u00e9tides pouvait alt\u00e9rer la qualit\u00e9 de la farine et du pain. Cette nuisance, connue des paysans sous l&rsquo;Ancien R\u00e9gime, a contribu\u00e9 \u00e0 la s\u00e9lection contre cette adventice dans les pratiques culturales traditionnelles, avant m\u00eame l&rsquo;apparition des herbicides modernes.<\/p>\n<hr>\n<h2>X. USAGES HISTORIQUES<\/h2>\n<p>La bifore rayonnante ne poss\u00e8de pas de tradition ethnobotanique positive. Elle \u00e9tait au contraire per\u00e7ue comme une adventice ind\u00e9sirable des moissons, dont l&rsquo;odeur f\u00e9tide contaminait les grains de bl\u00e9 et le pain. Son nom populaire, \u00ab fausse coriandre \u00bb ou \u00ab coriandre puante \u00bb, traduit cette perception n\u00e9gative.<\/p>\n<p>En Turquie et dans les Balkans, o\u00f9 la plante est plus fr\u00e9quente, quelques mentions marginales indiquent un usage des fruits comme condiment de substitution de la coriandre en p\u00e9riode de p\u00e9nurie, mais cet emploi reste anecdotique et non confirm\u00e9 par les sources modernes.<\/p>\n<p>La bifore rayonnante est avant tout un objet de fascination pour les botanistes sp\u00e9cialis\u00e9s dans les plantes messicoles, ces compagnes des moissons qui forment un cort\u00e8ge floristique ancestral li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;agriculture c\u00e9r\u00e9ali\u00e8re depuis le N\u00e9olithique. Le d\u00e9clin de ces esp\u00e8ces constitue l&rsquo;une des facettes les moins m\u00e9diatis\u00e9es mais les plus significatives de l&rsquo;\u00e9rosion de la biodiversit\u00e9 en Europe.<\/p>\n<hr>\n<h3>Int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique<\/h3>\n<p>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat \u00e9cologique de la bifore rayonnante est patrimonial et indicateur. En tant que messicole stricte, elle est li\u00e9e aux cultures de c\u00e9r\u00e9ales d&rsquo;hiver sur sols calcaires et ne survit pas en dehors de ce contexte agropastoral. Sa pr\u00e9sence dans un champ signale des pratiques culturales extensives : absence d&rsquo;herbicides totaux, rotation des cultures, semences non tri\u00e9es industriellement.<\/p>\n<p>La disparition progressive des messicoles en Europe est un ph\u00e9nom\u00e8ne bien document\u00e9. Sur les quelque 500 esp\u00e8ces messicoles historiquement pr\u00e9sentes en France, plus de la moiti\u00e9 sont aujourd&rsquo;hui consid\u00e9r\u00e9es comme menac\u00e9es ou disparues de nombreuses r\u00e9gions. La bifore rayonnante fait partie des esp\u00e8ces les plus affect\u00e9es.<\/p>\n<p>Les programmes de conservation des messicoles visent \u00e0 maintenir des parcelles cultiv\u00e9es selon des pratiques extensives, en partenariat avec les agriculteurs, dans le cadre de mesures agri-environnementales et climatiques (MAEC). Des conservatoires botaniques nationaux entretiennent des collections de graines de messicoles rares, dont <em>Bifora radians<\/em>, pour pr\u00e9venir leur extinction.<\/p>\n<p>Les fleurs de la bifore, bien que petites, attirent quelques pollinisateurs opportunistes (petits dipt\u00e8res, micro-hym\u00e9nopt\u00e8res), contribuant modestement \u00e0 la diversit\u00e9 entomologique des champs c\u00e9r\u00e9aliers.<\/p>\n<hr>\n<h3>Confusions possibles<\/h3>\n<p><em>Bifora testiculata<\/em> (bifore testicul\u00e9e) : esp\u00e8ce tr\u00e8s proche, \u00e0 fleurs non rayonnantes (p\u00e9tales externes non agrandis), \u00e0 fruits plus petits et plus lisses. M\u00eame \u00e9cologie, m\u00eame raret\u00e9. Absente ou exceptionnelle en France.<\/p>\n<p><em>Coriandrum sativum<\/em> (coriandre) : m\u00eame tribu, m\u00eame type de fruit globuleux, m\u00eame odeur caract\u00e9ristique \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat frais. Mais la coriandre cultiv\u00e9e a des fleurs rayonnantes roses \u00e0 blanches et des fruits lisses, brillants, aromatiques (et non f\u00e9tides) \u00e0 maturit\u00e9.<\/p>\n<p><em>Caucalis platycarpos<\/em> (caucalis \u00e0 fruits larges) : messicole des m\u00eames milieux, mais \u00e0 fruits h\u00e9riss\u00e9s d&rsquo;aiguillons et \u00e0 fleurs blanches non rayonnantes.<\/p>\n<p><em>Orlaya grandiflora<\/em> (orlaya \u00e0 grandes fleurs) : messicole \u00e0 grandes fleurs blanches rayonnantes, mais \u00e0 fruits h\u00e9riss\u00e9s d&rsquo;aiguillons et \u00e0 port plus robuste. Souvent dans les m\u00eames milieux.<\/p>\n<p>Le fruit didyme (deux sph\u00e8res accol\u00e9es) et l&rsquo;odeur f\u00e9tide constituent les crit\u00e8res diagnostiques les plus fiables de la bifore rayonnante.<\/p>\n<hr>\n<h2>XI. SYNTH\u00c8SE PHARMACOGNOSIQUE<\/h2>\n<p>La bifore rayonnante est une plante sans aucun int\u00e9r\u00eat m\u00e9dicinal, dont la valeur est enti\u00e8rement patrimoniale et \u00e9cologique. Messicole en voie de disparition, li\u00e9e aux pratiques agricoles extensives sur sols calcaires, elle incarne la fragilit\u00e9 du cort\u00e8ge floristique ancestral des champs de c\u00e9r\u00e9ales europ\u00e9ens. Sa r\u00e9gression spectaculaire au cours du XXe si\u00e8cle t\u00e9moigne des transformations profondes de l&rsquo;agriculture et de leurs cons\u00e9quences sur la biodiversit\u00e9 des plaines cultiv\u00e9es.<\/p>\n<p>Documenter cette esp\u00e8ce dans un r\u00e9f\u00e9rentiel botanique, c&rsquo;est t\u00e9moigner de l&rsquo;existence d&rsquo;une flore qui dispara\u00eet, et contribuer \u00e0 la m\u00e9moire de ces paysages de moissons fleuries qui furent pendant dix mill\u00e9naires le cadre de vie des soci\u00e9t\u00e9s agraires europ\u00e9ennes. La conservation de la bifore rayonnante, comme celle de l&rsquo;ensemble des messicoles, est un enjeu culturel autant qu&rsquo;\u00e9cologique.<\/p>\n<hr>\n<h2>XII. BIBLIOGRAPHIE ACAD\u00c9MIQUE<\/h2>\n<p>Aboucaya A. et al. Les plantes messicoles en France : \u00e9tat de la connaissance et enjeux de conservation. <em>Acta Botanica Gallica<\/em>, 2000 ; 147(4) : 309-322.<\/p>\n<p>Bonnier G., Layens G. de. <em>Flore compl\u00e8te portative de la France, de la Suisse et de la Belgique<\/em>. Belin, Paris, 1894.<\/p>\n<p>Coste H. <em>Flore descriptive et illustr\u00e9e de la France, de la Corse et des contr\u00e9es limitrophes<\/em>. Librairie Albert Blanchard, Paris, 1901-1906.<\/p>\n<p>Jauzein P. <em>Flore des champs cultiv\u00e9s<\/em>. INRA \u00c9ditions, Paris, 1995.<\/p>\n<p>Pimenov M.G., Leonov M.V. <em>The Genera of the Umbelliferae<\/em>. Royal Botanic Gardens, Kew, 1993.<\/p>\n<p>Tison J.-M., de Foucault B. (dir.). <em>Flora Gallica \u2013 Flore de France<\/em>. Biotope \u00c9ditions, M\u00e8ze, 2014.<\/p>\n<p>Tutin T.G. et al. (eds). <em>Flora Europaea<\/em>, vol. 2. Cambridge University Press, 1968.<\/p>\n<hr>\n<h2>PROPRI\u00c9T\u00c9S M\u00c9DICINALES \u2014 NOTATION<\/h2>\n<ul style=\"padding-left:0\">\n<li><strong>\u2605\u2605\u2606\u2606\u2606<\/strong> Antioxydant (usage traditionnel)<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La bifore rayonnante (Bifora radians) est une plante annuelle de la famille des Apiac\u00e9es, messicole rare et en forte r\u00e9gression, autrefois adventice des champs de [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"0","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[],"class_list":["post-623","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-apiacees"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/623","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=623"}],"version-history":[{"count":15,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/623\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13639,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/623\/revisions\/13639"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=623"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=623"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/leprincedulac.fr\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=623"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}